14.
Harry entendait son professeur de potion vociférer dans le salon. Étendu sur son lit, il repensait au temps qui s'était écoulé depuis la fin de l'année scolaire. Il songeait à ses vacances, qui étaient de loin les meilleures qu'il n'avait jamais passé. Même s'il allait d'un endroit à l'autre, comme un vulgaire objet qui n'a pas son mot à dire et qui doit simplement se laisser faire, elles étaient merveilleuses. Il aimait cette instabilité, ce piment que lui apportait le danger constant d'être démasqué dans son petit manège. Il s'en voulait de trouver cela amusant, mais pourtant c'est bel et bien ce qu'il ressentait. Toutefois, il aurait aimé passer tout son temps auprès de Remus et de son parrain.
Il était bientôt sept heure du matin, il savait qu'il allait devoir se préparer et descendre prendre le petit-déjeuné, conformément aux règles établies par le maître des lieux. Épuisé, il aurait bien dormi davantage, mais cela était tout simplement impossible, avec un Rogue en colère qui grognait sans aucun répit aux alentours de sa porte. Il n'avait pas dû dormir, Harry en était certain. Le caractère de Rogue allait en être d'autant plus exécrable.
Harry se leva, enfila ses chaussons et se traîna en baillant jusqu'à la salle de bain. Il en ressortit quelques minutes plus tard, habillé et les cheveux trempés. Il s'empressa de rejoindre Rogue, qui maltraitait une tartine de pain grillé. Harry se demanda s'il allait la manger ou s'il allait la réduire en bouilli.
– Il y a un appareil moldu qui sèche les cheveux dans le placard du haut, grommela Rogue en dévisageant Harry. Je ne sais pas comment on s'en sert, mais en appuyant sur tous les boutons vous devrez bien trouver. Ne restez pas dans cet état. Vous êtes en train de dégouliner de partout.
– D'accord, merci.
Harry ne voulait pas mettre Rogue plus de mauvaise humeur que ce qu'il ne pouvait déjà l'être. Il tourna donc les talons et retourna dans la salle de bain, afin de se sécher les cheveux. Rogue avait de nombreux appareils électrique moldus. Il ne devait sûrement pas s'en servir. Ils portaient tous un sceau du ministère. Fudge avait dû les donner pour Harry. La maison de Rogue, à l'inverse de celle de Sirius, était totalement dépourvue d'électricité. Sirius, lui, habitait dans une maison moldue, qu'il avait aménagé à son goût et qui était à moitié moldue et à moitié magique.
Une alarme retentit alors, pour avertir Rogue d'une intrusion dans sa propriété. Harry tendit l'oreille, alors que son professeur ouvrait la porte d'entrée.
– Bonjour Severus, souffla la voix d'une femme.
– Tu diras à ton mari que s'il me fait encore perdre mon temps, il se débrouillera tout seul.
– Nous avons eu un contre-temps.
– Et prévenir c'est trop demandé, je présume? Je vous ai attendu toute la nuit.
Harry rangea le sèche-cheveux à sa place et descendit doucement les escaliers. Le visage de Narcissa était tordu par l'agacement. Elle fixait Rogue avec lassitude mais intensément, comme si elle cherchait à communiquer avec lui par la pensée. Lorsque ses yeux se posèrent sur Harry, ses lèvres se plissèrent légèrement. Elle poussa Drago devant elle et embrassa doucement sa joue, avant de se tourner vers Rogue pour le saluer. Elle s'éclipsa ensuite, en pressant une dernière fois ses lèvres sur le front de son fils.
Rogue soupira lourdement et adressa un regard vers Harry, qui se tenait immobile dans les escaliers.
– Monte, Drago. Potter te montrera votre chambre.
– Notre chambre? répéta le blond en haussant les sourcils. Nous n'allons quand même pas dormir ensemble? Nous ne ressemblons pas à des Weasley, qui sont sans arrêt entassés les uns sur les autres.
– Je n'ai qu'une seule chambre, en plus de la mienne. J'ai un canapé si tu préfères, répliqua sèchement son professeur.
Drago se redressa de tout son long et la tête haute, s'empressa de rejoindre Harry. Ce dernier soupira et le conduit jusqu'à leur chambre. Drago observa la petite pièce à l'allure hautaine et se laissa tomber sur le lit qui avait été à Dudley.
– Au moins tu n'as pas décoré ridiculement cette chambre avec des affaires stupides. D'ailleurs, pourquoi ne pas l'avoir un peu mieux personnalisé? Tu te sentirais sans doute mieux si ta chambre te ressemblait un peu plus.
– Je risque de partir d'une seconde à l'autre, je n'ai pas envie de m'étaler.
Drago eu un reniflement dédaigneux et observa longuement Harry. Il ne fit aucun commentaire supplémentaire. Il semblait en pleine réflexion. Le brun se laissa à son tour tomber sur son lit, légèrement gêné face à ce silence qu'il ne savait pas comment combler. Le blond était différent de ce qu'il avait pu connaître à Poudlard. Il avait toujours su comment le détester. Il ne savait rien faire d'autre, lorsqu'il s'agissait de Malefoy. Toute cette situation était étrange et le laissait quelque peu hésitant. Il ne voulait pas paraître trop entreprenant avec lui, en s'offrant totalement et en devenant son ami, comme si rien ne s'était passé. Et il ne voulait pas non plus se montrer froid et distant, alors que Drago semblait vouloir faire des efforts.
Il fixa vaguement le jeune adolescent qui se tenait face à lui. Il le détestait tant. Au fond, rien ne pourrait jamais effacer toutes les méchancetés que Drago avait prononcé et toutes les entraves qu'il avait mis dans sa vie et dans celle de ses amis.
Drago se leva alors et ouvrit sa valise. Harry observait le Serpentard du coin de l'œil, alors que celui-ci sortait ses habits pour les ranger dans l'armoire.
Il sourit en voyant que Harry lui avait laissé de la place.
– Tu aurais dû aller à Poufsouffle, rit-il en secouant doucement la tête d'un côté et de l'autre.
Il ne pu toutefois pas réprimer une grimace en voyant que ses affaires étaient pliées n'importe comment et négligemment entassées dans un coin de l'armoire. Drago, lui, avait des affaires parfaitement repassées. Il prit garde de les ranger avec soin et se retourna vers Harry qui somnolait à moitié.
– Tu n'as pas l'air habitué de te lever tôt, remarqua Drago en s'asseyant à ses pieds.
– On est en vacances, se défendit le brun.
Tout au long de la journée, Drago s'était montré particulièrement agréable. Du moins, à sa façon. Harry et lui avaient eu des conversations sérieuses, d'autres un peu plus joyeuses, mais en aucun cas, l'on pouvait se dire qu'il s'agissait de deux ennemis. Harry se sentait bien. Peut-être que ces neufs jours n'allaient pas être si abominables que ça, finalement. De plus, Rogue restait enfermé dans son laboratoire et ne les dérangeait pas. Ils pouvaient faire ce qu'ils souhaitaient, sans être réprimandés.
– Tu as ton balais? demanda Drago, qui croquait dans une pomme.
Ils étaient tous les deux par terre, allongés sous un vieux pommier et observaient les nuages qui se déplaçaient doucement au dessus de leur tête.
– Oui, répondit Harry avec un froncement de sourcils suspects.
– Génial. Vas le chercher. Nous allons faire un petit tour.
– Je ne peux pas, répondit précipitamment Harry. Rogue m'a interdit de l'utiliser et de bouger d'ici. Je suis coincé chez lui. Et je ne tiens pas forcément à le mettre en colère.
– Allez, Potter, il ne le saura pas. Il ne sortira pas avant le dîner. Il ne se rendra compte de rien.
– Ce n'est pas une bonne idée.
– Tu as peur? sourit Drago en le dévisageant. Et bien, quel courage! Tu es sûr d'être dans la bonne maison?
Agacé, Harry retourna dans sa chambre et se saisit de son balais. S'il se faisait punir à cause de Malefoy, il se promit de faire de sa vie un véritable enfer. Il s'empressa de le rejoindre. Il se sentait profondément stupide d'agir en fonction des désirs du blond, mais il devait avouer qu'il avait terriblement envie de voler. Une partie de lui, lui en était même reconnaissante. Il enfourcha son balais et donna un grand coup sur le sol. Il se retrouva alors dans les airs et laissa le vent lui chatouiller doucement la peau. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire du bien.
Drago l'observait silencieusement, lui laissant le temps de savourer ce moment. Harry serra un peu plus fort le bois de son éclair de feu et s'éloigna à toute vitesse de la maison. Il entendit Drago lâcher un juron, pour ne pas l'avoir attendu. Ils firent la course dans la petite propriété, qui était à l'abri des regards indiscrets, puis Drago lança un sort de confusion sur lui-même et sur Harry.
– Malefoy! Tu viens d'utiliser ta baguette! Tu es fou? Tu veux te faire virer de l'école?
Harry lançait des regards affolés de tous les côtés, comme s'il craignait de voir apparaître un hibou du ministère d'une minute à l'autre.
– Tu vas me faire croire que cela te poserait un problème? Allez, viens, suis-moi.
Harry lâcha le manche de son balais pour se gratter le sommet du crâne et poussa un grognement désapprobateur en le voyant s'éloigner.
– On ne peut pas sortir d'ici! s'écria-il. Il fait jour, les moldus vont nous voir!
Drago soupira et fit demi-tour en maugréant.
– Je viens de nous lancer un sort. Les moldus penseront voir des oiseaux et ne se poseront pas plus de questions. Bouge-toi, maintenant, ou Rogue pourrait nous voir de sa fenêtre, on est planté devant comme deux imbéciles.
Drago semblait légèrement nerveux. Harry tourna les yeux vers la maison de Rogue qui semblait éteinte et sans vie. Il jeta un coup d'œil vers son balais et n'hésita plus. Il avait envie de voler. Il rattrapa donc le Serpentard, qui avait pris de l'avance. Mais son Nimbus 2001 était moins rapide et puissant que le sien et il le devança rapidement.
Malheureusement pour les deux jeunes hommes, le temps qui s'était calmé dans la nuit, s'emballa une nouvelle fois. En quelques secondes, de lourds nuages noirs remplacèrent ceux de cotons. Un éclair fendit le ciel et de minuscules goûtes de pluie s'écrasèrent sur leur visage.
– 'Fait chier ce temps, maugréa Drago. Apparemment il ne va faire que pleuvoir cette semaine.
Il paraissait impatient et en colère. Harry haussa les sourcils. La pluie n'avait jamais tué personne. Ce n'était pas très grave pour lui, au contraire. La chaleur était insupportable, il trouvait donc ce temps agréable. Toutefois, il tombait à présent des cordes et ils eurent leurs vêtements trempés en quelques instants. Ils s'empressèrent de rentrer.
Le visage fermé, Drago poussa la porte et sursauta. Harry, qui n'avait pas vu son immobilité, manqua lui rentrer dedans. Il n'avait pas besoin de lui poser de questions pour savoir ce qu'il se passait. Les bras croisés, Rogue les toisait d'un regard sévère.
– Séchez-vous. Changez-vous et allez dans votre chambre. Vous ne descendrez que lorsque je vous en donnerai l'autorisation. Pendant ce temps, je vais chercher une punition qui sera à la hauteur de la colère que j'éprouve à cet instant.
– Vous ne pouvez pas me punir, répondit Drago en croisant à son tour ses bras sur sa poitrine.
– Vous êtes sous ma responsabilité. Tous les deux. Vous aviez ma confiance et vous l'avez trahi. Imaginez seulement si vous vous étiez blessés ou autre.
– On ne faisait que voler, s'agaça Harry.
– Je vous conseille fortement de vous taire, Potter, si vous ne voulez pas passer le reste des vacances enfermé dans votre chambre. Vous pensez sans doute que vous pouvez outrepasser toutes les règles, que vous pouvez désobéir et vous mettre en danger, vous et les autres, sans jamais recevoir de reproches? Depuis votre première année, vous êtes récompensé lorsque vous n'en faite qu'à votre tête. A présent c'est différent. Je vous ai laissé faire ce que vous voulez et je n'aurais pas dû. Comme l'on dit souvent, «donnez une main et on prendra votre bras». Je suis déçu, mais cela ne m'étonne pas. Déguerpissez. Immédiatement.
Harry soupira. Il était touché par les paroles de son professeur. Il le détestait, pourtant savoir qu'il venait de le décevoir le rendait plus triste que ce qu'il ne l'aurait pensé.
– Et donnez-moi vos balais, siffla Rogue en tendant les mains vers les deux adolescents.
Le visage outré de Drago lui répondit, sans même ouvrir la bouche. Il le fixa avec consternation, mais Rogue soutenait son regard. Le jeune Malefoy soupira et plaqua, plus violemment qu'il ne l'aurait voulu, son balais dans les mains de son professeur. Harry fit de même, après de longues secondes d'hésitation et rejoignit silencieusement sa chambre.
Drago pointa sa baguette sur lui.
– Qu'est-ce qui te prend? s'énerva Harry.
Il chercha sa baguette dans sa poche, mais le rire amusé de Drago le rassura.
– Je ne vais pas te jeter de sort, sombre idiot. Enfin, si, mais..
Harry se sentit bien tout d'un coup, ses vêtements et ses cheveux étaient secs. Il secoua la tête et dévisagea Drago.
– Encore de la magie? C'est la deuxième fois aujourd'hui.
– Tu vas compter à chaque fois que je vais me servir de ma baguette? répliqua sèchement Drago en se jetant un sort à lui-même.
– Mais..
Harry ne finit pas sa phrase. Drago se laissa lourdement tomber sur son lit et quitta ses chaussures, en faisait exprès de le viser. Il paraissait passablement énervé, mais à la fois très amusé de la situation. Harry, lui, était de mauvaise humeur. Après tout, c'était son problème et pas le sien. Si Drago se faisait renvoyer de Poudlard, tant pis pour lui. Il n'en avait rien à faire, à vrai dire.
Drago attrapa un jeu sorcier et incita Harry à prendre place face à lui, avec toute l'arrogance et la froideur qui le représentaient si bien.
– Non. Je n'ai pas envie de jouer avec toi.
– Oh, Potter, ne me dis pas que tu me tiens responsable pour ce qui s'est passé? Ce n'est pas de ma faute. Je t'ai peut-être encouragé à voler, mais tu étais plutôt heureux de le faire.
– Je ne parle pas de ça, Malefoy, je te demande pourquoi je voudrais jouer avec toi alors que tu me traite comme un moins que rien.
Drago se pinça l'arrête du nez et soupira.
– D'accord, excuse-moi, grommela Drago. Je vais te le demander plus poliment, si c'est ce que tu souhaites. Est-ce que tu as envie de jouer avec moi?
– Je veux bien, répondit Harry en s'efforçant d'être aimable et de calmer le sarcasme qui s'entendait dans le son de sa voix.
Même si Drago ne paraissait pas réellement sincère dans ses excuses, il faisait des efforts et cela semblait lui coûter beaucoup. Il s'assit donc face à lui et attrapa les pions et les cartes que le blond lui tendait. Le jeu s'avéra être amusant et les deux adolescents prirent beaucoup de plaisir. Il y avait toujours une certaine rivalité entre eux. Aucun des deux ne voulaient perdre. Harry trouvait le fait de se battre contre quelqu'un qui était acharné à remporté la partie, réellement plus intéressant que de jouer contre un ami. Drago s'en fichait d'être aimable et ne laissait aucune chance à Harry. Et cela lui plaisait.
Rogue les appela finalement à l'heure du dîner. La tête haute et les yeux fuyants, les adolescents descendirent donc dans la salle à manger. Ils s'installèrent en face de leur professeur et ne dirent aucun mot.
Après un long moment de silence, Rogue prit la parole d'une voix forte et grave.
– Je comprends votre envie de voler. Seulement vous ne pouvez rien faire sans mon accord, car vous êtes sous ma responsabilité. Je ne veux aucun problème. Je ne veux ni Lucius et Narcissa, ni Fudge et Dumbledore, sur mon dos. Je vais vous rendre vos balais mais je veux, à partir de maintenant, que vous me demandiez la permission avant de faire la moindre petite chose. Vous avez le droit de vous servir de vos balais dans la propriété, mais bien sûr, il vous est formellement interdit d'en sortir. Si vous le faite, j'en serais immédiatement avertis et les sanctions seraient à la hauteur de votre désobéissance. Vous le regretterez.
Harry et Drago hochèrent patiemment la tête. Rogue ne les punissait pas et leur permettait de voler dans sa propriété, Harry n'en revenait pas. Le professeur de potion passa ses mains sur son visage en soupirant.
– Serait-il possible de nous rendre au Chemin de Traverse ou à Pré-au-Lard, Harry et moi, dans la semaine?
Harry manqua s'étouffer avec ses légumes. Drago était fou? Rogue n'accepterait jamais et sa question n'allait que l'énerver.
– Très bien. Mais vous aurez un couvre-feu, ainsi qu'une protection et un dispositif d'alarme sur vous.
Drago grimaça, mais Rogue le fit taire avant qu'il ne puisse protester.
– C'est cela où rien, monsieur Malefoy.
– Bien, professeur, grogna Drago.
Harry ne comprenait pas pourquoi Drago se montrait si rebelle. Une protection et une alarme, en échange d'une journée en ville, cela en valait bien la peine. Si l'attitude de Rogue était surprenante et intrigante, celle du blond était réellement agaçante.
Une fois leur assiette vide, Rogue débarrassa la table d'un coup de baguette. Les deux adolescents se réfugièrent dans la bibliothèque de leur professeur, pour faire quelques devoirs et lire un peu. Puis, ils regagnèrent leur chambre d'un pas serein, heureux de savoir qu'ils sortiraient bientôt de la maison.
– Je ne suis pas fatigué, sourit Drago en se laissant tomber sur son lit.
– Moi non plus, avoua Harry en retirant ses habits pour se mettre en pyjama. Mais il est dix heure et Rogue veut nous voir dormir à cette heure-ci.
Le sourire de Drago s'élargit.
– J'ai lancé un sort d'insonorisation sur la chambre. Il ne peut pas nous entendre.
Harry haussa les sourcils mais ne répondit rien, bien trop désespéré par l'attitude de Drago. Si c'était lui qui avait usé de ses pouvoirs, il aurait déjà eu trois beuglantes et un séjour à Azkaban. Il savait qu'il exagérait, mais personne ne lui avait jamais rien laissé passer à lui. Mise à part lorsqu'il avait fait gonfler la tante Marge, mais les conditions étaient différentes. Comme Drago était un Malefoy, il avait droit à des traitements de faveur. Harry était clairement jaloux. Oui, il l'était.
– Bonne nuit, Malefoy, soupira Harry.
Ces trois mots alignés sonnaient si étrangement aux oreilles du jeune sorcier. Souhaiter une bonne nuit à Drago lui semblait si irréaliste. Il le détestait et pourtant aujourd'hui, il ne savait plus vraiment où il en était. Il avait peut-être sincèrement envie d'être son ami. Peut-être parce que le garçon qu'il apprenait à connaître, était différent de l'être désagréable qu'il côtoyait à Poudlard.
– Tu n'as pas entendu ce que j'ai dit? s'indigna Drago, le coupant dans ses pensées. J'ai lancé un sort d'insonorisation. Je pensais que tu n'étais pas fatigué!
– Et alors? Qu'est-ce que tu veux faire? Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Rogue finit par savoir tout ce qui se passe autour de lui. Il sait toujours tout, d'une façon où d'une autre. Je n'ai pas envie de trahir une nouvelle fois sa... enfin..
– Par Merlin, Potter, ne me dis pas que tu as fini par t'attacher à Rogue?
– Tu l'aimes bien toi.
– Oui, mais moi c'est différent. Tous les Serpentard l'apprécient plus ou moins.
– Et bien, je ne l'apprécie pas, se défendit Harry, seulement je n'ai pas envie de lui désobéir.
– Tu passes ta vie à négliger les règles. Ne fais pas semblant de t'en préoccuper maintenant.
– Je ne le fais jamais pour rien! s'agaça Harry. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, toute les fois où j'ai enfreins les règles, je l'ai fait pour quelque chose d'important et non par pure arrogance. Je l'ai fait pour...je ne sais pas... arrêter Voldemort ou sauver une élève coincé dans l'antre d'un Basilic..par exemple.
Drago haussa les épaules, même s'il savait que le brun ne pouvait pas le voir dans l'obscurité de la pièce. Harry se renfrogna dans son lit. Il ferma ses paupières, cherchant désespérément le moyen de s'endormir le plus vite possible, mais quelque chose vint lui chatouiller la joue. Il ouvrit les yeux pour tomber nez à nez avec un serpent d'un bleu azur magnifique.
Harry sursauta et observa le phénomène en se relevant sur ses coudes. Le petit animal était fait de poudre étincelante, qui éclairait partiellement la pièce et avait l'apparence d'un dessin animé. Harry tourna le regard vers Drago, qui souriait avec une once de défis dans le regard.
– De quoi s'agit-il exactement? demanda Harry, non sans pouvoir cacher un agacement dans la voix.
– C'est un jeu très commun chez les sorciers. J'oublie parfois que tu as été élevé par des moldus. Ce n'est pas très grave, il te suffit simplement..
– Pas question, le coupa Harry. Si toi tu as certaines faveurs, ce n'est pas le cas de tout le monde. Peut-être que tu ne risque rien, parce que ton père a des relations avec le ministère. Pour ma part, ma place à Poudlard serait menacée, si je m'amusais à lancer des sorts de tous les côtés comme tu le fais depuis ce matin.
– Potter...marmonna Drago. Le ministère est capable de discerner la magie, mais il est incapable d'en pointer précisément la source et l'auteur. Quoi que nous faisons, c'est Rogue qui le fait, puisque nous sommes sous son toit. Nous ne risquons rien. Donc décoince-toi un peu, tu es épuisant.
Après une longue discussion, Harry finit par céder et accepter. Il usa de sa baguette et un splendide lion se métamorphosa sous ses yeux. La bête, plus petite que sa main, était toutefois plus imposante que le serpent de Drago, qui ressemblait à présent à une limace.
Harry se mit alors à rire, vexant Drago qui lança son reptile à la gorge du lion, qui fit un bond en arrière pour l'éviter. Harry et Drago sautèrent sur leur lit, sans quitter leurs animaux des yeux. Après une bataille épuisante, les deux adolescents s'endormirent de bonne humeur.
Bonjour à tous!
Je tenais tout d'abord à m'excuser ; avec les révisions, je n'ai pas eu le temps de me pencher sur ma fiction. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre et que vous passez de bonnes fêtes.
