Le combat est terminé, pour tout le monde. La vie peut reprendre sereinement son cours, enfin.
Merci à ceux qui suivent, bonne lecture.
Roy se trouvait face à la Vérité. Luna lui rendait compte de la situation, et du danger auquel le gardien venait d'échapper. Le petit être se tourna ensuite vers la Mort Noire.
« Eh bien ! Il semblerait que je te doive la vie. » dit-il.
« Oui, ce qui signifie que tu as une dette envers moi. » confirma Mustang.
« Je suis au courant. Je sais ce qu'est l'honneur. Que désires-tu ? »
« Izumi Curtis, Edward et Alphonse Elric. Je veux que tu leur rendes leur corps. » énonça le Faucheur.
La Vérité resta silencieuse un instant.
« Ces trois personnes ont bravé un interdit et ont été punies pour cela. »
Roy dégaina alors sa faux qu'il plaça autour du cou de la créature. Luna se contentait d'observer l'échange sans mot dire.
« Ces personnes ont combattu pour toi. J'ai peut-être réglé le problème avec mon maître, mais sans elles tu ne serais plus là. De plus, ils ont largement payé leur dette. Alors rends-leur ce que tu leur as pris, ou je vais vraiment m'énerver. »
Le gardien de toutes les connaissances ne pipa mot durant un moment. Roy le fixait là où auraient dû se trouver ses yeux, avec pour la première fois depuis qu'il avait suivi Ermendil, les prunelles flamboyantes. Le silence parut durer longtemps.
« Très bien. »
La Vérité leva un bras. Au-dehors dans Central, les trois concernés se retrouvèrent au-dessus d'un œil. Ils se firent décomposer comme à chaque fois qu'on passe devant cette Porte.
« Izumi ! » s'exclama Sigu.
Mais elle disparut en même temps que les frères, sous les yeux stupéfaits et inquiets de tout le monde. La Porte s'était ouverte ? Mais par qui ? Restait-il un homonculus ? Le Père était-il revenu d'entre les morts ? Toujours est-il que tous trois se retrouvèrent entre les mondes. Roy ôta sa faux du cou de la Vérité, et leur fit face.
« Roy me dit que vous avez combattu les homonculus. Et qu'ils avaient l'intention d'ouvrir la Porte que je garde. Est-ce vrai ? » dit-il.
« Oui. Ils voulaient transformer tout le pays en pierre philosophale. » répondit Izumi.
Ni elle ni ses anciens élèves ne comprenaient ce qu'ils faisaient là. Aucune transmutation humaine n'avait été lancée. En tout cas pas à leur connaissance.
« Hm. Je vous dois donc quelque chose. La demande a été effectuée, et sera exécutée. » énonça la vérité.
La décomposition eut lieu une seconde fois. Mais dans le bon sens cette fois. Les organes d'Izumi retrouvèrent leur place dans son ventre, Ed récupéra bras et jambes et Al tout son corps. Ceci fait, ils furent renvoyés dans leur monde. Ils revinrent sur le sol assez tourneboulés. Sigu se précipita vers sa femme, qui se tâtait le ventre.
« Ce n'est plus mou ... » remarqua-t-elle.
« Ed ! Al ! Votre corps … mais comment ... » fit Riza.
« C'est le colonel … je veux dire Roy. Il a demandé à la Vérité de tout nous rendre. » expliqua Ed ahuri.
Il se tourna vers son frère. L'armure était là, mais privée de son casque. Alphonse se trouvait dedans. Il n'avait pas de vêtements. De plus, son corps était faible : tout maigre, les cheveux longs.
« Il faut le faire hospitaliser. » dit Alex.
« Et tu leur expliquera son état ? » contredit sa sœur.
« Ça ira. On va bien s'occuper de lui, et il remontera la pente, pas vrai Al ? » demanda Edward.
« Oui … je vais me réhabituer petit à petit. » répondit le jeune.
Riza se proposa pour les reconduire à Resembool. Edward accepta. On chargea l'armure dans un camion, pendant qu'Ed recouvrait son frère avec son manteau. Hohenheim, Izumi et son mari furent également du voyage. Au village natal des frères, ce fut la surprise de les voir arriver. Winry Rockbell crut d'abord à une réparation, et s'apprêtait à recevoir Ed clé en main. Et pas forcément pour l'automail.
« Désolé Winry, mais il n'y aura plus jamais réparation ! » clama le blond.
Il lui montra son bras de chair. Winry resta ébahie un instant. Et comme chacun se l'était promis, les larmes de la jeune fille furent des larmes de joie. L'état d'Alphonse les inquiéta beaucoup, mais tous se promirent de l'aider à aller mieux. Ed prêta ses vêtements, et l'ado déclara aller déjà mieux. Il avait du mal à marcher en raison de l'état de ses muscles. Le retour à la vie normale ne serait pas facile pour lui. Son corps avait passé tellement de temps à attendre devant la Porte.
« Mlle Hawkeye … » fit Ed.
« Oui ? »
« Si vous revoyez le col … Roy, transmettez-lui … nos remerciements les plus sincères. Sans lui nous n'aurions probablement pas réussi. Il nous a donné une chance de faire des recherches, de nous battre, et finalement c'est lui qui nous a tout redonné. » dit Ed.
Il n'aurait jamais cru dire ça un jour, mais c'était vrai. Le FullMetal devait beaucoup à Mustang. Riza sourit avec tendresse au jeune, et lui promit de tout lui transmettre. Elle ignorait cependant si elle le reverrait. Il était parti sans lui dire au revoir … Hohenheim se tenait au chevet de son fils. Il promit de ne plus les abandonner, pour tout le temps qu'il lui restait à vivre. Il espérait qu'il reverrait son enfant sur pieds et bien portant assez rapidement. Izumi et Sigu furent aussi remerciés par Edward, de les avoir accueillis et enseignés. Il trouva que son maître avait l'air bien plus en forme qu'auparavant. Riza leur proposa de les amener à la gare, ce que le couple accepta gentiment. Une fois devant l'établissement, Izumi lui demanda également de remercier Mustang. Hawkeye promit, sans savoir si elle pourrait tenir cet engagement. Elle prit ensuite le chemin du retour, non pas pour la capitale mais pour la maison de son père. Le trajet se passa tristement, la blonde doutant de revoir un jour le brun.
Durant les jours qui suivirent, Riza fut très occupée par son emménagement. Elle avait pris toutes ses affaires de Central pour les transporter dans la maison de son enfance. Les Gar'en lui avaient fourni tous les meubles, ce qui était une grosse dépense en moins pour elle. Sans parler de la restauration de l'endroit. Hayate se plaisait visiblement plus ici, où il avait un jardin pour gambader à son aise, qu'en appartement. Riza pensait que c'était trop grand pour une seule personne, mais elle ne se voyait pas habiter ailleurs. La nuit tomba, étoilée. Accoudée à sa fenêtre, Riza contemplait le ciel. Son chien se trouvait déjà dans son panier. Soudain, l'animal releva la tête, et poussa un cri de peur. Hawkeye se retourna prestement. La lumière s'alluma dévoilant Roy. Elle soupira de soulagement. Pas Hayate.
« Bonsoir Riza. Navré d'être parti brusquement l'autre jour. Dans mon monde le temps n'existe pas comme ici. » dit-il.
Il avait compté les jours en se basant sur la nuit qui venait pour les novices, mais se demandait si ce calcul n'était pas erroné. Il avait pu se rendre compte avec sa montre que nuit et jour n'avaient pas la même durée qu'à Amestris. Riza referma sa fenêtre, puis se rapprocha de lui. La première chose qu'elle fit fut de tenir sa promesse : elle transmit les remerciements de tout le monde.
« Entendu. Je profite d'une pause dans mon travail pour prendre de vos nouvelles. » reprit Roy.
« Oh ça va. J'ai réaménagé comme vous le voyez. » dit-elle.
« Qu'est-ce qui vous préoccupe ? » demanda-t-il.
Elle le regarda surprise, avant de se rappeler qu'il avait toujours su détecter ses émotions. Ce qui lui arracha un sourire.
« Essentiellement, mon avenir. Je ne sais pas encore dans quoi me reconvertir. »
« Si je me souviens bien vous adoriez les fleurs. Pourquoi ne pas trouver un emploi chez un fleuriste ? »
« Oui … c'est une idée. »
Roy plissa yeux. Il avait comme dans l'idée que ce n'était pas le seul point essentiel.
« Autre chose ? Vous pouvez me parler en toute franchise, je ne suis plus votre supérieur. » rappela Roy.
« Je ne risque pas de l'oublier ! » fit-elle un peu rudement.
Puis voyant la mine étonnée de Mustang, Riza se reprit.
« Je suis désolée. C'est juste que … il semblerait que vous et moi … ne pourrons jamais ... »
« Être ensemble c'est ça ? » compléta Roy.
Elle hocha la tête, les joues rouges. Riza avait tant voulu lui dire ça. Et maintenant que c'était possible, eh ben c'était plus possible. Sans rire.
« Vous n'avez pas tort. Mais vous êtes libre de toute contrainte à présent. J'ai assez gâché votre vie comme ça. » dit-il doucement.
« Ce n'est pas vrai, elle n'a jamais été gâchée ! Sans vous je … je n'avais même pas idée de ce que j'allais devenir ! Je n'avais pas de rêves, pas d'objectifs ! » protesta Riza.
« Mais encore de l'espoir en la vie et dans les gens. Vous vous en seriez sortie de toutes manières. Moi je vous ai emmené dans un chemin teinté de sang et de peur. » continua Roy en fermant les yeux un instant.
« C'est vrai. Mais c'était mon choix. Vous avez tout fait pour me persuader de quitter l'armée après la guerre, et j'ai refusé. J'ai choisi ce chemin en toute connaissance de cause, et de mon plein gré. »
En toute connaissance de cause … Riza serait-elle réellement engagée si elle avait su que la guerre l'attendait ? Si elle avait pu deviner ce qu'elle trouverait comme monstruosité là-dedans ? Peut-être, peut-être pas. Roy sourit, et attrapa une mèche blonde.
« Vous voulez vraiment de moi Riza ? » interrogea-t-il.
Eh bien, son statut de Faucheur l'avait rendu direct au moins. Et assuré, il parlait sans la moindre hésitation.
« Bien sûr, depuis toujours. »
Roy relâcha la mèche de cheveux.
« Riza je suis une Mort Noire. Les Morts ne s'unissent aux vivants que pour ... perpétuer notre espèce on va dire. Ce qui veut dire que si vous et moi avons un enfant, il sera comme moi. Un tueur au début. Et que lorsqu'il aura sept ans, je devrais partir. Car c'est à ce moment-là que sa nature se révèlera. Pour qu'il devienne ce qu'il est censé être, il devra endurer certaines choses seul. Vous êtes prête à supporter ça ? »
Elle baissa les yeux. Elle n'en savait fichtre rien. D'un côté, ça ne pouvait pas être pire que ce qu'elle avait vécu jusqu'ici.
« Est-ce que vous … pourrez revenir de temps en temps ? » interrogea-t-elle.
« Hmmm … il n'y a rien qui l'interdise. Mais à partir de sept ans, mon aura gênera celle du petit. Donc ça se fera sans lui. C'est injuste, cependant il en est ainsi depuis toujours. Et il semblerait que ça ne soit pas si gênant au final. »
Riza esquissa un petit sourire. Cela signifiait-il qu'il acceptait qu'eux deux unissent leur vie finalement ?
« J'aurais beau vous dire d'y réfléchir, rien ne vous y préparera. Il faut vivre pour le comprendre. Mais mine de rien, je vous demande de considérer ce que je viens de vous révéler. » continua Roy.
« D'accord. »
« Sinon, comment ça se passe à Central ? »
« Eh bien … le général Armstrong a bien pris le pouvoir. Ils ne savent plus très bien comment les homonculus ont été vaincus. Mme Bradley est hospitalisée pour dépression. On lui a dit que son mari et son fils avaient été tués par les rebelles. Elle a tout perdu. » raconta Riza.
« Ça devait arriver. Sa vie de femme et de mère n'a été qu'un mensonge. Mais … elle ne le sait pas j'imagine ? » devina Mustang.
« Le général a voulu lui annoncer, mais nous sommes arrivés à la convaincre de garder le silence. La pauvre n'y était pour rien, nous n'avons pas eu le cœur de l'enfoncer davantage. Les coupables sont morts, mais est-ce suffisant ? » expliqua Riza.
« C'est bien mieux que de les savoir tranquillement en liberté, croyez-moi. Nous verrons bien si elle s'en remettra. »
Riza acquiesça. Roy lui annonça ensuite qu'il devait repartir. Il se pencha et l'embrassa sur la joue, ce qui lui remit un peu de baume au cœur. Le brun disparut dans un nuage de fumée noire.
Une semaine après cette visite, Winry vit arriver la silhouette sombre sur le chemin. Quand il fut assez près pour qu'elle le reconnaisse, elle appela Edward. Le blond arriva aussitôt. Roy s'arrêta à un mètre devant lui.
« Bonjour Edward. » fit Roy.
« Bonjour Roy. » répondit-il en imitant son ton.
Le brun sourit. Winry retourna à l'atelier pour les laisser discuter.
« Riza m'a transmis ton petit message. Comment se porte ton frère ? »
« Il reprends des forces chaque jour et … mais vous n'êtes pas venu le chercher au moins ? » s'alarma le blond.
« Non. Je ne m'occupe que des décès avec beaucoup de morts. Mais … n'oublie pas que si ça doit arriver, ça arrivera et tu n'y pourras rien. » répondit Roy.
« Vous êtes d'un rassurant c'est pas croyable. » lança Ed.
« Je me contente d'énoncer la vérité du Grand Cycle. Sais-tu ce que tu vas faire à présent ? » continua Roy.
« Pas encore, je dois m'occuper d'Alphonse. Je donne des coups de main à l'atelier mais à part ça. »
« Tu es jeune, tu as encore le temps. »
Edward hocha la tête. Il regarda Mustang avec l'air de lutter avec lui-même, puis lâcha finalement.
« Mgnzi. »
« Hm ? »
« Merci. Pour tout, pour avoir répondu à ma lettre pour retrouver mon père, être venu ici et m'avoir recruté. Et pour nos corps. » rectifia le blond.
Roy sourit, et lui posa la main sur la tête. Edward afficha un air étonné : c'était un geste affectueux. Personne ne le savait en-dehors d'Al, mais ce n'était pas la première fois que le brun se permettait ce genre d'attention quand le jeune était sous ses ordres. Et même s'il ne l'admettait pas à l'époque, il aimait qu'il le fasse. Lui qui avait manqué de tendresse parentale durant des années … aujourd'hui pour la première fois, Edward sourit à l'adulte pour ce moment-là. Il finit même par le serrer dans ses bras, en le remerciant une dizaine de fois. Roy fut franchement surpris de cette étreinte, surtout connaissant le caractère fier et sauvage d'Edward. Ce qui n'empêcha pas le Faucheur de lui rendre la pareille.
« Je crois qu'Al aimerait vous voir. » reprit l'ado en s'écartant.
« Eh bien, pourquoi pas. » accepta Roy.
Ed le précéda dans la maison. En passant, ils saluèrent Mamie Pinako. La grand-mère exprima également sa reconnaissance à l'égard du brun. Une fois devant la chambre d'Alphonse, l'aîné toqua.
« Entrez ! » fit le jeune.
« Regarde qui nous rends visite. » annonça Ed.
« Col … euh Roy ! » s'exclama Alphonse.
Il était ravi de le revoir. Hohenheim adressa un bonjour au brun qui lui rendit. Puis la Mort Noire reporta son attention sur l'adolescent, assis en tailleur sur son lit. Il avait reprit des couleurs et s'était un peu remplumé. Malgré cela, Alphonse demeurait trop maigre pour son âge. Ses cheveux avaient été coupés.
« Je viens voir comment tu te sens. » annonça Roy.
« Ça va de mieux en mieux chaque jour. J'arrive à marcher un peu, pas longtemps mais c'est un bon début. »
Roy hocha la tête. Al lui formula également sa reconnaissance, ce qui amusa quelque peu le Faucheur. Ce n'était pas tout le monde qui avait ce genre d'attitude envers la mort. Enfin c'était agréable tout de même.
« Je dois aussi vous dire merci de vous être occupés de mes enfants. D'après ce que je sais, vous êtes le seul à avoir répondu à leur appel. Grâce à vous, ils ont pu réparer leur erreur. » fit Hohenheim.
« Je vous en prie. » répondit Roy.
Le père le remercia également d'avoir défait les homonculus. Roy resta un moment à bavarder avec la famille, puis prit congé après avoir ébouriffé une dernière fois les cheveux des enfants. Hohenheim s'étonna de voir son aîné sourire : Ed n'appréciait généralement pas qu'on touche à ses cheveux. Le brun pour sa part, alla rendre une dernière visite. Au couple Curtis. Ayant moins d'affinités avec eux, cela ne dura pas plus de cinq minutes. Il rentra ensuite dans son monde. Quelques jours plus tard, Riza le découvrit à la porte de sa cuisine.
« Oh bonjour ! J'allais passer à table, vous voulez une assiette ? » dit-elle.
« Ce n'est pas nécessaire. Je n'en ai plus besoin. »
Néanmoins, il vint lui tenir compagnie. Riza avait suivi son conseil et avait trouvé une place dans une boutique de fleurs. Le temps passa ainsi. Roy venait rendre visite à la jeune femme chaque fois qu'il avait du temps libre, même à son lieu de travail. Il s'aperçut d'ailleurs qu'on la courtisait déjà. Le brun qui avait le nez dans une rose, décida de montrer clairement à ce prétendant qu'il s'aventurait en terrain dangereux, voire mortel. Il changea l'extrémité de la tige en pointe, puis la lança. Elle se ficha dans un pilier, juste devant le nez de l'homme. Ce denier regarda de qui un tel projectile pouvait bien venir. Il croisa les orbes brûlantes de Roy. L'homme déglutit, puis décida de s'en aller sans demander son reste. Riza, remarquant la scène, ne put s'empêcher de rougir et sourire. Il semblerait que le séduisant Faucheur tienne à elle. La blonde décrocha la rose, et se rendit auprès de lui.
« Évitez de m'abîmer la boutique. » dit-elle en lui redonnant la fleur.
« J'y penserais à l'occasion. »
Roy lui prit la main et l'embrassa. Riza rougit et retourna à son travail. Leur relation se construisait petit à petit.
