Il faut bien qu'elle grandisse un peu ma petite Mary, Antig0ne ! Elle était plutôt du genre calme, obéissante et sage quand elle était au Phare, mais là elle est obligée de s'affirmer si elle ne veut pas finir broyée par le monde. Et Drago la pousse aussi un peu, c'est qu'ils s'entendent plutôt bien au final et que Môssieur Malefoy ne traîne par avec des gens qui ne s'imposent pas en société.
Haha, oui Rose-Eliade ! Mais que veux – tu que Crystall fasse contre un escalier qui s'est effondre, hein ? X)
Hello Pims10 ! J'ai pas parlé de la réaction des élèves au changement de table simplement parce que les profs avaient remis les bannières à la bonne place avant le petit-déjeuner du lendemain. Mais Mary récidivera t'inquiète ^^
Désolée Luna dans les Etoiles... Mais j'aime ce genre de fin XD
J'ai toujours trouvé injuste que personne ne fasse rien pour empêcher les gens de piquer les affaires de Luna ange, alors il fallait que Mary intervienne ! Hermione non plus n'aime pas trop les jumeaux, l'antagonisme est réciproque... De toute façon, nous autres gens toujours plongés dans les livres, sommes de grands incompris de la société :)
Hello Mathilde ! Comme dit plus haut le premier prof qui a remarqué que les tables avaient été échangée a remis les bonnes bannières aux bonnes tables et donc personne n'a jamais su ce qu'il s'était passé. Mais Mary ne va pas rester sur un échec.
Moi, je trouve au contraire que ça se tient de vouloir des équipiers obéissants : si chacun part dans la direction qu'il veut et discute chaque décision du capitaine, ça va être la misère. Tu as déjà essayé de réunir 7 personnes totalement individualistes, qui pensent mieux savoir que les autres et qui n'écoutent rien, pour leur faire faire quelque chose ? Le capitaine de l'équipe de Serdaigle ne voulait simplement pas s'emmerder et perdre du temps à convaincre les élèves qu'il fallait l'écouter.
Je ne sais pas pour le Fourchelangue, mais je me suis aussi déjà posée la question. Même sans parler au serpent, les personnes devraient pouvoir entendre les sifflements... Je pense que c'était une question de commodité pour l'auteur : faire croire que Harry hallucinait et garder le mystère plus longtemps. Si Hermione avait entendu les sifflements et vu que Harry comprenait ce qu'il se disait, elle aurait compris bien plus tôt que c'était un basilic qui se baladait dans l'école et le tome aurait été moitié moins long.
Bonne lecture à tous ! ^^ Il y a un chapitre publié que la Vengeance en parallèle.
Je ne suis pas l'Héritière !
Mary ne reprit connaissance qu'au milieu de la nuit. Elle avait mal partout et était incapable de bouger. Elle ne sentait plus ni ses bras, ni ses jambes. C'était à peine si elle sentait encore le bout de son nez. Qui la démangeait affreusement, au passage. Elle prit une grande inspiration, ce qui déclencha une vague douloureuse des plus désagréable. Mince alors ! Que s'était –il passé exactement ? Elle était tombée des gradins quand les escaliers avaient cédé sous son poids. Elle n'était pas si grosse que ça pourtant ! Et voilà qu'elle ne sentait plus son corps ! Et si elle était devenue handicapée ? Elle savait que c'était possible si sa colonne vertébrale avait eu trop de dégâts…
Elle était en train de se demander si elle pouvait hurler jusqu'à ce que quelqu'un vienne quand une tête entra soudainement dans son champ de vision. Elle aurait sursauté si seulement elle en avait été capable. La panique s'empara d'elle une seconde avant qu'elle ne reconnaisse la tête d'un elfe de Maison qu'elle avait déjà vu une fois :
- Dobby… souffla t –elle.
L'elfe hocha la tête et passa un linge frais sur son visage, ce qui lui fit un bien fou, avant de murmurer :
- Mary Potter est revenue à l'école. Pourquoi Mary Potter n'a t –elle pas écouté Dobby quand il lui a demandé de rester chez elle ? Pourquoi Mary Potter n'est – elle pas retournée chez elle après avoir loupé le train ?
- Comment tu sais que j'ai loupé le train ? Attends ! C'est toi qui a causé ce dérèglement du réseau de Cheminette ?
- C'est vrai, Miss, avoua t –il en secouant la tête. Mais Dobby a fait attention à ce que Mary Potter arrive dans un endroit sûr.
La rousse se sentit soudainement inquiète de se retrouver en présence de cette Créature. Elle était clouée au lit, incapable de bouger le petit doigt, avec un être pouvant dérégler le réseau de transport magique le plus performant du pays. Ce qui n'était jamais arrivé depuis sa création, il y a des siècles. Il pourrait très bien la tuer d'un claquement de doigt…
Elle se souvenait de ce que sa mère lui avait un jour dit sur les Elfes de Maison. De petites Créatures serviles dont il fallait se méfier : ils étaient bien plus compétents en magie que les sorciers et personne n'avait jamais trouvé un moyen de les empêcher de transplaner où ils le souhaitaient par exemple. Des Créatures qui obéissaient à n'importe quel ordre. N'importe lequel.
- Dobby a dû se repasser les doigts avec un fer après, pour se punir.
- Pourquoi tu as fait ça ? demanda t –elle en tenta de juguler la peur que provoquait chez elle la petite créature.
- Mary Potter ne devait pas revenir à Poudlard ! Mary Potter n'y est pas en sécurité. Il s'y passe des choses sombres.
- Je sais. La Chambre des Secrets… Mais je suis de Sang-Mêlé : je ne risque rien. Et je… Attends ! Dobby, ça veut dire que tu sais quelque chose sur cette chambre ? Est-ce que tu sais ce qu'elle contient ?
- Dobby ne sait pas Miss.
- Alors tu sais qui est derrière ça.
L'horreur figea les traits de l'Elfe et apprit à la fillette qu'elle avait vu juste.
- Mary Potter doit rentrer chez elle. Maintenant qu'elle est grièvement blessée, elle ne peut pas rester à Poudlard, reprit –il avec quelque chose qui ressemblait à du soulagement dans la voix.
- Tu… Tu veux dire que c'est toi qui a fait ça ? s'exclama t –elle en sentant la colère prendre le pas sur le reste. Tu m'as condamnée à vivre handicapée parce que tu ne voulais pas que je sois à l'école ? Tu aurais mieux fait de me tuer !
- Dobby ne veut pas tuer Mary Potter. Mary Potter a détruit Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom : la condition des Elfes de Maison a beaucoup avancé depuis. Dobby veut sauver Mary Potter et pour ça, elle doit quitter Poudlard !
- Hé bien, tu peux être fier de toi : tu m'as assassinée aussi sûrement que si tu m'avais planté un couteau dans le cœur.
Elle se sentait vide. Complètement vide. Il avait fait d'elle une handicapée moteur simplement parce qu'il pensait qu'une légende reprenait vie. Elle ne pourrait plus marcher, voler ou seulement écrire. Condamnée à passer sa vie assise ou couchée sans rien pouvoir faire. Tout ce qu'elle voulait c'était pleurer.
- Va t – en ! dit –elle finalement.
- Mary Potter, Miss, il ne faut pas en vouloir à Dobby, gémit – il en tirant sur ses oreilles.
Elle poussa un sifflement furieux qui figea l'elfe et lui fit ouvrir de grands yeux horrifiés.
- Va t –en et que je ne te revois jamais ! Ou je te jure que paralysée ou pas je te tuerais !
Dobby la regarda encore une seconde, ses grands yeux vert brillants de larmes contenues. Puis il transplana. Au moment où quelqu'un entrait dans l'infirmerie. Elle ne pouvait pas tourner la tête, alors elle baissa les yeux au maximum pour essayer d'y voir quelque chose.
Il s'agissait de Dumbledore si elle se fiait à la longueur des cheveux et à la barbe blanche. Il avançait à reculons tandis que le Professeur McGonagall marchait face à lui. Ils transportaient quelque chose entre eux, devina t –elle. Ils posèrent le quelque chose sur un lit et la directrice de la Maison Gryffondor s'empressa d'aller chercher Mme Pomfresh qui apparut rapidement.
- Que s'est -il passé ? s'enquit –elle.
- Une nouvelle agression, répondit Dumbledore. Minerva l'a trouvé dans l'escalier menant à l'infirmerie.
- Il y avait une grappe de raisin à côté de lui : je pense qu'il venait rendre visite à Potter.
Mary se figea, si tant est qu'elle pouvait encore se figer plus. Un garçon avait visiblement voulu venir lui rendre visite et avait été attaqué par la chose de la Chambre des Secrets. C'était William ? Après tout, il était Né-moldu !
- Pétrifié ? murmura Madame Pomfresh en se penchant un peu plus sur l'élève.
- Oui… Albus, vous pensez qu'il a pu prendre une photo de son agresseur ?
- C'est que ce que nous allons vérifier.
La Serdaigle sentit, et en eut un peu honte, une vague de soulagement la submerger. La mention d'une photo orienta ses suppositions quant au garçon plutôt vers Colin Crivey que vers William.
- Miséricorde ! s'exclama l'infirmière, ramenant l'attention de Mary sur ce qu'il se passait.
Une odeur âcre de plastique brûlé se répandit dans toute la pièce et Mary devina que l'appareil photo n'avait pas apprécié sa rencontre avec l'agresseur mystère.
- On dirait bien que la Chambre des Secrets a été réouverte, souffla Dumbledore.
- Mais… Albus… Qui ?
- Là n'est pas la question. Ce que je me demande, c'est comment ?
- Lady Entwhistle doit repasser demain matin pour voir sa fille, je lui demanderais si elle n'a pas une idée pour dépétrifier rapidement ce garçon : les mandragores de Podmona ne seront pas prêtes avant des mois.
- Il est vrai que Crystall a toujours eu des dispositions pour les soins. Quel dommage qu'elle n'ai pas voulu faire carrière dans la médicomagie !
La mention de sa mère soulagea en partie la rousse. Sa mère était déjà venue la voir et elle allait revenir. Elle trouverait une solution à son état. Elle avait toujours la solution à tout. Elle ferma précipitamment les yeux quand l'infirmière s'approcha d'elle pour s'assurer qu'elle allait bien : elle ne voulait pas qu'on sache qu'elle avait suivi toute la discussion.
Mais dès que toutes les lumières furent éteintes et que les pas se furent éloignés, elle les rouvrit, fixant le plafond où la lune projetait la forme des fenêtres. Elle repoussa tout au fond de son esprit toutes ses angoisses à propos de son état pour réfléchir aux derniers événements et rassembler ses idées.
La Chambre des Secrets avait déjà été ouverte. Dobby le savait et savait aussi qui était derrière tout ça. La chose parlait Fourchelangue. Ça devait donc venir d'un Fourchelangue : seuls eux pouvaient se faire obéir par ce type de Créature. Et sachant que ce n'était pas elle, il allait falloir qu'elle enquête sérieusement à ce propos.
L'une des théories les plus probables était qu'un parent, ou un grand-parent, avait transmis le secret de la chambre à son enfant ou petit-enfant pour qu'il remette le couvert.
Et la remarque de Dumbledore la laissa perplexe : pourquoi cela n'était –il pas important de savoir qui avait fait ça ? Justement : c'était la priorité pour pouvoir l'arrêter… Sauf si… Sauf s'il savait déjà qui était le coupable, ce qu'elle trouvait difficile à croire : s'il le savait, il était facile d'y mettre fin, non ? C'était à n'y rien comprendre.
Lorsque Mary se réveilla, au petit matin, l'infirmerie était baignée d'un grand soleil d'hiver étincelant. Elle n'avait plus mal, mais elle ne sentait pas plus ses membres que durant la nuit. Un bruit de page tournée l'informa qu'elle n'était pas seule, alors elle appela avec espoir :
- Maman ?
Immédiatement un bruit de tissus suivit de celui d'un livre qu'on repose lui répondit et elle ne put que sourire en voyant le visage inquiet de sa mère se pencher au dessus d'elle. Elle lui caressa la joue et tenta un sourire :
- Je suis là, ma chérie. Comment te sens – tu ?
- Je ne sens pas grand-chose en fait : ni mes jambes, ni mes bras.
- C'est normal : ta colonne a été gravement endommagée lors de ta chute.
- Je vais guérir ? demanda t –elle, posant enfin la question qui lui brûlait la gorge.
- Oui, ne t'inquiète pas. Ça va juste être un peu long : Poppy et moi avons déjà ressoudé tes os hier. Mais la moelle a été atteinte et on ne peut rien faire de plus que ce qu'on a déjà fait.
- Dans combien de temps je pourrais remarcher ?
- Une semaine ou deux. Ça dépendra de la gravité réelle des lésions et de ton calme. Quand tu vas retrouver tes sensations, tu seras tentée de bouger, mais moins tu le feras, plus vite tu guériras.
- Est-ce qu'on peut quand même un peu me soulever ? Je ne vois rien que le plafond et c'est pas drôle.
Mary se sentait soudainement beaucoup plus détendue. Elle allait guérir ! Peu importait combien de temps elle serait clouée au lit pourvut qu'elle puisse s'en lever un jour ! Comme elle l'avait prévu, la présence de sa mère arrangeait tout. Cette dernière rajouta quelques oreillers dans son dos et la suréleva en tâchant de conserver l'alignement de sa colonne.
- Qu'y a t –il derrière le rideau ? demanda Mary.
Elle le savait très bien en réalité : c'était le lit où Colin Crivey avait été déposé par Dumbledore et McGonagall durant la nuit.
- Un élève pétrifié, lui apprit sans sourciller l'adulte. Je ne sais pas comment on s'y est pris, mais c'est du beau travail. Qu'un élève aussi avancé se cache à Poudlard me surprend pour tout te dire.
Mary réalisa alors que personne n'avait averti sa mère de la réelle raison de cette pétrification. On ne savait certes pas comment c'était arrivé, mais le corps enseignant et toute l'école devait savoir ce qu'il se tramait entre ces murs. Les professeurs avaient donc délibérement caché la vérité à sa mère. Elle se demanda une seconde si elle devait l'en avertir, après tout c'était grave. Mais elle ne dit finalement rien : elle ne voulait pas quitter Poudlard. Et vu la réaction qu'avait eu sa mère à la simple évocation de la Chambre des Secrets par Bathilda Tourdesac cet été, il n'y avait aucun doute que cette fois Mary ne reverrait plus jamais Poudlard… Alors elle se tut.
La rousse resta clouée au lit pendant une semaine entière avant d'être autorisée à recommencer à bouger. Les Serdaigles de deuxième année se relayèrent tous les jours pour lui apporter les cours et l'aider à les apprendre. Même Anthony Goldstein et Michael Corner qui n'étaient pourtant pas ses meilleurs amis. Samantha aussi passa pas mal de temps à l'aider à ne pas être trop en retard. La jeune femme de 6ème année continuait à venir régulièrement à l'infirmerie et lui confia qu'elle espérait pouvoir entrer à l'Université de Médicomagie dès sa sortie de Poudlard sans avoir besoin de passer un an d'étude avec un tuteur pour réussir le concours d'entrée.
- Madame Pomfresh m'aide beaucoup, lui dit –elle alors qu'elle examinait Mary.
- Pourquoi la Médicomagie ? demanda celle – ci.
- Parce qu'il n'y a jamais assez de Guérisseur pour soigner tout le monde.
La plus jeune ne croyait pas que ce soit la véritable raison, mais elle n'insista pas : ça ne la regardait pas si Sam ne voulait pas en parler.
Jonathan vînt la voir tous les soirs, souvent accompagné par Jaymie et ils se chamaillaient gentiment jusqu'à ce que l'infirmière les chasse. Drago lui apporta des chocogrenouilles et elle lui jeta un regard noir quand il les mangea toutes en arguant que de toute façon elle ne pourrait pas les attraper vu qu'elle était interdite de tout mouvement.
- Tu crois à cette histoire de Chambre des Secrets ? lui demanda t –elle au détour de la conversation.
Elle avait beaucoup réfléchi à qui pourrait être la personne derrière cette histoire. Les Malefoy avaient été ses premiers suspects. Une vieille famille croyant à la pureté du sang et étant passée par Serpentard depuis des générations. Ou du moins le prétendaient –ils.
Mais ils n'étaient finalement plus sur sa liste après qu'elle se soit rappelée des cours donnés par sa mère sur les différentes familles de Sang-Pure. Les Malefoy étaient "nouveaux" en Angleterre. Ils n'étaient là que depuis cinq siècles. Et donc la possibilité qu'ils aient la lignée de Serpentard dans leur patrimoine était maigre comparée aux autres familles Sang-Pure.
Elle le questionnait plus par curiosité et juste au cas ou, s''il était quand même au courant de quelque chose.
- Il y a déjà eu deux attaques, répondit –il en jetant un regard au rideau qui entourait le lit où reposait Colin Crivey. Bien sûr que j'y crois. Serpentard ne pouvait pas quitter le château sans laisser une assurance que son travail serait achevé.
- Tu approuves ?
Elle le vit hésiter avant de finalement dire :
- Mon père pense que c'est une bonne chose.
- Et toi ? Tu crois que tous les Nés-Moldus doivent mourir simplement pour être nés ?
Il ne répondit jamais à la question et elle n'insista pas : son silence était suffisamment éloquent. On l'avait peut –être élevé dans cette idée mais il était visiblement aussi capable de se faire sa propre opinion sur la question.
Elle reçut aussi la visite des jumeaux Weasley et de Lee Jordan, mais ils faisaient tellement de bruit qu'ils furent jetés de l'infirmerie après moins de cinq minutes. Ils se vengèrent en envoyant à l'infirmière en personne une cuvette de toilette et Mary ne put s'empêcher de ricaner quand elle l'entendit s'en indigner.
Quand elle put finalement se lever, elle dut commencer par marcher tout autours de l'infirmerie, puis dans le couloir y menant. Elle loupa le match de Quidditch qui opposa Serdaigle à Poufsouffle et elle profita que Madame Pomfresh soit trop occupée par les élèves arrivant à l'infirmerie après s'être battus dans les tribunes pour s'échapper. Elle se dirigea droit vers le parc. A force d'être enfermée entre quatre murs, elle n'avait plus qu'une seule envie : sortir.
Au départ, elle n'avait pas prévu d'aller bien loin, mais quand elle s'arrêta sur l'herbe en haut de la colline, elle remarqua quelque chose d'inhabituel. La cabane de Hagrid n'était plus qu'un lointain souvenir : il n'en restait qu'une trace ronde et noirâtre dans l'herbe. Mais là, en lisière de la forêt se trouvait tout le troupeau de sombral de Poudlard. C'est vrai qu'il s'occupait d'eux avant. Maintenant, le troupeau était livré à lui-même et la présence du garde-chasse qui les soignait devait leur manquer.
La Serdaigle descendit donc la colline jusqu'à l'orée de la forêt. Les sombrals s'étaient immobilisés tandis qu'elle s'approchait et elle espérait qu'ils savaient se nourrir seuls. Sa mère lui avait bien fait comprendre qu'ils pouvaient attaquer les humains s'ils avaient faim. Elle s'arrêta dès qu'ils manifestèrent des signes de nervosité.
Ils étaient vraiment effrayants. Pas étonnant que tellement de gens les aient traqués pour les tuer : tout dans leur apparence rappelait la mort.
- Qu'est ce que vous faites ici ? demanda t –elle finalement. Hagrid ne reviendra plus : il est à Azkaban.
Ça avait été dans le journal cet été. Il avait fini par se remettre de ses blessures, même si on ne guérissait jamais vraiment du feu d'un Norvégien à Crête à cause du venin qui l'imprégnait, et son procès avait conclu à sa culpabilité. Il fallait dire qu'il ne s'était pas non plus vraiment défendu d'avoir possédé et élevé un dragon tout à fait illégalement.
Les Créatures penchèrent la tête sur le côté, ce qui lui fit penser qu'elle devait les intriguer. Puis l'un d'eux finit par s'approcher. Le plus imposant. Peut –être le mâle dominant. Elle ne savait rien sur les sombrals. De quoi se nourrissaient –ils exactement ? Comment étaient –ils organisés socialement ?
Elle resta parfaitement immobile quand il s'approcha et la renifla. Son souffle chaud lui balaya le front et elle eut une vue parfaite sur sa bouche d'où dépassaient des crocs qu'on s'attendrait plus à retrouver dans la bouche d'un tigre que dans celle d'un cheval squelettique. Si elle avait douté qu'ils étaient carnivores jusque là, ce n'était plus le cas maintenant.
L'animal finit par lui donner un coup de museau sur l'épaule et quand elle tendit la main, il se laissa caresser.
- Vous n'êtes pas bien méchants en fait.
Elle le grattouilla quelques instants avant de se dire qu'elle ferait mieux de retourner à l'infirmerie avant que Madame Pomfresh s'aperçoive qu'elle était partie faire un tour sans autorisation.
- Je dois partir, leur apprit –elle. Mais je reviendrais et j'apporterais de la viande avec moi : je sais pas si c'est normal que vous soyez aussi squelettiques… Je vais me renseigner sur vous !
Ils essayèrent de la suivre, mais quand elle le retourna pour leur dire non ils firent demi-tour. Jusqu'où ces animaux la comprenaient –ils ? Jusqu'où Hagrid les avait –il dressés ? Elle se dépêcha de retourner à l'infirmerie… où on l'attendait de pied ferme. Elle se fit incendier en bon et due forme. Mais puisqu'elle avait pu faire le trajet jusqu'au parc sans problème, elle eut l'autorisation de retourner à la Tour Serdaigle.
Elle assista au dîner dans la Grande Salle le soir même et retrouva avec soulagement l'ambiance bruyante et ses camarades.
Tout le monde fut content de la revoir en cours et les professeurs, même McGonagall, se montrèrent indulgents. Gilderoy Lockart surtout, avait l'air content de la revoir et lui fit l'immense honneur de la choisir pour interpréter le loup-garou qu'il avait vaincu dans son livre Promenade avec les loups-garous. Depuis l'épisode des lutins de Cornouailles, il n'avait plus jamais ramené de Créatures Magiques en cours et se contentait de leur parler de ses livres. Même Emeli, qui était pourtant la plus fan d'entre eux, commençait à ne plus apprécier ce cours. Il ne fallait pas oublier qu'ils avaient des examens en fin d'année et ce n'était pas les Profs qui choisissaient les sujets en fonction de leurs cours mais des Académiciens du Ministère. Et ils n'avaient pour le moment aucune idée de ce qui était officiellement au programme en Défense Contre les Forces du Mal pour cette année.
La semaine suivant le retour de Mary en cours, l'annonce fut faite qu'un club de duel allait ouvrir. Bien entendu, l'excitation fut à son comble, surtout chez les Gryffondors.
- Je ne suis pas sûre que ça nous aide à nous défendre contre ce qui pétrifie les gens… dit Emeli avec l'air dubitatif.
- Ça n'aidera pas, confirma Mary qui savait que la chose était un serpent ou du moins quelque chose parlant le Fourchelangue et qui donc ne possédait pas de baguette.
- Comment tu peux en être aussi sûre ? demanda Padma.
La rousse préféra ne pas répondre. Elle entendait la voix du reptile, mais personne d'autre n'en semblait capable. Si elle en parlait, on la prendrait pour une folle.
Le soir même, à huit heures, presque toute l'école était à nouveau rassemblée dans la Grande Salle, baguette en main. Les quatre tables avaient disparu au profit d'une estrade et les bougies éclairaient le ciel étoilée du plafond magique.
- Vous pensez que ce sera qui le prof ? demanda William.
- Probablement Flitwick : il était champion de duel quand il était jeune, commenta Terry Boot qui tendait le cou pour essayer de voir l'estrade malgré les cinquième années devant eux.
- Tu rigoles ? s'étonna Padma.
- Pas du tout.
- Ce sera plutôt Lockart, jugea Emeli. Après tout il est prof de DCFM et il a déjà tellement accomplit !
Et ce fut à ce moment là que le concerné monta sur l'estrade, provoquant de petits applaudissements autant que des bruits de soupirs dégoûtés. La population Poudlarienne était visiblement plutôt partagée à propos du célèbre sorcier. Il leur parla quelques minutes du club avant de présenter son assistant : le Professeur Rogue. Et entre les deux hommes, il n'y avait pas photo, Mary aurait préféré affronter Lockart. L'autre avait l'air de pouvoir assassiner quelqu'un d'un simple regard.
Ils se firent face et la rousse pensa que le salut et les positions prises en attendant le top départ étaient ridicules. C'était bon pour les duels de classe, pas pour la vraie vie ! L'Héritier de Serpentard n'allait pas attendre qu'on le salut et qu'on lui dise qu'il pouvait attaquer pour le faire.
Sans surprise le professeur de DCFM se fit battre d'un expelliarmus des plus basique. Finalement, se fut au tour des élèves de prendre place. Ils furent répartis par niveau par les deux Professeurs. Rogue s'occupa de Mary et la mit en face de Ronald Weasley qu'elle avait déjà croisé une fois cet été quand elle avait été invitée par Fred et George. Ils étaient en cours de DCFM ensemble mais elle ne lui avait jamais vraiment parlé.
- Salut, lança t –elle
Il lui adressa un signe de tête avant de se mettre en position. Le top départ fut lancé et elle esquiva de justesse le premier sort du roux.
- Cracbadaboum ! lança t –elle.
Le sort l'atteignit et coupa net sa ceinture. Son pantalon trop grand glissa alors sur ses chevilles et il devînt aussi rouge qu'une tomate bien mûre. Paniqué, il se pencha pour remonter son pantalon et elle en termina d'un Petrificus Totalus qui l'immortalisa en train de tirer bien haut ledit vêtement. Elle entendit les jumeaux Weasley, qui se trouvaient non loin de là, ricaner en voyant la scène.
Quand elle regarda autours d'elle, elle constata que tous les duels ne s'étaient pas aussi bien passés que le sien. Emeli avait un furoncle qui faisait presque la taille de sa tête sur le front et son adversaire avait l'air paniqué et l'aidait à le soutenir pour qu'il n'éclate pas. William et son adversaire étaient au sol, l'air sonnés, et elle vit plus loin Hermione Granger se battre à coup de poings avec Millicent Bullstrod. La lionne avait visiblement décidé de ne plus se laisser faire. Lockart et Rogue durent s'y mettre à deux pour les séparer.
Le Professeur de DCFM décida alors de changer de stratégie et de faire monter les élèves sur l'estrade deux à deux. Histoire de les surveiller de plus près. Sachant que tout Poudlard était rassemblé dans la Grande Salle, ils en avaient pour un moment. Et comme Mary était l'une des rare à avoir gagné son duel sans déclencher de catastrophe et qu'il l'aimait bien, il la poussa sur ladite estrade sans se rendre compte qu'elle essayait de résister de toutes ses forces. Elle n'avait aucune envie de se donner en spectacle et jeta un regard noir à Fred, George et Lee qui s'étaient mis à l'encourager et à l'acclamer. Et ils furent suivi par d'autres gens désireux de voir ce que valait réellement la Survivante.
De l'autre côté de l'estrade monta un garçon de Poufsouffle qui avait l'air teigneux comme pas deux. Zacharia Smith si elle se rappelait bien. Il avait des cheveux blonds en bataille et des yeux sombres marqués d'une profonde envie de gagner. Elle comprit pourquoi Rogue l'avait choisi : il allait lui donner du fil à retordre et peut –être même la battre, ce qui mettrait sûrement l'horrible professeur de potion de bonne humeur pour la soirée. Et c'était hors de question. Ils se saluèrent et se mirent en position sous les murmures de la salle et le signal de départ fut lancé.
Ils jetèrent en même temps leur premier sort et durent se jeter sur le côté pour l'esquiver. Elle fut cependant plus prompte à se redresser et enchaîna avec le sort de Cracbadaboum qui avait si bien marché sur Ronald Weasley. Mais il esquiva aussi. Il était plus attentif et sans doute plus vindicatif. Il fut d'ailleurs le premier des deux à réussir à placer son sort et les cheveux de Mary devinrent aussi verts que l'écusson de Serpentard.
- Ça ne me change pas des masses, constata t –elle à voix haute. C'est pas plus voyant que le roux. Dentosaugmentos !
Il fut touché, mais en esquiva la moitié ce qui limita la longueur de ses dents à cinq petit centimètres supplémentaires. Mais elle savait qu'elle avait gagné : difficile d'articuler avec des dents de cette taille là !
- Confundo ! lança t –elle.
Cette fois, elle le toucha et il se mit à tituber en pointant sa baguette autours de lui, causant des mouvements précipités dans la foule qui les entourait et qui ne souhaitait surtout pas se retrouver dans sa ligne de tir. Elle n'avait jamais été aussi contente d'avoir appris ce sort l'an passé. Techniquement, il n'était vu qu'en deuxième année mais elle et William l'avaient appris histoire de le lancer sur Miss Teigne si jamais la chatte du concierge continuait à les suivre partout.
Mary allait l'achever d'un Expelliarmus magistral quand il trouva le moyen de quand même lancer un sort.
- Serpensortia !
En réalité, avec sa dentition ça ressembla plutôt à "cherppanchhhorttia". C'était presque un miracle que ce soit bien un serpent qui jaillisse de sa baguette… et retombe dans une foule hurlante puisqu'il essayait toujours, en vain, de pointer Mary. Le sort de confusion marchait à merveille : non seulement, il se trompait de cible, mais en plus il lançait un sort qui n'aurait servi à rien dans un duel.
Comme des cris continuaient à retentir dans la salle à cause du serpent, elle désarma rapidement Zacharia avant de sauter de l'estrade et de se frayer un chemin dans la foule. Un large cercle c'était formé autours du reptile qui essayait d'attaquer quiconque se tenait trop proche.
C'était un beau serpent, nota Mary. Il devait bien faire deux mètres et abordait une couleur claire sur le ventre et foncée sur le dos. Un magnifique cobra plus que belliqueux.
- Hé, bonjour, dit –elle en Fourchelangue tout en entrant dans le cercle et en s'agenouillant. Je suis désolée qu'on t'ait fait peur. Mais ne t'inquiète pas : je ne te veux pas de mal. Ces imbéciles ont encore plus peur de toi que toi d'eux.
Dès le moment où elle avait commencé à lui parler le reptile avait reporté toute son attention sur elle et avait perdu son air menaçant. Il semblait presque hypnotisé.
- Viens avec moi, poursuivit la Serdaigle. Je vais t'emmener loin d'eux et te relâcher à l'extérieur. Je ne sais pas si tu vas rester longtemps puisque tu viens d'un sort, mais ce sera toujours mieux qu'ici…
Le serpent la regarda encore un moment et elle tendit une main pour l'encourager. Finalement, il ondula vers elle, laissant retomber sa collerette menaçante et l'autorisa à le toucher.
Ce ne fut que quand elle se redressa, le serpent dans les bras, qu'elle remarqua le grand silence qui l'entourait. Tous les élèves formant le cercle autour d'elle et du reptile étaient en train de la fixer, les yeux exorbités. Il lui fallut une seconde pour comprendre que c'était parce qu'elle venait de parler Fourchelangue en public. C'était vrai que hormis les Serdaigles de son année peu de gens savaient qu'elle avait cette capacité ou même que son animal de compagnie était un serpent.
- Oui, je parle Fourchelangue, soupira t –elle à leur intention. Maintenant, laissez moi passer.
Et les élèves s'écartèrent d'elle comme si elle avait la peste. Même si elle se moquait de leurs avis et de leurs jugements, ça lui fit mal. Parce qu'elle n'était après tout qu'une gamine de douze ans qui se retrouvait seule, totalement seule, au milieu d'une foule de gens qui la prenaient pour un monstre.
La seule personne qui lui adressa la parole, fut Rogue. Oui, Rogue.
- Le serpent va disparaître d'ici peu Potter, lui signala t – il. Laissez moi annuler immédiatement le sort.
Se fut à son tour d'ouvrir de grands yeux exorbités. Rogue venait de lui adresser la parole. Sur un ton neutre. Pour lui dire quelque chose qui était presque gentil. Le monde devenait fou ! Elle le fixa sans bouger jusqu'à ce que les yeux noirs du professeur se teinte d'un agacement auquel elle était bien plus habituée et qu'elle finisse par se reprendre :
- D'où vient ce serpent professeur ? demanda t –elle alors. Zacharia ne peut pas l'avoir créé : la magie ne crée pas des êtres vivants. Même la métamorphose ne fait pas ça… Je vais le garder ou le mettre dans le parc en attendant qu'il reparte. Je ne vois pas pourquoi on le traiterait comme un vulgaire objet qu'on peut convoquer et faire disparaître à sa guise.
Et sur cette réponse, elle sortit de la Grande Salle, traversa le hall et se retrouva dehors. Elle grelotta : il faisait frais en ce début décembre. Le serpent se pelotonna un peu plus dans ses bras et elle renonça à le relâcher dans le parc. Le froid n'était pas bon pour son petit compagnon. Alors elle fit demi-tour et le ramena jusque dans la Tour Serdaigle qui n'avait pas encore été réinvestie par les autres membres de sa Maison.
Ladon, qui l'avait sagement attendue dans son vivarium, siffla de mécontentement en la voyant arriver avec le cobra et le concerné dressa à nouveau sa collerette.
- Et oh ! s'exclama t –elle. Doucement ! Ladon, ce serpent ne va pas rester : inutile de vouloir marquer ton territoire. Un élève l'a fait apparaître et le sort ne devrait plus durer longtemps. C'est juste en attendant. Et toi, je ne sais pas ton nom ni d'où tu viens, mais si tu agresses mon ami, je te transforme en sac à main, pigé ?
Les deux antagonistes la fixèrent une seconde avant de se détourner l'un de l'autre avec un air dédaigneux. Parfois elle avait l'impression que ces reptiles étaient tellement humains dans leur comportement !
Mary s'installa en tailleur sur son lit et referma les baldaquins pour que personne ne voit qu'elle avait finalement ramené le cobra dans leur dortoir. Ses camarades toléraient Ladon, mais un cobra de deux mètres c'était une autre histoire.
- Merci, finit par lui dire le cobra.
- Je t'en prie : ce n'était pas ta faute si tu t'es retrouvé ici. D'où viens – tu ?
- D'Inde, répondit –il. Je ne m'attendais pas du tout à être appelé par un humain magique.
Il ondula un peu, sans doute pour trouver une position plus confortable avant de reprendre :
- Il y a aussi un humain qui parle aux serpents dans le temple où je vis. Jugnu est son nom mais les humains le surnomment Phanishwar le Seigneur des serpents.
- Il y a beaucoup de Fourchelangue en Inde ? s'enquit Mary, curieuse.
Ce n'était pas la première fois qu'elle entendait ce genre de réflexion : Padma le lui avait déjà fait remarquer l'an dernier quand Anthony Goldstein et Michael Corner avaient mal pris le fait qu'elle parle aux serpents.
- Pas plus qu'ailleurs, je suppose.
- Tu lui passeras le bonjour de ma part alors : je n'avais jamais entendu parler d'un autre Fourchelangue encore vivant jusqu'à aujourd'hui.
- De qui dois – je transmettre les salutations ?
- Mary Potter d'Angleterre.
- Je n'ai jamais entendu parler d'Angleterre. C'est loin de l'Inde ?
La rousse était à la recherche d'un livre avec une carte pour le lui monter quand le serpent disparut d'un seul coup. Un peu déboussolée, et un peu triste aussi, c'est qu'il avait l'air plutôt sympa ce serpent dont elle ne connaissait toujours pas le nom, elle laissa tomber ses recherches et se tourna vers Ladon qui semblait faire la tête dans son vivarium.
- Tu seras toujours mon unique serpent Ladon, lui dit –elle. Tu es particulier pour moi : ne crois jamais que je pourrais vouloir te remplacer.
Il ne répondit pas, mais le frémissement qui agita ses écailles l'informa qu'il avait bien entendu. Elle ne doutait pas que le lendemain l'affaire soit réglée et qu'ils n'en reparlent plus.
Bien entendu, ce fut le cas. Mais uniquement avec son serpent. Le lendemain, personne ne lui adressa la parole, si on exceptait les gens qui savaient déjà de longue date qu'elle parlait aux serpents. On lui jetait des regards craintifs et le blizzard qui se mit à souffler à l'extérieur n'améliora pas son humeur. Elle était certaine que si elle sautait soudainement sur quelqu'un en criant "bouh!" il serait à deux doigts de la syncope.
La première personne à lui adresser la parole en dehors de ses camarades de Serdaigles de deuxième année fut Drago alors qu'ils s'installaient pour le cours de sortilège.
- Alors comme ça, tu fais des cachotteries ? lui dit –il.
- Je ne vois pas ce que ça change, marmonna t –elle en comprenant qu'il faisait référence au fait qu'elle soit Fourchelangue.
- Les gens pensent que c'est toi l'Héritière de Serpentard, expliqua t –il de but en blanc.
- Pardon ?
- Les élèves croient que tu es l'Héritière de Serpentard, répéta aimablement le blond. Après ta petite démonstration d'hier, tu étais la cible toute désignée.
- Mais… C'est stupide ! Pourquoi je voudrais attaquer les sorciers Nés-Moldus ? Ma mère en était une ! Ce serait idiot de ma part ! Sans compter que puisque toute l'école cherche un coupable à l'ouverture de la chambre dévoiler de but en blanc que je suis Fourchelangue aurait sonné comme des aveux complets ! C'est stupide ! répéta t –elle. L'Héritier c'est plutôt quelqu'un qui voudrait à tout prix le cacher.
- Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, répondit –il. Je te crois. Mais tu risques d'avoir des problèmes avec les Gryffondors. Après tout, l'un d'entre eux a été pétrifié.
Les paroles du Serpentard se vérifièrent l'après-midi même. Alors qu'elle ressortait des toilettes un petit groupe de quatre Gryffondors, qui devaient au moins être en cinquième année, semblait l'attendre. Elle fit mine de repartir comme si elle n'avait rien vu mais ils fondirent sur elle pour la ramener dans les toilettes.
Mary s'éloigna d'eux autant qu'elle le put. Drago avait beau l'avoir prévenue, elle n'y avait pas vraiment cru. Après tout elle n'avait réellement rien fait !
- Tu fais moins la maligne maintenant, hein ? demanda l'un d'eux.
- Qu'est ce que vous me voulez ? répondit –elle en essayant de ne pas paraître aussi effrayée qu'elle l'était.
- Pas grand-chose, rassure toi. Tu vas dépétrifier Colin et finir ta vie à Azkaban avec tous tes semblables. Les mages noirs ne sont pas censés se balader en liberté dans une école et pomper notre air.
Mary avait bien envie de leur demander s'ils réalisaient bien qui elle était. Elle avait vaincu Voldemort : est ce qu'elle avait la tête d'un mage noir ? Et tout ça pour quoi ? Parce qu'elle parlait Fourchelangue ? Mais elle se dit que ça ne ferait que plus les énerver de répliquer. Elle envisagea de tirer sa baguette. Ils avaient anticipé et les leurs se pointèrent en concert sur elle.
- Écoutez, je ne suis pas l'Héritière de Serpentard. Si tous les Fouchelangues étaient des héritiers de Serpentard ça voudrait dire qu'il s'est reproduit comme un lapin de son temps.
- Ta gueule ! On a en a rien à foutre de tes mensonges. Tu fais ce qu'on te dit et c'est tout.
- Mais c'est pas moi !
Ils se rapprochèrent d'elle et quand elle voulut encore reculer elle rencontra le mur. Là, elle commença vraiment à paniquer.
- Hé ! claqua une voix de l'autre côté du mur de Gryffondor qui bouchait tout le champ de vision de Mary. Vous avez un problème avec ma cousine ?
- Dégage ! tonna celui de droite en se retournant brièvement.
- Petrificus totalus ! lança une voix féminine. Mon pauvre petit Pouffy, face à des imbéciles de Gryffondor, il faut frapper fort, pas essayer de discuter.
- J't'ais rien demandé la plumeuse.
- Ça y est, je suis vexée, lança la fille sur un ton faussement geignard.
- Bon, vous avez bientôt fini votre petite scène ? demanda une troisième voix, elle aussi féminine et qui paraissait plutôt lasse. Les Gryffy, vous avez le choix : ou vous barrez tranquillement ou vous vous faites démonter la tronche.
- Tu as tellement la classe quand tu parles comme ça Jen !
Les trois rouge et or restant se retournèrent vers leurs assaillants, tournant le dos à leur victime initiale sans penser une seconde que c'était une mauvaise idée. Mary n'avait aucun scrupule à attaquer les gens dans le dos. Certes, elle préférait éviter, mais vu ce qu'il aurait pu se passer si personne n'était intervenu, elle n'hésita pas. Un sort de Chatouillis plus loin, l'un des garçons était au sol en train de rire à s'en briser les côtes. Et avant que les autres ne réagissent, elle avait enjambé ledit garçon pour aller se réfugier dans les bras de Jonathan qui était accompagné de Samantha et son amie Jen. Aucun des trois n'avait l'air content.
- Vous protégez une mage noire ! leur cria l'un des Gryffondors.
- Qu'est ce qu'il fait pas entendre comme bêtises ! Ça vous ferait pas de mal de vous acheter un cerveau les lions ! C'est utile parfois, vous savez ?
- Tu…
- Attention ! J'ai une baguette et j'hésiterais pas à m'en resservir contre vous. Et Jen ici présente sait se montrer très inventive quand elle veut.
- On a récupéré la gamine, on peut y aller non ? répondit ladite Jen.
- Quoi ? Moi je dis qu'on devrait leur flaquer une bonne fessée et les mettre au coin histoire de leur montrer qu'ils ne peuvent pas faire tout ce qu'ils veulent! protesta Samantha en agitant sa baguette d'un air menaçant.
- Je suis d'accord : allons nous en, déclara Jonathan en attrapant Mary pour la pousser devant lui vers la sortie.
- Sans surprise de la part d'un Pouffy. Vous êtes vraiment pas fun.
Le petit groupe ressortit rapidement des toilettes et Mary repéra, avec étonnement, Mandy qui attendait en face de la porte l'air affreusement nerveuse et appuyée contre le mur comme si elle avait espéré pouvoir s'y fondre.
- Tu peux la remercier, dit Jonathan à Mary quand la petit brune s'approcha en tirant sur une des mèches de ses cheveux. C'est elle qui m'a trouvé.
- Et on passait par là, renchérit Samantha. C'était gentil de ta part.
Mandy sembla se tétaniser quand la Serdaigle de sixième année lui tapota gentiment le crâne.
- Il faut qu'on retourne en cours, déclara Jen. C'est pas tout ça, mais on a pas le temps de secourir tous les gamins en détresse de l'école. La vieille McGo est une vraie peau de vache avec les retardataires.
- On va en prendre pour notre grade, confirma Samantha en jetant un regard à sa montre à gousset. On se tire.
- Je vous raccompagne jusqu'à votre salle de cours, dit Jonathan tandis que les deux plus âgées détalaient dans le couloir.
- Tu n'es pas obligé tu sais…
- Je n'ai pas cours et vu comment tu es agrippée à moi je pense que ça vaut mieux. Tu as cours avec qui ?
- Lockart.
- Alors tu n'auras pas de problème. Suffit de lui faire un grand sourire et de lui sortir une excuse bidon. Du temps que l'excuse le concerne, il dira rien.
- T'es dur avec lui.
- Mary, si tu n'as pas encore remarqué que ce mec est une buse c'est que t'es sacrément bouchée. Ouvre rapidement les yeux, ça vaudra mieux pour toi. Et sois plus prudente à partir de maintenant : il n'y aura pas toujours quelqu'un pour surveiller tes arrières.
Jonathan les abandonna devant la porte de la salle de DCFM et Lockart se contenta de les réprimander en souriant avant de leur dire d'aller s'asseoir sans leur enlever de points ni leur donner de retenue. Mandy et Mary s'assirent côte à côte aux dernières places restantes et tandis que le prof décrivait en détail une des scènes de son livre autobiographique. La rousse se pencha vers sa voisine :
- Merci, chuchota t -elle.
Mandy lui adressa un timide sourire. La brune était peut –être discrète et fantomatique, mais quand on avait besoin d'elle, elle était là apparemment. Et c'était agréable.
L'épisode avec ce groupe de Gryffondor marqua assez durablement la Potter. Elle ne se déplaçait quasiment plus seule. Ou alors c'était la nuit sous sa cape d'invisibilité. La fillette appréciait d'autant plus le château de nuit sans personne pour la dévisager car les élèves avaient repris cette mauvaise habitude. Sauf que maintenant on ne la regardait plus parce qu'elle était célèbre mais parce qu'on pensait qu'elle était la malade qui avait attaqué Miss Teigne et Colin Crivey.
Elle aimait aussi s'éloigner de l'ambiance étouffante du château, notamment le week-end. Elle commençait par passer aux cuisines où elle demandait aux elfes de lui remplir un sac de bout de viande et ensuite elle filait dans le parc emmitouflée dans sa cape et le nez dans son écharpe bleue et bronze.
Les sombrals étaient là, toujours au rendez-vous. Depuis qu'elle les avait vus roder autours des décombres de la cabane de Hagrid, elle s'était renseignée sur eux. Ça avait été un peu compliqué parce que peu d'auteur parlaient d'eux et finalement un septième année qui lui avait prêté son bouquin d'Études des Créatures Magiques.
Apparemment, leur maigreur était normal. Et les sombrals étaient des animaux bien plus intelligents qu'elle ne l'avait d'abord pensé. Ils pouvait conduire quelqu'un jusqu'à n'importe quel endroit, pourvut qu'on le lui demande gentiment, grâce à leur sens aiguë de l'orientation et porter des charges bien plus lourdes qu'eux. Leur régime alimentaire était principalement composé de viande, et durant les périodes de disettes ils pouvaient rester des mois sans manger.
- Mary…
L'interpellée tourna vivement la tête : elle n'avait entendu personne arriver. Luna était là. Elle la regardait avec de grands yeux effrayés et avait l'air de s'empêcher de fuir à toute jambes. Non, ce n'était pas elle que la blonde regardait. C'était les sombrals.
- Tu les vois ? s'étonna la rousse avant de se donner une claque mentale.
Bien sûr que Luna voyait les sombrals ! Elle avait vu mourir sa mère. Mary se souvenait très bien du jour où c'était arrivé. Sa mère à elle avait été appelée en urgence par Xenophilus. Mais elle n'avait rien pu faire.
- Ce sont des sombrals, dit doucement Mary. Ils font peur, mais ils ne sont pas méchants. Le garde-chasse s'en occupait jusqu'à l'an dernier, mais maintenant qu'il n'est plus là… Je viens leur rendre visite de temps en temps.
Mary se leva et tapota le museau de l'équidé le plus proche avant de s'éloigner d'eux pour venir faire face à Luna.
- Tu voulais quelque chose ?
- Il y a eu une nouvelle attaque au château, lui apprit son amie.
- Quoi ?
- Un Poufsouffle et un fantôme ont été transportés à l'infirmerie. Tout le monde te cherche.
- Pourquoi ? Je suis pas à l'origine de ces attaques par Merlin !
- Je ne sais pas pourquoi… Mais on te cherche.
Grommelant, Mary remercia Luna avant de remonter à grands pas vers le château. Là, elle se fit harponner par McGonagall :
- Venez avec moi Potter, dit –elle.
- Pourquoi ? Je n'ai rien fait ! Je…
- Venez avec moi Potter, répéta plus sèchement cette fois la sorcière.
Et Mary se tut pour la suivre. Non sans la maudire silencieusement. Si même le corps enseignant se mettait à croire toutes les rumeurs qui circulaient parmi les élèves… Elles arrivèrent devant la gargouille la plus moche que Mary ait jamais vu. Après que la professeur eut dit le bon mot de passe "sorbet citron" la gargouille fit un pas sur le côté pour les laisser accéder à un escalier en colimaçon qui tournait lentement sur lui-même comme un escalator moldu.
En haut de l'escalier se trouvait une salle ronde avec ledit escalier en son centre. Des bancs étaient taillés à même le mur et la seule autre issue était une porte avec un heurtoir de cuivre en forme de griffon. Dès que Mcgonagall eut frappé, la porte en chêne pivota pour donner sur ce que Mary supposa être le bureau du directeur.
La pièce était vaste et brillamment éclairée par de grandes fenêtres qui courraient tout le long du mur de gauche. L'air avait une odeur indescriptible mais pas désagréable et des sons étranges retentissaient de tous les côtés venant des innombrables objets entassés depuis le sol jusqu'aux plus hautes armoires.
Les murs étaient recouverts de portraits et en jetant un coup d'œil aux petites plaques dorées accrochées au cadre et qui indiquait les noms des sorciers elle devina qu'il s'agissait là de tous les directeurs qu'avait eu Poudlard au cours des siècles.
Les deux sorcières avancèrent dans la pièce. Puis McGonagall lui dit de s'asseoir sur une des chaises en face de l'imposant bureau encombré et d'attendre que le directeur arrive avant de repartir. Mary serra nerveusement ses mains l'une contre l'autre. Elle nota qu'il y avait une coupe avec des bonbons posé non loin de là. Mais ce qui attira le plus son attention fut l'oiseau à moitié déplumé qui tremblotait sur son perchoir en or. Il avait la taille d'une dinde et paraissait vraiment mal en point. Il avait l'air de pouvoir mourir d'une seconde à l'autre.
Et comme s'il n'avait attendu que ça, l'animal s'embrasa soudainement, la faisant sursauter. Puis ouvrir de grands yeux fascinés. Il n'y avait qu'une Créature au monde capable de combustion spontanée : le phénix ! Des Créatures si rares qu'elles étaient passées à l'état de mythe dans beaucoup de pays. Elle n'en revenait pas d'en avoir une sous les yeux. Et les cendres de ces phénix étaient des ingrédients de potions qui coûtaient un œil de la tête pour quelque milligrammes. C'était même l'ingrédient qui coûtait le plus cher au monde ! Mais vu sa rareté, il était très peu utilisé et toutes les potions dont la confection en nécessitait l'usage étaient interdites à la préparation. Ce qui était dommageable : il s'agissait pour la plus grande majorité de potions de guérison.
Quand Dumbledore entra dans la pièce par une porte dérobée qu'elle n'avait pas vue jusque là, elle ne put s'empêcher de se lever nerveusement. Il lui fit signe de s'asseoir et jeta un regard au petit oisillon qu'était devenu son phénix avant de s'installer derrière son bureau.
- Je ne suis pas coupable, Monsieur, commença Mary. Je parle peut –être Fourchelangue, mais je n'ai pas ouvert la Chambre !
- Je le sais. Ne t'inquiète pas. Mais c'est bien le fait que tu parles Fourchelangue qui m'a amené à te convoquer.
- Monsieur ?
- La chambre est censée contenir quelque chose que seul Serpentards et ses héritiers et lui pourraient contrôler. Je suppose donc que le monstre de Serpentard doit parler Fouchelangue. Je voulais savoir si tu avais entendu quoi que ce soit qui nous aurait échappé.
Mary fixa ses doigts entrelacés. Devait –elle lui dire ? Lui parler de cette voix glacée comme un venin qu'elle avait entendu à deux reprises et qui prononçaient des paroles si violentes ? N'allait –il pas profiter de cette confidence pour l'accuser ? Et s'il cherchait juste un prétexte pour la déclarer coupable ? D'un autre côté qui mieux que le directeur pourrait ramener le calme sur Poudlard ? Elle n'avait pas le droit d'ignorer l'aide qu'il demandait.
- Il y a une voix, chuchota t –elle sans savoir si elle voulait qu'il l'entende ou pas. La chose se balade dans le château : je l'ai entendue. Je n'ai pas réussi à la trouver. Elle se déplace trop vite. Mais c'est gros. Très gros comme animal.
- Que dit cette chose ? s'enquit le vieux sorcier l'air soudainement beaucoup plus sérieux.
- Des mots violents. Elle veut tuer, Professeur. Ce n'est qu'une question de temps avant que ça n'arrive.
Elle regarda le directeur se renfrogner et elle put presque voir les rouages de son cerveau se mettre à tourner à pleine vitesse. Finalement, il lui adressa un petit sourire perdu dans son immense barbe blanche.
- Merci pour ta confiance, Mary. Je vais tâcher de voir ce qui peut –être fait. Si tu entends encore cette voix, n'hésite pas à en parler à un Professeur. Je vais les informer de la situation.
- Oui, Monsieur.
- Alors il me semble qu'il ne me reste plus qu'à te souhaiter de passer de bonnes vacances de Noël.
Car oui, les vacances arrivaient à la fin de la semaine. Mary tenta de faire inviter successivement Jonathan, les Weasley, William et Emeli au Phare, mais elle se heurta au refus catégorique de sa mère. Elle avait sans doute eu trop de chance jusque là avec ses invitations qui avaient toujours eu une réponse favorable. Il ne fallait pas qu'elle oublie que sa mère n'aimait pas avoir des gens chez elle.
Elle n'était néanmoins pas fâchée de quitter l'école. Et après la double agression de Justin Finch-Fletchley et de Nick-Quasi-Sans-Tête, elle n'était pas la seule dans ce cas là. Ce qui était parfaitement compréhensible : il fallait avoir peur face à une Créature capable de faire du mal à un fantôme. Il était déjà mort alors comment pouvait –il être encore plus mal ?
Les seuls qui prenaient cette histoire à la légère était les jumeaux Weasley. Ils avaient été mis au courant pour les Gryffondors qui avaient tentés de s'en prendre à Mary, sans doute via Jonathan, et ils avaient décidé de détendre l'atmosphère à leur manière. La rousse s'était donc un jour retrouvée entourée par deux jumeaux qui la supplièrent à grand bruit, que sa prochaine victime soit Rogue. Ils allèrent jusqu'à l'escorter dans les couloirs en écartant la foule, tout en clamant "Faîtes place à l'Héritière de Serpentard ! Elle est à Serdaigle, mais ce n'est qu'un détail : on a toujours dit que le Choixpeau devenait sénile avec l'âge ! Attention, si vous lui marchez sur les pieds elle vous transformera en brochettes ! ".
Le trimestre se termina enfin et les Serdaigles de deuxième année fêtèrent ça en coopérant pour faire un énorme bonhomme de neige que leurs aînés se firent un plaisir d'ensorceler pour qu'il se déplace en chancelant. Il faillit coller une crise cardiaque au Professeur Sinistra qui aidait le Professeur McGonagall et Rusard à vérifier que personne n'essayait de frauder et de partir alors qu'il n'en avait pas le droit.
Mary tapota le museau du sombral qui tirait la calèche dans laquelle elle allait embarquer et rejoignit le train avec un certain soulagement. Elle allait beaucoup mieux dormir chez elle, là où il n'y avait pas de monstre qui pétrifiait tout le monde.
A suivre...
