Tout d'abord je souhaite de bonnes vacances à celles (ceux ? sait-on jamais ^^) qui sont en vacances :) Voici le chapitre 14, qui honnêtement, me plaît assez, mais je pense que c'est aussi parce qu'il y a des passages auxquels j'avais déjà réfléchis depuis un (très) long moment qui apparaissent. Bonne lecture !


Remus était derrière elle, et visiblement il avait entendu leur conversation. Tous deux se regardèrent en rougissant.

-Je suis désolée de te faire de la peine, dit Hermione en voyant que Remus ne réagissait pas.

-Oublie tout ça, dit-il en regardant ses pieds.

-Tout ça quoi ?

-Ce que Sirius et Lily t'ont dit.

Hermione baissa les yeux à son tour. Pourquoi cela la rendait-elle si triste qu'il souhaite qu'elle oublie leur obstination à vouloir la faire tomber amoureuse de lui ?

-Tu veux… tu veux m'acc… nous accompagner à Pré-au-Lard samedi prochain ? demanda Remus, retrouvant du courage en voyant son air triste.

-Les accompagner eux, ou t'accompagner toi ? interrogea Hermione en se mordant la langue.

Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ?

-Comme… comme tu veux.

Hermione releva la tête, mais dès que son regard croisa celui de Remus, celui-ci baissa les yeux.

-Je veux bien y aller avec toi.

Remus releva les yeux et lui adressa un sourire timide. Il s'approcha, et soudain, Hermione vit un autre visage apparaître à sa place l'espace d'un seconde, tel un flash.

-J'ai déjà quelqu'un… Je pense que je devais t'avertir.

Remus s'écarta puis partit en courant, et Hermione s'adossa contre le mur, le souffle court, comme si elle avait fait le tour du château en courant, et s'affaissa au sol. Ron… Comment avait-elle pu avoir ces pensées à propos de Remus ? C'était Ron qu'elle aimait… Et Remus n'avait pas le droit d'éprouver autre chose que de l'amitié pour elle…

Ron, Ron, Ron. Elle ne devait plus ôter ce prénom de sa bouche, elle ne devait plus regarder un autre garçon que lui… Elle l'avait attendu suffisamment longtemps pour savoir qu'elle l'aimait… Alors comment avait-elle pu l'effacer de ses pensées aussi facilement ? Comment avait-elle osé sourire à Remus ? Lui faire penser que… Rien que cette idée lui donnait des nausées. Remus ne pouvait pas l'aimer de toute façon. Parce qu'elle était tellement différente d'elle… Elle n'était pas drôle, pas malicieuse, ni étourdie ou maladroite…

Mais le pire, dans tout cela, c'était la petite voix qui lui soufflait qu'elle n'avait pas vu Ron depuis presque un an et demi… Et que Remus ne cherchait pas en elle les qualités que Dora avait puisqu'il ne la connaissait même pas…

Elle se releva enfin, et reprit le chemin de la Tour. Elle pénétra dans le dortoir sans prêter attention aux autres filles qui bavardaient gaiement. Elle monta prendre une douche, et laissa l'eau couler de longues minutes avant de ressortir grelottante. Elle se coucha sans un mot, presque par automatisme. Mais c'était sans compter Lily qui s'approcha d'elle, s'assit sur le lit, et chuchota :

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je croyais que tu étais fâchée après moi ?

-Je ne veux pas que Remus soit triste, c'est tout, mais je ne veux pas que tu le sois non plus. C'est toi qui a passé deux mois chez moi, pas l'inverse.

-Je me suis excusée, satisfaite ?

Ron aurait pu dire la même chose, mot pour mot. Peut-être même lui avait-il dit cela, un jour…

-Pas si ça te mets dans cet état. Que s'est-il passé ?

-Il m'a invitée à Pré-au-Lard et j'ai accepté…

-Et ça ne te rend pas heureuse ? demanda Lily, un peu incrédule.

-Non, parce que… parce que j'aime quelqu'un d'autre.

Lily se releva brusquement, comme si elle s'était brûlée, et les autres lui jetèrent des regards inquiets mais elle leur fit signe que tout allait bien. Puis elle se pencha vers l'oreille d'Hermione qui était allongée sur le côté, face au mur et dos aux autres lits, et lui murmura :

-Tu ne lui as quand même pas dit ça ?

-Si je te le dis…, fit remarquer Hermione sans grande conviction.

-Je ne peux pas le croire…, dit Lily en secouant sa tête, ses longs cheveux roux frôlant le visage d'Hermione. Je pensais que tu accordais de la considération à tes amis… Mais finalement, peut-être qu'il n'est même pas ton ami…

Hermione pleurait en silence, mais un sanglot la trahit. Lily sembla mal à l'aise, puis susurra :

-Ce n'est pas vrai… La seule personne à qui tu as écrit cet été, c'est Sirius. Et tu nous as dit plusieurs fois que Neville était la seule personne qu'il te restait…

Lily marqua une pause et demanda après une hésitation :

-C'est la personne que tu as vu mourir, n'est-ce pas ?

-Non, ce n'est pas lui… Ce sont d'autres.

-D'autres ? Tu as vu plusieurs personnes mourir ?

Lily avait haussé la voix, et les conversations s'interrompirent. Rayan demanda :

-Qui a vu quelqu'un mourir ?

Beverly lui donna un coup de coude et lui montra Hermione allongée sur son lit. Lily à ses côtés semblait ne plus savoir que dire.

-On va toutes se coucher, décida Mary.

ooooo

Hermione s'était relevée dans la nuit, parce qu'elle n'avait pas réussi à s'endormir. Elle était passée par le portrait de la Grosse Dame qui sommeillait, regrettant de ne pas disposer de la cape d'invisibilité, comme autrefois.

Elle avait emprunté le passage menant chez Honeydukes, et s'était retrouvée à Pré-au-Lard. Il faisait très froid, mais ce n'était pas cela qui l'avait faite hésiter. Elle venait de se rappeler que les Maraudeurs vagabondaient souvent dans le village… Mais la lune était presque complètement effacée, et elle se rassura en pensant que même si elle venait à les croiser, ils seraient tous humains…

Le cimetière où elle se rendait régulièrement était quelque peu éloigné du village et demandait près d'un quart d'heure de marche. Allumant sa baguette, elle avança dans le froid glacial. Elle poussa ensuite la petite porte vacillante qui fermait le lieu où reposaient les morts. Elle passa entre les tombes vieillis, déchiffrant les noms qu'elle connaissait maintenant par cœur. Neville se trouvait au fond, là où les récents disparus étaient enterrés.

Sa tombe, simple, de pierre grise, comportait seulement son prénom et une citation : « La mort n'est pas une souffrance mais une délivrance ». On lui avait demandé pourquoi ni son nom ni ses dates de naissance et mort étaient inscrites, mais Hermione avait refusé de répondre. De toute façon, ce n'était pas vraiment lui qui se décomposait à ses pieds. Elle ne parvenait pas à associer Neville à cette tombe qu'elle venait voir chaque fin de semaine, en cachette. Même si le calme du cimetière l'apaisait, il y avait une pensée à laquelle elle ne parvenait pas à trouver de réponse, et qui la hantait : Si elle parvenait à revenir, retrouverait-elle Neville ? Et pourrait-elle seulement activer son retour sans la personne qui avait été envoyée avec elle ? Si jamais il fallait que tous les voyageurs soient présents pour effectuer le chemin dans le sens inverse…

Après avoir passé plus de dix minutes à contempler la tombe, silencieuse, Hermione dit finalement :

-Salut, Neville. Je crois que rien n'a jamais été aussi anormal. Maintenant tout va de mal en pis… Tout le monde est persuadé que Remus et moi sommes amoureux… Ce n'est pas possible… En plus d'avoir vingt ans d'écart, nous sommes tous les deux destinés à quelqu'un d'autre… Enfin, moi je ne sais pas, mais je suis certaine d'aimer Ron de tout mon cœur… Depuis le tout début ou presque, même si à une période je pensais être amoureuse de…

Hermione rougit malgré elle puis poursuivit :

-C'est si dur, sans toi. Je sais que je te le répète à chaque fois, mais je ne sais pas si j'y arriverai… Des fois, je préférai être à ta place. Cela semble tellement plus simple de mourir plutôt que de combattre… Cependant, c'est choisir la facilité. Mais le problème, c'est que je ne sais même pas ce que je cherche, ce que je combats… Je ne sais rien…

Hermione marqua une pause puis reprit :

-Je crois que je vais quand même aller à Pré-au-Lard avec Remus. C'est malsain et je me ferai forcément du mal, mais ça me manque tant… D'avoir des amis avec qui je peux me dévoiler… De rire, d'être insouciante… D'être celle que je suis, Hermione Granger, Née-Moldue, héroïne de guerre, amie d'Harry Potter, petite amie de Ron Weasley, créatrice de la S.A.L.E…

Hermione tourna les talons en disant :

-Au revoir, Neville. Tu me manques tant… Je te promets que même si tu n'existes pas, moi, je ne t'oublierai jamais… Je n'oublierai jamais le garçon qui a détruit le dernier Horcruxe et dirigé la Résistance de Poudlard…

Elle quitta le cimetière et traversa le village endormit, continuant jusqu'à Poudlard. Elle passa par la Cabane Hurlante et sortit du Saule Cogneur. Elle emprunterait plus tard le passage de chez Honeydukes pour rentrer dans le château. Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'assoupir avant plusieurs heures, si jamais elle y parvenait. Elle faisait régulièrement des insomnies depuis le décès de Neville.

Elle s'assit au bord du lac, et passa sa main dans l'eau froide. Le lac où elle avait été prisonnière, et libérée par Viktor… Harry avait tenté de la délivrer tout de même, ainsi que les autres… Le lac où Krum lui avait proposé de venir chez lui pendant les vacances… Elle aurait aimé accepter, mais Voldemort avait empêché tout cela. Voldemort avait gâché tant de choses… Il était mort, mais ses adeptes lui avaient retiré son futur. Malefoy l'avait enfermée dans le sablier plutôt que de la combattre, comme le lâche qu'il était…

Deux points jaunes apparurent soudain de l'autre côté du lac. Avant qu'elle n'ait pu y prêter plus attention, ils avaient disparu. Elle replongea ses doigts dans l'eau et sursauta quand Sirius arriva derrière elle.

-Comment as-tu su que j'étais là ?

-Je t'ai vue…

-Depuis le dortoir ?

Sirius ne prit pas garde à sa remarque et demanda :

-Alors, comme ça, tu aimes déjà quelqu'un ?

Hermione poursuivit ses petits mouvements circulaires dans l'eau, refusant de le regarder et répondre à sa question.

-Je trouve ça ignoble de ta part… Tu t'es comportée comme une égoïste. Pire, même, comme une sadique. C'est quoi ton problème, en réalité ? Tu te rends comptes qu'on t'a offert une place parmi nous, qu'on t'a donné notre amitié, et même plus, alors qu'on ne sait pratiquement rien de toi ? On s'est dévoilés à toi, moi particulièrement, mais tu restais toujours distante, tu nous racontais des mensonges, et tu pensais qu'on y voyait que du feu, alors qu'en réalité on faisait juste semblant d'y croire pour ne pas te faire de peine !

-J'ai peut-être d'excellentes raisons de ne pas tout dévoiler. Et je ne vous ais jamais forcés à devenir mes amis, alors désolée d'avoir été un tel poids pour vous.

-Tu sais que tu es encore en train de me mentir ? Enfin, partiellement. Tu essaies de me faire croire que notre amitié ne t'était pas indispensable, alors que je sais pertinemment que les amis font partis des choses qui te sont chères.

-Ah, oui, et comment le sais-tu ? demanda Hermione en se retournant.

-Quand on fréquente Remus depuis cinq ans, on reconnaît les gens comme lui, lâcha Sirius.

-Comment ça ? s'enquit-elle tandis que Sirius blêmissait et semblait sérieusement regretter ses précédentes paroles.

-Ceux qui… qui ont toujours peur de décevoir parce qu'ils… Ils n'ont pas une vie facile…

-C'est la raison pour laquelle tu me fais quand même confiance ? Pour laquelle tu finis par revenir vers moi même si tu es très en colère ?

-Sans doute, fit-il en haussant les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance. Maintenant, explique-moi les raisons de ton refus…

-Je n'ai rien à dire.

-Bon, arrête cinq minutes, ok ? Je viens de te dire que j'arrivais à déceler tes mensonges…

-Je ne… Je ne veux pas avoir autre chose que de l'amitié pour lui…

-Veux pas ? C'est à cause de ton abruti de petit ami ? Si petit ami il y a…

-Tu ne le connais pas, alors ne dis pas de mal de lui !

-Tu as vraiment un petit ami, alors ?

-Je donne l'impression de mentir ?

-Non, reconnu Sirius. Mais tu ne l'a pas vu depuis très longtemps, je me trompe ?

-C'est vrai…, murmura Hermione. J'espère que je pourrai le revoir un jour…

-Pourquoi est-ce que tu ne pourrais pas ?

-On ne t'a jamais appris le concept de vie privée, Sirius ?

-Tu oublies que je n'ai plus de parents…, fit Sirius avec sourire en coin, arrachant un soupir à Hermione. Mais vous êtes toujours ensemble ?

-Je n'ai pas envie de répondre à cette question.

-Donc j'ai raison !

-Pas du tout ! s'enflamma Hermione. C'est juste compliqué… Et de toute façon, je ne peux pas tomber amoureuse de Remus…

-Mais pourquoi ? demanda Sirius.

Parce qu'il doit épouser Nymphadora Tonks avait envie de répondre Hermione. Mais c'était stupide. Tonks devait avoir à peine quatre ans. Comment pourraient-ils comprendre par ailleurs ? Elle n'était pas censée savoir. Elle ne voulait plus savoir. Savoir qu'ils allaient vivre, souffrir, être heureux, avoir un fils, mourir…

-Laisse-moi.

Les larmes coulaient toutes seules, mais elle ne pouvait pas les arrêter. Ils étaient tous morts. Tous. Et elle devait rester là, à les voir attendre un futur qui ne viendrait jamais.

-Hermione !

Sirius courait derrière elle, après être resté immobile pendant quelques secondes, désarçonné par sa tristesse.

-Bon, écoute, je crois qu'on devrait arrêter là les mensonges. Parce que si je résume, tu aimes Remus… Ne proteste pas, c'est évident…

Mais Hermione n'avait pas la force de protester. Tournée de dos, debout devant Sirius, elle continuait à sangloter à fendre l'âme, et ce dernier s'approcha doucement, et lui saisit le poignet pour l'obliger à le regarder. Il la fit pivoter, et leva sa main tenant le poignet de la jeune fille devant lui.

-Il faut être forte, dit-il en secouant son poignet devant sa tête pour l'obliger à lever les yeux. Tu ne dois…

Il s'interrompit et ouvrit grand les yeux. Alarmée, Hermione enleva son bras à toute vitesse mais resta figée sur place, n'osant pas s'en aller.

Il était trop tard, de toute façon. Sirius avait vu.

-Que…, commença-t-il en tendant la main pour saisir le bras d'Hermione qui n'opposa aucune résistance.

Il n'avait pas rêvé. Sur le bras de son amie, les douze lettres couleur sang étaient présentes, jurant effroyablement avec sa peau.

« Sang-de-Bourbe »

Il savait qu'elle était Née-Moldue, elle le leur avait dit après son premier cours de Sortilèges, lorsque les Serpentards l'avait charriée à tout va… Mais cette horrible inscription… Les cicatrices, qui avaient pourtant l'air de dater, conservaient une couleur rouge sang. C'était… de la torture. Cette révélation frappa Sirius de plein fouet.

-Tu as été torturée ?

Hermione pleurait toujours, mais elle leva enfin les yeux vers lui, et il put y lire son silencieux cri de désespoir.

-Qui a fait ça ?

-Tu préfèrerais ne pas le savoir…

-Pourquoi ?

Elle garda le silence, et essuya de sa main libre les larmes qui coulaient sur ses joues.

-C'est quelqu'un que je connais ? Qui ? insista-il en voyant des larmes remplirent de nouveau ses yeux.

-Je ne te le dirai pas… Parce que tu n'as pas envie de savoir, et que tu ne comprendrais pas… Promets-moi que tu n'en parleras à personne. Promets-moi également que tu n'insisteras pas pour savoir… S'il te plaît, le supplia-t-elle.

-Je te le promets. Tu dois être fatiguée, non ?

Hermione hocha timidement la tête, alors que sa main se glissait naturellement dans celle de Sirius.

-On devrait retourner à Pré-au-Lard, proposa-t-elle.

-Pré-au-Lard ? Tu en as mis du temps pour venir, alors ! se moqua-t-il.

-On ne peut pas passer par le hall, ils ont renforcé la sécurité à la Toussaint, fit-elle remarquer.

-Oui, mais je connais un autre moyen. C'est une méthode qui n'est pas magique, donc pas considérée comme un passage secret…

-Il n'y a pas besoin de magie pour qualifier une cachette de passage secret, protesta-t-elle.

-Ça existe aussi chez les Moldus ? Regarde, on y est, dit-il en désignant le mur du château qui leur faisait face.

-Et où il est ton passage ?

-Ne sois pas moqueuse… Il est juste devant tes yeux. Cette pierre se déplace, et on débouche ainsi sur une petite cavité dans le Hall d'entrée… Il suffit de la faire pivoter, expliqua-t-il en levant sa baguette. Bien sûr, on peut la déplacer sans magie, mais c'est plus fatiguant. Voilà, tu peux passer.

Une pierre située un peu en hauteur s'était dégagée, et Hermione s'agrippa au mur pour parvenir à l'orifice, puis atterrit de l'autre côté. Sirius la rejoint et referma le passage.

-On remonte ? proposa-t-elle en bayant.

-J'ai une dernière question à te poser… Tu es allée à Pré-au-Lard en passant chez Honeydukes, n'est-ce pas ? Mais comment es-tu arrivée dans le parc ? Les barrières magiques ne peuvent pas être franchies…

-J'ai emprunté un autre passage, celui de la Cabane Hurlante.

Le visage de Sirius se décomposa, et il se passa nerveusement la main dans les cheveux.

-Ce passage à la réputation d'être dangereux…

-Ne t'inquiète pas, je connais la légende, mais je n'ai pas peur des esprits. Et puis, je suis une Gryffondore.

-Je ne m'inquiète pas pour les esprits, je ne crois pas qu'ils puissent faire grand mal… Regarde Peeves, par exemple… Mais ce qu'il y a là-bas est sûrement beaucoup plus dangereux…

-Je n'y vais pas les soirs de pleine lune, si c'est ce que tu veux savoir.

-Pardon ?

-Tu ne penses pas que ce sont des loups-garous qui s'y trouvent ? Je ne vois pas d'autre explication… Il doit y avoir un villageois contaminé…

-Euh… peut-être…

-Ooooooh mais que voilà ! Deux tourtereaux hors du dortoir !

-Peeves, ça suffit ! s'exclama Sirius.

-Je pense que notre concierge sera enchanté de l'apprendre ! Rusard ! appela Peeves.

-On se tire ! dit Sirius en saisissant la main d'Hermione.

Ils montèrent les étages à toutes allure, réveillèrent la Grosse Dame endormie qui les laissa passer de très mauvaise grâce, et s'affalèrent sur les fauteuils, à bout de souffle.

-Je pense que je vais te dire comment j'ai su que tu étais dans le parc, puisque tu m'as révélé… enfin que j'ai vu…

-Mes coupures.

-Ouais, voilà. Donc, en fait, James, Peter, Remus et moi-même avons créé… une carte. Une carte de Poudlard. Elle nous montre tous les déplacements de chaque personne à Poudlard. Je n'arrivais pas à dormir, alors je l'aie ouverte pour la regarder un peu, et j'ai vu ton nom dans le parc…

-Cette carte montre le vrai nom des gens, n'est-ce pas ? demanda Hermione, qui venait de penser que…

-Oui. Tu n'aurais pas quelque chose à me dire, à ce sujet ?

… Puckle ne lui servait plus de couverture pour les quatre Maraudeurs, et que l'un d'entre eux deviendrait Mangemort…

-Sur la carte, il est écrit Hermione Granger, poursuivit Sirius en voyant qu'Hermione ne réagissait pas.

-J'ai choisi de prendre le nom de mon cousin, expliqua-t-elle. Mes parents sont Moldus, comme tu le sais, continua-t-elle en passant machinalement sa main droite sur son bras, alors j'ai pensé que…

-Je comprends, dit Sirius.

-Je vais me coucher, annonça Hermione après un bref silence.

-D'accord. J'espère que tu viens à Pré-au-Lard avec nous demain… et Remus !

-Ne t'en fais pas, je viendrais !

ooooo

Hermione se réveilla quelques heures plus tard avec difficulté, baillant à s'en décrocher la mâchoire.

-Mal dormi ? s'enquit Mary en faisant son lit.

-Pas beaucoup, en effet.

-Heureusement que c'est le week-end demain !

-Tu l'as dit, approuva Delia. Surtout qu'on a trop de devoirs… Et de cours !

-Allez, on a Défense Contre les Forces du Mal, ce matin, ce n'est pas si dur !

-Non, c'est carrément nul, ajouta Lily.

-Si j'avais su je n'aurai pas continué, dit Delia en soupirant.

-Ne dis pas ça ! s'horrifia Lily. C'est essentiel la DCFM !

-La DCFM, oui, mais les cours de Manihil, non…

-Il ne restera peut-être pas l'année prochaine, dit Mary avec sagesse. On n'a jamais eu le même prof deux ans de suite dans ce cours…

Hermione se retourna pour étendre sa couette sur son lit, et sourit malgré elle. Elle se reprit aussitôt en pensant à la malédiction de Voldemort.

-Bien dormi, Hermione ? demanda Sirius lorsqu'Hermione le croisa dans la salle commune.

-Pas beaucoup, mais après tout, demain, c'est le week-end, répondit-elle.

-Et il y a la sortie à Pré-au-Lard…

-Ah, oui, c'est vrai…

Hermione se tourna vers le panneau d'affichage pour vérifier la date de la sortie, espérant secrètement que la sortie soit annulée, mais ce n'était pas le cas.

-On va manger ? proposa Sirius.

Le repas terminé, tous les Gryffondors de sixième années rejoignirent les autres élèves qui avaient continué cette matière, c'est-à-dire pratiquement tous, les seuls élèves à l'avoir abandonnée était d'ailleurs des Serpentards.

-On est vraiment obligés d'y aller ? demanda Peter à ses amis, espérant sans doute sécher le cours avec eux.

-Oui, Queudver, parce que Patmol a prévu quelque chose…

James se pencha vers Pettigrow et lui murmura quelques mots à l'oreille, faisant pouffer ce dernier.

Les élèves entrèrent, et la moitié d'entre eux ne salua pas le professeur, dans un signe de dédain. Celui-ci les regarda avancer en tremblant puis s'assit à son bureau et fit l'appel d'une voix tremblante. Alors qu'il appelait James, ce dernier ne répondit pas, car il était en train de bavarder avec Peter. Manihil le regarda d'un air suppliant quelques instants, puis sembla se rendre compte qu'il était ridicule, se leva à contrecœur, et avança vers les deux perturbateurs. Alors qu'il marchait dans la rangée, il s'étala soudain de tout son long. Sirius éclata de rire, et les élèves se levèrent pour regarder le professeur étalé par terre. Et qui ne se relevait pas.

Manihil s'était évanoui.

-Le cours est terminé ! s'exclama Sirius en rangeant une fine cordelette dans son sac.

Personne ne demanda son reste, et tout le monde sortit de la classe en riant, remerciant parfois les Maraudeurs.

-Que lui avez-vous fait ? demanda Delia.

-Juste tendu une corde entre les tables, et il s'est pris les pieds dedans.

-C'est tout ?

-Oui, promit Sirius.

-Si ça ça le fait tomber dans les pommes, alors qu'est-ce que ça doit être dans un duel ou un combat…

-Tomber dans les pommes ?

-S'évanouir, expliqua Delia.

-Une chose est sûre, ce n'est pas avec ce prof qu'on atteindra nos ASPIC, dit Peter.

-S'il n'y avait que les ASPIC… Mais c'est bien plus que ça, constata James.

-Il y aurait peut-être une solution…, dit Hermione.

Elle connaissait une solution, mais secrètement, elle espérait qu'ils ne seraient pas d'accord ou que le projet ne pourrait pas être mis en place… Mais si du temps de Ombrage, ils avaient réussi à la faire malgré les interdictions, ils y parviendraient forcément ici…

-Et qu'est-ce que c'est ? demanda Sirius, intéressé.

-Créer un groupe où les meilleurs élèves pourraient apprendre à ceux qui se débrouillent moins bien quelques sorts de Défense.

-Un groupe de DCFM ? Ça peut être une bonne idée… Mais à qui penses-tu quand tu parles d'élèves qui montreraient aux autres ?

-A Remus, dit Hermione en se tournant vers lui. Et à toi, Sirius, ainsi qu'à James.

Tous trois se regardèrent en souriant, et Peter se renfrogna, vexé de ne pas avoir été choisi.

-Et puis, Lily, je pense.

-Si Potter arrive à se tenir, je veux bien.

-Je sais me concentrer sur les choses importantes ! protesta James.

-J'accepte, dit Sirius. Qu'en penses-tu, Lunard ?

Remus hésita puis finit par accepter.

-On devrait faire une liste et proposer aux élèves de s'inscrire, dit Lily.

-De la cinquième à la septième année, ça semble bien, non ? demanda Delia.

-Je pense que c'est possible à partir de la quatrième année, commenta Hermione.

-Ça me semble un peu jeune, protesta Mary.

-Je ne crois pas, répliqua Hermione en pensant à Harry qui, en quatrième année seulement, avait dû relever des défis qui étaient supposés être accessibles aux élèves majeurs seulement.

-Quatrième année, c'est bien, dit précipitamment Sirius, qui quant à lui pensait aux cicatrices d'Hermione, et venait de calculer qu'elle avait sans doute l'âge d'être en quatrième année lorsque cela lui était arrivé.

-Le problème c'est… où est-ce qu'on fera les réunions ? Vous croyez que les profs voudront nous laissez une salle pour s'entraîner ?

-Tu te soucies de l'opinion des profs maintenant ? s'étonna Delia.

-Moi, non, mais les autres oui, et si on fait ça illégalement je pense que beaucoup moins de gens viendront…

-Tu n'as pas tort, reconnu-t-elle.

-Je demanderai aux elfes, annonça Hermione. Ils connaissent tous les recoins du château…

-Très bien. On devrait profiter du la sortie pour informer les autres, puisque que comme le disait Sirius hier, on va tous être obligés d'aller aux Trois Balais, fit remarquer Peter.

ooooo

-Tu as trouvé quelque chose ? demanda Sirius à Hermione, après avoir jeté un regard noir à Rusard qui l'avait fouillé plus longtemps que les autres, avant de finalement le laisser sortir.

-Oui, les elfes m'ont parlé d'une salle un peu spéciale… Ils l'appellent la Pièce Va-et-Vient, ou encore la Salle sur Demande…

-Salle sur Demande ? Et qu'est-ce que c'est exactement ?

-C'est une pièce, qui, si je l'ai bien compris nous donne ce dont nous avons besoin… Comme une salle d'entraînement. Elle est située au septième étage, et pour y accéder, il faut passer trois fois devant la tapisserie de Barnabas le Follet en pensant très précisément à ce que l'on veut.

-C'est fantastique ! Tu penses que l'on aura assez de place ?

-Je l'espère. Tu pourras venir avec moi l'essayer si tu veux.

-Après la sortie, promit Sirius en se retournant, comme s'il cherchait quelqu'un des yeux, alors que tous leurs amis étaient devant eux. Ah, la voilà !

Une jeune fille de sixième année se détacha de son groupe d'amies en rougissant un peu après avoir entendu Sirius, et s'avança vers lui.

-Oh non, c'est pas vrai, se désola Hermione tandis que Mabelle Bowers, une jeune fille élève de Poufsouffle, très mince, aux cheveux bruns et bouclés s'arrêtant au-dessous des épaules, avançait vers eux.

-Quoi ? Je ne fais rien de mal…

Mais Hermione ne put manquer le regard à la fois haineux et désespéré de Maud, un peu plus loin.


Haha... Pauvre Maud :(

Sirius a découvert les cicatrices d'Hermione (je sais que ce n'est pas dans le livre, mais dans le film, mais ça me plaît beaucoup, et ça me sert dans ma fic !), et il a révélé à Hermione l'un des grands secrets des Maraudeurs...

Je vous dis à la semaine prochaine et j'espère que ça vous a plu ! :)