Helloooooooooooo! Oui, j'ai mis du temps, j'ai complètement zappé, tout va trop vite! Pour compenser, j'envoie deux chapitres aujourd'hui. Désolée pour ceux à qui je n'ai pas répondu, j'ai vraiment plus du tout de temps :S

Merci à Cathouchka31 pour ses corrections, son soutien et le temps qu'elle a consacré à cette fiction!

Bonne lecture!


Chapitre 14 : Obéis-moi... Et tu finiras seul.

-Rentre et ne bouge pas.

Stiles obéit. Jackson prit le volant de sa voiture de luxe et ils quittèrent le quartier où se trouvait la résidence des Martin. Le loup-garou sourit de satisfaction alors qu'ils roulaient en direction du loft de Derek. Ces derniers jours, il avait tout fait pour monter l'Alpha contre Stiles. Tous les moyens y étaient passés. Même un qui avait bien failli entraîner la mort de sa victime...Mais aujourd'hui ce serait le bouquet final. Pour être franc, il ne ressentait pas le moindre scrupule. Après tout, ce connard d'hyperactif était responsable de la méfiance de Lydia, réduisant à néant les infimes progrès réalisés dans sa relation avec elle. Jackson avait donc cessé de perdre son temps avec Aiden pour se concentrer pleinement sur Stiles. Il allait le foutre dans la merde et pas qu'un peu. Ensuite seulement, il s'occuperait d'Aiden. Il fallait se montrer méthodique.

Il émit un petit grognement de satisfaction. Cette fois il était sur la bonne voie pour empoisonner durablement la relation de Stiles avec son cher Derek. Pourtant, on ne pouvait pas dire que l'alpha y mettait du sien ! Cet entêté persistait encore et toujours à accorder son attention à l'hyperactif, malgré les nombreuses disputes orchestrées par Jackson. C'était à n'y rien comprendre. Quand lâcherait-il enfin prise ? Un peu plus et on aurait pu croire que Derek était amoureux de cet abruti d'humain...

Jackson carra la mâchoire tandis qu'il lançait un rapide coup d'œil à son passager. Stiles semblait inquiet du sort qu'il lui réservait et il avait raison. Cette fois-ci, Derek ne laisserait pas passer. Jackson eut un rictus mauvais et accéléra l'allure, grillant au passage quelques feux rouges. Il ne ferait de tort à personne en ce dimanche matin, tout le monde était encore au lit et lui, il préférait se débarrasser le plus rapidement possible de cette affaire.

Lorsque l'immeuble visé apparut à l'angle d'une rue, il soupira de soulagement. Le spectacle pourrait bientôt commencer.

Prudent, il ralentit l'allure. Pas la peine de réveiller Derek avant le moment propice. Ce serait trop bête de gâcher la fête. Alors, une fois qu'il fut à une centaine de mètres du loft, il s'arrêta et coupa le moteur puis se tourna vers Stiles et le jaugea en silence, faisant volontairement monter la pression.

Stiles ne comprenait pas ce qu'ils faisaient là. Qu'attendaient-ils exactement ? Quelle idée tordue Jackson avait-il encore eue ?

-Tu m'expliques ?

Sans un mot, Jackson fouilla sous son siège et en exhuma un pied de biche qu'il tendit à son passager.

-Tiens. Défoule-toi sur sa bagnole. Défonce-la intégralement et ensuite énerve-toi contre Derek. Sois furieux contre lui. Fais tout ce qu'il faut pour qu'il ne t'adresse plus jamais la parole.

Un éclair de fureur foudroya Stiles qui arracha pratiquement le pied de biche des mains de son chauffeur avant de bondir hors de la voiture comme un diable. Il partit au pas de course droit sur le loft de Derek, aveuglé par la haine. Il savait que cette colère était hors de sa volonté, que la malédiction le réduisait à l'état de marionnette impuissante et cela ne fit qu'augmenter sa fureur. Quel supplice ! Il aurait bien voulu tomber dans les pommes, mais la haine qui lui tordait les tripes l'en empêchait visiblement. Pire, il sentait une rage folle dirigée vers Derek. Alors il fit la seule chose possible en l'absence du loup. Il se rua sur la Camaro. Sa bagnole et lui, c'était la même chose !

Emporté par son élan, il dérapa devant la caisse rutilante et abattit une première fois la tige de métal sur le toit. Aussitôt l'alarme déchira l'air. Rebondissant sur les façades. Réveillant Derek à coup sûr.

Parfait.

Qu'il vienne. Qu'il vienne ce connard, admirer le résultat de son œuvre. De son rejet.

Le pied de biche tomba une nouvelle fois sur le pare brise déjà fendu, entraînant Stiles vers le capot sur lequel il bascula, maladroit, avant de reculer pour mieux prendre son élan et recommencer. Encore.

Derrière lui, les portes du loft grincèrent puis claquèrent.

Enfin.

-Mais qu'est-ce que tu fous ? Tonna Derek en courant dans sa direction. Lâche-ça tout de suite !

Stiles retira sa main, comme s'il s'était brûlé, et l'outil du massacre rebondit à ses pieds. Toujours furieux, il jeta un regard noir à celui qui l'avait interrompu.

Quelques mètres plus loin, Jackson suivait le spectacle avec un intérêt croissant, écoutant d'une oreille avide la dispute qui empirait de seconde en seconde. Les paroles de Stiles étaient cruelles, même Jackson se sentit mal à l'aise qu'il puisse aller aussi loin. Parce qu'en vérité, il n'en voulait qu'à Stiles. Il n'avait pas grand chose à reprocher à Derek. Au contraire. Non seulement c'était son alpha, mais en plus c'était le seul à l'avoir accueilli lors de son retour. Hélas... trop tard pour reculer. Il lui fallait assumer son choix.

-Dégage et ne reviens jamais ! Hurla Derek visiblement à bout de nerfs, en poussant violemment Stiles. Plus jamais, tu m'entends ?

L'humain évita la chute de peu et recula prudemment de quelques pas, la rage aux tripes. Seulement au fond de lui, sous les strates de sa malédiction, son cœur souffrait le martyre.

Encore un rejet. Mais celui-ci serait définitif et il l'avait mérité.

Furieux et totalement bouleversé, il prit la fuite et disparut bientôt dans une ruelle.

Son petit jeu achevé, Jackson partit à son tour, l'humeur mitigée.


Le jour s'était levé tandis que Stiles déambulait sans but dans les rues désertes, comme une âme en peine. La fureur s'était dissipée, seule restait la peine. La douleur et la culpabilité le ravageaient. Il n'avait pas pensé un seul des mots qu'il avait prononcés.

« C'est de ta faute si je vais mal. »

« T'aurais jamais dû revenir. »

« Tu ferais mieux de disparaître. »

Stiles soupira et s'échoua sur un banc. Faisant fi du bois froid, il s'y coucha sur le dos en gardant ses paumes posées sur son ventre. Il se sentait encore nauséeux. Autant de l'alcool ingurgité pendant la nuit que de la scène qu'il venait de vivre.

« Tu mérites tout le malheur qui s'abat sur toi. »

« Tout irait beaucoup mieux sans toi. »

« Tu fais souffrir tous ceux qui t'approchent. »

La bouche de Stiles se tordit et il blêmit en fermant les yeux.

« C'est toi qui as tué ta famille et maintenant... »

« C'est de ta faute si Boyd et Erica sont morts. Tu les as tués. »

« Si seulement le corbeau pouvait te faire disparaître une bonne fois pour toutes... »

Il plaqua sa main sur sa bouche et la pressa, se retenant de crie rautant que de pleurer.

Okay. Il pouvait bien faire semblant de tout encaisser, d'être dur comme un roc, d'être mature, d'être le genre d'homme que rien ne pouvait atteindre parce qu'il serait au-dessus de tout. Bien au-dessus.

Mais la vérité, pathétique et ridicule, c'était qu'il n'était qu'un ado. Un ado amoureux par dessus le marché. Et qu'il venait de fouler aux pieds, de détruire irrémédiablement l'étincelle de chaleur qui persistait encore entre lui et l'objet son amour.

Épuisé, les paupières lourdes, Stiles ferma les yeux l'espace d'une minute...


Mais lorsqu'il les rouvrit, le soleil était bien plus haut que dans ses souvenirs et les rues en dehors du parc charriaient de nombreux passants.

Son soupir résonna et il se mordilla la langue, réfléchissant à ce qu'il pourrait faire au lieu de se morfondre. Il savait déjà qu'il ne voulait pas rentrer chez lui. Son père l'abreuverait de questions. Le cuisinant sur sa soirée et sur son état de santé. Pas question non plus qu'il croise un membre de la meute. Ce serait bien trop douloureux pour lui.

La solution s'imposa d'elle-même.

Il se contorsionna pour extirper son portable de la poche arrière de son jean et composa le numéro qu'il connaissait par cœur. Une sonnerie. Deux...

-Que me vaut le bonheur de cet appel en ce dimanche matin ? Grinça Harris au bout de la cinquième tonalité.

-Venez me chercher. Je suis dans le parc au coin de la cinquième.

-Et puis quoi encore ? Je ne suis ni un taxi, ni votre esclave aux dernières nouvelles.

-Dépêche-toi, j'ai sommeil.


Stiles leva la tête vers le jet d'eau et se frotta le visage. Dès son arrivée chez Harris, il s'était immédiatement enfermé dans la salle de bain afin de prendre une douche salvatrice. L'eau brûlante le délivra de toute odeur d'alcool et de transpiration, délassant ses muscles crispés, lui faisant oublier un instant Derek, Jackson, son père et même Harris pourtant tout proche. Au bout d'un temps suffisamment long, il sortit de la cabine et se sécha lentement. Il délaissa débardeur et chemise à l'odeur infecte pour enfiler son sweat à même la peau. Puis il quitta la salle de bain, les mains dans les poches de son jean.

-Vous avez quelque chose de comestible à bouffer ici ? Apostropha-t-il son hôte en entrant dans la cuisine.

Assis, une tasse de café fumant entre les mains, Harris le suivit des yeux, le détaillant d'un regard appréciateur malgré le réveil brutal que le garçon venait de lui imposer. Trop absorbé par sa contemplation, il n'eut pas le temps de répondre que déjà, Stiles se penchait à l'intérieur de son frigo en marmonnant et commentant tout ce qu'il voyait.

-Pas grand-chose d'intéressant en vérité.

Stiles crut entendre son prof se lever et il s'apprêtait à se retourner pour lui poser une question lorsqu'il se retrouva brusquement maintenu en place par deux mains sur ses épaules et deux lèvres sur les siennes.

Harris claqua la porte du frigo sans intérêt et y plaqua Stiles. Ses paumes glissèrent le long de ses bras et encerclèrent ses poignets fermement, les levant afin de les maintenir prisonniers au-dessus de sa tête.

Il faut lui faire comprendre qui mène la danse.

C'était à son tour de commander et de s'amuser. Il le soumettrait à sa volonté, le domestiquerait.

Stiles laissa échapper un gémissement appréciateur et fondit, se laissant entraîner dans le baiser tyrannique qui dura trop peu longtemps selon son avis. Bientôt, la pression se relâcha sur ses bras et la bouche de Harris quitta la sienne avant de glisser près de son oreille.

-En plein dans la gueule du loup...

Stiles frissonna violemment de tous ses membres et gémit pitoyablement. Son ventre se contracta sous la vague de désir qui le frappa. Il haleta en sentant la main libre de Harris glisser lentement sur ses vêtements, descendant de plus en plus bas, arrivant bientôt au bord du jean. Mais elle ne descendit pas plus bas et remonta sous le sweat. Ne sachant comment réagir, Stiles déglutit difficilement et se contenté de rester figé, ses yeux ancrés dans ceux de son hôte. Alors l'intruse quitta sa peau, ressortant à l'air libre pour descendre lentement la fermeture éclair. Très lentement.

Stiles tenta vainement de libérer ses poignets, mais il était incapable de se concentrer assez longtemps pour feinter, alors il se laissa faire. Enfin, Harris le lâcha et posa ses mains sur ses épaules, faisant doucement glisser le sweat-shirt jusqu'à ce qu'il tombe à leurs pieds.

Ce fut comme un signal de départ.

Stiles attrapa la chemise de Harris par l'avant et le tira contre lui pour l'embrasser une nouvelle fois, plus furieusement.


Affichant un air bienheureux, Stiles se retourna, délicieusement emmêlé dans un cocon de chaleur, sur un lit moelleux à souhait. Il émit un soupir de satisfaction et son sourire s'accentua alors qu'il écoutait le son lointain de la douche, sous laquelle son hôte avait disparu, une dizaine de minutes plus tôt.

Ça y était enfin. Ils l'avaient fait. Ces quelques mots tournaient en boucle dans son esprit depuis son réveil, alors qu'il se prélassait dans les draps de son...de son quoi d'ailleurs ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais ça lui plaisait plutôt.

Stiles se mordit les joues et se pinça les lèvres, se retenant de rire d'euphorie. Tout avait été parfait. Dans les moindres détails. Il poussa un soupir de contentement et demeura couché sur le dos, le regard vissé au plafond et les mains croisées sous la nuque.

Alors la porte se rouvrit, dévoilant Harris habillé et fin prêt pour se rendre au lycée en ce lundi matin. Il ne lui accorda qu'un vague regard en ouvrant le tiroir d'une commode avant de se placer devant son miroir pour nouer sa cravate, tout en observant du coin de l'œil celui qui avait envahi son lit.

-Ne comptez pas sur moi pour vous amener ce matin, avertit-il d'un ton ennuyé.

Stiles fit la moue et se redressa sur les coudes pour fixer l'homme dans son ensemble. Le mouvement découvrit une bonne partie du corps alangui et Harris roula des yeux après s'être fait remarquer à lui-même qu'il était fou de partir et d'abandonner cette vision des plus agréables. Ils avaient passé un très bon moment tous les deux depuis la veille, malgré la jeunesse et l'inexpérience de son nouveau partenaire. Après tout, celui-ci s'était montré des plus enthousiastes et docile, faisant preuve d'un incroyable talent d'apprentissage.

Harris sentit une brusque bouffée de désir qu'il refréna aussitôt, ce n'était pas le moment. Cependant, quand il vit le drap quitter définitivement une cuisse pâle et musclée, il n'y tint plus et s'avança prudemment.

Stiles le suivit du regard en silence, levant la tête pour ne pas quitter ses yeux alors que l'homme le surplombait. Les doigts de Harris glissèrent sur le genou, descendirent la pente lisse de sa cuisse, pianotèrent doucement sur le ventre découvert. Une main surgit soudain dans son champ de vision et agrippa sa cravate avant de la tirer.

Stiles arrêta leurs visages à quelques millimètres l'un de l'autre et fixa les lèvres de Harris, oscillant entre elles et ses yeux bleus hypnotiques.

-Je pense qu'une journée sans vous ne tuera personne, dit-il enfin. Je fais même une B.A vu le nombre astronomique d'élèves et de professeurs qui vous détestent.

Stiles tira un peu plus, forçant Harris à poser un genou sur le bord du matelas.

-Je crois qu'effectivement c'est un très bon raisonnement, répondit Harris en prenant les lèvres de Stiles d'assaut.

L'adolescent se laissa tomber en arrière sur le lit, entraînant sa proie dans sa chute.

Pourtant, malgré l'euphorie de cette première fois, un infime arrière-goût indéfinissable emplissait sa gorge. Un arrière-goût de désespoir et de fuite en avant.

Aurait-ce été pareil avec Derek ? Aurait-il ressenti la même chose ? Ou plus fort ? L'aurait-il embrassé de la même manière lui aussi... Ou plus en douceur, plus sensuellement... Plus amoureusement. Comme s'il était la seule personne qui comptait réellement pour lui. Celui pour qui il aurait pu quitter sa meute...

Mais au lieu de ça, il était là, entre les bras d'Adrian et il se demanda s'il n'avait pas fait une erreur de calcul.


-... C'est simplement arrivé, conclut Harris. Ensuite, les cours particuliers de Rachel se sont raréfiés jusqu'à ce que ses parents les fassent définitivement arrêter. Puis le Darach est arrivé et je n'ai plus eu l'occasion de la voir.

-Mais pourqu-

La sonnerie de portable de Stiles l'interrompit et il grimaça en voyant le nom de son contact. Il décrocha à contrecœur.

-Salut p'pa, dit-il, hésitant.

Faites que Scott n'ait pas oublié qu'il était son alibi pour la nuit qu'il venait de passer loin du domicile familial, pensa-t-il.

-Bonjour fiston, comment vas-tu ? Tu es rentré à la maison ?

-Dans la matinée, mentit Stiles. Après que Scott soit parti en cours.

-Bien, repose-toi encore aujourd'hui. Ne fais pas de folies.

Stiles sourit en observant Harris face à lui, en train de boire son café, portant en tout et pour tout ses seuls sous-vêtements. « Pas de folie ». Ça allait être compliqué, vu leurs nouvelles activités communes.

-Ne t'en fais donc pas pour moi, je vais très bien. Demain aussi ça se passera bien quand je retournerai au lycée. Tu n'as pas à stresser. Je me sens en pleine forme.

-Alors tant mieux. Je rentrerai tôt ce soir, attends-moi pour dîner.

-Hum hum, à plus.

-À ce soir Stiles, répondit le shérif avant de raccrocher.

Stiles fut soulagé que tout se soit bien passé et se mordit la lèvre en voyant les cheveux ébouriffés de Harris. Il frotta ses orteils contre son mollet d'un air absent. Cette journée était... Parfaite. Sous tous les angles.

-Où en étions-nous déjà ? Racontez-moi d'autres choses sur vous. J'aimerais bien savoir comment vous avez su que le professeur Blake était un Darach.

Le regard de Harris s'assombrit et il garda le silence. Stiles comprit qu'il était entré en terrain miné. Mieux valait changer de sujet. Même si sa curiosité s'en retrouvait de ce fait grandement titillée.


-Si t'es pas malade, t'es qu'un gredin de ne pas me donner de nouvelles, grogna Scott, l'air inquiet, sur le répondeur de son meilleur ami.

Depuis le message que Stiles lui avait envoyé la veille au matin pour lui demander de le couvrir auprès de son père, il n'avait plus eu de nouvelle. Sa nervosité grimpa en flèche lorsqu'il se rendit au loft le soir même et que Stiles brillait encore par son absence. Isaac avait bien tenté de le rassurer en lui disant que l'humain devait décuver quelque part, mais Scott ne réussissait pas à faire taire son angoisse. Et si Stiles avait été kidnappé et que c'était le corbeau qui avait envoyé ce message avec son portable ?

-Je vais chez Stiles pour vérifier s'il va bien, prévint-il soudain en partant d'un bon pas vers la sortie.

Comme si l'hyperactif avait senti le souci qu'il se faisait pour lui, le téléphone de Scott se mit à sonner.

-Enfin ! Ça fait des milliers de fois que je te laisse des messages ! Tu vas bien ? T'es où, là ?

- Chez moi, dans mon lit si tu veux tout savoir. Tu veux quoi ? Pourquoi tu me harcèles de messages depuis ce matin ?

-Pourquoi ? Mais parce que tu ne m'as pas répondu de toute la journée ! Je m'inquiétais, moi !

-Bah tu savais bien que je restais à la maison pour récupérer, non ? J'ai pas fait attention à tes messages, parce que j'ai joué toute la journée. Ne sois pas si stressé bro.

-Mais t'étais où la nuit dernière alors ? Pourquoi j'ai dû te couvrir ?

-Je t'en parlerai plus tard. Là je vais passer à table, alors je te laisse. À demain !

Et il raccrocha, laissant Scott plus que perplexe. Que s'était-il donc passé depuis la fête de samedi soir ? D'abord, son pote s'était éclipsé comme un voleur, puis l'avait obligé à le couvrir alors qu'il passait la nuit on ne savait où. Et aujourd'hui, ça. Quel secret cachait-il encore ?

-Je vais le faire venir ici demain soir.

-Pas la peine, grogna Isaac. Il n'a plus rien à faire ici. D'ailleurs, on aurait dû le laisser la dernière fois quand il avait quitté la meute.

Scott se tourna d'un bond vers le bêta et le fixa d'un air abasourdi.

-Qu'est-ce qui te prend tout à coup ?

-Je ne fais que dire ce que tout le monde pense, rétorqua Isaac en croisant les bras.

Il lança un regard entendu à Derek que Scott ne comprit pas. Que ne savait-il pas ?

-Et puis de toute manière, à quoi ça nous avance de l'avoir avec nous ? Ajouta Aiden. Il ne fait que nous ralentir.

-En plus d'être un point faible pour la meute, renchérit Ethan.

-Il ne nous sert à rien, asséna finalement Isaac, agacé. Il fait n'importe quoi. À chaque fois il nous cause plus de problèmes qu'il n'aide à en résoudre !

Scott plissa les yeux et grogna. Il ne comprenait pas comment la conversation avait pu déraper à ce point, ni pour quelle raison tout le monde semblait contre Stiles tout à coup. Il savait que certaines tensions persistaient, mais elles semblaient s'être apaisées ces derniers jours.

-Tu racontes n'importe quoi ! T'es vraiment trop con ! Et vous, vous pensez tous la même chose de Stiles ?

La plupart des regards qu'il tentait de croiser l'évitaient. Malgré ses tentatives de rallier des gens à sa cause, tous semblaient du même avis. Plus Stiles se trouverait loin d'eux, mieux ils s'en porteraient. Sa colère augmenta lorsqu'il comprit qu'Allison était en accord avec Isaac. En dernier recours, il se tourna vers Derek, mais l'humeur massacrante de ce dernier répondait déjà à sa question muette.

-Stiles est un cinglé et je ne veux plus le voir dans les parages. Désormais, tu t'occuperas seul de ce connard, moi j'arrête les frais ici.

-Mais qu'est-ce qu'il vous a fait ? S'emporta Scott.

-Va voir ma bagnole et reviens m'en parler, gronda Derek.

-Quoi ? C'est lui qui a fait ça ?

Scott écarquilla les yeux. Il avait vu la carcasse devant le hangar en arrivant, mais n'avait pas eu l'occasion de poser de questions, étant donné que la discussion avait immédiatement dérapé pour s'envenimer très vite ensuite. Bordel, mais pourquoi Stiles aurait-il fait une chose pareille ? Ça avait autant de sens que le harcèlement qu'il était supposé avoir mené contre Aiden !

-Ce n'est pas son genre. Vous vous trompez.

-C'est moi-même qui l'ai arrêté hier, rétorqua Derek. Je lui ai interdit de revenir ici. Au moins a-t-il compris le message.

La malédiction, pensa Jackson avec satisfaction. Bien sûr. Apparemment, il avait atteint son objectif et réussi à éloigner Stiles pour un temps. Une esquisse de sourire lui vint, seulement elle fut captée par Lydia du coin de l'œil. Étrange, pensa-t-elle en faisant comme si de rien n'était. Avait-il quelque chose à voir avec cet incident ? Ce n'était pas la première fois qu'elle avait des soupçons, mais cette fois il allait falloir creuser. Les événements étaient bien trop étranges.


Le lendemain, la convalescence de Stiles prit fin et il eut l'autorisation de retourner en cours. À vrai dire, il redoutait un peu sa prochaine confrontation avec Harris, qu'il avait quitté la veille en milieu d'après-midi. En plus de ça il recroiserait Scott, et là, ce serait encore plus compliqué. Comment lui parler de sa relation avec Harris sans tout lui révéler sur le chantage qu'il avait exercé sur l'homme ? Ou pire, comment éviter de lui parler de ce qui s'était passé dimanche ? Il l'interrogerait là-dessus, pas de doute.

Ce fut un autre problème qui se présenta. Scott se plaignait du froid qui s'était instauré entre lui et la meute. Au moins, ce sujet éloignait le précédent de l'esprit du loup-garou, qui ne faisait plus que se plaindre depuis que les deux amis s'étaient assis à l'extérieur pour déjeuner.

-Quand tu lui donnes la main, il te prend le bras, ragea Scott en mimant l'expression dans un grand geste irrité. Et les pieds avec ! Je lui donne tout ! Il habite chez moi. Il squatte ma chambre. Ma cuisine. Mon frigo. Ma mère ! Je crois même qu'elle le préfère !

-Pff, t'es con. Tu seras toujours le préféré de ta mère, répliqua Stiles en roulant des yeux. Enfin... Sauf si l'on fait un concours entre toi et moi. Là, c'est sûr qu'elle me préfère.

Scott lui donna un coup sur l'épaule.

-Nan sérieux. Il me prend même ma copine par-dessus le marché. C'est super chiant.

-Et moi alors ?

-Quoi toi alors ? Demanda Scott, perdu.

-Bah, il ne te pique pas ton meilleur pote !

-Mouais.

-Comment ça « mouais » ? Par le gland du chêne pubère, mets-y un peu plus d'enthousiasme, que diable !

Le rire de Scott se perdit rapidement dans une nouvelle série de jérémiades auxquelles Stiles ne prêta qu'une oreille distraite, l'esprit davantage tourné vers un certain professeur... Il se mâchonna la lèvre, rêvassant à l'agréable conclusion de son week-end pourtant très mal commencé. Il soupira. Un peu plus et il allait finir par se demander s'il se languissait de son prof...

-Toi, tu ne jouais pas aux jeux vidéos hier.

Scott sourit, timide. De son côté, Stiles se contenta de hausser les épaules.

-J'ai jamais dit que j'avais joué à ça toute la journée.

-Alors, c'était qui ? Tu l'as rencontré pendant la fête ?

Stiles secoua la tête négativement. Scott comprit qu'il ne voulait pas en parler et s'inquiéta. Est-ce que ça s'était mal terminé ?

-En tout cas, si t'as envie d'en parler je suis tout ouïe, dit-il avec un sourire malicieux.

-Ouais ouais, t'es juste frustré parce que toi ça fait longtemps que t'as plus baisé, rétorqua Stiles en reprenant son sandwich pour se redonner contenance.

Il regretta vaguement cette sortie peu charitable envers son indéfectible meilleur pote. Scott afficha un air faussement vexé et scandalisé. Aussitôt, son marqueur atterrit sur le crâne de Stiles qui rentra la tête dans les épaules en poussant une plainte de douleur.

-Tu cherches la guerre ? Provoqua Stiles en vidant l'intégralité de sa trousse.

-Drapeau blanc !

-C'est pas du jeu !


Deux jours passèrent durant lesquels Stiles mit un point d'honneur à strictement éviter tout contact avec Jackson. Ce dernier était plus que frustré et sa patience, mise à rude épreuve, se fissurait davantage chaque fois que Stiles lui filait entre les doigts. Depuis l'incident de la Camaro, ils ne s'étaient plus retrouvés seuls. Du coup, Jackson ne pouvait plus agir contre Aiden, puisque son instrument de prédilection demeurait insaisissable. Faire chasser Stiles de la meute avait été une connerie stupide. Il allait devoir rectifier le tir et faire revenir le garçon parmi eux.

Mais comment convaincre Derek de le faire revenir ?


En proie à une panique pure, Derek dérapa devant le perron du domicile du shérif, un papier froissé emprisonné dans son poing. Après plus de deux semaines sans nouvelles du corbeau, voilà qu'il avait reçu le matin même une lettre de sa part. Et cette fois, Stiles était clairement menacé. Le loup-garou s'était immédiatement rendu compte que sa rancœur contre l'hyperactif ne pesait pas lourd lorsque la vie de ce dernier était en jeu. Encore une histoire de meute, avait-il pensé sur la défensive.

Avisant la fenêtre grande ouverte du salon, il s'y engouffra sans vérifier si le shérif était présent ou non et tomba nez à nez avec un fer à repasser brûlant.

-Tu m'as fichu une de ces trouilles ! S'écria Stiles qui brandissait toujours son arme improvisée mais non moins efficace.

Derek se retint de manifester son soulagement et ferma les yeux une seconde en soupirant intérieurement. Stiles allait bien, il était entier, c'était l'essentiel.

-Si t'es là pour ta bagnole, je pense que j'ai déjà compris l'affaire.

Au rappel de la raison pour laquelle il n'adressait plus la parole à l'humain, Derek se renfrogna et reprit son habituel air neutre. En plus, c'était pour cette raison qu'il avait dû venir ici à pied.

-Si t'y tiens tant, je peux essayer de t'aider à rembourser les réparations, poursuivit Stiles en reprenant son repassage sans se soucier réellement de la présence impromptue de son hôte. Enfin, pour ça je vais certainement m'endetter à vie, ou même pour plusieurs générations, mais bref-

-Tais-toi.

Stiles roula des yeux et sa bouche se scella d'elle-même alors que Derek prenait une mine ennuyée. Finalement, il ne savait pas s'il préférait quand Stiles se taisait ou quand il déblatérait des choses inutiles qui lui tapaient sur le système, mais qui avaient le mérite de briser les silences pesants. Et entre eux deux, il y en avait toujours bien trop. De plus, comment expliquer son arrivée en fanfare, alors qu'il avait dit ne plus jamais vouloir le voir ? Alors il fourra la lettre dans la poche arrière de son jean et l'y tassa sous le regard scrutateur de Stiles qui avait l'air de vouloir l'interroger, mais ne le fit pas.

Bizarre, pensa-t-il. D'habitude, il ne se gênait pas pour aborder les sujets qui l'intriguaient. Pourquoi était-il silencieux tout à coup ? Il faisait ça pour le provoquer ? Il cherchait à le rendre taré c'est ça ?

-Depuis quand tu obéis aux ordres des autres ? Maugréa Derek.

Stiles ne répondit pas et se contenta de hausser les épaules. Derek sentit ses nerfs s'épuiser.

-Ce n'est pas une réponse, reprocha-t-il.

Stiles de son côté avait peur de mettre réellement Derek en colère alors que celui-ci avait déjà tant de raison de le détester. Seulement, il n'avait pas le choix. L'ordre ferait effet encore un bon moment. S'il ne trouvait pas un moyen de le contourner pour parler, alors rien n'empêcherait Derek de refaire exactement la même chose que la dernière fois. Sauf qu'aujourd'hui, Deaton ne serait pas là pour le sortir d'affaire. N'ayant d'autre choix, Stiles resta immobile.

-Tu fais chier !

Tout à coup, le dos de Stiles entra en collision avec l'armoire derrière lui. Son fer lui échappa et chuta sur le plancher. Incapable de protester autrement que par des grognements, Stiles ne put rien faire lorsque Derek le prit au col, les yeux rouges de colère.

Sans qu'il put l'en empêcher, le cœur de Stiles s'emballa ce qui n'échappa aucunement au loup. Instinctivement, celui-ci inspira profondément. Les hormones se mêlèrent de la partie et Stiles tenta de se tortiller pour fuir le joug du loup-garou. Sans succès. Et puis, en avait-il vraiment envie ? Ses pupilles se dilatèrent au souvenir de tout ce qu'il avait fait avec Harris. Avec Derek, ce serait certainement le nirvana.

Ses yeux oscillèrent entre les yeux et les lèvres de son vis-à-vis. Il se maudit pour sa faiblesse. Mais au diable la raison ! Il ne voulait avoir aucun regret. Il voulait l'embrasser au moins une fois. N'écoutant que son envie, il empoigna la nuque de Derek et colla sa bouche à la sienne. Il happa sa lèvre inférieure entre les siennes et savoura leur douceur et leur goût, faisant fi de la barbe qui le piquait et de la poigne qui se faisait plus forte sur son t-shirt. Sentant Derek esquisser un mouvement de recul, il raffermit sa prise. Quand il voulut approfondir le baiser, Derek prit une brusque inspiration et les sépara brusquement.

Il fixait Stiles, perdu. Mais s'en voulut aussitôt en avisant le regard blessé de l'humain. Et ce putain de désir qu'il l'avait tout à coup affolé le mettait en rogne. Il recula d'un pas. Ce n'étaient pas ses sentiments. Uniquement les hormones de Stiles qui lui faisaient de l'effet. Il fallait qu'il parte très vite. Parce que s'il restait une seconde de plus, il ferait obligatoirement des choses qu'il regretterait.

-Viens à la réunion ce soir, ordonna-t-il d'un ton froid en enfouissant son trouble au fond de lui à double tour. Sans faute.

Stiles ne répondit pas et s'humidifia les lèvres. Derek se figea, la bouche entrouverte, puis il la referma et s'en alla définitivement, pantelant et remué.

Dès que Stiles se retrouva seul, il referma ses bras autour de lui en laissant dériver son regard dans le vide. Encore une douche glacée. Cette fois, c'était définitif. Il n'y avait plus le moindre doute, il devait laisser tomber.

Le garçon soupira. Tout ce qu'il voulait c'était qu'on l'aime, il ne demandait rien de plus. Dans ce cas pourquoi tombait-il à chaque fois amoureux de ceux qui le dédaignaient ?

Un sentiment viscéral d'abandon l'assaillit.

Personne ne voudrait jamais de lui ?

Et Harris ? Est-ce que lui au moins pourrait l'aimer ?


La fin approche tellement vite... Pour ceux qui se posaient la question, oui je quitte définitivement le fandom TW, parce que j'ai complètement perdu la flamme pour cette série qui part en cacahuètes, même si j'avais encore plein d'idées pour des fictions, je préfère arrêter là. Mais pour ceux que ça pourrait intéresser, je vais maintenant m'attaquer aux univers de Harry Potter et Fullmetal Alchemist! :D (enfin dans l'écriture, pour poster, je sais pas du tout, vu mon manque d'occasion d'avoir internet (j'ai l'impression de vivre dans une grotte!))