Bêta : Moïra-Chan d'amouuuuur.
Rating : T (Dis donc les insultes deviennent rare... on va finir par se demander si tout va bien, Karkat !)
Disclamer : Devineeeeeeeez ! Rien à moi sauf l'idée, toussa, toussa... :p (Vous en pensez quoi, je le vire aussi, le disclamer ? xD)
Résumé : Sourire. Karkat ne sourit pas. John sourit tout le temps. Et si tout ça signifiait pus que ce que vous ne pensez ?
Note de l'auteur : Bon dimanche de Pâques à tous ! Pour fêter ça, un thème sur un sujet un poil plus joyeux que les derniers en date ! On notera que ce thème a été écrit il y a plus de 3 ans de ça, à l'époque ou je ne les écrivais pas encore dans l'ordre de leur numéro... à vous de me dire si ça se voit beaucoup ou pas !
Auto-évaluation : ****
14 – Sourire
Karkat ne sourit pas.
C'est ce que tout le monde vous dira. Karkat ne sourit pas. Il est toujours en colère, il grogne, il hurle, il maudit, jure et agresse. Quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, il s'énervera. Toujours.
Je ne suis pas d'accord avec ça.
C'est juste que les gens ne savent pas voir. Ils ne savent pas le voir, le comprendre. En tout cas pas comme moi je le vois. Ce n'est pas que je me vante, mais je vois à leurs regards perdus, à leurs jugements hâtifs qu'ils ne peuvent pas comprendre – même s'ils essayent. J'ai déjà vu Rose essayer, mais elle ne s'y prend pas assez bien. Elle ne le voit que comme une sorte de patient test, de sujet d'expérience qu'elle cherche à décortiquer pour mieux l'analyser.
C'est pas forcément la bonne attitude à avoir, à mon avis.
Jade est peut-être plus proche déjà de le comprendre. Elle sait regarder au-delà de ce qu'elle pourrait voir au premier coup d'œil, mais même avec ça, je sais qu'elle a un peu de mal à tout à fait saisir ce qu'il est.
Pour comprendre Karkat, il faut réussir à voir au-delà de ce qu'on pense, de ce qu'on croit.
Il faut oublier un instant ses colères, ses cris, sa rage.
Écouter au-delà des hurlements, pour saisir la voix, tout au fond de lui, qui murmure. Inaudible, mais présente. Juste cachée, dissimulée, camouflée derrière les remparts de haine factice qu'il a mis en place, pour mieux se protéger, pour éviter les coups et les blessures.
Je me demande si c'est pour ça qu'il fait tant semblant de me haïr.
Parce qu'il a compris que je savais voir derrière tout ça, que j'avais deviné le Karkat si fragile, que j'avais en main de quoi le détruire, si je le désirais.
Même si je ne pourrais jamais faire ça.
Oui, j'ai su voir Karkat.
Je ne sais pas comment j'ai fait, je crois que c'était instinctif. Quand je l'ai rencontré, j'ai tout de suite compris comment il était, comme j'aurais compris comment on respire. Instinctivement.
Il m'est aussi naturel de le comprendre que de respirer, je crois. Peut-être même encore plus.
Je sais. Je sais comme on peut savoir, comme on peut comprendre, après des années ou une seconde, une éternité ou juste un instant.
Quand je l'ai vu la première fois, je savais déjà.
Je savais déjà que quand il hurle si fort sur quelqu'un, c'est souvent qu'en fait, il s'inquiète. Il s'énerve parce qu'il a peur, quelque part, de perdre cette personne. Plus il s'énerve fort, plus il y est attaché.
Je sais que derrière chacun de ses hurlements se cache une sorte de murmure, une main, tendue, qu'il faut savoir voir, comprendre, toucher. Attraper.
Je sais que derrière chaque grimace se trouve un sourire.
Un sourire aussi lumineux que caché.
.oOo.
Cet abruti sourit tout le temps.
A chaque instant, chaque minute, chaque seconde de sa vie, il a ce foutu putain de sourire à la con, collé sur son visage d'abruti. Ça en devient énervant, à force.
Il sourit quand il est gêné – parfois, même, là, il lâche un petit rire débile pendant qu'il y est – quand il est content, quand il a fait une blague, quand il est en colère, peiné, déçu…
J'ai envie de le frapper. Tout le temps. Dès que je vois ce sourire plein de dents, j'ai envie de le cogner tellement fort qu'il les perdrait toutes. Ça m'agace de le voir sourire.
Ça m'agace d'autant plus que je sais que ses sourires sont en général factices.
John sourit, même quand il a mal. Même quand il souffre tellement qu'à sa place, je hurlerais des heures durant. Il sourit même quand il a envie de pleurer des lacs et des océans.
Pourquoi sourit-il comme ça, bordel ? On ne lui a jamais dit qu'il pouvait faire autre chose ?
Il n'a pas l'air de le savoir, en tout cas.
A chaque fois que quelque chose arrive – que ce soit bon ou mauvais – il sourit. Toujours de la même manière.
Mais moi je sais que presque à chaque fois – en tout cas lorsque quelque chose de grave arrive – ce sourire n'est qu'une peinture dont il recouvre son visage comme un masque. Il sourit, mais il ne le pense pas. Jamais. Il ne fait qu'afficher une façade pour cacher toutes les émotions qu'il y a en dessous.
J'aimerais lui hurler dessus, lui faire comprendre qu'il a le droit, lui aussi, de craquer.
De se mettre en colère, de pleurer à chaudes larmes.
De rire aux éclats.
Je hais son sourire plus que tout.
Je le hais parce que je sais que derrière cette façade, il y a un gamin qui souffre – peut-être autant que moi. Un gamin seul, qui demande juste de l'aide, mais qui n'ose pas le faire à haute voix.
J'ai envie de lui crier dessus, de le frapper de toutes mes forces.
De le serrer dans mes bras.
Parfois, je le regarde me sourire de ce sourire que je déteste tant.
Et je me surprends alors à espérer qu'un jour, je parvienne à le faire sourire vraiment.
D'un sourire si fort, si chaud, si vrai, qu'il irait jusqu'à illuminer l'océan de ses yeux.
J&K
Oui, celui là était assez court... j'espère néanmoins qu'il vous a quand même plu !
Rendez-vous la semaine prochaine pour le thème 15, Silence, qui sera plus long... j'espère ! ;)
