Guest des bises : Ta review m'a bien fait rire, merci :D (je suis contente que la petite intro merdique et sadique ait marché x')) *regard brillant* Le plan de Regina était tordu mais je voulais qu'elle fasse quelque chose d'aussi symbolique qu'Emma dans le final... Et oui, c'est reparti pour un tour ! :D

Raphi5930 : J'espère que la suite sera à la hauteur :D Voilà un chapitre sans mon humour sadique ;)

Bonne lecture !


Merlin marmonna quelques mots obscurs dans sa barbe et fit définitivement disparaître les dernières blessures du roi et du chevalier. La guérison était plus rapide si les deux cœurs s'apaisaient en même temps. Le roi les invita dans la salle des banquets où une immense cheminée ronronnait, d'écarlate et apaisante, afin d'amoindrir la froideur de cette pièce aux murs de pierres et au haut plafond.

Arthur se posa sur une chaise en bout de table. Séraphin prit naturellement place sur un siège à sa droite comme il avait l'habitude de le faire. Merlin s'installa à gauche de son roi et lissa sa longue barbe blanche d'un air soucieux. Emma s'assit à côté de Séraphin et Regina tira une chaise à droite d'Emma. Les plats furent apportés par les servants du château dont les cuisines regorgeaient toujours de victuailles succulentes à toute heure. Séraphin engloutit une bonne partie des mets, mangeant comme deux, mais les quatre autres ne touchèrent pas à leurs assiettes, se préoccupant davantage de la conversation à venir.

- « Contre qui êtes-vous en guerre ?, demanda Regina.

- Un peuple à la frontière Nord, répondit le roi Arthur. Il leur arrive de nous attaquer pour piller les terres de leurs richesses. Mais à présent, c'est différent.

- Pourquoi ?, s'intéressa Emma.

- Le peuple du Nord a changé. Leur chef a changé. C'est cet homme au teint grisâtre qui a tenté par plusieurs de fois de s'introduire dans le château. » dit Arthur à Séraphin.

Séraphin se désintéressa de son plat. Les propos d'Arthur semblaient avoir suscité quelques interrogations de sa part :

- « Ferréol ?, s'étonna le chevalier. Mais nous l'avons chassé à maintes reprises. Il a tenté de te tuer ?

- Il ne m'a jamais approché de si près pour que je puisses m'en assurer, répondit Arthur. Mais c'est ce que j'ose croire, sinon pourquoi s'attaquer à la tour de mes appartements ? »

Séraphin se rappelait sans peine cet homme qui avait cherché à braver l'enceinte du château et ce, depuis le couronnement du roi Arthur. Le chevalier poursuivit :

- « Et Excalibur ?

- Il l'a fondue autour de sa main, répondit le roi.

- Quoi ? »

Arthur et Séraphin tournèrent la tête vers Emma qui s'étonnait ouvertement de l'histoire de cette épée.

- « Il a fondu Excalibur autour de sa main, répéta Arthur d'une voix calme.

- Et Morgane ?, demanda Emma. C'est quoi son rôle ?

- Elle l'aide à lever sa petite armée contre nous. Je sais qu'Hadès la tient en haute estime mais j'ignore quels sont leurs liens.

- L'armée en question, de combien d'hommes se compose-t-elle ?, demanda Regina.

- vingt-quatre, répondit Arthur d'un air grave. Le vingt-cinquième est Ferréol. »

Regina se moqua de la petitesse de l'armée. Arthur se redressa et son regard se fit plus dur. Séraphin se tourna vers son roi, assimilant ses paroles au fur et à mesure qu'elles franchissaient ses lèvres.

« Ils sont insensible à nos attaques. Nos épées les frappent sans les pourfendre. Ferréol a Excalibur en sa possession ce qui en fait un ennemi redoutable apte à mettre le royaume à genoux. Ces hommes sont de plomb, conclut Arthur. Concernant Morgane, elle glace mes troupes dans une peur monstrueuse qui les afflige plus que la mort. Elle errait ici et là sans se trouver de véritable ennemi. Elle m'a montrée comment braver mes peurs. Mais récemment, elle se dresse contre nous. »

Emma plissa les yeux, interloquée par les propos du roi. Mais Regina s'attarda davantage sur le silence de Merlin. Si elle le devinait comme un vieux sage qui n'intervenait que pour souffler des paroles grandioses, elle restait suspicieuse. Sentant le regard de la brune se faire insistant, Merlin se racla la gorge.

- « Si nous abattons Ferréol, les autres tomberont avec lui. Il les contrôle et il manipule Morgane. Tout rentrera dans l'ordre lorsqu'il sera détruit, avança l'enchanteur.

- On peut pas simplement arrêter ce type ?, demanda Emma. Pourquoi vous parlez de le détruire ? Il vous a fait quelque chose ? »

Emma n'avait jamais porté Merlin dans son cœur. Elle le jugeait déjà arrogant pour avoir cherché à enfermer les ténèbres, imbu de sa personne pour avoir créé la plume et l'encre. De plus, Merlin avait tenté d'extraire les ténèbres en son cœur et elle n'avait pas manqué de remarquer son air vindicatif lorsqu'il avait lancé le sort.

L'air impassible et distant de Merlin rendait son discours d'autant plus dur. Il était glacial. Regina faisait vaquer son regard entre Emma et l'enchanteur et croyait bien deviner les pensées qui se formulaient derrière l'expression de la blonde.

- « Comment savez-vous que ça mettra fin à la guerre ?, continua Emma.

- Je sais beaucoup de choses, répliqua Merlin dans une réponse brumeuse.

- Vous n'avez jamais fait mention de Ferréol ainsi jusqu'alors, pointa Séraphin. Pourquoi se montrer si drastique ?

- Le royaume est menacé par ces soldats et Morgane. Il devient pressant d'y mettre fin » se défendit Merlin.

Arthur se leva brusquement. Il dégaina une petite dague du fourreau attaché à sa ceinture. Il planta la lame dans la table.

« S'il y a une traitrise de votre part, j'enfoncerai moi-même le fer dans votre cœur. » le mit en garde Arthur.

Il n'avait nul besoin d'Excalibur pour se dresser contre Merlin. L'enchanteur avait été de bon conseil mais toujours mystérieux et insaisissable. Arthur ne le craignait pas et savait Séraphin de son côté, prompt à l'aider.

Merlin regarda le roi par-dessus ses lunettes, le mine soudain assombrie. Séraphin se leva et la lueur dorée de ses yeux rappela au magicien le risque qu'il encourait à porter la main sur Arthur.

- « J'ai failli mourir à cause de votre merveilleuse dague, accusa Emma. Si vous savez un truc, la moindre des choses, ce serait de nous en informer.

- ...Le Ténébreux n'était pas mon premier essai pour enfermer les ténèbres » souffla Merlin à travers sa barbe blanche.

Le silence se fit : tous attendaient qu'il poursuive et crache les informations qu'il détenait.

« J'ai tenté d'enfermer les ténèbres dans le plomb mais la magie est imprévisible et cela a donné naissance à Ferréol. Il n'a jamais cherché à s'en prendre à vous, dit-il à Arthur. La personne qu'il cherchait à atteindre c'est moi. »


Merlin marchait en tête et sa robe bleue tranchait au milieu des arbres. Séraphin se frayait habillement un chemin parmi les arbres. Les cornes de sa tête frôlaient parfois les branches des arbres et sa queue éraflait les troncs de ses écailles. Arthur marchait à côté de lui et soutenait son allure rapide malgré la lourde armure qui le couvrait.

Emma et Regina fermait la marche.

- « Séraphin n'aurait pas accepté de repartir sans aider Arthur, répéta Emma. Leur but et celui d'Hadès se rejoignent.

- Je me méfie simplement de cette Morgane dont on ne sait rien. Même le vieillard souffreteux n'a rien pu nous dire, lança Regina en désignant Merlin d'un geste de la main.

- Séraphin a dit avoir vu Cerbère tourner dans la forêt. Ils ont dû la trouver et il ne reste plus que les soldats. Ça ne devrait pas trop durer.

- Tu supposes, tu n'en sais rien.

- Il y en a d'autres. »

Regina roula des yeux et balaya de la main cette réplique qui lui était destinée personnellement. Ils s'arrêtèrent au cœur de la forêt. Le silence était étrangement préservé en ce lieu qui regorgeait de vie. Cerbère surgit de l'ombre et atterrit avec lourdeur à quelques mètres d'eux. Emma se décala d'un pas et se plaça devant Regina : elle espérait bien tirer parti de son amitié qui la liait à Hadès et acheter la grâce du gardien à trois têtes. Cerbère grogna et courba l'échine en reconnaissant Séraphin, près à bondir. Pourtant les trois têtes semblèrent accuser un léger coup sur la truffe qui les fit taire. Cerbère éternua puis se calma.

L'herbe se coucha à intervalle régulier et quelque chose poussa les branches qui lui barrait le chemin. Séraphin balaya les environs de son regard perçant, près à faire flamber un brasier au moindre mouvement suspect. Arthur brandit l'épée devant lui et Merlin resta calme. Emma et Regina étaient sur leurs gardes... La blonde leva ses paumes devant elle... Puis elle se détendit sitôt qu'elle le reconnu.

L'homme ôta son casque et devint visible aux yeux de tous. Il tourna son regard bleu et souriant vers Emma qui était heureuse de le croiser sans avoir à retourner dans les bas fonds de l'au-delà. Hadès planta son sceptre dans la terre et s'appuya contre ce dernier. Il avait des allures de berger, appuyé ainsi et vêtu de cette longue toge sombre. Cependant, son air nonchalant était trompeur. Il était crispé, sa mâchoire était serrée et son regard crépitait d'étincelles d'un bleu sombre. Hadès était tourné vers Merlin qui ne défaisait pas de son air calme et serein.

« Espèce de vieux bouc décrépi..., siffla le seigneur des morts entre ses dents. Qu'est-ce que tu as fait ? »

Il détachait ses mots et les jetaient à Merlin de la même manière qu'il aurait pu le faire avec des pierres. L'assistance suivait l'échange du regard, sans oser interrompre Hadès.

« Je devrais t'envoyer croupir dans le Tartare. » cracha Hadès d'une colère glaciale.

Emma ne cilla pas mais Regina tressaillit en entendant le nom de sa dernière demeure. L'enchanteur dut marmonner quelque chose mais seule sa barbe bougea sans laisser ouïr un seul traire mot. Hadès donna un coup sec dans le sol terreux et pourtant un bruit grave et rond s'étendit comme une vague à leurs oreilles. Peu après, ils entendirent un son métallique souffler et crachoter, cliqueter à intervalle régulier et chaotique. On aurait dit le brouhaha infernal d'une machine. La locomotive du cœur s'ébranlait et raisonnait d'un bruit toujours plus assourdissant.

Emma savait qu'Hadès ne pouvait qu'écouter les cœurs. Ceci la laissait qu'autant plus perplexe quant à cette mélodie mécanique.

- « Qu'est-ce que c'est que ça ?, interrogea Hadès d'un regard dur.

- Je n'ai fait qu'essayer de sauver l'humanité des ténèbres, répliqua Merlin en le défiant à son tour.

- Oh mais quel noble projet..., se moqua le roi des Enfers. Je ne savais pas que j'avais un dieu devant moi... Ôte-moi un léger doute : tout ce que tu touches ne se transforme pas en or n'est-ce pas ? »

Hadès s'avança d'un pas, défiant Merlin de toute sa hauteur. Merlin aurait pu faire face à la mort elle-même, qu'il n'en aurait pas été plus impressionné qu'il ne l'était. Le vieil homme semblait rapetisser devant la grandeur des Enfers.

Hadès se baissa vers lui, s'approchant si près que leurs nez se touchaient presque. Il souffla si bas que Merlin fut le seul à pouvoir l'entendre :

« Cette chose est un monstre... Je ne te pardonnerai jamais ce que tu leur as fait endurer. »

Il se redressa et regarda Arthur et Séraphin :

« Je vous laisse vous occuper de Ferréol. Cerbère vous portera assistance. »

Il désigna l'imposant chien dont des gouttes de bave perlaient de ses babines. Hadès lui donna ses ordres et s'assura que Cerbère ne cherche pas à en découdre une bonne fois pour toutes avec Séraphin. Hadès retrouva son visage souriant en posant ses yeux sur Emma dont il découvrait l'émeraude de son regard.

- « Mon petit coup de foudre... Je suis surpris de te revoir si vite.

- Il fallait bien que je paye mes dernières dettes » lança Emma.

Hadès hocha la tête, heureux de retrouver une amie. Il lui était si rare de se trouver si bien entouré. Il cacha son émotion derrière son habituel sourire.

« Faites bien attention à vous, dit-il en regardant Emma et Regina. Il serait bête de mourir si vite... Je laisse les soldats à votre bon soin. Je vous interdis de toucher à Morgane. Elle est à moi. »

Sa voix, chantante et amusée, se fit plus autoritaire. Emma et Regina acquiescèrent.

Soudain une détonation déchira l'air et Emma sentit quelque chose la frôler. Séraphin rugit et Cerbère aboya, tournant ses têtes vers le sol en quête de ses futures proies. Hadès se coiffa de son casque, un voile le couvrit et il disparut aux yeux de tous. Des soldats surgirent de l'ombre des arbres, mettant en joue leurs fusils. Ils se déplacèrent avec lourdeur. Leur uniforme d'un bleu gris laissaient entrevoir parfois la couleur du plomb. La couleur de leur visage se morcelait dans un camaïeu métallique. Leurs yeux étaient d'un gris brillant. Ils prirent connaissance de leurs ennemis et ajustèrent leur position.

Quelques soldats se détachèrent du corps de leur petite armée et encerclèrent Cerbère. Leurs balles ricochaient contre la peau épaisse du gardien des Enfers mais certaines parvenaient à transpercer sa cuirasse de poils et de peau. Les têtes jappaient, grognaient et se baissaient pour happer les soldats. Les hommes de plomb craquaient sous les crocs de la bête mais Cerbère ne parvenaient pas à en venir à bout. Il essaya de repousser ses autres assaillants qui transperçaient ses pattes de la pointe de leurs baïonnettes.

Séraphin noya les soldats qui s'en prenait à lui dans un nuage de cendres. Il se fraya un chemin parmi eux et les érafla de ses écailles acérées. Le dragon de nacre attrapa un soldat dans ses puissantes mâchoire et le lança au loin. Séraphin en écrasa un autre de ses pattes et ouvrit la gueule. Des flammes d'un rouge presque bleue s'élevèrent, faisant fondre l'air et pleurer les assaillants de plomb.

Arthur abattit son épée sur la tête d'un soldat qui essayait de s'attaquer à Séraphin en le prenant par derrière. La lame de l'épée vibra contre le corps de plomb sans le pourfendre. Le soldat changea donc de rival et essaya de viser le cœur d'Arthur. Le roi démontrait son habilité à l'épée et entaillait le canon de l'arme tout en prenant garde à ne pas rester trop longtemps sur le trajectoire d'une balle éventuelle. Un autre soldat s'en alla aider le premier et Arthur dut rivaliser d'ingéniosité pour se dérober aux baïonnettes qui sifflaient. Arthur accusa la pointe d'un des soldat dans sa poitrine. Il ôta la lame de plomb et tenta d'éloigner ses ennemis avec son épée. Arthur grogna de douleur et Séraphin rugit, sentant la même douleur se répandre dans son corps.

Arthur se baissa. Séraphin utilisa sa queue hérissée d'écailles dont la blancheur rappelait autant de lames. Il en fendit l'air et balaya les deux soldats qui tenaient le roi Arthur à leur merci. Séraphin protégea son roi entre ses pattes et ce fut au tour de Cerbère de se dresser entre le dragon et les soldats de métal.

Emma et Regina œuvraient de leurs côtés en usant de leur magie conjointement. Les soldats étaient frappés de plein fouet et tombaient lourdement au sol. La magie tissait des liens d'argent et de rouge et lacéraient les soldats. Elles réussissaient à faire fondre le plomb mais le corps des soldats résistait avec ardeur.

Soudain une explosion retentit. Son souffle souleva des gerbes de terres, faisant naitre la fumée et la poussière. Les rougeur des flammes de Séraphin parvint à peine à percer le nuage opaque. Regina s'éloigna et se cacha derrière un arbre. Emma la suivit et se dissimula dans les branchages, quelques mètres plus loin : il ne servait à rien de rester ainsi aux mains de leurs ennemis. Ce temps de répit leur permettrait de prendre connaissance de la situation et d'ajuster leurs attaques.

Emma remarqua un bruit suspect. Elle s'arrêta. Elle tendit l'oreille et entendit de nouveau des pleurs. Elle s'apprêtait à appeler Regina puis hésita : elle ne devrait pas en avoir pour longtemps. Emma aperçut un nuage violet envelopper et faire disparaître un soldat qui acharnait à tirer ses balles dans la chair de Cerbère. Emma s'éloigna un peu et chercha la provenance des pleurs, tout en restant aux aguets. Elle trouva une petite fille recroqueviller sur elle-même, le tête enfouie dans ses bras, contre le tronc d'un arbre.

Emma s'approcha doucement, craignant de l'effrayer ou t'attirer leurs ennemis.

« Hey... », l'appela-t-elle doucement.

La petite fille continua de pleurer et Emma se voyait que son petit corps fragile et ses longs cheveux d'un noir de jais. Elle était frêle et essayait de se faire la plus petite possible, comme si elle souhaitait disparaître.


Merlin s'était éloigné du cœur de la bataille d'un pas silencieux. Il guettait sa présence derrière les arbres mais il ne l'apercevait toujours pas. Il prit place sur un rocher et attendit patiemment. Les aboiements de Cerbère, les rugissements de Séraphin déchiraient l'air, entrecoupés par le sifflement des balles et l'enchanteur semblait ne pas s'en émouvoir.

Son apparition ne se fit pas attendre plus longtemps. Il écarta les branches de la pointe de son épée et s'avança vers Merlin. Le vieil homme regarda l'homme sans ciller.

La pointe de l'épée de bronze trainait tristement sur le sol. Son poing était soudé autour du pommeau d'Excalibur. Le vingt-cinquième soldat se différenciait des autres de par son apparence. Son uniforme et le fusil dans son dos était en tout point semblable à celui de ses compagnons d'armes et de ses frères. Sa peau était plus colorée, plus humaine. Ses yeux était d'un gris brillant, débordant d'humanité mais noyé dans des ténèbres nébuleuses et sirupeuses.

- « Ferréol, le salua inutilement Merlin.

- Tuez-moi, exigea le soldat en levant son bras au bout duquel était figé Excalibur.

- Je ne peux pas. »

Ferréol leva Excalibur et dans le but de dévoiler son pouvoir, il scinda un arbre au tronc large d'un seul coup. L'arbre tomba dans un bruit sourd sur le sol. Merlin resta tout aussi calme, d'un calme insolent.

- « Tuez-moi, ordonna de nouveau Ferréol d'une voix implorante.

- Je n'avais pas prévu que tu deviennes cette chose, répliqua Merlin d'une voix monocorde. Tu devais servir de réceptacle aux ténèbres.

- Je ne veux pas de cette vie. Je veux que cela cesse. »

Ferréol fit courber les arbres. La prison de branchages se refermait sur Merlin. Une lueur de panique passa dans les yeux de l'enchanteur ce qui n'échappa nullement à sa création monstrueuse et inopinée. Ferréol pouvait user de la magie. Si Ferréol ne pouvait mourir alors il se satisferait du sang de Merlin.


La fumée se dissipa. Regina se recula là où elle avait vu disparaitre Emma.

« Emma ? », l'appela-t-elle.

Elle chercha une chevelure blonde parmi le vert alentour. Rien ne se détachait de cet environnement naturel. Les soldats eux-mêmes semblaient s'être délaissée d'elle. Elle voyait Cerbère s'acharner sur les soldats. Elle voyait Séraphin chauffer à blanc les corps de plomb, Arthur empêcher les baïonnettes de s'enfoncer entre les écailles des pattes du chevalier de nacre. Elle n'apercevait pas Merlin mais elle n'en avait cure. Elle chercha plus activement Emma dans les alentours. Elle jetait parfois des regards au sol, souhaitant ne pas y trouver son corps inerte.

« Emma ! » hurla-t-elle.

Puis elle disparut à son tour parmi les arbres.


Emma jeta un œil autour d'elle afin de s'assurer de l'absence de danger. Elle s'approcha de l'enfant et posa doucement sa main sur son épaule pour la rassurer.

« N'aie pas peur. On va te sortir de là. J'ai une amie qui est pas loin. On va t'aider. », souffla Emma.

Le petit corps trembla et Emma crut d'abord qu'il s'agissait du soubresaut des sanglots. Pourtant, quand la petite fille releva la tête pour dévisager Emma, il n'y avait nulle trace de larmes. Les yeux de la jeune enfant était d'un bleu intense qui se faisait si sombre en leur cœur qu'Emma se sentit y plonger.

« Mais toi, qui viendra te sauver ? » souffla la jeune fille d'une voix mesquine.