Bon, je vous avoue que j'ai mis le temps, mais voila. 9 pages ! En plus, je déprime, j'me dis que même Anna Gavalda écrit mieux que moi, que malgré mes effort Lestrade reste OOC… (TmT)

Un énorme merci à vous !

D'après les stats, il y a à peu près 100 personnes qui me lisent !

Merci merci merci beaucoup ! *s'incline*

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Reply aux anonymes :

Badou : Merci beaucoup pour la reviex, j'espère que ça te plaira autant ^^

Bonne Lecture ^^

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Chapitre douze : Aveugle et sourd.

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En ce jeudi premier mars, Moriarty attendait Lestrade chez lui. C'était rare qu'il vienne en semaine… Voire bizarre.

Mais plus étrange encore c'était son silence et son immobilité totale depuis que l'inspecteur était arrivé : pas un mot, pas un geste… Les yeux marrons du malfrat étaient vides, fixant un point droit devant lui, sa peau plus pale qu'à l'ordinaire… Un instant Lestrade cru voir un cadavre.

-Allo ?

Toujours pas de réaction… Il remarqua les mains, crispées sur les accoudoirs du fauteuil, en effleura une, et enfin, Jim réagit, se redressant brusquement.

-Inspecteur ?

Son regard balaya la pièce sans le voir pendant trente interminables secondes avant de se reperdre.

Moriarty était aveugle. Et sourd.

Le policier prit sa main dans la sienne et la retourna. Il écrivit « Hello » dans la paume, lettre par lettre.

En réponse, le bandit hocha seulement la tête.

« Comment ? »

Le génie se laissa retomber doucement dans le dossier.

-Une grenade aveuglante et assourdissante de ma composition qui a trop bien marché… Je suis poursuivi en ce moment, d'ailleurs.

« Par qui ? »

-De « vieux amis »… Mais ils ne me trouveront jamais ici.

« Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? »

-Personne ne connaît ma relation avec vous dans le milieu… Et j'ai réussit à en convaincre Moran, donc ce doit être vrai.

« Moran ? »

-Ne cherchez pas à en savoir plus, ce serait mauvais pour votre santé.

En parlant de santé…

« C'est provisoire ? »

-Oui, bien sur, je ne vais pas rester chez vous jusqu'à ce que mort s'en suive !

« Non. Vos yeux. Et Oreilles. »

-Vous vous inquiétez pour moi ?

« Je ne devrais pas ? »

-…

« Thé ? »

-Oui …

Lestrade se leva pour aller en cuisine mais Moriarty lui attrapa la main au moment où il la retirait.

-Je viens !

Le ton était joyeux, mais les yeux qui ne voyaient pas étaient sombres.

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L'inspecteur fit donc le thé avec une seule main, mais il s'en sortait bien. Et puis il se doutait que pour une personne privée de la vue et de l'ouie, le contact devait être plus que précieux.

Une odeur de menthe vint colorer l'univers désormais noir de Moriarty et le policier lui donna sa tasse, guidant sa main libre jusqu'à elle.

Pour le moment, Lestrade n'avait encore fait aucun mouvement pour libérer sa main gauche, mais le génie s'interdisait de ressentir de la joie, il ne savait pas s'il contrôlait ce que disaient ses yeux.

Ils burent en silence, debout l'un à côté de l'autre, main dans la main, et finalement, l'inspecteur redemanda :

« Combien de temps vous serez dans cet état là ? »

-Deux ? Trois jours ? Peut-être un mois, peut-être un an, peut-être toujours…

« Vous êtes bien résigné… »

Pas de « ça vous apprendra » chez l'inspecteur, pas de jugement…

-Je trouverais bien un moyen de faire sans si je ne guéris pas… Mais votre voix me manque déjà !

Celle mélodieuse du malfrat fit écho à la tristesse de l'inspecteur. Il prit la tasse du criminel, la posa dans l'évier avant de se pencher et d'embrasser Moriarty avec plus de passion, de tendresse et de désespoir qu'il ne l'avait jamais fait.

Les mains du criminel se glissèrent dans les cheveux gris pour aller se perdre se son visage. Il constata quelque chose d'étrange à son sens :

-Vous êtes triste. Pourquoi ?

Il plaça ses doigts sur les lèvres de son hôte pour sentir les mots qui allaient être prononcés.

-Pour vous.

Le malfrat réfléchit un instant, puis déclara joyeusement :

-Alors laissez moi rester jusqu'à ce que ça passe !

Un sourire fleurit sous ses doigts, et une tendre accusation : « Profiteur »…

Toucher le visage du policier, sentir ses muscles, la moindre de ses rides, de ses fossettes, sa bouche qui s'arrondissait en souriant, … Soudain, l'image de l'inspecteur lui manqua aussi. Il voulait retrouver la vue pour le voir, l'ouie pour l'entendre rire, sourire, parler, se taire même !

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Faute de mieux, il décida de profiter à fond des sens qui lui restaient.

Le toucher, il pouvait. Le sentir… Il se rapprocha du policier et enfouit sa tête dans son cou, inspirant légèrement. Poussière et livre, poivre. Et menthe. Mais c'était le thé.

Maintenant… Le goût !

Tournant un peu la tête pour mettre sa bouche en contact avec la peau de l'inspecteur, il l'embrassa, la lécha, … Et y planta les dents. Fort.

Il sentit Lestrade se mordre les lèvres pour ne pas crier de douleur et tourner la tête pour essayer de voir ce qu'il trafiquait.

Quelques gouttes d'un liquide sucré et salé à la fois, au goût de fer coulèrent dans la bouche de Moriarty, il passa une ou deux fois sa langue sur la plaie et suça le sang qui s'échappait encore.

« Vous vous recyclez en vampire ? »

Le génie le pinça sans délicatesse aucune pour faire une sorte de suçon.

Lestrade était à lui.

C'était encré dans sa peau, maintenant.

Il allait se reculer, un sourire satisfait sur le visage, mais l'inspecteur ne l'entendait pas comme ça. Il le retint et laissa sur le cou de criminel sa propre marque, lui arrachant un gémissement lascif. Il y eut un éclair dans le cerveau du malfrat : ces lèvres en avaient embrassées d'autres, ces bras en avaient serrés d'autres, cette bouche, ce corps, ce cœur, avaient appartenus à d'autres. Il n'était pas le premier.

Ce n'était pas un jouet neuf.

Mais au lieu de le répugner, de le dégoûter, de le repousser, au contraire, ça ne rendait l'inspecteur que plus attirant.

Il le voulait.

Pour lui tout seul.

A tout prix.

Et peut-être après, quand il l'aurait eut, il arriverait à s'en détacher.

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Lestrade l'amena dans le salon, et rapprocha les deux fauteuils pour ne pas lui lâcher la main.

Le raisonnement de Moriarty se poursuivait.

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Il y avait aussi la probabilité bien plus forte qu'il ne l'admettait que la perspective d'avoir l'inspecteur pour lui tout seul jusqu'à la fin de leurs vies respectives ne secoue trop l'humain qu'il demeurait malgré tout, et qu'il s'attache à lui encore plus…

Quitte ou double, donc.

Il ne jouait plus avec des pions extérieurs, il jouait avec lui-même, c'était bien plus dangereux… Bien plus excitant aussi.

Mais le principal concerné par son équation restait l'inconnue… Il voulait l'inspecteur, mais l'inspecteur voulait-il ?

L'inspecteur le voulait-il ?

Le forcer n'était pas amusant, et ça ne servirait à rien, car il le voulait corps et âme, totalement dévoué, à jamais.

Le policier avait un comportement très ambigu, il faisait les pas un par un, avançant lentement sur le dangereux chemin qui menait au criminel…

Même s'il ne faisait aucun pas en arrière, il fallait le tirer, le pousser pour qu'il fasse un pas en avant…Qu'il s'approche un peu…

Car avancer de lui-même serait considérer cette relation étrange comme sérieuse, et quand Lestrade s'impliquait, c'était entièrement, sans retour en arrière possible.

Et s'il s'avérait que Moriarty, lui, considérait ça comme rien, comme un jeu, et l'abandonnait une fois qu'il se serait donné tout entier, son cœur serait définitivement brisé.

C'était ça, entre eux.

Je te détruis où tu me détruis.

Je te casse, ou je me perds moi-même.

Il restait à savoir ce qui valait le mieux.

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Jimmy pointa le bout de son museau et sauta sur les genoux du bandit pour savoir ce qui lui arrivait. Le criminel laissa doucement aller sa tête contre l'épaule de son hôte… Il repensa à ce qu'il lui avait dit le jours de Noël : « Vous me tuez sur des suppositions ? Merci… » .

Parce que s'était bien de ça qu'il s'agissait : tuer l'inspecteur… Sauf que la méthode était plus lente, beaucoup plus lente… Et plus douloureuse. Et puis…

Il soupira.

-Vous êtes conscient que je joue aussi gros que vous dans cette histoire ?

Lestrade dégagea sa main et passa son bras autour de ses épaules. Il épela un « oui » discret et ferma les yeux, le nez dans les cheveux du génie.

Celui-ci se laissa sombrer dans la chaleur du corps contre lui et ferma aussi les yeux, même si ça ne servait à rien. Il baissait tellement sa garde quand il était avec l'inspecteur… C'était effrayant, il ne faisait jamais ça avec personne d'autre.

Mais il arrêta de penser.

C'était si agréable d'être là, sentir le souffle calme de l'inspecteur sur sa tête, sentir sa poitrine se soulever doucement dans son dos, avoir un chat-coussin-chauffant sur les genoux…

Il aurait pu se perdre pour rester là comme ça, au creux des bras de … Geremy…

Il avait toujours eut tous les défauts qu'on voudra bien lui attribuer, mais il ne s'était jamais menti à lui-même sur ses sentiments. N'en éprouvant pas jusqu'à récemment… Si Lestrade lui demandait -même pour rire- s'il l'aimait, il ne saurait pas quoi répondre. « Non » serait un mensonge, « Oui » peut-être aussi.

Il restèrent ainsi pendant un longs moment et partirent tous les deux dans le monde des songes, là où tous leurs problèmes n'existaient pas.

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Pendant ce temps, Mycroft, de son côté, pestait contre ses caméras, désespérément muettes et essayait de craquer les codes qu'un pirate particulièrement doué changeait toutes les demie heures. Et ce n'était pas Moriarty. Pour plusieurs raisons simplissimes : la première : Moriarty était chez l'inspecteur et l'ordinateur du pirate se trouvait à l'autre bout de Londres. Et deuxièmement, Moriarty avaient d'autres choses en têtes quand il était chez Lestrade. Toute cette protection était louche, Moriarty voulait lui cacher quelque chose, il lui coupait les caméras et les micros, c'était donc quelque chose de perceptible physiquement, Moriarty avait eut un accident, mais pas trop grave.

En désespoir de cause, il envoya sur l'ordinateur du pirate une fenêtre de conversation instantanée.

My : Bonsoir. Qui êtes vous ?

A sa stupéfaction, il eut une réponse quelques secondes plus tard :

I : Je m'appelle Adler, Irène. Pourriez vous arrêter de craquer mes codes, je fatigue et j'aimerais passer une soirée tranquille…

My : Je vous retourne la proposition : Pourriez vous avoir l'extrême obligeance d'arrêter d'en remettre de nouveaux, je ne serais pas tranquille tant que votre patron sera chez l'inspecteur.

I : Voyez vous, ma vie et mon travail en dépendent, j'ai bien peur de ne pouvoir accéder à cette requête…

My : Comme c'est regrettable. Je ne peux arrêter maintenant non plus, sa vie et nos emplois sont en jeu… Je crains que nous soyons donc condamnés à rester ici… Mlle ?

I : Ne faites pas l'innocent, vous avez mon dossier sous les yeux.

My : Faux. Mais une femme mariée ne parlerait pas comme vous. En parlant de dossier, je suppose que vous lisez le mien ?

I : Oui.

My : Dommage. Jouons aux devinettes. Brune, mince, le caractère assez trempé… ?

I : Exact, vous êtes très fort.

My : Vous me flattez. Et vous gagnez du temps.

I : Vous aussi…

My : Puisque vous avez mon dossier, puis-je sortir une carte de mon jeu personnel ?

I : Certainement, quel est le nom de cette carte ?

My : Anthéa, joignez vous à nous, voulez vous ?

A : Très bien.

I : Vous suivez la conversation depuis le début ?

A : Oui, ne vous en faites pas, je suis indétectable, ce n'est pas une négligence de votre part.

I : Vous espionnez toutes les conversation de votre boss ?

A : Bien sur. Vous ne faites pas de même ?

I : Je tiens à ma vie, et puis, pourquoi faire ?

A : Récupérer des preuves, fournir des infos en direct…

I :… N'ayant pas votre nom, jouons aux devinettes… Cheveux châtains, splendides yeux noisette, pull noir à col roulé ? Célibataire.

A : Oh. Vous avez activé ma web-cam…

I : Et intelligente… Vous êtes bien entouré, mr Holmes…

My : N'est ce pas…

A : Je propose que nous laissions tous Moriarty et l'inspecteur Lestrade seuls avec leur destin et que nous allions manger tous les trois au restaurant.

I : A condition qu'il n'y ait pas d'entourloupe, bien sur.

My : Bien sur. Disons dans une heure au ***.

A : Très bien.

A ce stade là, Mycroft sorti de cette conversation pour aller s'occuper d'autres choses pour libérer sa soirée.

Et voici comment le grand frère de Sherlock Holmes rencontra Irène Adler. Ou plutôt comment Irène Adler rencontra « Anthéa »… Et comment un personnage jusqu'ici insignifiant entra dans la balance.

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H*-'($)'-*H

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Elles étaient toutes les deux magnifiques.

Irène, en décolleté dans une magnifique robe de soie rouge, un châle noir négligemment tombant au creux de ses reins, et Anthéa, sombre, en jupe et col roulé, noirs, bien entendu.

Et Mycroft, en costume clair cravate et parapluie, avec de gros doutes sur le bienfait de sa présence ici… Il n'était d'ailleurs pas le seul à éprouver ces sentiments, Irène était venue accompagnée. Un autre homme, aussi grand que lui, habillé avec une rigueur toute militaire, tout en gris, ce qui s'accordait bien avec ses cheveux roux –mais vraiment très roux- et ses yeux marrons. Il suivait la pirate informatique de deux ou trois pas et secoua la tête en apercevant le chef du MI6 et sa collaboratrice, comprenant subitement les projets de la sienne.

Ils s'assirent tous les quatre et Irène Adler présenta son compagnon comme le colonel Sebastian Moran, bras droit de Moriarty.

Le roux fit un sourire gêné à Mycroft, sachant pertinemment comment ça allait finir, et pourquoi on l'avait amené : il allait devoir mettre l'agent britannique dans son lit pour qu'Irène ait le champs libre avec « Anthéa »…

A vrai dire, pour le moment, ce type lui semblait sans grand intérêt. Oh, il savait qui il était, il ne le savait que trop… Il semblait très intelligent, fidèle à sa réputation, encore plus hautain que son patron, et avait l'air de s'ennuyer divinement. Son caractère tirait sans doute vers la paranoïa, il était ultra-protecteur, impatient, impitoyable quand il s'agissait de boulot, et asocial, au moins autant que son petit frère. Sa vie privée était un désert. Comme celle de l'inspecteur Lestrade il y avait six mois… Ils auraient fait un beau couple, tiens ! Il sourit de l'ironie de la chose : dire qu'à un moment, il avait eut des vues sur son patron… Il secoua la tête, navré. Qu'est ce que Moriarty était allé faire chez l'inspecteur Lestrade le dernier mercredi de septembre ? Evidemment, l'ennui était la cause de tout ça. Le même ennui dévorant qu'il voyant actuellement sur le visage de Holmes.

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Celui-ci avait dû deviner les projets d'Irène car il s'était désintéressé de la conversation des deux femmes pour regarder dans le reste de la salle. Ses yeux se perdaient sur un gros monsieur, allaient sur sa femme, sautaient à la table suivante, encore un couple, un homme et sa fiancée… Non, sa maîtresse. Elle allait le quitter bientôt, mais pas ce soir, elle voulait en profiter encore un peu.

-C'est intéressant ?

Mycroft porta vaguement son attention sur l'homme roux…-Quel âge ? 37. Habite dans l'ouest de Londres. Pas d'animaux, pas de famille, pas d'amis. Un homme seul, encore un.

-…Oui, dites moi colonel, vous aimez la peinture, je crois ?

L'information faillit surprendre le colonel, mais il était habitué…

-Oui, pourquoi ?

-Je pense que nous pourrions aller en discuter devant un verre de Whisky chez moi, ces dames n'ont plus besoins de nous comme alibi, n'est ce pas, fit l'autre avec désinvolture.

Anthéa hocha la tête et prit la carte que son patron lui tendait tandis qu'Irène faisait une mine faussement choquée.

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U*^_-)$(-_^*U

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Mycroft conduisit ainsi le colonel dans son appartement, au cœur de Londres, un endroit quasiment introuvable.

En lui-même, c'était un lieu étrange, comme son habitant. Confortable et froid à la fois, ce qui était sûrement dû à la quantité extraordinaire d'ordinateurs et d'objets électroniques en tout genre un peu partout. Il y avait aussi de nombreux livres… sur les tapis. Les meubles étaient récents, les murs pimpants, quelques tableaux y étaient accrochés, quelques photographies, aussi.

Mycroft Holmes était encore plus bordélique que son frère.

D'ailleurs, la première chose qu'il fit, après avoir pendu sa veste et indiqué un fauteuil à Moran, ce fut de ramasser un objet quelconque par terre et de prendre un tournevis sur une commode. Puis, il se laissa tomber sur le canapé en face du colonel et s'absorba dans des réglages et dans un profond silence pendant plus de dix minutes, jusqu'à ce que le colonel Moran ose demander ce que c'était que cette chose, le sortant brusquement de sa concentration.

-Oh, pardon, je manque à tous mes devoirs, vous voulez boire quelque chose ?

-Le Whisky que vous aviez proposé tout à l'heure sera parfait…

Cet homme était étrangement fascinant… Intimidant, aussi… Il le regarda se diriger vers la cuisine de son pas élastique.

Curieux, le colonel saisit l'objet qu'Holmes avait laissé tomber sur le canapé. Il ressemblait à un morceau de manche à balais métallique, environs quinze centimètres de long, deux ou trois de diamètre, un bout arrondit… Il ouvrit de grands yeux quand il comprit ce que c'était. On lui avait enlevé tout ce qui n'était pas métal ou électronique, mais ça restait un…

-N'ayez crainte, je ne m'en sert pas, fit la voix glacée de Holmes qui était revenu silencieusement et lui tendait un verre. Je voulais voir si les circuits pouvaient êtres récupéré pour quoique ce soit de dangereux, mais il semble qu'ils soient encore plus ordinaires que ceux du micro-ondes.

Moran prit le verre, ahuris :

-Vous… Vous avez démonté votre micro-onde ? ?

-Bien sur. Tout ce qui se trouve ici a été démonté, et remonté. Qu'avions nous prévu ensuite ? Ah, la peinture…

-Une minute ! Vous m'avez vraiment amené ici pour parler peinture ?

Il semblait assez suspicieux. Du même air détaché, Mycroft eut un petit sourire :

-Eh bien, nous pourrions baiser sauvagement toute la nuit et sans aucun sentiment, mais d'une part, l'endroit n'est pas du tout confortable, et d'autre part, j'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas mélanger deux camps ennemis, et les relations sexuelles dans les situations comme la notre impliquent systématiquement des complications sentimentales. De plus, ce serait extrêmement banal, vous ne trouvez pas ?

Moran éclatât de rire, et avec une lueur coquine dans les yeux, il montra le sextoy sur le tapis :

-Ça dépend de vous… Vous êtes sur que vous ne voulez pas tester cet engin ? C'est un genre d'expérience, après tout…

-Il y a encore des fuites de courant, ne tentez pas le Diable.

-Vous seriez près à accepter ?

Il était assez circonspect…

-Ne chatouillez pas mes pulsions suicidaires. Ce genre de décharge peu provoquer la mort, surtout que j'ai jeté le revêtement en caoutchouc.

-Vous avez des pulsions suicidaires, vous ?

-Ne soyez pas bête, tout le monde à partir de 90 de QI en a, bien sur que j'en ai.

-C'est surprenant... Je ne vous voyais pas comme ça…

-Comment ? Suicidaire ? J'ai seulement parlé de « pulsions », colonel. Vous avez dû voir la tentative de mon frère le mois dernier ?

-Bien sur… Mais ce n'était pas sérieux.

-Evidemment. Sinon, croyez moi, il aurait réussit. Maintenant, pensez qu'intellectuellement, il est démontré que je suis 1.7 fois plus rapide que lui. Et imaginez ce qui me passe par la tête. Mon cher petit frère fait environ une tentative par mois.

Le colonel le regardait, horrifié. Eh ben… Mais, dans la tête de son propre patron, que se passait-il ? Soudain, il remarqua le contenu du verre de son hôte :

-C'est du jus d'orange ? ?

Mycroft grimaça, son dentiste détestait cette habitude boire du sucré à toute heure.

-On peut dire qu'en quelque sorte, je ne supporte pas l'alcool, donc…

-« En quelque sorte » ? Comment ça ?

-Eh bien cette substance accélère considérablement mes réflexions, et le plus souvent, ça finit en crise. Vous voulez voir ? Il suffit d'une gorgée.

Il tendait la main, et Moran lui tendit son verre, même s'il doutait fortement que ce soit une bonne idée… Une crise ? Quel genre de crise ? Moriarty ne buvait quasiment pas d'alcool, lui non plus… Sherlock Holmes non plus, pour ce qu'il avait pu en voir… ça provoquait le même effet sur tous les génies ?

Mycroft trempa légèrement ses lèvres dans le liquide doré, en avala une petite gorgée et rendit le verre au colonel.

-Bien les effets ne devraient pas tarder, de quoi pouvons nous parler en attendant ?

-Pourquoi avez-vous de l'alcool chez vous si c'est dangereux ?

-Vous vous rappelez de ces fameuses pulsions ? Ç'en est une. Qui en comble d'autre, ensuite. Vous n'imaginez pas le nombre incroyable de façons de se suicider avec une bouteille de Scotch. 17…25…31… Je m'arrête à quarante, sinon ça ne serait plus réaliste. La première, pour moi, et simple : vider la bouteille, coma éthylique, mort. La seconde : casser la bouteille, s'entailler les poignets avec et attendre de mourir. Après, on peut accélérer le processus en allant dans une baignoire remplie d'eau… Rien qu'avec la bouteille et les morceaux de verres, je vous épargne toutes les morts par exsanguination, où qu'on se coupe un veine, ou où qu'on se plante un éclats, œil, cou, bras, etc. Ensuite, il y les morts indirectes. Insulter un écossait dans les bas-fonds de Londres sur la qualité de cette boisson, tuer quelqu'un et subir les représailles,… Dites moi, vous saviez qu'on peut tuer quelqu'un avec absolument n'importe quoi ? Les normes de sécurités sont complètement inutiles. Il suffit d'avoir des baskets à lacets pour détourner un avion. Et les couteaux en céramique ne sont pas détectés par les portails de contrôle. Et on peut réussir à cacher une mitraillette rapide dans une béquille métallique.

Mycroft parlait rapidement, presque sans prendre le temps de respirer. Il avait remonté machinalement ses jambes contre lui et pâlissait a vues d'œil pendant que le débit de ses paroles s'accélérait. A présent, les mots avaient du mal à sortir, la respiration du génie se faisait haletante, comme s'il avait oublié de respirer trop longtemps et qu'il ne voulait pas s'y remettre, considérant ça comme une perte de temps.

Moran ne faisait même plus attention à ce qu'il racontait, totalement focalisé sur son état, qui empirait de secondes en secondes.

Au moment où il vit les yeux verts se perdre dans le plafond et le grand corps tomber lentement sur le côté, il bondit de sa place pour le retenir.

Mycroft essayait désespérément de respirer, mais n'y arrivait plus, cherchait de l'air mais il n'y en avait pas. Il perdait le contrôle de ses sens, ne voyait plus, n'entendait plus, mais pensait toujours, de plus en plus vite. Si ça continuait, il allait exploser. Est-ce que ce serait beau ? Non. Après une vie moche, une mort moche. Exploser, non mais je vous jure, alors qu'il détestait être remarqué… Tout cela en parallèle avec des considérations métaphysiques du plus haut niveau et une révision d'absolument tout ce que son cerveau avait enregistré jusqu'ici.

Pourtant, dans ce flot immense de pensées, il sentit les bras du colonel le retenir, comme dans un état second, il sentit aussi qu'il essayait de le stopper, qu'il lui enlevait sa chemise pour qu'il puisse mieux respirer…

Respirer ?

Pourquoi faire ?

Ah, oui.

Pour vivre.

Alors il ouvrit la bouche et avala de l'air qui lui brûla et glaça les poumons à la fois. Peu à peu, il reprit conscience de son environnement. Il était dans sa douche, un jet d'eau glacée « refroidissait le système »… Le colonel était assit sur le rebord, inquiet.

-Ça va ?

-Mieux. Merci.

Fin de la discussion, de la rencontre, au revoir, partez.

C'était le sous-entendu et le colonel le comprit bien, mais il restait anxieux. Il hésitât, Holmes frissonnait à cause de l'eau froide, il coupa le jet, regarda l'homme pâle et mouillé qui arrivait maintenant à respirer plus ou moins correctement.

Il était beau, comme ça, fragile comme un mur de verre.

Il saisit une serviette et lui sécha les cheveux doucement, sans réfléchir à ce qu'il faisait. Moriarty n'aimait pas Mycroft, Sherlock le détestait, et il ne fréquentait presque personne d'autre. Il avait toujours été seul, parce que son excellence faisait peur aux autres, alors il avait finit par se persuader qu'il préférait ça. Mais personne ne pouvait le supporter pendant tout ce temps là ! C'était impossible !

Moran pensa fugacement que Moriarty avait Lestrade, maintenant, et Sherlock avait John pour le soutenir. Mais qu'est ce que lui, il avait ? Tout à l'heure, Holmes avait dit, à raison, d'ailleurs, que ça ne donnait jamais rien de bon de mélanger des camps ennemis… Pourtant… Non, c'était une mauvaise idée. Être à ce génie ce que le docteur Watson était à Sherlock Holmes ou ce que l'inspecteur Lestrade était à son patron, ça ne pourrait jamais marcher avec eux.

L'ordre implicite de l'agent britannique restait malgré tout, et il se leva. Soudain, il sentit que quelque chose n'allait pas avec Holmes…

-Vous pouvez vous lever ?

-Non.

La réponse si franche le fit ouvrir des yeux ronds. Il se reprit rapidement, souleva le long corps dans ses bras, il était léger comme une plume. Il le porta jusque dans sa chambre et fut surprit.

Elle était entièrement noire. Rideau, papier peint, meubles, tapis, plafond, tout, sauf le lit qui était gris clair.

Et il n'y avait rien d'électronique dans la pièce.

-Ça m'aide à dormir, sinon je ferais une crise tous les soirs. Ou je serais drogué aux somnifères.

-Vous en prenez ?

Ces pilules blanches mettaient le colonel mal à l'aise, son patron en prenait régulièrement et augmentait lentement ses quantités, sauf quand il allait chez l'inspecteur. Un jour, il atteindrait la dose mortelle…

-Non.

Il retint un soupire de soulagement.

-Quoique… Ce soir, peut-être.

-Pourquoi ce soir ?

-L'alcool, grimaça Mycroft. Et vous.

-Moi ? Comment ça ?

Le génie soupira, légèrement exaspéré. Il fallait vraiment tout lui dire ?

-Je vais passez la nuit à vous revoir sous toutes les coutures et à imaginer le reste, et je ferais peut-être –sans doute- une deuxième crise. Or, vous ne serez plus là pour me stopper, et cette fois, j'exploserais pour de vrai. Donc. Somnifères.

-Comment je peux l'empêcher ?

Il ne voulait pas être la cause d'une prise de drogues.

- Restez.

-Pardon ? !

Le mot avait claqué comme un ordre et la réponse était sortie rapidement aussi. Nouveau soupir. La patience du chef du MI6 avait des limites !

-R.E.S.T.E.Z. Enlevez vos chaussures, allongez vous là. Merci.

Mobilisant le peu de forces qui lui restait, Mycroft posa sa tête sur la poitrine du colonel et soupir d'aise : c'était tout chaud ! Moran frémit, mais referma ses bras sur lui.

-Vous êtes sur que…

-Oui. Sherlock dort beaucoup mieux depuis qu'il le fait dans les bras du docteur Watson. Je suppose que c'est pareil pour Moriarty. La chaleur humaine est le meilleur des somnifères.

Il ferma les yeux et sa respiration se fit vite régulière et douce.

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Dans le noir, Moran, lui, réfléchissait encore.

Qu'est ce qu'il était en train de faire ? Qu'est ce qu'il foutait dans l'appart du chef des services secrets anglais ? Il avait toujours été prudent par nature, cette situation était tout à fait invraisemblable. De plus, lui aussi était du même avis que Holmes. On ne mélange pas noir et blanc, gentils et méchants sans avoir ensuite des problèmes…

Il considéra soudain le fait que ce n'était qu'un humain qui reposait sur son cœur. Un homme un tout petit peu plus jeune que lui, dont la vie aurait pu finir ce soir s'il n'avait rien fait, pour une simple gorgée de Whisky. Or, il avait fait quelque chose. Pourquoi ? Parce que la solitude de Holmes ressemblait à la sienne, en pire, ou parce qu'il était habitué à gérer les situations à risques ? Il ne savait même pas ce qui se passerait le lendemain. Est-ce que Holmes le mettrait froidement à la porte et ils ne se reverraient jamais, ou bien… ? La première solution était sans doute la meilleure, mais tout son être se révoltait contre. Il ressentait un impérieux besoins de savoir si Holmes allait bien, et de tout faire pour dans le cas échéant…

En y réfléchissant bien, l'avenir dépendait entièrement de son boss, de ce qu'il déciderait de faire avec l'inspecteur.

Il ne restait plus qu'à prier.

Mais pour quoi ? Juste pour qu'il fasse le bon choix.

Il était dans de beaux draps…

Un jour, il irait voir l'inspecteur Lestrade, pour lui demander comment il faisait pour ne pas devenir fou. Car le policier devait avoir les mêmes doutes que lui, se poser les mêmes questions… Et il ne faisait aucun doute que Moriarty était bien pire que Holmes, dans sa catégorie…

Mais pas ce soir. Il se sentait bien, le corps du génie contre lui, son souffle calme, son air bizarre quand il était réveillé… Il sourit et ferma les yeux à son tour.

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Bon voilà. C'était ma version d'Irène Adler, D'Anthéa et de Moran…

Dites, vous voulez me faire très plaisir ?

Il y a cent personne qui me lisent, et j'ai environ sept review par chapitres, ce qui fait 93 personne qui ne reviews pas !

Je vaux donc si peu ?

*Va se tuer avec du scotch*

Bon, je sais, j'arrête de me plaindre… A pluche ! :)