Et voili voilou le chapitre treize.

Je suis vraiment heureuse de vous voir tous si enthousiasme dans vos commentaires. Ça me fait chaud au cœur.

Lythrum : J'ai eu la même réaction quand j'ai vu que tu avais posté une review, tu sais. Merci ! J'espère que ce chapitre te plaira également.

Kira : Bien le bonjour ! Je suis très heureuse de voir que tu apprécies cette histoire, et mon style d'écriture ! Ça me touche beaucoup ! Et, oui, je suis une fan inconditionnée de Mephisto. Je l'adore. C'est pourquoi tu peux me compter parmi les membres de ton fan club. Sur ce, merci pour ta review et bonne lecture !

Clochann : Waouh, j'ai rougit en lisant ton message ! Merci ! Je suis vraiment contente que ça te plaise, et que tu prennes toujours autant de plaisir à lire cette histoire. Pour ce qui est de la fin, elle n'arrivera pas tout de suite, même si je l'ai déjà globalement dans la tête. J'ai, moi aussi, envie de faire traîner un peu les choses. Merci encore, et bonne lecture !

Ma très chère habituelle Guest : Hm, si tu cherches des idées de pseudos, je peux t'en donner à la pelle. Du genre Choux-de-Bruxelle, Tarte-au-citron, ou Banana-Split. Hm ? C'est nul ? Bon, tant pis. Bref ! Tu m'as encore une fois beaucoup fait rire avec ton Fi-fils à sa Mémé. Et merci beaucoup pour ce méga retour sur le chapitre 12. Vois-tu, quand quelqu'un poste un commentaire, je le reçois par mail. Le tiens était tellement long, que je n'ai pas pu le voir en entier quand j'ai ouvert l'e-mail. Je suppose qu'il doit y avoir une limite de caractère ! Bref, tout est-il que je suis allé sur le site pour voir la suite de ton commentaire. Encore merci ! Je t'encourage vivement à regarder cette saison deux dans son intégralité ! Pour ma part, j'étais heureuse de voir l'anime s'attacher d'aussi près au manga (j'étais surtout heureuse de pouvoir réentendre le doubleur de la voix de Mephisto, et le design du personnage… J'avoue…). Bon, après cette méga réponse, proportionnelle à ta review, je te souhaite bonne lecture !

Cilreth : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis vraiment touché par ton compliment ! Je mets toute mon énergie à essayer de rester plus ou moins en accord avec le personnage, alors quand tu me dis que je le représente bien, je suis aux anges ! Merci, et bonne lecture !

YukikoKitamura66 : Je te remercie pour ta review et pour ton retour sur la relation Mephisto/Haruka ! Je suis ravie de te voir toujours au rendez-vous ! Bonne lecture, en espérant que ce chapitre te plaise également.

Les-Fictions-De-Niils : Je me disais bien qu'il me manquait une de mes revieweuse (ça se dit ça ?) habituelle ! xD ! Je t'avoue que… Moi aussi la saison deux a attisé mon envie de lire des fanfictions sur Blue Exorcist ! D'autant plus qu'elle était vraiment très bien cette saison ! Je suis particulièrement heureuse de voir à quels points ils ont été fidèle au manga, ne serait-ce que dans le design des personnages… Ils ont vraiment été fidèle à l'œuvre (sauf pour quelques écarts pardonnables) et j'apprécie. Bref, je ne vais pas trop m'étendre parce que je pourrais en parler pendant des heures. Merci beaucoup pour ta review ! Vraiment ! Je te souhaite une bonne lecture pour ce chapitre treize !

Phoenix Opendule : Ahah ! Je te promets que mon intention n'est pas de torturer mes lecteurs en les faisant attendre le chapitre suivant ! Tu m'as beaucoup fait rire ! Un tel enthousiasme fait plaisir à voir ! Merci beaucoup, et bonne lecture !

Merci à tous de continuer à lire cette histoire ! Tous autant que vous êtes, je vous adore. Merci de me suivre dans cette aventure ! Merci ! Merci, et merci ! Bonne lecture !

Ps : Vous avez été tout particulièrement nombreux à poster un commentaire, et à faire des retours positifs. J'avoue que cet enthousiasme m'a beaucoup émue.

Chapitre 13 :

Le "calme" avant la tempête

Il existe certaine personne qui ont le don de nous faire perdre notre sang froid.

Pour Haruka, Mephisto était un maître dans le domaine. D'un simple geste, ou même d'un simple sourire, il parvenait à la faire sortir de ses gonds. Inutile de spécifier l'état de rage dans lequel Haruka pouvait se retrouver quand le démon ouvrait la bouche. Il avait cette faculté de détecté ce qui l'agaçait ou ce qui la gênait. Bien entendu, il prenait toujours un malin plaisir à utiliser ces faiblesses contre elle. De manière générale, la rousse avait l'impression qu'il était doué pour cela avec tous les êtres humains.

« C'est pour ça que tout le monde le déteste, j'en suis sûre. » Songea-t-elle en relisant une énième fois la question écrite sur sa feuille.

Assise à son pupitre habituelle, la jeune enseignante entendait son supérieur se déplacer dans la salle de classe, zigzaguant entre les bureaux et sifflotant gaiement. Cette attitude décontractée faisait bouillir Haruka intérieurement.

« Il le fait exprès pour me faire chier ! »

Secouant vivement la tête, elle tenta de reprendre son calme, et inspira profondément. Le moment était mal choisi pour s'énerver contre son directeur. Il fallait qu'elle réussisse cet examen. Il s'agissait d'un examen « surprise » que lui avait donné Mephisto dès qu'elle avait franchi le pas de la porte. C'est à peine si elle avait eu le temps de posé ses affaires. Le démon avait fait apparaître d'un claquement de doigt une dizaine de feuille remplit de questions, et lui avait souhaité bonne chance en lui offrant l'un de ses insupportables clins d'œil.

Il y a quelques semaines -ce qui lui paraissait être un millénaire- le directeur avait en effet mentionné un examen futur. Mais avec tous les événements et les révélations auxquels elle avait dû faire face, l'examen lui était totalement sortit de la tête. Et bien entendu, le maître du temps n'avait rien fait pour le lui rappeler. Il aimait la voir s'énerver.

Toutes les questions portaient sur les livres que lui avait donné le démon quand elle avait commencé ses cours d'exorcisme avec lui. Bien évidemment, elle n'avait pas eu le temps de tous les lire. Aucun être humain n'y serait parvenu, et aucun démon non plus d'ailleurs. A moins de posséder la faculté de stopper le temps.

Face à son examen, la jeune femme se sentait démuni. Elle ne parvenait à répondre qu'à très peu de questions. Et l'insupportable sifflotement de Mephisto commençait à la rendre folle. Quand elle le sentit se pencher par-dessus son épaule pour examiner sa copie, elle crut qu'elle allait perdre son calme. Ce fut le cas quand elle l'entendit pouffer de rire.

- Je peux savoir ce qui vous amuse ?! Explosa-t-elle se tordant le cou pour le fusiller du regard.

- La question se pose-t-elle vraiment ? Ce sont vos réponses qui me font rire, bien évidemment.

- Oui, et bien si vous m'aviez rappelé l'existence de ce contrôle, j'aurais pu me préparer en conséquence ! Sauf que ça vous amuse de me voir me débattre avec ce fichu questionnaire !

- Vous vous cherchez des excuses ? Néanmoins, je ne peux nier que je m'amuse beaucoup, rigola le démon en montrant une de ses réponses du doigt.

La rousse grommela, et se pencha de nouveau sur sa feuille, maudissant mille fois le démon. Qu'avait-elle fait pour mériter un tel sort ? Durant tout le temps où elle composa, Mephisto trouva mille et une manières de la déstabiliser. Il vint même s'asseoir juste derrière la rousse, sa console à la main, et pris plaisir à commenter à voix haute les tenants et aboutissants de son jeu. Il était impossible pour la jeune enseignante de se concentrer sur ce qu'elle faisait. Malgré tous les efforts que mis en œuvre Mephisto pour faire enrager Haruka, celle-ci termina son devoir relativement tôt. Elle n'avait répondu qu'à quelques rares questions. En colère, elle se leva, laissant les feuilles sur le bureau et sans un mot, elle partit de la salle. Elle entendit juste Mephisto lui lancer un joyeux « bonne soirée » en passant la porte.

C'est dans ce genre de moment qu'il lui semblait tout bonnement impossible de tomber amoureuse du démon, quand bien même elle lui avait fait la promesse d'essayer.

Serait-elle un jour capable de tomber amoureuse d'un tel individu ?

OoO

- Ça ne m'étonne même pas de lui, soupira Shima le lendemain soir, une fois que la rousse eut raconté ses mésaventures aux jeunes exorcistes.

L'adolescent arborait une mine désolée, mais l'enseignante douta qu'il puisse s'agir d'une réelle compassion. Il faisait sans doute mine de la plaindre pour qu'elle tombe dans ses bras, ou quelque chose du genre. Elle commençait à connaître Shima. Il s'agissait d'un adolescent tout particulièrement coureur de jupon. Les craintes d'Haruka furent vérifiées la seconde d'après, quand elle vit l'air amoureux que prit Shima pour la fixer.

« Il bave sur tout ce qui bouge ma parole… » Songea-t-elle dépitée.

Malgré l'attitude de l'adolescent aux cheveux roses, Haruka était heureuse de retrouver les jeunes exorcistes après tant de temps. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulé depuis la dernière fois où elle avait leur avait parlé.

- C'était quels genres de questions ? Osa demander Ryuji.

La rousse leva les yeux vers le plafond délabré de la salle de classe, et essaya de se souvenir d'une des questions qui lui avait été posé. La nuit avait effacé une bonne partie de ses souvenirs concernant le questionnaire. Au bout d'un moment, la jeune enseignante parvint à se remémorer une question. Celle dont sa réponse avait arraché un rire au démon.

- Après avoir défini ce qu'est un Naberius, ainsi que leurs utilités et leurs faiblesses, vous expliciterez leur histoire particulière au japon, puis dans les pays européens. Pourquoi de telles différences historiques existe-t-elles entre ces deux zones géographiques ? Récita-t-elle au bout d'un moment.

- Ah ouais… Il a tapé fort là, marmonna Konekomaru.

- T'as la réponse Ryuji ? Demanda Rin plein d'espoir.

Ryuji était connu pour savoir énormément de chose, néanmoins, il haussa les épaules avant de répondre :

- Vaguement. Je sais juste que les Naberius sont des amas de plusieurs goules que les Hommes ont assemblées entre elles afin de créer des armes pour lutter contre les démons. Une loi interdit la création de nouveaux spécimens au Japon, mais en Europe… Je sais pas du tout ce qu'il en est.

- C'est à peu près ce que j'ai noté, s'indigna la rousse. Mais il s'est penché par-dessus mon épaule et à rigoler.

- Ah…

La rousse fut soulagée de constater que les jeunes apprentis n'en savaient pas plus qu'elle. La veille, devant son examen, elle avait bien failli perdre espoir en ses propres capacités, songeant qu'elle était peut-être idiote au bout du compte. Savoir les adolescents à son niveau la rassurait quelque peu. Mephisto avait-il fait exprès de lui donner des questions compliquées ? Cela apparaissait maintenant comme une évidence aux yeux de la jeune femme. Elle aurait donc une autre bonne raison de s'agacer contre le directeur.

Quand vint l'heure de son cours avec Mephisto, les adolescents lui souhaitèrent unanimement bon courage. Et c'est un peu dépité qu'elle se rendit à sa salle. En marchant dans les longs couloirs lugubres de l'école, elle entendit des bruits de pas résonner au loin. Mephisto avançait à l'autre bout du couloir en direction de leur salle de classe. Haruka le regarda s'avancer dans le sombre couloir. Il ne portait pas son haut de forme blanc, rose et violet. Ils arrivèrent en même temps devant la salle de classe. Face à face, ils se jaugèrent un moment, sans bouger.

- Bonsoir, chantonna le démon en replaçant une mèche rousse derrière l'oreille de la jeune femme.

Mephisto avait pris l'habitude d'effectuer ce geste à chaque fois qu'il la voyait. Haruka ne le repoussait pas. En fait, à force, elle en avait pris l'habitude. Néanmoins, elle lui jeta un regard polaire, songeant avec agacement au test qu'il lui avait donné la veille.

- Bonsoir, marmonna-t-elle dans un grognement mécontent. Si je peux me permettre, vous mériteriez un bon coup de poing dans la tronche.

- Vous me frapperiez ?

- Si je n'avais pas peur de me casser la main, oui.

Mephisto ricana, et ouvrit la porte. D'un ample geste de la main, il invita son humaine à pénétrer à l'intérieur de la salle. La jeune femme s'exécuta, non sans lancer au démon un regard coléreux.

- Vos petites politesse ne diminue en rien ma colère.

- Je le sais. Et contrairement à ce que vous semblez penser, je n'essaie pas de me faire pardonner. Vous faire sortir de vos gonds, vous voir vous énerver, est sans doute l'un de mes passe-temps favoris. Vous réagissez tellement vite à la moindre provocation… Je m'amuse beaucoup à vous voir vous agacer.

- Contente de pouvoir vous être utile… Marmonna la rousse.

Dans un grognement mécontent, elle vint s'installer à sa place habituelle. Mephisto la rejoignit, et vint s'asseoir sur le bureau de la jeune femme. Un long silence s'étendit. Le démon ne commença pas son cours. A la place, il sortit sa console et commença à jouer, sous le regard dubitatif et agacé de son humaine. Commençant à s'impatienter, la rousse se manifesta.

- Je p-peux savoir ce que l'on attend pour commencer ? Demanda-t-elle au bout de ce qui lui parut être une éternité.

- Mon deuxième élève. Ou plutôt, votre élève, répondit le démon dans un sourire.

- Pardon ?

Au même moment, on toqua à la porte. Trois coups, brusques, secs, abattus avec force contre la porte en bois. Avant même que Mephisto ne donne l'ordre d'entrer, le nouvel arrivant fit son apparition. Haruka eut un sursaut en voyant Amaimon entrer dans la salle de classe. Elle crut d'abord à une farce, une illusion, ou quelque chose du genre. Mephisto cherchait-il à lui faire avoir un arrêt cardiaque ? Elle jeta à ce dernier un regard paniqué, auquel le maître du temps répondit par un clin d'œil amusé. Il se leva pour accueillir son jeune frère.

- Tu es en retard Amaimon. Nous t'attendions.

- Vous l'attendiez, rectifia Haruka à voix basse.

- Bonsoir cher frère, dit Amaimon en jetant un regard par-dessus l'épaule de son ainé.

Le regard d'Haruka croisa celui du plus jeune prince démoniaque, et elle fut parcouru d'un frisson. Elle aurait voulu avoir les pouvoir de Mephisto pour disparaître dans un panache de fumé. Amaimon n'avait rien à voir avec son ainé. Il était même l'exacte opposé de ce dernier. Alors que Mephisto était doté d'un panel gigantesque d'expression faciale, le vert ne paraissait en connaître aucune. Son visage inexpressif ne laissait rien transparaître sauf l'indifférence. Avait-il seulement la capacité de ressentir des émotions telles que la joie ou la colère ? Alors qu'un frisson de peur parcourait Haruka, elle s'énerva mentalement.

« Ne fait pas ta peureuse ! Tu n'as rien à craindre… Mephisto te l'a affirmé… »

Néanmoins, il lui fut difficile d'avaler sa salive. Son estomac se noua.

« Les démons ne font pas peur, les démons ne font pas peur, les démons ne font pas peur » Se répéta-t-elle en boucle pour se convaincre.

Les jambes tremblantes, la jeune femme se leva et s'avança vers le roi de terre. Tous les muscles de son corps se crispèrent petit à petit, à mesure qu'elle avançait. Une fois devant lui, elle paraissait avoir été changé en statut de pierre tant elle était raide. Haruka salua le roi de la terre en inclinant le buste sèchement.

- E-Enchanté ! Je suis Ha-Haruka Hinode !

- Inutile d'être aussi révérencieuse Haruka, commenta Mephisto amusé.

Le sourire qu'il arborait était moqueur. Haruka eut envie de le frapper, une fois encore. Alors qu'elle faisait des efforts, il ne trouvait rien d'autre à faire que de se moquer d'elle. Ce qu'il pouvait-être agaçant !

- Haruka ? S'étonna Amaimon en se tournant vers son ainé. Ne vient-elle pas de dire qu'elle s'appelait Haharuka ?

Encore une fois, la voix enfantine du vert étonna la rousse. Mephisto, lui, leva les yeux au ciel, l'air exaspéré.

- Non Amaimon. Il s'agit juste d'une humaine qui a la vilaine habitude de bégayer sans cesse. C'est une timide que tu as sous les yeux.

La remarque du directeur fit rougir l'enseignant, tandis que le vert la fixait comme s'il s'agissait d'un extraterrestre. Ne sachant trop comment prendre les paroles du démon, elle se contenta de se trémousser sur place. Elle ne savait pas vraiment quoi dire ou quoi faire dans cette situation. Heureusement, le maître du temps mit fin au silence pesant en expliquant la situation.

- J'ai invité Amaimon à se joindre à nous pour que vous lui appreniez quelques petites choses. Voyez-vous il s'est montré particulièrement intéressé par la culture japonaise, alors je me disais que vous pourriez lui faire cours.

- Je ne suis qu'une professeure de langue…

- Ce n'est pas tant le fait que vous soyez professeur qui m'intéresse. Le simple fait que vous soyez humaine vous qualifie pour cette tâche. Et c'est surtout en cela que votre intervention va lui être utile. Je ne vous demande que de lui apprendre quelques coutumes ou politesses typiquement humaine. Celles que vous voudrez !

Haruka croisa les bras sur sa poitrine, et grommela :

- Vous auriez pu me prévenir avant…

- J'ai voulu ! Hélas, hier soir vous vous êtes sauvé avant même que je n'ai eu le temps de vous dire quoi que ce soit, soupira-t-il dépité en secouant la tête.

Haruka grommela.

Silencieux, Amaimon écoutait l'échange entre Mephisto et son humaine. Il cherchait à comprendre le lien qui unissait les deux personnages, en vain. D'où se connaissaient-ils ? Qui était-elle vraiment ? Pour que son ainé la sollicite ainsi, il devait s'agir d'une humaine talentueuse. En vérité, Mephisto abait assigné cette tâche à Haruka pour deux raisons. La première: afin qu'elle se familiarise avec les démons et qu'elle cesse d'éprouver à leurs égard crainte et méfiance. La deuxième: elle était la seule personne susceptible de voir Amaimon sans remettre en cause l'intégrité de Mephisto au sein de l'Ordre. En effet, la jeune femme ne semblait même pas s'être posé de question sur les raisons de la présence du roi de la terre dans l'académie. Pour une fois, sa naïveté arrangeait grandement le maître du temps.

- Nous commençons ? Demanda ce dernier en tapant des mains, visiblement impatient de voir son humaine enseigner.

- B-Bien, d'accord…

La jeune femme partit s'installer sur l'estrade destiné aux professeurs, et vit les deux démons s'asseoir au premier rang. Amaimon paraissait sur le point de mourir d'ennuie. L'inexpressivité de son visage reflétait le peu d'intérêt qu'il accordait à la rousse. Celle-ci préféra regarder Mephisto pour tenter de reprendre contenance, mais ce ne fut pas mieux. Ce dernier la fixait profondément, son habituel large sourire aux lèvres. Il semblait vouloir la dévorer.

La scène était aussi ridicule qu'atypique et inquiétante.

OoO

- Il s'agit du pire élève que je n'ai jamais eu, soupira la jeune femme.

Haruka rentrait chez elle. Dehors, il faisait nuit noire, et seul le sifflement sinistre du vent se faisait entendre dans la pénombre. Les quelques lampadaires sur le chemin permettaient à Haruka de retrouver un sentiment de sécurité sous leur halo lumineux. A ses côtés marchait Mephisto. Il s'agissait là d'un autre élément qui lui permettait de ne pas se morfondre dans la crainte de voir débarqué le démon-cerf de ses cauchemars.

- Vraiment ? Je l'ai trouvé plutôt attentif, répondit le démon.

- C'est parce que vous n'étiez pas attentif non plus… J'ai eu l'impression de parler dans le vide pendant trois heures. Je me demande bien ce qui vous ait passé par la tête pour me demander de lui faire cours.

- Il s'agissait plus de l'occuper qu'autre chose.

La jeune femme croisa les mains dans son dos, et leva les yeux vers le ciel. Une importante masse nuageuse couvrait une bonne partie du ciel, mais les quelques étoiles que l'on pouvait voir çà et là brillaient d'une lueur éclatante.

- Mais au fait… Que faisait-il ici ?

Le démon haussa un sourcil. Il était étonné de la voir si réfléchie, pour une fois.

- Une… étude de terrain je dirais… Sourit-il en songeant qu'il valait mieux taire certaines parties de ses plans à la jeune femme, pour le moment.

- Qu'est-ce que vous traficotez encore ? Grommela-t-elle en lui jetant un regard en biais.

- Cela n'a rien à voir avec vous, si ça peut vous rassurer.

Amaimon avait été invité à l'académie afin de tester les pouvoir du plus jeune fils de Satan, Rin. Néanmoins, Mephisto doutait que son humaine approuve cela. Peut-être lui parlerait-il un jour de ses plans, mais pas aujourd'hui. Une fois devant chez elle, Haruka salua son supérieur d'un signe de la main. Mais le démon ne l'entendit pas de cette oreille, et il s'approcha de la jeune femme.

- J'apprécierais que vous soyez un peu moins distante avec moi, vous savez... Soupira-t-il.

- H-Hein ? S'étonna-t-elle en levant les yeux vers Mephisto.

En comprenant ce à quoi faisait allusion le démon, la jeune femme lui lança un sourire mesquin.

- Je ne suis pas sûre que vous méritiez quoi que ce soit, après tout ce que vous m'avez fait subir en l'espace de deux jours.

- Je serais plus sage à l'avenir, je vous le promet, ricana-t-il.

- Menteur, sourit la rousse en se hissant sur la pointe des pieds pour déposer un fugace baiser sur la joue du démon.

Comme la caresse du vent sur la peau, ce baiser fugace s'évapora presque aussitôt qu'il eut commencé. Alors que la jeune femme s'écartait, le démon se permit de dire:

- Une poignée de main aurait suffit.

- Menteur.

Elle fit volte-face, priant pour que le rouge à ses joues soit passé inaperçu aux yeux de son directeur. Elle n'eut aucun moyen de savoir si ce fut le cas, néanmoins Mephisto ne commenta pas ses rougeurs. Il la regarda simplement monter les marches de chez elle, son habituel sourire aux lèvres.

Alors qu'Haruka s'apprêtait à entrer, elle se figea, la main sur la poignée. Le silence de plomb qui régnait de l'autre côté de la porte la terrifiait. Rien que pour ne pas être seule, elle aurait été capable d'invité Mephisto à entrer boire un thé chez elle.

- Allons… Vous n'avez rien à craindre jeune fille… Que pourrait-il vous arriver à l'intérieur ? Murmura ce dernier.

- J'ai souvent peur que ce démon revienne se venger… Je sais bien qu'il a été scellé, mais c'est plus fort que moi… Je le vois souvent dans mes cauchemars.

Même si elle ne mentionna pas le démon-cerf explicitement, Mephisto n'eut aucun mal à comprendre de quoi voulait parler la rousse.

- Si cela peut vous rassurer, vous n'avez qu'à vous dire que, moi, maître du temps, ne permettrait pas qu'il vous arrive quoi que ce soit. Si d'aventure ce démon devait se présenter à votre porte, il serait mort et enterré avant même que vous ne l'ayez remarqué.

Haruka esquissa un sourire. Oui, avec Mephisto de son côté, elle n'avait rien à craindre. Elle était en sécurité, plus qu'elle ne l'avait jamais de toute son existence. Elle n'avait qu'à vivre, paisiblement, sans se soucier de rien. Sauf peut-être de ses sentiments à l'égard du démon ? Quand finirait-elle par tomber amoureuse de lui ? Et puis surtout, quand le saurait-elle ? La rousse avait si peu d'expérience en amour qu'elle ne savait qu'à peine l'effet que cela pouvait bien faire de tomber amoureux de quelqu'un. L'amour, elle n'y connaissait pas grand-chose.

- Bonne nuit, le salua-t-elle avant de rentrer chez elle. Et merci de m'avoir raccompagné, même si j'ai encore l'impression qu'il s'agit d'une manière de vous faire pardonner pour hier.

Il s'esclaffa.

- Je vous l'ai dit, je ne cherche pas à me faire pardonner.

Il fit un pas en direction de son humaine. Ni l'un, ni l'autre, ne paraissaient avoir véritablement envie de se séparer. Haruka avait peur d'être seul, et Mephisto souhaitait continuer à contempler les traits de son humaine et ce éternellement.

- Sachez également que j'apprécie vos efforts. J'espère que vous tomberez vite amoureuse de moi, en conséquence, ajouta-t-il espérant ainsi retarder le moment des séparations.

- Si vous étiez un peu moins horripilant, je pourrais m'y concentrer pleinement, grommela-t-elle.

- Ne vous attendez pas à ce que je devienne l'homme parfait, cela n'arrivera pas, ricana-t-il.

Il fit volte-face, et commença à s'éloigner.

- Bonne nuit à vous, lança-t-il.

La rousse le héla :

- Mephisto ! Je voulais savoir une chose… Si je tombe amoureuse de vous... Que se passera-t-il ensuite ? Je veux d-dire… Vous… Vous êtes un démon, et moi une humaine… Comment pourrions-nous…

- Vous verrez le moment venu, chantonna-t-il, continuant sa marche, et disparaissant peu à peu dans la pénombre.

Quand la rousse ne fut plus capable de le voir, elle pénétra chez elle, dépitée. Etait-ce si complexe de donner une réponse claire ? Au moment où elle allait s'affaler lourdement dans son lit, son téléphone vibra dans sa poche. Quand elle l'en extirpa, elle se rendit compte qu'elle avait de nombreux sms de son collègue : Kazuki.

« Salut !
Nous n'avons pas eu le temps de discuter aujourd'hui. J'espère que vous allez bien.
Vous semblez ailleurs en ce moment. S'est-il passé quelque chose ? »

La rousse grimaça, et écrivit :

« Tout vas pour le mieux, ne vous en faites pas.
Bonne soirée. »

Elle regrettait de devoir mettre de la distance entre elle et Kazuki, néanmoins cela lui semblait être la meilleure chose à faire. Haruka avait, bien évidemment, remarqué la haine qu'éprouvait Mephisto envers le jeune enseignant, même si elle trouvait cela grandement exagéré.

« Vous n'appartenez qu'à moi. »

La voix de son directeur résonna dans sa tête. Il n'y avait dorénavant plus de place pour Kazuki car elle appartenait au démon, qu'elle le veuille ou non.

OoO

Depuis quand donner un cours lui paraissait-il si ennuyant ? Jamais cela ne lui était arrivé auparavant, mais aujourd'hui, chaque minute semblait s'écouler au rythme d'une décennie. Elle écrivait au tableau, mais n'était même pas certaine d'écrire ce qu'il fallait. Elle avait l'impression d'être ailleurs. En fait, elle aurait souhaité l'être.

En cette belle après-midi, la chaleur inondait les environs, le ciel était dégagé et il régnait une atmosphère propice à la bonne humeur, mais celle-ci n'était pas au rendez-vous chez la rousse. Haruka se sentait morose. Elle ne souhaitait qu'une chose : que la journée se termine le plus vite possible.

Aujourd'hui, elle avait une permanence avec les jeunes exorcistes et elle était impatiente de discuter avec eux. Ils avaient évoqué une sortie en plein air, où ils auraient une mission à remplir. La jeune femme était impatiente de discuter de cette mission. Peut-être son expérience du terrain -aussi douloureux en soit le souvenir- pourrait les aider ? Quels genres de conseils pourrait-elle leur donner ?

Mephisto devait également lui rendre son devoir, et quand bien même elle n'était guère optimiste quant à la note, elle était impatiente.

Quand le soir arriva, elle courut presque rejoindre les adolescents et futurs exorcistes. La rousse bouscula sans le vouloir quelqu'un au passage, mais c'est à peine si elle le remarqua. Quand bien même il s'agissait de Kazuki. Elle accourut à toute vitesse aux toilettes, sans prêté un seul regard à la personne qu'elle venait de bousculer. Rester immobile, Kazuki regarda la jeune femme s'éloigner en courant. Quelque chose avait changé en elle depuis cette sortie au café qu'ils avaient fait entre collègue. Quoi qu'il ait pu se passer, la jeune femme paressait bien plus songeuse et tête en l'air qu'autrefois. Il se demandait même parfois si elle ne l'évitait pas. Se promettant de découvrir ce qu'il se passait, Kazuki reprit sa route.

Une fois aux toilettes, Haruka vérifia que personne ne s'y trouvait et utilisa sa clé. Une fois dans les couloirs sombre de l'école d'exorciste, elle se sentit un peu plus sereine et légère. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres quand elle entra dans la salle de classe. Croulant sous des tonnes de devoir, elle n'eut pas beaucoup le temps de discuter avec les jeunes exorcistes. Penchés sur leurs exercices, ils étaient tous concentrés, à l'exception de Rin qui s'était endormit sur le livre qu'il lisait. Haruka fut néanmoins ravie quand Konekomaru lui posa une question concernant les goules. Elle sut y répondre, se souvenant des longs cours passionnant que lui avait donné Mephisto à ce sujet.

Ce n'est que durant les quelques dernières minutes de la permanence qu'Haruka osa interrompre les adolescents pour leur parler de leur excursion prochaine.

- Alors comme ça, vous allez partir en randonner ?

- Ouais ! S'exclama Rin soudain plus éveillé. Dans la forêt près du campus.

- Il s'agit d'un petit exercice sur le terrain, ajouta Shima. Mais on n'en sait pas vraiment plus en fait.

- Quand est-ce que ça aura lieu ?

- Pendant les vacances d'été !

L'idée de partir sur le terrain paraissait enchanter Rin. Un large sourire fendait son visage, laissant entrevoir ses canines pointues. Il débordait de joie et d'impatience. Haruka espérait seulement que Mephisto ne les malmène pas trop, en leur donnant une mission aussi traumatisante que la sienne.

Quand vint l'heure de retrouver le maître du temps, la rousse se sentait de fort bonne humeur notamment grâce au visage rayonnant de Rin. C'est tout sourire qu'elle pénétra la salle de classe, oubliant presque de s'inquiéter pour les résultats de son évaluation.

- Vos résultats à ce test sont franchement… Commença le démon après quelques échanges courtois avec son humaine.

Il laissa planer un silence, regardant la rousse s'agiter sur sa chaise.

- Mauvais, conclut-il.

« Ah… »

- Mauvais… D-Du genre totalement mauvais ?

- Pire que ça ! S'exclama le démon tout sourire.

« Ah… D'accord… Bon, je m'y attendais un peu… »

- Mais pour tout vous avouez, je n'en attenais pas plus. Je voulais uniquement vous déstabiliser avec des questions compliquées.

Une veine vint pulser sur la tempe de la rousse.

- Il n'y avait pas besoin de ça pour me déstabiliser. Vos sifflements suffisaient…

Haruka n'était qu'à peine étonné par l'aveu du directeur. Ce genre de petite « farce » lui correspondait parfaitement. Elle était presque surprise qu'il n'ait pas fait durer le suspense encore plus longtemps, histoire de la faire s'impatienter plus encore.

- Du coup, il me semble tout à fait adapter que je vous propose de rejoindre les cours délivrés aux jeunes aspirants.

Ça, en revanche, elle ne s'y était pas attendue. Les yeux ronds, elle fixa Mephisto.

- R-Rejoindre le cursus normal ? Mais… Euh… Quand ?... Pourquoi ?

- Oui. Je vous avais dit que lorsque vous auriez rattrapé votre retard, je vous renverrais avec les autres aspirants. Il me semble que vous avez le niveau adéquat maintenant. Peut-être avez-vous-même pris un peu d'avance sur le programme.

- Ça veut dire que je n'aurais plus cours avec vous ?

Un sourire satisfait et moqueur traversa le visage du démon. Les yeux rieurs, il dévisagea son humaine.

- Je vais vous manquer ?

- Hein ?! S'exclama-t-elle en rougissant. N-Ne dites p-pas n'importe quoi ! Je v-vais peut-être enfin pouvoir avoir un rythme de sommeil plus décent, c'est tout !

- Je ne vais vraiment pas vous manquer ?

- … N-Non…

- Vraiment ?

- V-Vous continuerez de me harceler tant que je n'aurais p-pas répondu à l'affirmative, n'est-ce pas ?

- Ja ! Répondit-il dans un allemand parfait.

- Dans ce cas, vous me manquerez peut-être un peu… Se résigna-t-elle à dire en levant les yeux au ciel, les joues rouges.

Mephisto ne répondit pas. Il regarda son humaine, le sourire aux lèvres. L'entendre prononcer ce genre de parole l'émoustillait un peu. Le regard fuyant d'Haruka et le rouge à ses joues la rendait particulièrement désirable. Puis il claqua des doigts. Dans un cri, la rousse sentit le sol se dérober sous ses pieds. En l'espace d'un battement de cil, elle se retrouva devant une table basse. La salle de classe avait totalement disparu pour laisser place au restaurant de crêpes monja du coin. Le démon s'installa confortablement sur son coussin, et invita la jeune femme à en faire autant d'un signe de la main.

- Fêtons dignement votre réussite ! Sourit-il simplement.

La jeune femme mit une minute avant de s'installer à son tour à table. Son cœur s'était mis à battre à tout rompre dans sa poitrine sous le coup de la surprise et de la panique. Elle travailla sa respiration pour se calmer. Quand elle eut repris contenance, elle marmonna :

- Ne faites p-pas cela… s-sans me prévenir… Je risque de faire un arrêt cardiaque un jour.

- Mais non ! Vous finirez juste par vous y habituer Haruka… Comme tout le reste.

S'accoudant à la table, elle soupira, exaspérée. Sans même qu'ils eurent commander quoi que ce soit, on apporta plusieurs plats à leur table ainsi qu'une bouteille de sake.

- Non merci ! S'exclama bruyamment la rousse quand Mephisto voulut lui en servir.

Elle posa la main sur son verre, empêchant ainsi le démon de verser le liquide.

- Allons bon… Ce n'est pas un verre qui risque de vous saouler… Et puis je me sentirais vexé si vous refusiez de boire un coup avec moi, alors qu'avec cet idiot de Kazuki vous étiez partante.

Elle grommela, mais ses réticences furent balayées quand elle aperçue un plat de Monjayaki. L'eau lui en vint rapidement à la bouche, et elle se jeta sur le plat. Profitant de la diversion, Mephisto servit la jeune femme.

Le repas se déroula sans accroc. Pour une fois, ni l'un ni l'autre ne paraissait avoir envie de se prendre la tête. Haruka ne but qu'un verre de saké de toute la soirée. Mephisto se chargea de vider le reste du contenue de la bouteille tout au long du repas. Ils avaient presque l'air… « normaux » à parler ainsi. Calmement. Les discussions tournèrent principalement autour des hobbies des deux individus. Haruka expliqua longuement au directeur pourquoi son métier d'enseignante lui tenait tant à cœur. Elle omit cependant de lui raconter cette étrange lassitude qui l'avait gagné au cour de la journée, préférant se concentrer sur des aspects positifs. Elle était si bien qu'elle n'avait aucune envie de s'embrouiller l'esprit avec de sombres pensées.

Mephisto, lui, s'amusa à faire l'apologie de l'industrie du divertissement japonais. Il passa de longues minutes à énumérer ses jeux vidéo favoris et proposa même à la jeune femme de venir jouer avec lui un de ces quatre. Quand la rousse lui répondit qu'elle ne savait pas si elle aurait le temps, Mephisto se contenta de lui sourire en haussant un sourcil amusé. La jeune femme n'avait pu s'empêcher de pouffer de rire en se rappelant les pouvoirs de son interlocuteur. De toute évidence, si l'envie lui prenait de vouloir jouer à des jeux vidéo avec Mephisto, le temps ne serait pas un problème.


Voilà, voilà ! C'est la fin du chapitre treize ! J'espère qu'il vous a plu, quand bien même il est… très calme. En fait, ce chapitre me permet de mettre en scène le duo Mephisto/Haruka, dans des situations un peu plus "quotidiennes". Bref, c'était la petite explication -pas très clair- de fin de chapitre.

Je suis assez impatiente de vous poster le chapitre suivant... Car, pour une fois, nous allons changer de point de vu... Bref, je vous laisse mijoter jusqu'à la prochaine fois.

A bientôt pour le chapitre quatorze.