Chapitre 14 : Trois jours loin du château.
Où un tournoi de chevalerie entraîne Ronald et sa servante au château du seigneur Harry ; où Hermione voit combien elle est chanceuse. Première nuit dans la chambre de Ronald. Deuxième nuit dans le lit de Ronald.
On était arrivé à la fin du printemps et comme tous les ans, le seigneur voisin, père de Harry, meilleur ami de Ronald, avait organisé un tournoi de chevalerie. Ces festivités, où l'on combattait, mangeait, dansait et ripaillait, duraient trois jours. Et comme tous les ans Ronald et ses parents étaient bien sûr invités, Ronald content de revoir son ami Harry.
Hermione fut prévenue quelques jours avant qu'elle devait préparer les affaires nécessaires, pour Ronald et pour elle, puisqu'en tant que servante personnelle, elle devrait l'accompagner.
Elle fit le voyage sur le chariot des bagages, avec les servantes du seigneur Lucius et de sa femme : le voyage dura une bonne demi-journée, et Hermione trouva le temps long assise dans le chariot et ballottée de tous côtés par les ornières du chemin.
L'arrivée au château se fit néanmoins sans problème, le château était plus récent que celui de Ronald, mais plus petit, et moins propre aussi comme Hermione put le constater en entrant dans la chambre prévue pour Ronald où l'on déposa les bagages : elle dut aérer et nettoyer avant de pouvoir déballer et ranger les affaires.
Pendant ce temps, Ronald était occupé à visiter la propriété avec les autres seigneurs invités. Il ne revint que dans la soirée vers 18h. Pendant ce temps, Hermione avait préparé le feu dans la cheminée en demandant conseils aux autres servantes, peu aimables d'ailleurs, en comparaison de Molly… Elle avait dû se débrouiller presque toute seule et avait perdu beaucoup de temps.
Quand il entra, elle avait allumé une flambée, et avait réussi à se faire procurer une bassine en bois : le seigneur de ce château ne prenaient visiblement pas de bain, car elle avait même dû expliquer à quoi lui servirait sa bassine…
- Vous m'avez trouvé une bassine pour prendre un bain ? dit Ronald admiratif. D'habitude, je ne me baigne pas pendant plusieurs jours ! Bravo !
Hermione rougit sous le compliment.
- Je sais que vous êtes charmante quand vous rougissez, Hermione, mais arrêtez de rougir au moindre compliment de ma part ! dit Ronald sur le ton de la plaisanterie, ce qui évidemment fit rougir Hermione de plus belle.
- Allons bon, vous y voilà encore ! Et il rit doucement, ce qui fit sourire Hermione.
- Ah enfin, j'arrive à vous faire sourire !"
Et tout content de lui, Ronald se déshabilla et entra dans le bain.
- Il fait vraiment froid dehors pour une soirée de printemps, je suis sûr qu'il gèle presque ! constata Ronald alors qu'Hermione lui savonnait le dos, Ah, au fait vous irez demander une ou deux couvertures supplémentaires…
- C'est déjà fait monseigneur, je vous en ai préparé deux en plus au cas où vous auriez froid.
- Je ne parlais pas pour moi, mais pour vous, Hermione !
- Pour moi ?
- Oui, vous n'avez pas de chambre particulière comme dans notre château, et je ne vous conseille pas la cuisine où tout le monde dort entassé et où il ne se passe pas des choses très catholiques, si vous voyez de quoi je veux parler ou plutôt ce dont m'a parlé Molly…
Hermione sentit son sang se glacer et son cœur s'accélérer :
- Mais où pourrais-je dormir ?… murmura Hermione ne sachant plus quoi faire et désemparée, tremblant d'avance de ce qui pourrait lui arriver si elle restait en cuisine et pensant à ce à quoi elle avait échappé il y avait peu…
- Eh bien ici, que diable, vous vous installerez ici, devant la cheminée, en plus vous serez au chaud !
- Mais …
- Allons, Hermione, je ne vais pas vous manger, vous le savez bien, c'est en tout bien tout honneur bien sûr ! Faites-moi confiance !
- Mais je … ajouta Hermione paniquée
- C'est un ordre de ton seigneur ! Ça ne se discute pas ! dit-il, le regard durci.
Sous le ton et le regard impérieux et le tutoiement, Hermione baissa les yeux et se tut. Ronald se maudit tout bas d'avoir été si agressif : ce n'était pas comme ça qu'il gagnerait la confiance d'Hermione …
Pendant tout le temps du repas de Ronald qu'il partageait avec les autres seigneurs, Hermione attendait angoissée, ayant mangé rapidement après avoir s'être fait servir un morceau de pain et du fromage en cuisine. Il arriva très tard, alors que la fatigue menaçait de faire fermer les paupières d'Hermione, et rapidement il se déshabilla et se coucha dans son lit.
- Vous pouvez également vous coucher Hermione, je n'ai plus besoin de vos services…
Comme Hermione hésitait, il ajouta gentiment :
- Prenez les 2 couvertures et couchez-vous près du feu…
Elle obéit, dénoua son fichu, son tablier, mais n'osa se déshabiller davantage comme elle le faisait étant seule : elle prépara les couvertures, et s'étendit devant la chaleur du feu : le bois crépitait, et le doux ronronnement des flammes était apaisant. Elle crut ne pas pouvoir s'endormir et pourtant elle sombra rapidement au pays des rêves. Dans la chaleur de la pièce elle dormit mieux que toutes ces journées d'hiver dans sa chambre froide et humide du château...
Réveillé par un rayon de soleil qui passait à travers un trou dans la tenture de la fenêtre, Ronald vit qu'Hermione dormait toujours paisiblement et n'osa pas la réveiller : il la regarda donc dormir de son lit, sans un bruit, admirant son doux visage, ses paupières closes aux longs cils et ses longs cheveux châtains qui étaient habituellement habilement masqués sous sa coiffe blanche. Quand elle s'éveilla enfin, elle mit quelques secondes à se rappeler où elle était, puis se rendit enfin compte que Ronald la regardait :
- Oh Monseigneur, vous auriez dû me réveiller, dit elle se levant soudainement. Quelle heure est-il mon Dieu ?!
- Du calme voyons, je ne suis pas pressé : vous avez tout le temps ! dit Ronald en souriant.
Mais elle mit son tablier et son fichu en quelques secondes et dit à Ronald : Je vais tout de suite chercher votre déjeuner, Monseigneur !
Mais Ronald se leva et saisit Hermione par son poignet :
- Je veux qu'une chose soit claire, Hermione, je ne suis pas mon père, je n'ai jamais réprimé un domestique ou pire, je ne l'ai jamais frappé ou puni surtout si il faisait son travail correctement, alors cessez de paniquer comme ça, je n'ai aucun reproche à vous faire, détendez-vous un peu… Sa voix s'était adoucie au fur et à mesure, voyant la frayeur dans les yeux de Hermione.
Hermione fut tout estomaquée et ne sut pas quoi dire, ni quoi faire …
- Bon et bien si vous voulez, vous pouvez m'aider à m'habiller et ensuite seulement vous descendrez tranquillement chercher de quoi nous sustenter, car il faut que vous mangiez vous aussi !
La journée passa lentement pour Hermione car elle n'avait rien à faire, donc l'après-midi, elle sortit voir les tournois des chevaliers …Beaucoup de spectateurs étaient présents et elle dû jouer des coudes pour trouver une place correcte, car avec sa petite taille, elle avait du mal à voir… Les chevaliers s'affrontaient avec ardeur et les drapeaux aux couleurs des différents blasons flottaient gaiement dans les airs, les parant de couleurs chatoyantes, tandis que le chant des trompettes et des cors résonnaient joyeusement.
Le soir, après le repas cette fois, elle prépara à nouveau la chambre de Ronald et son bain.
- Ah, mon bain est prêt… Merci, Hermione, ça va me faire du bien !
Il le prit et s'y délaissa quelques instants, puis se levant, il dit nonchalamment :
- Pourquoi vous n'en profitez pas un peu, vous devez avoir envie de vous laver, non ?
- Mon seigneur, je ne me permettrez pas de … dit Hermione rougissant déjà rien qu'à cette pensée.
- Allons, s'il faut vous le dire comme ça, c'est un ordre …
- Mais …
- Bien sûr je vais sortir de la pièce pendant que vous ferez vos ablutions … Allez donc, je vous laisse, je reviens d'ici une bonne demi-heure, ça devrait vous laisser le temps. Je frapperai avant d'entrer. Trois coups, d'accord ? Comme ça vous saurez que c'est moi.
Hermione n'eut pas le choix et c'est vrai qu'elle en avait envie.
Elle attendit quelques instants pour être sûre que Ronald était sorti puis se déshabilla rapidement et s'enfonça dans l'eau encore fumante. Elle se savonna rapidement, se rinça et se sécha devant le feu avec ses vêtements tendus devant elle au cas où quelqu'un rentrerait.
Puis elle s'habilla : Ronald frappa et entra quelques minutes plus tard :
- Alors ça fait du bien, non ? Maintenant que vous avez essayé, je suis sûr que vous ne pourrez plus vous en passer ! Bon allez, il est temps d'aller dormir, et puis faites-moi plaisir, vous n'allez pas dormir par terre encore une fois ? C'est bon pour les manants, ça ! Le sol est froid en plus. Venez dans mon lit, il est assez grand pour deux…
Ronald avait lancé ça tranquillement, mais pour Hermione, cela fut pire que tout : elle repensa aux propos sur le seigneur Lucius et cela lui fit l'effet d'un seau d'eau froide…
Ronald le sentit aussitôt et se défendit :
- Bien sûr en tout bien toute honneur, je me mets à l'autre bout, tenez, voyez…
Ce disant, Ronald s'était couché à un bout du lit, laissant l'autre moitié du lit vide.
- Allons, venez, Hermione… C'est un ordre ! ajouta-t-il voyant que Hermione ne bougeait pas - il savait maintenant que était les seuls mots qui la faisaient bouger !
Hermione s'avança timidement vers le lit et se coucha le cœur battant, sur le dos.
- Bonne nuit, dit Ronald sans autre formalité et se tournant vers le côté dos à Hermione, il fit mine de s'endormir.
Pendant quelques minutes, on entendit que le crépitement du feu, Hermione osant à peine respirer. Puis, le silence fut rompu par les ronflements de Ronald, de plus en plus forts.
Hermione sourit dans l'obscurité, puis finit par s'endormir elle aussi sans même s'en rendre compte, vaincue par la fatigue.
Le matin, le bruit des servantes dans les couloirs qui commençaient à aller et venir les réveilla en même temps. Hermione se retrouva blottie contre Ronald, car le lit trop vieux était creux en son centre ce qui les avaient rapprochés au cours de la nuit sans qu'ils le veuillent. Elle était calée contre le torse nu et chaud de Ronald, et quand elle s'en rendit compte, eut un bref mais violent mouvement de recul …
- Bonjour Hermione ! dit Ronald avec un sourire un peu taquin, Vous avez bien dormi ?
- Euh, oui … dit Hermione rougissante et se levant précipitamment pour masquer son trouble.
- Allons, vous voyez bien que vous n'avez rien à craindre de moi.
- C'est vrai mon seigneur. Je… Je m'excuse ! Je vous fais confiance à présent et je vous serez toujours loyale.
Ronald ne répondit rien mais fut satisfait : il avait gagné la confiance d'Hermione durant ces trois jours passés loin de son château, ce qui était un gros progrès...
