Ce chapitre est thématique : les persos y fêtent aussi la Saint Valentin. Ce n'était absolument pas prémédité, mais le hasard a bien fait les choses !

Bonne lecture ^^


Une embuscade

Mardi 13 février 1979 : chez Remus

Ça commence à devenir une habitude pour moi de prendre mon petit déjeuné chez les Lupin les lendemains de pleine lune. Ses parents sont gentils. Ils ont l'air crevés. Je ne pense pas qu'ils aient dormi plus que moi cette nuit.

Abordons tout de suite le sujet qui fâche : ma transformation. Elle n'a pas eu lieu. Je suis restée éveillée toute la nuit dans la Cabane Hurlante. Mais il n'y a rien eu. Pas le plus petit début de transformation. Je n'ai pas été contaminée. Je suis extrêmement soulagée. Plus que ça même. Je n'ai rien contre les loups – garous, mais ce n'est pas pour autant que j'aimerais en être un.

Je suis actuellement assise au bureau de Remus, attendant qu'il se réveille. Et une question me taraude.

Remus a raison quand il dit que j'ai prélevé son sang parce que je pense que j'y trouverais quelque chose désignant son propriétaire comme étant un loup – garou, contrairement à un sang d'un humain non contaminé. Mais en suivant cette logique, j'aurais dû être contaminée aussi puisque son sang est entré en contact avec mes plaies…

Est-ce que je fais fausse route depuis le début et que ça n'a rien à voir ? Ou est ce qu'au contraire c'est vrai et que la morsure de vampire a affecté la transmission du virus ? Il faut dit que j'ai vécu ça dans des conditions particulières. Je ne pense pas que je puisse déduire quoi que ce soit de ma propre expérience. La seule solution que je vois pour savoir, c'est d'interroger d'autres loups – garous. Ont –ils tous été contaminés par morsure ? Y a t -il eu des contamination plus atypiques ?

Par contre ça me pose un sacré problème. Tu me vois débarquer chez quelqu'un en disant "salut, je sais que t'es un loup – garou, comment ça t'es arrivé ? ". Non mais sérieusement, c'est un coup à me prendre un sort en pleine tête. Et les loups – garous ça ne se trouve pas à chaque coin de rue non plus. De toute façon, la morsure doit être le vecteur dans 99,99% des cas. Trouver une exception me prendra sans doute des années…

Ça me rend folle ! A chaque fois que je trouve une piste ou quelque chose, il y a autre chose qui me barre le chemin ! Pas étonnant que personne n'ai jamais rien trouvé (en passant outre le fait que ça intéresse peu de monde).

Par Merlin ! Je viens de réaliser en me relisant que demain c'est la St Valentin ! J'avais complètement oublié ! Qu'est ce que je vais faire ? Je suis censée offrir quelque chose à Sirius, non ? Ça y est, je suis en pleine panique. C'est la première fois que je suis en couple à la St Valentin en même temps.

Il faut j'en parle a quelqu'un qui pourra me répondre, parce que tu ne m'aides pas vraiment Journal. Pourquoi Remus met – il autant de temps à se réveiller, nom d'une gargouille ?

*Chez les parents de Gregory*

Remus a vraiment été soulagé quand je lui ai dit qu'il ne m'avait pas contaminée. Tu m'étonnes. Vu le soulagement que moi j'ai ressenti, je peux tout à fait le comprendre. En revanche quand je lui ai parlé de mon problème de St Valentin, il m'a ri au nez ce malotru ! Pour une raison obscure, ça a eu l'air de beaucoup l'amuser. Ça n'a rien de drôle ! C'est catastrophique, même !

Pourquoi est ce qu'un livre intitulé "1001 astuces pour réussir vos relations amoureuses", n'existe pas hein ? Je serais la première à l'acheter.

*Toujours chez les parents de Gregory*

Bon, problème partiellement résolu. Elisabeth aussi a trouvé ça drôle quand j'ai fini par me résoudre à lui avouer mon problème. Au final, je vais me contenter de chocolat. J'ai déniché un livre de cuisine sorcier. Mes premiers chocolats étaient moches, même s'ils sont excellents. Avec un peu d'entraînement, je vais réussir à leur donner les formes que je veux.

On pourra m'accuser de ne pas avoir fait dans l'originalité, mais au moins je l'aurais fait moi-même. C'est déjà ça. Ça se voit que j'essaye de me rassurer toute seule ?

Mercredi 14 février 1979 : chez Gregory

J'ai vaguement pensé que je pourrais envoyer les chocolats à Sirius. Mais ça aurait fait un peu lâche, je trouve. Et vu qu'il ne sait pas où j'habite, c'est à moi de me déplacer jusque chez lui.

Je jure que s'il a oublié que c'est la Saint Valentin aujourd'hui, je le massacre. Il n'a pas besoin de savoir que ça a presque été mon cas.

*Chez Sirius*

Il n'avait pas oublié. Au contraire, il m'attendait de pied ferme. Il a attrapé ma boite de chocolat, l'a posée sur le meuble de l'entrée, avant de ressortir aussi sec et de transplaner avec moi. Interloquée, j'allais l'engueuler (il aurait pu au moins me remercier !), mais Lily et James sont arrivés. J'ai donc refermé la bouche, mais vu le regard qu'il m'a lancé, je sais qu'il sait qu'il a failli se faire engueuler.

- Salut ! s'est exclamée Lily. Vous êtes prêts ?

- Prêt pour quoi ? ai – je demandé en fronçant les sourcils.

- Sirius ne t'a rien dit ? a demandé James, l'air sincèrement étonné.

- Non.

- Allons – y, est intervenu le concerné, avant qu'on ne soit obligés de faire la queue pendant des heures.

J'ai jeté un regard intrigué à James et Lily qui se sont contentés de hausser les épaules, aussi désemparés que moi. Je n'ai cependant pas tarder à comprendre pourquoi ce sale cabot pouilleux ne m'a rien dit. Nous étions devant un parc d'attraction moldu, c'est Lily qui m'a dit que ça s'appelait comme ça. Apparemment, c'était une grande première pour James et Sirius aussi.

Il n'empêche qu'ils m'ont emmenée dans un endroit où on monte dans des navettes qui vont à plus de 30mètres du sol sur des rails qui vibrent suffisamment pour qu'on craigne que ça ne cède à tout moment. Et ce à toute vitesse. Tu m'étonnes qu'il ne m'ait rien dit ! Il sait très bien que je l'aurais envoyé balader sans autre forme de procès.

- Hors de question que je monde là dedans ! me suis – je écriée dès que j'ai vu le premier de ces engins de mort moldus.

- C'est très sûr, a tenté de me rassurer Lily, l'air stupéfaite.

- Jusqu'au moment où il y aura un mort.

- En fait, il y en a déj… a commencé James mais sa copine l'a fait taire d'un violent coup de coude dans le ventre, sans que le sens de sa phrase ne m'ait échappé.

- Ce parc n'est pas que moldu, a déclaré Sirius pour tenter de détourner mon attention. Il y a une extension sorcière sur l'eau. C'est le premier parc d'attraction sorcier à ouvrir. Ça date de l'été dernier. Il fallait qu'on vienne voir ça.

- Sans moi alors !

- Tu n'es pas très courageuse, a fait remarquer James.

- Je ne suis pas suicidaire.

- Dit la fille qui plonge tête baissée dans les conflits avec les Mangemorts.

- Tu n'es pas en train de me confondre avec toi Potter ? ai – je sifflé, mécontente. Je ne suis pas une Gryffondor stupide, merci bien.

- Hé ! se sont indignés les trois concernés.

Crois moi, Journal, j'ai vraiment tout essayé pour ne pas entrer dans ce parc d'attraction. Mais avec James, Lily et Sirius ligués contre moi, je n'ai pas trop eu le choix. Sans compter que ça avait l'air de faire plaisir à Sirius. J'ai eu la peur de ma vie aujourd'hui.

Mais comparé à la partie sorcière, les attractions moldues sont de la rigolade. Avec toutes les possibilités qu'offre la magie, les créateurs de ce parc s'en sont donné à cœur joie. Des attractions plus hautes encore, sans protections visibles (au moins il y avait des ceintures et des choses comme ça chez les moldus !), plus rapides, plus terrifiantes.

Bon, j'avoue, je n'ai pas passé ma journée à avoir peur non plus. J'ai aussi réussi à m'amuser. Quand j'avais les deux pieds sur terre. Surtout quand on a essayé les jeux de tir du côté moldu, en fait. Le principe c'est de prendre une carabine et d'éclater les ballons. On gagne ensuite un cadeau si on réussi à tous les avoir.

Et j'ai éclaté les trois autres. J'en suinte encore d'auto – satisfaction. J'ai choisi la peluche en forme de chien et je l'ai offerte à Sirius. Ça a bien faire rire Lily.

- D'habitude, c'est le garçon qui offre la peluche à la fille, a t –elle expliqué devant nos regards. Vous êtes vraiment un couple bizarre vous deux.

- Si tu nous compares à ton couple avec James, c'est l'hôpital qui se fou de la charité, ai – je rétorqué.

- Et de toute façon, qui a dit qu'on voulait être un couple normal ? a renchéri Sirius.

Je crois que la peluche lui a plu, aussi bizarre que ça puisse paraître aux gens. De toute façon, à partir du moment où elle avait la forme du chien, ça devait obligatoirement lui plaire.

Au final, j'ai quand même passé une bonne après - midi. Et je trouve l'idée excellente d'avoir fait cette sortie de couple. J'aurais sans doute été bizarrement gênée et mal à l'aise si on avait été juste tous les deux. Alors qu'au final ça nous arrive souvent. Va savoir pourquoi Journal. De toute façon, tout le monde pense déjà que j'ai un grain, alors un peu plus ou un peu moins, qu'est ce que ça change ?

Lily et James sont repartis de leur côté en début de soirée. Du coup, je me suis tournée vers Sirius :

- On rentre ? me suis – je enquise.

- On fait un saut à la maison, a t –il corrigé. Le temps qu'on se change.

- Pour faire quoi ?

- Surprise.

J'ai haussé un sourcil interrogateur, mais il n'a rien voulu me dire. Je dois avouer que la curiosité l'a emporté sur la méfiance. Après tout, j'avais finalement été conquise par le parc d'attraction (même si je ne referais pas ça tous les jours), alors ça devrait aller.

On est donc rentré chez lui. J'avais complètement oublié mes ridicules chocolats. On est passé en vitesse à côté d'eux sans les voir. Il a attrapé quelque chose posé sur l'un des fauteuils du salon.

- Enfile ça rapidement s'il te plaît. On ne doit pas être en retard.

- Qu'est ce que c'est ?

- Dépêche toi. Vite !

Il a disparu dans les entrailles de la maison. Je n'avais donc plus qu'à m'approprier la salle de bain. Quand j'ai sorti la robe de la protection qui l'avait contenue jusque là, j'en suis restée bouche bée. Je ne suis pas trop vêtement et tout ça, mais ça c'était une robe magnifique. Il y avait un mélange de couleur du bleu foncé jusqu'au blanc, et c'était fait tellement finement que j'ai eu l'impression que de véritables vagues bougeaient sur la mousseline.

Je me suis dépêchée de l'enfiler, et elle m'allait parfaitement, comme si elle avait été taillée pour moi sur mesure. J'ai fait apparaître des chaussures et j'ai essayé de me coiffer à peu près correctement. Vu la robe, on allait sans doute sortir dans un endroit assez chic, alors mieux valait essayer d'assurer un minimum.

- Tu es prête ? s'est enquis Sirius alors que je terminais justement.

- Oui.

- Tu es sublime comme ça, m'a t –il fait remarquer.

- Comment as – tu pu trouver une robe aussi parfaitement ajustée ? On dirait qu'elle a été faite pour moi !

- Ma chérie, a t -il dit avec un air compatissant. J'ai tenu toutes les parties de ton corps entre mes mains. Ce serait malheureux que je ne connaisse pas tes mensurations.

Ça doit être une sorte de don inné. Parce que je serais incapable de lui choisir un costume sans l'avoir sous la main. Il en avait d'ailleurs enfilé un.

- Ensuite, a t –il repris, il faut que tu mettes ça par-dessus.

Il m'a tendu un toge de cérémonie noire. Je l'ai regardé bizarrement, mais je me suis exécutée. A quoi ça servait que je mette une robe si on la cachait ensuite sous un truc pareil ?

- Tu vas vite comprendre, m'a t –il assuré.

- On ne va pas dîner ?

- Plus tard. Viens, on va transplaner.

Je lui ai donné la main sans savoir où on allait se retrouver. Et il n'aurait sans doute pas pu plus me surprendre. J'ai reconnu le hall du Ministère de la Magie dès qu'on est réapparu dedans. Il était certes moins encombré qu'en pleine journée, mais quand même.

- Qu'est ce qu'on fait ici ?

- Tu vas voir.

Il m'a entraînée jusqu'au premier niveau, et comme dans l'ascenseur il y avait d'autres sorciers habillés comme nous, j'ai fini par deviner, (bien tardivement) qu'il m'emmenait vraisemblablement à une conférence.

On a pris place dans une petite salle qui était comble. Des gens ne cessaient d'affluer et s'installèrent debout à l'arrière de la pièce.

- Qu'est ce qu'on fait ici au juste ? lui ai – je redemandé.

La moyenne d'âge de la salle devait être de 60 ans. On était les deux seuls à ne pas être ridés ni avoir des cheveux blancs. Il n'a pas eu besoin de me répondre. Le brouhaha ambiant de la salle s'est soudainement tu et un petit homme rabougris est monté sur l'estrade.

Cette fois, je n'ai pas mis longtemps à percuter. Les chercheurs en potion se voient de très loin, même si on en croise rarement en dehors de leurs labo. En général, après quelques décennies, ils ont des cicatrices partout, sont un peu déformés et ont quelques problèmes capillaires et cutanés. C'est dangereux la recherche en potion. On ne sait pas à quoi on s'expose en général. Alors à moins d'être particulièrement brillant, ou devin, tous les chercheurs finissent par faire une connerie un jour.

En l'occurrence celui – ci était presque plié en deux, et sa main gauche était étrangement recroquevillée. C'était douloureux rien que de la regarder. Je pense qu'il ne doit plus expérimenter des masses.

- Bonsoir à tous, a t –il dit d'une voix forte qui m'a fait lui enlever au moins 20 ans. Pour ceux qui ne sauraient pas qui je suis, et dans ce cas je me demande ce que vous faites ici, je suis Suhel Tveit et j'ai été invité ici pour une Conférence qui va porter sur mes derniers travaux de recherche.

Dès que j'ai entendu son nom, j'ai été encore plus attentive. Suhel Tveit est un dieu parmi les potionnistes. Ses travaux ne sont pas toujours très catholiques, ce qui fait qu'on a aucun de ses livres à Poudlard, mais j'avais largement rattrapé le temps à Brocéliande.

Ses dernières recherches portent sur les détraqueurs. Et il est apparemment sur le point de faire la trouvaille du siècle : comment s'en débarrasser. Il faut savoir que créer un détraqueurs n'est pas très difficile. En revanche ces créatures ne meurent pas. On ne peut pas les affamer, leur planter un couteau dans le cœur ou les brûler et je ne sais trop quoi d'autre. Alors réussir à les faire disparaître en les aspergeant d'une potion, ça serait révolutionnaire. Et accessoirement d'une très grande aide puisque Voldemort se sert allègrement d'eux…

J'étais littéralement suspendu à ses lèvres. Si bien que les deux heures de conférences sont passées si vite que j'ai eu l'impression que ça n'avait duré que deux minutes. Quand les applaudissements de la fin ont retenti, j'étais assise au bord de ma chaise comme si j'avais voulu me rapprocher de l'estrade au maximum.

Je me suis seulement rappelée à ce moment là que j'étais accompagnée. Sirius a dû s'ennuyer ferme. Mais il l'a vraisemblablement bien pris. Je l'aime rien que pour m'avoir emmenée à cette Conférence. Je l'ai bien sûr remercié mille fois.

- Je ne sais pas comment tu peux t'intéresser à ça à ce point, mais je suis content que ça t'ai plu. Et si on allait manger maintenant ?

- Et on va t –on manger ?

- A l'Atlantide.

Le nom ne me disait rien. Mais j'ai vite compris pourquoi ce nom. C'est un restaurant sous marin. J'ai jeté un coup d'œil à travers les baies vitrées et j'ai constaté qu'on se trouvait au cœur d'une cité de selkie. Ces Créatures Magiques n'accueillent pas les humains parmi eux d'ordinaire. Nous sommes en bons termes, mais sans plus. Un peu comme avec les centaures.

- C'est extraordinaire, ai – je dit à Sirius alors qu'on prenait place. Comment les propriétaires ont –ils eu l'idée de s'installer ici ? Et surtout le droit.

- En fait, le chef cuisinier n'est autre que la fille de la reine de la cité. D'après ce qu'il se dit, elle est souvent prise de lubies et la dernière en date c'est de devenir un chef cuisinier connu… chez les sorciers. Quand ça lui passera, le restaurant fermera. Je me suis dit qu'il fallait en profiter. Ils faisaient de la pub au Chaudron Baveur.

J'avais un peu peur en ce qui concernait la nourriture. Mais c'était étonnamment bon. Bien entendu, pas de poisson au menu, mais il y avait du choix et des choses assez inhabituelles comme des salades d'algues… Et final je n'ai pas pris de risque et je suis restée sur un plat classique. Histoire de ne pas finir ma soirée malade comme un chien.

En fin de soirée, le restaurant a ouvert une piste de danse et on est resté jusqu'à ce qu'elle ferme .Il était minuit passé quand nous sommes rentrés.

- C'était une belle soirée, merci, lui ai – je dit. Je suis désolée, je n'avais que des chocolats.

- Tiens, c'est vrai ! Ils sont où d'ailleurs ?

- Tu vas les goûter après le repas qu'on vient de faire ?

- J'ai toujours de la place pour du chocolat.

- Tu vas devenir gros et gras si tu continues.

- Impossible.

J'ai levé les yeux au ciel, mais je suis allée chercher mes chocolats. A vrai dire, je me sentais complètement minable comparée à la journée qu'il nous a programmée.

Je l'ai regardé s'emparer d'un des chocolats en forme de chien que j'ai fait, référence non cachée à sa forme d'animagus, et ça l'a fait sourire. Quand il l'a déballé, le chien s'est animé. Et là c'est moi qui ait eu un sourire victorieux : je n'étais vraiment pas sûre d'avoir réussi. C'est le même sort que pour les chocogrenouilles. Le chien a fait quelques pas avant de prendre la position d'invite au jeu, en agitant la queue. Il s'est figé comme ça. Je suis fière de moi.

- Ça n'est rien à côté de ce que tu m'as offert aujourd'hui, lui ai – je dit alors qu'il fixait toujours le chocolat. Mais…

- Tu te trompes Crystall. Je suis incapable de faire ce genre de chose moi. C'est pour ça que je t'ai emmenée au restaurant et à cette conférence. Ça m'a peut –être coûté plus cher, mais ça n'aura jamais autant de valeur que ces chocolats.

Ça, ça m'a étonnée et en même temps énormément touchée. A côté, le reste de la journée c'est rien. Il ne me faut pas grand-chose pour être heureuse.

A l'heure actuelle Sirius dort comme un bienheureux à côté de moi. Il doit être 5h du matin. Il a l'air d'un gamin quand il dort.

Je crois que je suis définitivement amoureuse de ce crétin. Quand on a commencé à sortir ensemble, je ne savais pas si ça durerait ni si je l'aimais. Il y avait de l'attirance, bien sûr, mais ça s'arrêtait plus ou moins là.

Maintenant, j'espère que ça va durer. Vraiment.

Jeudi 15 février 1979 : Dans sa salon de thé moldu à Londres

Lily m'a demandée de la rejoindre ici il y a quelques heures. Elle paraissait tellement excitée que ça m'inquiète. Et je me demande pourquoi on doit se retrouver chez des moldus. Les sorciers ont un salon de thé aussi réputé que semble l'être celui – ci… Mais comme ce sont souvent les Sang – Purs qui le peuple, peut –être qu'elle n'en a jamais entendu parler.

Ah, la voilà, je la vois longer la vitrine du salon. Ses cheveux roux semblent étinceler au milieu de ses vêtements sombres.

*Labo de potion*

J'en suis encore sur le cul. Pourtant, ça fait bien 3h que je le sais maintenant…

Quand Lily est entrée dans le salon de thé, elle avait déjà l'air plus heureuse que je ne l'avais jamais vu. Mais elle a encore plus souri en me voyant et s'est presque précipitée sur moi.

- Ça y est ! s'est – elle exclamée.

- Ça y est quoi ? me suis – je enquise, déboussolée.

- James m'a demandée en mariage !

L'information a mis plusieurs bonne secondes avant d'arriver jusqu'à mon cerveau. Et je n'y ai pas cru. C'est vrai quoi. On a le même âge, soit à peine 19 ans, et le mariage ne me vient pas une seconde à l'esprit. Le mariage nom d'un vampire !

- Quoi ? ai – je demandée, abasourdie.

Elle a retiré ses gants pour agiter sa main gauche devant mon nez. Et une bague de fiançailles à son annulaire. En or avec un diamant dessus. Diamant que j'ai reconnu comme étant celui que James a transformé l'an dernier en cours de métamorphose.

- Merlin, il l'a fait, ai – je dit.

Il fallait que je le dise pour réaliser l'ampleur de la chose. James et Lily vont se marier. C'est totalement incroyable.

- Tu le savais ? s'est étonnée Lily.

- Il m'en a parlé l'an dernier, mais je ne l'ai pas pris au sérieux !

Elle n'a pas paru s'apercevoir que la nouvelle me laissait totalement hébétée. Elle a enchaîné en me racontant autours d'un thé avec des cupcakes qu'il l'a demandée en mariage hier soir sur un bateau qui traversait Londres sur la Tamise et devant des dizaines de gens. Et que c'était tellement merveilleux et romantiques qu'elle n'avait même pas songé à dire non… Et qu'elle est heureuse.

- Je suis contente pour toi, lui ai – je dit quand elle a cessé de parler. Félicitation.

- Merci ! Je suis tellement heureuse ! a t –elle répété pour la centième fois avant d'ajouter pour plaisanter (je l'espère): tu seras peut –être la prochaine.

- Non ! me suis – je horrifiée.

Je ne me vois absolument pas fiancée et encore moins mariée. Pas avant des années en tout cas et pas avant d'arriver à subvenir à mes besoins et que Voldemort et ses Mangemorts ne soient plus qu'un mauvais souvenir.

- Sirius pourrait mal le prendre, a t –elle poursuivi en rigolant.

Je me suis sentie blanchir et j'ai dit :

- Pitié, ne me dit pas qu'il a prévu de me demander en mariage ?

- Pas que je sache.

Ça ne m'a rassurée qu'à moitié. Je sais que je ferais la remarque à Sirius un de ces quatre. Histoire que tout soit clair. Si j'ai refusé de vivre avec lui, ça n'est certainement pas pour qu'il me demande ma main après !

Donc Lily et James vont se marier. Incroyable. J'aurais sans doute dû m'en douter, mais je n'arrive pas à me remettre. Ils n'ont pas encore décidé de la date.

Ils vont se marier…

Mardi 20 Février 1979 : labo de potion

Plus qu'une journée et le Véritaserum sera prêt. Il faut à présent que je l'expose une nuit rayons du quart de lune décroissant et ensuite que je le laisse reposer 7 heures et 7 minutes dans le noir le plus complet.

Autant dire que je ne vais pas fermer l'œil cette nuit, puisqu'il faut déplacer le chaudron hors de mon labo et veiller à le pivoter en même temps que la course de la lune dans le ciel. Sinon ce serait trop simple.

Je pense que je l'ai réussi… Pour le moment en tout cas, il a l'aspect que le livre décrit… Autrement, je viendrais juste de perdre 6 mois pour rien.

En attendant, je vais préparer mon labo pour faire "le noir complet".

Mercredi 21 février 1979 : chambre de Gregory

Pfiou ! La potion est rentrée au labo et dans le noir. J'ai mis en route le minuteur. Il ne reste plus qu'à attendre jusqu'au milieu de l'après midi.

Ce qui était le plus compliqué dans cette dernière étape c'était de choisir le moment idéal du transfert de l'extérieur au noir complet. Le truc c'est qu'il faut laisser la potion exposée aux rayons de lune jusqu'au dernier de celui – ci précédant le premier rayon de soleil. Il y a alors entre ces deux rayons une seconde de flottement où il faut la transférer. Et si le premier rayon de soleil touche la potion, elle est foutue.

J'en ai laissé tomber sur le sol dans ma précipitation pour bouger le chaudron. L'herbe où elle a atterri était carbonisée quand je suis ressortie du labo. J'ai dû utiliser un sort pour masquer les dégâts. Je ne suis pas sûre que le couple Levis soit très content si je commence à ruiner leur pelouse… Même si on est en plein hiver.

*Labo de potion*

J'ai réussi ! Le Véritaserum est achevé ! En tout cas, il a la texture, la transparence et l'absence de goût qu'il faut. Oui, je l'ai goûté. Un quart de moitié de goutte. C'est trop peu pour sentir un effet. Il faut trois gouttes au minimum pour que ça marche.

Je vais le mettre dans les fioles étiquetées que j'ai préparé.

Mais pour être certaine que j'ai parfaitement réussi, il faudrait que je le teste… Je me demande sur qui je pourrais faire ça ? Faudrait qu'on capture un Mangemort… Non, que je capture un Mangemort moi toute seule et que je le force à en boire.

Pourquoi moi toute seule ? Parce que l'Ordre ne voudra jamais qu'on utilise ça. Ou du moins, certains membres refuseront (il n'y avait qu'à voir la tête des Londubat quand j'ai annoncé avoir préparé du polynectar). Je ne veux pas avoir l'air de les critiquer, mais on ne combat pas Voldemort avec des principes. Bien sûr, il faut en avoir et une cause juste ne justifie pas tout. Mais comment peut –on lutter contre des hors la loi si on se laisse nous même enfermer par celle - ci ?

Dimanche 25 février 1979 : chez James

James a la maison de ses parents à Godric's Hollow pour lui depuis que ces derniers sont morts. Je pensais qu'il la vendrait, mais non. Apparemment elle a été construite par son grand père paternel et c'est un héritage familial auquel il tient. S'il le dit, je le crois. Mais alors il pourrait au moins faire un peu le ménage de temps de temps. C'est devenu un vrai dépotoir.

Bon, j'ai plus important que de parler de James et de sa vraisemblable allergie au ménage.

Cette après midi confrontation avec les Mangemorts. Mais cette fois, c'est le patronus de Maugrey qui est venu me chercher. Et il faut que je m'arrête un moment sur ce patronus. Je me serais attendu à un animal gros et méchant. Pas du tout. C'est un suricate. J'ai failli m'étouffer de rire quand j'ai su qu'il appartenait au terrible directeur du bureau des Aurors.

C'était cependant la seule chose drôle aujourd'hui. Parce que ce patronus venu nous appeler à l'aide Lily, les Maraudeurs et moi nous annonçait d'emblée qu'il y avait un gros problème.

Maugrey et les Londubat nous entraînent depuis des mois. Mais je sais qu'ils ne nous considèrent pas encore comme des combattants. Ils nous voient comme des gamins qu'on envoie à l'abattoir, sans qu'ils puissent l'en empêcher. Alors à moins d'une situation désespérée, Maugrey ne nous aurait jamais appelé à l'aide.

J'ai transplané en mettant mon masque sur le visage. C'est toujours la première chose que je fais. Quand j'endosse ce masque, je ne suis plus Crystall Entwhistle, mais une combattante anonyme de l'Ordre du Phénix.

J'ai été la deuxième à débarquer. Et Remus m'a sauté dessus pour me plaquer au sol dès que j'ai repris forme à l'endroit indiqué par Maugrey. Il s'est cependant vite écarté. Il saignait de la tête.

- Que t'est – il arrivé ? lui ai – je demandé étonnée.

- Il y a au moins 15 Mangemorts et tous les aurors sont morts ou gravement blessés.

Un hurlement a recouvert son chuchotement empressé et j'ai deviné la suite sans qu'il n'en dise plus. Ils torturaient les survivants. Pour le plaisir, pour les entendre supplier et essayer de leur extorquer des informations. J'ai voulu me relever, mais Remus m'a forcée à rester allongée. Sans doute avait –il vu l'étincelle de colère qui s'est allumée dans mon regard quand j'ai compris.

- On ne doit pas se faire remarquer. On doit profiter de l'effet de surprise. Je peux te laisser ? Il faut encore que j'attrape les trois autres à leur arrivée.

- Oui, vas – y.

- Crystall, ne fait pas de bêtises…

- Promis Remus. J'ai compris. Je me fais discrète et j'essaye de trouver un plan. Merci de ne pas me prendre pour une Gryffondor

Ma remarque ne l'a même pas fait sourire et il est parti. Je suis restée encore une seconde au sol avant de rouler sur moi – même. On se trouvait en pleine nature, ce qui est curieux. J'étais donc cachée dans les fourrés. J'ai prudemment avancé vers l'origine des cris qui ne cessaient pas.

J'ai finalement écarté un buisson pour essayer de voir quelque chose, mais sans succès. Je les entendais, mais impossible de distinguer quoi que se soit à part des tâches noires. Pas à moins de s'approcher plus près.

J'ai donc fait demi tour lentement pour rejoindre les autres. J'ai failli leur faire faire une crise cardiaque. James et Sirius étaient tellement occupés à batailler contre Remus et Lily qu'ils ne prêtaient plus du tout attention à leur environnement.

- Vigilance constante ! leur ai – je rappelé en reprenant les mots de Maugrey. Vous vous croyez dans un salon de thé ? Je n'ai pas pu voir grand-chose… Mais ils sont nombreux. Et il faut qu'on se dépêche si on veut sauver les derniers survivants.

- Tu as un plan ?

- Non. Mais il faut les séparer. On ne peut pas les affronter tous en même temps.

- Tu n'as pas du polynectar sur toi ?

- Non, je n'ai pas pris le temps d'en attraper une.

- Tu aurais dû, m'a durement fait remarquer James.

- Ça suffit, est intervenue Lily. Voilà ce qu'on va faire.

On était dans une forêt. Et on connaissait un sort qui faisait décoller et partir l'objet désigné plus vite qu'une balle de fusil. Autant dire que 5 personnes le lançant sur un tronc d'arbre mort ça ferait des dégâts. Surtout sur les humains percutés. Et vu qu'on était à peu près certains que les seuls humains debout seraient les mangemorts, on ne risquait même pas de toucher ceux de notre camps. C'était bourrin, mais simple. Et en plus, ça avait une bonne chance de marcher. Ça n'en a pas l'air une fois écrit, mais on était quand même dans l'urgence. Et les hurlements de douleurs ne nous aidaient pas à nous calmer pour réfléchir.

Malheureusement, comme souvent dans cette situation, ça n'a pas marché aussi bien que ça aurait dû. Le tronc a fauché les Mangemorts qui nous tournaient le dos, mais les autres l'ont vu arriver malgré la vitesse à laquelle on a réussi à le propulser avec nos 5 magies combinées.

Et là, nous n'avons plus eu d'autres choix que de nous battre. Les Maraudeurs et Lily ont toujours été d'excellents sorciers à Poudlard et ils n'ont pas cessé de progresser après. Mais nous avons eu du mal à rester en vie sur ce coup là.

Nous avons quand même eu de la chance dans notre malheur. C'est vrai, ces Mangemorts ont quand même rétamé un escadron d'auror surentraîné avec Maugrey dedans. On aurait eu aucune chance contre eux… mais le tronc a vraisemblablement fauché les plus puissants d'entre eux. Alors oui, on a eu de la chance. Beaucoup de chance.

- Rrrrrepliez vous ! a crié un Mangemort.

Avec le flou de la bataille, rien n'aurait dû attirer mon attention. Mais il avait l'accent. Le même que le meurtrier de Greg. Et là, mon cerveau c'est mis sur pause, excepté la partie "vengeance".

J'ai cessé le combat que je menais pour me tourner vers l'homme à l'accent slave qui avait parlé. Et j'ai fondu sur lui comme un hippogriffe sur un furet. Le temps qu'il ne me voit arriver, j'étais déjà en train de lui lancer un sort. Il a riposté. Et je me suis engagée dans ce combat, totalement enragée. Pas question que celui là m'échappe. C'était ma seule pensée.

J'ai reproché à Sirius il y a quelques mois d'être parti à la poursuite de Voldemort en laissant James et Lily derrière lui sans avoir réfléchi. J'ai pensé que James était un imbécile fini quand il a absolument tenu à utiliser le polynectar lors de l'enlèvement de ses parents. Mais au final, je ne suis pas mieux qu'eux.

J'ai totalement laissé tomber le reste pour m'occuper de ça. C'est… Plus rien ne comptait d'autre que d'avancer vers mon objectif. Je ne suis pas devenue membre de l'Ordre pour combattre Voldemort. Enfin, si mais en réalité, j'ai surtout accepté la proposition de Dumbledore parce que je n'aurais pas de meilleure opportunité d'être au contact des Mangemorts et donc de tomber sur celui que je cherche. Et pour le tuer.

Alors oui, je suis une sale égoïste dont le souhait le plus cher est de venger son meilleur ami. Je n'y peux rien. Ça fait des mois que Gregory n'est plus là. Des mois. Je vais mieux, mais jamais je ne m'en remettrais complètement. Et je ne trouverais pas la paix tant que son meurtrier n'aurait pas payé.

Je ne sais pas pourquoi. Pourquoi je me suis autant attachée à lui ? Pourquoi lui ? Pourquoi je ne peux pas passer à autre chose ? Pourquoi je ne peux pas juste vivre avec ça ? Je ne sais pas. Je ne veux même pas de réponses à ces questions. Je veux juste faire payer à son assassin. Je pourrais presque dire que je n'avais pas le choix. Dans ma tête en tout cas, il n'y avait qu'une seule possibilité.

Le temps que j'arrive à bout de mon Mangemort, les autres lui avaient obéit et s'étaient repliés. Mais lui était toujours là. Je l'ai saucissonné à un arbre et j'ai brisé sa baguette. J'entendais les 4 autres s'agiter dans mon dos, sans doute pour sauver les aurors survivants. Je n'en reviens toujours pas que nous ayons réussi à survivre là où ils ont échoués.

Je n'avais peut être pas de polynectar sur moi, mais j'avais une fiole de Véritaserum. J'ai décidé d'en garder une petite quantité sur moi, histoire de profiter de la moindre opportunité de l'essayer. Et celle – ci en était une en or. J'ai forcé le Mangemort à la boire en entier en lui pinçant le nez tout en lui envoyant un sort de déglutition.

Je lui ai arraché son masque. Il avait un visage qui m'a semblé taillé à grands coups de serpe maladroits. Ses cheveux noirs était coupés courts, accentuant ses traits grossiers. Il avait aussi un petit bouc ridicule. Ce n'est pas lui qui a tué Greg. Je ne l'ai même pas vu à Prés – au – Lard. Mais il aurait quand même son utilité. Son regard noir s'est brouillé et ses traits son devenus flasques sous l'effet de la potion, ce qui m'a indiqué qu'elle fonctionnait.

- Vous m'entendez ? ai – je commencé par demander.

- Oui, a t –il répondu d'une voix morne.

- Quel est votre nom ?

- Igorrrr Karrrkarrrof.

- D'où venez vous ?

- Rrrrussie.

- Y a t –il beaucoup de sorciers étrangers dans les rangs de Voldemort ?

- Oui.

- Combien ?

- 13.

- Je veux que vous m'écoutiez attentivement et que vous me donniez un nom. Je cherche un Mangemort avec des yeux et des cheveux bruns, venant des pays de l'Est, étant proche de Voldemort et portant un demi masque. Qui est – il ?

- Vadim Kniasev.

Je sais à présent. Enfin, je suis à présent sûre du nom du meurtrier de Greg. Ce Mangemort n'a pas dit d'autres noms, alors que le Véritasérum l'y aurait obligé si d'autres sorciers avaient été compatibles. Vadim Kniasev est le meurtrier.

J'ai continué à l'interroger, mais Lily est venue me déranger. J'allais l'envoyer se faire voir quand elle m'a dit que Maugrey allait mourir. Je me suis alors détournée, à regret, du Mangemort. J'avais appris de lui l'information principale que je voulais. Le reste pourrait attendre.

Maugrey était le seul des Aurors à être encore conscient et à peu près lucide. Mais il avait le teint blafard et les lèvres bleues signe d'une hémorragie. Pas difficile de savoir pourquoi. Sa jambe droite n'était qu'un amas rougeâtre avec des morceaux d'os blancs plus ou moins rattachés à sa cuisse. Il avait aussi d'autre cicatrices qui saignaient sur le reste du corps mais rien d'aussi inquiétant que ça.

Je suis plutôt douée pour les soins et j'ai déjà soigné des plaies qui étaient moches. Mais je n'avais jamais rien vu qui ressemble à ça. J'avais pensé en entendant les hurlements que les Mangemorts utilisaient le doloris histoire de s'amuser. Jamais un doloris ne ferait ça. C'est un sort qui vous fait ressentir une douleur insupportable sans causer la moindre plaie. Les séquelles ne sont que neurologiques et psychologiques.

- Je n'arrive pas à arrêter l'hémorragie, m'a dit Lily. Tu es meilleure que moi à ça. Alors vas – y.

- Arrêter l'hémorragie ? Comment ? lui ai – je demandé incrédule. Sa jambe donne l'impression d'avoir été pré – digérée par un dragon.

- On doit pouvoir le déplacer jusqu'à Ste Mangouste ! m'a répliqué Remus.

- Je sais. Mais même là bas ils ne pourront pas sauver cette jambe. Il faut l'amputer.

- Non, a grogné Maugrey prenant pour la première fois la parole.

Je l'ai regardé, et il m'a renvoyé une œillade à cent mille lieux de celles menaçantes qu'il fait d'ordinaire. J'ai agité ma baguette et je l'ai endormi. C'était le plus miséricordieux à faire. Il devait souffrir le martyr.

- Qu'est ce que tu as fait ? s'est effrayé James.

- Il dort simplement. Mieux vaut qu'il ne soit pas conscient quand je vais l'amputer.

- Il a dit qu'il ne voulait pas ! s'est récrié Sirius.

- Tu préfères le voir mort ? La magie peut faire beaucoup de chose, mais elle ne transforme pas un tas de chair sanguinolent en jambe toute neuve et fonctionnelle et elle ne ramène pas les morts ! Il s'en sortira beaucoup mieux avec une prothèse qu'avec une pseudo jambe sur laquelle il ne pourra jamais s'appuyer ! Alors maintenant vous allez tous la fermer et vous me faite de la place ! Pigé ?

Ils ont tous eu un mouvement de recul quand j'ai commencé à crier. Ça a été plus fort que moi. Qu'est ce qu'ils croyaient ? Que ça me faisait plaisir de prendre cette décision alors qu'il a expressément refusé ? J'étais déjà sur les nerfs avant, mais là c'était la goutte qui faisait déborder le chaudron. Ils m'ont fixé quelques secondes, probablement choqués par mon éclat de voix, mais ils se sont finalement exécutés.

J'ai choisi avec soin l'endroit où j'allais couper. Je voulais lui laisser un maximum de sa jambe. Au final, j'ai coupé au dessus du genou. Le reste était irrécupérable. Une fois que ça a été fait, c'était beaucoup plus simple pour moi de stopper le sang. Il m'a fallu plus d'un quart d'heure avant qu'on ne puisse le transporter à Ste Mangouste avec les 2 autres survivants inconscients. Ils ont immédiatement été pris en charge.

Le Mangemort que j'avais capturé a profité du fait qu'on était tous concentrés sur autre chose pour se faire la malle. Je pourrais être en colère. Je le suis sans doute un peu. Mais j'ai obtenu ce que je voulais. J'ai la confirmation du nom du meurtrier de Gregory. J'ai enfin quelque chose à quoi me raccrocher. Quelque chose de plus tangible qu'une description bancale.

On a rapatrié les Aurors survivant à Ste Mangouste et on a envoyé un courrier au Ministère pour l'avertir qu'ils ont des cadavres à aller ramasser et que leur directeur du bureau des aurors est indisponible.

Les Guérisseurs se posaient des questions. Forcément, quand vous arrivez ensanglanté avec des gens à moitié morts dans le hall, surtout quand ces gens sont des employés du Ministère censé traqués des mages noirs, ça interpelle. On a cependant réussi à s'éclipser au nez et à la barbe des Guérisseurs après qu'ils nous aient soignés et demandé d'attendre que les envoyés du Ministère arrivent pour nous questionner.

On s'est réfugiés chez James. On a tous pris une douche, j'ai soigné les derniers bobos et James est en train de nous préparer du thé puisqu'on est pas tous portés sur la bouteille. J'ai envoyé un regard noir à Sirius quand il a accepté le verre de whisky pur feu. Mais j'imagine qu'il en a besoin.

Ah, James revient. Rien de tel qu'une tasse de thé bien fort pour s'offrir un peu de réconfort.

*Toujours chez James*

Je me suis fait engueuler par les Maraudeurs et Lily en même temps. Je m'y attendais un peu vu que j'ai plus ou moins déserté le combat pour attraper ce mangemort. Mais honnêtement, je m'en fou. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, je ne le regrette pas.

Si l'un d'entre eux avait été grièvement blessé, ça n'aurait sans doute pas été pareil. Mais ce n'est pas le cas. Alors je ne regrette pas. Cette information valait la peine.

Lundi 26 février 1979 : hall de Ste Mangouste

Je ressors la chambre de Maugrey. Je ne suis pas sûre que j'avais le droit de me trouver là. Mais il fallait que je vienne et que je constate de mes propres yeux qu'il est en vie.

C'est le cas. Il était même réveillé quand je me suis glissée dans sa chambre. Il la partage avec les deux autres aurors qu'on a récupéré. Eux par contre sont encore dans le coma. Mais d'après la fiche accrochée au pied de leur lit, c'est un coma artificiel mis en place par les Guérisseurs pour accélérer leur guérison. Je sais, je n'ai techniquement pas le droit de regarder mais bon…

- Salut, ai – je lancé à Maugrey quand j'ai constaté qu'il était réveillé.

Il ne m'a pas répondu, se contentant de me fixer et pas d'un regard amical. Je savais pourquoi, alors j'ai préféré prendre les devants.

- Je t'ai sauvé la vie, lui ai – je durement dit. Si je ne t'avais pas amputé, tu te serais entièrement vidé de ton sang comme un porc égorgé. Et tu n'aurais aidé personne en mourant. On ne pouvait pas te déplacer ni faire venir un Guérisseur. Alors j'en ai rien à foutre que tu m'en veuilles.

Le tutoiement est venue naturellement. Mais sur le moment je n'ai réalisé. Le silence c'est installé et j'ai attendu qu'il éclate et m'engueule. Ce qui n'a pas été le cas.

- Je sais, a t –il grogné.

Il ne m'a pas remerciée, mais ça n'a pas l'air d'être son genre. De toute façon, peu m'importait qu'il me remercie. C'était déjà bien qu'il ne m'en veuille pas. J'ai fait apparaître une chaise et je me suis assise à son chevet. Je ne suis pas venue uniquement pour ça. Mais il m'a prise de vitesse :

- Quelles sont les nouvelles ? m'a t –il demandé. Les Guérisseurs ont pour ordre de ne rien dire. Combien de mes hommes ont péri ?

- Alastor, ai – je dit le plus doucement que j'ai pu. Il n'y a aucun survivants mis à part vous trois.

C'est peut –être un salopard, mais je sais qu'il prend soin des gens sous sa direction. Il n'y a qu'à voir l'entraînement draconien qu'il nous a fait subir à Sirius et moi. On en a chié, mais ça nous a sauvé la vie. Il n'en a pas l'air, mais il se soucie des autres. Il n'a rien dit quand je l'ai appelé par son prénom, ni quand je lui ai appris la nouvelle. Mais je peux deviner que ça lui a fortement déplu. Peut –être même qu'il est triste. Je ne sais pas. Il ne montre jamais ses sentiments.

- Je vois. J'ai du boulot qui m'attend. Il faut que j'aille au Ministère.

- Tu feras ce que tu veux après m'avoir raconté comment ça a pu tourner aussi mal. Il y a réunion ce soir.

Je n'ai pas eu besoin de préciser qu'il s'agissait d'une réunion de l'Ordre du Phénix. Il a renoncé à se relever et a pris un moment pour revoir les événements dans sa tête avant de dire :

- Un informateur nous a appris qu'il y avait un rassemblement de Mangemort qui était prévu dans le Nord. Il ne savait pas pourquoi. Alors on a décidé d'y aller en force. La supériorité numérique détermine souvent si tu peux capturer tes adversaires pour les interroger ou si tu dois les tuer pour survivre. Sauf qu'on était attendu. Je pense que l'informateur doit avoir disparu à l'heure qu'il est. Il devait être un espion. Pourtant, il a passé tout nos tests de sincérité.

- Et le véritaserum ?

- Gamine, c'est illégale sans une ordonnance du Magenmagot. Même si ce sont des Mangemorts.

Il m'a fixé droit dans les yeux en me disant ça. Il sait ce que j'ai fait. Il n'était pas inconscient à ce moment là et il a dû deviner ce que j'ai fait au vue des événements. J'aurais pu détourner les yeux. Je ne l'ai pas fait. Je ne regrette pas. Il a fini par soupirer avant d'enchaîner.

- Il va falloir qu'on cherche cet homme.

- Donne moi sa description, j'en parlerais à la réunion.

- Roux. 1m80. Yeux bruns. Jeune.Vêtements troués. Maigre. Prothèse à la main droite.

J'allais hocher la tête quand la dernière phrase est arrivée jusqu'à mon cerveau. Roux au yeux bruns, grand et jeune avec une prothèse à la main droite ? C'est le portrait craché de Billy. Billy qui a estropié sa sœur et disparu de la circulation depuis l'été dernier.

- Qu'y a t –il ? a demandé Maugrey en voyant mon expression.

- Il n'a pas donné de nom ?

- Non. Ça n'est pas obligatoire pour la procédure histoire de ne pas compromettre nos informateurs. Pas de noms, pas de photos. Ils ont un numéro. Pourquoi ?

- Parce que ta description ressemble à s'y m'éprendre à celle d'un de mes anciens camarades à Poufsouffle. Il a perdu sa main droite lors de l'attaque de Prés – au – Lard en mars dernier. Est – ce qu'il donnait l'impression de ne pas avoir de prothèse ? Il faisait comme si elle n'existait pas la dernière fois que je l'ai vu.

- Oui.

- Alors ça doit être lui…

- Où est – il ?

- Je ne sais pas… Je n'ai aucune nouvelle de lui depuis juillet dernier. Quand je suis allée chez lui il avait disparu. Chassé par ses parents ou parti de lui-même, je ne sais pas. Les deux sont possibles.

- Son nom.

- Billy Crossman. Mais il n'aurait jamais fait ça volontairement Alastor. Billy a toujours été parmi les plus gentils de notre maison. Il n'arrivait même pas a engueuler les membres de notre équipe de Quidditch ! Et les Mangemorts ont tué celle qu'il aimait à Prés – au – Lard. Jamais il ne les aiderait volontairement… !

Maugrey m'a lancé un regard presque condescendant qui voulait tout dire.

- Les gens changent gamine. 6 mois suffisent. Et la cause des Mangemorts attire beaucoup de gens désespérés…

- Billy est Né – Moldu ! Il ne pourrait pas devenir Mangemorts.

- Il n'y a pas besoin d'avoir la Marque des Ténèbres sur le bras pour être un Mangemort. Les Nés – Moldus y trouvent aussi leur compte pour peu qu'ils soient intelligents. On a dû lui promettre une belle somme d'argent.

Je suis partie peu après. Juste au moment où les Guérisseurs revenaient et que Maugrey a commencé à faire un foin pour aller travailler. Il ne va pas leur faciliter la tache. La seule raison pour laquelle il s'est tenu tranquille jusque là c'est parce qu'il n'avait aucune idée de l'étendue exacte des dégâts.

Je ne peux pas croire que Billy ait fait ça. Ça ne lui ressemble pas. Il n'a jamais fait de mal à quelqu'un intentionnellement.

Il va falloir que je le retrouve avant les aurors. S'il est coupable, je le leur livrerais. Et s'il ne l'est pas, je l'aiderais. Je ne sais pas si j'en suis capable, mais je ferais mon possible. Il ne mérite pas d'être arrêté, interrogé et de croupir à Azkaban pour le reste de ses jours.

Encore faut –il que j'arrive à le retrouver. C'est grand l'Angleterre ! Peut -être a t -il même quitté le pays !

*Maison des Londubat*

La réunion de l'Ordre vient de se terminer. Le bilan n'est pas brillant. J'ai parlé de ce que Maugrey m'a dit. J'ai un moment hésité à dire que je connaissais vraisemblablement l'identité du coupable de cette boucherie. Je l'ai quand même fait, en insistant bien sur mon opinion à ce propos. Je ne pense pas que ça ait changé quoi que ce soit cependant…

Mercredi 28 février 1979 : chez Sirius

On a fait une petite soirée sympa avec les Maraudeurs pour mon anniversaire. J'ai reçu des bouquins, une nouvelle cape et des ingrédients de potions. Pas de babioles inutiles. Juste ce qu'il me fallait.


A suivre...