14.

En uniforme de fonction, Warius patientait tandis qu'Alérian finissait de se préparer avant sa comparution devant le Conseil de l'Alliance Galactique.

- Ils ne te feront rien, Alie, tenta-t-il de rassurer son petit frère de cœur. Ils veulent juste un rapport bureaucratique. Ensuite, ils te libéreront et tu pourras repartir vers la mer d'étoiles !

- J'espère… Ils souhaitent ma peau, tu le sais aussi bien que moi, Warius ! Je ne suis pas du genre à rentrer dans le moule, bien que je fasse tout pour en faire mine… Mais je ne dupe personne. Et tu l'as toujours su !

- Tu es unique, Alie, le fils d'un Pirate. Mais tu composes malgré tout un magnifique Militaire. Et toi, Amiral. Comme je l'ai dit un jour : il est loin le petit passager clandestin affamé et malgré sûr de ses convictions qui s'était introduit sur mon Karyu !

- Tu as toujours eu trop de cœur, Warius. Heureusement que tu n'es plus dans la bataille, ça te perdrait !

- Et toi, Alie, tu ne sais absolument pas faire un compliment ! ironisa Warius en remplissant deux verres d'eau pétillante aromatisée.

- Ma carrière va s'achever aujourd'hui, il faudra un autre Amiral à ta République. Il serait bien de rappeler Itha !

- Je doute qu'on l'accepte, pouffa l'Amiral à la retraite à la crinière plus caramel que jamais. Une Déesse à la tête de ma Flotte, c'est une hérésie pire que le fils d'un Pirate !

- A mon humble avis, tu ne sais pas faire plus de compliment que mon fils ! jeta une voix familière.

- Papa, tu es vraiment venu !

- Bien sûr, mon grand chéri. Tu en doutais.

- Tu as tout ce qui évoque l'uniforme en horreur… Cela doit te coûter, ce jour.

- J'ai porté un uniforme, je ne l'oublie pas. Et je suis fier comme jamais tu ne pourras l'imaginer de te voir arborer ces étoiles sur tes épaulettes.

Warius posa une main amicale et lourde d'amitié sur l'épaule de son ami borgne et balafré, en tenue civile, tout de noir vêtu, ses couleurs.

- Tu aurais pu les avoir un jour, pour la Terre, si les Illumidas n'avaient pris toutes tes raisons de vivre et de te battre.

Albator sourit à l'adresse de son fils à la chevelure immaculée.

- J'ai toutes mes raisons de combattre. Et les bureaucrates ne s'en tireront pas ainsi s'ils lui font du mal.

Warius prit son manteau, tendit le sien à Alérian qui le posa lui aussi en travers de son bras, vu la canicule extérieure.

- Nous partons seuls, Albator.

- Je sais. J'ai ma propre voiture. Je vous suis !

Alérian et Warius eurent alors le même sourire tranquille.


En berline noire sans signe distinctif, Alérian voyait se rapprocher la tour qui abritait le Conseil de l'Alliance.

- Mon gibet, même si nous sommes dans d'autres temps…

- Hein, un quoi ? Sans doute un instrument de torture de tes chers bouquins ! Encore une ruelle, un raccourci, puis on arrive à destination !

- Je n'aime pas les ruelles…

- Pourquoi ?

- Parce que c'est propice à un guet-apens, comme celui-ci !

Un truck sortant d'une allée latérale venait effectivement de bloquer la berline noire, un autre derrière, interdisant tout passage, et donc à Albator de porter secours à son fils !

- Je sors, rugit Alérian.

- Mais…

- Papa va faire de même, et je ne veux pas l'exposer, qui que soient ces agresseurs ! Il me faut faire vite !

Et devant trois ennemis, Alérian se tint en position de combat au corps.

Devant le regard médusé, mais en même temps pas si surpris que cela, Warius avait vu Alérian user de ses propres poings et doigts pour mettre à terre ceux mandatés pour l'assassiner !

Mais pour le barbu qui semblaient être le meneur de la petite troupe, Alérian le renversa après lui avoir fait perdre l'équilibre et mis sur le dos. Ensuite, sans réfléchir, il lui planta dans le cou sa baguette d'Amiral, lui perçant la jugulaire.

- Mais pourquoi m'empêcher d'aller devant le Conseil ? Ce sont eux qui veulent ma mort Militaire ! ? Qui vous a mandatés ?

- Tu l'apprendras, un jour… souffla l'agresseur avant de rendre son dernier soupir.

Alérian se releva, face à un Warius admiratif devant la démonstration de mort de son petit frère de cœur, Albator arrivant sur ces entrefaites, cosmogun à la main.

- Ça va, Alie ?

- Oui. Il aurait fallu qu'au moins demeure en vie, mais hormis celui que j'ai tué, les autres ont brisé leur capsule de cyanure…

- D'autres ennemis, pour le futur ? firent les deux hommes quinquagénaires.

- Oui… Un prémice…

Alérian rit en glissant à sa ceinture sa baguette symbole de son rang d'Amiral.

- Je savais bien que ce truc finirait bien par me servir un jour !