Chapitre 14
La première idée de Hotch avait été d'appeler James Donham, au DEA, la brigade des narcotiques du FBI. Il aurait suffi de balancer le nom de Glen Strummer, de le faire arrêter, d'intervenir en sous-main pour bloquer les négociations avec le procureur, et faire enfermer ce putain de dealer pour de très longues années, dans la plus violente des prisons…
C'était la rage qui lui avait dicté cette solution là. Mais sa haine pour Glen n'était pas bonne conseillère. Reid finirait par l'apprendre… Et alors, Hotch savait qu'il perdrait définitivement son jeune agent. Il ne pourrait jamais se pardonner d'être celui qui exécuterait l'amant de Reid. C'était lâche, c'était minable, c'était indigne de lui.
Et puis Hotch ne voulait pas s'occuper de Glen pour l'instant. Il ne voulait même pas penser à lui. Il voulait s'occuper de Reid. Seulement de Reid. Tout savoir de lui et de ses rapports avec Tobias, apprendre tout ce qu'il ignorait encore. Spencer était sa seule et unique priorité.
Hotch le savait : la solution était là. Pour se débarrasser de Glen et comprendre pourquoi Reid était accro à la drogue et à son dealer, il fallait passer par Tobias, savoir exactement ce que ce tordu lui avait fait subir 48 heures durant.
Aaron, enfermé dans son bureau, rangea les documents réunis par Garcia et, de son tiroir fermé à clef, il ressortit le dossier médical de Reid, celui qu'il avait examiné quelques semaines auparavant avec Jason… ce fameux dossier dont il était sûr qu'il était incomplet.
Il saisit le téléphone et composa le numéro de l'hôpital où Reid avait été admis quelques mois plus tôt, au début du mois de février, le jour où ils étaient venus le délivrer des mains de son bourreau.
Hotch prit un rendez-vous avec le médecin en chef qui s'était occupé de Reid et, en début d'après-midi, il se rendit dans le service hospitalier qui avait soigné son subordonné.
XXXXX
Lorsque Hotch eut quitté l'étage du Service des sciences du comportement, JJ se précipita dans la petite pièce informatique réservée à Pénélope.
« Qu'est-ce qu'il se passe, à la fin ? » demanda-t-elle en déboulant dans le bureau de Garcia. « C'est quoi ces conciliabules permanents entre Jason et Hotch ? Et où est-ce que Hotch a encore disparu ? Tu es au courant de quelque chose ?»
Garcia sentit ses joues devenir rouges. « Non, non… rien… » bafouilla-t-elle tout en cliquant frénétiquement sur les touches de son ordinateur, afin d'éviter le regard de Jennifer Jareau.
JJ croisa ses bras sur sa poitrine et haussa un sourcil soupçonneux : « Vraiment ? Tu ne sais vraiment rien ? »
Avant que Garcia n'ait pu répondre, Morgan entra dans le bureau de Pénélope, claqua violemment la porte derrière lui, et s'exclama avec humeur : « Mais enfin, bébé, c'est quoi ce bordel ? Reid a l'air perpétuellement dans les nuages, Jason est plus énigmatique que jamais, et quant à Hotch, il semble extrêmement perturbé et il passe son temps à disparaître mystérieusement. Il est devenu presque impossible de lui parler ! Il n'est plus disponible pour rien ! Est-ce qu'il travaille sur un dossier secret ? De quoi est-on exclus, Princesse ? »
JJ regarda Morgan, puis Garcia et elle fit un sourire entendu à l'informaticienne : « Tu vois ? Je ne suis pas la seule à trouver que la 'machine Hotch' se détraque ! Derek est aussi de mon avis ! »
Garcia secoua frénétiquement la tête, refusant de parler de crainte de laisser échapper des informations qu'elle n'était pas censée divulguer. Aaron Hotchner avait plusieurs fois insisté : son enquête était officieuse et elle devait garder le silence sur l'affaire. Comment désobéir à son supérieur hiérarchique ?
Morgan s'approcha de Pénélope et, prenant une voix suave, il demanda à nouveau des explications : « Ma puce, tu es dans le secret des Dieux, n'est-ce pas ? »
Garcia baissa les yeux : « Je… je n'ai pas le droit d'en parler… »
« Garcia, je t'en supplie », insista JJ. « Hotch déraille et le service part à vau-l'eau ! Tu t'en rends compte, n'est-ce pas ? Plus rien ne fonctionne ! Hotch se désintéresse de toutes les affaires en cours ! Il est obsédé par quelque chose qui l'empêche de faire correctement sont boulot ! Sur quoi travaille-t-il ? »
Morgan s'accroupit près de son siège, se mettant presque à genoux devant elle, dans cette position de supplique. Il fallait qu'il sache. Il murmura : « Bébé, s'il te plait… Pour le bien de tout le monde, y compris de Hotch… Dis-nous ce qui ce passe… »
Garcia hésita un instant, partagée entre le devoir d'obéissance envers l'agent Hotchner et la pertinence des arguments de JJ et Derek. Ils avaient raison, parfaitement raison, Pénélope le savait bien. Elle avait honte de trahir son superviseur, mais il fallait qu'elle parle. Ce secret devenait trop lourd pour elle. Et puis, comment résister à la supplication de Morgan, à genoux devant elle ?
« Hotch a rouvert le dossier Tobias Hankel… » souffla Garcia dans un murmure à peine audible. Sans parler de Glen, sans parler des stupéfiants, elle leur donnait un os à ronger… Ainsi, elle ne trahissait Hotch qu'à moitié.
« Hankel ? » s'exclama Morgan en se relevant d'un coup. Il tombait des nues.
« J'en étais sûre ! » s'écria JJ. « Le mois dernier, à ma crémaillère, il semblait obsédé par la ressemblance de Glen avec Tobias. Il a parlé de profiler Tobias, d'enquêter… Il avait beaucoup bu, alors j'ai cru qu'il n'était pas réellement sérieux… Sur le moment, j'ai pensé qu'il faisait juste une crise de… » JJ s'interrompit, ravalant les mots avant qu'ils ne sortent. Elle n'osait pas aller jusqu'au bout de sa pensée.
Morgan leva les yeux au ciel, d'un air las, et termina sa phrase : « …une crise de jalousie, n'est-ce pas ? »
JJ approuva d'un signe de tête gêné. Elle massa ses tempes douloureuses, cherchant une solution : « Hankel est six pieds sous terre ! Hotch court donc après un mort… Il finira bien, un jour, par s'arrêter d'enquêter… Il ne va quand même pas aller le déterrer, non ? » s'énerva la jeune femme, agacée.
Morgan tordit la bouche, ennuyé : « En fait, il court après un mort pour attraper un vivant… »
« Un 'vivant' ? Qu'est-ce que tu veux dire ? » fit JJ en tournant ses yeux bleus vers lui. « Tu crois réellement qu'il enquête sur Tobias Hankel dans le but d'évincer Glen de la vie de Reid ? Est-ce que ce n'est pas un peu excessif et non-professionnel comme comportement, surtout pour quelqu'un d'aussi rigide, droit et intransigeant que Hotch ? »
Derek lui fit un petit sourire entendu et complice : « Peut-être, oui… Mais Hotch n'est qu'un homme, ma belle. Malgré ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas un robot… Il est capable de se laisser emporter par l'émotion et de commettre des erreurs, comme tout le monde… »
Garcia, en les écoutant discuter, se sentait de plus en plus mal à l'aise. Elle avait l'impression de tromper la confiance de ses collègues, et même de les duper ! Elle les laissait dire et imaginer des choses fausses à propos de Hotch, alors qu'il leur manquait une pièce essentielle au puzzle pour comprendre la réalité concrète : le fait que Glen soit un dealer… le dealer de Reid. JJ et Morgan étaient tellement loin de la vérité !
Pénélope enrageait. Pendant combien de temps l'équipe continuerait ainsi à vivre scindée en deux ? Emily, JJ et Morgan d'un côté, et puis de l'autre, Hotch, Jason et elle-même… deux parties séparées par un point central : Spencer Reid. Mais pour sauver le jeune agent de la drogue, pour l'arracher des griffes de son fichu dealer et amant, ne valait-il pas mieux réunir toutes les forces ?
Par son silence contraint, Garcia se sentait fautive. Pendant combien de temps pourrait-elle encore se taire ?
XXXXX
Le Dr Wellington, un homme d'une quarantaine d'années au crâne à moitié dégarni, reçut l'agent Hotchner dans son cabinet. « Asseyez-vous… » fit le médecin en s'installant à son bureau. « Expliquez-moi exactement ce qui vous amène. Ma secrétaire m'a indiqué qu'il s'agissait d'une enquête du FBI mais… » Il s'interrompit et regarda sa fiche avec perplexité. « Ce n'est pas très clair. C'est une enquête en cours ou une enquête terminée ? Ma secrétaire a noté deux noms : Spencer Reid et Tobias Hankel… Ce sont des suspects que j'aurais traités ? Je n'ai pas très bien compris l'objet de votre demande de rendez-vous… »
Hotch croisa machinalement les bras sur sa poitrine et prit son ton habituel, neutre et très professionnel : « Ma requête est un peu particulière. Il s'agit d'une procédure interne au FBI. Lors d'une affaire criminelle, un de mes agents a été blessé et a été soigné chez vous… »
« Spencer Reid ou Tobias Hankel ? » questionna le médecin en regardant sa petite fiche bristol.
« L'agent Spencer Reid » répondit Hotch. « Tobias Hankel était le suspect. Il est mort lors de l'intervention ».
« Et…? » Le Docteur Wellington ne voyait toujours pas où ce responsable du FBI voulait en venir.
Hotch se racla la gorge et essaya de se donner une contenance froide et détachée : « L'agent Reid a été séquestré pendant 48 heures par le suspect. Il l'a torturé, battu et… drogué ».
Le médecin haussa un sourcil : « Ah ? » Et tout d'un coup, il sembla se rappeler : « Ah, oui ! Je me souviens, maintenant… Un très jeune homme… Vingt ans à peine, les cheveux longs, maigre, très nerveux… » Il hocha la tête, comme pour s'approuver lui-même : « Oui, oui… Je vois, maintenant… » Il se tourna vers son ordinateur, posa sa main sur la souris et cliqua plusieurs fois, à la recherche d'un dossier. « C'est ça… Spencer Reid… Mais ne vous a-t-on pas déjà envoyé le dossier ? Je vois que vous aviez formulé quatre requêtes dans ce but… »
« Effectivement » confirma Hotch. « J'ai reçu le dossier il y a quelques semaines… Mais j'ai l'impression qu'il est incomplet ».
Sans quitter les yeux du fichier informatique, le Dr Wellington semblait ne pas écouter. Il reprit : « Un cas très particulier… » Puis il se tourna subitement vers Hotch : « Je ne comprends toujours pas ce que vous attendez de moi. Nous vous avons envoyé les informations que vous vouliez… »
« Je ne crois pas, non… » Hotch demeurait diplomatique et prudent. « Les documents mentionnent les hématomes, les plaies et la présence de Dilaudid dans le sang… »
« C'est exact. Votre agent a été drogué… massivement drogué… ».
« Mais n'a-t-il pas subi autre chose ? »
Le visage du médecin se renfrogna : « A quoi pensez-vous ? »
Hotch décida de jouer la carte de l'honnêteté : « A des abus sexuels… »
« Je vois… Et qu'est-ce qui vous fait penser ça ? » demanda le Dr Wellington avec un air impénétrable.
« Son comportement…. L'agent Reid est… » Hotch s'interrompit subitement : « Docteur, puis-je vous parler sincèrement, et sous couvert du secret professionnel ? »
« Bien sûr… »
« Ma démarche d'aujourd'hui a pour but de protéger mon agent, de tout faire pour l'aider. Je ne veux pas que notre conversation puisse lui nuire, en aucune façon ».
« Ne craignez rien. Notre entretien est entièrement confidentiel… »
Hotch inspira longuement et reprit d'une voix un peu émotive : « L'agent Reid est accro au Dilaudid. Cela fait maintenant… » Il compta mentalement le temps de l'addiction : « …quatre mois environ qu'il se drogue… Il ne peut plus s'en passer… Il m'inquiète terriblement… »
« La drogue est toujours un problème très grave… »
« Il n'y a pas que ça… L'agent Reid a un comportement… heu… » Hotch sentit la transpiration perler sur son front, « …un comportement sexuel inquiétant ».
« Un comportement sexuel de quel genre ? » demanda le médecin en regardant les clichés de Reid prit lors de son admission. Il se tourna vers Hotch et ajouta : « Il est homosexuel, n'est-ce pas ? »
Hotch déglutit péniblement : « Oui… » confessa-t-il d'une voix faible.
Le médecin fronça ses sourcils épais : « Qu'est-ce qui vous inquiète ? »
« Hé bien… Il vit une étrange relation avec son propre dealer, qui est le portrait craché de son tortionnaire ».
Le Dr Wellington resta un moment interdit, la bouche ouverte et les yeux ronds : « Vous voulez dire qu'il a pris un amant qui le drogue comme le droguait celui qui l'a kidnappé ? Et que cet homme est en quelque sorte son sosie ? » Le médecin paraissait à la fois étonné et ennuyé par ces révélations. « Votre agent essaierait donc de revivre sa séquestration par procuration, c'est ce que vous voulez dire…? »
« C'est ce que je voudrais que vous me disiez… »
Le Dr Wellington consulta son ordinateur, puis se leva chercher un autre dossier dans un tiroir. Il se rassit, consulta ses notes, divers documents et papiers, et enfin il répondit : « Je ne devrais pas évoquer avec vous le dossier d'un patient… Toutefois, il n'y a pas grand-chose à dévoiler. Lors de son admission, l'agent Reid a été examiné par mes soins, ainsi que par l'infirmière Carmen Hernandez. Nous avons constaté les blessures, prit des photographies pour votre dossier d'enquête, et nous avons effectué divers prélèvements sanguins… Mais je vois que l'agent Reid a refusé de se déshabiller complètement. Nous souhaitions, dans le cadre de la procédure, une mise à nu complète pour examen intégral ».
« Vous soupçonniez un abus sexuel ? »
« Vu les circonstances, non, pas du tout… Il n'y avait aucune suspicion de viol, rien de la sorte. Il s'agissait juste de le dévêtir entièrement pour constater les blessures sur toutes les parties de son corps. Mais il est vrai que l'attitude extrêmement pudique de votre agent, son agitation, sa peur panique de se retrouver nu et tout particulièrement l'angoisse concernant ses parties génitales ont alors éveillé mes soupçons. Je l'ai noté, là, dans la marge, avec un point d'interrogation… »
« Mais pourquoi ne pas l'avoir contraint à des prélèvements ? » La voix de Hotch devenait nerveuse.
« Agent Hotchner ! Vous nous avez amené une victime masculine qui avait été séquestrée par un tueur en série à comportement non sexuel. Vous avez indiqué au service d'urgence qu'il avait été battu, frappé, torturé, mais vous n'avez nullement mentionné d'éventuels abus sexuels ! »
Hotch insista lourdement : « Mais pourquoi ne pas avoir réalisé le kit de viol sur l'agent Reid, puisque vous avez lors de l'examen envisagé cette éventualité ? »
Le médecin asséna alors son raisonnement d'un ton ferme : « Vous croyez que c'est plaisant pour une victime de subir un examen génital et un examen rectal complet, devant plusieurs personnes qui, en plus, font des prélèvements et prennent des photos ? » Le médecin ferma la chemise en carton posée devant lui et ajouta, d'un ton très persuasif : « Et de toute façon, agent Hotchner, je vous rappelle que, à l'exception des mineurs, toute victime majeure de viol ou d'agressions sexuelles a le droit de s'opposer à un quelconque examen physique. Le droit, vous comprenez ? »
« Bien sûr… Excusez-moi… » fit Hotch en essayant de se calmer. « Je me suis laissé emporter… Mais l'idée que mon plus jeune agent ait pu subir les pires outrages et qu'il sombre aujourd'hui sans rien dire, ça me rend malade. En tant que superviseur, je suis censé être là pour l'aider, le protéger… et je me sens… impuissant. Je ne sais pas quoi faire… » Hotch passa sa main sur sa nuque raidie par le stress et leva vers le médecin avec des yeux tristes et fatigués : « Je veux juste votre avis… »
Le Dr Wellington fût sensible à la détresse de Hotch et il se laissa convaincre : « J'ai effectivement pensé, très brièvement, à la possibilité d'une agression à caractère sexuel… Mais j'ai finalement écarté l'hypothèse, vu le dossier, vu les circonstances, et vu la personnalité de ce jeune homme. Votre agent paraissait socialement inadapté, anorexique et homosexuel… J'ai plutôt diagnostiqué un trouble permanent du comportement, une légère névrose et une peur panique de la nudité et de la sexualité… J'ai même pensé qu'il était vierge… »
Hotch ouvrit des yeux tout ronds et sentit le rouge lui monter aux joues. L'évocation du pucelage éventuel de Reid lui mit le feu aux reins. Tobias l'avait-il initié aussi à ça ?
Le médecin fit semblant de ne pas s'apercevoir du trouble de l'agent fédéral assis en face de lui.
Hotch croisa les jambes nerveusement et demanda : « Maintenant, avec le recul, et avec tout ce que je vous ai dit, qu'en pensez-vous, docteur ? Est-ce qu'il a pu être sexuellement abusé ? »
Le Dr Wellington soupira : « Honnêtement, je n'en sais rien. Mais c'est possible, oui… »
Hotch sentit une rage sourde le saisir : se pouvait-il que Tobias Hankel ait ravi la virginité de Spencer ? Cette pensée était en train de le rendre fou.
« Vous avez d'autres questions ? » demanda le médecin en rangeant le dossier de l'affaire dans un tiroir.
« Oui. Je voudrais des conseils, à propos de l'addiction de mon agent ».
« Si vous voulez, nous pouvons l'admettre dans notre service de désintoxication… En trois semaines, nous obtenons des résultats relativement satisfaisants ».
Hotch secoua négativement la tête : « Il faudrait faire une fiche d'entrée, il devrait donner son nom… S'il entre en clinique, il est professionnellement grillé… »
« Personne ne sait qu'il est toxicomane ? »
« Non… Officiellement, il a été drogué par son ravisseur, comme son dossier l'atteste, et depuis, il va bien… toujours selon la version officielle, que je défends auprès de la hiérarchie. Actuellement, je le couvre… »
« Depuis combien de temps m'avez-vous dit qu'il se drogue ? »
« A peu près quatre mois… »
Le médecin hocha la tête : « Il suffit de deux à trois mois d'injections régulières pour être réellement dépendant de drogues telles que la morphine ou l'hydromorphone. Au bout de quatre mois, n'importe quel sujet est complètement sous l'emprise des stupéfiants… » indiqua le Dr Wellington. « Mais quel conseil puis-je vous prodiguer ? »
« Est-il possible de se désintoxiquer seul ? »
« Votre agent envisage de se sevrer par ses propres moyens ? »
« Non… Je… C'est moi… » confessa Hotch. « J'envisage de l'y contraindre… ».
Le Dr Wellington commençait à comprendre. Il grimaça : « Agent Hotchner… Ne me dites pas que vous voulez l'obliger à se passer du Dilaudid ? »
Hotch leva le front, d'un air décidé : « Si, exactement… »
« Vous vous rendez compte de ce que cela implique ? » La voix du médecin était inquiète, et l'on pouvait entendre dans ses vibratos toute sa réprobation : « S'il refuse de se désintoxiquer, il va falloir user de la force… »
Hotch approuva d'un léger mouvement de tête : « Je sais, oui… Il faudra que je le séquestre, que je l'enferme, que… que je l'attache sans doute aussi… et ce, pendant des jours, voire des semaines… »
Le médecin croisa ses bras sur sa poitrine et, un brin de défi dans la voix, il posa une question sèche et brute : « Agent Hotchner, ne seriez-vous pas en train de vouloir, à votre tour, prendre la place de Tobias Hankel dans votre relation avec Spencer Reid ? »
A suivre…
