Chapitre 14

Déchirure !

POV BELLA

Nous étions dimanche et Emmett et moi avions décidé de le passer ensemble chez lui. Nous venions de terminer de déjeuner quand mon portable sonna.

-Allô ?

-Bonjour Bella c'est Carlisle, je ne te dérange pas ?

-Bonjour Carlisle, non tu ne me déranges pas. Emmett est parti courir. Que puis-je faire pour toi ?

-J'ai des bonnes nouvelles à t'annoncer. J'ai pu obtenir le dossier médical d'Emmett, et après examen de ce dernier, il est possible que d'ici un an après une longue rééducation, il puisse rejouer à son plus haut niveau.

-C'est vrai ? C'est … c'est … génial, merci beaucoup Carlisle, il va être tellement heureux. Je sais que son poste de Coach lui plaît, mais je vois bien que cela lui manque de jouer. Merci, merci Carlisle.

-De rien ma belle. Dis lui de m'appeler pour que l'on puisse se voir et que je lui explique tout cela. Je ne regrette pas d'avoir passer plusieurs mois à ce séminaire en Europe.

Mon dieu, c'est pas vrai, je n'osai plus y croire. J'avais hâte de lui dire. Quand il regardais un match à la télé je voyais bien qu'il aurait aimé être sur le terrain, surtout quand ses amis qui jouaient. De les avoir tous vu pendant les fêtes de fin d'année, il rayonnait de bonheur, et quand nous avions dû repartir il avait perdu cette petite étincelle.

Il allait être bientôt midi, et je m'affairai à préparer le repas. Tellement absorbé par ce que je faisais, je n'avais pas entendu Emmett arriver. Il me prit dans ses bras embrassant mon cou.

-Hum, ça sent super bon. Tu nous prépare quoi ?

-Surprise, tu verras bien. Va prendre ta douche le repas sera prêt dans vingt minutes.

-Ok, je fais vite, je t'aime mon amour, me dit-il, avant de m'embrasser. Puis il partit en boitant.

-Emmett, tu boites ?

-Hein ? Oh ça ! Oui j'ai eu une faiblesse dans mon genou, ce n'est rien, depuis mon accident il me lâche de temps en temps. De la glace et ça ira mieux.

-T'es sûr ?

Il se figea, puis poussa un grand soupir avant de se retourner vers moi, le visage fermé.

-Oui Bella, ça ira. Ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude. Je vais sous la douche.

Je ne savais plus quoi faire. Devrai-je lui dire qu'il y avait un moyen pour qu'un jour il rejoue au foot ou non?je crois bien que c'est la première fois que je ne sais plus quoi faire. Alors je fis ce que je pensai être le mieux. J'appelai la seule personne, qui avec le recul, saurait me conseiller.

-Allô? Fit la voix de mon correspondant.

-Salut !

-Hey ma belle ! Je suis heureux de t'entendre. Je commençais à m'inquiéter. Je ne te voyais plus au bar, tu ne m'appelais pas. Un peu plus j'allais défoncer ta porte de chambre à la fac et chez Emmett.

-Je te manque à ce point là mon frère ?

-Il n'y a pas une seule journée sans que je ne pense à toi ! Comment vas-tu ?

-Ça va, on fait aller, et toi comment tu vas ? Comment va Rosalie et mon neveu ?

-Rose n'a pas pu tenir se langue hein ? J'allais t'appeler pour te l'annoncer.

-Alors, c'est … c'est vraiment un garçon ? Oh ! Je suis trop contente, je vais être tata d'un petit gars ! Je suis si contente pour toi James.

-Bien joué Bellissima ! Mais tu ne m'auras pas, je sais que Rose te l'a dit.

-James je te jure que j'étais pas au courant, quand j'ai parlé de mon neveu, je plaisantais, je te jure que Rose ne m'a rien dit.

-Vrai Bell's ?

-Vrai James !

-Alors heureuse ?

-Tu ne peux pas savoir comme je suis contente pour vous.

-Moi aussi je suis content , tu peux pas savoir Bella, mais même si cela avait été une fille j'aurai été tout aussi heureux. Mais ne change pas de conversation s'il te plaît. Tout à l'heure je t'ai demandé comment tu allais et ne crois pas que je n'ai pas entendu ta réponse. Qu'est ce qui se passe Bellissima ?

-Tu es bien trop perspicace pour moi, grand frère. Voilà quand nous sommes allés chez Carlisle et Esmée pour Noël, j'ai parlé à Carlisle du problème d'Emmett. Il m'a dit qu'il lui fallait voir son dossier pour voir s'il pouvait faire quelque chose. Il m'a appelé tout à l'heure pour me dire qu'il...

-Tu as fais quoi Bella ? Tonna une voix dans mon dos.

Je me retournai et vis Emmett dans l'embrasure de la porte de la cuisine, les yeux noirs de rage. Je ne l'avais jamais vu comme cela et à cet instant il me fit peur, ce que je n'aurai jamais cru possible un jour.

-Tu as fais quoi Bella à Noël ? Ai-je bien entendu ? Me cria-t-il.

-Ce n'est pas ce que tu crois Emmett. Je …

-Réponds-moi !

-Emmett …

-REPONDS-MOI !

Il était là devant moi, fou de rage. Il avait pris mon bras dans sa main et serrait très fort.

-Emmett … tu me fais mal.

-Ne me dis pas que … PUTAIN J'Y CROIS PAS... ne me dis pas que tu as fais ce que j'ai cru entendre ? Ne me dis pas que tu as parlé avec Carlisle dans mon dos ?

-Je voulais être sûre qu'il …

-Tais-toi ! Surtout ne fini pas la fin ce ta putain de phrase ! Je peux pas croire que tu ai fais ça et dans mon dos en plus. J'avais confiance en toi et toi la première chose que tu fais c'est de me poignarder dans le dos. Ça t'as fais jubiler, hein, de savoir qu'on pouvait plus rien pour moi, que je ne suis qu'un déchet !

-Non, non jamais Emmett. Tu n'es pas un déchet arrêtes avec ça. Je t'aime …

Il se mit à rire, d'un rire qui vous fait froid dans le dos, et il pleurait en même temps, ce qui me brisa le cœur. Jamais je n'ai voulu lui faire du mal, mais je ne pensais pas qu'il en souffrait autant. J'avais minimiser sa douleur. Je m'approchai de lui, quand il se laissa tomber au sol s'appuyant contre le chambranle de la porte.

-Em … quand tu regardes les match de tes amis, je vois cette tristesse dans tes yeux …

-T'as pitié de moi c'est ça ? T'es avec moi par pitié ? Hein ? Ton frère aussi a pitié de moi ? Vous devez bien rigoler, de moi !

-Non ! Jamais on …

-Va t'en !

-Quoi ?

-J'ai dis VA.T'EN ! DEGAGE ! Si tu préfères. Je ne veux plus te voir. Je ne veux pas voir ta pitié, alors dégage de chez moi !

Il se leva, me prit par le bras, et me traina jusque la porte qu'il ouvrit, et me jeta dehors. Je tombai lourdement devant la porte qu'il claqua devant moi.

Je restai là abasourdie de ce qui venait de se passait, quand je senti une goutte tomber sur ma main. Je regardai le ciel qui était bleu, c'est alors que je me rendis compte que j'étais en train de pleurer. Je me levai avec difficulté et me dirigeai vers ma voiture. Comment en étions nous arrivés à cette situation ? Je me repassai sans cesse la scène dans ma tête, son regard blessé me déchirant un peu plus le cœur à chaque fois, puis son visage défiguré par la rage.

Une porte s'ouvrit devant moi. Je repris mes esprits à ce même moment et me rendis compte que j'étais devant ma chambre. Jasper était en train de rire, puis son visage reprit son sérieux quand il me vit.

-Bella ?

-...

-Qu'est ce que tu as ? Pourquoi pleures-tu ?

-Qui c'est Jazz ?

-C'est Bella ! Répondit-il à la personne derrière lui.

Alice, arriva en courant. Quand je vis leur regard triste, j'éclatai en sanglot. Jasper me prit dans ses bras, et me serra fort contre lui. Puis il me fit entrer.

-Bella, qu'est ce qui se passe ? Demanda Edward. Tu veux que j'appelle Emmett ?

À l'entente de son nom mes sanglots s'intensifièrent de plus belle et je m'accrochais un peu plus à la chemise de Jasper qui resserra encore plus ses bras autour de moi si c'était possible.

Je ne sais pas combien de temps je passai dans les bras de Jasper, mais j'ouvrai les yeux, le soleil se couchant au loin, me retrouvant dans ma chambre. Comment étais-je arrivée ? Que c'était-il passé ? Mon esprit était déconnecté de mon corps depuis qu'Emmett m'a mis à la porte. À ce souvenir les larmes me montèrent de nouveau aux yeux. À ce moment là on frappa à ma porte mais je ne voulais voir personne.

-Bella ? T'es réveillée ? Demanda Alice.

Je ne répondis rien. Elle entra et vint se placer dans mon dos. Elle me pris dans ses bras.

-J'aimerai tellement que tu me dises ce qui t'arrive. Je n'aime pas te voir comme ça. Je sais qu'il c'est passé quelque chose avec … avec Emmett … chuuut Bella, je ne voulais pas te faire de mal, je suis désolé. Je ne dirai plus son nom jusqu'à temps que tu me dises que je peux le prononcer sans te faire de mal. Mais j'aimerai tellement comprendre pour pouvoir t'aider.

Elle ne dit plus rien pendant un moment. Mes pleurs se tarirent. Je sentis le lit bouger, et Alice se détacher de moi. Quand elle ouvrit la porte je me retournai vers elle, et l'interpelai avant qu'elle ne sorte.

-Alice ?

-Oui, Bell ?

-Merci !

Elle me fit un petit sourire puis sortit de ma chambre. J'étais épuiser par ma journée, c'est comme ça que je me levai pour me mettre en pyjama, et retournai me coucher.

Le soleil caressa mon visage, me tirant de ce sommeil agité. Je sentis mon corps retenu par quelque chose que je n'arrivai pas à identifier. Mes yeux s'ouvrir petit à petit pour éviter d'être éblouie par le soleil qui perçait par la fenêtre de ma chambre, puis je dirigeai mon regard vers la première entrave qui se trouvait sur ma taille. Il s'agissait d'un bras, enfin plutôt deux bras. Puis mon regard descendit vers l'obstacle qui se trouvait à mes pieds. Quelle ne fut pas ma surprise quand je compris que le premier bras appartenait à Alice qui se trouvait dans mon dos. Le second était celui de Jasper, puis enfin au bout du lit en travers se trouvait Edward. Mes larmes montèrent à mes yeux, l'amour que je leur portait grandissait encore plus.

-Hey ! Bell ! Ça va ? Me demanda Jasper, de sa voix rauque qui émergeait du sommeil.

Je hochai le tête en réponse, la gorge trop serrée pour répondre verbalement. À ce moment là, je sentis Edward bouger, ainsi qu'Alice. Mes deux compagnons de chaque coté de moi resserrèrent leur prise sur ma taille pour un câlin matinal et réconfortant. Edward quant à lui, pour participer grimpa sur moi, m'arrachant ainsi un petit sourire.

-Je vous aime ! Leur dis-je.

Nous restâmes quelques instants comme ceci quand mon ventre se mit à gronder. Ils relâchèrent leur prise sur moi, se dégageant .

-Je vais aller faire le petit déjeuner, dit Alice. Vous venez avec moi les garçons ? Laissons Bella prendre sa douche. Nous t'attendons ma belle.

-Ok, mais appelez Alec, Jane, et Laëtitia pour qu'ils viennent aussi. D'accord ?

-D'accord, me fit Edward. À tout à l'heure sœurette.

Détendue par ma douche chaude, je rejoignis les autres pour le petit déjeuner. Alec, Jane et Laëtitia étaient déjà arrivés. Ils vinrent me prendre dans leur bras. Le repas se passa relativement sous le silence, personne ne parla de ce qui s'était passé.

-Je suis désolée, fis-je au bout d'un moment.

-De quoi ? Demanda Jane.

-D'avoir accaparé, Alice, Edward et Jasper.

-Ne t'excuses pas pour cela Bella, me dit Alec. Nous comprenons, et ne t'en voulons pas. Si nous avions été à leur place, nous aussi nous serions restés avec toi. D'ailleurs, Jane, Laëtitia et moi voulions être là avec toi hier, mais quand Alice m'a appelé pour me dire qu'on ne pouvait pas se voir car tu allais mal, et que tu étais dans un état … enfin …

-Pitoyable, tu peux le dire Alec

-Ouais enfin, ben on a comprit, et on est heureux d'être ici avec toi.

-Merci vous êtes de véritable amis.

Je restai avec eux jusqu'à ce que je dise à tout le monde de profiter de leur moitié. Ils refusèrent dans un premier temps prétextant de ne pas vouloir me laisser seule, mais à force de persuasion, acceptèrent finalement. Je tournai en rond dans la chambre, ne sachant pas quoi faire je décidai d'aller voir mon frère et Rosalie. Il en me fallu que peu de temps pour arriver au bar. James m'ouvrit. Quand je le vis, je ne pu m'empêcher de me jeter dans ses bras en sanglotant, moi qui croyais que je n'avais plus de larmes. Il m'emmena jusque dans le salon où Rosalie était assise dans le canapé, ses pieds reposant sur un pouffe devant elle. Son ventre commençait à s'arrondir. Quand elle me vit dans les bras de mon frère elle se leva tout de suite, me prenant à son tour dans les siens. Nous nous assîmes. James demanda ce qu'il se passait mais j'étais incapable de lui répondre. Après un long moment je dû surement m'endormir, car, quand je repris mes esprits j'étais allongée sur le canapé, ma tête sur les jambes de Rose. C'est le claquement de la porte d'entrée qui me réveilla. Rosalie me caressait les cheveux. J'étais bien comme cela.

-Tu l'as trouvé ? Demanda Rosalie alors que j'avais toujours les yeux fermés.

-Non, il n'y'avait personne chez lui. Sa voiture n'était pas là. J'ai fais le tour de sa maison, c'était désert. Par contre en regardant par une fenêtre il y avait un capharnaüm pas possible. Le salon était sans dessus-dessous. Tu as pu en apprendre plus ?

-Non rien, elle s'est endormie peu de temps après ton départ, par contre elle n'a pas arrêté de l'appeler. Je me demande ce qu'il c'est bien passé entre eux deux. Quand elle voudra en parler …

-Il m'a foutu à la porte, fis-je la coupant. Il a entendu ce que je disais à James au téléphone et il … il … s'est mit dans une colère noire. Je n'ai même pas pu lui dire … il a cru que j'avais pitié de lui … c'est de ma faute …

-Chuut Bellissima, non ce n'est pas de ta faute. Il va revenir, tu vas voir. Il t'aime, il ne peut pas se passer de toi, cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Quand il se sera calmé, il reviendra vers toi.

-Non James, j'ai plus envi d'en parler OK ?

C'est comme cela que je clôturai la conversation. Puis nous passâmes le reste du temps à parler du bébé, jusqu'au moment où il fut temps de rentrer au campus.

Les jours passèrent et se ressemblèrent. J'étais devenue un vrai automate, ne parlant que si on me posait une question, mangeant sans envi, et mes nuits étaient peuplées de cauchemars, m'empêchant de me rendormir ou alors était-ce moi qui ne voulais pas me rendormir de peur de revivre ce cauchemar ? Je voyais bien que amis, ainsi que James et Rosalie, se faire du soucis pour moi. Je m'en voulais pour cela, mais je n'arrivai pas à me sortir la tête de l'eau. Chaque fois que je pensais à lui, mon cœur se brisait un peu plus, le souffle me manquait, la bile me remontait. Ce fameux jour se rejouait sans cesse dans ma tête.

Un soir j'entendis une conversation qui me fit basculer pour de bon.

-Bon les gars, vous avez des nouvelles ? Entendis-je Alice demander.

-Non, on ne l'a pas vu. C'est Quil et Embry qui ont encore fait l'entrainement. D'ailleurs les copains se posent des questions. Newton a demandé pourquoi il n'était pas là, et ils ont esquiver la réponses en nous faisant faire des pompes. Répondit Edward.

-Je suis allé voir Sam à la fin de l'entrainement, poursuivi Jasper.

-Et alors ? Demanda Alice.

-Au départ il a esquivé la réponse, mais je lui ai dis que Bella n'allais pas bien et que je devais le voir absolument. Il m'a alors appris qu'Emmett avait demandé un congé sans solde au doyen pour une durée indéterminée, et qu'il leur a laissé plein pouvoir. Leur apprit-il.

-On est pas prêt de le revoir ! S'exclama Edward. Si je le tenais, je …

A ce moment là, le téléphone sonna. Voilà, mon histoire avec Emmett était belle et bien finie. Une déchirure me transperça à l'intérieur de moi, me faisant m'effondrer au sol, et ne pouvant retenir un cri. Je n'arrivai plus à respirer, comme si je me noyais.

Ma porte s'ouvrit avec fracas, laissant entrer mes trois amis. Je n'entendais pas ce qu'ils me disaient, la douleur dans ma poitrine m'empêchant de leur parler, de bouger. Puis le noir m'enveloppa.

-Il lui faut du repos, dit une voix au loin. Le mieux serait qu'elle change d'air James, poursuivit celle-ci.

-Y'a beaucoup de travail en ce moment au bar, et Rosalie est de plus en plus fatiguée. Le médecin lui a ordonné du repos total. Je sais pas quoi faire... j'ai bien vu qu'elle allait mal, mais je ne pensais pas que c'était à ce point. Quel frère je suis, si je ne peux pas voir ça et l'aider, fit la voix que je reconnu comme étant celle de James.

-James, arrête de te culpabiliser, ou alors Jasper, Edward et moi, ainsi que tous ses amis, sommes aussi fautif que toi. Bella a dû nous entendre alors qu'elle était dans la chambre. De toute manière, elle l'aurait su un jour ou l'autre, et je ne pense pas que sa réaction aurait été différente, dit Alice. Papa, qu'est ce que tu en penses ?

-Je suis d'accord avec toi. On a tous vu comment Emmett et Bella interagissaient. C'est un gros choc pour elle, et son cerveau l'a protégé en se mettant en position « éteint », si je peux m'exprimer ainsi. Cependant, il est urgent qu'elle ne s'enfonce pas d'avantage dans sa déprime. James si tu es d'accord, et si Bella l'est quand elle se réveillera, Esmée et moi aimerions bien l'accueillir jusqu'à ce qu'elle se rétablisse. Rester ici, lui rappellera continuellement ce qu'elle a vécu. Il faut qu'elle revienne lorsqu'elle sera capable d'y repenser sans souffrir. Alors à ce moment là elle pourra avancer dans sa vie. Il faut qu'elle fasse son deuil en quelque sorte.

-Je sais pas Doc …, c'est très généreux de votre part, mais …, ne put finir James.

-Je suis d'accord Carlisle, coupai-je mon frère.

Carlisle avait raison. Tout ici me rappelai lui. J'avais beau aimer mon frère, Rose et mes amis, mais ils ne pouvaient combler un manque que je ressentais en ce moment : le soutien d'une mère. Et Esmée s'en apparentait le plus pour moi. Je mourrai d'envie de me fondre dans les bras de ma mère, pleurer toutes les larmes de mon corps dans ses bras, l'entendre me murmurer des mots qui me calmeraient, me bercer. Tout ce que ma mère faisait quand elle était encore en vie lorsque je tombais par exemple. Je sais c'est puéril, mais je sentais que j'avais besoin de cela, enfin pour un temps. Juste retourner dans cette période qu'était l'insouciance de la jeunesse, où rien ne pouvait nous blesser, nos parents nous protégeant.

Tout fut alors mis en place. Je partais le lendemain avec Carlisle. Pour l'université, il avait été convenu que je ferais mes cours par correspondance. Mes profs allaient m'envoyer ce qu'il me fallait par mail. L'excuse de mon absence serait que j'étais tombée malade et que je devais m'éloigner pour reprendre des forces. Ce qui dans un sens n'était pas totalement un mensonge. Les Coachs ne posèrent pas de questions quand je leur annoncèrent mon absence, et je leur proposèrent qu'Alice me remplace, ce qu'ils acceptèrent de bon cœur.

-Bella, repose toi et reviens nous en forme. Nous te gardons ta place, tu n'as pas de souci à te faire pour ça, m'annonça le Coach Tanner.

James insista pour que je passe la soirée avec lui et Rose. Ils s'excusèrent de ne pas avoir vu ma détresse.

-Vous n'avez pas à vous excuser. C'est plutôt à moi de le faire. Vous vous faites du soucis pour moi, alors que vous en avez déjà assez suffisamment comme cela. Rose, ne t'en veux pas, ce n'est pas bon pour le bébé et toi.

-Oh Bella ! Tu vas tellement me manquer, si tu savais. Tu nous donneras des nouvelle hein ? Me demanda-t-elle.

-Oui, j'appellerai souvent, et puis je serai là pour le naissance du bébé, je te le promet, lui dis-je en la serrant fort dans les bras.

Carlisle vint me chercher tôt, avant que mes amis n'aillent en cours, afin qu'il puissent me dire au revoir, non sans quelques larmes de chaque côté. Alice, Jasper et Edward, me promirent de venir me voir chez leur parents, puis nous prîmes la route.

Carlisle ne me posa aucune question, et ne chercha pas à me la conversation. Il me prit la main pendant qu'il conduisait et donna un baiser dessus.

-Je sais que c'est dur pour toi ma chérie en ce moment, mais dis-toi qu'Esmée et moi sommes là pour toi. Nous ne sommes pas tes parents, et ne pourrons jamais les remplacer, mais nous t'aimons autant que nos propres enfants.

Je hochai la tête pour lui répondre les larmes arrivant aux coins de mes yeux tellement ce qu'il me dit me touchait.

-Je veux juste te dire, que ce qu'il c'est passé avec Emmett, n'est pas de ta faute. Tu as fait ce qu'il fallait pour le rendre heureux. Il n'était tout simplement pas prêt à entendre que le bout du tunnel était arrivé pour lui. Il a eu tellement de déception par le passé, qu'il c'est encré dans un monde où il a cru qu'il ne méritait pas d'être heureux. Mais une chose n'est pas faussé dans tout cela : il t'aime vraiment. Mais quand il a surprit la conversation au téléphone, il s'est passé quelque chose dans sa tête ou alors il y a eu un événement qui a fait remonter sa peur.

-Son genou … fis-je d'une voix tremblotante.

-Son genou ? Reprit-il.

-Oui, ce jour-là, il est allé courir et en revenant, il boitait. Je l'ai vu et lui ai demandé ce qu'il s'était passé. Il a juste répondu que son genou avait lâché, mais que ce n'était pas comme s'il n'en avait pas l'habitude, finis-je en sanglotant.

-Je comprends mieux sa réaction, même si je ne la cautionne pas. Il n'avait pas à réagir comme cela avec toi. Quand son genou a défailli, tout à dû remonter à la surface. Tu n'es malheureusement qu'un dommage collatéral de sa situation. Emmett a besoin d'aide, psychologiquement parlant. Il a emmagasiner tellement de colère en lui, d'incertitude, et de manque de confiance en lui que je ne suis pas sûr que même s'il avait accepté de se faire opérer, elle aurait été une réussite totale. L'opération en elle même oui, mais sa peur aurait toujours été là, et aurait créé un blocage. À un moment ou à un autre, cela serait ressorti. Mais il reviendra crois moi, et je serai là pour l'aider aussi s'il le demande.

Je ne répondis rien à cela. Carlisle avait peut-être raison, ce qui aurait expliqué son manque de confiance. Mais envers moi ? Je n'arrive toujours pas à comprendre. Je n'étais pas sûre non plus qu'il reviendrait. Une fois de plus, une des personnes que j'aimais le plus m'abandonnait. Après mes parents, mon grand-père, IL m'avait laissé de côté, ou plutôt il m'avait éjecté de sa vie …

POV EMMETT

je n'arrivais pas à croire ce que j'avais entendu. Comment avait-elle pu faire cela derrière mon dos ? Comme si elle ne savait pas ce que ce médecin dirait. Surtout Carlisle ! Pourquoi ne pouvait-elle pas laisser tomber cette idée ? Ne lui suffisais-je pas comme j'étais ? Moi qui croyais qu'elle était différente, que le fait que je sois un ancien joueur professionnel ne l'importait pas ! Mensonge que tout cela ! Je m'étais fait avoir comme un bleu !

Cependant, dès que je l'eusse mis dehors, une brûlure violente se fit ressentir dans ma poitrine, mais ma rage était dominatrice. Je me mis à balancer tout ce que j'avais à porté de main. Toutes les photos de nous deux se fracassaient contre le mur, la table du salon se retrouvant les quatre pieds en l'air car le souvenir de nous deux en plein ébat me fut intolérable.

Je ne sais combien de temps dura ma folie, mais quand je repris mes esprits, il y avait du verre partout, ma chambre était un vrai capharnaüm. Puis je effondrai au sol, contre le mur de ma chambre, la respiration saccadée.

Les jours se succédèrent sans que je ne bouge. Le téléphone sonna, mais je ne répondis pas. On vint aussi frapper chez moi, plusieurs fois même, mais je n'ouvris pas, ne voulant voir personne. Au bout de ces quelques jours, je commençais à étouffer. Je pris alors le premier sac qui se trouvait sous la main, y mis quelques affaires, mon passeport, et direction l'aéroport. Sur le chemin j'appelai Embry, lui disant que je devais m'absenter quelques temps, et que je leur laissais le champ libre pour les entrainements. Il voulut savoir ce qu'il m'arrivait, mais je raccrochais, incapable de m'expliquer, car si j'avais dû tout lui dire, cela m'aurait fait penser à elle, et c'était impossible. Cela faisait trop mal.

L'avion attérit tard à Philadelphie. Je pris un taxi, lui donnant l'adresse de mon meilleur ami. Arrivé, je sonnai. Larry vint m'ouvrir.

-Emmett ? Que fais-tu là ? T'es tout seul ? Demanda-t-il alors qu'il regardait derrière moi. Où est Bella ?

-Elle n'est pas avec moi, lui répondis-je, alors que la brûlure dans ma poitrine refit surface quand il prononça son nom.

-Elle ne sera plus jamais avec moi, continuais-je.

-Quoi ? Mais … entre, explique moi. Je ne comprends rien à ce que tu me dis. Et puis c'est quoi cette allure que tu as ? On dirait que t'as pas dormi depuis des jours.

En même temps qu'il me parlait, il me poussait dans le salon, me faisant m'asseoir sur le canapé. Il disparut dans la cuisine, puis revint quelques minutes plus tard pour en revenir avec deux cafés.

-Bon, maintenant raconte moi ce qu'il se passe.

Je lui racontais alors cette fameuse journée. Les larmes perlèrent sur mes joues sans que je ne puisse les arrêter tellement j'étais fatigué aussi bien mentalement que physiquement. À la fin de mon récit, Larry prit la parole.

-Mais enfin c'est insensé ce que tu me racontes là. As-tu laissé au moins une chance à Bella de s'expliquer ?

-Pour qu'elle me dise quoi ? Rien de plus à part ce que je sais déjà. Que je suis un minable, un raté ? Criai-je.

-C'est vraiment ce que tu penses de toi ? Tu crois vraiment que Bella aurait été avec toi que pour ta célébrité ? Tu crois vraiment qu'elle pense cela de toi ? Demanda-t-il sur le même ton que le mien.

-De joueur professionnel, je passe à petit entraineur d'université. Tu crois quoi ? Fis-je en me calmant.

-Moi je crois que ce que Bella disait été vrai, que ce Carlisle pouvait t'aider, t'opérer pour que tu retrouves ton niveau et que tu puisses rejouer avec nous un jour. Moi j'y ai toujours cru. Je crois que tu as besoin d'aide Emmett. Je savais que tu souffrais, mais pas à ce point là, pas au point de te dénigrer, de ne pas avoir confiance envers les autres, et surtout Bella. J'ai tout de suite vu que Bella était la bonté incarnée. Pas besoin de la connaître depuis des lustres pour le savoir. Même Lisebeth l'a vu le premier jour qu'elle l'a rencontré. Et moi pareil : il ne m'a fallu qu'une rencontre pour voir tout l'amour qu'elle te porte, peut importe ce que tu es. Elle te voit comme nous, nous te voyons, mais toi tu ne te vois plus clairement. Tu t'enfonces même dans le noir. Il faut que ça change. Je ne peux rien faire pour ça. Cela doit venir de toi.

À ce moment là, Lisebeth rentra, surprise de me voir ici, mais elle ne me posa pas de questions.

Les jours suivants, je passais le plus clair de mon temps dans la chambre d'ami, ne voulant pas reparler de tout cela, bien que je voyais que cela les démangeaient. Lisebeth, quant à elle, m'ignorait, sans me jeter de temps en temps des coups d'œil assassin, ce que je ne comprenais pas. Puis un jour, Larry m'emmena voir mes anciens coéquipiers lors d'une session d'entrainement. Je me retrouvai là, assis dans les gradins, en train de les regarder, n'ayant qu'une envi : les rejoindre. Je senti une présence à côté de moi que je reconnu immédiatement.

-Je sens que tu ne vas pas bien fils, me dit le Coach tout en regardant le terrain. Larry s'inquiète pour toi.

-Alors il vous a demandé de venir me parler, continuai-je pour lui.

-Non, pas besoin qu'il me le demande, je l'ai vu quand tu es arrivé. Je te connais Emmett.

-Vous a-t-il dit ce qu'il se passe ? Demandai-je tout en connaissant la réponse.

-Oui.

-Je suis perdu. Je ne sais plus où j'en suis. Larry as raison, je m'enfonce dans le noir.

-Alors à toi de te sortir du tunnel, Emmett, pour retrouver la clarté. Il a raison aussi quand il dit que tu aurais dû écouter ta compagne. Jamais elle ne t'aurait fais ce que tu crois qu'elle a fait. Ses yeux ne mentaient pas quand elle te regardait. Elle t'aimait énormément. Mais je pense aussi que tu n'es pas prêt encore à écouter ce qu'elle avait à t'annoncer. Ton état actuel parle pour toi. Quand tu auras besoin, je serai là. Finit-il en se levant pour retrouver les gars sur le terrain.

M'accoudant sur les genoux, la tête entre mes mains, mes doigts tirant sur mes cheveux, pleins de questions me venaient en tête. Je me mis à penser à ce que Larry m'avait dit. M'étais-je autant trompé ? Avait-elle vraiment voulu m'aider car elle m'aimait ? Tous ces « je t'aime » étaient-il vrais ?

Elle s'était ouverte à moi lors de Thanksgiving, en me racontant la mort de ses parents. Pourquoi l'aurait-elle fait si elle n'avais pas confiance en moi ? Et moi, avais-je eu confiance en elle ? En y réfléchissant, le seule réponse à cette dernière question était non. Non je n'avais pas eu confiance en elle, sinon je lui aurais fait part du mal être qui m'habite. Larry avait raison, mais que devais-je faire ?

L'entrainement fini, j'attendais Larry dans le couloir des vestiaires, quand je vis le Coach dans son bureau. Il avait dit qu'il pourrait m'aider si besoin, et j'en avais vraiment besoin.

-Ah ! Emmett ! Tiens ! C'est pour toi, me dit-il en me tendant une carte.

-Mais …

-Tu viens bien me voir pour savoir si je peux t'aider, non ? Continua-t-il.

-Euh … oui … mais comment …

-Je te l'ai dis Emmett. Je te connais. Je vous connais tous. Tu n'aurais pas voulu d'aide, tu n'aurais pas franchi la porte de mon bureau à l'instant.

Je hochais la tête en signe d'assentiment, comme un petit enfant qu'on aurait pris en flagrant délit. Je regardai la carte où il y avais inscrit dessus « Dr Manson », ainsi que sa spécialité : psychanalyste. En avais-je vraiment besoin ? Je n'aurais jamais pensé à cela.

-J'ai pris la liberté de l'appeler. Tu as rendez-vous demain à 10h.

La surprise de son annonce devait se lire sur mon visage, car il continua.

-Je sais que c'est précipité pour toi, mais autant battre de fer tant qu'il est encore chaud. Si je ne t'avais laissé que cette carte, tu aurais attendu, et abandonné. Tu en as besoin Emmett. Après tu y verras plus clair. Allez vas ! Ils t'attendent.

Je le remerciai, puis parti en direction de mes amis qui m'attendaient.

Nous nous retrouvâmes dans un bar, à chahuter, à rigoler comme au bon vieux temps, mais je ne me sentais pas complet. Je fis part à Larry de ce que le Coach avait fait pour moi plus tôt dans la journée. Il approuva.

-Tu ne peux pas rester comme cela, à te renfermer sur toi de plus en plus. Peut-être qu'après tu … dit-il en abandonnant la fin de sa phrase.

-Oui ? L'incitais-je à continuer.

-Non rien ! Oublie !

Puis il se tourna vers les autres pour clore la conversation. Qu'avait-il voulu me dire ? Je me rendais compte que dernièrement j'avais beaucoup de question en tête, mais très peu de réponses. Peut-être que ce Dr Manson allait pouvoir m'aider à y voir plus clair. En tout cas je l'espère vraiment.