Bonjour à tous. je poste la suite après une semaine, je ne vous oublie pas!
Je réponds à mon Anonyme en la remerciant d'apprécier ma représentation des yôkai. Après tout, étymologiquement, ce sont des monstres étranges, alors je ne vois pas ce qui les empêche de se comporter comme je les décrits. Sinon, je suis désolé de t'apprendre que le chapitre précédent avec Yûka n'était qu'un chapitre de transition, visant à faire apparaître quelques personnages que j'aime bien. Lorsque j'ai mentionné un passage dans un village, c'était pour montrer le sadisme de Yûka et accrocher le lecteur à ce personnage. Il est très peu probable que je les fasse réapparaître ultérieurement. Donc, tu ne sauras pas ce que va faire notre démon aux fleurs ... mais rien ne t'empêche d'imaginer !
Au fait, si tu trouves que j'ai été extrême avec Yûka, ne regardes même pas les nombreux fanarts postés sur gelbooru. Dans le canon, nous n'avons - je te l'accorde - aucune mention du couple Yûka/Wriggle, mais rien ne les empêche de s'être croisées entre deux épisodes. Je trouvais juste que c'était un duo plausible et cohérent que j'aime bien. D'ailleurs, je suis content que leur relation t'ait plue, ça fait hyper plaisir d'arriver à faire changer d'avis un lecteur. Le plus important était de bien écrire cette scène.
Allez, j'arrête de déblatérer et je vous laisse la suite.
Disclaimer : Touhou Project appartient à ZUN
Chapitre 14 : Esprit meurtri est plus douloureux que corps blessé
Lorsque Marisa arriva en vue du manoir, elle était déterminée à entrer, en forçant la grille si besoin, et à se rendre auprès de Remilia. Cependant, lorsqu'elle approcha de la demeure, le panache de fumée noire s'élevant de l'arrière cour l'informa que quelque chose clochait.
En pénétrant dans la propriété, la blonde fut stupéfaite face au paysage de dévastation qui lui faisait face. Rapidement, elle put constater l'étendue des dégâts, qui étaient tous à l'origine des multiples signes d'incendie. Le jardin était ravagé, de longs sillons zébraient la terre, tandis que des cratères de divers diamètres parsemaient le gazon impeccablement taillé.
Au milieu de ce spectacle digne d'un paysage de guerre, Marisa vit que Meiling s'affairait à éteindre les braises, armée de deux seaux d'eau pour empêcher la roseraie de finir en cendres.
Lorsque la blonde se tourna vers le bâtiment, elle fut consternée. L'aile est de la résidence était éventrée par une immense fissure qui courrait depuis les fondations, se poursuivant jusqu'au toit de zinc. Un trou béant laissait plusieurs étages a nus et des centaines de fées s'évertuaient à réparer la fissure, s'agitant comme des fourmis. L'une des façades était complètement noircie à cause du vigoureux incendie qui avait détruit la terrasse. Une des fées vivant dans le palace était d'ailleurs en train de retirer toutes les chûtes de matériaux trop endommagées pour servir à la reconstruction.
- Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer ? s'interrogea à haute voix la sorcière, se parlant à elle-même.
La blonde se serait généralement faite violemment attaquer si elle s'était introduite dans le parc sans autorisation, mais au vu de l'étendue des dégâts, la sécurité avait été réquisitionnée pour participer aux efforts de reconstruction.
Marisa n'oubliait pas la raison première de sa venue et elle ne doutait pas une seconde de la survie de Remilia. Si la reine de la nuit était morte, les fées ne seraient pas en train de participer aux travaux.
La magicienne s'envola vers la chambre située au sommet de la flèche centrale, son instinct lui dictant que Remilia s'y trouvait. Marisa eut tout loisir de survoler le manoir, embrassant du regard l'étendue des destructions qui ponctuaient la bâtisse. Quand elle atterrit sur le balcon, elle s'approcha de la fenêtre pour entendre un petit glapissement de douleur.
Inquiète par la détresse propagée par ce hurlement, Marisa ouvrit la baie vitrée sans vraiment y être invitée. Lorsqu'elle pénétra dans la chambre, la vampire sentit son odeur et se retourna brusquement. Avec ce geste brutal, on entendit un petit craquement suivi d'un nouveau gémissement de douleur de Remilia.
Marisa vit que la fière maîtresse était dans un sale état. Vêtu de simples sous vêtements en dentelle, le démon était couvert de plaies et de blessures. Deux fées s'activaient à désinfecter les coupures et à bander les chairs meurtries. Le plus impressionnant était sans aucun doute l'attelle d'acier qui enserrait l'aile droite dans une armature complexe de tiges de métal reliées par de longues lanières de cuir.
- Remilia, que s'est-il passé ? s'inquiéta la blonde puisqu'elle n'avait jamais vue le démon écarlate dans un aussi mauvais état.
- Ce qui s'est passé ? répondit elle les yeux dans le vague, ne faisant même pas remarquer l'impolitesse d'une telle intrusion dans les quartiers d'une dame distinguée.
Marisa acquiesça, n'arrivant pas à imaginer ce qui s'est passé dans ce lieu.
- J'ai failli griller, comme un saucisse ! hurla la créature ailée. Voilà ce qui s'est passé !
- La vérité, ordonna Marisa avec un regard glacial. Maintenant.
La vampire soupira. Il n'allait pas être facile de se débarrasser de la blonde.
- J'ai été voir Flandre. J'ai été une idiote pendant tout ce temps et je voulais m'excuser.
Scarlet Flandre. Alors ça expliquait tout. La blonde n'avait pas besoin d'entendre la suite, elle savait désormais à qui était du ce désastre. Par contre, la douleur et les regrets de Remilia étaient plus étonnants. Ce n'était pas son habitude de parler du sale petit secret qu'elle cachait. En général, elle ne se souciait jamais du squelette caché dans le placard. A croire que quelque chose avait fait changer mentalement Remilia.
- Tu pensais vraiment qu'elle pourrait pardonner 495 années de prison ? ironisa Marisa. Je crains que tu n'ais un peu trop compté sur sa bonté.
- Je voulais réparer mon erreur, tenta maladroitement la vampire. Je voulais essayer de l'aider !
La blessée commençait à pleurer en public, chose qu'elle ne faisait jamais. Les remords commençaient à la submerger et c'était une épreuve aussi douloureuse que ses blessures, même plus. Mais elle devait subir les conséquences de ses actes jusqu'au bout, c'était sa punition.
- Que s'est il passé pour qu'elle sorte de ses gonds ? interrogea l'invitée surprise.
- Je lui ai tout avoué, confessa Remilia. Je lui ai dit que j'avais licenciée Sakuya.
- Jetée comme un déchet serait un terme plus approprié, gronda Marisa. Franchement, n'as-tu aucune pitié ? asséna t-elle durement à la vampire en larmes.
- Je sais que c'est ma faute ! Tout est de ma faute ! A chaque fois, j'ai pas arrêté de faire des erreurs ! gémit pitoyablement Remilia.
La vampire poussa un nouveau hurlement de douleur, alors qu'une de ses soignantes s'occupait du majeur démis dont l'articulation était à moitié broyée.
- Marisa, implora la vampire, j'ai besoin de ton aide. Je dois retrouver Sakuya.
- Il était temps, ironisa la blonde. Pourquoi je devrais t'aider ? asséna t-elle avec un cynisme glaçant. Si c'est pour en remettre une couche, elle n'a pas vraiment besoin de ça.
- Sais tu ou elle se trouve ? Je t'en supplies, dis le moi ! Je dois lui demander pardon, je dois m'excuser pour ce que je lui ai fait !
Face à l'immobilité et au mutisme de Marisa, Remilia baissa la tête. Sans dire un mot, elle se leva de sa chaise en chancelant. Boitant à cause de sa cheville cassée, elle déambula pour se rapprocher de la blonde. Après quelques pas ou elle finit par s'effondrer, la blessée rampa pour s'agenouiller devant la fille en robe noire.
- Marisa. Je t'implore à genoux de me dire ou se trouve Sakuya. Je t'en supplies, dis le moi.
Face à ce visage ruisselant de larmes, dont les yeux rouges désiraient sincèrement se repentir, la magicienne céda.
- Sakuya a fait une tentative de suicide, répondit elle en tremblant.
La vampire mit quelques secondes avant que l'information ne soit traitée par le cerveau. Après, elle s'effondra sur le sol en hurlant, refusant de croire en la mort de la servante qui l'avait aidée pendant des années. Une femme qui lui avait donné entière satisfaction pendant des années, mais qu'elle avait brisée par simple caprice. Maintenant, c'était elle qui se retrouvait brisée, à hurler la douleur qui lui compressait le cœur.
Face à cette vision surprenante, Marisa s'agenouilla et attrapa la jeune fille en rose pour la serrer contre son corps. Avec tendresse, elle caressa le dos de la vampire, avant d'approcher son visage de celui de la créature en larmes.
- Sakuya n'est pas morte, chuchota Marisa à l'oreille de Remilia.
Immédiatement, la vampire releva la tête et regarda la blonde avec incrédulité, ainsi qu'avec ce qui semblait suspicieusement à du soulagement.
- Ce, c'est vrai ? demanda Remilia. Ce … n'est pas une blague ?
Ses yeux brillants suppliaient la blonde de parler, encore plus que les mots précédents.
- Non, je dis la vérité. Sakuya est en vie.
- Comment va-t-elle ? questionna la vampire.
La magicienne soupira. Comment lui dire que son ancienne domestique était semblable à un légume ? Elle était réveillée, mais prisonnière de son corps. Elle ne parlait pas, ne buvait pas, ne mangeait pas. Sakuya se laissait mourir et à ce rythme, on ne lui donnait pas plus d'une semaine.
Finalement, Marisa trouva la formule qui résumait tout.
- Assez bien pour survivre, assez mal pour vouloir mourir.
Immédiatement, la vampire n'eut aucune difficulté à imaginer l'état de sa servante, dont le mental était probablement celui d'une épave.
- Ou est elle ? demanda t-elle avec assurance.
Remilia s'était relevée et avait séché ses larmes. Elle devait retrouver Sakuya pour s'excuser, quel qu'en soit le prix. La détermination avait pris le pas sur le chagrin et rien ne l'empêcherait de sauver Sakuya et de réparer son acte de cruauté. Son regard indiquait qu'elle n'aurait aucun scrupule à écraser tout ce qui se trouverait sur son chemin. Elle voulait porter assistance à sa servante et rien ne barrerait sa route.
-Ou est elle ? redemanda la vampire avec un ton polaire.
- A Eientei, dans la clinique du docteur Yagokoro, lâcha Marisa.
Remilia se leva, malgré sa cheville enflée et commença à se diriger vers la porte d'acajou sculptée, en boitant dangereusement.
- Attends, ou vas-tu comme ça ? s'exclama la blonde, surprise par l'inconscience de Remilia.
Sortir comme ça, en étant incapable de voler et de marcher rapidement, c'est du suicide. Elle ne pourra même pas se battre correctement, sans parler de fuir. En plus, même avec son ombrelle, elle risque d'attraper une insolation et de griller en chemin.
- Ou je vais ? ironisa la vampire. Je vais à Eientei.
- Dans cet état ? demanda la sorcière aux yeux écarquillés. Tu n'y arriveras pas !
- Eh bien au moins j'aurais essayé, lança sèchement le démon écarlate.
Face à cette détermination, Marisa soupira.
- Tu sais, crever comme un chien pour aider ses proches n'a rien de glorieux. C'est juste stupide. En plus, si tu meurs, tu ne pourras pas aider Sakuya.
La blonde attrapa son balai volant et monta a califourchon sur le manche. Elle attrapa la vampire à l'aile brisée et la força à regarder ses yeux ambrés.
- Ecoutes moi, tu vas arrêter tes conneries et tu vas poser ton cul sur ce balai. Je t'emmène à Eientei, mais il est hors de question que je te laisse y aller seule.
La vampire ne répondit rien, trop choquée par les mots de Marisa pour essayer de rétorquer. A la place, elle enjamba le manche de bois et essaya de se caler le plus confortablement possible sur ce fichu machin qui lui meurtrissait l'entrejambe. Lorsque Marisa s'éleva au dessus du balcon, la créature en robe rose bonbon se cramponna à la maigre prise et ferma les yeux. Même si elle savait voler, son handicap actuel lui assurait une mort rapide en cas de chûte. Remilia ne desserra pas les dents jusqu'à ce qu'elle touche de nouveau la terre ferme.
