Thème: voler

Personnages: Tom Jedusor, Andreï Dolohov, Esther Fawley.


L'Envol Noyé

Tom Jedusor et Andreï Dolohov étaient tout deux attablés dans la salle commune de Serpentard. Ils avançaient leurs tout premier devoirs en tant qu'élèves de Poudlard, celui de Métamorphose pour Dumbledore. Posant un instant sa plume, Tom laissa son regard se portée sur la triste multitude qui l'entourait : tous les élèves se confondant et ne relevant pas d'un intérêt particulier. Il en vînt, il ne su pour quelle raison, à arrêter son regard sur Esther Fawley qui se tenait debout devant les vitres donnant sur les eaux du lac.

Cette dernière était plongée dans la lecture frénétique d'un tas de papier fin et blanc dont ressortait d'étranges signes noirs, de ce qu'il pouvait apercevoir. Elle faisait les cents pas, opinant seule de la tête comme une imbécile heureuse. Au bout d'un moment, elle sortie sa baguette magique de sa poche et invoqua une énorme bulle de silence. Aucun bruit ne filtrait de la pièce, pourtant. Tom était des plus sceptique face à cet étrange -et inutile- manège. Pourtant, il ne parvenait pas à détourner ses yeux de la scène.

« Qu'est-ce qu'elle fait ? hasarda-t-il. »

Interpellé, Dolohov se détacha de son devoir comme pour regarder ce qui se tramait, lui aussi. Mais Tom avait remarqué que son compagnon d'origine russe observait souvent la fille, à la dérobée.

Fawley venait de métamorphoser un fauteuil en piano forte sous leurs yeux, et l'indifférence des autres étudiants qui vaquaient à leurs occupations. Elle s'installa un léger sourire aux lèvres et commença un étrange ballet : elle balançait sa tête d'avant en arrière, au grès de quelques mouvements de poignets, ses doigts ne cessant de s'étirer et contracter en des mouvement indisciplinés au grès des touches de l'instrument. Tom ne pouvait se départir de son inquisition de cet étrange mime dont aucun son ne filtrait en vertu du sortilège d'insonorisation. De loin, elle semblait hors du temps, de l'espace avec une esquisse béate scellée sur sa bouche. Elle semblait heureuse, les yeux clos d'une manière sereine, on pourrait même aller jusqu'à la qualifier de « libre ».

« Elle vole, loin, très loin de nous, conclu enfin Andreï avec un air contemplatif plaqué sur le visage. »

C'était ridicule, trancha-t-il pour lui-même, avec agacement, en fronçant les sourcils. Vu de leurs positions, elle semblait plutôt être noyée dans les profondeurs du Lac Noir que flottant dans les airs.