Coucou à tous !
Tout d'abord on remercie les quelques reviewser du chapitre précédant, nous aimerions beaucoup avoir l'avis de TOUS ces lecteurs qui nous suivent sans avoir la gentillesse de nous laisser le moindre commentaire... Un petit effort ? :)
Bonne lecture,
PS : ce chapitre est super long et j'en suis fière alors j'aimerai une pluie d'avis :D
Chapitre 14
J'entre comme une furie dans la chambre. Je claque la porte et me met à faire les cent pas, ruminant des répliques qui me viennent après coup. Ils me prennent pour une gamine, une capricieuse qui n'en a rien à faire de ses amis ! Cette pensée me donne des envies de meurtre. Je suis prête à tout pour eux, j'ai laissé ma vie exploser pour sauver la mère de Kity, je suis prête à mourir pour les sauver ! Comment peuvent-ils prendre ça comme un enfantillage ! J'attrape un vase et le fracasse contre la cheminé en marbre. La fureur brule mon corps. Merde par Merlin ! Soudain, comme si je m'étais vidée de toute ma colère dans ce geste de destruction de la faïence adorée d'Eugénia, je me laisse tomber sur le lit et explose en sanglots. Notre conversation me revient. Elle m'a appelé Henrietta. Henrietta. Kity m'a appelé Henrietta. Comme à Poudlard. Avec tant de froideur et de colère que j'en reste encore figée. Mon prénom résonne en échos en moi. C'est comme une brulure. J'en suis malade. Je me vide de toutes mes larmes, le visage enfouie sous un coussin. Je me sens creuse, vidée, je n'en peux vraiment plus de cette torture. Je n'en peux plus de cette situation qui détruit ma vie et mes relations. J'ai tellement envie d'en finir. Mes larmes sont amères. Pleurer me fait mal. Mais je ne peux faire que ça. Ils m'ont laissé le choix et pourtant je suis si torturée que je regrette presque leurs intransigeances. Je me sens déchirée, mon cœur est à l'agonie. Je ne veux qu'une chose, les protéger. Peu importe ce qu'il adviendra de moi tant que je sais qu'ils sont en sécurité. Or, en me protégeant et me cachant de Cassiopéa, ils exposent leurs vies. J'en suis malade. L'idée que l'un d'entre eux soit blessé ou pire à cause de moi m'est intolérable.
Je ne suis pas courageuse. J'en ai parfaitement conscience. S'il n'y avait pas mes amis en jeux, je prendrais mes jambes à mon cou. Je fuirai, sans remords, sans scrupule. Je ferais tout pour survivre. Mais il ne s'agit pas que de moi. Il s'agit d'eux aussi. Par ma faute, ils sont exposés. Je veux me livrer à Cassiopéa et aux mangemorts. Je veux les protéger. Si elle m'a moi et que je passe un pacte avec elle, alors oui. Ils seront en sécurité, même si sa me coute la vie. Je relève mon visage humide et remarque qu'Ernest, ma tortue, me fixe avec attention.
« T'as de la chance toi tu sais, je lui fais en ravalant mes sanglots, toi au moins personne ne veut ta mort à cause de tes idées sur la couleur de l'eau de ton bocal, incapable de me contenir je reprends ma crise de larmes, je ne sais pas quoi faire ! Je ne sais pas quoi faire ! Tu comprends… Ils pensent que c'est facile de faire ce choix ! J'en peux plus… J'en peux plus… »
La petite tortue penche sa tête sur le côté comme pour lancer un regard humide interrogateur. Je m'approche du bocal, pose mon front contre la vitre pour mieux regarder cette petite chose verte. Bizarrement, Ernest ne détourne pas son regard et me fixe comme si j'étais une laitue des plus alléchantes dans ma robe verte pomme.
« Ils croient que c'est facile de vivre en sachant que leurs vies sont en jeux pour ma sécurité, que je peux êtres joyeuse pendant que d'autres sont anxieux ? je renifle en essuyant ma morve dans ma manche. Je sais bien que Kity n'a pas tord, que c'est trop risqué et que Cassiopéa pourrait les tuer après quand même. Mais… Elle peut aussi les tuer maintenant parce qu'ils m'aident. Tu comprends, dans les deux cas il y a un risque. Dans les deux cas, je condamne quelqu'un. Moi ou les autres. Et encore dans les deux cas on peut tous mourir, je caresse la carapace humide d'Ernest en reniflant. Qu'est ce que je dois faire ? Dis, moi…, qu'est-ce que je dois faire par Merlin ? ma voix se brise et je m'effondre. »
C'est comme si je n'arrivais plus à penser. Je suis si vidée et fatiguée, si abrutie par mes larmes et ma colère que je n'arrive même plus à réfléchir. Mon cerveau est rouillé et j'ai l'impression que quoi qu'il se passe, la mort attend au bout. Je me laisse dérivée dans ma léthargie tandis qu'Ernest mouille ma robe en se baladant sur mon corps. Ils ne comprennent pas, personne ne comprend. Je suis seule. Mes larmes mouillent mes joues à ce constat. Tu es seule Etta. Ils sont tous en colère contre toi alors que tu veux juste les protéger. Bien sur ils veulent te protéger eux aussi mais dans la balance de ta vie contre la leurs, c'est ta vie qui doit disparaître. Si tu n'existais pas Etta, tout serait plus simple. Je me roule en boule sur le lit, serrant Ernest contre ma poitrine alors que la petite tortue se débat. Ils me manquent. Grace, Pam, Oliver et Fred brillent par leurs absences. Paul est un menteur qui a abusé de Kity et qui sans le savoir me meurtri le bout de cœur qu'il me reste dans la poitrine. Et cette souffrance doit rester muette à tout prix car elle serait gênante pour Kity qui, je le sais, aime Paul et cache sa propre blessure. En plus, elle me méprise parce que je suis « une gamine ».
« Je ne suis pas une gamine, je m'écris soudain au vide de la chambre. Je ne suis pas immature ! Je les aime ! Tu comprends Ernest ? Tu comprends ? Je les aime ! Ils ne comprennent pas ! »
Ce choix, cette liberté que je voulais et que j'ai obtenue au prix de mots blessants, je n'en veux plus si c'est pour me retrouver effondrer au pied de ce mur qui se dresse face à moi, comme seul avenir. Je caresse une dernière fois Ernest, le dépose dans son bocal après un baiser sur sa carapace humide et m'enfonce dans les couvertures. Je me sens incapable de rien, inutile. Un poids Etta. Tu es un poids. Je pleure de gros sanglots, polissant mon visage par mes larmes, et me sens encore plus misérable.
OoOo
Cela maintenant cinq jours que je reste cloîtrée dans cette maudite maison à faire les cent pas dans cette chambre bleue, à m'effondrer en larmes sur le lit pour me relever avec colère la seconde suivante. J'ai même balancé un vase à la figure de Jasper quand il a osé me faire une réflexion sur mes pulsions si peu gracieuses. J'ai envoyé paître cette Eugénia de malheur après avoir dit à Elisabeth qu'elle n'était que la reine des dindes aux pays des pétasses lorsqu'elle m'a demandé pour qui je me prenais avec mon impertinence face à elle. J'ai lâché un commentaire sur son mariage à Edith pour lui faire comprendre qu'elle allait devoir supporter une belle mère et belle sœur dignes de celles de Cendrillon. Paul rumine dans son coin et Kity ne vient plus. Chaque jour, je franchis les grilles du jardin pour me planter face à la rue déserte, en face de chez eux, comme une provocation dérisoire à ce monde hostile. Et je rentre, je croise le regard de Paul à travers la vitre du salon, monte les escaliers et rumine mes pensées dans cette chambre bleue. Le même rituel se répète ainsi depuis cinq jours. Incapable d'aller en avant, incapable de faire marche arrière. Coincée.
« Miss Fairfax dans le salon, m'appelle Jasper alors que je traine dans les jardins sans but.
- J'y vais, je réponds d'un ton monocorde. »
Je suis dans un tel état de placidité. Mon esprit est réduit à son mode automatique. L'annonce de la venue de Kity me fait à peine frissonner. J'entre sans bruit dans le salon et me retrouve face à la mine contrariée de mon amie.
« Je ne suis pas venue m'excuser si c'est que tu penses Etta, commence-t-elle, je suis encore en colère et je pense toujours que tes idées sont puériles.
- T'es venue pour quoi alors, je lâche froidement. Catherine.
- Pour voir quelle est ta décision pour savoir si je dois commander des fleurs pour ta tombe ou pas, répond-t-elle sur le même ton.
- Tu peux repartir, je rétorque toujours aussi glaciale en m'apprêtant à partir, j'ai rien de nouveau à te dire.
- Et c'est tout, bondit-elle comme si elle rongeait son frein depuis le début, tu t'en vas comme ça ?
- Je suis une gamine voyons, je réplique calmement, j'agis n'importe comment. »
Elle me fixe, comme choquée que je sois si dénuée de toute émotion. Je remarque en observant mon image à travers la vitre que je suis en effet bien terne. Mes cheveux pendent mollement autour de mon visage, des cernes courent sous mes yeux gonflés par mes crises de larmes. Je suis aussi pâle qu'un linge et j'ai la nette impression d'avoir perdu du poids. Même mon t-shirt de toutes les couleurs ne me redonne pas meilleure mine. Je me sens vraiment fatiguée de tout et surtout de cette conversation.
« Etta, souffle-t-elle d'une voix adoucie, j'ai réfléchi.
- Ah oui ? je marmonne sèchement.
- Je sais que c'est pas facile pour toi, continue-t-elle en ignorant mon inimité. C'est pas facile de se dire qu'on met en danger les autres. Mais tu sais bien qu'on le fait tous en connaissance de cause. Mais tes idées stupides de…
- J'avais cru comprendre, je grince. Ma fuite est un suicide stupide. Blablabla. C'est bon c'est fini maman ?
- Etta ! s'écrit-elle comme complètement alarmée par mon manque total de réactions normales.
- C'est bon, je rétorque en sentant mon mur de froideur se craqueler face à son inquiétude difficilement dissimulée. Je… C'est cette foutue maison…
- Ouais je comprends, commente-t-elle, pas très accueillante et apparemment la maitresse de maison est aussi aimable qu'une porte d'Azakaban.
- Je te le fais pas dire, je répond en un demi-sourire. Et t'as pas vu la fille et son amie !
- Tu sais quoi, s'écrit-elle en m'attrapant les bras comme pour me remuer et me sortir de mon mutisme, on va sortir !
- Quoi ? je m'étonne alors qu'elle me prend dans ses bras. Maintenant ?
- Non, ce soir ! corrige-t-elle, parce que maintenant, vue ta tête tu ferais peur même à un croque mort ! »
Je reste un instant interdite, ne croyant pas à la chance qui s'offre à moi. J'ai l'impression que l'étau qui enserre ma poitrine se défait. Elle s'excite ou du moins elle fait preuve du plus de bonne humeur possible, comme pour me la faire partager. Je lui rends son étreinte et ai la soudaine impression que ça va mieux.
OoOo
Je nous observe à travers le miroir de la chambre. Derrière nous, une montagne de vêtements et d'armoires éventrées –on s'est largement servie dans les affaires des Carbury-. Ce dont nous manquions, Kity est allée l'acheté. Elle a parlé de notre décision à Paul qui a voulut nous accompagner en invitant des gens de sa connaissances, ayant eu vent de notre soirée Eugénia s'est empressée de faire inviter sa si adorable filles et Edith. Paul a proposé d'aller au bar du village où joue un groupe de country. Ok c'est de la country… Mais bon tant que je sors de cette prison, tout me va. Pour nous mettre dans l'ambiance de cette fabuleuse soirée qui s'annonce, Kity et moi nous somme habillées telles des cowgirls sexy. Jean ultra moulant, chemise blanche au profond décolté, chapeau noir, bottes montantes et fouet pour elle. Mini-jupe, chemise à carreaux de toutes les couleurs, bottes courtes, chapeau recouvert de fleurs en papiers et fouet pour moi. Ravies de notre apparence, on éclate de rire. J'ai hâte de voir la tête d'Eugénia, Edith et Elizabeth lorsqu'on descendra dans quelques instants rejoindre ces petites filles coincées, Paul et leurs amis. Je sourit d'avance, ce soir j'ai envie de me vider l'esprit et si pour ça je dois choquer des petites pestes par la longueur de ma jupe, je vais certainement pas m'en privé !
Kity descend la première, avec classe et supériorité. J'admire sa silhouette élancée et mince, elle ressemble à une elfe de Tolkien autant que moi je ressemble à un lutin de contes pour enfants. Les regards masculins se tournent vers elle, envoutés par ses longues jambes et sa peau mate parfaite. Je soupire mais n'en est pourtant pas jalouse, je suis comme je suis. C'est bien comme ça et tant pis si ces petits bourg' de l'aristocratie anglaise ne me portent pas le même regard. Je ne lève pas le visage pour voir quelles sortes de coups d'œil me valent mon décolté et ma jupe, pas la peine je sais très bien ce qu'il en est. Je ne me gène pas par contre d'envoyer un clin d'œil moqueur à Elisabeth et Edith dans leurs robes de soirée classes. La sœur de Paul me jette un regard méprisant avant de s'éloigner dans l'allée du parc, rejoindre la voiture, au bras d'un mec roux. Je ricane et d'une démarche provocante je la dépasse, me délectant de son agacement. Kity à côté de moi semble en grande conversation avec Paul et je m'éloigne un peu. Ils ont des choses à se dire sur leur relation amoureuse basée sur la couardise de Paulo. Je fais le plus d'efforts possible pour paraître gaie mais soudainement, le cœur n'y est plus. Lui et moi sommes toujours en froid. Je lui jette un regard discret et constate qu'il est encore fâché. Tout ce que j'espère c'est qu'avec Kity, ça ira bien et qu'ils seront heureux l'un avec l'autre.
Quelques minutes plus tard, nous sortons de la voiture. C'est avec un véritable soulagement que je m'en extirpe. Coincée depuis un quart d'heure entre Kity et un mec brun dont le nom m'évoque vaguement quelque chose – le fils d'un acteur ou quelque chose comme ça- à écouter Elisabeth glousser comme une dinde tout en envoyant des œillades au rouquin nommé John Morton. Ou un truc dans ce goût là. Edith est quant à elle tellement plongée dans une contemplation tant muette que béate de Paul que j'ai presque envie de la gifler. Je me contiens en retournant la même phrase en boucle dans ma tête « Il n'est pas à toi Etta, il est à Kity. » Zen Etta. Par Merlin, mais tu vas arrêter de le reluquer ! TOUT DE SUITE HENRIETTA MALEFOY ! Tu vas décoller ton regard de son corps et faire comme si tu étais indifférente et qu'il ne te faisait absolument AUCUN effet. Non mais je vous jure ! C'est du sport de tenir en laisse ses pulsions !
Environ une heure plus tard, la musique ringarde commence à me taper sur le système et je sens Kity prête à égorge cette bécasse d'Elisabeth qui n'aime pas mon amie -bien trop belle à son goût-. Je ricane, je ne joue pas dans la même catégorie ! Je n'intéresse que les connards comme Thomas ou les machos comme Samuel. Il y a bien eu Remus… Une sorte d'exception. Je lorgne sur Paul avant de me gifler mentalement. Etta, on se reprend ! D'un regard méprisant, Elizabeth délaisse son verre de sirop –nous voir nous enfiler des bières l'a parfaitement choqué- et accompagnée du fameux John, elle s'élance gracieusement sur la piste pour le slow. Dans la pénombre du bar, seules nos deux silhouettes se détachent. Moi encore c'est compréhensible mais Kity… Intriguée, je lui lance un regard suspicieux mais elle semble se moquer royalement de la piste et encore plus de la danse. Elle ne bouge pas d'un cil lorsque Paul invite Edith à danser. Elle reste de marbre alors que mon ventre se contracte, elle est maitresse de ses émotions tandis que je me laisse aller à la tristesse. J'admire son calme, moi-même je suis un océan de jalousie. Si je pouvais je me lèverai pour aller arracher les yeux à cette tarte d'Edith qui bave presque dans les bras de Paul. Je me retiens en silence. Je sens que je vais vomir ma jalousie et chialer de tristesse. Il me faut un autre verre.
« Ça te fais rien à toi, je demande alors incapable de rester muette.
- De quoi ? fait Kity étonnée.
- Mais… mais…, je bafouille éberluée qu'elle ne montre pas plus sa jalousie, Edith se frotte à ton petit copain et toi ça te fait rien !
- Pardon, éclate de rire Kity. Paulo ? Mon petit copain ?
- Oh ! Je t'en pris Kity, je m'agace, elle lui bave dessus et ça n'a même pas l'air de le gêner ! Comment peux-tu rester aussi calme ?
- Oooh, me taquine Kity, mais elle serait pas jalouse la p'tite Etta ?
- Moi ? je rougis violemment, absolument pas ! Pas du tout !
- Et mon père c'est le papa Noël ! Je comprends que ma mère me l'ait cachée... avec sa barbe... beurk !
- Il sort avec toi ! je contre-attaque, ok il t'a fait du mal en te cachant le fait que sa famille voulait qu'il se marie avec cette gourde transie d'amour mais, même si tu lui en veux, tu pourrais au moins montrer tes sentiments ! ça fait pas de mal de temps en temps ! je me calme et me fais plus compatissante –bien que cela me coute d'emmurer mes propres sentiments-, si tu as envie de pleure Kity… Te retiens pas tu sais… Je suis là pour toi.
- Etta…, fait-elle avec lassitude, lis bien sur mes lèvres : je ne l'aime pas et je ne sors pas avec lui.
- Quoi ? je m'écris faisant se retourner plusieurs personnes dans notre direction. Mais mais… Lui si ! ça se voit comme le nez au milieu de la figure !
- Etta… Etta… Ettaaaaa, elle m'attrape les mains et me regarde droit dans les yeux, oublie toutes tes foutues suppositions, d'accord ? C'est TOUT faux, okay ?
- Mais non ! je réponds avec conviction.
- Mais siiiiii, bon maintenant tu m'écoutes bien attentivement, fait-elle avec détermination, Tu vas aller sur cette foutue piste de danse et te déhancher de la façon la plus obscène possible, histoire d'exciter ce pauvre Paulo-le-haricot qui ronge son frein depuis des mois pour te sauter dessus, et avant la fin de la soirée vous nous mettez en route un Paulo junior ! elle expose ça calmement tandis que je reste clouée de stupéfaction.
- Kity mais qu'est-ce que tu racontes…, je murmure comme si elle était folle, avant de lâcher avec fatalité tout en baissant les yeux, Paul n'a aucune vue sur moi, il n'est pas du tout intéressé.
- Bon maintenant ça suffit ! s'agace-t-elle, je vais pas te guider toute ta vie non plus, hein ? Va lui arracher sa chemise tout de suite, qu'on en finisse un peu de vous voir vous retenir comme des hippogriffes têtus ! »
Sans ménagement elle me pousse hors de la table et avec un signe de tête qui n'accepte aucune réplique, m'ordonne silencieusement de lui obéir. Inerte, je reste figée par les révélations. Soudain, la jalousie refait surface alors qu'Edith approche ses lèvres de Paul. Enervée, vexée, jalouse il n'en faut pas plus pour que je me jette dans la masse de danseurs. Il drague cette gourde d'Edith, sa chère fiancée ! Il n'est pas intéressé par Merlin ! Kity est vraiment nulle en suppositions amoureuses ! Je me jette au bras du premier venu, offrant une vue plongeante sur mon profond décolté en riant comme une bécasse. Le mec semble apprécier ce qu'il voit car il colle avec joie ses mains sur mes hanches et sa tête dans mon cou. Par-dessus son épaule, j'aperçois Kity qui lève les yeux au ciel de consternation.
OoOo
Je me lâche enfin, chante comme une folle en faisant du rentre-dedans à John qui a délaissé Elizabeth, soudain fasciné par ma poitrine, ma jupe si courte et mon bassin. Cette chère Lizzie semble prête à m'étrangler tandis que je me colle un peu plus à ce rouquin aux mains désagréablement moites. Je lui lance un regard provocant à souhait. Je remarque que Kity, qui n'a pas décollé ses fesses de sa chaise, semble blasée tout autant qu'amusée. Elle me fait alors des signes pour que je regarde derrière moi –en direction de Paulo-le-haricot-. Apparemment je dois absolument voir sa réaction face à mon déhanchement mais je l'ignore superbement, ne voulait pas me saper le moral par le spectacle du charmant couple Paul-Edith qui doit surement se rouler une pelle. J'aimerai trouver la force de me laisser embrasser par cette sangsue de John pour prouver que j'en ai rien à foutre de lui mais c'est comme si mon être se braquait à cette idée qui pourtant me permettrait de ne plus penser à ma jalousie dévastatrice et à mon désir de me jeter sur Paul. Je souffle à fond pour évacuer cette envie brulante. Concentre-toi sur ta danse du ventre qui fait verdir Elizabeth, Etta ! Lève les bras et balance tes hanches ! Evacue, Etta. Evacue et oubli ! Les sifflements qui retentissent me donnent confiance et je ris comme une folle. Aussi excitée qu'une puce en mini-jupe ! J'ai beaucoup bu ?
« Une bière ! je m'écris quelques minutes plus tard en quittant la piste pour foncer vers Kity, Paul et le mec au nom d'acteur. Même deux, je rajoute avec un sourire racoleur au serveur très sexy avant de m'effondrer sur mon siège. Alors ? Quoi de neuf ? je demande nettement plus détendue que la demi-heure d'avant où j'étais prête à tuer. »
Un léger tout d'horizon de table me permet de prendre conscience que tout le monde n'est pas aussi excitée que moi. Kity semble en colère vu son regard noir, machin-au-nom-d'acteur est très absorbé dans sa contemplation des nichons de la serveuse tandis que Paul me fixe dans un mélange de colère et de tristesse. C'est lui qui accroche mon attention. Son regard me gifle et fait aussitôt taire mon euphorie. Un étrange sentiment nait en moi alors qu'il me lance un regard blessé. Je reste figée et abattue, tout envie de me soûler comme un trou a disparue. Je suis terriblement gênée et pourtant je suis incapable de détacher mes yeux des siens. Une terrible douleur me broie l'estomac sous son regard bleu triste. J'ai tellement, tellement envie de me faufiler près de lui et de le serrer contre moi à l'en étouffer.
« Bon je vais me chercher à boire, déclare soudain Kity en attrapant le bras de machin au nom d'acteur, et toi aussi !
- Mon verre est plein merci, déclare-t-il, énervé d'être dérangé en pleine séance de drague.
- Plus maintenant, riposte Kity en jetant la bière du mec par terre -visiblement sur les nerfs- Etta, commence-t-elle énervée avant de me lancer un regard appuyé et s'éloigner en chantonnant, tomber-la, tomber, tomber la chemiiiseuuuh. »
Je l'ignore et Paul en fait autant. Je ne sais pas pourquoi mais je m'en veux terriblement. Comme si j'avais fait la chose impardonnable de le rendre malheureux alors qu'il a été tellement gentil et prévenant avec moi. J'avale difficilement ma salive et c'est lui qui parle le premier.
« Ça à l'air d'aller mieux, grince-t-il en lançant un regard à John retourné se frotter à Elizabeth.
- Ouais, je réponds dans un murmure. J'avais besoin de sortir… Je…, je me tortille sur ma chaise en rougissant, pour la dernière fois… je… je sais bien que pour vous je suis immature mais rester passive alors que vous risquez vos vies est intolérable.
- Tu crois que te voir te sacrifier n'est pas intolérable, fait-il avec agacement. C'est la même chose Etta !
- Mais j'en peux plus de rester enfermer ! Je dépéris à supporter ta sœur, j'avoue sans détour, elle me déteste ! Je ne parle pas d'Eugénia et encore moins d'Edith !
- Edith ? s'étonne-t-il avant de défendre d'un ton glacial la jeune fille, Edith est la personne la plus gentille que je connaisse. Elle est la bonté même, elle ne te déteste surement pas. »
Sa réplique me fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Je retiens mes larmes de dépit. Kity a tord. Totalement tord. La jalousie me fait perdre tout contrôle. Et l'alcool aussi certainement.
« Et bien moi je la supporte pas ! je m'écris soudain, elle a beau être agréable, adorable, douce, moi elle m'insupporte avec son image de belle-fille parfaite ! Mais je suis certaine qu'elle fera une parfaite candide petite femme au foyer ! Félicitation Paulo ! »
Aussi sec et sans attendre sa réaction je me précipite dehors en ravalant mes émotions. Au diable Cupidon ! A mort l'amour et Merlin ! Je fais quelques pas dans la rue avant de frapper de colère un pot de fleur, me faisant aussitôt gémir de douleur en me serrant le poing. J'ai envie de pleurer. Et ça m'énerve. J'en peux plus d'être une vraie fontaine. J'en peux plus d'être amoureuse. J'en peux plus d'avoir mal. Mais qu'est ce qu'il faut que je fasse par Merlin ? Mais c'est pas possible d'être aussi stupide ! Pourquoi je me suis emportée sur cette guiche d'Edith ? J'en peux plus.
« Etta ! s'écrie soudain la voix de Paul.
- Je suis désolée, je me retourne soudain la voix un peu inégale. Je voulais pas l'insulter. Elle est gentille. Je… c'est juste que…, je bafouille avant d'arrêter d'entrer sur ce terrain glissant.
- Juste que quoi ? demande-t-il quand même en s'approchant.
- Rien, je marmonne avant de décider de mentir à moitié, ça me rend juste jalouse de vous voir ensemble, moi je tombe que sur des crétins. Je l'envie, elle a de la chance c'est tout. Elle a de la chance de t'avoir.
- Tu es… jalouse ? il répète et en deux enjambées se retrouve près de moi qui panique.
- Ben ouais ! Comme je suis jalouse de Grace avec Oliver, je marmonne en priant pour qu'il gobe tout. Au fait, je fais en déviant la conversation adroitement –du moins je le crois-, je suis désolée de t'avoir crié dessus l'autre fois… Je savais pas que… enfin… je croyais que tu sortais avec Kity vu que…, ma voix est si basse que je m'entends à peine, et je sais que c'est pas de ta faute. Tu voulais pas la blesser… Je suis désolée. Tu l'aurais jamais blessée puisque tu l'aimes.
- Etta, soupire-t-il, Je m'en fiche de Kity ! Tu comprends ça ? »
Son regard est blessé et énervé. Il y a aussi quelque chose d'autre qui fait soudain accélérer mon cœur. Je n'ose pas effleurer ce qu'il me laisse entrevoir. Il ébauche un geste dans ma direction et dans un sursaut de relâchement, je l'enlace brusquement. Cédant. Je n'ai pas le temps de savourer mon audace. La seconde suivante je me retire vivement, de une parce que je me rends compte de ma bêtise et de deux parce qu'Elizabeth vient de débarquer en hurlant que la voiture nous attend. Aussi rouge qu'un coquelicot je me dérobe au regard de Paul pour courir en direction du véhicule. La minute suivante, mes rougeurs n'ont toujours pas disparu. Il faut dire qu'il est assis à côté de moi et que le peu de place que m'accorde Kity à ma droite m'oblige à être trop proche de lui. Ou pas assez, ça dépend de quelle partie de moi on parle. Je fais semblant de paraître très concentrer sur le monologue de Kity à propos des télétubbies alors que tout mon être est tendu en direction de Paul.
Je sens tout à coup une main se poser sur la mienne. Chaude et rassurante. Une grande main qui entrecroise ses doigts avec les miens. Hésitant. Comme le font les amoureux dans la rue. Paul. Comme par instinct, je serre fort. Je ne lève pas mon visage cramoisi vers lui, me contente de serrer sa main. Comme pour lui faire comprendre. Je n'ai plus qu'une envie, celle de l'embrasser. Mon corps bouillonne face à la retenu qu'impose ma raison et la présence de cette bande d'aristo à moitié soûle –totalement pour Kity…-. Il me rend l'étreinte de mes doigts, mettant en feu mes membres. Je ne pense plus à rien, ses doigts et les miens se disent ce que ni lui ni moi n'avons exprimé à voix haute.
La voiture s'arrête bien trop tôt devant le portail. Mais contrairement à mes craintes, il ne lâche pas ma main pour autant. Lorsque nos regards se croisent, je sais qu'il a compris autant que moi. Kity se met soudain à quatre pattes en s'écriant qu'elle tente de retrouver Fred caché –selon elle- derrière les buissons. A regret, nos mains se délaissent et je relève mon amie pour la trainer vers la maison. Il m'aide à porter Kity qui est devenue si molle qu'elle m'écrase. Il me sourit. J'ai envie de lui. Terriblement envie de lui. Merlin… Il est extrêmement séduisant dans la pénombre de la nuit.
Elizabeth renvoi un à un leurs amis dont j'ignore la plupart des noms. Elle dépose un chaste baiser sur les lèvres pâteuses de John tout en me lançant un regard triomphant. Si elle savait comme je m'en balance de son rouquin moite… Aidée de Paul, je hisse Kity jusqu'au troisième étage et arrive devant la porte de la chambre à bout de souffle. Par Merlin, ce qu'elle est lourde ! Je la laisse se vautrer sur le lit -grommelant je ne sais quoi à propos de Laa-Laa et Tinky Winky- et je me retourne vers la porte. Paul est dans l'encadrement, me lançant un sourire avant de disparaître dans le couloir. Mon cœur lâche, je me précipite à sa suite. Il n'est pas question que cette soirée se termine ainsi ! J'en veux terriblement plus ! Insatisfaite, je cours vers lui et passe mes bras autour de son torse. Me collant contre son dos en murmurant son prénom.
« Etta, dit-il dans un souffle qui me fait frissonner de haut en bas. »
La seconde suivante, il s'est retourné et dévore mes lèvres. Ce n'est pas doux ni tendre, c'est vorace et dur. Chargé de sens et de passion. Déchainant en moi un orage incontrôlable de pulsions affamées. Je balade mes doigts sur son dos tandis qu'il perd les siens dans mes cheveux. Je me retrouve plaquée contre le mur, collée contre lui. Le corps en feu. Lorsqu'il détache sa bouche de le mienne pour nicher sa tête dans mon cou, je soupire d'aise.
« Dîtes-moi Monsieur Carbury, je murmure en reprenant mon souffle, c'est pas très gentleman d'embrasser une fille de cette façon…
- Tais-toi, me coupe-t-il en un sourire avant de plaquer ses lèvres sur les miennes. »
Enchantée de lui obéir je réponds à son baiser avec avidité. Comme si tout le refoulement emmagasiné depuis le tout début débordait. Je sens ses mains se glisser sous ma chemise et j'en profite pour m'acharner sur les boutons de la sienne. Mon sang est en feu, un brasier violent me consume de part en part. Je l'embrasse comme si ma vie en dépendait. Soudain, je me fige alors qu'il continue à embrasser la moindre parcelle de mon visage. Je tends l'oreille, ayant du mal à me concentrer alors que ses mains tentent de dégrafer mon soutien gorge.
Des pas dans le couloir.
Il les a apparemment entendus lui aussi car tout à coup il arrête de me mordre les lèvres pour écouter attentivement le son qui se rapproche de nous. Vivement, il m'entraîne dans la direction opposée. Excitée et échauffée je cours derrière lui, le dévorant du regard. Lorsqu'on arrive devant la porte de sa chambre, il pose ses mains sur mon visage et m'embrasse avec impatience et passion. Sous ses caresses, mon désir d'aller plus loin rugit et je me presse contre lui comme pour me fondre dans son corps. Il sent mon empressement et pourtant arrête la danse enflammée de nos langues. Je gémis de frustration tandis qu'il plonge ses yeux bleus dans les miens. Ils sont assombris par le désir. Il me fixe avec intensité tandis que je le supplie du regard de ne surtout pas s'arrêter.
« Etta, murmure-t-il dans un souffle roque, tu es sûre de vouloir… ?
- Tais-toi. »
Je coupe court à son questionnement en me jetant sur ses lèvres et en glissant mes mains sous sa chemise pour découvrir sa fine musculature. Je frémis de plaisir lorsqu'il répond sans plus attendre en m'arrachant ma chemise. Vivement, il me pousse dans la chambre tandis que je l'entraine à ma suite avant de fermer la porte. Nos regards se croisent et nos langues se mêlent. Nos mains se caressent et je gémis d'impatience alors qu'il niche son nez dans ma chevelure. Nos habits tombent enfin.
Alors ? Quel est votre ressentie ? Vos avis ? :) On se motive pour poster quelques mots qui nous feront super plaisir d'accord ? ;)
