Bonjour !

Voici le nouveau chapitre de la semaine avec le retour tant attendu de Gellert, et une petite surprise à la fin... Je poste une jour à l'avance pour vous faire plaisir, et aussi parce que j'en ai la possibilité. Soit dit en passant, j'ai bientôt fini le 16, donc ne vous inquiétez pas, si j'ai une panne d'inspiration, j'aurai le temps pour en retrouver sans perturber le cours de publication !

Merci à mes betas Miiss et Marion, et vous qui restez fidèles !

Réponses au reviews (grand merci à crystal of shadow, adenoide, lana, TeZuKa j, Miss lyli, ElwennSnape !)

Pour Selena, évidemment, un jour elle apprendra la vérité. Cependant, elle sait déjà que Ladi et Albus ne lui disent pas toute la vérité, et donc même si ce sera une grande surprise, je ne pense pas qu'il y aura un grand conflit. (pour l'instant, c'est mon avis, mais je peux toujours en changer...)

Après Sirius : Ah oui, c'est bien sale ce qui lui est arrivé. Mais vous avez l'explication de plusieurs choses dans le chapitre, donc je n'en dis pas plus.

Innocent1984 : Merci beaucoup pour ta première review ! Et oui, je compte intégrer la coupe de feu sans l'école Koldovstoretz, mais on aura le point de vue de Selena qui partira avec son école ! (d'ailleurs, si tu as remarqué, Albus en parle déjà...)

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 13 : Changement de point de vue


Le soleil réchauffait doucement la salle d'étude en cette fin de matinée. Ladislas, installé à son bureau, étudiait la potion pernicieuse et ses différents effets pour un devoir à rendre à la rentrée au professeur Ozerov. Rien ne venait le déranger depuis qu'il s'était levé, Selena étant parti tôt à Paris pour retrouver Albus et Madame Maxime. Il espérait pour sa sœur que leur grand-père soit de meilleure humeur que la veille, même si il restait lui-même fâché contre lui. Il n'appréciait pas cette habitude qu'avait Albus de lui cacher systématiquement des choses le concernant.

Il acheva son essai et rangea ses affaires pour ensuite se diriger vers la cuisine où il déjeuna rapidement. Sheshir le rejoignit alors que l'horloge sonnait treize heures, et ils partirent du Domaine, en emportant un sac rempli de pain elfique et une couverture pour Gellert. Sheshir lui avait rapporté que Selena ramenait souvent des provisions et vêtements au mage noir, et après réflexion, Ladislas avait choisi de faire de même.

Après leur voyage qui dura une trentaine de minutes, ils arrivèrent sur l'île. Celle-ci était toujours aussi désertique, battue par la mer qui ne se lassait pas de recouvrir la roche. Le vent le frigorifia instantanément, en s'insinuant à travers sa cape de Koldovstoretz dont il avait rabattu le capuchon. Sheshir cracha de dégoût lorsqu'une vague plus forte que les autres l'aspergea et Ladislas finit par lui faire une place dans son sac, dans l'espoir de lui laisser un peu de chaleur.

Le sol sous ses pieds était une large flaque de boue et d'eau salée, avec de temps à autre l'un ou l'autre buisson mort qui n'avait pas survécu au froid et à l'humidité ambiant. La prison s'élevait toujours aussi sinistrement, dominant l'île macabre. Le bâtiment traversait les tempêtes avec une résistance peu naturelle, due aux protections qu'avait apposé Grindelwald lors de sa construction.

Ladislas laissa Sheshir à l'entrée de la prison et passa la porte dont la devise perdurait. Pour le plus grand bien. Quel grand bien ? Songea Ladislas en montant les marches. Après tout, Grindelwald était à présent enfermé dans sa propre prison. Qu'avait-il voulu accomplir de si important, de si bien pour sacrifier un signe grand nombre de sorciers et de moldus, jusqu'à sa liberté ?

Il sortit de ses réflexions lorsqu'il atteignit le dernier étage du bâtiment et traversa le couloir en recherchant la cellule de son grand-père. Comme il l'avait remarqué à sa dernière visite, il y avait moins d'humidité à cet étage, mais les étroites lucarnes laissaient s'infiltrer le vent glacial, maintenant le niveau à une température extrêmement basse.

– Ladislas ? Appela une voix caverneuse à sa droite.

Le jeune élève de Koldovstoretz se tourna vers la source de la voix et, reconnaissant son grand-père, s'agenouilla à ses côtés. Depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, le visage de Gellert n'avait pas changé et était toujours aussi maigre et ridé. Pourtant sa main, lorsqu'elle passa le long de sa joue, était d'une douceur insoupçonnable, pareille à du papier, fragile mais suave.

– Ladislas, répéta Gellert dont les yeux faiblement colorés s'éclaircirent. Comment vas-tu ?

– Bien, répondit Ladislas en esquissant un prudent mais sincère sourire. Je… Je suis à Koldovstoretz depuis deux mois, et ça me plaît beaucoup.

– Koldovstoretz… Murmura le mage noir pour lui-même. C'est bien si tu es heureux là-bas. Tu as pris quelles options ? Je crois qu'ils proposaient alchimie du temps de ta mère…

– Je n'ai pas pris alchimie, déclara le jeune sorcier qui se détendait progressivement. J'ai étude de runes, vol, duel et initiation à l'Occlumencie.

– Occlumencie ? S'exclama son grand-père en lui prenant la main fermement. C'est très bien ! Je peux t'aider si tu veux, je suis moi-même extrêmement doué… Mais j'imagine que pour l'instant, on te propose surtout une sorte de méditation, non ?

– Oui, c'est ça, confirma Ladislas, impressionné par la lucidité de son vis-à-vis. C'est pour apprendre à visualiser son esprit…

– Pour ensuite pouvoir le protéger, compléta Gellert dont les lèvres bleuies formèrent un sourire ravi. C'est bien que tu prennes cette option. Penses-tu t'intéresser également à la Légimencie ?

– Je vois moins l'intérêt de connaître les pensées des autres, avança lentement Ladislas, craignant légèrement la réaction de son grand-père.

Celui-ci éclata de rire, et reprit la main de son petit-fils dans la sienne.

– Tu es si innocent, c'est beau à voir… Wilhem était aussi comme ça. Ce n'est pas grave si tu ne prends pas cette option, tant que tu sais protéger ton esprit. Et il le faut. Ta sœur n'a pas de problème, il semble que son lien avec Sheshir la protège, mais toi… tu n'as pas encore lié ta magie, n'est-ce pas ?

– Non, mais j'y réfléchis, soupira Ladislas.

– Prends ton temps, conseilla son grand-père, qui traçait des symboles sur sa main, en caresses aériennes. Une fois le lien posé, tu ne pourras plus changer, alors autant bien choisir… Et puis, il faudra du temps avant que ta magie te soit néfaste.

Ladislas hocha la tête, appréciant le contact avec son grand-père. Ils restèrent silencieux quelques instants avant que Gellert ne reprenne la parole :

– Comment va Selena ? C'est étrange qu'elle ne soit pas venue avec toi…

– Elle va bien, le rassura Ladislas, elle ne sait pas que je suis ici. Elle est à Paris avec Albus pour parler avec sa directrice.

Le mage noir grogna, et sa main se raffermit sur le poignet de son petit-fils, alors qu'il crachait avec hargne :

– Toujours à la tourmenter… Ils sont minables, des demi-cracmols qui ont peur d'elle et de sa magie ! Si j'étais avec elle, il n'oserait pas bouger un seul doigt…

Il continua à s'acharner sur eux pendant une minute, et Ladislas fut contraint de le couper avec douceur :

– Je pensais qu'ils l'embêtaient parce qu'elle s'appelle Grindelwald….

– Oh, c'est l'une des raisons pour laquelle ils ont peur d'elle. Mais il y a aussi sa puissance ! Tu vois ta magie et ce que tu peux faire, n'est-ce pas ? Ta sœur est à peu près au même niveau, quoiqu'un peu moins puissante, je pense. Vous êtes des joyaux bruts et ils vous envient, comme ils m'ont envié.

Ladislas resta silencieux, ce qui encouragea son grand-père à poursuivre :

– Ils nous ont toujours craint, à cause de notre magie. Ce qui est plus fort doit être détruit. Ce qui ne nous ressemble pas doit mourir. C'est ce que disaient les moldus lors du procès des sorcières de Salem. Ils ont peur de nous, Ladislas. Que ce soit les moldus ou ces demi-cracmols ! S'énerva Grindelwald, dont le visage se crispait à mesure que sa colère montait. Ils voudraient comprendre pourquoi nous sommes plus puissants qu'eux, mais comme ils ne peuvent pas, ils choisissent de nous anéantir, ou de nous utiliser, comme Albus.

– Grand-père n'est pas utilisé, grimaça Ladislas, impressionné par la rage de Gellert, alors même que des souvenirs désagréables de son enfance lui revenaient.

– Bien sûr que si. Comme Merlin l'était, comme tous les grands sorciers l'ont été ! Rétorqua le vieillard avant de singer une voix mielleuse : Dumbledore, vous êtes si fort, la magie qui est la vôtre vous a été donnée pour que vous fassiez de grandes choses, alors, aidez-nous…

Son visage était littéralement métamorphosé par la colère. Ses yeux avaient regagné leur intensité, et étaient à présent d'un violet électrique. Il retrouvait une voix normale à mesure qu'il s'exprimait, tandis que ses mouvements se faisaient plus précis.

– Des lâches et des menteurs ! Tu ne dois pas les croire, Ladislas… Tu m'entends ? Promets-moi que tu ne les croiras pas…

– Je te le promets, assura Ladi qui le voyait s'enfoncer dans la démence avec tristesse. Il réussit néanmoins à dévier le sujet de conversation et ainsi calmer Gellert, qui redevint agréable une fois qu'ils parlèrent de Koldovstoretz. Ils discutèrent encore une heure, avant qu'il ne se décide à repartir, après lui avoir donné les pains elfiques et les couvertures. Son grand-père lui sourit une dernière fois avant de finalement lui lâcher la main, qu'il avait tenue pendant tout le temps de sa visite.

– Tu reviendras me voir, n'est-ce pas ? Demanda le vieillard en retournant dans son coin de cellule.

– Bien sûr, promit Ladislas avec émotion avant de tourner les talons en frissonnant. Pendant qu'il parlait avec Gellert, il avait oublié la froideur ambiante, mais à présent que le silence revenait, son corps se rappelait à lui.

Il retrouva Sheshir au pied du bâtiment, et ils retournèrent rapidement au Domaine où ils eurent droit à un chocolat chaud de Skeeny, au coin du feu. Sheshir était frigorifié et il se brûla presque les poils à trop se rapprocher de la cheminée.

– J'espère au moins que ça a valu le coup, le menaça-t-il, en se toilettant.

– Oui, admit Ladislas entre deux gorgées de chocolat chaud. Ça s'est mieux passé que la dernière fois.

– C'est une bonne chose, convint le chat. De quoi avez-vous parlé ?

– Principalement de Koldovstoretz, et aussi de Selena, et…

– Et ? Insista le félin dont les griffes sortirent machinalement.

– De…Notre puissance, à nous les Grindelwald, et de notre rapport aux autres, répondit Ladislas qui se remémorait sa conversation avec Gellert.

– Rien que ça ! Se moqua le félin en levant ses yeux bleus au plafond.

– Ça paraît pompeux, dit comme ça, mais en réalité, ça ne l'était pas, se défendit Ladislas avec une grimace amusée.

– J'espère bien ! En tout cas, tu as compris que tu pouvais lui parler, lorsqu'Albus est trop cachotier…

– Oui. Merci, fit le jeune sorcier en grattant la tête du chat pour le remercier. Le félin arrêta sa toilette pour rouler sur le dos et mieux apprécier les caresses de l'humain en se mettant à ronronner. Ils restèrent près du feu un long moment, le temps de se réchauffer, jusqu'à ce que Skeeny n'apparaisse dans le son caractéristique des elfes de maison.

– Maîtresse Selena est rentrée ! S'exclama-t-il avec un sourire ravi avant de les inviter à descendre dîner.

– Albus n'est pas avec toi ? Demanda Ladislas en saluant sa sœur qui affichait une moue renfrognée.

– Non, il doit se rendre au Conseil des Quinze. Sans doute ne rentrera-t-il pas tout de suite au Domaine, pour cacher son absence à Poudlard.

– Je vois… Comment s'est passé l'entretien avec Maxime ?

– Bonne question, soupira la jeune fille. Pendant dix minutes, Grand-père a eu droit à un exposé complet de tous mes dérapages, que Maxime a décrit comme violents et dangereux pour mes chères petites camarades. Après, il a été décidé que je devais choisir entre quitter Beauxbâtons ou arrêter de m'enflammer à chaque remarque. C'est le moment où Grand-père intervient : 'Mais vous comprenez, Madame la directrice, les remarques que Selena subit ne sont pas acceptables, et il faudrait, blablabla…' Elle n'a rien écouté.

– Oh… Qu'avez-vous décidé ? S'enquit Ladislas avec une grimace.

– Que je devais arrêter. C'est stupide, répondit d'une voix hachée Selena. Ce n'est pas comme si j'étais la seule à commencer les duels. Je ne fais que répondre, Merlin ! Tout ça parce que je m'appelle Grindelwald et que je suis plus douée qu'elles !

– Ce qui est plus fort doit être détruit, murmura Ladislas si bas que sœur ne l'entendit pas. Sa main tourna la cuillère dans sa main, qu'il observa avec attention. Son reflet déformé lui sembla avoir un regard plus violet qu'habituellement.

Les jours qui suivirent, Selena fut de fort mauvaise humeur, et seule la compagnie de son frère sembla la dérider. Comme il faisait trop froid pour qu'ils sortent à l'extérieur, ils restaient dans la maison et jouaient aux échecs ou faisaient leurs devoirs côte à côte dans la salle d'étude. Ils avaient repris l'habitude de bavarder ensemble tard dans la nuit, et ils se réveillaient souvent le matin dans la même chambre, sans s'en rendre compte. De plus, comme Levi ne fermait pas la fenêtre de la chambre de Ladislas, celle-ci était constamment gelée, si bien qu'il se réfugiait souvent chez sa sœur pour trouver un peu de chaleur.

Enfin, une semaine après sa première visite, Albus revint. Il semblait un peu moins fatigué, et le repas qu'il partagea avec les jumeaux fut joyeux et convivial. Dans la soirée, il appela Ladislas dans son bureau avant qu'il ne reparte pour Poudlard.

– Ladi, commença-t-il avec un sourire bienveillant. Tout d'abord, je souhaiterai que nous reparlions de Sirius Black, puisque, comme ta sœur l'a dit, sans savoir à quel point elle avait raison, cela te concerne.

Ladislas hocha la tête et s'installa dans le fauteuil en face du bureau de son grand-père.

– Comme je l'ai dit, Sirius Black n'est pas celui qui a trahi tes parents adoptifs. C'est Peter Pettigrow qui l'a fait. Sirius Black était loyal à James et Lily, et aussi…

– Oui ? S'enquit Ladislas en se redressant.

– Ton parrain.

– Mon parrain ? Répéta Ladislas, perplexe. Mais je n'ai pas de parrain, sinon les Dursley m'auraient confié à lui.

– Ils ne le savaient pas eux-mêmes. Et comme il était à Azkaban…

– Mais pourquoi ne pas l'avoir aidé ? Si tu savais qu'il était innocent, il fallait le dire !

– C'est plus compliqué que cela, soupira le mage blanc. C'était à la fin de la guerre, le Ministère était rempli d'anciens mangemorts, personne ne faisait confiance à son voisin… Il a été décidé que les mangemorts arrêtés soient placés à Azkaban sans procès, pour aller plus vite… Quand j'ai parlé de Sirius Black au Ministre de la Magie, il ne m'a pas écouté, car après toute sa campagne auprès des médias contre Sirius, il ne pouvait pas retourner sa veste. Il était coincé et a décidé de laisser Sirius à Azkaban.

– Mais c'est injuste ! S'écria Ladislas en se relevant pour faire les cent pas.

– Le Ministre se moque de l'idée de justice. Il veut juste de la reconnaissance et du pouvoir… beaucoup de pouvoir.

– Mais alors, pourquoi avoir attendu si longtemps pour s'échapper ?

– Je ne sais pas, admit Albus en se caressant sa barbe. Il resta silencieux quelques instants avant de lui-même se lever pour chercher dans un de ses tiroirs une feuille qu'il tendit à son petit-fils :

– Quelqu'un au Conseil m'a demandé de te le faire parvenir…

Ladislas haussa un sourcil, curieux, et observa la feuille. Ses lèvres formèrent un sourire attendri en reconnaissant sur le dessin maladroit d'un enfant, lui-même, avec des papillons multicolores autour de lui. A côté de lui, Zoran s'était grossièrement représenté, avec un énorme sourire.

Il caressa doucement le dessin, sans arrêter de sourire. Il était vrai que le garçon lui manquait, alors même qu'ils ne s'étaient pas vu bien longtemps lors du Conseil d'été. Il avait hâte que vienne celui de décembre, avec le bal de Yule pour le voir.

– Je vais devoir repartir à Poudlard, annonça Albus en se dirigeant vers la cheminée de son bureau. Dis bien au revoir de ma part à Selena.

– Oui, promit Ladislas sans quitter des yeux le dessin de Zoran. Au revoir !

Son grand-père lui sourit une dernière fois avant de disparaître dans un nuage de flamme. Une fois la cheminée de nouveau éteinte, Ladislas sortit du bureau et se rendit dans sa chambre, où il accrocha le dessin de son jeune ami près de son lit. S'il avait un moyen de le contacter, ou même de lui écrire, il l'aurait fait, cependant, ils ne parlaient pas la même langue, et supposa qu'il devrait simplement attendre le prochain Conseil.

Le reste des vacances passa très vite, au détriment des jumeaux qui trouvèrent le temps passé ensemble trop court. Au dehors, l'automne s'installait alors que la température continuait de diminuer. Ladislas appréhendait déjà les futurs cours de vol qui allaient sans doute être frigorifiques. La veille de la rentrée, Selena le prit longuement dans ses bras, et même Sheshir réussit à être sérieux.

– Fais attention à toi et..

– Selena, tu es ma sœur, pas ma mère, la coupa Ladislas en lui ébouriffant les cheveux avec un sourire attendri.

– Je suis l'aînée ! Rétorqua sa sœur en lui rendant son sourire.

– C'est vrai ce mensonge ?

– Albus n'a jamais voulu le dire, répondit Sheshir en ignorant le regard outré de sa maîtresse.

– Sheshir ! Traître !

– Quoi qu'il en soit, reprit Ladislas en plongeant ses yeux dans ceux de sa sœur, toi, fais attention à toi. Reste calme, et prends sur toi, si quelqu'un t'embête, d'accord ?

– Je ferai un effort, promit la jeune fille, en soupirant légèrement. Il la reprit dans ses bras une dernière fois avant que le portoloin donné par la directrice de Koldovstoretz ne se réactive.


La taverne du dragon vert se situait dans l'une des petites îles d'Ecosse, de celles qui n'attiraient pas les visiteurs tant elle était vide de toute activité. Le gérant Stuart McGinn était bien conscient de cela et n'accueillait la plupart du temps que les villageois des environs, et lors de la saison, quelques pêcheurs en quête de Whisky.

Il ne gagnait pas énormément mais vivait décemment avec sa fille, en écoutant jour après jour des histoires de marins plus invraisemblables les unes que les autres. Il hébergeait volontiers les rares étrangers, tant qu'ils ne s'approchaient pas de sa fille et ne posaient pas de problèmes avec les clients habituels.

Cependant… Stuart avait depuis quelques temps un client singulier et se demandait s'il devait continuer de le loger.

Oh, ce n'était pas comme si Tom était désagréable, loin de là. Tom comment ? Cela importait peu. Il était poli avec tout le monde, souriait aimablement avec un air si particulier qu'il inspirait immédiatement confiance. Au bout de quelques jours, il était devenu Tom pour tous.

C'était juste qu'à un si jeune âge, ce n'était pas sain de s'enterrer dans une région comme celle-ci. Il n'y avait rien à faire, si ce n'est pêcher, et mourir. Sa fille s'en plaignait constamment, et lui même devait admettre cette triste vérité.

Mais cela ne dérangeait pas Tom. Au début, il avait cru qu'il était simplement de passage, pour étudier la végétation du pays ou quelque chose comme ça, mais cela faisait maintenant quatre mois qu'il était arrivé, et ne faisait rien de ses journées. Il restait la plupart du temps dans sa chambre et ne descendait que pour manger.

Il payait et Stuart qui n'avait pas les moyens de cracher sur un argent suspect, acceptait. De toutes façons, ce n'est pas comme si Tom avait une tête de criminel. C'était un jeune homme beau et élégant, pâle et séduisant, très élancé, avec de beaux cheveux noirs de jais. Sa fille l'avait tout de suite aimé. Mais Tom déclinait toutes ses avances avec un sourire poli, ce que Stuart appréciait.

Mais, se demandait le gérant, que pouvait-il faire de ses journées ? Il n'apparaissait jamais avec un livre ou des notes qui laisseraient supposer qu'il étudiait. Alors que faisait-il ?

– Oh, Tom ! S'exclama Stuart en voyant l'objet de ses pensées descendre l'escalier, et s'installer à une table pour diner. Justement, je pensais à vous !

– A moi ? Répéta Tom avec son éternel sourire charmeur. En bien, j'espère…

– Toujours en bien, rit le gérant en lui servant un verre de whisky, je me demandais juste ce que vous pouviez faire dans un coin aussi perdu.

– Peut-être Monsieur Tom est-il en fuite ? Proposa avec un sourire joueur la fille de Stuart, Eline, qui s'assit juste à côté du client imperturbable.

– Sois sérieuse, Eline, Tom ne pourrait jamais être en fuite, répliqua son père en le regardant sévèrement.

– Navré de ne pas être très intéressant, s'excusa Tom, dont le sourire s'était légèrement élargi. Je sors simplement d'une longue maladie et j'ai choisi de me reposer ici pour être tranquille.

– D'une maladie ? S'écria Eline, qui blanchit de peur. Mais vous ne semblez pas malade !

– Je suis guéri, maintenant, sourit Tom. J'ai besoin de repos pour me rétablir et après je pourrais reprendre une vie normale.

– Donc vous allez nous quitter ? S'inquiéta la jeune fille en s'accrochant à son bras.

– Un jour, oui, répondit Tom en retirant les mains d'Eline avec un sourire d'excuse à l'attention de son père.

– C'est une bonne chose, fit ce dernier. Il n'est pas bon pour quelqu'un d'aussi jeune de s'enterrer dans notre village.

– C'est pour ça que tu refuses que je parte ? Rétorqua sa fille avec une moue boudeuse.

– Ce n'est pas la même chose, tu es ma fille.

Père et fille continuèrent de se chamailler joyeusement dans la taverne, sous les regards des clients habitués à pareilles querelles. Tom s'était mis à manger, seul, perdu dans ses pensées.

Il avait cru ne jamais pouvoir réussir. Il avait failli toucher au but avec la petite Weasley, mais celle-ci avait pris peur et l'avait jeté. Heureusement, le jeune Crivey était passé par là, et, grâce à sa solitude et sa peine, lui avait ouvert son cœur, plus encore que la rouquine. Et finalement, il était mort, signant là la renaissance de Tom.

Celui-ci restait tout de même faible, après quatre mois de repos. Il dormait la plupart du temps, et le reste de la journée, il contemplait son nouveau corps. C'était fou à quel point son corps avait retrouvé sa jeunesse d'antan. Aucun de ses partisans ne le reconnaitraient dans la rue, ainsi. Seul, peut-être Dumbledore, qui le lui avait jamais fait confiance… Mais Dumbledore était vieux, alors que lui était jeune. Il n'avait pas vingt ans !

L'horcruxe ricana et acheva son repas pour ensuite retrouver la tranquillité de sa chambre. Il avait interdit l'accès à celle-ci, pour plus de sécurité, et, malgré ce qu'il faisait croire aux moldus, en bas, il lisait un peu, dans les journaux, notamment la Gazette du Sorcier.

Tom s'écroula sur le lit légèrement bancal, et tourna la tête vers sa table de nuit où le réveil lui apprit qu'il s'était levé i peu plus d'une heure et demi. Le jeune sorcier soupira en notant que son corps retrouvait ses forces lentement, mais sûrement, et fixa le mur au-dessus de son bureau, où des dizaines d'articles de la Gazette avaient été soigneusement découpés puis accrochés.

La plupart s'épanchaient sur le Ministère et ses principaux dirigeants, comme Cornelius Fudge et Amélia Bones. Il y avait également griffonné sur le papier peint jaunâtre une liste de tous les fonctionnaires qui pourraient l'aider, avec en tête, Lucius Malfoy.

Tom sourit, et pour une fois, ses yeux brillèrent d'excitation, quittant leur froideur habituelle. Il finit par replonger dans un sommeil réparateur, tandis que son esprit échafaudait d'ores et déjà de nouveaux plans pour le conduire à la gloire et au pouvoir.


Le retour de Tom ! Et oui, on en parlait plus ! Pourtant il est toujours là !

Notez d'ailleurs, que 'ce' Tom-ci a retrouvé son corps humain grâce au journal et à Colin Crivey. DONC, étant donné que je suis en parallèle le canon...(à compléter vous-même !)

Sinon, comment avez-vous trouvé Gellert ? J'espère qu'il n'est pas OOC selon vous, même si on ne l'a pas encore trop vu...

Sirius va être mis de côté pour quelques chapitres, tout comme Tom. En fait, les fins de chapitres centrés sur un autre personnage servent surtout à rappeler le contexte, dont Ladislas n'a pas toujours conscience. Et donc, comme nous sommes dans le HP3 pour l'instant...je me laisse au moins six mois pour réintégrer Sirius (puisqu'il ne finit à Poudlard qu'en juin si je ne m'abuse, ou plus exactement, il agit en juin). Voilà voilà.

Y-a-t-il autre chose ? Je ne crois pas, j'ai fait le tour...

Donc, bon week-end et on se retrouve la semaine prochaine !