Coucou à tout le monde ! :D Enfin je peux revenir !

Cela fait vraiment du bien de pouvoir communiquer à nouveau avec vous~ le stresse des examens n'est franchement pas bon pour moi haha, surtout que j'ai dû faire un effort surhumain pour ne pas passer trop de temps sur ce chapitre afin de réviser bien correctement mes matières ! Enfin, c'est le week-end et surtout bientôt la fin de examens, personnellement, je termine le trois mai au soir ! Après ça, je vais enfin pouvoir me remettre pleinement sur ma fiction surtout que de nouveaux trailers sont sortis et m'inspirent encore plus pour certains évènements !

Aussi, il est fort probable que j'écrive un one shot sur la nouvelle série "the dark artifices", je viens d'achever le tome 1 (en anglais) et j'ai hâte d'être à mi-mai pour le second ! Pour ceux que ça intéressent et qui ne sont peut-être pas encore au courant, le premier tome traduit sortira en France début mai le 4 normalement " et honnêtement, je vous le conseil vivement, les personnages sont des plus touchants et leur histoire respective prenante, on y trouve un côté bien plus mature je trouve que les autres séries (Les Instruments mortels et Les Origines confondus) ce qui donne un coup de fouet et ce n'est pas plus mal je trouve ! :)

Bref, je referme la parenthèse et reprends avec ma fanfic haha ! Déjà, merci pour l'attente, même si je ne pouvais pas faire autrement, je vous remercie pour votre patience et sachez que le prochain chapitre est déjà bien entamé et devrait arriver dont après une fourchette de jours semblable à ce que vous aviez l'habitude précédemment !

Passons désormais aux remerciements et surtout, bienvenu aux nouveaux :) :

Call (réponse à ton commentaire: Ooow~merci c'est trop chou j'avoue que je suis plutôt fière de ce premier rencard et première pour Alec que j'ai rédigé dans le chapitre précédent et je n'ai eu que de très bons retours à ce sujet, vraiment contente que cela t'aie plus également :) et merci à toi de t'être intéressé à ma fanfic. ;) )

Soreiyu

Cywen

Magalie

lil'brownies

ylena

CaptMalec

Tobie-Manga-Fiction

Chrome-chan96

Ekana

NiallerGirl1D

Lulu

Sissi1789

Darknesscoming

Colyne59

Cindy10000

S Stilinski22

SunWings

UneAmeVagabonde

becca015

malecxstalia

Mereryan

MyBeautifulDream

DomoNyan

Vaalgus

Le petite .ange28

Methenniel Thalionwen

Saya-chan1445

Arahila

Ylo

Ariane

hachiko97412

marco29830

Foolbeloved

ThePrincessokatz

dwspike

Lumoonwalker

lily2206

tkawaiii2013

KlainerPotterhead

Petit LuntinRose

rarastyles

youyoulita

Eihpos taro

Emeraude-san

CrazyChamalow

Foolbeloved

WarlockTumie

lagrossepo

Marjo76

shainaMeyJr

Rinkanaku

justelaura

Emiemy

Nounoursdu84

Kajol Malfoy

sakura-okasan

lyse fournel

Losas

Alesia love Archer

jalanna

Flayra

bloom night

sosso996

Emerald key

Mai chii

alice D baskerville

eden's art

prynolink

marie3000

Votre soutien m'apporte beaucoup ! Une très bonne lecture à vous tous :) !


Chapitre 13 : Le repentir

Alec

J'ignorai encore pourquoi, mais j'avais ressenti la présence de Michaël. Après m'être entretenu avec Aldertree, se fut au tour de Magnus de discuter avec lui. Déjà, dans le bureau du directeur, je savais que l'archange était là. Une fois sorti, je m'étais précipité dehors et avais cherché des yeux l'homme dont la présence se faisait encore plus proche. Puis je le vis, là, au pied des deux arbres entrelacés sous la fenêtre de ma chambre. Lui aussi dut remarquer ma présence, car sa tête fut tournée en ma direction au moment même où j'arrivai, comme s'il m'attendait. Et j'étais certain que c'était le cas..

-Je craignais sincèrement ne plus te revoir, dis-je en slalomant entre les rosiers décrépits. Michaël se dressa sur ses pieds, épousseta son pantalon puis m'accueillit d'un sourire simple bien à lui.

-J'avais des affaires à régler. Me dit-il en levant le nez au ciel. Je limitai en essayant de m'imaginer un semblant de royaume flottant dans les airs, protégé par des milliers d'anges cachés derrière les nuages. Mais je ne vis rien. Peut-être les verrai-je un jour.. ?

Quand je posai à nouveau mon attention sur lui, il me toisai d'un air curieux.

-Ça ne va pas ?

-Quelque chose de bien semble t'être arrivée..ton aura est si légère.

Je haussai les sourcils espérant que mon visage ne laisse rien transparaître de suspect. Un silence plutôt gênant s'installa avant qu'il ne se remette à parler.

-Pour ce qu'il s'est passé l'autre soir, je tenais vraiment que tu saches que je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.

Je secouai la tête et eus un regard évident.

-Je le sais, Michaël. Mais n'en parlons plus s'il te plaît.. Tournant la tête pour fuir son regard, je sentis néanmoins une de ses chaudes mains se poser sur mon visage qu'il tourna de nouveau en sa direction.

-Laisse-moi juste te dire que ce baiser ne t'était pas destiné.

L'intensité de la sincérité de ses yeux cuivrés sembla me sonder de part et d'autre, comme s'il tenait à connaître une réponse à une question qu'il ne posa pas. Tu me comprends, n'est-ce pas ? Sembla t-il me demander. Et bien évidement, je le comprenais.

-Gabriel se réveille peu à peu, tu ressens son aura et je peux aussi te dire que tu lui manques également.. Avouai-je.

-Alors tu comprends..tu n-

-Quand bien même ce corps m'appartient, Michaël. Renchéris-je sans animosité. Mais la fermeté dans ma voix lui fit comprendre que je ne plaisantai pas : N'essaie plus rien. Terminai-je en repoussant gentiment sa main de mon visage. Puis, dans un silence de capitulation, il hocha la tête et rangea ses mains dans les poches arrière de son jean bleu pétrole. Frictionnant mes bras afin de me réchauffer (j'avais oublié ma veste à l'institut et ne retrouvai uniquement en pull) je fis mine de regarder autour de nous puis, quelque peu surpris de n'avoir vu personne s'alerter par la présence de Michaël, je lui demandai comment il avait réussi à pénétrer les lieux sans se faire remarquer.

-Traverser les barrières des Nephilim n'est pas bien compliqué pour moi, Alec. Me sourit-il.

Je haussai les sourcils avec évidence, finalement peu surpris par sa réponse.

-C'est Gabriel qui m'a permis de te détecter ?

-Oui et non. N'oublie pas que tu sais maîtriser ton aura, cela te rend plus sensible. Je suis certain que même sans Gabriel en toi, tu m'aurais tout de suite trouvé.

Je fis mine de regarder mes pieds, afin de cacher ma gêne.

-Je suis sûr que Jace y arriverai également, s'il n'était pas si troublé ces jours-ci.

-C'est bien ton parabataï ? Il m'a semblé bien impétueux, ses talents semblent être affûtés et ses sens bien aiguisés. Je dois bien reconnaître qu'il dégageait une certaine..présence, la première fois que je l'ai vu.

Je reposai curieusement mon attention sur lui.

-Peut-être as-tu senti son sang de démon.. ? Nous autres ne ressentons rien, mais pour toi cela a dû être plus facile.

Ce fut à son tour de paraître quelque peu désarçonné.

-Du sang de démon ?

L'archange me toisa sérieusement sans pourtant avoir l'air de comprendre ce que je venais de lui dire. Je m'apprêtai à lui faire part de la vérité lorsqu'il me devança hâtivement.

-Alec, ton parabataï ne m'a pas semblé avoir une once de sang de démon en lui.. Je ne sais pas comment cette idée a pu te venir en tête, mais comme tu le sais, je l'aurai aussitôt ressenti. Or, j-

Des bruits de pas nous firent nous retourner en direction de leur provenance.

-Voilà Magnus ! Souris-je en m'empressant de rejoindre mon amant qui me répondit d'un air tout aussi ravi. Puis, son regard s'attarda sur l'archange.

-Micky. Salua t-il en hochant la tête.

Je vis Michaël faire de même, puis, toujours les mains dans les poches, il s'avança vers nous.

-Tu es parti comme un voleur l'autre soir. Souleva Magnus.

-Le jeune Alec m'a vu partir. Rétorqua le roux d'un air détaché : Puis je ne pouvais simplement pas m'éterniser.

-Hn.. Fit simplement mon amant qui balayait les environs des yeux. Entre les deux, je pouvais sentir une certaine tension électrifier l'air. Bien que cela ne soit pas mon style, j'essayai changer de sujet.

-J'ai glissé l'idée à notre directeur, de faire une demande de mission afin d'obtenir la permission de l'Enclave à nous rendre à la Citadelle Imprenable. Expliquai-je à Michaël. Ce dernier sembla se réveiller soudainement et reprit d'emblée.

-Du temps perdu, on a un autre problème.. S'enquit-il, l'air grave. Je fronçai les sourcils, perplexe.

-Pouvons-nous quitter cet endroit ? Lâcha soudainement Magnus qui semblait s'impatienter : N'oubliez pas que m'a présence n'est plus désirée.

-Oui, partons. Fis-je en prenant la tête du groupe.

Nous quittâmes tous les trois le jardin de l'institut puis nous dirigeâmes vers le parc public non loin. J'eus l'impression que le ciel se couvrait petit à petit. Va t-il neiger ? Me dis-je, même si je trouvai qu'il était encore tôt pour cela. Magnus et moi prîmes place sur un banc tandis que Michaël préféra s'adosser contre un tronc d'arbre juste à côté.

-Ce que tu as à nous dire doit être assez grave pour que tu aies quitté si vite ton coin de paradis. Fit Magnus. Je pus sentir l'irritation dans sa voix..J'avais une petite idée de ce qui pouvais bien l'agacer mais je ne m'étais nullement douté qu'il se montrerait hostile si rapidement.

-Avec ou sans urgence, je ne serai jamais resté longtemps loin de l'hôte de Gabriel. C'est mon devoir de le protéger.

-T'inquiéterais-tu autant si ce n'était pas ton amant qui sommeillerait en Alexander ? Magnus joua le son de la provocation et je tentai de le calmer en serrant sa main dans la mienne. Il posa aussitôt ses yeux mordorés sur nos mains jointes et câlina du pouce le dos de ma main.

-Justement..un de mes généraux a disparu ne laissant aucune trace derrière lui. Et je suis d'autant plus inquiet car je ne ressens également pas sa présence.

Cette fois-ci, Magnus blêmit tout comme moi.

-Un ange a disparu ? Mais comment..

-A t-il été invoqué ? Questionna mon amant.

-Il semblerait oui, mais cela fait vingt-ans maintenant. Il n'y a rien de bien sein dans une si longue invocation.

-D'autant plus que c'est proprement impossible. Trancha Magnus, railleur : Vingt-ans dis-tu ? Même pour un démoniste tel que moi je ne peux maintenir l'invocation d'un démon plus de cinq jours. Et pour que le démon puisse s'en aller en toute sûreté, il se doit de passer un marcher avec le démoniste l'ayant invoqué. Sinon, il partira en poussière si le démoniste ne tient pas à lui rendre sa liberté. Mais les anges n'ont pas les mêmes restrictions..

-Comment ça ? Demandai-je. Michaël reprit :

-Les anges n'ont pas à intervenir avec ce qu'il se passe ici bas. Du moins, pas de leur propre volonté. Si un ange ne tient pas à apparaître il ne le fera pas. Et souvent l'invocateur meurt pendant le processus. Irradié d'une aura céleste, que les terrestres confondent avec une « auréole » de lumière, les anges ne peuvent apparaître sous aucune autre forme que celle que le Créateur leur a donné, lorsqu'ils sont invoqué dans un cercle.

- Et tu as pu le constater, le pouvoir d'un ange est grand, Alexander. Ajouta Magnus : C'est bien pour cela que je ne comprends pas comment quelqu'un a t-il pu retenir un ange aussi longtemps ?

Toujours adossé contre l'arbre, Michaël farfouilla dans la poche de sa veste rouge et sortit ce qui ressemblait beaucoup à un collier.

-Il existe plusieurs méthodes. Mais tout ceci ne relève que de la magie noire. Michaël tint l'attache du collier dans son poing serré tandis que le pendentif au bout se balançait, tel un pendule, au dessus du vide. Je sentis la main de mon amant quitter instantanément la mienne et après s'être levé du banc, s'approcha du collier qu'il effleura du bout des doigts.

-Où as-tu eu ça ?

-Ce collier a retenu pendant des années l'ange que je recherche aujourd'hui. Je pensai qu'en le prenant avec moi, les bribes d'aura encore présent à l'intérieur m'aideraient à le retrouver mais en vain.

Le pendentif ressemblait en tout point à un ange désarticulé et rouillé. Dans le creux de la main de mon amant, le pantin ne semblait pas mesurer plus de sept ou huit centimètre. J'entendis Michaël l'appeler « l'ange mécanique ».

-A quoi sert un ange mécanique ? Fis-je, curieux.

-Ce que tu vois a servi autrefois à enfermer un ange nommé Ithuriel. Je le sais car j'ai connu la personne qui a possédé ce collier.

Encore une fois, Magnus ne fit que de vagues révélations. Je n'insistai pas sur les détails, me rendant bien compte que c'était nullement le moment.

-Et c'est ce même ange qui a disparu ?

Michaël s'avança vers moi et déposa le pendentif sur mes jambes. Je toisai le roux curieusement avant de m'emparer du collier.

-Que veux-tu que je fasse de cela ?

-Comme je l'ai dit, il contient encore quelques fragments de l'aura d'Ithuriel. Peut-être que, combiné à ton don de clairvoyance tu pourras débusquer l'endroit où il est maintenu prisonnier.

-Tu es sûr qu'il ne risque rien en gardant cet objet avec lui ? S'enquit Magnus qui se rassit à mes côtés.

-Crois-tu que j'aurai été capable de mettre l'ôte de Gabriel en danger ? S'emporta quelque peu l'archange : Je suis venu demander de l'aide à Alec, rien de plus.

Sentant que la conversation dérapait, je me levai et m'excusai auprès de l'archange avant de prendre Magnus à part. Nous nous éloignâmes un peu, à proximité du lac où quelques canards ne semblaient pas encore prêts à partir en migration. Magnus se tint fièrement face au lac et regardait l'horizon à travers ses yeux où un agacement certain était lisible. Tenant toujours le collier dans ma main, j'effleurai l'ange mécanique avant de lui pendre sous le nez.

-Quoi ?

-Tu veux bien me l'attacher ? Souris-je. Il soupira mais le vis sourire bien malgré lui.

-La rouille ne te va pas. Bougonna t-il en laçant d'abord une fois la chaîne autour de mon cou avant de l'attacher au piston. J'eus l'impression de porter l'un des nombreux collier ras de cou d'Isabelle. Quelque peu mal à l'aise, je ne pouvais m'empêcher de tâter l'ange dont le toucher froid semblait à l'inverse brûler ma peau..Où bien est-ce les restes de l'aura d'Ithuriel ? Je ne sus faire la distinction.

Toujours dans mon dos, Magnus m'enlaça et posa son menton sur le haut de ma tête. Nous fixâmes l'horizon encore un moment, puis, une fois que je sentis ses muscles se détendre je dis :

-Ne te montre pas si austère. Je ne le laisserai plus me toucher.

-Il a profité de ta fatigue et du trouble que tu ressentais lors de cette soirée, au Pandémonium. Qui peut me dire, qu'il ne profitera pas d'un autre moment comme ça pour te refaire des avances ?

-Michaël n'a pas profité de moi, Magnus.. soupirai-je, pourtant un sourire s'étira sur mes lèvres. En ce moment même, la jalousie de Magnus était palpable mais moins véhémente que plus tôt.

-Alors tu lui donnes raison ?

-Pas vraiment..mais je sais qu'il n'a pas essayé profiter de moi. Disons qu'il était désespéré ce soir là. (J'inclinai ma tête sur le côté puis embrassai sa mâchoire) Je crois que Gabriel l'a ressenti.

-Tu veux dire..que ce baiser a réussi à atteindre Gabriel ?

-Je pense, oui. En tout cas, il a beau se montrer bien silencieux ces jours-ci je le sens s'agiter. Plus les jours défilent plus mes ailes se forment et cela doit avoir un impact sur Gabriel. Peut-être se sent-il également fatigué, mais il est bien là, Magnus.

Depuis notre position, je pus voir Michaël dont le regard brûlant ne s'était pas détaché de nous. Mon amant fixait toujours l'horizon et ne s'en formalisa pas. Mais je ne parvins guère à détourner les yeux de ceux cuivrés de l'archange dont peine et frustration se lisaient sur le visage. Je posai une main sur l'un des bras du sorcier qui m'enlaçait toujours et agrippai fermement le tissu de son manteau jusqu'à le froisser sous ma poigne.

-Il lui manque aussi.. dis-je à mi-voix. Elle sembla se perdre à travers la brise hivernale.

-Tu vas accepter sa requête ?

-Oui. Peut-importe ce que cet invocateur désire faire, enfermer un ange contre son grès..(je secouai la tête avec dédain) Ce n'est sûrement pas pour servir de nobles desseins.

-Mais comment être sûr que cela marchera, Alexander ? S'enquit-il en me retournant gentiment face à lui : Ce n'est pas comme si ce genre de don était maîtrisable, qui peut nous certifier que tu seras en mesure de trouver une piste menant à l'ange Ithuriel ?

-Et si tu croyais en moi pour une fois, Magnus.

Mon amant eut un geste de recul et sourit avec peu d'assurance.

-Bien sûr que je crois en toi.. (il se pinça les lèvres) c'est juste que tu es loin de te rendre compte des risques que tu prends, chéri. Chercher un ange..ce n'est pas le rôle d'un chasseur d'ombre.

-Dans ce cas c'est rôle de qui ? Demandai-je, sans animosité.

Il soutint mon regard un moment avec se soupirer et relâcher ses épaules avec capitulation.

-Tu es têtu. Ronchonna t-il avant d'embrasser mon front : Mais ne songe même pas me mettre de côté.

-Cela ne m'a pas traversé l'esprit un seule seconde, Magnus.

D'un commun accord, nous scellâmes notre décision d'un regard complice puis nous nous détachâmes de l'un l'autre avant de retourner auprès de Michaël qui s'approcha également.

-Tu portes le pendentif, remarqua t-il : Dois-je comprendre que tu acceptes de m'aider ?

J'opinai puis dis.

-Tu as bien dit que cela faisait vingt-ans qu'il avait disparu ?

-D'après les dires de Raziel, oui. Et il ne m'aurait jamais menti.

-R-Raz'..

Je restai pantois à l'entente de ses paroles. Pour lui, tout ceci semblait anodin, mais pour nous Nephilim, mentionner Raziel ne faisait parti que de notre croyance. Mais n'ayant jamais vu d'ange, moi-même avais fini par ne plus en parler. Alors entendre Michaël le citer comme s'il l'avait vu le matin même -et peut-être fusse t-il le cas- je me dis alors que nous traversions une époque bien étrange voire mystique.

-Il ne peut intervenir comme bon lui semble, c'est pourquoi il m'a fait part de la disparition de son frère, afin que je me rende sur Terre le retrouver.

-N'est-ce pas injuste vis à vis des autres anges d'être le seul capable d'agir comme bon te semble ?

-Hé, fis-je à mon amant d'une voix quelque peu méfiante : Que t'arrive t-il ?

Michaël le dévisagea d'un air détaché, puis dit :

-Et que penses-tu des démons supérieurs, capables de se mêler aux Terrestres pour mieux les tromper ? Tu es pourtant bien placé pour savoir que la plupart des gens de ton espèce naissent ainsi.

Un grognement sourd raisonna depuis la gorge de Magnus dont la marque scintillait dangereusement.

-Tu pensais peut-être que je ne l'avais pas remarqué ? Sa voix resta calme, mais son air présomptueux ne me disait rien qui vaille.

-Un mot de plus et je t'égorge ! Persifla mon amant.

J'ignorai ce qu'il venait de sa passer et ne compris guère ce à quoi les deux homes firent allusion. Mais mon aîné ne sembla pas s'en ravir, et je ne pus que mettre un terme à tout ça.

-Peu importe. Il n'y a pas d'injustice irréparable, seulement des jugements mal orchestrés. (Je me mis sur le côté et les toisai avec sérieux ) Et je doute qu'en vous querellant de la sorte vous soyez en mesure de faire changer quoi que ce soit.

Enfin, ils semblaient peu à peu se calmer. Bien qu'ils me toisèrent de leurs airs hébétés, chacun ravala sa fierté.

-De bien sages paroles. Fit mon amant.

-Entièrement d'accord. Ajouta l'archange.

Les trouvant à la fois grotesque et attendrissant je me rassis sur le banc tout en triturant le pendentif contre mon cou.

-J'espère être en mesure de t'aider rapidement.

-Il n'y a pas de raison du contraire. Sourit le roux : Pour ma part, je vais continuer d'investiguer. J'ai réussi à dénicher certains démonistes pratiquant la magie noire, peut-être trouverai-je une piste qui me conduira à Ithuriel. (Faisant mine de partir, il se tourna une dernière fois) Je reviendrai vers toi au plus vite, jeune Alec.

-Et si j'ai une vision à son sujet, comment puis-je te contacter.

-Utilise mon nom. Dit-il simplement avant de s'envoler. Du moins, nous ne vîmes qu'une bourrasque de vent l'emporter, le reste..il ne laissa qu'une traînée de plumes sur son passage. Je vis mon amant en prendre une entre ses mains et la placer dans une poche interne de son manteau.

-Ne me dis pas que tu vas l'étudier, si ? Ris-je en le voyant revenir vers moi.

-Et pourquoi pas ? Ce n'est pas qu'une simple plume de canard, peut-être pourrai-je créer de nouvelles potions de soin. (Il tâta sa gorge l'air, songeur) Je me souviens encore du miasme qu'il m'a retiré grâce à ses plumes.

Magnus ajusta les pans de son manteau avant de revenir vers moi. Il sembla s'être décrispé et j'étais bien tenté de le questionner au sujet de sa subite conduite véhémente de tout à l'heure. Mais je commençai à comprendre qu'il semblait être également quelqu'un de caractériel. Peut-être avais-je réussi à apaiser la tension de tout à l'heure, mais peut-être n'en serais-je pas toujours capable. Cependant je tenais nullement à l'irriter de nouveau. Alors je me tus et laissa mourir mes questions au bord de mes lèvres qu'il s'empara amoureusement après s'être assis sur mes genoux.

-Une fois l'ange retrouvé je t'offrirai un pendentif bien plus saillant que celui-ci. Dit-il en triturant l'ange mécanique.

-Je ne le porte pas pour habiller mon cou. Rétorquai-je en le rapprochant un peu plus de moi.

-Peut-être mais les ras de cou ne te vont pas si mal. Je suis presque certain qu'un beau lacet de cuir ornée d'éclats d'une superbe opale siérait à merveille. De plus, les voyantes aimaient beaucoup cet pierre il fut un temps !

Je ris avec légèreté puis vint l'embrasser amoureusement. « Les pierres de lune te seraient favorables..et cela te siérait tout autant », rajouta une voix douce qui me surprit quelque peu.

-Cela faisait longtemps.. Souris-je.

-Hn ?

Je secouai la tête pour lui faire comprendre que ce n'était rien. Magnus vint ensuite lover son visage dans le creux de mon cou tandis que j'entamai un mouvement de balancier tout en le maintenant sur mes genoux. Mon attention se concentra soudainement vers l'horizon. Nous pouvions apercevoir le pont de Brooklyn ainsi qu'un tournant de l'East River. Au delà du pont, le ciel se couvrait de plus en plus et je compris que ce n'était pas vraiment temps de neige. Un orage se prépare.. Me dis-je alors.

Jace

Mes poings cognèrent encore et encore, faisant plier coup par coup le puching tower qui tanguait çà et là sur son pied. Ma mèche de cheveux remuait en fouettant par moment ma joue humide des gouttes de sueurs qui dégoulinaient depuis mon crâne. Je soufflai entre chacun de mes coups, dans lesquelles je mettais toujours plus de hargne. L'écho assourdissante de ma frappe dans le vaste hall d'entraînement, vide -si on omettait stipuler ma présence- camoufla l'arrivée de Jocelyne. Je ne me rendis uniquement compte de sa présence qu'en allant récupérer ma gourde, posée au pied d'un pilier. Prenant une gorgée, je toisai la femme qui se tenait sous l'arche en tenue de sport. Un débardeur, à l'instar de Clary, elle avait laissé ses cheveux libres. A croire que les Fray n'aiment pas s'attacher la crinière. Pensai-je en feignant ne pas l'avoir vu. Après m'être désaltéré, je partis me repositionner devant mon sac de sable mais une autre personne se tenait juste devant.

-Maryse ? Qu'est-ce que tu fais là ? Demandai-je, l'étonnement perçant ma voix. Elle aussi portait une tenue sportive, me rappelant celle d'Isabelle. Pratique mais classe. Ses cheveux avaient été tirés en un impeccable chignon qui lui donnait un air plus stricte qu'au naturel. Leurs filles, sont vraiment leur portrait craché.. Pourtant, la clarté des yeux de ma mère adoptive n'était pas sans rappeler ceux de mon frère, Alec, bien que la nuance ressemblait plus à celui des yeux bleus de Max.

Maxwell..Je suppose qu'il doit encore être à Idris.

-Cela t'ennuie si nous prenons la piste pour un combat en six points ? Sourit Maryse, bien que sa voix sonnait plus comme une solide affirmation plutôt qu'une demande polie. Me tenant entre les deux femmes, mon regard dériva d'une silhouette à une autre puis levant les mains en l'air je m'écartai vers un pilier.

-Je ne tiens pas à être au cœur d'un crêpage de chignons. Fis-je, railleur.

Et pourtant, à ce moment précis, j'ignorai encore à quel point j'allais être au centre de leur affrontement. Après avoir poussé le Punching Tower, Maryse se positionna au centre de la pièce imitée par Jocelyne qui traversa enfin l'arche. Cela faisant un moment que je n'avais plus vu Maryse s'apprêter pour le combat. Et pourtant, je me souvenais encore de ses prouesses sur le terrain, lorsqu'elle nous formait Alec et moi. Pour ce qui était de Jocelyne, c'était bien la première fois que ce je la voyais se battre..Du moins, la première fois qu'elle n'essaie pas de me tuer.. Me corrigeai-je intérieurement. Je m'asseyais au pied du pilier, à côté de ma gourde afin de regarder l'entraînement aussi peu probable qu'intriguant. Je remarquai les pieds nues de Jocelyne, enroulés d'un bandage musculaire.

-Je doute que ce soit Valentin qui t'ait appris un tel humour. Souligna la jeune femme rousse, faisant allusion à ma brimade. Pourtant son regard ne s'était pas détourné de Maryse.

-Robert est pas mal dans son genre.. Dis-je simplement.

-Michaël Wayland a déteint sur Robert, intervint ma mère adoptive : Nuance.

J'ouvris la bouche pour rétorquer mais la vitesse à laquelle les femmes se ruèrent l'une sur l'autre m'abasourdit. La force de frappe de Maryse ne semblait pas altérée, ou alors une animosité externe la faisait mouver avec tant de technicité et une assurance imperturbable. Je voyais dans ses mouvements la dextérité d'Isabelle et dans la puissance et la grâce, Alec décochant ses flèches sur ses ennemis avec une précision foudroyante. Elle savait comment frapper et où asséner son attaque. Quant à Jocelyne..

-C'est vrai, fit-elle en prenant appui d'une main sur le sol marbré du hall avant d'amorcer un coup de talon dans les côtes de Maryse qui parvint de justesse à parer le coup avec son avant bras replié contre son flanc : Les inséparables, disait-on.

-Notre exil à New York fut un déchirement..leur lien s'en est brisé.

Je haussai les sourcils, autant stupéfait par l'action qui se déroulait sous mes yeux qu'à l'écoute des paroles de ma mère adoptive. Leur lien.. ?

-Leur dispute les a déchiré bien avant, Maryse, tu le sais ! Rétorqua Jocelyne dont l'agilité semblait illimitée. La force dans ses jambes et ses pieds retinrent mon admiration plus d'une fois.

-Ce sont les histoires de Robert. Cela le regarde.

-Certes, mais n'est-ce pas en parti pour racheter sa faute qu'il a accepté de s'occuper de Jonathan ? Souleva la rousse, en parant le poing de Maryse en croisant ses avants bras devant son visage. Les tremblements dans ses mains prouvaient tout de même que le choque ne l'avait guère laissé sans séquelle.

-Sous entends-tu que nous n'aurions jamais pris soin de Jace.., reprit Maryse en n'omettant pas de m'appeler par ce nom qu'elle me donna dès mon arrivée au sein des Lightwood : ..si cela n'avait été pour apaiser les regrets de Robert ?

Les deux femmes se battirent ainsi telles deux guerrières mythologiques, montrant fièrement leurs descendance angélique, pendant de longues minutes et aucune d'elle ne chuta. En revanche, leur état semblait bien moins élégant qu'au début du combat, Jocelyne, dont la crinière naturellement rebelle se voyait désormais panachée par la sueur. Et le chignon de Maryse retombait mollement sur sa nuque, dont plusieurs mèches noires et épaisses ondulaient devant son visage en nage. Toutes deux étaient essoufflées, voire éreintées. Mais aucune ne semblait vouloir lâcher prise. Il y avait certes, une infime tension entre les deux femmes et pourtant leur regard n'arborait qu'un respect évident envers l'une l'autre.

-Comment peux-tu être sûre..que tu aurais pu l'adopter si tu avais su qui il était..ce qu'il était .. ? Répond ! S'emporta soudainement Jocelyne, qui ne réussissait guère à reprendre son souffle. Depuis le début, leur combat avait à la fois fascinant et embarrassant à regarder. Tout comme la conversation qui s'y était ajoutée. Et pourtant cette conversation et cet affrontement, je ne désirai qu'une chose en connaître l'issu.

-Et toi.. ! S'époumona Maryse, comment peux-tu me poser une telle question ?

Les poings de Jocelyne se crispèrent et l'éclair qui passa dans ses yeux verts me rappelèrent les élans de colère de sa fille, Clary. Mais une autre lueur y perçait, mais je ne sus dire ce qu'il se cachait derrière..

-Je suis la mieux placée pour te poser cette question..Maryse. Ce qui est passé appartient au passé mais si je pouvais refaire..si je pouvais refaire ma vie et celle de mes proches autrement..j-je..

-On peut tout refaire avec des si, Jocelyne. Mais nous n'avanceront jamais à vouloir refaire les choses. Et je ne veux rien changer ! Assura Maryse qui se rua à nouveau sur Jocelyne qui manqua tomber. Elle prit appui sur l'une des colonnes derrières elle, en pressant le talon de son pied nu contre le marbre. Les deux mains jointes, les deux combattantes percutèrent leur front conte celui de l'autre. J'eus l'impression qu'ils éclateraient à un moment ou un autre tant elles les pressaient avec puissance. Leurs veines commençaient à apparaître sur leur tempe sous la pression sanguine.

-J'ai fait la même erreur que toi.. Je l'ai fui. Mais je refuse d'abandonner Jace, je refuse d'abandonner mon enfant.. !

La fureur dans sa voix se brisa d'un coup suite à un puissant sanglot qui fit éclater une grimace amer sur son visage. La voir ainsi me fit aussitôt réagir, mais j'eus beau me dresser sur mes pieds je n'arrivai plus à bouger. Tétanisé, paralysé, je restai cloué au sol aussi droit que la colonne derrière moi.

Maryse tomba à genoux. Elle avait caché son visage dans ses mains et ses cheveux totalement détachés lui donnèrent un aspect plus jeune voire.. innocente. Je parvins à m'avancer d'un pas..puis un autre. Enfin je me ruai vers elle en la serrant de toutes mes forces dans mes bras et fis tout juste attention à Jocelyne qui se tenait toujours debout à nos côtés. Je soulevai le visage de Maryse et tirai gentiment sur ses poignets afin d'écarter ses mains de son visage. Mais elle secoua vigoureusement la tête me faisant comprendre qu'elle ne voulait pas. Je souris avec attendrissement.

-S'il te plaît..dis-je, d'une voix entrecoupé par l'émotion : Maman.

Ce fut à ce moment que ma mère adoptive me laissa voir son visage embué de larmes tandis que Jocelyne s'éloigna en silence. Du moins..il m'eut semblé entendre un petit reniflement humide et un faible soupire provenant d'elle. Quand bien même..

Je ne la vois pas comme ma mère..

Je ne détestai pas Jocelyne. Ne la connaissant que trop peu pour éprouver un quelconque sentiment. Tandis qu'en face de Maryse, je me voyais encore petit garçon cherchant sans cesse de l'impressionner. Car je ne m'étais jamais autant soucié de l'estime que pouvait me porter une personne..que celui de Maryse à mon égard.

Simon

C'était bien beau de m'avoir envoyé dans l'appartement de Raphaël..mais que faire si celui-ci n'était pas là ? Je tournai en rond comme un fou, n'arrivant même pas à trouver le sommeil. Pas faute de m'être allongé sur le canapé de mon chef, mais malgré le confort indéniable et le fait que le soleil soit bien haut dans le ciel, je ne parvins pas à reposer en paix. Littéralement en fait. Je ne savais même pas quoi faire d'autre qu' attendre dans le couloir de l'entrée. Mes bras enroulés autour de mon buste, je patientai en me maudissant de ne pouvoir me déplacer à ma guise.

-Pourquoi les vampires ne peuvent-ils pas ouvrir de portail, hein ? Pestai-je dans ma barbe : Mais qu'est-ce que je raconte..

Soupirant, je laissai pendre mes bras le long de mon corps et piétinai jusqu'au canapé dans lequel je m'assis mollement. Je croisai mes jambes, posai mes coudes sur le dossier et jetai ma tête en arrière ,las. Le plafond devint mon nouveau point de contemplation. Et pourtant, les seules images qui s'encastraient dans mon esprit étaient le regard farouche de Raphaël ainsi que l'éclatant sourire de Clary. Le mélange des deux était plus ou moins bizarre, je m'efforçai donc de trier mes pensées. Et contre toute attente, mon chef prit le dessus.

-Comment une négociation peut-elle prendre autant de temps.. ? Me demandai-je en tournant mon regard sur les rideaux tirés : Il est parti à la nuit tombée.. Bronx n'est pourtant pas si loin.

Il aurait dû revenir avant le levé du jour.. Songeai-je en voyant de pâles rayons se glisser sous les rideaux et s'étaler en rais lumineux sur le sol. Et si.. Je me dressai promptement et sortis mon téléphone portable de la poche arrière de mon pantalon. Je vis alors plusieurs appels manqués et textos envoyés par Clary. Je grimaçai, puis hésitai à la rappeler. Un semblant de panique m'emporta et bien que je n'en avais plus besoin, le souvenir de la respiration qui se saccadait souleva ma poitrine dans un rythme angoissé. Puis, je tentai le coup et composai le numéro de ma meilleure amie. Cette fois-ci, ce fut son tour de m'ignorer.

-Ce n'est pas vrai..

Je fis mine de regarder rageusement autour de moi avant de composer le numéro de Raphaël. Malgré son ordre de ne jamais le déranger pendant les négociations, je devais bien avouer que cette fois-ci, son absence était bien plus inquiétante que les futurs sermons avec lesquels il me blâmerait si mes doutes s'avéraient inexactes. Et pourtant..

Décroche bon sang.. !

Mes pupilles rétrécirent et se concentrèrent sur les rais lumineux au sol. Si jamais..il..

-Bordel ! Crachai-je en amorçant un geste rageur que je retins de justesse, évitant ainsi à mon portable d'aller se fracasser violemment contre le carrelage. Le portable maintenant serré entre mes mains, je le tapotai nerveusement contre mon front tout en grognant. Mes canines chatouillèrent le bord de mes lèvres, je devais trouver un moyen d'entrer en contact avec Raphaël. Je pouvais me rendre au clan de Bronx mais pour cela, je devais attendre le couché du soleil.

-Encore quatre pénibles heures à attendre.. pestai-je entres mes dents serrés.

Alors que je marmonnai dans ma barbe, je reçu un nouvel appel de Clary.

-Clary, je suis content de t'entendre ! M'enquis-je, la tête basse et faisant les cent pas dans l'appartement de mon chef, j'eus l'impression qu'une issue s'ouvrait devant moi.

« Moi également, je ne me doutai pas de te savoir encore éveillé ».

-Disons..que je n'ai pas les meilleurs conditions pour dormir..

«Un problème ? Tu sembles agité.. » Déclara t-elle à mi-voix.

-Toi aussi on dirait, tu as essayé de me joindre plusieurs fois.

« O-Oui je..j'aurai besoin de te parler. J'ai besoin de conseils Simon ».

Je voulais lui dire que j'en avais également besoin, mais l'incertitude dans sa voix m'alerta bien assez pour m'omettre de lui parler de mes propres inquiétudes. Mon amie me demanda s'il était possible qu'on se voit dans l'immédiat -elle désirait me rejoindre- mais je lui répondis qu'en soi, j'ignorai où j'étais situé.

« Comment ça ? »

-Vois-tu, j'ai dû utiliser un portail pour me rendre à l'appartement de Raphaël mais je ne connais le nom de la rue ni combien de kilomètres me séparent de l'institut..

« Pourquoi as-tu emprunté un portail, où étais-tu ? »

-J'ét-..aucune importance, Clary, dis-moi plutôt ce qu'il y a ? Rétorquai-je, mon cerveau tournant à plein régime. Je venais d'éviter la fureur du sorcier Fell qui m'avait soigneusement averti qu'il s'occuperait personnellement de moi si ma langue venait à fourcher.

Clary resta silencieusement quelques secondes, depuis le téléphone, je ne pouvais entendre que sa respiration. Puis, elle reprit enfin :

« Ma mère a été rappeler par l'Enclave.. On la réaffecte à Idris, pour qu'elle puisse prouver sa loyauté.. »

-Idris ? Isabelle m'en a parlé une fois, c'est le pays d'origine des chasseurs d'ombre si je ne me trompe ?

« C'est ça..le problème vois-tu, c'est qu'elle m'a demandé de partir avec elle pour parfaire mon éducation de chasseuse d'ombre. »

-Tu veux dire..quelle voudrait te faire level up ?

Elle rit bien malgré elle, car je pus entendre un soupir.

-Ok, ce n'était pas le meilleur exemple. Mais avoue que tu souris maintenant !

« C'est vrai. » Avoua t-elle : « Je ne sais vraiment pas quoi faire Simon..elle fait tout ça pour que l'on soit plus proche, mais je commence enfin à m'intégrer dans mon nouvel environnement et je dois t'avouer que je ne me suis jamais autant sentie moi-même que maintenant. »

Je souris en coin et lâchai avec évidence :

-Je le sais Clarissa. Le monde obscure dans lequel on est maintenant fourré tous les deux à beau traverser une passe sombre, tout cela à beau être si nouveau, je ne t'ai pourtant jamais vu autant impliquée et concernée que maintenant. Et puis, n'oublie pas ton nouveau don..Je ne suis peut-être pas autant impliqué que toi, mais Raphaël me parle assez souvent de l'Enclave pour que je puisse comprendre qu'ils sont plutôt du genre à te prendre le pourcentage des points d'expérience que tu gagnes !

« Simon ! » Rit-elle : « Tu ne serais pas en manque de quelque chose toi ? » Me taquina mon amie. Je savais qu'elle faisait allusion aux jeux vidéos, pourtant mes canines réclamèrent tout autre chose.

-Raphaël..dis-je à mi-voix.

« Pardon .. ? »

Reprenant constance, je me raclai la gorge afin de maîtriser le trouble dans ma voix.

-O-oui euh..A part la télévision et une tablette, Raphaël ne semble pas très à l'aise avec la nouvelle technologie.

« Alors c'est vrai ce que tu m'as dit l'autre soir ? Tu es définitivement revenu dans le clan des vampires de New-York ? »

-Disons que j'apprendrai mieux à vivre avec ma nouvelle condition de vampire auprès des miens plutôt qu'avec Luke et ses confrères qui ont essayé maintes fois de me faire rôtir au soleil..

« J'en toucherai un mot à Luke. »

-Laisse, c'est oublié je ne leur en veux même pas au fond.

« Et Raphaël ? Lui aussi ne nous en veut plus ? »

Je pris une profonde inspiration, et une intense réflexion s'en suivit. Nous en vouloir ? Il n'en donnait pas vraiment l'impression mais il était clair qu'une certaine animosité régnait toujours.

-Je pense qu'il va se montrer plus méfiant encore..Mais Raphaël n'est pas idiot, il ne dérogera jamais les lois des Accords. La preuve, il tente par tous les moyens de réparer notre erreur et s'occupe de négocier avec les clans voisins qui seraient susceptibles de rejoindre les manigances de Camille..

Camille.. C'est alors que notre conversation avec Raphaël me revint en mémoire « Tu protégeras Sunniva à ma place..je dois trouver Camille ». Cela n'eut rien à voir avec une subit soif, mais mes lèvres se retroussèrent hargneusement.

-Des négociations..menteur.

« Simon..que se passe t-il ? »

-J-Je suis désolé Clary.. Fis-je, passant une main dans mes cheveux. Je me sentais à nouveau anxieux et tenais à trouver un moyen rapide de localiser mon chef : Je te recontacte plus tard, j-je te le promet.

« Si- ! »

Mais je raccrochai afin de composer le plus rapidement possible le numéro de Ragnor Fell. Raphaël m'avait demandé de le garder avec moi au cas où lui-même ne serait pas en mesure de contacter le sorcier. Ce dernier décrocha après avoir laissé retentir un moment la sonnerie. Bien sûr, je ne m'impatientai pas plus et m'enquis à lui demander son aide.

« T- »

-Où est Raphaël ?

Malgré moi, le timbre de ma voix chevrota d'emportement tant et si bien que je me trouvai un tantinet agressif. Je me pinçai les lèvres et ferma les yeux un instant, comme si ce geste contiendrait mes nerfs.

« Gamin..qu'est-il arrivé ? » Entendis-je de l'autre côté du téléphone. Contre toute attente, Ragnor Fell ne rétorqua pas en grognant comme il l'avait toujours fait depuis notre rencontre. Peut-être sentait-il ma crainte..Ou bien était-ce m'avoir entendu prononcer le nom de mon chef qui l'intriguait ? Le mélange des deux sûrement..

-J-j'ignore ce qu'il se passe..Raphaël n'est pas rentré, pourquoi ? Vous devez bien le savoir, non ? Il fait jour ! Jamais une négociation ne fut aussi longue que cette dernière, pourquoi ?

« Calme-toi, il attend sûrement la tombée de la nuit pour revenir »

-Bon sang, Raphaël aurait dû rentrer avant le levé de cette journée ! Cela fait bientôt douze-heure qu'il est parti, douze-heure Monsieur Fell, ne me dites pas qu'il attend la tombée de la nuit pour rentrer. Ne faites pas passer Raphaël pour un étourdi, jamais il n-

« Simon. »

La fermeté de sa voix me statufia après un léger tressaillement d'épaules. Un pesant silence s'immisça dans la conversation. Il ne me disait pas tout, ou bien ne savait-il pas. Pourtant, je demandai :

-S'il vous plaît, traquez-le.

« Je ne peux pas.. »

-Pourquoi ?! M'emportai-je à nouveau : Je vous pensez proche de Raphaël ! V-

« Ne t'imagine pas tout savoir, gamin ! Mais je ne peux pas risquer la vie de mon épouse, mes charmes bloquent encore ma magie mais la protège également. »

Je laissai s'échapper un soupir d'agacement. Étant plus au moins au courant de la détresse dans laquelle Ragnor Fell et Sunniva se trouvaient, je me giflai intérieurement à jouer les enfants capricieux. Néanmoins, j'avais naïvement pensé que l'aide serait plus simple que cela à obtenir. Ce fut alors à ce moment que le sorcier me proposa quelque chose.

« Attends la tombée de la nuit. Je ne peux malheureusement pas t'ouvrir de portail, je n'ai pas tout à fait récupéré. Mais une fois que tu seras en mesure du sortir, reviens chez moi. Nous verrons ce que nous pouvons faire à ce moment là. Je ne peux cependant rien faire de plus pour l'instant.. »

-J-je.. merci de m'aider.

Je lui étais sincèrement reconnaissant de ne pas avoir uniquement écouté mais surtout d'avoir entendu et accepté ma demande. Après tout, nous nous connaissions à peine et je sais très bien ce qu'il pensait de moi. Je n'ai pas l'étoffe d'un vampire à ses yeux..je ne suis qu'un gamin. Et mon comportement ne fait que lui donner raison..J'eus beau m'en rendre compte je n'arrivai pas à avoir honte car je voulais simplement que l'on m'écoute.

Grandi un peu Simon..

Je ne souhaitai qu'une chose..

Hé fils, on ne sera pas toujours derrière toi..

Je voulais que l'on m'écoute..que l'on m'entende..

Pourquoi as t-il fallu que tu choisisses la musiques ?

Que l'on me comprenne..

Essaie de prendre exemple sur ta sœur.

Je voulais simplement qu'il m'accepte comme j'étais..

-Papa..

Je dus mettre plusieurs secondes avant de me rendre compte que le sorcier Ragnor Fell me parlait toujours à l'autre bout du téléphone. Je n'avais plus écouté le moindres mots, j'ignorai ce qui m'avait fait perdre le fil, mais je sentis mon visage s'embarrasser quelque peu.

« Simon ? »

Encore..il l'a encore dit. Reprenant contenance du mieux que je le pus, je me hâtai à répondre.

-J-je vous promets d'être au rendez-vous..

Puis je raccrochai en serrant le petit appareil dans mes mains jointes. Flageolantes, mes jambes fléchirent et je me laissai tomber à genoux devant la fenêtre aux rideaux tirés. Le rai lumineux n'avait pas perdu en intensité, et il rayait toujours le carrelage par sa clarté. Je ne sus dire pourquoi, mais mon corps se mit à trembler de part et d'autre et un haut le cœur me leva l'estomac. je fouillai dans mon esprit une quelconque façon de me calmer, d'évacuer mon amertume et ce soudain élan de regrets.. Le portable glissa entre mes mains que je vins lier d'avantage. Toujours à genoux devant cette fenêtre voilée, je baissai mon regard vers mes genoux et me mis à prier :

-" Au nom d-du conseil d'en haut..et au nom du conseil d'en bas.., avec le consentement de l'Omniprésent -loué soit-il-" Ah !

De la fumée s'échappa de ma bouche et ma gorge me brûla horriblement. Alors voilà, je n'avais plus le droit d'obtenir un quelconque salut..

-"E-et avec le consentement de cette s-sainte congrégation..a-ah..nous déclarons...oui..nous déclarons.."

Mes yeux secs, morts et vides se remplir d'étranges larmes de sang.

-"Nous déclarons qu'il est permis de prier avec les transgresseurs ".

Toujours à genoux je vins coller avoir désespoir mon front contre le sol aussi dur et froid que mon cœur de vampire aurait dû devenir avec le temps. Mais il semblait, que même mort, il y ait des émotions qu'on ne pouvait oublier.

Un soudain coup de tonnerre éclata dans un brouhaha assourdissant. Je relevai la tête et constatai que le rai lumineux avait disparu. Si les lumières de l'appartement n'avaient pas été allumées alors je me serai retrouvé dans le noir complet, car il semblait que le soleil avait soudainement laissé place à de sombres nuages annonciateurs d'un mauvais présage..


Alec sortit de la salle de bain habillé uniquement de son pantalon comme demandé par son amant qui l'aida à remettre son bandage. Ou plutôt, il fit à nouveau apparaître un bandage fraîchement enroulé autour de ses plaies en un claquement de doigts.

-Je dois bien avouer que je me sens mieux maintenant. Informa le plus jeune qui accepta volontiers d'enfiler le marcel gris moucheté blanc rappelant des tâches de peinture, que lui proposa Magnus. Faisant bon à l'intérieur, il ne réclama aucun gilet.

-Tu dois te sentir nettement...(Magnus fit mine de chercher ses mots) ..plus propre !

Alec rougit sans retenu, en ayant vraiment assez de cacher son visage et puis surtout il savait qu'il ne servait à rien de le faire avec son amant. Il voyait tout ! Magnus passa devant lui, déroba un baiser, et partit s'affairer à la préparation du fil d'amour dans sa cuisine. Alec prit place sur le canapé et scruta le petit écrin ouvert sur la table basse où reposait toujours l'écaille du Drachenigneus. En se penchant, le bruit métallique du pendentif retentit à cause de certaines parties de l'ange désarticulé qui s'entrechoquaient dans le vide.

-Je ne ressens vraiment rien, je me demande s'il reste réellement des bribes de l'aura d'Ithuriel. Lança Alec à haute voix pour que son amant l'entende. Ce dernier lui répondit d'une voix plus lointaine, toujours cloîtré dans sa cuisine.

-La présence de Gabriel doit brouiller ta sensorialité. Après tout, son aura est plus forte que celle d'un simple ange. Peut-être qu'un autre Nephilim pourrait ressentir la présence d'Ithuriel.

-Il faudrait qu'il ait également le don de clairvoyance. Décréta le brun qui vit son amant revenir dans le salon, armé d'une fiole exiguë aux bords légèrement pointus, la faisant ressembler à un losange orné d'un orifice, duquel Magnus vint glisser l'écaille qui s'était dissoute au contact du liquide opaque.

-Terminé ! S'enjoua le sorcier avant de reprendre : Je doute que des Nephilim avec un tel don courent les rues.

-Alors que puis-je faire pour accélérer le processus ? S'enquit Alec, l'air songeur. Magnus finit d'envelopper sa fiole dans un pochon en daim avant de la poser sur une étagère. Puis, soudainement encombré par ses mains, il les frotta l'une contre l'autre et sembla réfléchir.

-On peut toujours essayer de le pister avec un sort. Proposa t-il calmement : Je ne vois pas comment « brusquer » ton don sans ébranler ton esprit, Alexander. Et je vais être honnête (il marqua une pause puis fronça les sourcils); je suis loin d'être en mesure de te laisser faire une telle chose. On a failli te perdre une fois, ne te remets pas à jouer avec le feu.

Aucune animosité ne vint déranger sa voix, mais la fermeté qui martela ses mots fit comprendre à son cadet qu'il ne plaisantait pas. Finalement, il ne lui avait peut-être pas entièrement pardonné de s'être mis en danger. Alec opina silencieusement, sans être capable de soutenir le regard de son vis à vis.

-Laisse-moi jeter un coup d'œil au collier. Fit Magnus avant de présenter sa main. Alec retira le pendentif et le lui donna. Le sorcier serra l'objet entre ses deux mains jointes. Des flammes bleus et vertes jaillirent et tournoyèrent autour.

Le pistage était lancé. Soudain, l'éclairage se mit à faire des siennes et dehors, un coup de tonnerre fracassa leurs oreilles.

-Qu'est-ce c'était ? S'emballa Magnus qui lui rendit le pendentif. Il s'en alla ensuite à la fenêtre.

-Le ciel commençait à se couvrir tout à l'heure, l'orage ne doit pas tomber loin d'ici.

Mais le sorcier le toisa curieusement puis lui demanda de s'approcher.

-Tu vois souvent ce genre d'orage ?

Alec arqua un sourcil puis rejoignit son amant. Ce dernier se remit à détailler le ciel d'un air inquiet. En effet, l'orage pressentit plus tôt par Alec, s'avérait être un véritable paysage chaotique. Au dessus des immeubles, les nuages s'entrecroisaient jusqu'à ne former qu'un tourbillon sombre qui recouvrait le ciel tout entier.

Un nouvel éclair retentit. Soudain, le pendentif entre les mains du Nephilim se mit à luire et un émettre une forte chaleur qui marqua profondément sa chaire. Lâchant un hoquet de surprise ainsi que le collier, le brun examina sa main boursouflée.

-Alec ! Magnus s'empressa de s'occuper des soins. Ses flammes bleues refermèrent la blessure qui ne laissa aucune trace derrière elle.

-C-ce doit être ce qu'on attendait. Fit Alec en examinant le collier qui marqua le tapis sur lequel il était tombé. Magnus lança un sort afin de faire léviter le pendentif sous leurs yeux. Il était clair que la chaleur qu'il dégageait ne leur permettrait pas de le toucher. Le sorcier jeta ensuite un coup d'œil vers le cou de son amant.

-Plutôt brutal comme signal.. Tu as bien fait de l'avoir retiré de ton joli cou !

Alec porta aussitôt une main à l'endroit désigné et déglutit. En effet.. pensa t-il.

-Peu de chance que cela soit un hasard, on doit se rendre là-bas.

-Alexander..commença l'aîné en posant avec attention ses mains sur les épaules de son cadet : Pas de hâte, nous ne savons même pas ce que c'est.

Ses pupilles de chat apparurent alors qu'un concentré d'énergie, provenant du cœur de la tempête, le fit frissonner.

-Cela n'a rien de normal, il y a un démon derrière cet étrange phénomène, Alec.

Le plus jeune se concentra d'avantage sur les énergies qui se dégageaient de ce soudain et violent changement climatique. Son aura angélique trembla au bout de ses ongles et, imitant le cristal de sa stèle pourtant dans sa poche, il n'usa que de son index pour se marquer une rune de vision thermique. Aucun véritable contacte, seul son aura qui brûla sa peau et fit alors apparaître la marque qui se noircit peut à peu. A ses côtés, Magnus ne resta pas sans réaction et il toisa Alec en fronçant les sourcils, l'air ahuri.

-Peux-tu m'expliquer ?

-J-je ne sais pas, je me suis simplement senti capable de le faire. Avoua timidement le Nephilim qui examinait la rune fraîchement tracée à l'intérieur de son avant-bras : La stèle ne me sera plus nécessaire je crois. Chuchota t-il, plus à lui-même qu'au sorcier.

Magnus ne voyait pas d'un bon œil la vitesse à laquelle son amant subissait ses changements de jour en jour. De plus, l'époque à laquelle ils vivaient et le futur qui se présentait sous un jour noir, il ignorait à quel point Alec pourrait bien être impliqué. Cette fois encore, le fait de ne pouvoir prévoir les prochains événements le tourmentait.

Où tout cela va bien pouvoir t'amener, mon Alec ? Songea t-il en son for intérieur en glissant une main aimant contre la joue d'Alec qui vint embrasser le creux. Tous deux décidèrent de se mettre au balcon afin de repérer une possible présence démoniaque.

-Nous sommes toujours la journée, même si cela n'en a pas l'air. Souligna le demi-ange.

-S'ils sont invoqués, alors ce n'est pas un problème. Surtout que cet orage anormal pourrait très bien être à leur avantage. Du moment que le ciel est assombri, les démons peuvent apparaître à leur aise.

« Le pendentif »

La voix de Gabriel résonnant dans sa tête, Alec se tourna vers le collier qui lévitait toujours au milieu de la pièce. Faisant mine de s'éloigner du balcon, Magnus dut le retenir par le poignet pour le stopper dans sa marche. Le sorcier secoua la tête d'un air désapprobateur, mais le demi-ange se libéra gentiment en faisant glisser ses doigts le long de la prise de son aîné qui tenta de les agripper une énième fois mais en vain. Alec accrocha à nouveau le pendentif autour de son cou, qui fut marqué d'une encolure rougeâtre causée par la douloureuse chaleur que dégageait l'objet.

-Bon sang, que fais-tu ?

-Si le collier réagi, peut-être qu'on a une chance de trouver Ithuriel.

-Et comment comptes-tu te battre si un démon sort de nulle part ? Tu n'as ni ton arc ni tes flèches sur toi !

-Nous sommes entraîner pour faire face à toutes les situations, Magnus. Je ne dis pas que ce n'est pas dangereux, mais ce danger est notre vie.

Le Grand Sorcier de Brooklyn ne put empêcher un sourire railleur étirer ses lèvres. Parler à un mur serait plus constructif.. Se dit-il en se hâtant soudainement dans son cabinet de travail. Alec le suivit, mais n'osa entrer dans la pièce dans laquelle son amant farfouillait parmi ses ouvrages. Magnus arracha soudainement la page du livre qu'il consultait puis se tourna vers son cadet.

-Nous y allons simplement pour repérer l'ange, ne tente rien de stupide. Informa le sorcier en faisant apparaître deux manteaux. Alec enfila le premier puis aida son aîné à mettre l'autre en souriant. Puis, enserrant la taille de Magnus il dit :

-Tout ira bien.

Un hochement de tête commun cella leur accord. Un fois au pied de l'immeuble, ils se rendirent compte à quel point le vent se manifestait de plus en plus fort. Le peu de terrestres qui ne s'étaient toujours pas réfugiés chez eux, par faute d'être encore trop loin, décidaient de faire escales dans les cafés où les hôtels dont les gérants acceptaient sans argumenter de les mettre à l'abri le temps pour la tempête de passer. Le pendentif autour du cou d'Alec se remit à lui brûler la peau. Il réprima un hoquet de douleur puis fixa le haut de la structure du pont de Brooklyn qu'il put apercevoir depuis la rue qu'ils traversaient.

-Prenons de la hauteur ! Cria t-il pour que Magnus l'entende. Il pointa son doigt en direction du pont.

-On sera bien trop exposé ! Continuons d'abord d'inspecter les environs. Le pendentif réagit, n'est-ce pas ?

Alec opina, puis suivit son aîné dont la marque n'avait toujours pas disparu. Il sentait la présence d'un démon..mais n'en voyait toujours ni la forme ni l'aura. Il doutât Valentin être derrière tout ça. Alec aussi, tous deux le savaient et ce qui les inquiétaient étaient les réactions du pendentif. Ils ignoraient si tout cela était une hasardeuse coïncidence ou bien si elle était volontaire..

Du côté de l'institut, rien d'anormal n'avait encore été signalé. Pourtant, tous les membres étaient aux aguets. Chacun respectait son poste et vérifiait plusieurs fois les écrans de contrôle dont les caméras étaient disposé dans les endroits stratégique de la ville où créatures obscures et terrestres inconscients avaient l'habitude de commettre des délits. Pour ce qui était de l'apparition des démons, il leur était toujours difficile de savoir où leur apparition se ferait.

Clary et Isabelle ne lambinaient pas et vérifiaient sous l'œil averti de Lydia les alentours de l'East River, où le ciel semblait des plus agités.

-Si ceci est bien le résultat des manigances de Valentin, je doute qu'il fasse l'erreur de se terrer à nouveau proche de l'East River. Déclara Isabelle qui ne décela aucune anomalie sur son panneau de contrôle.

-Restons méfiants et surtout attentifs, la logique des fous n'a rien de similaire à la nôtre. Souleva Lydia, qui fit également chou blanc.

-Je supporte ce que tu dis, après avoir été plusieurs fois en contact avec ces actions, certaines ont abouti à des incompréhensions hors normes. Renchérit Clary qui leva son nez de l'écran. Les trois jeunes femmes se réunir et tentèrent d'analyser la situation.

-On a besoin de s'assurer que les terrestres vont bien, je compte me rendre sur le terrain.

Isabelle, quelque peu choquée, fronça les sourcils et dit :

-Je pensai que tu n'avais été envoyée que pour transmettre le message de l'Enclave à Jocelyne et la ramener à Idris la date convenue.

-J'ai demandé à retourner sur le terrain le temps de mon séjour ici. On m'a accordé cette faveur mais en contrepartie, je dois faire un rapport détaillé sur les événements produits et les moindres faits et gestes de Jace..

Clary ne put s'empêcher de lever les bras au ciel, exaspérée. Lydia se pinça les lèvres car elle comprenait son désarrois.

-Et sa présomption d'innocence, alors ? S'enquit la rousse.

-Son sang de démon doit y être pour quelque chose, Clary. Fit Isabelle, d'une voix calme. Mais son agacement n'en était pas moins présent.

-L'Enclave veut s'assurer de ne pas avoir innocenter Jace pour rien.

Les trois jeunes femmes se jaugèrent un moment avant de se recentrer sur les faits du moments.

-Je viens avec toi. Assura Clary : Tourner en rond dans l'institut commence à me porter sur les nerfs, autant que je parte patrouiller avec toi.

Isabelle étira un éclatant sourire à l'écoute des paroles de son amie. Elle commence à comprendre..Un sentiment de fierté l'anima. La brune fit mine de s'éloigner du petit groupe en talonnant hâtivement. Lydia l'interpella, lui demandant ce qu'elle comptait faire.

-Je m'occupe de demander une autorisation à Aldertree, vu la situation je doute qu'il rechigne !

-Merci, j'ai un peu de mal à le voir ne serait-ce qu'en peinture en ce moment. Soupira la blonde en se massant l'arête du nez.

-Boh, je commence à comprendre son manège. Rit Isabelle avant de disparaître après le tournant du couloir.


Cela faisait longtemps que Maryse et Jace n'avaient plus conversé si ouvertement. Depuis que son frère et lui étaient disposés à partir sur le terrain il lui semblait. Chacun installé dans des fauteuils rapprochés, à la bibliothèque, tous deux regardaient de vieilles photos que Maryse gardait dans un étuis en cuir noir, légèrement abîmé sur la reliure. Détail qui prouvait qu'elle l'avait souvent ouvert pour contempler le contenu.

-C'est Max là.. ?

-Non, regarde mieux, rit-elle en pointant du doigt le petit garçon qui se cachait derrière une paire de jambes. Sûrement celles de Robet pensa Jace en se basant sur la corpulence de la silhouette.

-C'est Alec ?

-Il avait trois ans. Déjà un grand timide ! Je ne sais pas de qui il tient cet attrait d'ailleurs, Robert peut se montrer discret mais jamais renfermé. Alexander l'a toujours été..

-Plus maintenant, enfin beaucoup moins. Assura le blond en effleurant le visage de son frère aîné sur la photo.

-Il m'a tout juste dit bonjour tout à l'heure. Dit la chasseuse d'ombre après s'être raclée difficilement la gorge.

-Rien de plus normal, tu ne crois pas ? Après la dispute que vous avez eu le mois dernier..

-Je sais Jace, mais sur le moment, je me sentais véritablement humiliée.

-Et Lydia, comment crois-tu qu'elle ce soit sentie ? Mon frère aussi aurait fini par se sentir honteux s'il avait continué à faire semblant d'être un autre. Crois-tu que cela aurait été mieux ?

Jace jaugea sa mère adoptive du coin de l'œil. Il ne se montra pas agressif, mais essayait de comprendre ce qui la rebellait autant.

-Je me fiche qu'il soit gay, sois sûr de ça. Affirma honnêtement Maryse tout en passant une main dans ses cheveux afin de les ramener en arrière et dégager son visage : Pour être honnête, j'ai déjà connu un chasseur d'ombre bisexuel, alors ce n'est pas le problème.

-Le connaître ne fait pas tout, étais-tu amie avec lui ?

Un éclatant sourire illumina le visage de Maryse, qui paraissait pourtant éreintée.

-C'était un merveilleux ami, oui.

Maryse glissa la photo d'un petit Alec de trois ans, derrière les autres et contempla la prochaine. Jace haussa légèrement les sourcils trompant ainsi sa stupeur de voir un Robert si jeune aux côtés d'un homme dont les traits ne lui étaient pas inconnus. Jace se retint de murmurer « papa » et se sentit quelque peu désorienté..Dans son esprit, le visage de Michael Wayland perdurait toujours, malgré les révélations de Valentin au sujet de leur lien de parenté et du subterfuge qu'il usa pour tromper l'Enclave, en se faisant passer pour l'homme sur la photo. Et pourtant..

Jace constata qu'un flagrant détail différenciait l'homme sur la photo et celui de ses souvenirs.

-Valentin n'a jamais souri avec un tel éclat de malice dans les yeux.

-Michael était loin d'être comme Valentin. C'était une personne vraiment singulière et tout le monde l'appréciait pour cette débordante sympathie qu'il dégageait. Il attirait aisément les personnes autour de lui. Pourtant, le seul avec qui il préférait rester était Robert.

-Et c'était réciproque ? Je veux dire..Robert n'a jamais donné l'impression d'être familier avec les autres. Mais sur la photo, j'ai l'impression de voir quelqu'un de plus taquin.

-C'était le cas. Ricana Maryse, Robert était discret, mais dès qu'il était entouré de personne avec lesquelles il se sentait en confiance, un côté plus espiègle ressortait. Et aux côtés de Michaël, il était un véritable gamin.. lâcha t-elle sans retenue. Ce qui surpris encore plus Jace qui imaginait mal son père adoptif joyeux et animant des soirées : J'admirai Valentin pour son charisme..mais j'aimais Robert pour son charme et sa droiture. Ajouta la jeune femme en effleurant la photo, avec un pointe de nostalgie dans le cœur. Puis, comme pour effacer ce sentiment, elle glissa rapidement la photo derrière les autres : C'était il y a longtemps. Finit elle en essayant de refaire son chignon.

-Tout le monde change un jour, n'est-ce pas ?

-Plus ou moins, ou bien, au lieu de parler de changement, certains disent qu'ils ne font que montrer leur véritable visage. Je suppose que cela doit être pareil pour Alec.

-Il a toujours tout refoulé en lui, Maryse..on nous a toujours appris à ne pas écouter nos sentiments. Mais pour sa part, cela ressemblait à un véritable mensonge.

-Je sais et souvent le mensonge n'est pas là où l'on s'y attend. Avoua Maryse. Mais son timbre plat fit comprendre à son fils qu'elle se parlait plus à elle-même qu'à lui. Jace passa outre, et demanda :

-Si apprendre qu'il est gay ne te dérange pas, qu'est-ce qui te révulse autant ?

-Qu'il choisisse ce serpent de Magnus Bane, pesta t-elle avec un profond dédain.

Jace sourit en coin et se remémora sa conversation de plus tôt avec le sorcier. L'amertume de l'échange restait en bouche.

-Cet homme a tous les vices en lui.

-Il nous est pourtant d'une grande aide sur le champ de bataille.

-Une fois allié, c'est une force de choix et aussi un excellent négociateur.

-Comme quoi, il n'est pas si mauvais.. Fit Jace essayant lui même de se convaincre.

-Mais il reste un sorcier, et en tant que personne prise à part je ne le sens pas fiable. Il est le genre d'homme qui sépare proprement le travail et la vie privée ce qui pourrait être en soi une qualité en or pourtant cela donne une excellente raison de se méfier de lui. J'ignore dans quoi il pourrait entraîner ton frère.

-Je reste le parabataï d'Alec. Tout ira bien..

-Le lien parabataï n'est pas infaillible Jace. Souligna Maryse en lançant un regard lourd de sens à son cadet. Il est même si facile de le briser. Et tu ignores à quel point cet homme hait les enfants de Raziel.

Sa voix sonna tel un glas aux oreilles de Jace qui eût l'impression de recevoir le contenu d'un seau rempli d'éclats de glace. Il voulut en savoir plus et poser une question mais l'on vint les interrompre. C'était Lydia qui vint les informer qu'Aldertree tiendrait une réunion dans dix minutes dans le hall de rassemblement.

-Est-ce qu'Alec en a été informé ? S'enquit Maryse, une pointe d'espoir dans la voix. Sûrement celui de voir son fils aîné.

-Il reste injoignable..mais il a dû recevoir le message d'alerte, attendons de voir s'il sera à la réunion. Rétorqua poliment la jeune femme qui referma la porte de la bibliothèque derrière elle.

-Ce n'est pas son genre de ne pas répondre. Souligna Maryse.

-Alec a pris sa journée, peut-être a t-il éteint son téléphone.

-Il ne ferait jamais ça, Jace tu le sais bien.

-Oh je te vois venir, ne jette pas la pierre sur Magnus tout de suite. J-je..j'ai moi même eu des mots avec lui, mais je doute qu'il empêcherait Alec de faire son travail. (Jace fit mine de se lever) Lydia a raison, attendons de voir s'il sera là ou non avant de nous hâter en conclusions véhémentes.

Jace sortit en premier de la bibliothèque suivit de près par Maryse qui rangea précieusement dans la poche de sa veste, l'étui qui protégeait ses photos.

Magnus

C'était définitif, les rues étaient désertes. Les commerçants avaient fermé leurs établissements bien plus tôt que l'heure habituelle et ce, à cause de cet étrange orage duquel vent violent et de dangereux éclairs ternissaient les environs. Mais ce n'était pas ce qui m'inquiétait le plus. La chaleur qu'émettait le pendentif autour du cou de mon amant semblait être de plus en plus intense. Alec m'avait informé que nous étions tout proche de quelque chose qui essayait d'interagir avec le collier, mais la brûlure s'ancrait en profondeur. Je voyais bien qu'il serrait les dents, mais j'espérai qu'il me dise vouloir rentrer et attendre que la tempête se calme pour revenir.

Nous nous trouvions sur les docks entourant l'East River. Hormis de vieilles usines abandonnées, nous ne vîmes rien d'anormal. Pourtant je pouvais sentir la présence d'un démon. Le problème restait de savoir où il se terrait.

-Ça ne va pas. Lança soudainement Alec.

-Tu veux parler du calme.. ?

-Oui. Je ressens la présence de ce démon, mais ma vision thermique ne perçoit rien du tout.

-Je ne vois rien du tout, moi non plus.

Alec tourna lentement sur lui-même et balaya les environs du regard. Au moment où il se tourna en ma direction, je pus voir le filet de sang qui s'écoulait de sa brûlure.

-Alexander !

Il tressauta et se figea me laissant examiner son cou. Je fis claquer le bout de ma langue contre mon palais, fortement désapprobateur.

-Rentrons, chéri. S'il te plaît, on a une piste mais on arrivera à rien si tu es blessé.

-C'est tout proche, Magnus ! Insista t-il : Je ne laisserai pas ce collier me mutiler sans raisons, on doit continuer à chercher l'ange !

Jaugeant mon amant, je pus voir ses éternels éclats blancs dans ses yeux. Une fois une idée derrière la tête il lui était difficile d'en démordre. Encore une fois, je pris sur moi et contins mon inquiétude. Tout ce que je souhaitai c'était que ses ailes ne se manifestent pas dans un tel moment. Pressant une poigne ferme sur son épaule, je lui fis comprendre que je le suivais dans son entreprise non sans risque.

Au moment où nous allions reprendre nos recherches, un long rai étincelant fendit le ciel. Partant de la terre cela se rapprochait à grande vitesse du tourbillon de nuages d'où de claquants éclaires déchiraient l'air.

-Michaël.. Murmura Alec.

En effet, grâce à mes yeux de chat je pus utiliser ma vue démoniaque afin d'obtenir une image plus nette de cette étrange étoile filante. Nous eûmes tout juste le temps de nous demander ce qu'il lui arrivait quand le tourbillon de nuages s'écarta en son centre et laissa apparaître la tête d'un aigle faisant bien trois fois la taille de Michaël. Son corps s'extirpa des nuages en les fendant par la ligne de ses ailes larges et sombres ne laissant derrière qu'une liane de brume. Les nuages eux mêmes semblaient lui donner une imposante corpulence en épousant la forme de ses plumes. Néanmoins, une fois sont corps mis à jour, je compris que c'était un Griffon qui opposait l'Archange. A l'avant, deux grosses pattes de lion tentaient de porter des coups à Michaël qui tournoyait autour de la chimère afin d'éviter ses attaques. Ses pattes arrières avaient la même forme que ceux d'un rapace aux serres tranchantes et acérées. Et en guise d'arrière-garde, un entrelacement de plumes formant au bout la même extrémité que la queue d'un lion. Michaël évita de justesse un puissant coup de bec et répliqua en brûlant l'un de ses yeux. Le cris de la bête s'étendit au delà de notre périmètre tel une onde sonore.

-C'est le familier de Lilith. Dis-je en courant au bout du ponton de docks pour mieux voir : Que fait-il là ?!

-Peu importe, on doit aider Michaël ! Rétorqua mon cadet en agrippant ma manche.

-Tu vas te mettre à l'abri, tu n'as pas d'arme Alec !

-Hors de question que je fuis, Magnus ! Et puis il y a le pendentif, il ne réagit plus du tout, ce n'est pas normal !

Cette fois j'arrachai le collier autour de son cou et le fit disparaître dans un vortex que j'ouvris entre mes mains. Alec voulut le rattraper avant qu'il ne s'engouffre entièrement mais je refermai le vortex dans un clappement de mains.

-Quelle mouche t'a piqué ?! Es-tu fou ?!

-Je pensai pourtant avoir été clair tout à l'heure. Hors de question que je te laisse jouer avec le feu !

Je ne lui laissai guère le temps de répliquer, je claquai des doigts et laissai ma magie s'infiltrer dans son esprit avant qu'il ne s'évanouisse. Je l'attrapai d'un bras derrière ses reins et passa l'autre sous ses jambes afin de le porter dans un entrepôt abandonné.

-Pardonne-moi.. Murmurai-je puis je vins d'embrasser son front. Avant de partir, je guéris son cou meurtri puis sortis du vieux bâtiment. N'oubliant guère de sceller la porte en ferraille, j'érigeai ensuite une barrière tout autour de l'entrepôt. Mon aura démoniaque sembla avoir attiré l'attention du Griffon qui cria à nouveau avant de foncer droit en ma direction. J'utilisai mon manteau comme leurre le faisant s'animer grâce à ma magie. Comme prévu, le Griffon déchiqueta le vêtement et je pus rejoindre Michaël qui avait été propulsé sur les docks. Ses ailes luisaient intensément, et l'avaient en quelque sorte servi d'amortisseur.

-Hé, tu bats de l'aile trop tôt Micky !

-S-si tu crois que c'est le moment de faire de l' humour..ah- !

Je l'aidai à se relever avant de lui demander un bilan de la situation.

-Ce Griffon était scellé depuis des siècles, j'ignore qui a bien pu le libérer. Seul le sang d'un ange aurait dû permettre une tel exploit.

-Exploit ? Je vois ça comme un véritable poison !

-En tous cas, mes doutes se fondent de plus en plus, Ithuriel ne doit pas être loin.

-Tu penses qu'on a utilisé son sang pour libérer le familier de Lilith ?

-Assurément, aucun autre ange n'est autant en détresse que lui. J'ignore qui a fait ça mais il ne touchera plus l'un des miens.. Grogna le roux dont les yeux luisirent tel un ardent brasier.

Mon regard s'attarda sur l'entrepôt près du Griffon qui semblait nous avoir perdu de vue. Sa blessure à l'œil serait à notre avantage. Mais à chaque sort que nous utiliserions, je savais qu'il finirait par sentir notre aura.

-Je ne vois le jeune Alec nulle part.

-Pourtant il est là.. Soupirai-je, en me maudissant de ne pas avoir protesté davantage depuis le début de cette folle entreprise de recherches : Tu vois l'entrepôt proche du Griffon ? Alec est là-dedans.

-Quoi ?! S'étrangla presque le roux qui m'agrippa par le col de ma chemise.

-J'ai érigé une barrière, tout ira bien du moment qu'il me reste suffisamment de magie pour la maintenir.

Tandis qu'il me lâchait, je le vis sourire railleusement.

-Si tu doutes de toi alors qu'il t'a partagé son aura angélique..tu ne le mérites pas.

Je mis du temps avant de comprendre ce à quoi il faisait allusion. J'ouvris la bouche pour rétorquer mais le cris du Griffon m'interpella. Il nous avait à nouveau repéré. La bête prit son élan avant de bondir sur nous. En un simple regard nous nous entendîmes sur une chose : Nous disperser.

Michaël occupa les airs tandis que je restai sur terre. Néanmoins, le Griffon semblait avoir lui aussi pris une décision, celle de s'acharner sur l'Archange.

-Merde.. ! Pestai-je en sortant de la poche de mon pantalon, le morceau de feuille que j'avais déchiré de mon livre. Je la coinçai entre mon index et mon majeur et la tins à l'horizontal, le plat de la feuille face au ciel. Portant au bord de mes lèvres le bout de papier, ce dernier se métamorphosa peu à peu en une longue pipe chinoise.

-Tu crois que je ne te vois pas ! Beugla Michaël depuis les airs : C'est pas le moment de s'en griller une !

-Tu as un sacré vocabulaire pour un archange ! Me moquai-je en prenant une bouffée de fumée que dégageait la pipe. Bloquant ma respiration, j'éloignai la pipe de mes lèvres avant de tout recracher délicatement. Un épais brouillard m'entoura et s'étendit au delà des docks de l'East River, engloutissant tout sur son passage : Maintenant à nous deux mon gros..

M'avançant à travers l'épaisse brume j'utilisai mes yeux de chat pour me guider. Mes yeux verts de terrestre ne pouvaient rien voir à travers ce paysage brouillé. En revanche mon sang de démon frétillait à ne plus retenir sa joie. Je dus me mordre le coin de ma lèvre pour garder cet affreux sourire qui me rendait si disgracieux. Face à certaine situation, je me savais pouvoir perdre une part de self-control.

-Mais Alexander n'est pas là..Et je me fiche de ce que cet Archange pourra voir de moi.

Plus je m'avançai, plus je sentais mon corps se dissoudre et ne faire qu'un avec la brume. Je l'effleurai et elle léchait ma peau afin de la faire disparaître et ne laisser place qu'à une informe masse noire. Je pouvais toujours entendre les cris stridents du Griffon et le battements de ses ailes propulsaient certaines ondes qui me guidaient assurément vers lui. Une odeur de brûler caressa mes narines, Michaël semblait prendre le dessus. Le brouillard ne lui fait rien..comme attendu de la part d'un être supérieur comme lui. Me dis-je en souriant railleusement. Les multiples gémissement du Griffon me prouvaient qu'il perdait l'avantage. Puis je le repérai. Au dessus de moi, se battaient Michaël et la bête qui semblait bien désorientée. J'agitai mes mains en usant de gracieuses fioritures afin de rendre ma magie plus abondante. Enfin la chimère me remarqua et je pus voir dans les tressaillements de sa queue qu'elle se sentit menacée. Le Griffon gronda bec fermé, et me toisa de son unique œil encore valide comme s'il était capable de percer le brouillard. Se jetant la tête la première, j'esquivai ses pattes de lion en me fondant dans le brouillard. Je ripostai en lançant une orbe de flamme noires triées d'éclairs orangés, perçant ainsi son autre œil.

Son cri déchira à nouveau l'air. Michaël profita de sa vulnérabilité pour lui trancher sa queue de lion. La chimère se dressa sur ses pattes arrières et agita ses ailes et ses pattes avant, semblant chercher son assaillant. Aussitôt, j'enchaînai son aile gauche dans des liens enflammés et je lui arrachai sans retenu. L'Archange prit en charge la seconde qu'il fit brûler avec son feu qui jaillissait du sigile qui apparaissait devant lui.

Le Griffon criait plus fort encore, grognait, s'épuisait à tourner sur lui même à la recherche de ses ennemis qu'il ne voyait pas. A force de disperser nos attaques sur un tempo saccadé, nous parvînmes à soumettre la chimère qui s'écroula lourdement sur les quais.

Essoufflé, je m'avançai avec prudence, mes flammes prêtes à jaillir au cas où la bête tentera une vaine attaque. Michaël atterrit dans un battement d'ailes léger et vint examiner la chimère.

-Son processus de régénération a commencé, on doit l'achever. M'informa t-il en pointant du doigt les restes des membres que nous avions amputés qui se reformaient peu à peu.

Le Griffon semblait avoir compris les mots de l'Archange au sujet de sa sentence, et grogna bec fermé.

-Tu sais comme moi qu'il se fait manipuler. Lilith se sert de lui comme gardien d'Edom, il reste une créature de la faune obscure on en peut pas le tuer ainsi.

-Le combat que nous venons de mener ne te suffit pas pour comprendre que cet animal est complètement fou ?!

-On doit trouver celui qui le manipule est le soumettre, c'est le seul moyen de lui faire recouvrer la raison !

-Cet animal va se souvenir toute sa vie du carnage qu'il a fait durant ces nombreux siècles. Pesta Michaël entre ses dents : Il se fait manipuler aujourd'hui mais était déjà sous la coupe de Lilith depuis le temps de la genèse ! Nous avons bien tenté de le sceller, mais regarde ce que cela a donné aujourd'hui, Magnus. Trancha l'Archange d'une voix sèche. C'était bien la première fois que je le voyais si courroucé. Je fis mine de regarder autour de nous, à travers le brouillard et serra les dents au point d'en faire crisper ma mâchoire. Je sais qu'il a raison.. Un gémissement sourd me parvint aux oreilles. Mes yeux de chat se posèrent sur le Griffon à l'agonie. Nous savions ses blessures profondes, mais pour une telle créature à la fois terrestre et démoniaque, son système de régénération était sans limites. Je l'avais blessé dans le but de l'immobiliser..mais pas de le tuer.

-Nous n'avons que peu de temps, si tu ne veux pas le faire je m'en charge.

-Arrête ! Fis-je en lui barrant le passage en bloquant son buste avec mon bras tendu devant lui : S'il a été libéré grâce au sang d'Ithuriel, alors ce n'est pas Lilith qui le contrôle. On a une chance de le libérer de son calvaire.

-Tu es le pire..

J'eus un geste de recule et ramena mon bras vers moi en sentant les flammes de Michaël me brûler.

-A quoi joues-tu bon sa-

-Quand comprendras-tu que ce Griffon ne sera plus capable de vivre dans le monde obscure tel un simple animal ! La guerre, voilà ce pourquoi il a été dressé !

-Il réapprendra à vivre comme une créature de la faune obscure. Intervins-je, me dressant entre l'Archange et le Griffon.

-Écarte-toi.. Menaça t-il.

Mais je restai cloué au bitume.

-On ne peut pas savoir sans avoir ten-

-BOUGE ! Hurla t-il en me propulsant sur le côté. J'eus tout juste le temps d'apercevoir le Griffon à nouveau debout. Il avait essayé me griffer avec ses serres avant que Michaël ne m'éloigne de justesse et ne se prenne l'attaque de plein fouet.

-Micky !

Les griffes de la chimère avaient transpercé l'abdomen de l'Archange qui se voyait immobilisé. Je le vis user de ses flammes pour se dégager mais le Griffon le plaqua au sol, et lui écrasa la cage thoracique en mettant tout son poids dans sa patte.

-Aah- !

-Merde ! Pestai-je.

Prenant une profonde inspiration, je fis apparaître mes flammes tout autour de mes mains et, jaillissant d'un bon dans le dos du Griffon, j'enfonçai mes ongles au niveau du cœur jusqu'à ce que mon bras traverse son corps.

Un dernier cri déchira l'air.

Peu à peu, la brume disparut et la pipe chinoise se retransforma d'elle-même avant de choir sur le sol. Pantelant, je retirai mon bras dans un bruit de craquements d'os et de cartilages, puis plus humide et visqueux au niveau de l'orifice par lequel sortit ma main. Le cœur du Griffon pulsait encore au creux, et était encore chaud. Les battements se firent de plus en plus lents, jusqu'à cesser. Ce n'était pas ce que je voulais..Une quinte de toux me fit dresser la tête, tel un chat aux aguets. Je sautai du dos du cadavre de la chimère et aidai Michaël à s'extirper d'en dessous. Les plaies n'étaient pas belles à voir. Je l'éloignai suffisamment en le traînant par dessus les épaules, mais au moment où je voulus m'atteler aux premiers soins, ses ailes m'en empêchèrent en recouvrant le corps du roux.

-Tu ne m'aide pas, Micky.. Soufflai-je, encore haletant et épuisé. Comme toute réponse, je n'eus qu'une faible gémissement. Je me souvins de ce qu'il avait dit au sujet des ailes des anges, qu'elles n'étaient pas aussi contrôlables qu'un autre membre du corps. Elles agissaient seules. Elles le protègent..

-Je ne lui veux aucun mal. Essayai-je, mais elles ne s'écartèrent pas.

Je savais Michaël trop faible pour se soigner seul à l'heure actuelle, je devais donc à tout prix arrêter l'hémorragie au niveau de son abdomen.

-Hé ! Qu'est-ce que tu fais là ?! Cria une voix au loin.

-Blondin ?

Sans comprendre pourquoi, Jace se tenait sur les quais et courraient en ma direction. A ses côtés, Maryse Lightwood en tenue de combat tout comme son fils adoptif.

-Comme si je n'avais pas assez d'ennuis.

Je me sentis blêmir et me décomposer au fur et à mesure qu'ils approchaient. Jace examina le cadavre de la chimère et le cœur extirpé et laissé à l'abandon sur le sol. Maryse quant à elle, haussa curieusement les sourcils en voyant la masse plumées à mes genoux.

-On nous a signalé une concentration anormal d'énergie. Que s'est-il passé ?

-La chimère nous a attaqué..

-C'est toi qui l'a achevé ?

Je restai silencieux et tentai une énième fois d'écarter les ailes de Michaël. Mais rien à faire, elles ne voulaient toujours pas me laisser le toucher.

-Fait chier !

-Qui est-ce ? Un démon ?

Ne pouvant retenir mon sourire railleur, je levai dramatique les mains au ciel.

-Et pour quelle raison aiderai-je un démon ?

-Dis nous ce qu'il s'est passé. Trancha Maryse : Où est Alec ?

Je pointai du doigt l'entrepôt toujours entouré par ma barrière.

-Je viens de vous dire ce qu'il s'est passé, ce n'est pas le moment de se lancer des piques, Maryse, Michaël se vide de son sang !

Jace, qui avait fait mine de se diriger vers l'entrepôt, fit volte face avant de revenir en trombe vers moi.

-C-C'est Michaël ?!

-Oui..i-il s'est blessé en me protégeant. Dis-je en forçant toujours sur les ailes.

-Mais enfin, Jace..qui est cet homme ?

Blondin me lança un regard de détresse que j'ignorai royalement. Tant pis pour les secrets, ce n'était plus l'heure à ça.

-Un archange, Maryse. Avoua t-il, d'une voix peu sereine.

-On en parlera plus tard ! Intervins-je alors que la jeune femme arborait un visage déconfit : On doit écarter ses ailes, elles refusent de me laisser l'approcher !

-Comment ça ? Demanda Jace avant de se pencher au dessus du blessé. Une fine lueur orangée entoura le Nephilim à la tignasse blonde et l'Archange. Soudain, ses ailes se décidèrent à mouver et s'éloigner les unes des autres. Blondin examina d'un air hébété ses mains luire sous l'œil tout aussi atterré de Maryse qui s'approcha lentement.

-Hé, que fais-tu Blondin ?

-Si je savais.. ! Rétorqua t-il, quelque peu nerveux.

Une fois le corps de Michaël entièrement à découvert, je passai outre les détails de cet étrange phénomène qu'avait produit mon cadet, et me m'attelait à soigner le roux.

-I-Ithuriel..Geignit-il en toisant Jace du coin de l'œil.

Fronçant les sourcils, je me demandai si ces mots étaient réellement destinés à Jace ou si Michaël plongeait dans un étrange délire dû à sa fatigue et à l'étourdissement. Néanmoins, la tenace lueur dans ses yeux cuivrés fit quelque peu pencher la balance. Cependant, un désagréable frisson traversant mon échine me fit me mettre dans une monstrueuse colère.

-Ma barrière vient d'être traversée ! Hurlai-je en me ruant vers l'entrepôt où mon amant avait été déposé plus tôt. Plus que traversée, ma barrière se trouvait être totalement brisée. Maryse sur les talons, nous nous retournâmes soudainement après avoir entendu Jace geindre de douleur. Toujours auprès de l'archange, Blondin se maintenant l'abdomen nous faisait comprendre que sa douleur provenait de là. Je laissai Maryse s'occuper de lui puis me précipitai à l'intérieur de l'entrepôt.

-Alexander.. ! Appelai-je avec un pointe d'effrois dans la voix.

Hormis une large traînée de sang partant d'un pan de mur jusqu'à s'arrêter nettement à un endroit bien précis au sol, aucun corps ne gisait, aucune présence ne se manifesta. Aucun signe de vie dans cet entrepôt trop vide et pourtant chargé de protéger les détails d'une évidente lutte dont l'existence ne me parvint que trop tard. Alec n'était plus là.

A suivre..


Ne me criez pas dessus, je vous vois venir à des kilomètres à la ronde là haha xD Vous aurez les révélations au sujet de l'état de notre cher Alec dans le chapitre suivant qui sera vraiment centré sur l'action et quelques drames à prévoir également (pas sûre que cela vous mettes en confiance haha)

Je vais garder le mystère sur le prochain chapitre, à part peut-être vous dire qu'il sera sûrement un peu plus long au vue de tout ce que je prépare haha :)

Merci à vous tous pour votre soutien, pour prendre le temps de me découvrir pour certain et de vous intéresser à ma fanfic ! J'ai hâte de vous retrouver dans le prochain chapitre, gros bisou à tout le monde et courage pour ceux qui passent des examens :D !