Auteure de Because Of A Boy : cutestkidsmom
Traductrice de la version française À cause d'un garçon : Milk40
Merci pour tous vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre Quatorze : Soirée pasta (point de vue d'Emmett)
Bella n'est même pas encore dans la voiture que Seb saute sur le tabouret et commence à ouvrir les boîtes de pâtes.
« Hey, mon grand, pas si vite. On va les cuire, ces pâtes, mais d'abord il faut se laver les mains. »
Sébastien fait la moue mais glisse du tabouret et se rend à la salle de bain. Il lave ses mains consciencieusement et je fais la même chose.
Il grimpe de nouveau sur le tabouret et se met à déchirer les boîtes pour les ouvrir.
« Hey, Seb, nous devons suivre les règles. La première règle était de se laver les mains. » Nous levons nos mains et hochons la tête. « C'est fait. »
« Qu'est-ce qui vient ensuite, M. Emmett ? »
« Ensuite nous avons besoin de trois marmites remplies d'eau. » Seb m'indique l'armoire à côté de la cuisinière.
« Maman fouille toujours là-dedans pour trouver les ustensiles de cuisson. Ça clinque et ça fait tout un raffut, alors je l'entends jurer, et puis les grosses marmites se mettent à tomber. Donc je pense que ce qu'il nous faut se trouve là. »
Je ris et j'ouvre l'armoire. Effectivement, elle contient une dizaine de marmites de différentes grandeurs.
« Bon travail, Seb. » Il sourit. « Maintenant remplissons-les. »
Seb s'empare d'un petit escabeau et le porte à l'évier. Il monte dessus et tourne le robinet d'eau froide. « La première marmite, s'il vous plaît, M. Emmett. »
Je la lui donne et il la remplit. Elle est trop lourde pour lui, alors je la transporte jusqu'à la cuisinière. Je fais la même chose avec les deux autres marmites et j'allume trois brûleurs. Quand je me retourne, je vois Seb qui tient un grand tablier.
« Quoi ? » Je demande avec curiosité.
« Il faut que vous mettiez ça. Maman le porte toujours. Ça garde ses vêtements propres et jolis. »
Je prends le tablier et je l'enfile. Je m'amuse à battre des cils et à reposer mes mains sur ma joue. D'une voix de soprano, j'imite Bella. « Est-ce que je suis joli, Sébastien ? »
Il rit très fort. « Vous êtes drôle, M. Emmett. »
Je hausse les épaules et j'ouvre le réfrigérateur. À l'intérieur, il y a un grand bol de métal recouvert de papier d'aluminium.
« Bon, Seb, je suis vraiment nul pour faire de la sauce pour les pâtes, alors j'ai demandé à ta mère de la préparer. » Je sors le bol.
« Il faut que nous la mettions dans une autre marmite pour la réchauffer. »
Il acquiesce et va dans l'armoire. Il en sort une casserole de taille moyenne. « Est-ce que celle-là convient ? »
« Parfait, excellent boulot, mon pote. » Je verse la sauce dans la casserole et je la place sur le quatrième élément chauffant de la cuisinière.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Demande Seb.
« Eh bien, on doit attendre que la sauce fasse des bulles, et que l'eau dans les autres marmites bouillonne. »
« Et ensuite ? »
« On va mettre les pâtes dans l'eau bouillante et les remuer de temps en temps. »
« D'accord, et après ? » Il me regarde avec une réelle curiosité.
« Quand les pâtes seront cuites à point, on va les égoutter. »
« Et ensuite ? »
« On va mettre les pâtes dans un grand bol, les mélanger avec la sauce et le fromage, et ensuite, bonan apetiton. »
Seb pouffe de rire. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »
« Bonan apetiton ? » Il acquiesce. « Ça veut dire bon appétit en espéranto. »
Son visage se chiffonne. « Mais nous mangeons de la nourriture italienne ce soir. »
Je ris. « C'est vrai. »
« Alors comment le dirait-on en italien ? »
« Un peu de la même façon : buon appetito. »
Il sourit et opine. « Ok. »
Quand l'eau bouille, je soulève Seb et, très lentement, il commence à verser les pennes, puis les farfalles, et ensuite nous cassons les spaghettis en moitiés et nous les mettons dans la dernière casserole.
Ensemble nous remuons les pâtes, et nous attendons.
« Alors, Seb, il te plaît bien, Edward ? » Je demande, pas pour fouiner dans la vie privée de Bella, mais pour voir ce que Seb pense vraiment de tout ça.
« Oh oui, il est super cool. Je l'aime énormément, tu sais. » Ses yeux sont rivés sur la marmite pendant qu'il en remue le contenu.
« Vraiment ? Tu l'aimes à ce point ? »
« Oui, Edward m'a dit ce qu'est l'amour. Et c'est ça que je ressens. »
Je souris. « C'est tellement formidable. »
Quand les pâtes sont cuites, nous les égouttons et commençons à préparer tous les bols. « Très bien, tu veux une louche de chacune ? »
« Oui, s'il vous plaît. »
Je sors deux assiettes, j'y mets les pâtes mélangées à la sauce, je nous sers un verre d'eau à chacun, et nous nous assoyons au comptoir à petit déjeuner.
« Est-ce qu'on peut préparer trois assiettes pour maman, pour qu'elle puisse goûter les pâtes elle aussi ? » Demande Seb en engloutissant une bouchée de pâtes dans sa bouche.
« Sûr, mon grand. » Je lui tends une serviette de table. « Ralentis, personne ne va te voler ton repas. »
Il pouffe de rire et continue à manger.
« Alors, est-ce que tu t'amuses avec ton père ? » J'enroule les spaghettis autour de ma fourchette pour les manger. La sauce est succulente. Bella est une cuisinière absolument géniale.
« Ouaip. »
« Juste ouaip ? Quel genre de choses faites-vous ? »
Il me regarde avec une expression profondément concentrée, et hausse les épaules. « Avez-vous une petite amie, M. Emmett ? » D'accord, changement de sujet.
« Non, mon grand, je n'en ai pas. »
« Pourquoi ? »
Je hausse les épaules. « Je ne sais pas, vraiment. »
Il se penche vers moi et me renifle. « Vous sentez bon, vous n'empestez pas. »
« Merci. » Je glousse.
« Vous arrive-t-il de dire des gros mots ou de fumer des cigarettes ? » Il finit ses pennes et tourne son assiette pour entamer ses farfalles.
« Pas du tout, je ne fume jamais. Et j'ai dit des gros mots par le passé, mais j'essaye de ne plus le faire. »
« Bien. Les cigarettes sont répugnantes et elles sentent mauvais. Si vous en fumiez, vous sentiriez mauvais vous aussi. »
Je prends une gorgée de mon eau.
« La copine de maman est tellement jolie. Je parie qu'elle aimerait être votre petite amie. »
Je m'étouffe un peu avec mon eau, mais je récupère rapidement. « Est-ce que tu essayes de me brancher ? »
Il secoue la tête. « Vous brancher ? Comme un appareil électrique ? »
« Non, je veux dire, me connecter ? »
Il rit. « Ces deux mots veulent dire la même chose. »
« Oublie ça, et parle-moi de la copine de ta maman. » Seb est un enfant très intelligent qui interprète tout littéralement.
« Elle s'appelle Rose, et elle est très jolie. Elle sent bon aussi. »
« J'aime son prénom, j'aime les jolies personnes, et le fait qu'elle sente bon est aussi un plus. Alors, est-ce qu'elle vient ici souvent ? » Je termine mes pâtes pendant que Seb tourne son assiette encore une fois pour manger la dernière sorte de pâtes.
« Elle ne vient pas ici, elle travaille dans un grand magasin où ma mère se rend pour habiller d'autres personnes. » Il hausse les épaules.
« Est-ce que ce magasin a un nom ? » J'avale le reste de mon eau.
« Bien sûr, gros bêta, tous les magasins ont des noms. »
J'émets un petit rire. « Tu as raison. Est-ce que tu connais le nom du magasin où Rose travaille ? »
Il tape sa fourchette contre son assiette, et son visage se chiffonne à nouveau. Il réfléchit. Tout à coup, ses yeux s'agrandissent. « Burgerdorks ! » S'écrie-t-il.
« Burgerdorks ? » Je n'ai jamais entendu parler de cet endroit.
« Oui, c'est un magasin qui vend de très beaux vêtements, et beaucoup de choses brillantes aussi. Maman aime leurs bijoux. »
J'essaye de penser à tous les magasins de luxe de la ville.
« Seb, tu es sûr que cet endroit s'appelle Burgerdorks ? » Il acquiesce.
Puis ça me frappe. « Veux-tu dire Bergdorf's ? »
Il sourit. « Oui, c'est ça. »
Je ris de façon hystérique. « Tu es hilarant, gamin. »
Il se contente de hausser les épaules et termine ses pâtes.
Par la suite, il m'aide à débarrasser le comptoir, et nous préparons les trois plats pour sa mère. Puis nous lavons la vaisselle et nous nous assurons que la cuisine est reluisante de propreté.
« Très bien, Seb, selon la liste de ta mère que j'ai ici, tu as la permission de regarder la télévision, lire un livre ou faire un bricolage pendant une demi-heure. Que choisis-tu ? »
Il regarde le téléviseur. « On peut regarder un film. »
« Nous n'avons qu'une demi-heure, mon pote. Ensuite tu dois te préparer pour te mettre au lit. »
Il se gratte la tête. « Allez-vous dessiner avec moi ? »
« Absolument. Je suis le meilleur dessinateur au monde. » Je sors du papier et des crayons du bac étiqueté 'Fournitures d'art de Seb.'
« Maman dit que je suis le meilleur. » Il rit.
« Pouvons-nous tous les deux être les meilleurs ? »
Il hoche la tête. « D'accord, M. Emmett. »
Je choisis de dessiner un dragon, parce que je trouve que les dragons sont la chose la plus spectaculaire à dessiner. Je regarde la feuille de papier de Seb et je vois qu'il a dessiné la ligne d'horizon de toute la ville de New York. Je peux distinguer tous les immeubles et le pont. C'est une œuvre d'art.
« Wow, Seb, c'est stupéfiant. »
Il sourit. « Merci. » Il regarde mon dessin, et soudain je me sens embarrassé par mon dragon à l'allure pitoyable.
« J'aime votre dinosaure, » dit-il.
« Merci, » je marmonne. Je mets mon dessin de côté et je me concentre sur ce que Seb fait.
Sa langue est sortie et il pince les lèvres, le front plissé et les yeux rivés sur son dessin.
« Voilà, j'ai fini, » déclare-t-il quand il a parachevé son chef-d'œuvre.
« Wow, j'aime vraiment beaucoup ton dessin, Seb. »
« Alors vous pouvez l'avoir, M. Emmett. »
Je souris. « Merci, mon grand. »
Il tend les bras vers moi mais s'arrête. « Est-ce que je peux avoir un câlin ? »
« Oui, Seb, tu peux, et je suis vraiment très content que tu me le demandes. »
Il hoche la tête et me serre dans ses bras.
« Je sais, ce n'est pas tout le monde qui aime les câlins. Il faut que je le demande. »
Je tapote son dos. « C'est ça, tu as compris. »
Nous nous séparons. « Ok, prochaine chose sur la liste. » Je sors le morceau de papier de ma poche arrière et je le lis. « La routine du dodo, mon grand, tu la connais ? »
« Ouaip. » Il saute de son siège et je le suis en haut des escaliers.
Nous nous rendons à la salle de bain et il se tourne vers moi. « Je peux faire cette partie-là tout seul, M. Emmett. »
Je lève les mains en signe de reddition. « Entendu, mon pote, je vais juste t'attendre dans ta chambre. »
« Ok, mais pouvez-vous ne pas vous asseoir sur mon lit ? »
J'acquiesce. « Sûr, pas de problème. »
Il fait ce qu'il a à faire, et j'entre dans sa chambre. C'est exactement comme je l'imaginais. Simple.
Je me dirige vers sa bibliothèque et je parcours les titres des livres. Il y en a de toutes les sortes.
« Vouliez-vous choisir mon histoire, M. Emmett ? » Je sursaute légèrement, ne l'ayant pas entendu entrer.
« Est-ce que c'est ce que fait ta mère en temps normal ? » Je m'enquiers alors qu'il se dirige vers sa commode et en sort un pyjama.
« Non, c'est toujours moi qui choisis. »
« Alors pourquoi me le demandes-tu, Seb ? »
Il hausse les épaules. « Je voulais juste savoir si vous vouliez le faire. J'aimerais lire L'arbre généreux ce soir. »
Je ris. « D'accord. »
« Euh… M. Emmett ? »
« Oui, mon grand ? » Je dis en cherchant le livre qu'il veut dans l'étagère.
« Est-ce que je peux me changer ? »
Je me retourne et je le vois qui tient son pyjama bien en évidence.
« Bien sûr. » Je souris et me faufile hors de sa chambre.
Une minute plus tard, il ouvre la porte. « Tu es prêt ? »
Il opine et me tend le livre.
« Maman classe mes livres par auteurs, » dit-il en se glissant dans son lit.
Je m'assois sur la chaise à côté de son lit et j'ouvre le livre. Seb me regarde avec émerveillement pendant que je lui fais la lecture. Chaque page montre une émotion différente. Quand j'ai terminé, je ferme le livre et lui souris.
« Je ne sais pas si j'aime cette histoire, » dit-il.
« Oh ? Pourquoi ? »
« Le garçon a tué l'arbre. »
« Est-ce comme ça que tu vois ça, Seb ? »
Il hoche la tête. « Et il a cessé de jouer avec l'arbre. »
« Mais l'arbre l'aimait tellement, il était prêt à lui donner tout ce qu'il avait. Et il l'attendait indéfiniment. Son bonheur était tout ce qu'il voulait en retour. Exactement comme ce que ta mère ferait pour toi. »
Il secoue la tête. « Je ne tuerais jamais ma maman. »
« Je sais que tu ne le ferais pas, mais c'est une histoire d'amour. À la fin, ils sont là l'un pour l'autre. »
Il hausse les épaules. « Je suppose, mais je n'aime pas le garçon. Il n'est pas très gentil. Je ne serais pas son ami. »
« Pourquoi ? »
« Parce que si j'étais son ami, il finirait par s'asseoir sur moi quand je n'aurais plus rien à lui donner. »
Je glousse. C'est l'un des enfants les plus intelligents que j'ai jamais rencontrés. « Le perçois-tu comme un tyran, Seb ? »
Il hoche la tête.
« Je vois. » Je me lève et je vais remettre le livre à sa place dans la bibliothèque. « Je ne vais laisser personne s'asseoir sur toi, Seb, je le promets. »
Il sourit. « Je n'aime toujours pas le garçon, » dit-il, et je ris.
« D'accord. »
Je le borde étroitement, j'allume sa veilleuse, et je ferme la porte.
Je retourne en bas, m'installe sur le divan, et je vérifie comment mes équipes ont joué aujourd'hui.
Lorsque j'entends le cliquetis des clés, je me dirige dans le couloir et je m'appuie contre le mur. Quand Bella entre, la première chose que je remarque est son sourire rayonnant. La deuxième chose est l'éclat magnifique qui émane d'elle.
Qui que soit cet Edward, il la rend heureuse. Finalement.
Joyeuses Pâques, et à la semaine prochaine.
Milk
