Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

MESSAGE IMPORTANT : J'ai une mauvaise nouvelle. Actuellement, avec les cours, mes examens qui arrivent dans un peu plus d'un mois et l'écriture, je ne peux plus tenir le rythme. N'ayant pas trop le choix, c'est « Le Projet A » qui trinque. Je ne posterai plus un chapitre tous les lundis mais un chapitre tous les deux lundis. Et ce, jusqu'aux vacances d'été. Cela me permettra aussi de constituer une petite réserve de chapitres supplémentaires, plutôt que de courir pour avoir fini à temps un chapitre dont je ne suis pas entièrement satisfait.

Merci de votre compréhension, et à dans deux semaines !

Mercie à Aangelik pour sa correction. Merci à Emmawh, Were-Wouf, Aangelik, Isis Nephtys, Philou, Coralinda et DeadlyFurry pour leurs magnifiques messages. Merci à Taion2 pour la mise en follow (et celle en favoris de Valse à quatre temps, aussi). J'espère pouvoir un jour lire ton avis sur mes écrits :).

Philou : Merci pour ta review et tes compliments ! Je suis ravi que le chapitre t'est plus autant, ainsi que la conversation entre Dumbledore et Mcgonagall. Par contre, j'ai un peu de mal à voir ce que j'aurai pu faire pour approfondir le sentiment de solitude de Jack, que je trouve déjà pas mal présent. À moins de l'écrire en point de vue subjectif... Je suis curieux.

Et ne t'inquiète pas, je dois moi-même aller voir dans les chapitres précédents, parfois, pour me rappeler certains détails. C'est parfaitement normal de ne pas retenir chaque petite chose.

Pour ce qui est des chapitres centrés sur un seul personnage, j'en ferai peut-être de temps en temps. C'est assez compliqué, car il faut avoir la matière pour ne pas tourner en rond et ennuyer le lecteur.
Encore merci !

Coralinda : Merci pour ta review, et ta réponse vis-à-vis de l'accent écossais. Je ne connais absolument pas les accents québécois, si ce n'est au travers de certains dessins-animés, où il est assez ténu.

Pour le sort, une partie de ta réponse est correcte, tu le verras ci-dessous. Et je ne suis pas un fan des happy endings, du moins pas les « totaux ». Je les aime bien de temps à autre, mais une bonne histoire doit parfois se terminer dans le drame. Ce qui fait de la fin de Dragon quelque chose de génial, c'est que tout ne va pas bien à la fin, contrairement à Raiponce, par exemple.

Et merci pour tous tes compliments !

Et maintenant, place à la fiction !

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Chapitre 11 : Duos d'enfer.

Harold ouvrit les yeux. Il regarda le réveil posé sur sa table de nuit, puis se renfouit sous les couvertures. Moins de 5 secondes plus tard, le fait que l'horloge indiquait 10h passées arriva dans la partie de son cerveau qui était dévolu à la routine. 10h32. Un lundi. Il était en retard.

Paniqué, il se redressa, se prit les pieds dans les draps et s'affala à terre, causant un bruit de fin du monde. Il commençait à se relever, quand un coussin violemment lancé depuis sa droite l'atteignit en pleine tête, l'envoyant une nouvelle fois au sol. Surpris, il regarda sans comprendre une tête ébouriffée sortir d'entre les baldaquins du lit de Samson, un de ses camarades de dortoir.

« - J'peux savoir ce qui te prend de faire un boucan pareil ? l'agressa l'autre garçon, apparemment pas du matin.

- Je… Je… On est en retard. Il est plus de 10h30 et le lundi, on commence avec potion. Snape va nous tuer ! Et puis nous découper en ingrédients pour potions. Ou l'inverse. Olala… ça va être notre fête.

- Harold…. On est samedi. On n'a pas cours. Alors, maintenant, laisse-moi-DORMIR ! »

Sur ces douces paroles, Samson retourna dans la chaleur confortable de son lit. Assis par terre, Harold finit par se rappeler les derniers évènements. L'attente dans le jardin ouest, le sortilège qui refusait de fonctionner, la colère, le sentiment de puissance, le rayon bleu qui allait percuter son cauchemar personnel, la fatigue, le retour dans la Salle Commune, son lit douillet.

« Bon », se dit-il en se relevant. « Si on est samedi, ça me permettra au moins de voir si mon sort a fonctionné ».

Le hasard fut de son côté, car à peine Harold fut-il remonté du premier sous-sol, où se trouvait les quartiers des Pouffsoufle, qu'il croisa Marius Dixon, l'âme damnée de Jack Overland. Le jeune Serpentard se rendait à la Grande Salle, apparemment seul. Apparemment. Car Harold, lui, pouvait voir qu'il ne l'était pas réellement. À ses côtés, Jack Overland essayait tant bien que mal d'attirer l'attention de son ami. Le jeune Haddock sourit. Son sort avait marché, son tortionnaire était devenu invisible aux yeux de tous, sauf les siens, car il était l'auteur de sort. Ben oui, il fallait bien pouvoir profiter un peu du désespoir de sa victime.

Maintenant, il allait falloir faire très attention. Il ne faudrait pas qu'Overland se rende compte que quelqu'un pouvait le voir.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Raiponce était inquiète. La veille au soir, elle avait encore une fois essayé de mettre de l'ordre dans les papiers des maraudeurs. Malheureusement, ces garçons, excepté l'un d'entre eux, un certain « Lunard », avaient une écriture de cochon et elle avait bien du mal à décrypter leurs écrits.

Aujourd'hui lundi, elle devait pourtant rencontrer Mérida et lui « vendre » son projet. Car en vérité, elle avait un tout petit peu menti au moment où elle avait proposé à la jeune fille de la rejoindre dans son expérience. Ce n'était même pas du mensonge, c'était plutôt de l'omission. Aujourd'hui, elle allait devoir dire à l'ardente jeune fille qu'avant de commencer quoi que ce soit, il fallait mettre de l'ordre dans les papiers. Et vu le nombre de parchemins, cela allait prendre un peu de temps.

C'était donc, on l'a déjà souligné, inquiète, voire angoissée, que Raiponce se dirigeait vers la salle n°27. C'était une salle qui n'avait rien de vraiment particulier, comptant seulement une grande table, des chaises et une bonne couche de poussière. Seulement, elle avait deux avantages majeurs : il fallait connaître le mot de passe, que Raiponce avait presque arraché au tableau de Wulfric le doublement borgne, qui refusait par fierté d'être désigné par le terme « d'aveugle », au bout de quatre longues semaines de discussions. Peu de chance que quelqu'un prenne autant de temps pour cela. Et en plus, la salle n°27 possédait une immense baie vitrée, qui offrait de la lumière et une belle vue sur le parc, mais quasiment invisible de l'extérieur.

Tout en se dirigeant vers le point de rendez-vous, la jeune Serdaigle essayait d'imaginer la meilleure manière de présenter cela à son… amie ? Partenaire ? Associée ? Bref, à Mérida Dunbroch, connue pour s'emporter relativement facilement. Peut-être d'une manière amusante ? C'était risqué, sa mère disait qu'elle n'avait aucun don pour l'humour. L'air de dire qu'elle lui en avait déjà parlé mais que c'était la jeune fille rousse qui n'avait pas fait attention ? Mauvais plan.

« - Salut Tower, fit une voix, brisant le fil des pensées de la blonde.

- Mérida ? Euh, salut. Que… Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Ben, c'est là que tu m'as donnée rendez-vous, non ? Devant le tableau de Maëva d'Irlande, cinquième étage, aile nord, couloir de gauche, à 14h. D'ailleurs, tu es en retard.

- Ah, oui, euh, j'étais perdue dans mes pensées, je n'ai pas vu le temps passer, désolé.

- Pas grave. C'est juste que l'on a déjà eu du mal à trouver un moment pour se voir, ce serait bête de perdre du temps. »

Raiponce acquiesça. C'est vrai que trouver un moment où elles étaient toutes les deux libres avait relevé du nœud gordien. Les samedis étaient pris, par les entrainements de Quidditch de la Serdaigle et les devoirs des deux filles. Idem pour les mercredis après-midi. Et Mérida, pour une raison que la jeune fille n'avait pas voulu dévoiler, était occupée tous les dimanches. Au final, elles étaient tombées d'accord sur le lundi après-midi, un moment où aucunes des deux filles n'avaient cours.

Laissant de côté ses pensées, la jeune fille se tourna vers le tableau qui représentait une belle femme rousse aux riches vêtements et au port altier.

« - Bonjour, Reine Maëva, commença la jeune fille.

- Oh, miss Tower. Je vous souhaite bien le bonjour. Avez-vous finalement réussi ce sort que nous avions révisé ensemble ?

- Le sortilège de reconstruction ? Oui, je l'ai finalement réussi. Le professeur Flitwick était très content de mes progrès. Je vous remercie d'ailleurs pour votre aide.

- Ce n'est rien, voyons. Après tout, j'ai appris à des dizaines d'enfants à faire de la magie « propre » et à ne plus être les pantins de cette entité sauvage, je pouvais bien vous apprendre à réparer un vase.

- Au fait, Reine Maëva, je vous présente Mérida, Mérida Dunbroch, une amie à moi.

- Dunbroch ? Seriez-vous de la famille d'Arthur Dunbroch ?

- C'est… C'est un de mes ancêtres.

- Oh, je vois. Raconte-t-on toujours l'histoire de sa bataille contre Mor'du ? Il était très fier de cette histoire, il ne cessait de la raconter à ses enfants. Et il adorait se transformer en ours. Je n'ai jamais regretté de lui avoir appris cela.

- Appris cela ? Vous voulez dire… Vous êtes la Sorcière d'Écosse ? Celle qui offrit ce qu'il voulait au fils Ainé, le transformant en Ours et qui dota mon ancêtre de ses capacités animagus ? Mais… Mais selon le conte, vous étiez une vieille femme ridée accompagnée d'un corbeau !

- Il est vrai que je n'étais plus toute jeune au moment des faits. J'avais bien 70 ans quand j'ai décidé de quitter mon Irlande pour l'Écosse. Je suppose que cela a du s'amplifier avec le temps. Et pour le corbeau, c'est le symbole de la Morrigan, une déesse celte qui aidait les guerriers. Et les guerrières. Mais bon, je suppose que vous n'êtes pas venu m'écouter palabrer sur mes vieux souvenirs. Que puis-je pour vous, jeunes filles ?

- Nous aimerions utiliser votre salle, Reine Maëva.

- Aurais-je l'audace de vous demander le mot de passe.

- Cuchulain (1)

- Un fier guerrier. Et un sacré amant. Mais je vous en prie, entrez donc. »

Les deux jeunes filles ne se firent pas prier, s'engouffrant rapidement dans la salle. Une fois que le tableau fut refermé, Mérida se tourna vers sa partenaire.

« - On va être obligé de lui taper causette à chaque fois ? Pas que ce qu'elle raconte n'est pas intéressant, mais elle est vraiment bavarde.

- On n'a pas trop le choix. Elle est assez susceptible. Et ce n'est pas un tableau de Salle Commune, elle peut parfaitement nous refuser l'entrée.

- Je suppose que l'on va devoir discuter le bout de gras avec elle, alors. Bon, on s'y met ? »

D'un geste de la baguette, accompagné d'une sonore « Recurvite », Mérida fit disparaître une partie de la poussière accumulée au sol et sur les meubles. Avec l'aide de Raiponce, elle réitéra l'opération trois autres fois, avant que la propreté du lieu ne soit jugée satisfaisante par les deux filles.

« - Il nous reste une bonne heure, constata Mérida en regardant sa montre. Après, je dois partir, j'ai cours de Métamorphose. Toi aussi, d'ailleurs.

- Cela suffira. Alors, dit Raiponce en posant ses papiers sur le bureau. Pour commencer, il faut trier tout cela.

- Comment ça, « Il faut trier » ? s'enquit la rousse.

- Ben, ces « Maraudeurs » n'étaient pas vraiment ordonnés. Il y a de tout, là-dedans. Des plans de blagues, des cartes d'étages entier et ce qui nous intéresse, des parties de la méthode à suivre pour notre projet. »

Mérida soupira. Elle détestait la paperasse. Encore plus depuis que son père avait essayé de lui refiler celle qui échouait au Lord Dunbroch, sous prétexte de lui apprendre. Cependant, elle attrapa un parchemin, avant de commencer à le lire.

« Comment teindre les cheveux de Snivellus en rose », titrait le parchemin. Bien que légèrement intéressée, elle déposa le parchemin à sur la farde marquée par le mot « Blague » qu'avait apportée l'autre jeune fille, avant de se saisir d'un autre papier.

« Créer une carte interactive », disait ce nouveau papier.

L'heure allait peut-être passer plus vite que prévu.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Harold avait passé la semaine à observer Overland. Au début, l'autre garçon s'était bien vite remis de son intangibilité. Il en avait profité pour jouer des tours, faire des blagues, ennuyer les gens, ect. Harold aurait même parié qu'il était responsable des deux batailles de boules de neige généralisées qui avaient eu lieu cette semaine.

Cela avait mis le Poufsouffle en rage. À quoi bon avoir préparé et travaillé sa vengeance pendant plusieurs mois, si la victime s'en amusait. Qu'il souffre, bon sang. Comme lui avait souffert de toutes ses brimades.

Cependant, le jeune homme nota un changement chez le Serpentard au bout de la première semaine : la solitude commençait à faire effet. Le jeune homme invisible avait abandonné ses blagues et avait recommencé à essayer de se faire voir de quelqu'un, n'importe qui. Que ce soit ses amis, les élèves qui passaient dans le couloir ou même les professeurs. C'est là qu'Harold se rendit compte d'une chose : il n'aimait pas faire souffrir les autres. Jeter ce sort à Jack Overland lui avait peut-être apporté ce sentiment de soulagement à un moment, mais rien de plus. Pire, il n'avait même pas été soulagé, il s'était senti puissant. Il faisait cela parce qu'il le pouvait. Et cela faisait de lui quelqu'un d'aussi cruel que pouvait l'être Overland envers lui.

Un moment, Harold avait même songé à annoncer à Jack qu'il n'était pas totalement seul, qu'il pouvait le voir et qu'il allait essayer de briser le sort, même s'il ne savait pas comment. Il avait décidé cela un jeudi soir. Et quand il s'était réveillé le vendredi, décidé à aller dire la vérité à sa victime, il n'arriva pas à le trouver. Le jeune homme n'était plus dans le château. Peut-être était-il dans le parc, mais une tempête de neige ravageait les terres de Poudlard, ce qui empêchait le jeune Haddock de sortir à la recherche du garçon invisible.

Le lendemain, alors que le vent glacé, que l'on pourrait presque qualifier de blizzard, soufflait toujours sur le Vieux Château et qu'Harold n'arrivait toujours pas à trouver Jack, le Poufsouffle saisit au vol une conversation.

« - D'après Snape, il est reparti chez lui. Mais j'ai quand même du mal à le croire. Il ne m'a même pas laissé un mot ou quoi, geignit une voix masculine.

- Ne t'inquiète pas, répondit une jeune fille, qu'Harold identifia comme Raiponce Tower, une Serdaigle qu'il lui arrivait de côtoyer de temps à autre. Je suis sûre qu'il va t'envoyer une lettre et tout t'expliquer.

- Les profs ne veulent même pas me dire pourquoi il a dû partir. « Des affaires familiales ». Ça pourrait être n'importe quoi ! Et en plus, toutes les affaires de Jack sont encore dans le dortoir. »

Harold s'empressa de s'éloigner. Il avait fini par reconnaître le garçon : Marius Dixon. Ainsi, les professeurs disaient qu'Overland était rentré chez lui ? Mais l'adolescent n'était jamais parti, il était juste devenu invisible. Quelque chose clochait.

Il fallut attendre le mardi suivant pour que la tempête de neige cesse. Étonnamment, ce fut ce jour-là que choisit Overland pour réapparaître, durant le cours de potion des deuxièmes années Gryffondor-Poufsouffle. Avec surprise, Harold, assis au fond de la classe, bien loin de cet horrible tyran qu'était Snape, vit l'adolescent traverser la porte, avant de se diriger vers l'armoire à ingrédients. Légèrement inquiet par rapport à la capacité à provoquer des catastrophes du Serpentard, le jeune Haddock leva un rapide bouclier.

Bien lui en prit. Apparemment, Jack avait décidé de se venger des mensonges du corps professoral. Et pour ce faire, il s'amusait à ajouter des ingrédients de potion dans la mixture de Fred Weasley, qui regardait sans comprendre sa potion émettre de la fumée bleue, puis tourner au rose, sans qu'il n'eut rien ajouté. Si le Serpentard était venu dès le début de l'heure, les cachots auraient probablement connu une explosion mémorable. Heureusement, il ne restait que dix grosses minutes avant la fin. De ce fait, Snape pu sauver la situation, faisant disparaître la potion d'un geste rapide.

Harold, quant à lui, rangea ses affaires en vitesse avant de se précipiter dans le couloir. Là, il se plaça à un endroit stratégique, par lequel passerait probablement le garçon invisible. Harold, rassemblant tout son courage, se décida. Il allait lui dire. Il allait avouer au Serpentard qu'il le voyait et qu'il était responsable de son état. D'ailleurs, en parlant du loup, le voilà qui pointait le bout de son nez.

Marquant un arrêt, Jack Overland remarqua quelque chose d'étrange. Quelqu'un le fixait.

« - Tu peux me voir ? » demanda-t-il.

Le courage d'Harold fondit comme neige au soleil. Il fit la seule chose qui lui semblait associable à la notion de survie sur le moment.

Il fuit.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Jack n'en revenait pas. Quelqu'un le voyait. Bon, évidemment, de toutes les personnes présentes dans le château, soit environ trois cents personnes, trois cent cinquante en comptant les fantômes et près de cinq cents avec les elfes de maison, selon ses derniers calculs(2), il avait fallu que ce soit Harold Horrib'Haddock. Mais le bon côté des choses, c'était qu'il allait pouvoir ennuyer quelqu'un.

Sur ces bonnes pensées, l'adolescent se lança à la poursuite du Poufsouffle. Étonnamment, le jeune homme semblait être capable de courir plutôt vite, vu que Jack était incapable de le retrouver. Et lui, il n'avait pas besoin de prendre des virages quand le couloir tournait.

Après une vingtaine de minutes de recherches, Jack finit par s'asseoir sur une marche, en prenant bien soin de la couvrir de givre avant, histoire de ne pas passer au travers. Se mettant à réfléchir, il fit une liste des endroits où pouvait se cacher sa victime préférée. C'est dans ces moments- là que l'on se rend compte que l'on peut martyriser quelqu'un pendant plus d'une année, et ne rien savoir de lui. Il savait qu'Haddock faisait partie de la maison Poufsouffle, donc la Salle Commune des noirs et jaunes entrait dans la liste des lieux probables. Sauf que Jack ne savait pas où elle était. Mais l'autre garçon avait sûrement des hobbys, ou bien des amis qu'il rencontrait régulièrement. Et là, la lumière fut. « La bibliothèque ! » s'exclama Jack. Même si personne ne pouvait l'entendre. Mais s'exclamer donnait toujours bien quand on vient de trouver la solution d'un problème ardu.

Le jeune homme prit donc la direction de l'antre de Mrs Pince. Comment avait-il pu ne pas y penser plus tôt ? Tout le monde savait que Harold Haddock était une des rares personnes avec qui la bibliothécaire était aimable. Et pour quelle autre raison que l'amour qu'Haddock portait au livre cette vieille pie aurait-elle pu se montrer un tant soit peu agréable ?

Jack finit par arriver à destination. Ne sachant pas trop par où commencer, il se contenta de déambuler au travers de la pièce, sans prendre garde aux étagères et tables qui se présentaient devant lui. Jusqu'au moment où il fut bloqué. Interloqué par ce phénomène qui ne s'était pas produit depuis qu'il était devenu invisible, il baissa les yeux, pour se retrouver nez-à-nez avec la personne qu'il était justement en train de chercher.

Reculant de deux pas, il gela le banc, avant de s'asseoir dessus. Histoire d'avoir l'air un peu plus intimidant, il posa son menton sur ses poings, avant de placer ses coudes sur la table. L'effet rata lamentablement quand ceux-ci passèrent au travers du bois, de même que la moitié de ses avant-bras. En rougissant, il couvrit sa portion de table de givre, avant de se remettre en place. Puis, il s'adressa au Poufsouffle assis en face, qui avait l'air tétanisé par la scène.

« - Alors, comme ça, tu peux me voir ? Et me toucher, en plus ?

- …

- Ouah, autant de conversation que d'habitude. Sinon, tu sais pourquoi tu me vois ? Ou mieux, pourquoi je suis invisible ? »

« Allez », se dit Harold à lui-même. « Tu peux lui dire. Au pire, tu te ferras mettre une raclée par quelqu'un que personne ne peut voir. Un peu de courage, Harold ».

« - Euh, je… Je… tenta l'adolescent.

-Oui ? l'encouragea Jack.

- Je, je n'en ai aucune idée. Je peux te voir, c'est tout.

- Oh, dit Jack, déçu.

- Ouais.

- Bon, ben j'ai pas trop le choix, alors. Je vais rester avec toi.

- Ok. Attends, quoi ? »

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Mérida attendait. Encore. Qui ? Mais Harold, bien sûr. Son ami était, encore une fois, en retard. Déjà qu'ils avaient dû annuler leur balade la semaine dernière, à cause de cette fichue tempête… Seulement, pour une fois, la jeune fille ne s'en plaignait pas, de ce retard. Accoudée à la table dans la forêt, qui était, rappelons-le, un arbre-télépathe particulièrement peut imaginatif, elle profitait de ce temps offert pour réfléchir.

Les mauvaises langues de Poudlard, comprenez les jumeaux Weasley, n'auraient pas hésité à dire que c'était un évènement exceptionnel, du genre qui n'arrive qu'une fois par décennie. Et ils n'auraient pas totalement eu tort.

La Gryffondor le reconnaissait elle-même, elle n'aimait pas réfléchir. La plupart du temps, elle écoutait son instinct et jusqu'à maintenant, cela lui avait bien réussi. Bon, évidemment, il y avait eu cette histoire avec l'acromentule. Et puis celle avec les Chutes de Feu quand elle était petite. Mais globalement, elle n'avait pas eu réellement besoin d'entrer en introspection pour rester en vie.

Mais aujourd'hui, réfléchir était nécessaire. Car lundi passé, elle et Raiponce Tower avaient fini de trier les papiers, ce qui leur avait quand même pris pas moins de 6h de travail, cause direct de l'organisation déplorable de ceux qui se faisaient appeler « les Maraudeurs ». Seulement voilà. Mettre en ordre ses papiers, et les classer dans une farde, « pour les transporter plus facilement », dixit Raiponce, avait mis Mérida devant le fait accompli. Maintenant que le projet dépassait le stade de « tas de papier », elle comprenait ce qu'elle avait accepté. Quelque part, cela lui faisait peur, autant que ça l'excitait. Car cela allait plus loin que de simplement désobéir à sa mère, ou briser le règlement de Poudlard en visitant la Forêt Interdite. Avec ce que prévoyait la Serdaigle, on en venait carrément à braver les Lois du Monde Magique. Car ce n'était pas sans risque, de…

« - Ah, Mérida, tu es là, fit une voix, en interrompant le cours de ses pensées.

- Enfin ! s'exclama ladite Mérida, en se tournant vers le nouveau venu. Y aura-t-il une fois où tu n'arriveras pas en retard ?

- Euh, ouais, je… J'ai eu un petit empêchement. Mais je suis là, maintenant !

- Mouais. Bon, et si aujourd'hui on continuait à…

- Me montrer comment monter correctement aux arbres, l'interrompit Harold, en jetant un regard nerveux vers… un endroit qui paraissait vide à Mérida.

- Te montrer comment monter aux arbres ? Non, je voulais dire finir d'explo…

- D'expliquer comment choisir les bonnes branches d'appuis ? On pourrait faire des exercices, aujourd'hui ! Avec cette couche de neige, c'est l'idéal !

- Euh, ouais, faisons cela », répondit Mérida, incertaine.

Harold se comportait vraiment bizarrement, aujourd'hui.

Et Harold avait une parfaite raison pour justifier son comportement. En effet, il était actuellement accompagné par Jack Overland, qui demeurait invisible pour Mérida. Et hors de question que le Serpentard sache que le gentil petit Harold brisait une des principales règles de Poudlard.

Cela faisait 5 jours, depuis qu'il savait qu'Harold pouvait le voir, que le jeune homme suivait le Gallois partout. Vraiment partout. Ce qui avait parfois occasionné des scènes un peu gênantes.

Harold avait par exemple découvert que Jack Overland avait un humour qui tombait à plat la plupart du temps. Le pire, c'était que le jeune homme avait l'air tellement déconfit, qu'il était impossible de ne pas rire. Ce qui le poussait à raconter d'autres blagues tout aussi nulles. Ce qui poussait les gens à considérer Harold comme un fou qui riait tout seul, par la même occasion.

Une autre découverte surprenante, c'était que le Serpentard avait une notion de l'intimité relativement particulière. Par exemple, il n'était absolument pas gêné de rentrer dans la Salle de Bain pendant qu'Harold se douchait. Ou de s'introduire dans le lit de ce dernier au cours de la nuit, sous prétexte « qu'il se sentait seul ». L'entendre hurler de peur à 6h fu matin, un jour sur deux depuis le début de la semaine avait par ailleurs sérieusement dégradé les relations qu'Harold entretenait avec ses camarades de dortoir.

Bref, Jack Overland était une catastrophe ambulante, sans même s'en rendre compte. C'était d'ailleurs de sa faute si Harold se trouvait maintenant dans la situation du chat en haut de l'arbre. C'est-à-dire qu'il avait su monter, car Mérida l'avait réellement pris au mot quand il avait parlé de cette histoire de grimper aux arbres, mais qu'il était maintenant terrifié par l'idée de redescendre.

C'est là que Jack montra qu'il n'était pas qu'une source d'ennui. Profitant de ses nouvelles capacités, il s'envola jusqu'à la branche où se trouvait Harold, se posa à côté lui, puis lui dit doucement :

« - Sors ta baguette.

- Quoi ?

- Sors ta baguette, je te dis. Je vais te faire descendre, mais vaut mieux que ta copine pense que c'est de ton fait. »

Le Poufsouffle ne chercha pas à discuter et sortit l'instrument. Dès que cela fut fait, Jack l'empoigna par les aisselles, avant de décoller. Harold pensa un moment à crier, mais le Serpentard se montrait plutôt délicat dans le transport, ce qui fit légèrement refluer la peur.

Une fois qu'il fut de nouveau sur le sol, Mérida entreprit de lui expliquer ses erreurs, avant de le renvoyer dans l'arbre. Mais Harold n'écoutait plus son ami. Il était concentré sur l'être à demi-éthéré qui était assis sur une branche un peu plus haut et qui rigolait gentiment de ses déboires. Ce garçon était si différent de celui qui l'agressait continuellement dans les couloirs.

Cette fois, il en était sûr : quelque chose clochait chez Jack Overland. Et foi d'Harold Horrib'Haddock, il allait découvrir ce que c'était. Une fois qu'il serait redescendu de cet arbre, bien entendu.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Albus Dumbledore en avait marre ! Cela faisait quatre semaines. Quatre ! Il avait déjà fallu une semaine au jeune Harold pour perdre sa discrétion, puis quatre jours pour que Jack Overland calme sa tempête et se rende compte que le petit Poufsouffle le voyait. On aurait pu croire qu'à partir de là, les choses s'arrangeraient : les deux gamins feraient ami-ami, Harold Haddock avouerait son crime, puis ils se pardonneraient mutuellement et tout irait bien dans le meilleur des mondes.

Seulement voilà. La situation traînait en longueur. Aucun des deux garçons n'avait l'air de vouloir faire le premier pas. Et si Nicholas « North » Overland était plutôt compréhensif par rapport à la situation, ce n'était pas vraiment le cas de sa belle-fille. Tatiana n'était peut-être pas une bonne sorcière, mais une fois en colère, elle aurait filé des cheveux blancs à Voldemort, à l'époque où le mage noir n'était pas encore une espèce de serpent humanoïde chauve. Trois fois, qu'elle était venu s'énerver dans le bureau du Directeur. Et à chaque fois, une de ses belles théières de collection allait rencontrer le mur. Le fait de savoir les réparer avec la magie n'y changeait rien, les faits étaient là.

Alors, Albus avait pris sa décision. D'un pas ferme, et presque rageur, il se mit à arpenter les couloirs, à la recherche de sa proie. Quand, au bout de 2h27 de recherches, il avait fini par la trouver. Il avait marqué un arrêt, le temps de se reconstruire un faciès de vieux papy bienheureux. Puis, avec un pas sautillant qu'il avait mis des années à maîtriser, il s'approcha du pauvre élève innocent.

« - Ah, Mr. Haddock. Je souhaitais justement vous voir.

- Me…. Me voir, monsieur ? s'inquiéta Harold

- En effet. Pourriez-vous me suivre dans mon bureau ? Il s'agit d'une affaire privée, il ne faudrait pas que des oreilles indiscrètes nous entendent.

- Bien, monsieur, répondit le Poufsouffle, en se mettant à suivre le vieillard.

- Oh, dit ce dernier, en s'arrêtant brusquement et en se retournant, regardant à l'endroit exacte où se trouvait Jack. Il serait souhaitable que vous veniez aussi, Mr. Overland. »

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(1) Je vais faire un gros point info : la Reine Maëva est tirée du monde d'Harry Potter. Avant la construction de Poudlard, elle instruisait les enfants sorciers d'Irlande. Merci à la fic « No Name » de me l'avoir fait découvrir. Et à la base, elle n'était pas censée être la Sorcière d'Écosse mais je trouvais ça chouette. Vous en pensez quoi ?

Ensuite, la Morrigan est réellement une déesse Celte. Elle présidait à la guerre et choisissait les héros.

Enfin, Cuchulain est un célèbre héros de la mythologie celto-irlandaise. Vous trouverez facilement des informations sur lui en utilisant Google.

(2) Oui, Jack a compté le nombre d'habitants dans le château. Une occupation comme une autre quand on est invisible et que l'on ne sait rien soulever sans le geler au préalable.

Et voilà, un chapitre de plus. Un peu spécial, parce que je trouve qu'il dénote par rapport aux autres. Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble différent. Vous en pensez quoi ?

Aussi, il a eu beaucoup de mal à sortir. Pour preuve, il m'a fait perdre mes deux chapitres d'avance, ce qui fait que je le fini le jeudi 11, à peine 4 jours avant que je ne doive l'envoyer chez ma bêta.

Et finalement, ma fibre sadique est ressortie. Il faudra attendre la semaine prochaine pour savoir de quoi il en retourne exactement avec le Projet A. Il était normalement prévu que cela se fasse dans ce chapitre, mais je n'ai pas réussi à l'introduire comme je voulais.

À dans deux semaines, pour le chapitre 12 : Révélations

PS : Je pars en voyage scolaire dès demain, donc je ne saurai pas répondre à vos reviews avant vendredi voir samedi.

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