Note : Salut ! Un nouveau perso. arrive...


Alex relut la lettre deux fois pour être sûre de ne pas se tromper tant ses mains tremblaient sous le coup de l'émotion. Ses yeux larmoyants bondissaient d'une ligne à l'autre alors que son cœur cognait dans sa poitrine à lui faire mal.

« Mademoiselle...blablabla...
...compte tenu des différents éléments fournis...blablabla...prenant compte de...vous informons de ce fait que les plaintes pour « coups et blessures volontaires » ainsi que pour « agression sexuelle » sont retenues à l'encontre de Monsieur HORST Michaël...blablabla...
pourriez être à nouveau convoquée dans le cadre d'une enquête...blablabla... ».

Alex se laissa glisser le long du mur, s'assit par terre et poussa un profond soupir de soulagement. Bien sûr ce n'était qu'un début, mais la Justice l'avait entendue. Bien sûr rien n'était fait et Horst pourrait peut-être encore s'en sortir à moindre frais, mais là encore un palier était franchi, au suivant désormais. Bien sûr dans la liste des éléments fournis qui avaient fait pencher la balance de son côté, il y avait eu sa déposition, celles de Kristel et de Lucas et certainement... Un grand sourire se dessina sur son visage radieux. Elle se releva et se rendit compte alors qu'elle avait beau avoir reprit un rythme de vie semblable à avant, il pesait sur elle au quotidien un poids, une angoisse qui l'empêchait de profiter pleinement de la vie. Et là, elle avait l'impression d'avoir laissé cet énorme poids par-terre - la chaîne l'y reliant brisée par cette lettre – et se sentit revivre.

Elle n'avait plus qu'une idée en tête : aller le voir ! Elle doubla au pas de course les autres étudiants surpris de la voir si pressée (personne ne l'étant vraiment quand il s'agissait d'aller en cours - mais ça n'était pas dans les intentions d'Alex de toute façon). L'endroit n'était qu'à dix/quinze minutes à pied normalement, mais la jeune femme n'en mit pas plus de cinq ce jour-là ! Elle savait où le trouver à cette heure-ci : elle connaissait son emploi du temps par cœur à présent...Telle une fusée, le visage rougi par sa course, elle débarqua dans la salle 13, chercha le garçon du regard en tentant vainement de reprendre son souffle et, l'ayant repéré, se jeta au coup de Matthias qui faillit tomber à la renverse de la table où il était assis, bavardant avec un collègue, en attendant que le cours ne commence.

-Qu'est-ce qui te prend ? lui demanda-t-il abasourdi devant le regard incrédule des étudiants présents dans la classe.
-Merci Matthias ! s'écria-t-elle tout en lui claquant un baiser sur la joue. Je viens de recevoir une lettre concernant l'affaire et...

Elle ne put finir sa phrase tant elle était essoufflée, mais son visage souriant, ses yeux brillants de gratitude et son comportement permirent au garçon de comprendre la suite. Il lui fit un timide sourire en haussant les épaules, baissa le regard et marmonna :

-De rien. J'y ai réfléchi et ai fait ce qu'il fallait je crois... Maintenant, je verrai bien ce qu'il va m'arriver, poursuivit-il d'un petit rire sans joie comme s'il s'apprêtait à monter sur l'échafaud.

Alex ne put s'empêcher de sourire devant cette fin de phrase exagérément dramatique.
-Ne pourront t'arriver que des choses bien ! affirma-t-elle. Et ma reconnaissance implique aussi que tu peux compter sur moi, ajouta-t-elle très sérieusement le regard étincelant.


Les minutes passaient et ayant cours elle aussi, Alex sortit de la classe comme elle y était entrée : sans se soucier du regard des autres étudiants, mais de façon moins « bourrasque » tout de même. Elle prit ensuite la direction de l'amphi où son cours magistral n'avait pas encore commencé. En chemin (la fac étant grande, ce n'était pas la porte à côté), elle appela Genzô pour le mettre au courant de la décision juridique.

-C'est formidable ! s'écria-t-il lui aussi très soulagé. Mais comment...? Avec ce que nous a dit l'inspecteur...
-Je passe au stade ce soir à la fin de ton entrainement, le coupa Alex, et je t'expliquerai tout. Bonne journée mon amour !

Elle songea alors qu'il faudrait lui parler de sa conversation avec Matthias et que, connaissant son phénomène de petit-ami, il allait certainement râler de ne pas l'avoir prévenu. Mais ça ne la stressa pas le moins du monde : au contraire, elle en rigola toute seule en l'imaginant ! Elle enchaîna cet appel avec un autre à Maggie (qui eut la même réaction que le japonais et à qui elle donna également rendez-vous au stade le soir-même). Arrivée dans l'amphi, Alex mit au courant Kristel qui mit à son tour au courant Lucas, qui en vraie pipelette, en fit profiter toutes les personnes qu'il connaissait...c'est à dire presque toute la fac !

La journée passa vite et malgré le fait d'avoir pas mal de devoirs à faire (elle avait tourné un peu au ralenti ces temps-ci) Alex fila au stade à l'heure souhaitée sans remords pour y rejoindre son amoureux qui l'accueillie à bras ouverts.

-Alors ? lui dit Genzô impatient, raconte !

Les quartes amis s'étaient regroupés dans le hall où Maggie et Alex étaient assises sur l'un des bancs tandis que Herman et Genzô restèrent debout face à elles.

-Je croyais que les chances pour que la plainte pour agression soit retenue étaient plus qu'infimes, poursuivit le japonais, qu'est-ce qui s'est passé ?
-Et bien...commença Alex...

Et elle leur rapporta sa discussion avec Kristel et Lucas le lundi suivant les faits et celle avec Matthias qui en avait découlé. Comme elle s'en était doutée, au fur et à mesure qu'elle avançait dans les détails, elle avait vu Genzô d'abord faire la moue, puis croiser les bras en soupirant, pour finir par se racler bruyamment la gorge. En parallèle, elle lui avait jeté des regards furtifs pour suivre l'évolution de sa réaction tout en affichant un petit sourire que le japonais interpréta très bien.

-Tu aurais pu m'en parler quand même ! protesta-t-il gentillement une fois le récit terminé.
-Voyons Genzô, fit observer Maggie, si Alex ne t'en a pas parlé, c'était pour ne pas te donner de faux espoirs.
-Ce n'est pas une raison, objecta le gardien, on est ensemble et au même titre qu'elle me tient informé de ce qui va, je voudrais qu'elle fasse de même avec ce qui ne va pas !
-Ben tu vois : c'est fait ! dit la française un grand sourire aux lèvres tout en se levant du banc.
-Moque-toi de moi par-dessus le marché ! bougonna Genzô.
-Commence pas à faire ta fille Gen, le chahuta Herman.

Le japonais resta silencieux, préférant ne pas répondre.

-Bon, ce n'est pas que je m'ennuie, dit soudain Maggie en consultant sa montre, mais je dois vous laisser chers amis...
-T'as un rancard ? lança subitement Alex d'humeur taquine.

Mais Maggie se contenta de lever les yeux au plafond.

-Je pense qu'on va tous y aller de toute façon, dit Genzô. Puis prenant Alex dans ses bras : « Je te ramène chez moi ? » proposa-t-il le regard gourmand.
-Malheureusement non, répondit Alex désolée devant la tête déconfite de son petit-ami, mais demain « oui » !
-Ah ! Demain ça ne sera pas possible, annonça le japonais.
-Pourquoi ? demanda Alex à son tour déçue et surprise.
-Parce que demain soir on sera à Munich, déclara le gardien dont les yeux se mirent à pétiller.
-Votre match...se souvint Alex.

Son regard se voila un peu.

-J'aurais bien aimé vous accompagner, dit la jeune femme un peu triste. Depuis le temps que vous en parlez de ce match...Ça va être formidable !

Genzô la regarda extatique, puis lui dit :

-Viens avec nous alors !
-Hein ? s'écria Alex qui n'en croyait pas ses oreilles, je peux ?
-Bien sûr, affirma le japonais. Tu ne seras pas avec l'équipe officiellement – c'est un déplacement professionnel – mais en le sachant, je te prends un billet d'avion sur le même vol que nous, une chambre dans notre hôtel et je te fais avoir un pass pour le match (c'était encore mieux qu'un voyage organisé).
-Heu...l'hôtel j'en doute, dit Alex sceptique, je ne pense pas qu'il y ait des chambres de libre (elle se rappelait du sketch que c'était quand l'équipe de France partait en déplacement et qu'elle réservait tout l'hôtel pour ne pas être dérangée).
-Si je demande par rapport à l'équipe, si, affirma Genzô.

Alex ne se le fit pas proposer deux fois. Elle savait qu'elle allait rater ses cours et l'entraînement des petits mais elle les préviendrait – quant aux cours, la fac continuera à tourner sans elle !

-D'accord ! s'exclama-t-elle. Puis se tournant vers Maggi toute excitée : ça te dit aussi ?
-Oui ça me dirait bien, dit l'allemande dépitée, mais je bosse et je suis seule au magasin cette semaine...Impossible de me libérer...

Elle était très déçue et cela stoppa Alex dans son élan euphorique.

-Bon, faut vraiment que j'y aille, poursuivit Maggie qui fit de son mieux pour masquer sa déception en quittant le grand hall.

Alex regarda son amie partir, impuissante, puis se tourna vers Genzô désolée.

-Je vais y aller moi aussi, dit-elle à son tour, ce n'est pas parce que je « sèche » jeudi que je n'ai pas de devoirs !

Genzô lui attrapa la main au vol pour la retenir en lui promettant de ne pas se tromper d'itinéraire si elle acceptait qu'il la raccompagne. Ils mirent un peu plus de temps que d'habitude à se dire au revoir dans le véhicule du footballeur et Alex jugea qu'il était temps pour elle d'en descendre quand son amoureux commença à avoir la main un peu trop baladeuse... « A demain, lui susurra-t-elle au creux de l'oreille dont elle mordilla le lobe, je te retrouve à ton domicile en début d'après-midi...Bonne nuit mon amour ! » sur un dernier regard espiègle elle claqua la porte de la voiture, y laissant le japonais chauffé à blanc comme jamais...


Le lendemain, ils arrivèrent ensemble à l'aéroport où le reste de l'équipe les rejoignit peu de temps après. Si « officiellement » Alex était une passagère normale, elle resta cependant aux côtés des joueurs durant le trajet. Ils atterrirent au plus proche de Munich et terminèrent leur parcourt en car.

L'équipe arriva à son hôtel en milieu d'après-midi. On pouvait deviner l'enjeu du match à venir : un peu partout dans la ville on distinguait des affiches et banderoles annonçant la rencontre, sans parler des innombrables supporters du Bayern qui circulaient dans les rues en arborant fièrement les couleurs de leur club sur des maillots ou des écharpes. Le car fut néanmoins accueilli avec des applaudissements de la part des badauds présents.

Les joueurs gagnèrent dans un premier temps leur chambre – Genzô la partageait traditionnellement avec Herman, mais ce dernier se doutait fort qu'il y dormirait seul cette nuit – où ils se changèrent avant d'aller faire un léger entraînement.

Alex défit ses affaires dans sa chambre et décida d'aller faire un tour dans les environs de l'hôtel, incognito...C'est un coup de fil de Genzô qui venait de rentrer à l'hôtel et qui la cherchait, qui lui fit faire demi-tour. Passant voir le japonais à sa chambre avant de filer à la sienne où elle mangerait (les joueurs dînant dans une salle réservée, Alex n'avait pas envie de se retrouver seule à une table du restaurant), elle trouva Genzô en pleine conversation téléphonique. De toute évidence, l'appel provenait du Japon : le jeune homme s'exprimant dans sa langue maternelle. Alex sourit en se demandant s'il s'agissait de sa mère – lui revint alors en mémoire leur première soirée ensemble...

-Pourquoi tu rougis ? lui demanda alors Herman qui finissait d'enfiler ses chaussettes assis sur son lit en la regardant intrigué.
-Oh...pour rien, répondit hâtivement Alex qui se sentit encore plus rougir du coup.

L'allemand n'insista pas tandis que Genzô, qui venait de raccrocher, vint embrasser la jeune femme.

-C'était ta mère ? demanda Alex sans faire attention à Herman qui pouffa de rire (certainement en s'imaginant la mère de Genzô passer son temps à appeler son petit fiston adoré pour savoir s'il allait bien).
-Non, dit Genzô qui lança un regard noir à Herman, c'était un ami. Il joue en Espagne et sait que j'ai un gros match demain, il venait aux nouvelles.
-Tsubasa ? demanda Herman qui avait cessé de rire et regardait Genzô avec beaucoup d'intérêts.
-Tsu ba quoi ? fit Alex sans comprendre.
-Tsubasa Ohzora, dit Genzô avec un sourire, c'est son nom. C'est l'un de mes meilleurs amis et également le capitaine de l'équipe nationale du Japon, ajouta-t-il avec fierté.

Alex repensa au commentaire que Herman avait fait un jour sur les ambitions de Genzô à vouloir remporter la Coupe du monde. Elle s'imagina que ce Tsubasa devait être de la même fournée que Genzô !

-On se voit après le dîner ? proposa Alex à Genzô qui changea du coup radicalement de sujet.
-Hmm Hmm, se racla bruyamment la gorge Herman en prenant un air solennel : « Les joueurs sont censés dormir dans leur chambre et se coucher tôt pour avoir une bonne nuit de sommeil juste avant un match », acheva-t-il le sourire en coin.
-Mais je passerai juste lui dire « bonne nuit », se défendit faussement outré Genzô...
-Oui...allez, dit Alex qui s'avança vers la porte de la chambre, à tout à l'heure les enfants ou alors...

Mais le téléphone de Genzô sonna une nouvelle fois, interrompant la jeune femme. Le japonais consulta l'écran de son portable et commenta en souriant : « Je me demandais quand il allait appeler... ». Au regard complice que lui fit Herman, Alex comprit qu'il savait de qui il s'agissait. « Salut Karl, fit Genzô... » s'en suivit une conversation de quelques minutes. Lorsque Genzô raccrocha, il semblait avoir oublié la proposition d'Alex de la rejoindre dans sa chambre sitôt son repas terminé.

-Il passera nous faire un petit « coucou » ce soir, dit le gardien satisfait à l'autre joueur. Il m'appelle quand il est dans le coin. On n'aura qu'à aller prendre un verre au bar de l'hôtel...
-Ça fait un moment que je ne l'ai pas vu...tu crois qu'il a changé ? demanda Herman le sourire en coin.
-A sa façon de me parler il y a un instant : non ! déclara Genzô.
-Mais de qui vous parlez là ? demanda Alex frustrée de ne rien comprendre.
-Schneider ! répondirent en cœur les deux joueurs comme si c'était évident.
-Ahhhh...fit Alex essayant de se rappeler ce que Maggie lui avait dit à propos de ce joueur le soir du match Cologne/Hambourg : un vrai tueur. Elle s'imagina une armoire à glace pire que Genzô avec un faciès à la Terminator...
-Tu sais qui c'est quand même ? demanda Herman incrédule devant la tête que faisait Alex.
-Maggie m'en a vaguement parlée une fois, avoua Alex, mais bon...
-Hé bien tu pourras faire sa connaissance ce soir, fit observer Herman.

Là-dessus chacun alla où il avait à aller...


Alex était un peu sceptique quant à cette soirée. Certes, elle savait très bien qu'elle n'était pas à Munich pour un week-end en amoureux, mais le fait est qu'avec tout ce qui lui/leur était arrivé ces derniers temps, sa relation avec Genzô s'était mise d'elle-même en « stand-by ». Cependant, avec les bonnes nouvelles qu'elle avait reçu cette semaine, son désir pour le jeune homme s'était réveillé plus ardent que jamais ! Le « hic », c'est qu'elle voyait bien cette petite soirée se terminer non pas en tendres retrouvailles dans sa chambre mais en tendres retrouvailles entre potes où une fois les dernières embrassades faites, tout le monde va se coucher exténué ! Étant dans l'impossibilité d'exprimer clairement ses craintes à son petit ami, elle adopta une autre stratégie qui consistait à attirer son attention sur le fait qu'il y avait peut-être mieux à faire que de passer toute la soirée à discuter avec un type qu'ils allaient revoir le lendemain pour essayer de l'enfoncer au plus profond ! Ne sachant jamais quoi se mettre à l'avance, Alex avait emporté un peu de tout comme style de vêtements. Elle opta donc pour une robe qui mettait joliment ses formes en avant avec un petit cardigan assorti sur les épaules (en espérant que ce serait Genzô qui l'aiderait à l'enlever...). Elle lâcha ses cheveux et se pomponna un peu comme si elle s'apprêtait à sortir.

Au rez-de-chaussée de l'hôtel, les joueurs venaient de finir de dîner. Le coach leur avait communiqué leur emploi du temps du lendemain pendant le repas : entrainement à 10h15, déjeuner, sieste et briefing l'après-midi avant de quitter l'hôtel pour l'Olympia Stadion. Herman n'avait pu se retenir de faire un sourire goguenard à son gardien quand Zeman avait parlé de sieste...

La plupart des joueurs regagnèrent leur chambre (interdiction de sortir la veille d'un match !) alors que d'autres, dont Herman et Genzô faisaient parti, se dirigèrent vers le salon-bar de l'hôtel.

Le japonais n'eut pas à attendre plus de cinq minutes avant que son téléphone ne sonne : Karl-Heinz arrivait. Ayant son portable en main, Genzô en profita pour appeler Alex pour l'informer qu'ils étaient désormais « visibles ». Sa conversation terminée, il vit Herman lever la tête et afficher une mine réjouie en direction de l'entrée de la salle qui ne pouvait signifier qu'une chose. Il se tourna d'abord et se leva ensuite pour serrer la main du capitaine du Bayern de Munich qui venait d'arriver sous le regard curieux des uns et envieux des autres.