Point de vue Drago Malefoy.
Je m'étais tourné une dernière fois vers la grosse horloge qui surplombait le château pour voir l'heure qu'il était. La petite aiguille indiquée le 7 alors que la grande se contentait d'osciller entre le 1 et le 2. Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien faire?
Alors que j'étais sur le point de me retourner j'avais entendu quelqu'un courir dans le couloir. Une tignasse noir était sortit dans la cour, il portait à son bras deux vieux balais qu'il avait certainement du trouver dans une vieille réserve.
« Je peux savoir ce que tu fabriques? On avait dit 7 heures! » l'engueulais-je avant de prendre un balai dans les mains curieux d'entendre ses explications.
« Je me suis dit, vu que tu ne sais pas où se trouve ce fameux mausolée, autant ne pas perdre de temps en y allant en marchant, plutôt en volant » m'avait expliqué Harry tout fier de son idée. Et je devais de me l'avouer c'était une très bonne idée.
J'avais enfourché le balai, peu sur de moi. J'avais toujours aimé voler, mais je n'avais pas retouché un de ces moyens de locomotion depuis le fameux accident. Harry le savait et avait posé une main réconfortante sur mon épaule. Pour me soutenir. Il était devenu comme mon meilleur ami. Je le considérais comme mon meilleur ami.
« C'est comme le vélo, ça s'oubli pas. » m'avait-il dit en m'invitant à décoller. Sauf que je ne le faisais pas, je me contentais de froncer les sourcils et de lui dire :
« Le vélo ? C'est quoi ça ? » le rire instantané qui s'était échappé de sa gorge m'avait vexé. Je fronçais de nouveau les sourcils, alors qu'il essayait de reprendre son sérieux en vain. Après plusieurs tentatives ratées, il avait finalement essuyait une dernière larme qui était restée coincée entre ces cils et m'avait dit :
« Oh, je crois bien qu'Hermione devra te donner quelques cours sur les moyens de locomotion moldus.. »
« Très drôle, mais moi je suis un sorcier Potter, je ne suis pas censé connaître vos foutus moyens de transports moyenâgeux. » avais-je dis en tapant mon pied sur le sol dur de la cour du collège Poudlard. Harry avait sourit à ma réflexion et j'aurais juré l'entendre dire « Au moins ça t'as fait décollé ». Sacré Harry.
Alors que je commençais à prendre de la hauteur, la boule qui s'était formée dans mon ventre s'était clairement transformée en un sentiment de liberté que je n'avais plus ressentis depuis bien longtemps, je plaignais vraiment ces pauvres gens qui ne connaissaient pas ce sentiment. Le vent fouettait de plus en plus mon visage au fur et à mesure que mes vielles habitudes reprenaient le dessus sur ma peur. J'allais vite et je ne voulais pas ralentir, je lâchai mes mains et criai le plus fort possible, si bien que certains oiseaux bien installés dans les arbres situés en dessous de nous, déguerpirent en vitesses, pris de panique. J'avais rigolé à cette image, j'aimais me sentir puissant, au dessus des autres, et voler me permettais de ressentir cette puissance. J'étais au dessus de tout le monde.
Alors que je savourais ce moment d'extase, j'avais baissé les yeux pour la première fois sur la forêt immense qui se trouvait en dessous de nous. Ce n'était pas la forêt interdite, mais une autre, bien plus claire et accueillante, elle n'était répertoriée dans aucuns de nos manuels de magie et personne ne leur en avait déjà parlé. J'avais ralentis et m'étais retourné pour observer le château, il se trouvait déjà à une bonne distance et nous ne pouvions qu'observer la tour d'astronomie de là où nous étions. C'était ici que notre quête commencée. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais le sentiment que c'était ici que nous devions chercher.
Après avoir tournés au dessus de cette forêt pendant presque une heure, Harry était venu se placer à côté de moi et m'avait crié pour que je l'entende :
« On ne trouvera rien ici, allons plutôt du côté de la forêt interdite, si le père du Seigneur des Ténèbres à voulu cacher quelques choses se sera certainement là-bas. » il avait réussit à me convaincre, pourtant, j'avais déjà l'impression d'avoir vécu ce moment et de faire une énorme erreur si je l'écoutais. Néanmoins j'allais l'écouter. Je ne voulais pas perdre de temps. Hermione était en train de donner ses derniers souffles, ce n'était plus qu'une question de jours.
Alors que j'allais me retourner pour suivre mon ami, une vieille bâtisse apparu juste sous mes pieds, comme si elle avait sentit que nous étions sur le point de partir. Comme si elle avait sentit qu'elle pouvait se remontrer aux yeux du monde quand nous étions sur le point de partir. Malheureusement pour elle, j'avais eu raison de me retourner une dernière fois.
« Harry, je vois quelque chose là-bas. » avais-je crié en direction du concerné qui avait déjà pris quelques mètres d'avance en direction de la forêt interdite. En entendant ce que je lui avais dis il fit demi-tour et me rejoint, un air contrarié sur le visage.
« Je ne vois rien Drago. » m'avait-il dit perplexe en se tournant vers moi.
« C'est parce que tu ne possède pas la marque. » lui avais-je dis pour unique réponse. Celui-ci avait alors ouvert la bouche pour dire quelque chose mais l'avait aussitôt refermée certainement par peur de me vexer.
Nous avions alors entrepris de descendre, je grimaçais en touchant le sol, quelle sensation bizarre de le toucher après avoir plané pendant presque une heure. Mais cette sensation s'était vite envolée quand j'avais vu le mausolée se tenir devant nous. Harry continuait toujours de plisser les yeux pour essayer d'apercevoir quelque chose, mais rien n'y faisait, il ne pouvait rien voir, car il ne faisait pas partit des partisans, si spéciaux de Voldemort.
« Le bâtiment est donc bien en face de nous ? » venait de me demander Harry, qui je le comprenais, avait besoin de plus d'informations, car le brouillard s'était emparé de son esprit.
« Oui, il est pile en face de toi Harry. » lui avais-je dis souriant, rien ne pouvait me mettre de plus bonne humeur. Nous avions enfin trouvé la solution à tous nos maux.
Je m'étais avancé suivis de prêt par Harry. Je plissais les yeux pour pouvoir observer le haut du bâtiment. Il dépassait largement les arbres, et je ne comprenais pas bien pourquoi nous avions mis autant de temps à le trouver. Après quelques instants à constater de l'immensité de la tâche qui nous attendait, j'avais frénétiquement fermé les yeux. Je l'avais déjà vu auparavant, dans un de mes rêves. Dans un des rêves, où je m'étais engueulé avec Hermione. L'image m'apparaissait très claire maintenant, l'entrée se situais de l'autre côté.
Au fur et à mesure que nous avancions vers l'entrée, je remarquais avec autant de stupeur que dans mon rêve, les grandes herbes qui montaient violemment le long de la paroi du mausolée, elles y étaient incrustées comme si cela faisait une éternité qu'elles y séjournaient, s'enroulant fièrement sur les pierres apparentes qui dépassaient de la bâtisse. Elles protégeaient avec acharnement le lieu le plus magique de tous les temps. Je fronçais les sourcils en repensant au pourquoi du comment.
Soudain la marque qui trônait fièrement sur mon avant bras, pris une teinte rougeâtre, et se mit à s'enflammer, Harry parut choqué à côté de moi voyant mon bras s'enflammer de la sorte. Puis les flammes avaient disparues aussi vite qu'elles étaient apparues, de grandes portes en bois s'ouvrant violemment au moment où le sordide tatouage reprit une couleur normale. Un vent léger se dégagea de la bâtisse, me donnant des frissons.
« La vache, t'as sentis ça ? » m'avait demandé le Griffondor légèrement en retrait.
« Ouais » avais-je simplement répondu me rendant compte de la puissance de ce lieu. Je montais les grandes marches qui menaient à l'entrée sur la pointe des pieds comme si la peur de réveiller quelqu'un ou quelque chose me poussait à agir minutieusement.
Au moment de traverser l'embrasure de la porte, j'avais coupé ma respiration, j'appréhendais réellement ce qui allait se produire quand j'allais franchir ses portes. Mais comparé à ce que j'avais imaginé il n'en était absolument rien. J'avais tout faux.
Le toit du bâtiment avait été construit en verre, ce qui permettait à la lumière du jour de se frayer un passage dans ses ténèbres. Quand au sol, la chape de bêton avait été recouverte de plaque de marbre aussi blanche que les colombes innocentes qui passaient au dessus du dôme en verre du mausolée. Le lieu avait l'air abandonné. De grandes herbes ainsi que des fleurs sauvages poussaient entre les plaques de marbres, rendant ce lieu, beaucoup plus vivant qu'aucunes maisons. Je m'avançais un peu plus vers le fond du bâtiment, des étagères étaient fixées sur le sol, et remontaient jusqu'au toit en verre, une échelle posée sur le mur non loin de là, nous permettait de nous rendre jusqu'en haut des étagères. « Comme dans la bibliothèque du manoir », avais-je pensé un sourire mélancolique sur le visage.
Je me rapprochais lentement des ces étagères pour voir, qu'est-ce qui y reposé ? De petits coffrets en bois, avec des inscriptions étaient inscrits sur le devant. Des noms ? Il s'en était rendu compte quand il était tombé sur un coffre avec inscrit dessus le nom « Londubat », alors sans hésiter il avait mit le petit coffre dans une de ses poches, ne comprenant pas vraiment pourquoi, néanmoins il savait que ça allait lui être très utile pour la suite de ses aventures. Soudain alors que je continuais de regarder les différents noms sur les coffrets, des voix avaient résonnées dans ce lieu maudit, des voix qui m'avaient glacées le sang.
L'emplacement du coffret « Londubat » encore vide quelques instants auparavant avait été remplacé par un autre coffret d'une couleur différente. Il était rouge sang, alors que tous les autres se contentaient d'être bleu océan. Il dégageait une force que je n'avais pas ressentie en apercevant les autres coffrets. Non ce coffret là, il m'appelait. Je m'approchais alors méfiant, mais je me détendis lorsque je vis le nom « Regrangr » sur ce coffret. Il était certainement d'une couleur différente car il était ici le coffret le plus puissant. J'avais mis la main sur le pouvoir des anges et certainement sur la cagnotte du Seigneur des Ténèbres, néanmoins je ne comprenais pas bien pourquoi tous ces coffrets étaient installés ici. J'avais mis aussi ce coffret dans me poche, je m'imaginais que ce petit coffre en bois pourrait me permettre de faire chanter le seigneur des Ténèbres, si toute cette opération tournait mal.
Trop absorbé par ces coffrets, je ne m'étais pas rendu compte qu'Harry attendait patiemment sur les marches n'osant peut-être pas entrer.
« Viens Harry, je vais avoir besoin de toi pour chercher cette fleur. » avais-je dis en me rapprochant de l'entrée. Celui-ci fit une moue boudeuse avant d'approcher sa main de la porte et de la voir rester là, immobile, incapable d'avancer.
« Je ne peux pas rentrer, je suis inutile… » m'avait-il dit en baissant les yeux.
« Je préfère que tu sois inutile, plutôt que t'es ça sur toi. » lui avais-je dis en montrant mon avant bras tatoué. Celui-ci se contenta d'hocher la tête et de s'assoir sur les marches, les yeux levés vers le ciel à la recherche de la moindre chose de louche au dessus de nous.
Alors que j'étais en train de me déplacer vers une aile se trouvant à gauche du bâtiment, je m'étais stoppé net, comme frappé par la foudre.
« DRAGO » avait criée une voix féminine que je ne reconnaissais pas.
« T'as entendu ça mec ? » avais-je demandé à Harry la voix tremblante. Celui-ci s'était retourné et m'avait simplement dit :
« Rien du tout, pourquoi ? »
« J'étais sûre d'avoir entendu quelqu'un crier mon prénom. » dis-je vaguement laissant mon esprit divaguer, priant au plus profond de moi pour qu'Hermione soit celle qui m'envoyait ces signaux de détresse.
« Je suis là. » la voix venait de cette aile, bien plus obscur que tout le reste du bâtiment, j'y avançais maladroitement, toujours cette peur de réveiller quelques vieux monstres.
« Hermione ? » avais-je interrogé tremblant, la voix qui se répandait dans tout mon être, me brisant le cœur à plusieurs reprises car je savais que ce n'était pas avec Hermione que je parlais. Mais qui alors ?
« Non, je suis Lilia, et je suis ta sœur Drago, comment tu as pu m'oublier aussi facilement ? Je te déteste. » j'entendais sa voix se remplir de sanglots et je ne savais pas comment réagir, je repensais à la discussion que j'avais eu avec les branches les plus vieilles de Poudlard. Alors comme ça, ils disaient vrai ? J'avais donc une sœur. Je me surprenais à sourire à cette nouvelle, ce qui me faisait moins rire c'était de ne pas savoir pourquoi je ne me rappelais plus d'elle. Une sœur ne s'oubliait pas comme ça. « Je sais que ce n'est pas ta faute, mais même avec un sort, tu aurais du te souvenir de moi, tu ne m'aimais pas ? » continua-t-elle la voix un peu plus sereine.
« Bien sur que si que je t'aime. » je levais les yeux au ciel comme si je pouvais la voir. Je me surprenais à être aussi émotif, mais à ces mots même si elle restait invisible pour mes yeux et mon esprit j'avais pu la sentir sourire avant qu'elle ne me dise :
« La fleur est au fond de ce couloir, tu peux avancer tranquille, rien ne t'attaqueras. » m'avait-elle dit avant de disparaitre définitivement de mon esprit. Me laissant de nouveau seul. Avec mes pensées et cette fleur qui reposait fièrement au fond de ce couloir.
« Lumos » avais-je murmuré commençant à sentir l'obscurité m'assaillir, mais rien n'y faisait, j'avais beau répété inlassablement ce sort, aucune lumière ne venait à percer ma baguette magique. C'était l'ironie du sort qu'aucune magie ne puisse être exercée dans l'un des endroits les plus magiques de la planète. Après avoir trébuché une bonne dizaine de fois dû à l'absence de lumière totalement gênante pour ma progression, j'arrivais à la voir. Je voyais cette fleur que j'attendais depuis si longtemps de trouver. Le remède pour qu'Hermione aille mieux. Le remède qui nous sortirait de ce cauchemar.
« Merci soeurette. » avais-je simplement souris à l'intention de ma soit disant petite sœur, peut-être pouvait-elle encore m'entendre ?
Contrairement à ce que j'en avais pensé, cette fleur n'était pas grande, ni colorée. Elle était petite, noire et ne se distinguait quasiment pas dans la pénombre, j'avais été obligé d'avancer le plus près possible de la fleur pour pouvoir enfin la voir. Je m'attelai à faire un trou tout autour de la plante avec ma baguette pour pouvoir la déraciner, je ne savais pas s'il fallait garder les racines ou pas, mais je ne préférais pas prendre de risques à ce stade. Après l'avoir déracinée avec patience, j'avais placé la petite fleur dans un bocal que Severus m'avait donné le matin même « pour ne pas qu'elle s'abime durant le trajet ». Je repensais à la conversation que j'avais eu avec mon parrain ce matin, il n'aimait cette soit disant « Miss Je sais tout » mais faisait tout pour la sauver parce que justement il savait qu'elle comptait pour moi.
« J'ai la fleur, on peut y aller. » avais-je dis en m'autorisant un sourire victorieux, un sourire de Malefoy prétentieux.
Alors que j'avançais pour sortir, j'avais levé la tête, malheureusement ce n'était pas Harry qui se trouvait en face de moi, mais deux cagoulés. Je soufflais difficilement, il fallait toujours qu'ils viennent tout gâcher tous autant qu'ils étaient.
« Je peux savoir ce que vous faîtes là ? » leur avais-je demandé platonique, alors que je redressais une mèche blonde qui tombait lourdement sur mon front.
« C'est le maître qui nous envoi. » avait susurré la voix de ma tante, Bellatrix. Malgré qu'elle soit cachée sous sa cape, on aurait pu reconnaitre sa voix entre milles. Une langue de vipère.
« Il voulait s'assurer que tu es récupéré la fleur. » avais ajouté la voix de… mon père. Je plissais les yeux pour pouvoir apercevoir quelque chose dans la pénombre de la cagoule, je reconnus immédiatement les cheveux blonds platine de mon père collé à la vite sur sa tête. Je leur montrais le pot sans rien ajouter d'autre. Alors qu'ils étaient sur le point de repartir, mon père s'approcha de moi et me murmura à l'oreille :
« Fais attention à ce que tu vas faire, le Seigneur des Ténèbres, doute de plus en plus de toi, tu ne joues pas assez bien la comédie selon lui. » m'avait-il dit en enlevant sa cape pour faire respirer son visage laiteux.
« Je ne le peux quand il s'agit d'elle. » lui avais-je répondu simplement en baissant les yeux avouant ma faute. Alors que lui aussi me tournait le dos, je l'avais une dernière fois interrogé, « Père ? Qui est Lilia ? », celui-ci s'arrêta brusquement et je vis l'espace d'une seconde, de la peur passait sur son visage. Il me répondit l'air complètement détachée :
« C'est quelques chose dont tu n'es pas censé te rappeler, et tu ferais mieux de ne pas essayer de te rappeler, c'est un sujet dangereux pour nous tous Drago, souviens t'en. » puis il avait disparut dans un ploc de transplanage alors qu'Harry sortait des buissons dans lesquels il était partit se cacher à l'arrivée des Mangemorts. Même si c'était dangereux de me souvenir de ma sœur, je ne pouvais tout simplement pas ignorer ses appels au secours. Elle était ma famille, et malgré tout ce que l'on pouvait penser de la famille Malefoy, mes parents m'avaient toujours appris à ce que la famille passe avant tout le reste.
La famille avant tout.
Point de vue Hermione Granger.
Je passais de souvenir en souvenir, depuis que Lili m'avait dit que je ne vieillissais pas à cause des souvenirs, je ne faisais que les consulter et même si j'avais l'impression de violer l'intimité de Drago, je ne pouvais pas m'en empêcher, je devais faire passer le temps et c'était malheureusement le meilleur moyen que j'avais trouvé jusqu'à présent.
Je pénétrai dans un nouveau souvenir. Le petit corridor était noir, une cape noire posée à côté d'une cape de sorcier verte. Je français les sourcils ne comprenant pas très bien à quels genres de souvenirs j'allais bien pouvoir être confrontée.
Je pénétrais la chambre de Drago, celui-ci était seul assis sur son lit, pensif. Il écrivait sur un petit carnet, ce souvenir m'arracha un sourire, jamais je n'aurais pensé qu'un Malefoy était du genre à écrire sur un petit carnet quand les choses n'allaient pas. Soudain il s'arrêta quand il entendit des pas dans l'escalier et cacha avec précipitation ce carnet sous son oreiller vert. Son père ouvra la porte, j'avais été surprise de le voir toquer deux fois avant de finalement pénétrer dans la chambre de son fils.
Point de vue Général.
« Tu pourras descendre après ? Ta mère dit que le dîner sera prêt dans vraiment pas longtemps. » Drago avait simplement hoché la tête avant de replonger malgré lui dans ses pensées. Drago avait déjà vaguement parlé de la passion qu'avait sa mère pour la cuisine moldue à Hermione, au début elle ne l'avait pas crue. Elle avait été forcée de constater que sa mère faisait les meilleures gaufres du monde.
« Ca ne va pas Drago ? » avait demandé son père inquiet de voir son fils si absent de la conversation.
« Non père, rien ne va. » avait-il dit en se tournant vers lui, prêt à fondre en larmes.
« Allons Drago, je t'ai déjà dit d'être moins formel quand nous sommes seuls, « Père » n'est valable que quand nous avons des invités, le reste du temps c'est papa. » avait dit Lucius d'une forte mais tendre en même temps. Elle gardait les yeux ouverts ronds comme des billes, jamais au grand jamais elle n'aurait pensée que Lucius pouvait être aussi affectueux avec son grand fils. Forcée était là aussi de constater qu'elle ne savait rien sur la famille Malefoy et sur leur façon de vivre. « Qu'est-ce qui ne va pas ? » avait alors demandé celui-ci en s'asseyant sur le lit à côté de son fils.
« Je la vois partout autour de moi, je la vois dans chaque souffle du vent qui fait tomber les feuilles lourdement sur le sol, je la vois dans ces fleurs qui s'illuminent quand le soleil apparait, je la vois dans le changement de saison, je la vois dans la lune qui ne se montre que la nuit tombée comme toutes ces étoiles, je la vois dans tous les bouquins que je lis, je la vois dans chaque recoin de la maison, je la vois partout mais je ne devrais pas. Je n'ai pas le droit de la voir autant. » avait-il dit en baissant les yeux. Le jeune homme retenait ses larmes avec force, essayant de cacher cette faiblesse à son père. La jeune Griffondor postée non loin de là, observait la scène avec une centaine de larmes roulant sur ses joues, elle ne se cachait pas, car personne ne pouvait la voir et elle en profitait.
« Pourquoi tu ne pourrai pas ? Tu sors av… » le jeune homme l'avait coupé en lui faisant un signe de tête négatif. « Oh, je vois – il marqua une pose avant de poser maladroitement une main sur la tête de son fils – depuis combien de temps… tu ressens… tu ressens ça ? » lui avait-il demandé d'une voix qu'il voulait beaucoup plus douce, pour mettre son fils en confiance.
« Depuis la toute première fois que je l'ai vu, depuis ce jour sur le chemin de traverse, elle s'engueulait avec une femme qui ne voulait pas lui donner un livre de quatrième année parce qu'elle n'avait pas l'âge réglementaire pour pouvoir le posséder, je me rappelle exactement ce qu'elle lui avait dit « je suis sûre que j'en connais beaucoup plus que vous en histoire de la magie », elle était prétentieuse, j'étais quasiment certain qu'elle irait à Serpentard ce jour là. Elle parlait comme moi, dès la première fois où je l'ai vu elle m'avait impressionnée. Et ce qui m'avait le plus impressionné à l'époque c'est qu'elle avait réussit à avoir ce qu'elle voulait. Depuis ce jour papa. » avait dit le jeune homme, son long monologue avait fait sourire son père à plusieurs reprises.
« Tu étais tombé sous le charme de cette Granger ? » avait demandé son père en rigolant.
« Ouais, clairement, tu sais, à l'époque je ne la connaissais pas, je ne savais pas qui ou qu'est-ce qu'elle allait représenter dans le monde sorcier. Je m'en veux des fois de ne pas avoir passé plus de temps à me rendre compte que le sang ne changeait absolument rien à ce que l'on pouvait être à l'intérieur. Je me dis que si je n'étais pas né Malefoy, j'aurais pu être qui j'aurais voulu, j'aurais pu avoir une vie normale, j'aurais pu aimer une né-moldue sans avoir à me demander les conséquences, des fois je ne comprends pas bien tout ça, je suis encore qu'un gamin. »
« Tu peux être qui tu veux Drago. Tu peux aimer qui tu veux, tes grands parents se retourneront certainement dans leurs tombes, mais que pourraient-ils faire de plus ? Crois moi, ta mère et moi on t'a assez jugés comme ça, on ne le fera plus. » avait dit Lucius avant de prendre son fils dans ses bras sous le regard absent de Hermione. Pas une seule fois elle s'était retrouvée confronter à ce genre de situation, elle était en colère, surtout contre elle-même, de ne pas s'être rendue compte avant à quel point la famille qu'elle détestait le plus au monde pour avoir des valeurs peu communes, avait en fait tout au contraire, les mêmes valeurs que la sienne.
Point de vue Lilia.
Je me promenais absente dans le couloir des souvenirs de mon frère, attendant patiemment le retour de Hermione. Je longeais le couloir de long en large, mon ennui atteignant son point de paroxysme. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui prendre autant de temps ? Alors que je passais devant cette porte encore une fois, j'avais entendue une voix m'appeler. Sans réellement savoir pourquoi je me faufilais à l'intérieur, curieuse de savoir qui avait prononcé mon prénom.
Je me retrouvais dans le manoir de Malefoy, en très mauvais état. Tout était beaucoup plus sombre que dans mes souvenirs. Il n'y avait plus aucuns rires qui se répandaient dans les longs couloirs de ma demeure, mais plutôt des cris de rage, et de plaintes qui me glacèrent le sang.
J'avançais lentement essayant tant bien que mal de ne pas marcher sur les centaines de tâches de sang qui recouvrait les plaques de marbres autrefois blanches comme de la neige. Je me rappelais de ces carreaux pour y avoir glissée bon nombre de fois dessus, étant plus petite et étant bien plus vivante. Je soupirais tristement. Ma vie me manquait, mon frère me manquait, mes parents me manquaient, mais définitivement pas ce monde dans lequel il vivait, si c'était pour subir et voir se produire des atrocités sans noms, je préférais largement restée dans sa tête à tout jamais à errer comme un fantôme.
Une voix que je reconnaissais bien me fit avancer jusqu'au petit salon. Mon père était installé devant la cheminée et parlait à ma mère qui même à travers les flammes arboré un regard vitreux et une peau blanchâtre.
Je ne reconnue pas tout de suite mon père, exceptée sa voix, tout le reste avait changé avait noircis, tout autant que le monde qui l'entourait. Ses cheveux qui avant étaient blonds foncés, tiraient maintenant sur un vieux blond platine décoloré. Son sourire qui revenait sans cesse il y a de cela dix ans, avait totalement disparu de la surface de son visage, comme s'il ne serait plus capable de le faire. Ses pommettes avec lesquelles autrefois j'aimais m'amusée étaient creusées, si bien que l'on avait l'impression qu'il ne lui restait plus que les os sur le corps.
Je me rendais compte dans l'horreur dans laquelle ma famille vivait. Je me rendais compte dans l'horreur dans laquelle le monde magique vivait.
« Il le faut Narcissa. » avait dit mon père, la voix remplis de tristesse.
« Je ne peux pas faire ça à mon propre enfant Lucius. » avait dit ma mère en sanglotant.
« S'il parle de sa sœur au Seigneur des Ténèbres, notre plan sera anéantis. C'était ce que nous voulions. Comme ils nous l'avaient demandés, on a sacrifiés notre plus jeune enfant, pour la prophétie puisse avoir lieu, rappelle toi que ce sacrifice nous l'avons fait pour nous, mais pas que. » avait-il dit pour essayer de la convaincre. Ma mère secouait faiblement la tête dans les flammes vertes qui l'entouraient pour lui faire comprendre qu'il avait néanmoins raison. « Et nous nous trompions, ce n'est pas la jeune Weasley qui devra se sacrifier. » avait rajouté mon père, ce qui avait eu le don de rajouter de l'inquiétude dans les yeux de ma mère.
« Qui alors ? » avait-elle demandée prête à exploser.
« Cette Granger. » avait-il dit en baissant la tête. Narcissa ouvrit des yeux choqués par la nouvelle, une idée lui était passée par la tête. Et si elle refusait ? Comment toute cette histoire allait se terminer ? Ma mère se mit à pleurer, alors que la porte des souvenirs s'était ouverte, m'indiquant que le souvenir s'achevait ici. Alors que j'étais sur le point de partir j'avais entendue ma mère dire :
« Je vais aller lui effacer la mémoire, mais je ne veux pas que la vie de ma petite Lilia se retrouve dans les mains de cette fille, elle ne l'aime pas, et ne l'aimera jamais ! »
« Nous n'avons malheureusement pas le choix ma chérie. »
Je me retrouvais dans le couloir après avoir violemment claquais la porte. Comment osaient-ils m'effacer de la mémoire de mon frère, déjà qu'il n'avait pas beaucoup de souvenirs, je pleurais, j'avais envie de tout casser et alors que j'étais sur le point de m'effondrer, j'avais appelé au secours la seule personne avec qui je voulais parler en ce moment.
Avec toute la force qui me restait j'avais criée le plus fort possible.
« DRAGO »
Point de vue Drago Malefoy.
« Vous êtes en train de me dire, que la préparation du remède ne prends pas plus de cinq minutes ? » lui avais-je demandé choqué par cette révélation. Mes yeux se posant sur Severus puis sur le professeur McGonagall.
« Tu veux me faire croire que tu aurais voulu qu'elle reste endormie plus longtemps encore ? » avait faussement rigolé Rogue. « J'ai finis. » avait-il dit après m'avoir montré au fond d'un bol, une pâte noir extraite de la plante.
« Direction l'infirmerie alors. » avais-je dis ne pouvant plus contenir mon excitation.
Le trajet jusqu'à l'infirmerie se passa dans le plus grand des silences. Je stressais, je ne me le serais jamais avoué tout haut, mais je stressais à un point inimaginable, j'avais peur que ma Lionne ne se réveille pas. Finalement nous entrions sous le regard interrogateur de Madame Pomfresh, mais quand elle vu les professeurs qui m'accompagnaient, elle se mit légèrement en retrait. Le professeur Rogue vint ouvrir délicatement sa bouche pour y faire entrer à l'intérieur la pâte noir qu'il avait finit de préparer quelques minutes auparavant. Plus aucuns bruits ne se faisaient entendre. Tous attendaient le réveil du messie. Le réveil de la Lionne.
Quelques minutes plus tard.
Elle était là. Les yeux grands ouverts sur son lit d'infirmerie. Ne sachant quoi faire ou quoi dire. Elle me regardait moi. Je restais impassible, j'avais peur de bouger et de la faire disparaître avec les mouvements que j'allais faire pour la rejoindre. Elle ne m'avait jamais parut aussi belle, alors que ses yeux cerclés par les cernes lui donné un air cadavérique. Alors que son manque de nutrition lui faisait ressemblait a un squelette, alors que ses lèvres autrefois rosées et pulpeuses apparaissaient maintenant violettes et fines comme jamais elle n'aurait pensé les avoir. Mais je me foutais bien que quoi elle pouvait ressemblait, a cet instant elle était ce que j'avais vu de plus beau sur cette terre, elle était vivante. Et elle me souriait. Je n'osais malheureusement pas bougé. Et si elle était après tout le fantôme de mes nuits les plus effrayantes? Et si j'étais en train de rêver?
« Drago? » sa voix semblait éteinte et tellement loin de mes souvenirs, mais je l'entendais et même si elle ne possédait plus la voix la plus mélodieuse du monde, elle jouait la musique la plus douce qu'eut été donné par mes oreilles d'entendre. Je secouais la tête pour lui dire de me parler pour que je me rende compte à quel point elle était réelle.
« Tu sais avant je te détestais, parce que j'avais l'impression que tu étais le plus grand des mystères, parce que je n'étais pas assez intelligente pour te comprendre. Je voulais juste te dire que je ne déteste plus. Plus du tout. » avait-elle dit avant de s'approcher avec difficulté de moi. On avait l'impression que ses jambes ne savaient plus comment se mouvoir après être restés atrophique durant tout ce temps.
Au fur et à mesure qu'elle s'approchait de moi, je pouvais sentir tout mon corps entier s'enflammer devant ses yeux noisette, qui me scrutaient pour avoir enfin une réponse, mais je restais paralysé. J'avais rêvé de ce moment depuis tellement longtemps que je n'arrivais pas à me rendre compte qu'il était réellement en train d'arriver. Mais quelques secondes après de fines lèvres sur ma bouche me fit redescendre sur terre. Alors que je commençais à peine à savourer ce baiser, elle y mit fin en se tournant vers les deux professeurs pour leur demander :
« Combien de temps pour dire au revoir ? » avait-elle dit en se pinçant sa fine lèvre inférieure. Je glissais doucement ma main dans la sienne pour la soutenir et passais un bras derrière son dos pour la maintenir car malgré ce qu'elle venait de faire, elle était encore très faible.
« Vous avez une heure Miss Granger. » se contenta de lui répondre MacGonagall.
Avant qu'elle ne parte, conscient qu'il ne me restait plus beaucoup de temps pour profiter de nos retrouvailles, je lui avais enserrer la taille et l'avais alors embrassé. D'abord surprise par ce geste qui venait tout entier de moi, elle passa ses mains derrière ma nuque et participa à son tour au baiser. Après quelques secondes, je mis fin à celui là, la regarda dans les yeux et avant qu'elle ne parte je lui dis doucement :
« Je ne te déteste plus non plus, Granger. »
