Titre: Love me tonight
Pairing : SB/OC
Rating : K
Note de l'auteur :
Bonjour ! Aujourd'hui, quatorzième chapitre. On poursuit peu à peu l'intrigue clé de l'histoire, avec des doutes qui se transforment en certitudes, un secret qui, s'il continue comme ça, ne va plus en être un très longtemps et une petite dispute. Mais bon, rien de grave (pour l'instant). ^^'
Je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 14 : La retenue de James
En ce vendredi midi, la bibliothèque est complètement vide. J'aurais pourtant pensé trouver quelques septièmes années, mais non. Je m'approche du bureau de Mme Pince, "Vie et moeurs de ces vampires dont on ignore tout" en main. La femme aux cheveux châtains tenus par une pince sur l'arrière de sa tête, relève la tête et remonte ses lunettes sur son nez avant de me demander :
- Miss, que puis-je pour vous ?
Je pose le livre sur son bureau et lui explique :
- J'ai trouvé ce livre mal rangé hier. L'étiquetage dit qu'il devrait être dans la Réserve mais je l'ai pris à la section de Défense Contre les Forces du Mal. Je voulais le remettre hier mais je ne vous ai pas trouvé alors je l'ai pris avec moi pour éviter qu'il tombe entre les mains de n'importe qui.
Elle prend l'objet, le tourne en tous les sens, puis m'adresse un signe de tête sec, sans doute pour me remercier de lui avoir signaler l'erreur. Je prends ensuite congé d'elle et me dirige vers la Grande Salle où Camille et Fred m'attendent pour déjeuner. Je leur ai bien répété mille fois qu'il ne servait à rien de m'attendre, puisque de toute façon, je me mangeais pas, mais ils insistent pour faire comme d'habitude. En réponse à ça, il ne me reste plus qu'à leur dire qu'ils fassent comme bon leur semble.
A mi -chemin de la Grande Salle, je croise la route de Lily. A la façon dont elle marche, elle est pressée. Elle a les joues rouges et est essoufflée. Quand elle me voit, elle s'arrête pourtant et me sourit.
- Salut, Mandy. Comment vas-tu ?
- Ca va, et toi ? Tu m'as l'air pressée.
Elle hausse des épaules en rigolant.
- J'ai dit à Gabrielle que je serais à table à midi, mais ce ne sera pas le cas. Je suis déjà en retard.
Je jette un oeil à ma montre. Effectivement, il est déjà midi et quart.
- J'étais plongée dans mes révisions et je n'ai pas vu l'heure tourner.
Je ne lui ai pas demandé d'explications, mais Lily est comme ça. Je n'y fais plus attention, me contentant d'écouter en silence. Elle me donne l'impression d'avoir constamment besoin de parler. Je la laisse donc me raconter qu'elle est restée coincé sur un essai d'Arithmancie particulièrement difficile et que ce n'est que quand elle a compris que la solution était à la bibliothèque, et non pas dans ses bouquins, qu'elle a prit conscience de l'heure. Je me contente d'hocher la tête de temps à autres, prouvant que je l'écoute, ce qui semble lui suffire. Jusqu'à ce que l'on arrive dans la Grande Salle et que, s'arrêtant devant la place qu'elle va prendre à la table des Gryffondor, Lily se tourne vers moi, sourcils froncés, et me demande :
- C'est vrai que tu n'es plus avec Remus ?
La question me prend au dépourvu, mais j'hoche de la tête, affirmant. Elle soupire alors, visiblement déçue.
- C'est dommage, vous étiez mignons ensemble. J'espère que vous ne vous êtes pas séparés en mauvais termes au moins ?
Je secoue la tête.
- Pas du tout, on a juste compris que nous étions de bons amis plus qu'autre chose, la rassuré-je.
Elle acquiesce et me souhaite un bon appétit avant de s'installer à sa place et de me laisser rejoindre la mienne. J'y retrouve Camille et Fred en . . . Pleine dispute. Surprise, je m'assieds silencieusement et essaye de comprendre le sujet de leur discorde, sans avoir l'air d'être indiscrète.
- Mais pourquoi tu ne veux pas me croire ? Enfin, quoi ? Tu ne me fais pas confiance ? Fait Camille, alors que j'emplie mon assiette d'une part de lasagne au boeuf.
- Excuse-moi de trouver que vous êtes un petit trop ensemble. Tu le vois plus que moi, et pourtant on est dans la même maison ! Réplique Fred, une fourchette menaçante à la main.
Camille soupire, exaspérée.
- C'est pour Mandy, que je fais ça, je te rappelle. Elle a besoin de parler régulièrement aux maraudeurs.
- Mais ça ne t'oblige pas, toi, à passer presque tout ton temps libre avec Peter !
Faisant semblant de manger, je comprends alors que Fred nous fait une crise de jalousie aigue. Il reproche à Camille de passer beaucoup de temps avec Peter. Je comprends son ressenti, mais je comprends aussi Camille, qui pense par cette manifestation de colère, que Fred n'a qu'une faible confiance en sa fidélité. J'ai limpression que, si quelqu'un n'intervient pas très vite, ça va tourner à la bataille rangée entre eux. Je suppose que je dois y ajouter mon grain de sel - en évitant si possible les dommages collatéraux.
- Excusez-moi ?
Fred soupire en revenant à son repas, tandis que Camille se tourne vers moi en roulant des yeux. Puis, un léger sourire étire ses lèvres.
- Mandy, désolée de t'infliger ça, dit-elle.
- Il n'y a pas de mal, juste que . . . Si ça dérange Fred tant que ça, tu n'es pas obligée de m'accompagner à chaque fois que je parle avec un des maraudeurs. Tu le fais déjà d'ailleurs, mais tu pourrais peut-être le faire plus souvent. Tu sais, je suis une grande fille maintenant.
Camille soupire en secouant la tête.
- Mandy, c'est gentil de vouloir nous aider, mais honnêtement, je préférerais que tu reste en dehors de ça. Ne plus côtoyer Peter ne réglera pas le problème.
- Si, il le réglera, fait Fred, visiblement en colère.
- Non, réplique fortement Camille. Le problème, ce n'est pas Peter, c'est toi et ta jalousie !
- Ma jalousie ? Parce que tu penses que je n'ai pas le droit d'être jaloux ? Comment tu réagirais toi, si une fille passait tout son temps avec moi, hein ? Tu ne serais pas jalouse ?
- Pas si je sais qu'il n'y a rien d'ambigu entre vous. Contrairement à toi, moi je crois en la réalité de l'amitié entre filles et garçons !
J'ai les sourcils haussés si haut que je si j'avais eu une frange, on ne les aurait plus vus. Visiblement, mon intervention n'a pas servi à grand-chose. Pire même, il semble avoir envenimer la dispute. Je lâche un soupir et me lève de table. Manger dans cette ambiance n'est déjà pas une partie de plaisir, alors, faire semblant, très peu pour moi. Je les laisse à leur problème de couple et remonte l'allée jusqu'aux portes, quand je suis hélé. Je me tourne vers la table des Gryffondor. James et Sirius me font signe de les rejoindre. Je fais demi-tour et me glisse entre les deux garçons qui se poussent pour me faire une place.
- Il y a quelque chose qui ne passe pas entre Camille et Fred ? Demande Peter, inquiet pour eux.
J'hausse des épaules, muette. Ce n'est pas à moi de lui dire ce qu'il se passe, surtout qu'il est au centre du problème - selon Fred.
- Peter, ça ne se demande pas à une tierce personne ça, le résonne James qui entame son dessert. Mandy, n'hésites pas à piocher dans les assiettes, on a bien vu que tu n'avais pas mangé.
- Tu me surveilles maintenant ?
Il secoue la tête, souriant.
- Vu le tapage que font tes deux amis depuis tout à l'heure, tout le monde a un oeil qui s'égare par là-bas. Ca n'a pas été difficile de comprendre que tu n'étais pas restée assez longtemps avec eux pour avoir mangé convenablement.
Effectivement, les voix de Fred et Camille s'entendent parmi le brouhaha des conversations, mais pas assez pour comprendre ce qu'ils se disent. D'où je suis, je peux même voir que mon amie a viré au rouge furieux - et sans pousser mes sens à puissance vampirique. Je soupire et jette un oeil sur l'assiette où séjourne une part de tarte aux pommes avec plein de crème chantilly que Sirius pousse vers moi. Je repousse le plat vers lui.
- C'est sympa, mais je n'ai pas faim. Je vais profiter de ce temps pour réviser encore un peu.
- Ah ces Serdaigle, râle gentiment James en levant les yeux au ciel. Toujours en train d'étudier. Faut s'amuser aussi dans la vie, tu sais ?
- Qu'est-ce que tu as contre ceux qui pensent à leur avenir ? Intervient Remus, triturant sa glace à la vanille. Tu devrais plus prendre exemple sur elle que sur Sirius.
- Hey oh, qu'est-ce que tu me reproches ? S'insurge Sirius, la bouche entourée de chantilly.
- Ta flémingite aiguë, répond Remus, sérieux. Si tu crois que c'est en te tournant les pouces que tu vas recevoir tes ASPICs, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.
- Je suis un bon élève qui n'a pas besoin dtudier, se défend le brun. Et tu veux bien arrêter de t'en prendre à moi ? On parlait d'Amandine.
Je lève les mains en signe de capitulation.
- C'est bon, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous continuiez à m'ignorer.
Alors que je m'attendais à ce que l'échange vire à la dispute, les quatre amis éclatent de rire. Bon, j'ai compris, j'arrête dessayer de les comprendre. James, toujours hilare, me frappe l'épaule avec sa main.
- Ah toi alors, tu me feras toujours rire.
Si ça lui fait plaisir.
- Ne t'inquiètes pas, dit Peter à mon encontre, Remus et Sirius s'amusent toujours à ce petit jeu. Ils essayent de convaincre l'autre que leur façon de faire est la meilleure. Et n'y parviennent jamais.
- Peut-être parce que les deux sont bonnes, réponds-je. Sirius a raison, quand on a des prédisposition pour l'apprentissage, il ne sert à rien d'étudier trop, le résultat fera que tout sera embrouillé. A contrario, certains ont besoin de travailler dur, comme Remus. C'est injuste, mais c'est comme ça.
Sirius, grand sourire aux lèvres, écarte les bras et brandit les poings en signe de victoire. Remus secoue la tête, se moquant de son ami avec un léger étirement des lèvres.
- Et voilà comment clôturer sept ans de débats puériles, dit James en rigolant.
O0o0O
Le professeur Flitwick passe entre chaque binômes, rectifiant les problèmes de visées ou d'incantations. Chacun d'entre nous possède un bloc de pierre pour deux, duquel il faut faire sortir une sculpture avec un sort informulé. Nous sommes peu à y parvenir parfaitement : pour l'instant il n'y a que Lily et Camille, qui sont en binômes. Je jette un oeil à mon compagnon d'infortune, James. Sourcils froncés, lèvres serrées, il essaye désespérément de jeter son sort sans prononcer un mot. Je regarde autour de moi pour constater que tous sont plus ou moins aussi concentrés que mon binôme. Peter et Sirius s'entrainent à tour de rôle, Remus et Gabrielle Sanves révisent le mouvement de leurs baguettes ensembles, deux Poufsouffle ont abandonnés l'idée de linformulé et tentent d'y réussir à haute voix avant de passer à l'étape suivante et un Serpentard, seul puisque nous sommes un nombre impair, semble s'en sortir plutôt bien puisqu'une espèce de tigre a laissé place au bloc de pierre.
J'abandonne le reste de la classe pour me concentrer de nouveau sur le travail de James. Une forme sort peu à peu de la pierre. Je me lève de ma chaise et m'approche pour mieux regarder. Il semble que la forme soit humaine, bien que les finitions soient encore absentes. Manifestement, c'est une femme, livre à la main et une autre au niveau de son oreille. Peu à peu, les détails s'affinent et je reconnais le profil de Lily. La main qu'elle porte à son oreille est celle qui replace une mèche de cheveux et le livre qu'elle tient à la main est un exemplaire de "L'histoire de Poudlard". J'imagine que cette représentation est un souvenir de James.
Mon attention s'échappe de la sculpture lorsque je sens approcher Sirius et qu'il sarrête à côté de moi.
- Le contraire m'aurait étonné tiens, dit-il.
- De quoi tu parles ? Demandé-je en retour, bien qu'une idée m'effleure l'esprit.
- De la sculpture. Si elle avait représenté autre chose que Lily, je me serais inquiété de sa santé.
Je ne réponds pas tout de suite, trop occupée à contempler le résultat de James. Il a fait un bon travail et les finitions sont magnifiques. Le visage de la statue affiche un sourire hésitant, comme j'ai vu souvent Lily le faire. C'est une reproduction très fidèle, qui attire immédiatement l'intérêt du professeur qui s'empresse de venir commenter le travail de James avec le principal intéressé.
- Il est accro, hein ? Fais-je, sachant que Sirius comprendrait de quoi je parle.
Il acquiesce d'un air las.
- Depuis trois ans. Je ne sais pas comment il fait. Si une fille m'avait repoussé pendant aussi longtemps, j'aurais jeté l'éponge très vite.
J'hausse des épaules.
- J'imagine que tant qu'on ne sera pas nous-mêmes tombé amoureux au moins une fois, on ne comprendra pas.
Sirius tourne la tête vers moi, surpris.
- Tu n'es jamais tombé amoureuse ? S'exclame-t-il.
- Pas que je sache. Pourquoi ça t'étonne ?
Je finis de poser ma question au moment où la cloche retentit. Tout le monde s'écarte de ses blocs de pierre, taillés ou pas, et rejoins sa place pour y récupérer ses affaires. Le professeur Flitwick nous informe que nous continuerons l'exercice au prochain cours et nous demande de nous entrainer sur du bois en attendant, avant de nous permettre de quitter la pièce. Je passe ma cape autour de mon cou, hisse mon sac sur mon épaule et file entre les tables pour rejoindre la porte. A la sortie, j'ai la surprise de constater que Camille est partie sans moi - ce qui me laisse penser qu'elle ne s'est sans doute pas réconciliée avec Fred - et qu'à l'inverse, Sirius se décolle du mur contre lequel il était adossé, et me rejoins.
- Où sont les autres ? Le questionné-je.
- Il sont partis devant, je leur ai dit que je les rejoindrai. Pourquoi ça ne devrait pas m'étonner ? Ca devrait au contraire.
Je mets un temps avant de comprendre qu'il parle de notre précédente discussion. J'attrape la lanière de mon sac que j'agrippe et me met en route, décidée à rejoindre le parc où je pourrais m'entrainer immédiatement au sort de Taillage pendant que le cours est encore frais dans ma tête. Sirius m'emboite le pas, attendant visiblement une réponse.
- Non. C'est comme si à tes yeux, à mon âge, c'était obligé que je sois déjà tombé amoureuse de quelqu'un. Ce qui n'est pas le cas.
- Waouh. Je n'avais encore jamais rencontré une fille qui ne soit pas tombé amoureuse une seule fois , même un béguin.
- Ah, je t'arrête tout de suite, fais-je en levant une main alors que nous prenons les escaliers mobiles. Avoir un béguin et être amoureux n'est pas la même chose. L'intensité et la durée du sentiment ne sont pas les mêmes.
Sirius ouvre la bouche pour répliquer, mais rien ne sort. Je pense lui avoir coupé la chique. Puis, il reprend contenance après deux secondes d'hésitations.
- Donc, tu avoues avoir au moins eu un béguin pour quelqu'un, dit-il avec un grand sourire, comme s'il avait réussi quelque chose.
Je fronce des sourcils.
- Oui, et alors ? J'ai dix-sept ans, c'est mon droit.
- Je le connais ?
Je m'arrête, Sirius fait de même deux pas plus loin et se retourne. Je croise les bras et le regarde intensément.
- Tu ne serais pas en train d'essayer de me faire avouer que j'en pince encore pour Remus ?
Son air joyeux disparait et il fronce des sourcils.
- Non, s'offense-t-il. Je suis juste curieux. Pourquoi, tu as encore des sentiments pour Remus ?
Je secoue la tête, dépassée.
- Non, il n'y a rien entre Remus et moi, fais-je en soupirant avant de reprendre ma route.
- Où tu vas ? Me demande-t-il quand j'arrive à sa hauteur et qu'il memboite de nouveau le pas.
- Dans le parc, réviser le cours de Sortilège. Le professeur Flitwick nous a dit de nous entrainer sur du bois, et ce n'est pas ce qu'il manque dehors.
- Alors ne passe par là, dit-il en m'attrapant le bras et en me poussant derrière une tapisserie que je ne savais même pas qu'on pouvait écarter.
- C'est un raccourci ? Demandé-je alors que j'allume ma baguette pour éclairer les lieux.
- Effectivement. Les gars et moi, on connait presque tous les passages secrets de Poudlard.
Il me passe devant dans l'étroit boyau de pierre et attrape ma main pour me guider. Son contact, que je n'avais pas senti depuis longtemps, m'électrise. Son odeur m'entoure et m'envahit plus que d'habitude dans un espace clos comme celui-ci et je le respire à plein nez. Il a vraiment un parfum magnifique. Y goûter devient de plus en plus tentant avec le temps. Il m'est à présent impossible de le côtoyer plus d'une heure sans que son odeur efface peu à peu la succulence de mes repas animales. Si, le jour où il apprend pour moi, il refuse d'être mon Calice, je devrais couper tout contact avec lui sous peine qu'il ne m'arrive ce qu'a prédit Lucinda.
Soudain, l'étroit passage descend abruptement et, surprise je ne peux que m'agripper au bras de Sirius pour éviter de tomber. Sa mains se resserre contre la mienne en réponse.
- Ca va ?
- Ouais, j'ai trébuché. Malgré ma baguette, je n'ai pas vu que ça descendait. Préviens-moi la prochaine fois s'il te plait.
- Ok.
Baguette pointée sur le sol, je vérifies maintenant qu'il n'y a pas d'autres dangers pour moi. Avec mon corps dur comme la pierre, c'est pas le moment de tomber au risque de défoncer un mur ou de blesser Sirius. Il faudra que je pense à apprendre à maitriser ma force en cas de surprise du genre. Soudain, un point de lumière apparait au loin et je comprends qu'on arrive au bout du tunnel. Le point ne tarde pas à devenir un rond de la taille d'un oeuf puis, progressivement, à devenir plus haut qu'un homme. Un buisson masque la sortie du tunnel, mais Sirius n'est pas long à repousser le végétal et à m'aider à sortir. Nous sommes arrivés près du lac, bien loin de l'entrée du château.
- Eh bah dis donc, il est pratique ce passage. Il faudra que je pense à m'en souvenir.
Sirius sourit et me guide jusqu'à un arbre, entourés de branches mortes.
- Tu penses que ça fera l'affaire pour ton exercice ?
J'acquiesce dun signe de tête.
- Et je peux me joindre à toi ? Ajoute-t-il avec un sourire malicieux.
- Tant que tu ne me déconcentres pas, je n'y vois aucun inconvénient.
Il se baisse pour ramasser un bout de bois et s'loigne afin de me laisser un grand espace de travail. J'entame mes exercices avec enthousiasme. Je commence par jeter le sort à voix haute, sculptant des formes simples dans des branches de bois minces. Puis, une fois le mouvement et l'incantation bien en tête, je travaille sur des formes plus élaborées et dans du bois plus épais, avant de refaire la même chose mais avec le sort informulé. Au bout d'une heure, je suis entourée par une foule de sculpture toutes différentes les unes des autres, et je suis obligée d'allumer ma baguette pour voir dans le noir qui s'installe peu à peu. Il est bientôt sept heure et l'heure du dîner, je décide donc d'aller récupérer Sirius pour rentrer.
Je le découvre, à moitié allongé contre un arbre, yeux fermés et bras sur le ventre, entouré d'objets hétéroclites taillés grâce au sort. Je m'approche et m'accroupis, avant de détailler son visage. C'est vrai qu'il est beau garçon, plus que je ne l'avais remarqué jusqu'à maintenant, sans doute parce qu'il n'affiche jamais un visage aussi calme. Je remarque aussi un grain de beauté à peine visible près de son oreille. Bizarrement, je trouve ça mignon. Je tends une main et lui tapote les joues pour le réveiller. Il grogne en bougeant la tête pour m'échapper.
- Sirius, il est temps de rentrer, il fait nuit. Lève-toi.
Il inspire profondément, papillonne des yeux et me sourit quand il prend conscience de ma présence. Puis, il se redresse et s'étire en soupirant.
- Il est quelle heure ? Demande-t-il en se levant.
- Presque sept heures. Le dîner va bientôt être servi, réponds-je pendant qu'il récupère son sac par terre.
Nous remontons ensuite le parc jusqu'à l'entrée où nous croisons des élèves qui rentrent comme nous. Certains nous lancent des regards abasourdis et d'autres - majoritairement des filles - m'adressent des oeillades assassines. Parmi celles-ci, Crow et Grayson, qui me fusillent du regard quand je leur passe à côté. Puis, nous pénétrons dans le château et grimpons l'escalier de marbre jusqu'aux portes de la Grande Salle.
- Hey, Sirius !
Nous nous retournons à l'interpellation. Il s'agit de Peter et Remus qui arrivent du couloir droit, revenant certainement de leur tour.
- James n'est pas avec vous ? S'étonne Sirius, lorsque ses amis s'approchent.
- Il est en retenue, il en a encore pour une heure, répond Peter.
- Oh mince ! M'exclamé-je alors, attirant leur attention.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Fait Remus.
- J'ai oublié que j'avais promis à James de passer lui donner deux ou trois tuyaux sur comment utiliser les produits moldus.
Les trois amis éclatent de rire. J'ignore s'ils se moquent de moi à cause de ma tête de linotte, où s'ils rient de leur ami qu'ils imaginent en train de se débattre avec des balais et des serpillières.
- Le pauvre, rigole Sirius. Tu devrais y aller maintenant, tu écourteras peut-être son supplice.
J'acquiesce dun signe de tête et leur adresse un salut lorsque je redescends les marches qui mènent au hall dentrée. Puis, je passe dans le couloir qui conduit aux cachots et prend le première tournant à droite avant de m'enfoncer dans le froid des sous-sols. Je ne mets pas plus de cinq minutes à parvenir au cachot numéro un qui, d'après l'odeur, a déjà été nettoyé de fond en combles. Visiblement, James a fini par se débrouiller tout seul. J'ouvre la porte et jette un oeil dans la pièce. Il semble ne plus y avoir de nuisibles, et la poussière a disparu. Pas si mal pour un sang-pur. Je referme la porte, au moment où la voix de James résonne dans un cachot en un cri de surprise. Il a dû croiser une bestiole.
Amusée, je me dirige vers la provenance de la voix et ralentit progressivement quand je m'approche, interpellée par les odeurs que j'y découvre. Je reconnais le parfum de James, mais il y a quelqu'un dautre avec lui, et ça m'étonne. Plus surprenant encore, cette personne possède un bouquet inconnu et pourtant reconnaissable. Ce soupçon de lilas imposant me rappelle Lucinda, pourtant ce n'est pas son odeur qui est avec celle de James. Soudain, un autre cri résonne, mais pas de surprise cette fois. De peur. Inquiète, je fonce jusquau cachot numéro cinq et ouvre la porte. Le spectacle qui s'offre alors à moi me cloue sur place.
James est acculé contre le mur du fond par un homme de haute taille, vêtu dun long manteau marron. La personne se tourne vers moi à mon entrée et me permet de voir son visage. Il a le teint basané, des petits yeux marrons et une bouche aux lèvres fines. Ses cheveux bruns sont attachés sur sa nuque par une pince, une cicatrice lui barre la joue droite et par sa bouche ouverte, j'aperçois les deux canines plus longues que la moyenne humaine. Son regard sombre croise alors le mien et il fronce des sourcils.
- Toi ? Murmure-t-il.
Mon sang se glace quand je comprends qui est cet homme. C'est le vampire, le membre de la caste qui m'a transformé. Il est aussi, par conséquent, le meurtrier de Betty. Mes yeux se posent ensuite sur ses mains, accrochées aux épaules de James qu'il plaque contre le mur. Ce dernier, totalement effrayé, a les yeux grands ouverts et le corps raidi. La colère grimpe en moi. Je voûte le dos, découvre mes dents et grogne :
- Lâche-le !
Il s'exécute immédiatement, ne me lâchant pas du regard. James glisse contre le mur, jusqu'à ce que ses fesses touchent le sol, toujours hébété. Le vampire profite alors du fait que je sois obnubilée par James pour courir hors du cachot. Il est rapide, bien plus que moi. Je décide alors de le laisser partir et de rejoindre James, en état de choc. Arrivée à sa hauteur, je pose une main sur son épaule.
- James, est-ce que ça va ?
Il tourne son regard vers moi, toujours dans le même état.
- Tu viens de me sauver la vie, lâche-t-il dans un murmure abasourdi. Si tu n'avais pas été là . . . Si tu n'étais pas descendu . . . Couic, plus de James !
Je presse son épaule, tentative dérisoire pour le réconforter. Je ne sais pas trop quoi faire pour lui, je suis encore sous le choc de ce qu'il vient de se passer et de la confirmation de mes doutes. Cet homme, puisqu'il ma reconnu, ne peut-être que mon créateur. Mon coeur ce serre. Je viens de rencontrer la créature qui m'a attaqué, qui s'est nourri de moi, avant de me transformer en l'une des siens.
- Est-ce que . . .
Tirée de mes pensées, je porte mon regard sur James, l'incitant à poursuivre.
- Est-ce que tu veux bien me prendre dans tes bras ? Je crois que j'ai besoin d'un truc dans le genre.
Mal à laise, j'acquiesce. Je m'accroupis face à lui et passe mes bras autour de son cou, puis il niche son visage dans mon épaule, la respiration précipitée. Je lui caresse la base des cheveux tandis que ses mains agrippent fermement ma cape et qu'il s'y accroche avec la force du désespoir. Je comprends ce qu'il ressent. Être agressé par un vampire, c'est impressionnant. Savoir qu'on est en passe de devenir le repas de quelqu'un, ça colle une peur bleue.
Au bout de quelques minutes, James se calme et recule. Je m'écarte alors et m'assois face à lui, attendant de savoir ce qu'il veut faire ensuite. Comme il ne dit rien, se contentant de fixer le sol de pierre, je prends l'initiative.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demandé-je. Je t'ai entendu pousser un cri de surprise mais je n'ai pas pensé que tu étais en danger. Comment ça se fait qu'il n'ait pas eu le temps de te mordre avant que j'arrive ?
James redresse la tête et me raconte :
- Il est sorti de l'ombre d'un coin de la pièce. Je crois qu'il était là depuis un moment parce que je ne l'ai pas entendu rentrer. Puis tout d'un coup, il était sur moi et c'est là que j'ai crié. Ensuite, il m'a plaqué contre le mur, il m'a montré ses espèces de crocs et il m'a dit . . .
Il s'arrête. Je l'encourage à poursuivre.
- Il ma dit qu'il était désolé.
- Désolé ?
- Oui. Il était désolé de devoir me tuer, complète James, totalement halluciné.
Je fronce des sourcils. Je pensais que le vampire attaquait pour se nourrir, pas pour tuer. Cela changeait tout. Il ne voulait pas transformer Betty en Faucheur, il voulait la vider de son sang, mais il a été interrompu par Grayson. Et il aurait fait la même chose à James si je n'étais pas intervenu. Mais, et moi dans l'histoire ? Il n'a pas cherché à me tuer, puisqu'il m'a transformé en membre de la Caste. Mais pourquoi m'avoir attaqué dans ce cas-là ? Et pourquoi devoir tuer James et Betty ? Sont-ils des cibles pris au hasard, ou des personnes désignées ? Et si c'est le cas, désignées par qui ? Et pourquoi ce vampire exécuterait ce devoir ?
- Tu le connais, fait soudain James à voix basse.
Je croise son regard. Il a les sourcils froncés, dans un souci de compréhension.
- Quoi ? Fais-je, trop étonnée pour prononcer autre chose.
- S'il n'a pas mené son attaque jusqu'au bout, c'est parce que tu es arrivée. Il te connait, il a dit "toi" ? . Il t'a reconnu. Comment tu connais un Faucheur, toi ? Et . . . Et . . . Pourquoi tu tes mise à montrer les dents et à grogner ? J'étais peut-être totalement effrayé à ce moment-là, mais je me rappelle parfaitement ce que tu as fait.
J'ouvre la bouche, mais aucun mot n'en sort. Je la referme, avant de froncer des sourcils, cherchant une excuse valable pour expliquer ce qu'il sest passé. Mais rien ne vient, sauf :
- Ce n'était pas un Faucheur, c'était un vampire de la Caste.
James affiche l'air de celui qui ne comprend rien, ce que je ne peux pas lui reprocher. Il attendait une explication, mais je lui dis juste qu'il a tort sur la nature de son agresseur.
- Et comment tu peux savoir ça ?
Je me lève, lui tourne le dos et soupire en me pinçant l'arrête du nez. Tout comme avec Remus deux mois plus tôt, je n'ai plus le choix : je dois avouer la vérité à James sur ma véritable nature. Je lui fais alors de nouveau face et constate qu'il sest relevé lui aussi. Je grimace alors qu'il plante son regard dans le mien, décidé à avoir les réponses à ses interrogations.
- Je le sais parce que je suis moi aussi un vampire de la Caste. L'homme qui t'a agressé est celui qui m'a transformé il y a deux mois.
Fin du chapitre. Et voilà, encore un petit peu d'action. Ca fait du bien, non ? ^^ Et maintenant, on sait qui est l'agresseur. :)
Je ous dis à la semaine prochaine !
Bisous.
