Hey!

Désolée du temps de publication, mais j'ai été très angoissée à l'idée de publier ce chapitre. C'est le dernier, et celui d'avant vous a apparemment beaucoup plu, donc j'avais vachement la pression .

Donc, voilà, il est là =(.

Bonne lecture...


Ziva se pencha vers le miroir pour examiner de plus près son visage. Une mince cicatrice sur son front témoignait de ses points de suture et divers bleus parsemaient son visage. Elle baissa alors les yeux et releva son t-shirt, touchant précautionneusement le pansement blanc qui barrait son abdomen. Elle commençait à la brûler, mais elle décida de ne pas prendre ses médicaments. Elle serait capable de contrôler la douleur. Sa volonté avait toujours été plus forte que tout, c'était ce qu'elle aimait à penser.

Et pourtant, involontairement, ses yeux revenaient sans cesse sur l'horloge qui ornait son mur.

Dans trois heures, leur avion décollait. Un avion dans lequel elle ne monterait pas. En évitant de regarder dans son salon, elle se dirigea vers sa cuisine pour se servir un verre d'eau. Elle ne retournerait pas dans le salon avant trois bonnes heures. Parce que dans, le salon, elle avait entreposé ses bagages, qu'elle n'avait pas encore eu le courage de déballer, et surtout, trônait sur sa table basse le billet de retour, celui que Gibbs lui avait donné il y a une semaine. Elle savait que si elle posait les yeux sur ce petit bout de papier, elle attraperait ses valises et se jetterait dans un taxi le plus vite possible, pour ne pas manquer le départ.

Elle avala rapidement son verre, en retenant une grimace lorsque son ventre la brûla, et le reposa dans l'évier. Puis, elle s'assit sur une des chaises et fixa l'horloge, écoutant le tic-tac qui troublait le silence.

Soudain, un toquement retentit. Elle se leva presque avec précipitation pour aller ouvrir.

Elle s'arrêta net devant la porte. L'espoir lui rongeait les côtes. Il n'y avait qu'une personne qu'elle souhaitait voir de l'autre côté de cette porte, un seul regard vert d'eau, un seul sourire éclatant, une seule voix qui prononçait son nom. Mais il ne viendrait pas. Pas après leur douloureuse discussion d'hier, où elle avait refusé tout ce qu'il lui avait proposé, alors qu'elle mourrait d'envie de tenter le coup. Elle l'avait blessé, elle le sentait, et il ne lui pardonnerait certainement jamais.

En retenant son souffle, elle ouvrit la porte, et écarquilla les yeux avec surprise en découvrant son invité.

-Gibbs ? Qu'est-ce que… ?

-Je peux entrer ? la coupa-t'il.

-Euh… Oui, bien sûr…

Ziva s'effaça pour le laisser passer. Il entra dans l'appartement et se dirigea automatiquement vers le salon.

-Euh, Gibbs, la cuisine est par là, tenta Ziva, avec une grimace.

Comme elle s'y était attendue, il l'ignora et s'assit sur le canapé, lui indiquant de s'asseoir aussi. En soupirant et en évitant toujours de regarder le billet, elle se piqua sur un fauteuil en face de lui. Le calme retomba.

-Ecoute, Gibbs, fit-elle, ne supportant plus le silence. Je ne sais pas pourquoi tu es venue, mais si c'est pour me faire changer d'avis…

-Je ne suis pas là pour ça, Ziva. Je veux simplement te parler et essayer de comprendre.

Devant le regard interrogateur de la jeune femme, il s'interrompit :

-Et si tu nous faisais un peu de café ?

Ziva sauta sur ses jambes et se hâta de repartir dans la cuisine, pour échapper au regard inquisiteur de Gibbs et pour se préparer mentalement à la conversation qui allait suivre. Elle revint quelques minutes plus tard avec les deux tasses brûlantes.

Gibbs apporta sa tasse à sa bouche et but une longue gorgée. Si le café n'était pas à son goût, il n'en laissa rien paraître. Il reposa le tout sur la table, releva la tête et planta son regard acier dans celui de la jeune femme.

Il fit un vague geste vers les bagages entassés dans le coin et commença :

-Je croyais que tu restais ici ?

-Je… je n'ai pas vraiment eu le courage de déballer mes bagages. Et puis je…

« … J'espérais qu'il viendrait me voir une dernière fois. » pensa-t'elle. En face, Gibbs hocha la tête, comme s'il avait pu lire dans ses pensées.

Ziva s'étonna elle-même de se mettre à dire la vérité finalement. Elle avait toujours su résister à l'intensité du regard de Gibbs, mais là, elle était fatiguée, émotionnellement et physiquement, et elle n'avait pas envie de se battre. Et puis elle lui devait bien ça.

-Tu sais qu'on est en mesure de régler l'histoire de La Grenouille et le Hamas ? Tu sais qu'on peut assurer ta sécurité au NCIS, Ziva.

-Je sais. Et je vous fais confiance, contrairement à mon père. Mais il y a autre chose.

Encore une fois, il hocha la tête.

-Tu sais, Ziva, après la mort de Shannon et Kelly, j'ai décidé de ne jamais plus m'attacher à quelqu'un d'autre. Nos proches et nous risquons notre vie tous les jours. Je ne voulais plus traverser cette épreuve, ressentir toute cette peine, cette envie de vengeance à nouveau. Puis j'ai refait l'erreur de me lier à quelqu'un. J'ai pensé que cette fois-là serait différente. Après tout, elle était exposée aux mêmes dangers que moi, et était capable de se défendre. Elle aussi est morte. Et ça m'a conforté dans mon idée qu'on ne pouvait partager la vie de personne, avec notre métier.

Ziva s'aperçut qu'elle avait retenu sa respiration tout le long et avala une grande bouffée d'air. Jamais Gibbs ne s'était confié aussi précisément et honnêtement. Elle se sentait à la fois honorée, et effrayée.

-Et où j'en suis maintenant ? Je passe mes soirées à fabriquer des bateaux. Je ne regrette aucun des choix que j'ai faits, mais ce n'est certainement pas la vie que je souhaite pour Tony.

Ziva tressaillit et détourna les yeux.

-Des fois, il faut savoir oublier ses peurs et se lancer, quitte à souffrir, Ziva. Ca vaut le coup.

Sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle faisait et sans pouvoir l'empêcher, elle éclata en sanglots, fatiguée, tendue. Gibbs se leva, s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.

-Je… Je ne sais pas… quoi faire, Gibbs, hoqueta-t'elle péniblement.

-Ca va aller, Ziva. Tout ira bien.

-L'avion va décoller dans quelques minutes, où est Gibbs ? demanda McGee à Tony.

-Pourquoi est-ce que je le saurais ? grogna en retour l'autre agent.

McGee ne prêta pas attention au ton peu aimable de Tony. Depuis ce matin, il était d'une humeur exécrable et n'avait pas décroché deux mots. McGee se doutait bien évidemment du pourquoi de son humeur. Il était lui-même blessé du fait que Ziva ne soit même pas venue lui dire au revoir en personne. Il jeta un coup d'œil à la silhouette renfrognée de Tony. Puis une autre pensée surgit : « Comment est-ce que je vais annoncer ça à Abby ? »

Le dernier appel pour leur avion retentit et McGee regarda avec inquiétude la salle d'embarquement vide.

-On va devoir y aller, Tony. Même si Gibbs n'est pas là…
-On ne part pas sans lui, l'interrompit-il sombrement.

« Quelqu'un manque déjà dans l'équipe, on n'en perd pas un deuxième » continua-t'il dans sa tête.

A dire vrai, il voulait aussi retarder le moment. Il espérait toujours qu'elle ait changé d'avis, et que, comme dans les films, elle arriverait en courant et lui dirait qu'elle voulait bien tenter quelque chose avec lui. Et s'il était chanceux, il aurait même droit au baiser passionné sous la pluie. Après tout, ça marchait au cinéma, pourquoi pas dans la vraie vie ?

-Messieurs, l'avion va décoller, dépêchez-vous d'y monter, s'il vous plaît, les interrompit une hôtesse de l'air, en passant la tête dans la pièce.

-Il nous manque quelqu'un, vous ne pouvez pas attendre juste quelques minutes de plus ? demanda McGee.

-Ecoutez, on ne peut pas retarder le vol pour un simple…

-Agents Fédéraux, la coupa Tony en montrant son badge.

L'hôtesse lui jeta un regard puis s'éclipsa.

Des bruits de pas retentirent à la porte, suivis d'une exclamation de McGee :

-Ah, patron, l'avion va décoller dans quelques minutes…

Tony tourna sur lui-même pour attraper ses bagages.

Le brouhaha de l'aéroport s'infiltrait toujours dans la salle, les néons jaunâtres grésillaient et projetaient leur lumière désagréable sur eux, McGee et Gibbs était toujours dans la pièce. Ca ne ressemblait pas vraiment à la scène qu'il s'était imaginé. Son cerveau était vide, il ne savait pas du tout que faire, que dire.

Mais ça n'était pas tellement grave.

Elle était là.

Et c'était le plus important.

McGee tourna la tête vers le hublot. Il n'avait pas tenté de discuter avec Ziva ni avec Tony, et rien qu'en les regardant, il avait l'impression de troubler leur moment d'intimité. Tant pis, il dirait à l'israélienne qu'il était content qu'elle rentre avec eux plus tard. Ca pouvait attendre.

Elle releva la tête, il baissa la sienne et leurs regards se croisèrent.

Il ne lui dirait probablement jamais combien il avait espéré qu'elle change de décision, comment il allait régler la situation de La Grenouille, en mettant son honneur de côté et en allant ramper aux pieds de son père, assez influant pour dissuader les complices. Il ne lui dirait jamais combien il avait peur, peur qu'elle exige trop, peur de ne pas lui donner ce qu'elle méritait, peur de tout ruiner, de ne pas réussir à changer, peur que ça finisse mal.

Elle ne lui avouerait certainement jamais non plus l'effroi qui s'emparait d'elle quand elle pensait à un futur, ni les picotements qu'elle ressentait quand ils se regardaient dans les yeux, ni la jalousie qu'elle ne pouvait s'empêcher de sentir, ni l'inquiétude, à l'idée de baisser ses barrières en sa présence, de lui montrer ses vraies émotions. Et surtout pas la peur qui l'envahissait en pensant à l'inconnu qui l'attendait.

Il lui dirait combien elle comptait pour lui, par contre. Peut-être même qu'un jour, il lui dirait ces trois petits mots, sans rien attendre en retour. Elle consentirait à le laisser se faire une place dans sa vie. Elle s'autoriserait à penser ces trois mots. Et elle pourrait peut-être lui avouer qu'aussi effrayant l'inconnu était, il était aussi terriblement excitant.

Doucement, elle attrapa sa main et posa la tête sur son épaule. Il déplaça sa jambe pour qu'elle effleure la sienne.

Gibbs avait raison, encore une fois.

Ca valait le coup.

Tout irait bien.


Il est court. C'est presque un épilogue. j'ai choisi volontairement de ne pas trop insister sur Tony/Ziva.

Une fin pas vraiment ouverte, vous vous doutez que leurs problèmes sont réglés pour le moment. Pas de suite à l'horizon, à mon avis. Je suis un peu triste =(, mais en même temps fière d'avoir fini.

Et après ces os, je me lance dans la suite du 625, donc dans mon début de la saison7.

Bisous et merci mille fois de votre fidélité, vous avez été les meilleurs, !