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Chapitre 14 : Un fantôme d'un passé très lointain
La nuit s'étirait, le téléviseur grésillait une neige blanche de fin de programme devant les yeux fatigués de la Source. Le niveau de la bouteille n'avait pas changé depuis le départ de Mary-Margaret. Cette femme et sa bonté à géométrie variable agaçait profondément Hermione. Mais sa propre attitude non constructive n'allait pas aider à calmer le jeu.
L'Anglaise s'extirpa du canapé en soufflant, avant de monter à l'étage. Un coup d'œil à Henry, un coup d'œil à Emma. Pour l'heure, ils semblaient dormir sans cauchemar. Elle gagna sa chambre et en ferma la porte derrière elle, sans faire le moindre bruit. La respiration légère et régulière de Regina fit sourire Hermione. Ce simple son lui avait manqué terriblement. Elle passa de son côté du lit et, après s'être déshabillée, elle se glissa sous la couette. La reine bougea mollement et la brunette retint sa respiration, espérant ne pas avoir réveillé sa femme.
- Tu m'as manquée, dit-elle doucement en posant ses lèvres sur la tempe de la reine.
Elle observa le visage endormi, détaillant les traits sereins de la souveraine.
- Désolée d'être partie alors que tu avais besoin de moi, poursuivit la Source. En plus, mon voyage a été un échec.
Elle dégagea une mèche et caressa un instant les cheveux de celle qui partageait maintenant sa vie.
- J'ai eu peur Regina, si je t'avais perdue, je crois bien que je serais devenue folle...
Elle embrassa délicatement le front de sa femme, et ce simple geste la rassura. Greg n'avait pas réussi son projet, Regina était toujours en vie.
- Je suis une épouse pitoyable...
- Finalement, nous sommes d'accord sur quelque chose, répondit la voix rauque de Regina, toujours cassée par les cris. Mais le principal c'est que tu sois arrivée, ajouta-t-elle en cherchant la protection des bras de l'Anglaise.
- Toujours pour toi, répondit la médecin en serrant la reine contre elle.
- Tu t'es bien amusée au moins ? demanda la brune au bout d'un instant.
- Amusée ? Pas vraiment... j'ai été accueillie par un vieux maître lubrique qui m'a fait faire du sport pendant deux mois... il me trouvait pas assez en forme. Et, au final, une sorcière sans âge m'a confirmé ce que je craignais. Qu'Aliénor m'avait envoyée dans le mauvais univers.
- Lubrique dis-tu ? fit la reine en soulevant une paupière, laissant entrevoir un regard plein d'animosité.
Hermione lui sourit.
- Je suis contente que tu t'inquiètes plus de ma vertu que de ma forme physique.
Pour toutes réponses, Regina s'assit dans le lit et se débarrassa de sa veste de pyjama en soie avant de l'allonger sur la Source.
- Dois-je te rappeler à qui appartient ta vertu ? s'enquit doucereusement la reine.
- Oui… je suis un peu vieille, j'ai tendance à oublier, fit la Source, taquine.
La reine eut un rictus et approcha ses lèvres de l'oreille de sa femme.
- Dans ce cas, je vais faire en sorte que ce soit bien ancré dans ta mémoire.
- Je vais être très attentive, murmura la médecin, tandis que son lion venait à la rencontre de la main de la reine qui caressait lentement son épaule.
L'aube était arrivée vite. Trop vite pour Hermione. Les étreintes de la nuit avaient rassurées temporairement les deux femmes. Mais la Source revivait en bouche la frayeur que lui avait causé la vision de la reine dont le corps torturé avait un instant cessé de vivre. Elle avait somnolé tout au plus, refusant au sommeil de l'emporter vers le cauchemar qui se jouait derrière ses paupières closes.
Avec précaution, elle avait quitté leur lit, et sans douche, elle avait gagné la cuisine pour préparer le petit-déjeuner pour toute la maisonnée encore endormie dans le sommeil sans rêve qu'elle leur avait accordé. L'odeur du café flottait dans la cuisine, le pain était sur la table, les oeufs attendaient d'être frits et la brunette était assise sur le comptoir, accoudée à la fenêtre ouverte pour fumer tranquillement sa première cigarette.
Elle entendit un léger craquement dans l'escalier et tira une dernière bouffée avant de jeter son mégot. Henry, le visage chiffonné, vêtu d'un pyjama trop petit, apparut sur le seuil de la cuisine. L'Anglaise fit disparaître la fumée latente d'un simple mouvement de poignet pour ne pas intoxiquer le garçon.
- 'lut, bougonna le petit brun frottant ses yeux les poings fermés.
- Viens t'asseoir, je te fais ton chocolat, fit la médecin, souriant devant l'image qui lui rappelait ses propres enfants, il y a longtemps.
- Hmm, répondit-il en se laissant glissant comme une ombre entre le dossier de la chaise et la table pour rapidement s'accouder, la tête dans les mains.
Hermione s'affaira et, une minute plus tard, posa un bol fumant devant le garçon. Elle passa la main dans les cheveux indisciplinés ce qui tira un grognement au jeune endormi.
- Céréales ? proposa-t-elle.
- Pas faim... marmonna Henry. Dis, comme t'es la Source, tu peux faire revenir mon père ?
La médecin tira une chaise pour s'asseoir à côté du gamin.
- Je ne peux pas faire ça.
- Tu peux pas ou tu veux pas ? insista le gamin, dévasté par la peine et la colère.
Hermione soupira et repoussa du bout des doigts une miette.
- On ne peut pas jouer avec la mort. Même moi. Surtout moi. Contrevenir à cette règle serait très dangereux pour tout le monde, ceux qui vivent encore et ceux qui sont partis.
- Tu sais pas faire, c'est ça ? railla le brun.
- Même la Source a ses limites, concéda la médecin.
- T'es nulle.
- On me l'a souvent dit... soupira Hermione.
Elle regardait le garçon qui boudait, tournant mollement sa cuillère dans sa tasse.
- Je vais te faire une tartine, fit-elle en se levant.
- Pas faim.
- Je m'en doute, mais il faut manger.
- Je vois pas en quoi ça t'intéresse.
Hermione ferma les yeux, refoulant la peine qu'elle ressentait par empathie, pensant à sa propre famille. Elle finit de préparer une assiette qu'elle déposa devant Henry, avant de poser sa main sur son avant-bras.
- Je suis désolée pour ton père, si j'avais pu intervenir avant, je l'aurais fait.
- Mais t'étais pas là, lui répondit-il en se dégageant. T'as promis d'être toujours là à Maman quand tu t'es mariée, mais t'es partie, elle a failli mourir, et...
Les mots furent submergés par les larmes qui glissaient silencieusement sur ses joues. Hermione s'accroupit à hauteur d'Henry et caressa la joue humide.
- J'ai merdé, je sais, et je suis vraiment désolée. Des excuses ne ramèneront pas ton père mais je peux te promettre que je ferai tout mon possible pour vous protéger, toi et tes mamans.
Le petit brun fondit dans son giron, entourant son cou de ses petits bras, s'accrochant à elle de toutes ses forces.
- Je veux pas qu'elles meurent aussi...
- Ca n'arrivera pas, promit la brunette.
Henry acquiesça, renifla, essuya ses larmes et son nez sur la manche de son pyjama. Il consentit à prendre une bouchée de tartine avant de se replonger dans la contemplation passive de son bol de chocolat.
Emma pénétra dans la cuisine, s'étirant mollement et baillant à s'en décrocher la mâchoire. Puis elle afficha un sourire qu'Hermione devinait forcé et elle se laissa tomber sans grâce sur une chaise.
- Café ? proposa la Source.
- Double chocolat plutôt, répondit la blonde en passant une main dans le dos de son fils. Ca va? questionna-t-elle.
Un haussement d'épaules lui répondit.
- Pour une fois que je suis la dernière levée... fit une voix rauque et éraillée.
Hermione sourit à Regina qui avançait dans la cuisine pour venir embrasser son fils. La Source s'occupa de servir la tasse de café à sa femme qui la surprit lorsqu'elle la vit poser sa main sur l'épaule d'Emma avant de s'asseoir. Visiblement, il s'était passé bien des choses pendant son voyage, malheureuses comme plus heureuses.
Le petit-déjeuner se passa dans un silence pesant qu'Hermione prit garde de ne pas briser. Cependant, leur bulle éclata quand la sonnette de l'entrée retentit. La médecin alla ouvrir et fronça les sourcils en voyant David Nolan tenir le capitaine Crochet par le col de sa veste en cuir. Le pirate avait un magnifique cocard à l'œil droit et arborait un air contrit.
- Quel est le problème ? demanda la Source.
- On doit voir Emma et Regina, répondit le prince en poussant sans ménagement le pirate dans la maison.
- C'est vraiment pas le moment, grogna la médecin.
- Le vice au bras du crime, lâcha Regina en apparaissant dans l'encadrement de la porte, suivie de près de la shérif qui, découvrant le pirate, affichait un regard peu amène.
- Quand ils vous ont enlevée, Greg et Tamara vous ont volé deux haricots magiques et le système de destruction de la ville. Il reste un haricot et le système a été déclenché dans les mines, répondit Crochet avec un regard pour Emma.
- Les mines ? fit Hermione, étonnée.
- Les fées les ont reconstruites après ton départ, expliqua l'ancienne maire.
- Bleue me fait vraiment chier... souffla la Source.
- Regina, commença Charmant, vous pouvez nous expliquer cette histoire de destruction ? C'est quoi ? C'est quand ?
- Surtout comment ça s'arrête, enchaina Emma.
- C'est une pierre chargée de magie qui doit exploser sous une heure, répondit sobrement la reine. Il faudrait pouvoir contenir l'explosion ou vider la pierre de sa magie.
- Ca, c'est une mission pour la Source, fit Henry, soulagé d'avoir une solution à apporter à ce désastre.
- Euh... non, car avec la poussière de fée présente partout, elle va crever avant de s'approcher de cette foutue pierre, contredit doctement la shérif.
- Je pourrais toujours me bourrer d'épinéphrine le temps d'absorber la charge, rétorqua la brunette en haussant les épaules.
- Tu penses vraiment qu'on va te laisser faire une chose aussi stupide ? fit la reine du ton méprisant qui la caractérisait.
- C'est à tenter. J'en suis capable, répondit la médecin en attrapant déjà sa veste en cuir.
- Sauf que si ça marche pas, tu y laisseras ta peau. Les allergies, ça empire avec l'exposition à l'irritant, lui fit valoir Emma en l'attrapant par le bras.
- Regina, une idée ? demanda Charmant en se tournant vers la reine.
- Je vais contenir la magie le temps que vous évacuiez la ville, fit l'ancienne maire.
- Je viens avec toi, ajouta Emma d'un ton décidé. Histoire que les quelques cours de magie que tu m'as donnés ces dernières semaines servent à quelque chose. Et qui sait, on pourra peut-être absorber le bordel.
- Des cours de magie ? fit la Source, surprise. J'ai vraiment raté un paquet de trucs en deux mois.
- Pas question, coupa la Reine, ignorant la remarque de sa femme. C'est trop dangereux, ajouta-t-elle en coulant un regard de la blonde vers Henry.
- Parce que ça ne l'est pas pour toi peut-être ? lança la shérif avec morgue.
- Si vous y allez toutes les deux, vous pouvez réussir ? demanda Henry.
- Oui, affirma Hermione en observant les deux femmes. Elles sont assez puissantes et douées.
- Parfait, sourit Emma. Si la Source pense qu'on peut y arriver et est d'accord...
- J'ai pas dit que j'étais d'accord, grommela Hermione en lançant un regard noir à son épouse.
- Reste ici avec Henry. Et si la situation dégénère, vous quitterez la ville, conclut Regina.
"Comment oses-tu me demander cela ? Après ce qui s'est passé hier soir ?"
La voix de la l'ancienne Gryffondor résonna dans l'esprit de la reine, mais plus que tout c'est l'émotion de l'Anglaise qui l'étreignit avec violence, lui coupant le souffle.
- On attendra avec Henry devant les mines, reprit la médecin à voix haute. Et si ça dégénère, j'interviendrais.
Elle défia Regina du regard, refoulant l'appréhension qui montait en elle.
"S'il y a un problème, sauve Henry. Promets-moi." répondit la voix de l'ancienne maire dans l'esprit de sa femme.
- Je ne veux pas vous presser, mais on n'a pas vraiment le temps, lâcha James. On y va ?
- On y va, fit Hermione avant d'acquiescer discrètement en direction de Regina.
Emma rejoignit son père, faisant passer Crochet devant elle.
- Tu perds rien pour attendre toi, lâcha-t-elle en le fusillant du regard.
- Elles disent toutes cela, gloussa Crochet avec un clin d'oeil pour la blonde qui, en guise de réponse, lui claqua l'arrière du crâne.
Hermione regardait le petit groupe s'enfoncer dans le boyau de la mine retapée et elle n'arrivait pas à se départir de l'angoisse qui tordait son estomac.
- Ca va mal finir, grogna-t-elle en coinçant une cigarette entre ses lèvres.
- Détends-toi, amour, susurra Killian Jones. Tout va bien se passer. La Sauveuse et la Méchante Reine viendront à bout du caillou magique.
- Appelle moi encore une fois "amour" et je t'arrache les couilles avec ton crochet pour te les enfoncer au fond de la gorge, ducon... répondit la brunette en allumant sa cigarette.
- Hermione ! s'offusqua Henry tandis que le pirate partait dans un grand éclat de rire.
- J'aime quand elles sont farouches, ajouta-t-il avec un sourire complice pour le garçon.
- Moi, les beaux parleurs, je les préfère inconscients... menaça l'Anglaise. Ou morts.
- Je sens qu'on va avoir beaucoup de plaisir ensemble, se moqua le pirate en s'avachissant à l'ombre. Alors, qu'est-ce qu'on pourrait faire de beau ensemble ?
L'Anglaise ignora le capitaine et s'assit en tailleur sur le sol, posant les mains sur ses genoux. Elle ferma les yeux et calma sa respiration avant de projeter sa magie dans la mine à la recherche de Regina et Emma. Elle suivit leur descente dans les entrailles de la terre et grimaça quand la poudre de fée, plus présente au fur et à mesure de leur progression, brouilla sa connexion.
- Chiotte... lâcha-t-elle avant d'éternuer.
- On a tous nos limites, amour, mais on va te prendre comme t'es, lança Crochet adossé contre un rocher, les yeux fermés, un sourire narquois étampé sur les lèvres.
- Tout va bien ? demanda Henry.
- Sûrement... répondit évasivement la médecin.
- Tu n'en sais rien... marmonna le gamin en tournant son regard vers l'entrée de la mine, soucieux.
- De toute façon, si ça part en vrille, on le remarquera, lança Killian en s'étirant.
A ces mots, le sol se mit à trembler et Henry devint blême.
- Qu'est-ce que je disais ! sourit Jones.
- Faut aller les aider ! s'exclama le garçon.
La Source rattrapa le petit brun par l'épaule alors qu'il allait s'élancer dans le tunnel.
- Cela ne sert à rien que tu fonces tête baissée. Laisse-moi parler avec ta mère, d'accord ?
- Fais vite.
"Regina ?", fit la médecin, son regard fixé vers la mine, "Dis-moi que la secousse est normale... que vous vous en sortez, sinon je rapplique."
Elle n'obtint aucune réponse et le mauvais pressentiment qu'elle ressentait depuis que sa femme était descendue dans la mine s'accentua.
- Chiotte, jura-t-elle à nouveau.
- Elle répond pas, il lui est arrivé quelque chose, paniqua Henry qui cherchait à se défaire de la poigne de la Source. Et toi tu fais rien !
- Elle est sûrement concentrée et ne veut pas être dérangée par la télépathie, expliqua Hermione.
- Tu es la Source ! Va les sauver ! ordonna le garçon, ses yeux exprimant une peur panique.
- J'ai promis de m'occuper de toi mais ne t'en fais pas, je vais pas laisser quelque chose lui arriver, fit la brunette en s'approchant de l'entrée de la grotte.
Elle invoqua un patronus. Le chat sautilla devant elle, attendant la consigne.
- Trouve Regina et Emma, je veux savoir ce qu'il se passe.
Le félin s'engouffra dans la mine et disparut rapidement du champ de vision de la brunette.
- Ca ne va pas être long, dit-elle à Henry. On saura bientôt ce qui...
Le sol se mit à trembler une nouvelle fois, plus violemment que la première.
- Maman, hurla le gamin qui détala comme un lapin vers la mine et s'y enfonça avant qu'Hermione puisse esquisser le moindre geste.
Un applaudissement sonore et lent se fit entendre dans le dos de la Source.
- Quel talent pour le baby-sitting, se moqua le pirate qui frappait sa cuisse de sa main. Je te recommanderai à mes amis.
- Va te faire foutre, siffla la Source en se précipitant à la suite d'Henry.
Emma serrait les dents tant la douleur était cuisante. Face à elle, Regina semblait imperturbable, son regard noir ne cillant pas. Les deux femmes absorbaient depuis près de cinq minutes le pouvoir qui émanait de la pierre et l'ancienne maire n'avait pas quitté des yeux la shérif qui pâlissait à vue d'œil.
- Une sinécure, n'est-ce pas ? lança la reine.
La blonde fronça les sourcils, perplexe. Regina n'était pas du genre à plaisanter (même si elle faisait exception pour les sarcasmes), surtout dans ce genre de situation. Aussi, si la souveraine ressentait le besoin de parler, c'est qu'elle devait sacrément morfler.
- Pas faux... passer une soirée avec mes parents est plus douloureux, répliqua Emma avec un sourire crispé.
La pique décrocha un rictus amusé à la brune.
- Fatiguée d'entendre piailler les amis volatiles de votre mère, shérif Swan ?
- Parle plutôt des pigeons qui viennent chier sur les fenêtres...
Une décharge vint frapper ses doigts et résonna douloureusement dans tout son corps.
- Ca va être encore long ? grogna Emma en réponse.
- Une ou deux minutes. Nous en avons vidé la moitié.
- Je ne sais pas si je vais y arriver, Regina, c'est foutrement...
- Langage, Miss Swan, la tança la reine entre ses dents serrées.
Emma sourit à son tour, avant d'ancrer ses pieds plus fortement entre les traverses, redoublant de détermination.
Un bruit de course attira l'attention de l'ancienne maire qui leva les yeux pour regarder par-dessus l'épaule d'Emma. Son regard s'écarquilla de stupeur et de peur à la vue d'Henry qui déboula dans le tunnel.
- Que fais-tu là ? Où est Hermione ? demanda la reine.
Une ombre se glissa derrière le garçon et les pupilles de l'ancienne maire se dilatèrent de peur quand elle reconnut Tamara.
- Pas ici en tout cas... répondit la femme d'une voix moqueuse.
Elle saisit Henry par le col de la veste et l'attira à lui. Elle sortit un haricot magique de sa poche et le jeta au sol. Un tourbillon de magie violette s'éleva et un portail apparut.
- Sur ce, au revoir mesdames ! Mon patron nous attend !
- Non ! hurla Regina en esquissant un mouvement pour aller sauver Henry.
- Reste ici ! lui ordonna Emma, en panique.
Si la reine lâchait l'arc de puissance qui se dégageait de la pierre vers elle, la shérif recevrait l'afflux de toute l'énergie dégagée, et jamais elle ne pourrait y survivre.
Un bruit de course se fit entendre, de plus en plus fort, et une Hermione haletante apparut. La peau de la médecin luisait de poudre de fée et du sang coulait abondement du nez de l'Anglaise.
- Attends que je te choppe, salope ! cria la Source qui, dans un élan qu'elle n'interrompit pas, plongea dans le portail qui l'avala pour se refermer aussitôt.
La pierre envoya le reste de sa magie dans une sorte de flash qui se répercuta sur les parois de la caverne et tomba sur le sol, vide de tout pouvoir. Mais les deux femmes n'y prêtaient pas attention, leur regard posés sur l'endroit où Henry, Tamara et Hermione avaient disparu.
- Qu'est-ce que ... C'était quoi ca ? Ils sont où ? demanda la blonde, fixant le sol comme s'il allait régurgiter son fils et son amie.
Le petit trot de Crochet se pointant après la bataille fit sortir les deux femmes de leur immobilisme.
- Pas de panique, commença Regina. Hermione a toujours sur elle la bourse en cuir contenant les haricots magiques. Elle va nous ramener Henry très vite.
- Vous parlez de cette bourse-là ? demanda Killian, un petit sac en cuir de balançant au bout de son crochet. Y'a des haricots dedans ? Merde, je pensais que c'était de l'argent...
La reine s'approcha de l'homme et lui décocha une droite en plein visage.
- Pas besoin d'être violente, votre Majesté, marmonna le capitaine. Je sais où ils sont et je peux vous y emmener.
A peine fini, le pirate rentra la tête dans les épaules sous le regard assassin que la reine porta sur lui.
- Ne jouez pas avec ma patience, menaça-t-elle.
- Ok mes amours. Direction le Pays Imaginaire, fit Crochet avec un sourire charmeur.
- Appelez-moi encore une fois comme ça, et vous n'aurez plus à vous préoccuper d'avoir une descendance, fit la reine d'une voix doucereuse avant de passer devant le manchot sans plus lui accorder d'importance. Tu as une heure pour nous conduire à bon port.
- Sinon quoi ? s'enquit le pirate.
- Crois-moi, tu ne veux pas le savoir...
Viviane buvait un café, accoudée au comptoir du diner de la sorcière aveugle. Les conversations entre morts coincés dans l'entre-monde allaient bon train et la Dame du Lac les écoutait d'une oreille distraite. Les ragots de ce Storybrooke dévasté, même s'ils semblaient anodins, étaient toujours source d'informations pour ceux qui savaient quoi en tirer.
Un silence lourd s'installa brusquement, juste après le tintement de la cloche fixée au-dessus de la porte. Viviane ravala un rictus et continua à siroter son café tandis qu'un homme s'approchait d'elle pour prendre place sur un tabouret libre.
- Viviane, salua-t-il en levant la main en direction de la serveuse.
- Hadès... Quel bon vent t'amène ? répliqua la Dame du Lac sans daigner jeter un regard au maître des lieux.
- Tu t'en doutes. Tu as suivi ce qui se passe là-haut. Ta vieille ennemie sera bientôt des nôtres. Et c'est à ce sujet que je voulais te voir. J'ai un marché à te proposer.
Viviane finit sa tasse et la reposa sur le comptoir avant de se lever. Elle plongea son regard bleu dans les yeux indéchiffrables du Dieu des Enfers.
- Hermione viendra, mais pas tout de suite. Et elle sera bien vivante quand elle arrivera dans ton trou à rats que tu oses appeler Enfers. Je n'ai pas de velléités contre elle, contrairement à ce que tu peux penser. On s'est battues, elle a gagné, fin de la partie. Et, honnêtement, tu n'as rien à proposer que je désire...
La Dame du Lac tourna les talons et gagna la sortie du restaurant.
- Tu ne veux pas revoir Morgane ? lança Hadès.
Viviane s'arrêta sur le pas de la porte et tourna la tête vers le fils de Zeus.
- Je ne désire pas la rejoindre là où elle se trouve. Car j'imagine que c'est encore pire qu'ici. Et puis, libérer la Source Initiale est une folie que je ne peux lui pardonner.
La blonde gagna la rue et Hadès fronça les sourcils, agacé.
- Je trouverai bien quelque chose pour te faire plier... murmura-t-il avant de disparaître dans un tourbillon de flammes bleues.
Hermione cligna des yeux, surprise de se retrouver dans une réplique parfaite du salon de la dernière maison où elle avait vécu avec Aliénor la décennie précédent la destruction de son monde. Elle avança dans la pièce, emprise de nostalgie, et se dirigea vers le piano d'étude qui trônait contre un mur. Elle souleva le clavier et caressa du bout des doigts les touches en épicéa. Des souvenirs remontèrent à la surface de sa mémoire et elle se rappela des après-midis qu'elle avait passé avec l'ancienne Présidente des Conseils à jouer à quatre mains.
Un bruit d'étoffe la fit se retourner et son regard se posa sur son ancienne amante. La rousse se tenait droite, les bras croisés sous sa poitrine, le menton levé. L'Anglaise prit de plein fouet les émotions qui agitaient Aliénor et son coeur se serra. Le regard de la reine de France était dur, sévère, jaloux et la douleur qu'elle ressentait était comme des coups de poignard qui transperçait la poitrine de la Source.
- Je suis désolée, murmura Hermione.
- J'espère bien, répliqua sèchement Aliénor. Mais c'est un peu court.
Le ton était lapidaire et l'Anglaise sentit une boule se former dans sa gorge. Aussi, elle tira le tabouret devant le piano et s'installa maladroitement. La Française aimait la musique plus que tout et Hermione n'était pas la meilleure pour exprimer ses sentiments. Aussi, autant se servir de ceux qui sont experts en la matière. Et Aliénor, grande amatrice de la carte du tendre, chansons d'amour et autres poèmes, pourrait apprécier la méthode. La brunette plaça ses doigts sur le clavier et commença à jouer quelques notes.
- Depuis que je suis loin de toi, je suis comme loin de moi, et je pense à toi tout bas...
- Tu chantes toujours aussi faux, la coupa l'ancienne reine, d'un ton un peu plus doux. J'apprécie la référence, mais ne va pas te ridiculiser en massacrant Polnareff, je te prie.
Hermione ferma le clavier et se retourna, plongeant son regard dans les yeux qui suivaient chacun de ses mouvements.
- Tu sais que je voulais partir avec toi, fit doucement l'Anglaise.
- Tu es amoureuse d'Elle, accusa la rousse.
- Oui, mais je ne comprends pas comment cela est possible, répondit calmement la médecin. Tu as toujours la moitié de mon âme, de mon coeur. Comment se fait-il que je sois son véritable amour ?
- Et vice-versa, ajouta l'ancienne reine avec dédain. A croire que cette magie d'amour véritable est plus puissante que ce que j'avais cru. Mais plus puissante que la Source elle-même ? C'est insensé.
- Malheureusement, je ne peux rien y faire, fit Hermione.
- Oh que si, tu pourrais mettre tes hormones en veilleuse et te concentrer sur ta mission. Mais tu préfères te vautrer dans les draps d'une meurtrière de masse, une femme sanguinaire aveuglée par son désir de vengeance et dont le jugement est obscurci par ses instincts.
Hermione se leva brusquement et fit les quelques pas qui la séparaient de son ancienne amante.
- Tu ne l'aimes pas, j'ai bien compris, gronda l'Origine de toutes magies. Mais ne t'avise pas de l'insulter devant moi. Je ne tolérais pas que Minerva soit injurieuse quand elle parlait de toi, j'attends qu'il en soit de même quand tu évoques Regina.
- J'oublie toujours qu'il s'agit de ta femme... ta deuxième femme, rectifia Aliénor avec dédain.
- Ca me gonfle, souffla l'Anglaise, agacée. Je vais sortir de ce rêve à la con et on rediscutera quand tu seras calmée.
- Et bien, bon réveil... chérie ! lâcha fraichement la reine avant de claquer des doigts.
Hermione ouvrit les yeux et ne put s'empêcher de crier. Elle était sortie du portail et tombait en chute libre. En dessous d'elle, un océan bleu sombre s'étendait.
- Je hais ma vie ! s'exclama-t-elle avant de percuter l'eau et de se trouver engloutie par une vague.
Elle coula à pic et ne chercha pas à lutter contre le courant. Elle lança un sort de têtenbulle et attendit que les vagues se calment pour gagner la surface. La tête hors de l'eau, elle barbota quelques instants, observant l'horizon. Elle avisa au loin ce qui ressemblait à un rivage et se mit à nager pour l'atteindre.
- Je trouve Henry et je rentre à Storybrooke. Et ensuite, je m'occupe de la reine des emmerdeuses... haleta-t-elle entre deux mouvements de crawl.
Elle se traîna sur les derniers mètres et gagna la plage en haletant. Une fois les pieds sur le sable, elle essora rapidement ses cheveux et jeta un sort de séchage sur ses vêtements. Elle regarda autour d'elle en se grattant la nuque. A première vue, elle se trouvait sur ce qui ressemblait à une île tropicale et la nuit était tombée. Et malgré cela, il faisait une chaleur écrasante et humide.
- On dirait que je vais me taper un trip Koh Lanta... Manquait plus que ça, grogna-t-elle en s'enfonçant dans la végétation dense.
Elle s'arrêta au bout de quelques pas, une odeur de feu de bois lui chatouillant les narines.
- Tamara serait-elle assez conne pour faire un feu de camp et donner ainsi sa position ? La réponse est sûrement oui... sourit la brunette en accélérant son allure.
Elle progressa aussi vite que le lui permettait la luxuriance de la forêt et se trouva rapidement à nouveau en nage, l'humidité lui collant au corps. Elle finit par arriver dans une petite clairière et découvrit Henry et Tamara entourés par une dizaine d'enfants et d'adolescents armés d'arc, d'épées et autres armes en tout genre.
- Les enfants perdus. On est donc au Pays Imaginaire... chouette alors... marmonna-t-elle avant de s'avancer. Hey les mioches ! On se détend et on range les jouets avant que quelqu'un se blesse.
Elle eut juste le temps de rentrer la tête dans les épaules qu'une flèche se planta dans un arbre derrière elle.
- Hermione ! cria Henry.
- Salut gamin, lui sourit-elle avant d'aller retirer le trait de l'écorce de l'arbre. Qui a fait ça ? fit-elle en se retournant vers les enfants. C'est pas des façons de dire bonjour.
- Je connais cette voix...
Un adolescent pas bien grand et plutôt chétif rompit le cercle des enfants pour faire quelques pas en direction de l'Anglaise. Il la dévisageait, son visage fin arborant une expression espiègle.
- Peter Pan, je présume ? s'enquit Hermione en allumant une cigarette.
- Générale... que fais-tu là ? retourna le garçon, son regard s'allumant d'une lueur mauvaise.
La Source fronça les sourcils, une alarme sonnant dans son esprit.
- Je hante ton ile, il semblerait, répondit-elle sobrement.
Seul un fantôme de son propre passé pouvait l'appeler Générale… La guerre d'Avalon était si loin. Comment l'âme du démon avait-elle pu survivre tout ce temps et voyager entre les mondes pour parasiter un nouveau corps ?
- Toi et moi, on a quelque chose à finir... Et cette fois, tu seras obligée de respecter la règle du jeu. Car tu es sur mon territoire, siffla Peter Pan.
- Et quel territoire ! se moqua Hermione. Cette île est en train de crever, elle pue la mort. Et c'est ça ton armée ? Une bande de gamins à qui je donnerai bien quelques claques pour leur inculquer les bonnes manières.
- Les bonnes manières, ça demande des parents, et ici, fit-il en décrivant un cercle autour de lui de ses mains, on n'en a pas besoin, conclut-il avec un sourire tandis que les enfants perdus acquiesçaient. Quant à la santé de mon île, ne t'en préoccupe pas. La magie demande la foi, celle du vrai croyant. Pas celle d'une intrigante qui n'a en fait, ni foi, ni loi. Mais aujourd'hui, point d'armée derrière toi, point de reine à servir, juste toi et moi, et mes règles, finit-il avec un rictus qui fit tout de même un peu froid dans le dos d'Hermione qui tirait pourtant négligemment sur sa cigarette.
- Mais c'est que le petit elfe noir a appris la magie, fit Hermione en applaudissent mollement. Bravo, tu progresses. Mais goutte donc à ça...
Elle agita rapidement la main et une onde de choc projeta les enfants perdus et leur chef en arrière, épargnant Henry. La médecin courut vers le fils de Regina qu'elle attrapa pour le jeter sur son épaule et traça droit devant elle.
- Ne me laissez pas avec eux ! hurla Tamara.
- Démerde-toi, grognasse ! répondit la Source sans ralentir.
- Poursuivez-les ! ordonna Peter Pan à ses troupes.
- Hermione, couina le petit brun, tu peux pas leur faire du mal. Faut les aider, c'est juste des enfants perdus.
- Je sais, c'est pour ça qu'on fuit. Faut qu'on trouve un endroit tranquille pour ouvrir un portail. Tu peux prendre la bourse en cuir dans ma poche droite ?
Henry tendit la main et palpa la veste de la brune avant de grimacer.
- Y'a rien dans ta poche.
- Merde ! J'ai dû la perdre en nageant !
Une flèche lui frôla l'oreille gauche et des cris guerriers résonnèrent derrière elle.
- Accélère! Ils nous rattrapent ! encouragea Henry.
- Va falloir te mettre au régime gamin, fini les lasagnes de ta mère, haleta la médecin.
Les enfants perdus gagnaient du terrain, Hermione étant ralentie par la végétation dense. Elle avait du mal à se frayer un chemin parmi les épais branchages des arbres, à éviter les racines qui sortaient du sol meuble. Voyant une falaise devant elle, elle allongea sa foulée et, alors qu'Henry se mettait à hurler à plein poumon, elle fit glisser le garçon pour le prendre dans ses bras et elle sauta dans le vide.
- Ferme les yeux ! ordonna-t-elle à Henry tandis que l'attraction les attirait inexorablement des mètres plus bas.
Elle fit appel à sa magie et ses mains qui tenaient fermement le garçon se transformèrent en serres. Son corps se métamorphosa, s'allongeant de quelques centimètres. Des ailes majestueuses poussèrent lui arrachant une grimace qui disparut aussi vite que sa bouche, laissant place à un bec. L'aigle arrêta la chute en deux battements d'ailes et plana au-dessus de la cime des arbres.
Peter Pan voyait son ennemie s'éloigner avec le véritable croyant, emportant le résultat des recherches de toute une existence.
- Fouillez l'île et ramenez-moi cette salope vivante, cracha l'elfe noir. Félix, je te charge de diriger l'équipe de recherches.
L'adolescent acquiesça sans un mot, désigna quatre garçons et tous partirent au pas de course.
- Tu vas crever Générale, et je m'en réjouis d'avance... sourit le démon, sa bouche tordue dans un rictus mauvais.
Et voilà le travail ! Alors... ça vous a plu ? ^^
La suite jeudi prochain !
Bonne soirée et bon week-end,
Bises,
Link9 et Sygui
