Bonjour tout le monde,

En ce moment je collectionne les retards, alors je ne m'éterniserai pas sur le sujet.

Merci pour votre fidélité et à Not gonna die pour sa relecture.

Bonne découverte et bon week-end à tous


Ici et main-tenant

Emma avait garé sa voiture au travers du chemin, montant d'un bond les quatre marches qui menaient à la porte d'entrée qu'elle avait claquée plus tôt. Le silence régnait, aussi Emma présuma que Regina n'avait pas quitté son bureau comme à chaque fois qu'elle était en colère.

Elle entra sans frapper et ce qu'elle vit lui fendit le cœur. Un souk pas possible régnait dans la pièce habituellement si ordonnée et, assise sur le canapé, Regina prostrée tremblait et sanglotait comme une enfant.

Le shérif s'approcha à grands pas, afin de la prendre dans ses bras. Regina se laissa aller contre son buste, sans même lever les yeux, elle avait reconnu la blonde qui embrassait sa calvitie en lui glissant des mots de réconfort à l'oreille. L'effet fut immédiat et le Maire retrouva rapidement contenance.

- Regina, est-ce que ça va ? Demanda Emma inquiète.

- Oui puisque tu es là, lui sourit la Reine, le regard plein de regrets.

- Je serai toujours là.

Emma, sentant qu'elle devait préciser, s'agenouilla face à Regina, une main sur la cuisse du Maire, plongeant son regard océan dans la tempête qui ravageait encore celui de la Reine.

- Je sais que tout ceci te dépasse et j'avoue ne pas comprendre mieux que toi, mais je sais que ma place est auprès de toi, il n'y a absolument aucun doute dans mon esprit à ce propos, d'ailleurs dès le premier jour il n'y en a jamais eu, juste que j'en étais pas consciente avant qu'on me le dise. Alors écoute-moi Regina, écoute-moi bien : Quoi que tu décides, dises ou fasses, rien ne saurait changer cela, je serai là pour toi, alors autant l'accepter de suite, ça nous évitera de perdre du temps inutilement.

- Mais... tenta d'objecter Regina.

- Pas de mais. Je sais que toi tu te vois encore trop souvent en tant que Méchante Reine, mais c'est du passé, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dans la mine tu m'as dit que tu voulais mourir en tant que Regina sans même avoir pris conscience que tu l'étais déjà. Et avant que tu me dises que la mort n'a été que repoussée pour être plus cruelle, là encore je te répondrai : On n'en sait rien, personne peut prétendre connaître l'avenir. Aussi ça ne devrait pas influer sur nos sentiments. Hier c'est de l'histoire Regina et demain viendra peut-être jamais. Ce que toi et moi avons c'est aujourd'hui, ce présent offert à nos vies, cadeau précieux qu'il convient d'accepter ici et maintenant. Je...

Elle n'eut pas l'occasion de poursuivre. Regina, décidée de la faire taire, avait cédé à la pulsion subite qui venait de la pousser à ravir les lèvres de la Sauveuse.

Emma, surprise, ne réagit pas de suite, mais lorsqu'elle sentit Regina se retirer, elle se pencha davantage pour prolonger le contact qui l'avait électrisée de part en part. Regina ferma les yeux devant l'incroyable intensité qui se dégageait de ce baiser. La Reine avait collectionné les amants par besoin de consolation puis de domination, mais lorsque sa langue rencontra celle de la Sauveuse, ils furent effacés à jamais de sa mémoire.

Le ballet s'enchaîna avec frénésie, aucune ne voulait y mettre fin. A bout de souffle, pour éviter de l'écraser, le shérif dut se retenir aux hanches du Maire qui fut prise par un fou rire devant l'incongruité de la situation.

C'était donc cela la catastrophe magnifique dont on redemande comme savoir que l'on fonce dans un mur et accélérer quand même courir à sa perte, le sourire aux lèvres ? Emma admira le bonheur qui illuminait soudain ce visage qu'elle ne connaissait que fermé ou marqué par la souffrance, se sentant à son tour comme un enfant les matins de Noël en réalisant que c'est elle qui l'y avait mis.

- Il faudrait nettoyer tout ça, tu ne penses pas ? L'arracha soudain le Maire de sa contemplation.

- Je vais m'en occuper, toi, tu as besoin de te détendre dans un bon bain moussant. Et ensuite tu pourras peut-être m'apprendre à réaliser tes fameuses lasagnes.

- Rappelle-moi ce qui s'est produit la dernière fois que tu as osé prendre possession de mon antre ?

- Ça n'a rien avoir, là tu seras à mes côtés pour m'empêcher de faire des bêtises.

- Oh, mais les bêtises ne me gênent pas Miss Catastrophe, juste que ce n'est pas mon manoir qu'il faut incendier, répondit la Reine d'une voix sensuelle, avant de quitter la pièce dans un nuage violet, laissant Emma la gorge sèche et l'esprit totalement retourné.

Le shérif secoua la tête pour se concentrer sur les rangements, alors que tout son être soupirait pour rejoindre ce corps sublime qu'elle savait plongé dans des eaux parfumées.

De son côté, Regina se prélassait dans sa baignoire en guettant la porte de sa salle de bain. Se relaxer, alors que tous ses sens venaient d'être mis sens dessus-dessous ? Son ouïe fine lui rapporta les jurons mêlés au son de l'aspirateur. Elle sourit en songeant combien Emma était tout sauf une fée du logis, avant de reposer ses yeux sur la poignée. Voulait-elle que la porte reste fermée ou qu'elle s'ouvre ?

Embrasser Emma avait provoqué une véritable explosion de couleurs dans son cœur noir clair. L'amour vrai, la fin heureuse, deux moitiés d'âme enfin réunies, Regina réalisa peu à peu ce que tout cela voulait dire, particulièrement les risques qu'encourrait Emma en endossant ce rôle dans sa vie.

Chasser Emma, la dissuader de rester à ses côtés, la pousser dans les bras d'un autre, elle l'avait fait, sans succès, sans oublier que la simple pensée de recommencer la déchirait plus que le cancer qui rongeait son corps.

Elles avaient été destinées l'une à l'autre, par-delà les mondes et l'espace-temps, comme si la malédiction elle-même avait été écrite avant que les circonstances qui l'y avait mené aient lieu. Aimer Blanche pour mieux la haïr ensuite, haïr Emma sa fille pour l'aimer plus que de raison, l'ironie du destin n'échappa pas à la Reine.

L'empêcher était impossible, mais Regina savait aussi qu'Emma ne lui survivrait pas, si le pire devait se produire, sans avoir une bonne raison de le faire. Il faudrait qu'elle s'assure qu'Emma puisse s'appuyer sur l'amour de leur fils, et peut-être songer à enterrer la hache de guerre.

- Ce serait déjà un miracle qu'elle ne me tue pas quand elle l'appendra, alors pour plus... faut pas rêver, se reprit Regina en soupirant, avant de se laisser glisser au fond de la baignoire, afin de noyer tous ce qui la tourmentait pour profiter du lien intense qui la liait à son énervante âme-sœur.

Emma avait longuement hésité à rejoindre Regina dans sa salle de bain, mais elle savait qu'il ne fallait pas précipiter les choses. Leur situation était unique dans l'ensemble des mondes et des âges régissant les contes pour enfants : la Sauveuse, produit de l'amour vrai, se retrouvant être la fin heureuse de la méchante Reine, ennemie mortelle de ses parents, même les frères Grimm n'avait osé aller aussi loin.

Ici et maintenant, certes, mais elle voulait plus, elle voulait une histoire à elles remplie de partages, de romantisme à outrance, des baisers volés au nez et à la barbe de son père et une véritable union de leurs âmes et de leurs corps, pas juste quelques nuits, mais bien plus. Oui, ce que voulait Emma, c'était la totale : mariage, nuit de noce et agrandissement de leur famille.

Devant l'ampleur des véritables désirs de son cœur, le shérif avait préféré se rendre à l'épicerie du coin pour ramener les ingrédients nécessaires à la recette du Maire.

En rentrant, Regina descendait le grand escalier vêtue de son turban et d'une robe simple, moulant parfaitement son corps. Emma bouche bée - sans même songer à le cacher - la déshabilla d'un regard lubrique.

- Alors, toujours affamée shérif? Interrogea la Reine en se déhanchant davantage.

- Hein, quoi ? Répondit Emma confuse, alors que son estomac se mit à gargouiller.

- Allons en cuisine, avant que tu ne meures d'inanition, lui lança Regina d'un sourire ravageur.

Emma lui emboîta le pas pour son premier cours culinaire qui promettait d'être hautement instructif.


TBC