Lorsque Lexa ouvrit les yeux, il faisait grand jour, ce qui l'étonna beaucoup, car ce n'était pas son habitude de dormir si tard. Soudain, elle eut un sentiment étrange, quelque chose n'était pas normal. Elle essaya de se souvenir de ce qui s'était passé la veille au soir, mais rien ne lui venait à l'esprit, pas même une vague idée, le néant. Comment était ce possible ? Son problème d'amnésie, s'aggravait il ? Non. Elle arrivait à savoir, ce qu'elle avait fait la semaine dernière, et même, comment s'était déroulé la journée d'hier, mais après le dîner, plus rien, un black out total.
Elle se releva dans son lit, et ressentit des douleurs dans tout son corps. Elle s'examina rapidement, constata qu'elle était nue, ce qui était également étrange, puisqu'elle dormait au moins avec chemise et boxer. Elle avait des ecchymoses sur tout le corps, particulièrement autour des poignets, comme si on les lui avait attrapé et serré avec force. L'intérieur de ses cuisses, présentait aussi des traces, de bleus ou de coups.
Son esprit embrumé se mit à réfléchir et c'est avec horreur qu'elle fut dans l'obligation d'en venir à la seule conclusion possible, sur ce qui c'était passé la veille. Mais tout son être refusait cette évidence. Pas ça. Pas elle. Qui avait pu ? Et pourquoi, ne se souvenait elle de rien ? Elle avait forcement, du lutter. Comment ne pas avoir de souvenirs ? Comment était il possible, de ne pas se souvenir d'une chose pareil ?
Sans s'en apercevoir, elle faisait les cent pas, nu, dans sa chambre. Ses émotions se bousculaient, elle ressentit de la colère, de la honte, de l'humiliation, du dégoût. Elle eut la nausée, elle fut secouée de spasmes et cru qu'elle allait vomir, mais son estomac était vide, alors rien ne sortit.
Machinalement, elle se dirigea vers la salle de bain, il fallait qu'elle lave son corps, qu'elle le débarrasse des souillures, mais de qui ? D'un homme ? D'une femme ? Forcement d'un homme ! Il n'y avait qu'un homme pour faire ça ! Et surtout être assez fort physiquement pour la maîtriser ! Penser qu'un homme, avait pu la toucher, la pénétrer... Elle frotta son corps aussi fort qu'elle le pu, jusqu'à ce que sa peau soit rouge.
En sortant de son bain, elle enfila des vêtements propres, mais malgré l'eau, le savon et le tissu, elle se sentait toujours sale.
Au pied de son lit, elle se laissa glisser et s'assit à terre. Cette position lui était familière et semblait l'apaiser. Il lui fallait retrouver ses esprits, si elle voulait retrouver celui qui lui avait fait ça, mais pour l'instant cela lui était impossible.
Assise, les jambes croisées, les mains sur les genoux, elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle se concentra et essaya encore une fois, de se souvenir, mais elle n'y arrivait pas. La colère qui faisait rage dans sa tête, fut bientôt rejoint par la frustration. La honte et l'humiliation étaient là aussi, remisées dans un coin, mais prêtes à refaire surface à tout moment. Lorsque Lexa réalisa, qu'elle ne pourrait parler à personne de ce qui s'était passé, qui lui faudrait vivre avec ça, sans l'espoir de pouvoir partager sa souffrance, alors un sentiment de solitude l'envahit. Elle sentit les larmes couler sur ses joues, sans qu'elle puisse les retenir. Le chagrin déferla comme un tsunami, elle se laissa envahir et bientôt, il la submergea.
Avait elle déjà pleuré ainsi ? Si longtemps, avec une telle intensité ? Il lui semblait que oui, qu'une fois au moins, elle avait ressentit un chagrin si grand, mais elle n'arrivait pas à se souvenir pourquoi... ou pour qui. Un visage s'imposa à elle. Elle ne savait pas qui s'était. Elle le voyait que par intermittence, comme si il avait été éclairé par des flashs ou des éclairs. Elle ressentait que cette personne était importante. Avait elle été le cause ou l'objet de la souffrance ? Autrement dit, amie ou ennemi ? Lexa penchait pour un ennemi. C'était une femme, les cheveux courts, blonds et bouclés. Un regard bleu, perçant et froid comme de la glace. Des scarifications sur le visage. Azgeda ! Que lui avait fait cette femme ? Et qui était elle ? Avait elle un lien avec Roan ?
Roan ! C'était lui ! C'était forcement lui !
Lexa se releva d'un bond. Tous les sentiments qu'elle avait ressentit, la souffrance, la tristesse, la honte, avaient disparu, il ne lui restait plus à présent, que la rage. Cette état de fureur, qui l'amenait vers le besoin irrésistible de tuer. Elle allait tuer cette ordure de Roan et cette femme aussi, parce qu'elle l'avait fait souffrir et qu'elle devait avoir un lien avec lui.
Elle fouilla sa chambre et tomba sur un harnais, comportant deux étuis pour épées. Elle l'enfila, attrapa les deux épées qui étaient sur le mur et les plaça dans les étuis.
Elle mit la main sur la poignée de porte, l'ouvrit et se trouva nez à nez avec Octavia. La sœur de Bellamy sut tout de suite que quelque chose n'allait pas.
- Lexa que se passe t-il ?
- Octavia ôtes toi de mon chemin !
- Lexa, je ne sais pas ce qui se passe, ni ce que tu as l'intention de faire, mais je sens que cela ne va pas me plaire !
- Je me moque de ce qui peut te plaire ou pas ! Pousse toi !
- Je ne peux pas Lexa... Qui apprête tu à tuer ?
- Cela ne te regarde pas !
- Si Lexa ! Si tu tues quelqu'un, ça me regarde !
- Je vais tuer Roan ! Je vais tuer ce porc !
- Non, non, non, Lexa ce n'est pas possible ! Quoi qu'il ai fait, tu ne peux pas le tuer ! Tu as besoin de lui ! Il est encore trop tôt, tu n'as pas la flamme ! Sans Roan, le peuple ne te suivra pas !
- Tu n'as aucune idée de ce qu'il a fait ! Il doit mourir !
Octavia poussa gentiment Lexa à l'intérieur de la chambre et referma la porte.
- Maintenant, Lexa, racontes moi !
- Je... Je ne peux pas...
- Comment ça ?
- Je n'ai aucun souvenir...
- Oui, je sais ça Lexa...
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Il s'est passé quelque chose cette nuit, mais je n'en ai aucun souvenir...
- Attend, je ne te suis pas..., c'est ton amnésie qui s'aggrave ? Et quel rapport avec Roan ?
- Non, je vais bien, enfin..., oh et puis merde ça suffit, je perds mon temps ici ! Dit Lexa et attrapant la poignée de la porte.
- Lexa ! Par tous les Dieux, explique moi !
- J'ai couché avec Roan !
Octavia regarda Lexa avec étonnement.
- Je ne crois pas avoir été consentante !
- Tu veux dire qu'il t'as...
- Je le pense...
- Oh Lexa, je suis désolée... Mais tu dis n'avoir aucun souvenir ?
- C'est vrai, il a du me donner une drogue...
- Mais alors comment le sais tu ?
- Je le sens dans tout mon corps...
- Es tu certaine que c'est lui ?
- Ça ne peut être que lui !
- Mais tu n'en es pas sur ! Lexa tu ne peux pas tuer quelqu'un, sur des présomptions !
- Je te dis que c'est lui ! Hurla Lexa.
Lexa poussa Octavia avec une telle violence qu'elle se retrouva par terre.
- C'est lui et il va payer ! Dit Lexa en ouvrant la porte et en s'engouffrant dans le couloir en courant.
Octavia se redressa d'un bond et partie derrière Lexa. Il fallait qu'elle la rattrape avant qu'elle ne commette l'irréparable, même si cet idiot de Roan l'avait déjà commit.
Lorsqu'elle arriva sur le pas de la porte de la salle du trône, Lexa avait dégainée ses épées, elle était déjà face à Roan, qui lui, était désarmé.
Roan, n'était pas seul, deux soldats étaient avec lui, qui le défendraient jusqu'à la mort, ce qui ne manquerait pas d'arriver, si Lexa attaquait. Octavia constata avec surprise que Lexa ne bougeait pas. Intriguée, elle fit quelques pas pour rentrer plus à même dans la salle. Le sang de la jeune guerrière se glaça, lorsqu'elle comprit, pourquoi Lexa était figée. Dans le coin droit de la salle se tenait Indra. Elle était à genoux, deux hommes la maintenaient dans cette position.
- Ah Octavia ! Nous n'attendions plus que toi ! Nous sommes en plein mélodrame, tu sais ! Dit Roan avec un grand sourire.
- Qu'est ce que tu as fait ? Demanda Lexa.
- Moi ? Mais rien du tout ! Dit Roan en prenant un air offusqué.
- Tu m'as drogué ! Qu'est ce qui c'est passé, hier soir ? Demanda Lexa.
- Oh, tu ne t'en souviens pas ? Comme c'est dommage... Oui, c'est vrai, j'ai peut être accidentellement versé, quelques gouttes d'un produit dans ton verre. Polis est extraordinaire, on y trouve un tas de chose, notamment dans le quartier est. L'apothicaire qui me l'a vendu, m'a assuré que une ou deux gouttes de ce produit, rendait les femmes très docile, et il avait raison le bougre ! J'ai tout de même augmenté la dose pour toi, je voulais être sur ! Et j'ai bien fait, parce que tu t'es tout de même défendu, pas très longtemps... Après... Et bien après, c'était bon ! J'espère que tu porteras bientôt un enfant ! Et si nous avons de la chance, ce sera un garçon !
- Je vais te tuer Roan ! Hurla Lexa en levant ses épées.
- Attention, s'il m'arrive quoi que ce soit, mes soldats ont ordre de tuer la Trikru !
Lexa se ravisa, baissa ses armes. Elle transpirait la rage, Octavia se demandait comment elle arrivait encore à garder le contrôle d'elle même.
- Heda, ce sera un honneur de mourir pour vous, tuez le ! Murmura Indra.
- Tais toi ! Cria un des soldat en décochant une droite à Indra.
- Je ne peux pas Indra..., dit Lexa en laissant tomber ses armes.
- Je ne veux pas que vous soyez à sa merci, à cause de moi !
- Roan, relâche la, s'il te plaît ! Dit Octavia sur un ton ferme.
- Ah Octavia, nous ne t'avions pas encore entendu et pour cause ! Imagine ma surprise, lorsque mes soldats m'ont ramené Indra ! N'étais tu pas sensée avoir tué cette Trikru ?
- Je...
- Tu m'as désobéi, pire, tu m'as menti ! Attrapez la et jetez la dans le même trou que Indra !
Octavia savait qu'elle ne pourrait sauver Indra et Lexa, alors avant même que les deux hommes ne bougent, elle attrapa la main de Lexa et l'entraîna dehors. Les deux soldats stoppèrent leur course, se regardèrent, puis regardèrent Roan.
- Pourquoi vous me regardez comme deux idiots ! Partez à leur poursuite et ramenez les moi !
Les deux hommes partirent dans la même direction que les deux jeunes femmes.
Octavia tenait toujours fermement la mains de Lexa lorsqu'elles arrivèrent aux écuries.
- On prend deux chevaux et on part !
- Pour aller où Octavia ? Je ne peux pas laisser Polis et le reste de mon peuple aux mains de Roan !
- Si pour l'instant ! Nous allons rejoindre Clarke, tu vas retrouver ta mémoire et nous trouverons un moyen de récupérer ton trône !
- Mais par quel moyen ?
- Je ne sais pas, mais Clarke aura bien une idée, elle a toujours une idée ! L'important c'est de rester en vie !
- Et Indra ?
- Il va certainement, la jeter en prison, mais il va la garder en vie...
- Tu en est certaine ?
- Oui, il a vu que c'était un moyen de pression contre toi, alors il va forcement la garder !
- J'espère que tu as raison...
- Écoute, cela ne me plaît pas plus qu'à toi de la laisser aux mains de Roan, mais il fallait que je prenne une décision et celle ci m'a paru être la plus logique ! Indra comprendra, elle aurait fait le même choix, je pense... Allez, il faut partir avant que ces deux lourdauds nous retrouvent.
- Tu sais où est Clarke ?
- Oui, suis moi ! Dit Octavia en talonnant son cheval.
Elles menèrent leur cheval à un train d'enfer, mais un peu plus de deux heures plus tard, elles arrivèrent devant l'échoppe de Niylah.
- Tu es certaine qu'elle est ici ?
- Et bien, si elle n'y est plus, elle y était et Niylah saura bien nous dire où elle est allée !
- Mais l'endroit a l'air désert...
- C'est vrai, c'est étrange...
Octavia frappa à la porte.
- Niylah ! Niylah !
Personne ne lui répondit.
- Elle est peut être partie pour quelques jours, nous ne pouvons restez dehors ! Je vais crocheter la serrure pour nous mettre à l'abri, je suis sur qu'elle ne nous en voudra pas !
- Si tu lui abîmes sa porte...
- Je ne vais pas lui abîmer, je vais l'ouvrir, comme je l'aurais fait avec une clé ! Regarde !
Octavia ramassa un fils de fer dans le tas de ferrailles qu'il y avait à coté de la bâtisse. Elle le plia en deux et introduit les deux bouts dans la serrure. Au bout de trois minutes à peine la porte s'ouvrit.
- Et voilà ! Abracadabra !
- Abracada quoi ?
- Non rien laisse tomber...
Les deux jeunes femmes rentrèrent prudemment dans l'échoppe pour vérifier qu'il n'y avait personne. Une fois fait, elle allumèrent un bon feu et attendirent le retour d'un de leurs amis.
