Merci à tous ceux qui suivent cette fan-fiction !

Merci à ma bêta, Ljioze ;) !

Disclaimer : Harry Potter de J.K Rowling, et Rebuilt de Terrific Lunacy. Cette fan-fiction n'est qu'une traduction.

Et évidemment, si fautes il y a, de les signaler tu as le droit !

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Chapitre 14

Minuit les trouva dans leur chambre habituelle à l'auberge, tous deux respirant lourdement après un autre round d'une poursuite acharnée.

Au début tout s'était relativement bien passé. La journée avait été mauvaise pour chacun d'eux, aussi Harry s'était-il résolu à bien se conduire. Il avait raconté à Riddle ses propres souvenirs de l'incendie, et comment Snape l'avait reconnu puis rencontré dans son magasin. Il avait avoué que Snape lui avait tout dit de son passé, puis admit qu'il n'en avait pas informé Riddle. Il avait raconté l'histoire de Severus, excepté le passage où il avait couru voir Dumbledore.

Ce n'était pas purement par désir de protéger Snape. Harry était plutôt certain que maintenant qu'il avait tué Dumbledore, il était clair qu'il n'avait jamais eu l'intention de l'aider.

Le problème était la raison pour laquelle Snape s'était ainsi emporté face à Dumbledore. L'attachement du quasi-toujours-stoïque Lord Voldemort envers sa mère était évident. Lui révéler ce que le père d'Harry avait fait avec elle était juste… suicidaire. Bien qu'elle ait plus que sûrement été consentante, parler d'elle comme d'une femme désespérée qui couche avec des hommes mariés ferait décapiter Harry avant qu'il ne puisse cligner des yeux.

Donc il ne l'avait juste… pas mentionné, mais à part ça il lui avait tout raconté avec honnêteté.

Voldemort l'avait écouté assidûment, ne l'interrompant que pour demander plus de précisions. Il avait été furieux d'apprendre que Snape savait pour Dumbledore depuis tout ce temps sans avoir jamais rien dit à son lord.

Hormis ce léger accès de colère, la conversation s'était révélée étonnamment civilisée.

Jusqu'à ce que Riddle redevienne le bâtard suffisant qu'il était. On aurait dit que chaque fois qu'Harry se trouvait coincé dans la même pièce que lui, une période de calme très limitée leur était allouée. La tension montait, encore et encore, jusqu'à ce que l'un d'eux craque et laisse échapper l'étincelle qui déclenchait une explosion de rage chez l'autre.

Après qu'Harry avait perdu son sang-froid, il se rasseyait dans son fauteuil, l'air renfrogné, les deux hommes boudant silencieusement avant de finalement reprendre leur conversation.

Quand Riddle perdait son calme en revanche… la seule option d'Harry était de courir autour des deux fauteuils, jusqu'à ce que le lord abandonne ses envies de meurtre par strangulation.

Malheureusement, Voldemort s'emportait plus rapidement qu'Harry. Ce qui impliquait moins de bouderies, et plus de fuites.

Présentement, ils étaient de nouveau assis, prêts à avoir quelques minutes de conversation courtoise.

« Snape m'a dit que vous m'aviez tous cherché après l'incendie, amorça Harry.

— Nous l'avons fait. Quoiqu'en y repensant aujourd'hui, seul l'un d'entre nous essayait vraiment de te sauver.

Ce qui signifiait que Dumbledore et Riddle ne l'avaient cherché que pour se débarrasser de lui une bonne fois pour toute. Quel bébé chanceux.

— Au moins nous savons que Dumbledore n'avait rien à voir dans ma survie. Il devait y avoir quelqu'un d'autre qui ne voulait pas le voir réussir.

Riddle vida son verre d'un trait. Siroter n'était plus d'actualité depuis longtemps.

— Nous pourrions ne jamais savoir comment tu t'en es sorti. Au final, je ne crois pas que ça ait tant d'importance. Peu importe qui t'a aidé pendant tes premières années, il t'a visiblement abandonné avant que tu ne puisses te souvenir de lui.

— Peut-être qu'il ou elle est mort au cours des premières années de chaos ? tenta Harry.

Riddle ricana malicieusement.

— Quoi ? fit Harry en fronçant les sourcils.

— Il est plus probable qu'il l'ait fait intentionnellement. Tu l'as probablement agacé jusqu'à le pousser à bout.

Eeeet, les voilà repartis.

— Snape m'a dit que j'étais un bébé incroyablement calme, protesta Harry.

— Il ne t'a jamais vu t'ennuyer, expliqua Riddle, amusé. Mon Dieu, comme tu hurlais. J'aurais juré que tu avais deux paires de poumons.

Harry rougit, mortifié.

— Tu aurais dû mieux me divertir alors, marmonna-t-il.

Deux yeux rouges luirent d'une gaieté funeste.

— Oh, je suis désolé de ne pas être assez divertissant Harry.

Harry sentit instantanément le changement d'atmosphère.

— Euh… non, je ne-... »

Riddle se leva dans un geste fluide. Ce mouvement brusque surprit Harry et le fit sursauter, ce qui lui valut de trébucher gauchement sur son fauteuil. Ce dernier était trop lourd pour se renverser, et Harry s'étala sur le dos, la tête lui tournant après sa chute et un surplus d'adrénaline.

Le visage de Riddle apparut depuis l'autre côté du fauteuil et lui sourit avec mépris.

« Ah oui, tu as toujours préféré t'allonger sur le dos.

— Pardon ?!

Harry s'assit rapidement et frotta son dos endolori, tout en en fusillant Riddle du regard.

— Tu rampais bizarrement. Tu préférais t'asseoir et utiliser tes jambes pour glisser de long en large sur les fesses. Je me souviens d'une fois où tu n'avançais pas vraiment, mais où tu tournais sur toi-même, croyant que tu bougeais parce que la pièce changeait autour de toi. J'ai essayé de t'apprendre, mais tu refusais catégoriquement de te mettre à genoux. Riddle marqua une pause, puis arbora un grand sourire. C'est très… révélateur.

Mon Dieu, c'était pire que de se faire étrangler. Écouter Riddle lui raconter comment il se comportait bébé, analysant des actes dont Harry lui-même ne pouvait pas se rappeler, était une torture à l'état pur. Il voulait toujours en savoir plus, mais en même temps il avait le sentiment que les tréfonds de son âme se retrouvaient exposés aux yeux de ce type.

— Et alors quoi ? Ça n'a pas l'air trop pénible, maugréa Harry.

Les sourcils de Riddle s'arquèrent, sceptiques.

— Ne me lance surtout pas sur tes habitudes alimentaires.

Frustré, Harry cacha sa tête dans ses mains. Il se frotta furieusement les yeux pour évacuer la fatigue. Il était tellement fatigué qu'il aurait pu s'endormir debout si Lord Voldemort n'avait pas été là.

— Arrête ça maintenant ! Tu devais me surveiller, j'ai compris. Qu'est-ce que tu veux, Riddle ? Des remerciements larmoyants ?

Riddle souffla, agacé, et se rassit.

— Je te préférais quand tu ne savais pas parler.

Énervé, Harry se leva d'un bond. Du calme Harry, du calme.

— Oh, donc tu veux que je joue les muets ? Ou m'as-tu laissé rejoindre ton clan pour que je me promène sur les fesses ?

Riddle lui jeta un regard très, très étrange. Un regard qui informa instantanément Harry qu'il venait de dire quelque chose qu'il ne fallait pas. Riddle n'avait pas l'air sur le point de craquer pourtant. C'était plutôt comme s'il était vaguement choqué, mais qu'en même temps il se retenait d'éclater de rire.

— Hmm… qui sait ? Quoique le sol ne soit plus assez bien pour toi…

— Quo- oh oublie ça. »

Harry se laissa tomber dans son fauteuil et commença à se masser les tempes. Soit le lord était timbré, soit Harry avait loupé une partie cruciale de ses phrases. Probablement les deux.

Une fois encore, ils étaient assis face à face, attendant que l'un d'eux reprenne la conversation.

« Donc…, commença Riddle après plusieurs minutes de silence.

Harry lui jeta un regard d'avertissement. S'il continuait à parler de son enfance, Harry décréta qu'il claquerait la porte sur le champ avant d'attaquer le bâtard qui était désormais son lord. Comment en étaient-ils arrivé là d'ailleurs ?

— Tu as dit avoir besoin de Snape, lui rappela Riddle au bout d'un moment.

Harry s'autorisa à se calmer un peu.

— Oui, il m'a dit qu'il avait encore des échantillons des pilules que Dumble-... ou plutôt que mon père m'a faites manger. Apparemment, Snape était un pharmacien assez célèbre avant le chaos. Si quelqu'un peut m'aider à découvrir précisément ce qui ne va pas avec mon cerveau, c'est lui.

Riddle joignit les mains sous son menton et regarda Harry, songeur.

— Et après ?

— Huh ?

— Que comptes-tu faire une fois que tu connaîtras les ingrédients exacts du mélange ?

— Je-..., commença Harry, mais il s'arrêta.

Maintenant qu'il y réfléchissait, il n'était même pas sûr que ce savoir lui soit d'une quelconque utilité.

— Eh bien je… je pourrais être en mesure de créer quelque chose qui fasse cesser mes black-out. Je ne m'évanouirai plus d'un coup et pendant plusieurs jours parce que j'aurais été absorbé par un problème.

— Qu'en sera-t-il de ton exceptionnelle intelligence ?

Harry renifla. Comptez sur Riddle pour ne s'inquiéter que de ce qu'il pourrait perdre si Harry réussissait à "guérir" son petit souci.

Ses pensées avaient dû s'afficher clairement sur son visage. Ça ou Riddle pouvait lire dans son esprit.

— Je ne pense pas seulement aux conséquences que cela aurait sur mon clan. Crois-le ou non, mais je me préoccupe de ton bien-être.

— Comme c'est… flatteur. Et ce sont exactement les mots qu'on attendrait d'un bon lord, railla Harry.

Riddle fronça les sourcils.

— Tu t'es reposé sur ton intelligence toute ta vie, tu ne peux pas me dire que sa perte soudaine n'affecterait pas considérablement ta manière de vivre.

— Je doute fortement de pouvoir l'activer et l'interrompre comme ça. Peu importe ce qu'il y avait dans ces cachetons, ça a modifié mon cerveau de manière permanente. Je ne prends plus ces pilules, je n'en ai pas avalées depuis mes un an. Si les substances utilisées avaient été nécessaires pour me rendre plus malin, j'aurais été obligé de les prendre tous les jours. Puisque ce n'est pas le cas, ça veut dire qu'elles avaient une sorte d'effet continu.

D'un seul coup, Riddle éclata de rire. Ce n'était pas son habituel gloussement, ni son sourire suffisant, c'était un vrai, un honnête éclat de rire. Et Harry en fut plus choqué que jamais.

— Qu'est-ce qu'il y a maintenant ? demanda-t-il prudemment.

— Rien. J'ai juste pensé à mes partisans. J'ai remué le pays à la recherche des meilleurs dans leur domaine, mais pour une raison ou une autre, ils sont tous plus qu'un peu fêlés. Un gamin de la génération-perdue avec un cerveau trafiqué ? Tu te fondras parfaitement dans le clan.

— Oh, merveilleux, moi qui avait peur de ne pas être le bienvenu dans ta famille de cas sociaux, répliqua sèchement Harry.

Pour être honnête, il était un peu surpris que Riddle appelle les membres de son clan « partisans » et non « sujets » ou quelque chose du genre.

Riddle haussa les épaules, ignorant complètement le sarcasme d'Harry.

— Normalement, nous devrions rentrer au QG pour que tu puisses… t'y mettre à l'aise pour ainsi dire. Mais je crains que le bal de Scrimgeour ne rende ça impossible.

— Um, tu crois que ce serait judicieux pour moi d'apparaître là-bas ? La dernière fois que j'ai vérifié, l'hôte lui-même me voulait mort…

— Nous ne pouvons pas ignorer une invitation comme celle-ci. Ce n'est pas juste Scrimgeour, beaucoup de lords influents seront là. L'expérience que tu as des lords se limite à Londres. Dumbledore était le seul lord ici à mériter d'être considéré comme puissant. Ça te fera du bien de rencontrer les lords importants de Grande-Bretagne.

Harry plissa les yeux.

— Pour quoi faire ? Je veux dire, c'est toi qui va devoir traiter avec eux, pas vrai ?

— Nous verrons…

Ce type avait vraiment besoin d'arrêter d'insinuer les choses au lieu de les dire clairement. Harry se demanda s'il existait ne serait-ce qu'une personne qui puisse avoir une conversation normale et fluide avec Riddle.

— Donc nous nous rendons directement au bal et c'est seulement après que nous retournerons à votre QG ?

Notre QG gamin, réprimanda Riddle.

— Bien sûr, répondit abruptement Harry.

Ça ne faisait même pas une journée, Riddle devait vraiment lui donner plus de temps pour s'adapter.

— Oui, nous devons nous y rendre directement, sinon nous n'y serons jamais à temps. Si nous partions à la fin de la semaine, nous pourrions quand même être dans les temps, mais nous devrions voyager sans beaucoup dormir. À présent que tout est arrangé, nous pourrons partir d'ici un ou deux jours, et nous déplacer à un rythme plus confortable.

— Comment on y va d'ailleurs ? Je doute qu'on y aille à pieds. Vous avez des chevaux ?

Riddle sourit de façon inquiétante.

— Bien mieux. Je suis certain que tu seras exalté quand tu le verras. »

Harry ne fit que lever un sourcil, et ne dit rien. Si Riddle ne voulait pas lui dire, il ne dirait rien. C'était aussi simple que ça.

Le jeune homme bailla éhontément et fut récompensé par un regard indigné de Riddle.

« Je suppose que ma compagnie n'est toujours pas assez divertissante ?

Harry rit doucement face à son ton offensé.

— Ça ne t'a vraiment pas plu hein ? Je suis fatigué, c'est tout. Ça doit avoir un lien avec le fait de renverser les lords les uns après les autres je suppose.

Riddle se leva.

— Bien, dors. Nous continuerons demain.

Harry ne put réprimer un gémissement devant cette perspective.

Riddle eut un petit rire narquois et malsain.

— Je ne t'ai même pas raconté comment tu refusais de porter des vêtements quand tu étais-...

— Va te faire ! hurla Harry, et il se leva à son tour.

Il attrapa son sac avant de fuir littéralement la pièce.

— Je te souhaite une bonne nuit Harry, appela une voix amusée. »

Cette nuit là, Harry dormit dans la chambre la plus éloignée de celle de Voldemort.

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Il émergea alors que le soleil avait déjà passé son zénith.

C'était étrange de se réveiller autre part que dans son magasin. Il fut un temps où il dormait à un endroit différent chaque soir, souvent à la belle étoile. Mais depuis qu'il avait mis les pieds à Londres, il s'était toujours réveillé chez lui. Il ne s'était pas attendu à se sentir aussi sentimental à ce propos. L'avant de la boutique était détruit de toute façon, il aurait été obligé de déménager même s'il n'avait pas rallié Voldemort.

Harry se leva et s'habilla. Il avait revêtu ses vieux vêtements, ils étaient plus confortables et emmerderaient Riddle.

Et maintenant quoi ? Il avait "démissionné" pour ainsi dire, et désormais il ne savait pas vraiment quoi faire de sa journée. Qu'il n'ait pas franchement hâte de revoir Riddle n'aidait pas non plus. À présent qu'ils vivaient sous le même toit, et qu'ils allaient continuer à le faire dans le futur, Harry ne pouvait plus l'éviter aussi facilement.

Son estomac gargouilla et il soupira. Ce qui l'effrayait, c'était les gens qu'il pourrait croiser hors de sa chambre. Néanmoins, il sortit et descendit courageusement les escaliers.

Il avait espéré rencontrer Snape en bas, quelqu'un qu'il connaissait et pourrait saluer sans se sentir embarrassé. Mais Snape était un homme intelligent, et les hommes intelligents ne se montraient pas après avoir énervé Lord Voldemort.

« Arrête-toi voleur ! grinça Bellatrix.

Harry dû réprimer un râle d'agonie. Seigneur, allait-il avoir affaire à elle tous les jours ?

— Moi ? demanda-t-il, essayant de garder son irritation pour lui et d'avoir l'air innocent. Non pas qu'il avait la moindre idée de ce dont elle parlait.

— Oui, toi, sale gosse !

Elle s'approcha et pointa un doigt accusateur sur le torse d'Harry. Pourtant, ses paroles manquaient de hargne. Harry réalisa que son attitude différait de celle de leur première rencontre. Elle restait agressive, mais était bien plus taquine.

— Je n'ai rien volé, protesta mollement Harry.

— Il a volé mon chocolat, père !

Harry se tourna vers la droite en entendant cette voix haut perchée, et ne vit pas une, mais trois têtes blondes assises à une table.

— Non, je ne l'ai pas volé. Ils ont fait sauter ma maison avant que je puisse t'en donner. En plus, je n'avais pas de chocolat de toute manière.

— Vous voyez ? Il ne le nie même pas ! poursuivit Draco.

Harry se calma en se disant que Draco se servait d'une logique enfantine. Enfin, s'il y avait une quelconque logique à ses pensées évidemment. Quant à Bellatrix… bah, c'était une autre histoire.

— Je sais ce que tu es en train de faire, espèce de rat gluant ! Tu nous voles notre lord ! Tu le gardes pour toi toutes les nuits maintenant, huh ?

— Je n'ai p-... certainement pas ! bredouilla Harry.

Bellatrix ricanna frénétiquement. Elle s'accroupit près de Draco.

— Tu vois Draco, si deux personnes passent la nuit ensemble derrière une porte close, elles-...

— Bella, je t'en prie ! l'interrompit violemment Lucius, et il hissa Draco sur la chaise voisine de la sienne.

— Il faudra qu'il l'apprenne un jour mon cher Lucius, railla Bellatrix.

Harry avait saisi cette opportunité pour s'éloigner d'elle et s'asseoir au bar.

— Aide-moi, gémit-il désespérément devant le vieux Tom.

Le barman étira un large sourire édenté.

— Tu vas avoir besoin de beaucoup d'énergie pour suivre ce clan Harry.

Ce dernier laissa sa tête s'écraser sur le comptoir dans un "bang".

— J'ai de la soupe et une tranche de pain dur pour toi, si ça peut aider ?

— Tu me sauves la vie, sourit Harry, son estomac gargouillant au même moment.

— Ne fuis pas, voleur !

Bellatrix l'attaqua par derrière, et par réflexe, Harry planta son coude dans le corps de son assaillante.

Elle laissa échapper un râle et le lâcha instantanément.

— Euh… désolé, je ne voulais p-...

Il ne put jamais finir sa phrase, un coup de pied très disgracieux l'avait balayé de sa chaise.

— Le sale gosse sait se battre on dirait. Très bons réflexes mon cher, mais tu es plein d'ouvertures.

Bellatrix sourit et se balança, excitée, d'un pied sur l'autre.

— Aller, approche donc petit Harry, ou as-tu peur d'être blessé ?

Harry émit un grognement inintelligible et frotta son coude.

— Effectivement, j'ai peur d'être blessé. Le corps à corps n'est pas vraiment mon fort.

— Oh ne t'inquiètes pas, c'est le mien ! Je peux t'apprendre !

Comme pour prouver ses dires, elle abattit son poing sur le comptoir, juste là où reposait la tête d'Harry une seconde auparavant. Ce dernier avait heureusement vu venir l'assaut et s'était accroupi pour l'éviter.

— Je vois que tu t'es fait des amis, lui parvint une douce voix depuis la porte de l'auberge.

— Remus ! s'exclama Harry, soulagé.

Il s'éloigna rapidement de Bellatrix et offrit un grand sourire à son ami.

— Oh, je veux dire, Lord Lupin, moqua-t-il, et il s'inclina ridiculement bas.

Son ami grogna.

— S'il-te-plaît, arrête ! Sirius suffit à me rendre dingue.

— Je ne t'ai pas vu accorder le moindre respect à notre lord, accusa Bellatrix en détaillant le nouveau lord de bas en haut. Alors même qu'il nous l'a volé voyez-vous, murmura-t-elle à Remus d'un air conspirateur.

— Oh ? fit Remus, à la fois confus et légèrement amusé.

— Oui, il l'a enfermé toute la nuit.

— Je vois, sourit largement Remus.

— Remus ! Ne pense même pas à écouter cette sorcière ! s'exclama Harry, indigné.

— Aww notre petit Harry n'aime pas tata Bella.

Remus se mit à rire.

— Avant que je ne vous laisse à vos affaires, l'un d'entre vous aurait-il l'amabilité de m'indiquer la direction de notre estimé Lord Voldemort ?

— Estimé en effet, renifla Harry.

— Viens ici, je vais corriger tes manières sale gamin ! l'avertit Bellatrix, et elle serra les poings une nouvelle fois. »

Harry fit rapidement un large pas de côté et se cacha derrière Remus, qui levait les mains en un geste d'apaisement.

Avant que Bellatrix ne puisse porter son attaque, ils furent interrompu par la voix suave de Lord Voldemort.

« Bella, cesse de l'embêter. Lord Lupin ! Par ici je vous prie. Harry… Va manger quelque chose, j'ai entendu ton estomac depuis le second étage. »

Bellatrix s'inclina et recula immédiatement, tandis qu'Harry levait les yeux au ciel et adressait à Remus un regard qui disait « tu vois ce que je dois supporter ? ».

Son ami se contenta de lui sourire et se dirigea vers les escaliers.

Harry commençait à suspecter Riddle de ne lui ordonner que des choses qu'il aurait faites de tout façon, juste pour donner l'impression qu'il faisait ce qu'on lui avait demandé. Ce bâtard sournois.

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Les quelques jours qui suivirent, Harry fut occupé à ne rien faire. Remus et Sirius passèrent discuter de divers problèmes ennuyeux avec Voldemort. Fudge aussi se montra plusieurs fois, et Harry fut heureux de noter qu'aucun de ses deux amis n'avait adopté une expression de faiblesse telle que celle affichée par Fudge en présence de Lord Voldemort.

Ces trois là tenaient Riddle plutôt occupé, permettant à Harry de l'éviter la plupart du temps. Jusqu'à ce matin, où Harry ouvrit les yeux pour se retrouver à fixer directement deux orbes rouges.

« Aaah ! cria-t-il, choqué, et sa tête heurta immédiatement celle de Riddle.

Tous deux sifflèrent face à la douleur lancinante.

— Oh mon Dieu, t'es sérieux ?! fit Harry à travers ses dents serrées.

— Tu peux m'appeler « monseigneur », répliqua Riddle d'un air pince-sans-rire en massant son front.

— Très drôle Riddle. Bordel, qu'est-ce que tu fais là ?

— Je te réveille. Lève-toi Harry.

Harry retrouva son calme instantanément.

— On s'en va ?

— Habille-toi et prépare tes affaires. Tu as une heure pour aller chez toi et rapporter tout ce dont tu as besoin. »

Harry se rua hors du lit. Un étrange mélange de chagrin et d'excitation courait dans ses veines.

Revoir sa maison fut moins émouvant qu'attendu. Apparemment, sa courte période sentimentale était déjà finie. Ce n'était pas tellement surprenant. Dans ce monde, plus vite l'on s'adaptait, plus longtemps l'on vivait.

Le seul vrai regret qu'il avait était de laisser ses amis derrière lui. Ils allaient lui manquer, énormément, et il doutait de trouver un jour une personne en qui il pourrait avoir autant confiance.

Ils lui avaient promis de venir le voir partir, mais Harry s'inquiétait qu'ils puissent ne pas savoir qu'il s'en allait aujourd'hui. Son inquiétude devait encore être clairement lisible sur son visage une heure après, parce que Riddle la remarqua immédiatement.

« Arrête de t'en faire, ils sont au courant.

— Où sont-ils tous passés ? demanda Harry, évasif, il ne voulait pas que Riddle voit à quel point quitter ses amis l'affectait.

— Ils sont partis devant. À présent, si nous y allions ?

Riddle n'attendit pas de réponse et se mit en marche sans vérifier qu'Harry le suivait. Ce dernier, hésitant, finit par l'accompagner.

— Où allons-nous ? demanda-t-il, passablement étonné quand ils continuèrent à marcher même après avoir atteint les limites de la ville.

— Ne sois pas si impatient gamin, répondit Riddle.

Harry lui jeta un regard suspicieux. L'humeur de ce type était bien trop bonne.

Riddle s'arrêta brusquement, et Harry faillit lui rentrer dedans.

— Que-...

— Ferme les yeux, ordonna vivement Riddle.

— Huh ? Pourquoi ?

— Parce que je te le dis.

Harry renifla, mais décida de divertir le lord et ferma doucement les yeux.

Il sentit la pression de la main de Riddle dans son dos et se laissa conduire jusqu'au bout de la rue. Il se dit que ce genre de facétie était plutôt ridicule.

— Qu'est-ce que tu es, un enfan-...

— Ouvre les. »

Harry soupira, ouvrit les yeux. Et se figea. Plusieurs secondes durant, il ne fit que regarder droit devant lui d'un air ahuri. Il était vaguement conscient que Riddle le fixait attentivement.

« Tu te fous de moi, dit-il finalement, essayant de regarder, bouche bée, à la fois Riddle et ce qui se tenait plusieurs mètres en face de lui.

C'était un train. Un train ! Pas des chevaux ou une calèche, non, un putain de train. Il avait l'air aussi vieux qu'il l'était, pourtant il n'était pas couvert de boue ou de rouille comme les wagons solitaires qu'Harry avait pu voir, abandonnés au milieu des arbres et des buissons. Non, celui-là avait trois voitures, et son moteur fumait. Harry avait l'impression de regarder, à travers une fenêtre, une époque depuis longtemps oubliée.

— Mais… Comment… Pourquoi, par tous les saints tu… ? Harry était sincèrement sans voix.

— Pourquoi ? C'est de loin le moyen de transport le plus confortable. Il est bien plus robuste que ces calèches branlantes, et il nous protège efficacement du mauvais temps. On peut même chauffer l'intérieur quand il fait froid. En plus, tout ce que nous avons eu à faire a été de nettoyer les voitures. Tous les rails qui couvrent le pays sont pour la plupart intacts. Nous avons dû couper un ou deux arbres, mais sinon nous nous déplaçons bien plus vite qu'avec des chevaux.

Riddle le regarda.

— Je me suis dit que tu aimerais. »

Il avait l'air ravi.

S'il aimait ? Harry adorait ! Les machines, l'acier et la vapeur, c'était son monde. De plus, il avait lu à quel point un train pouvait être rapide. Simplement s'asseoir à l'intérieur et regarder les paysages défiler semblait une idée sortie d'un rêve.

« Je te l'avais dit Sirius, il a fait le bon choix après tout. Tu as vu sa tête ?

Harry sortit de sa rêverie et fit volte-face. Derrière lui se tenaient Remus et Sirius, souriant tous deux largement, mais avec une pointe de tristesse dans les yeux.

Il ouvrit la bouche pour parler, pour appeler leur nom, mais rien ne vint. Au lieu de ça, son corps bougea de lui-même, d'une manière qui ne lui correspondait définitivement pas. Il les embrassa tous les deux dans une même étreinte et refusa de les laisser partir.

— Ouff, gamin, tu nous achèves là ! Quand est-ce que t'es devenu si fort hein ? moqua Sirius de bon coeur.

Harry, gêné, recula et se frotta le nez pour cacher son embarras.

— Je déteste interrompre vos adieux larmoyants, mais si tu ne montes pas je te ferai courir pendant les premiers kilomètres, dit Riddle depuis l'intérieur du train.

— Uhm, ouais… Je suppose que je m'en vais vers de nouvelles aventures et toute cette merde, plaisanta nerveusement Harry.

— Viens nous voir aussi vite que possible Harry, tu seras toujours le bienvenu ici, sourit chaleureusement Remus.

— Montre à ces lords de quoi tu te chauffes ! ajouta Sirius.

— Vous allez me manquer, avoua Harry.

— Aww, regarde Remus, nous lui avons appris les émotions finalement ! Sirius essuya une larme imaginaire. Ils grandissent si vite.

— Harry Potter ! avertit Riddle.

— Aller, vas-y, l'encouragea Remus.

Quand il vit qu'Harry ne bougeait toujours pas, il fit un geste dédaigneux.

— Allez, va-t'en !

Harry se détourna doucement d'eux et se dirigea vers la porte, où Riddle l'attendait. Il jeta un oeil derrière lui. Ses amis s'écartaient du petit train, mais semblaient déterminés à rester jusqu'à ce que le clan parte pour de bon.

— Enfin fini ? railla Riddle, bien qu'il n'y ait aucune véritable malice dans ses mots.

Harry l'ignora.

— Où est-ce que je… ?

Il laissa sa phrase en suspens, ne sachant pas comment formuler sa question.

Riddle indiqua la direction en face de lui.

— Deux hommes doivent constamment s'occuper du moteur, la première cabine est celle où tout le monde dort et mange. La cabine centrale est utilisée comme aire de stockage, et la dernière…, il marqua une pause, …est la nôtre.

— Pardon, quoi ?! réagit brutalement Harry, stupéfait. »

Riddle se contenta d'un rictus narquois et disparut à l'intérieur.

L'excitation qu'Harry avait ressentie en voyant le train fut instantanément remplacée par une froide, une épouvantable terreur.

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21 / 05 / 2019