*moi sortant la tête de ma tente de couette, le portable en main*
J'ai fini WOOHOOO !
Bon j'ai raté une semaine, j'en ai écris pour trente deux pages mais je suis enfin là !
je sais, on vous a trop manqué avec Eddy, alors je stoppe les blablas et je vous laisse avec Mister Cullen.
Enjoy !
Way down we go - Kaleo / Shallow - Bradley Cooper & Lady Gaga /
Supermassive black hole - Muse / Joanne - Lady Gaga
. . . . .
Disclaimer : Je feuilletais les bouquins et relisais dans un de ses avant-propos que la Lilith de toutes nos fanfictions, s'était inspirée de Muse pour écrire et tout comme Rob, qui disait récemment s'être retapé l'un des Twilight, j'en conclus (en total accord avec lui) que la zic était vachement bonne. Donc au final, tous les persos d'origine appartiennent à Muse..
. . . . .
Chapitre 14 :
Emo therapy by Bella Swan
Subject : Edward Cullen - Age : 21
- First week -
. . . . .
*Bruit envahissant et strident d'une alarme incendie*
J'ouvre les yeux malgré moi. Autour de moi, ma chambre telle que je la connais et le jour qui pointe le bout de son nez. Pas de fumée, ni d'odeur et apparemment pas de maux de tête. Malgré cette sensation de peser une tonne, je suis bel et bien réveillé et non pas dans un de ces cauchemars où je fous le feu à un immeuble tout en étant encore à l'intérieur -gros malin que je suis- et qu'il me faut affronter les flammes avant qu'une pompier bénévole littéralement chaude et moulée dans un uniforme ignifugé au décolleté vertigineux ne vienne à mon secours - Ouais non, Je ne rêve pas, la sirène d'alarme résonne dans tout l'appartement. Cette insupportable boucle sonore m'agresse dès bon matin et mon deuxième premier réflexe est de me retourner sur le matelas et d'enfouir ma tête sous l'oreiller en attendant que ça passe.
"Merde, y a le feu ?! Se/me demande Bella réveillée elle aussi et sensiblement plus affolée que moi.
- Hmmpgfm
- Hein ?
- Hmmoofh
Je me redresse légèrement sur mes avant bras, le coussin dodelinant sur ma tête.
...Y a pas le feu. Ça c'est Jasper.
Presque blasé, je lui lâche l'info et bien évidemment, sa réaction ne se fait pas attendre. Les yeux ronds, les mains près des oreilles, elle me demande de répéter, incrédule et peut être un poil parasitée par cette putain d'agression auditive.
- C'est bien l'alarme incendie ? Me crie t-elle, sous entendu, c'est pas encore votre horrible sonnette ?!
- Oui mais Y A PAS le feu ! Répète-je plus fort.
- Qu'est ce que t'en sais ? T'as un sixième sens dalmatien ?
Je grogne et me redresse carrément à la force de mes bras. Je quitte mon lit chaud et mon agréable compagnie pour passer par le dressing, sortir du tiroir un boxer, l'enfiler et foncer vers le salon sans jamais cesser de râler.
Et au centre de la pièce, Jasper -j'en étais sûr- dans son vieux t-shirt de Baseball, debout sur le tabouret, la clope au bec, rejetant la fumée en direction du détecteur collé au plafond.
Jasper quoi…
- Tu peux arrêter ? Lui demande-je.
Il mime le mec qui n'entend pas. Je réitère alors plus fort ma demande, les mains en coupe style porte au loin autour de ma bouche mais ce chameau m'ignore et même me nargue en tirant une plus grosse latte. J'avance alors vers lui, visage fermé et sourcils froncés et perçois un,
- Tu n'oserais pas ?
Et je lui réponds,
- On parie ?
J'amorce de secouer le tabouret et l'entends déjà crier. Efficace, mon attaque le déstabilise sur bien des niveaux et c'est très rapidement et avec beaucoup d'agilité qu'il éteint cette fichu alarme.
Aaaaah douceur est le silence et pénible est le bourdonnement à mes oreilles mais rien ne vaut un bon vieux retour au calme pour pourchasser son colocataire.
Jay m'esquive une ou deux fois mais ne réussi pas à échapper à mon lancé de coussin de canapé. Étant le plus rapide et celui qui vise le mieux, Jasper en perd sa cigarette et peste comme un putois en allant chercher le balai pour ramasser ses conneries..
- Putain Edward t'aurais pu attendre que je l'écrase !
- Mmh j'y penserais la prochaine fois que tu nous réveilleras en sursaut comme ça !
- Ça t'a plu ?
- À ton avis ?
- Mince je t'ai réveillé, Je suis désolé.
- Mais tellement pas !
- Ah mais si ça m'ennuie de t'avoir arraché à tes jolis rêves de Carnegie Hall… Ah ben non ! Ça c'était toi à deux heures du mat sur ce putain de piano à queue !
- Ouais je m'excuse, sérieux c'était pas prémédité et-
- Et en parlant de queue..
- Ouais ça aussi c'était pas prémédité.
- Mmh ouais, alors nouvelle règle…
Pas de baise ni de bordel dans les parties communes et surtout pas quand certains dorment ! Et nettoie moi ce piano par pitié !
- Techniquement on a pas baisé.
- Ben la prochaine fois que 'techniquement' vous ne baiserez pas, laissez pas traîner vos sous-vêtements.
- Ouais j'avoue ça craint. Désolé, dis-je un peu confus devant la gueule du piano..
Jasper avance vers moi avec une grosse éponge et du détergent.
- Si j'étais toi, j'y foutrais le feu.
- D'autant plus que t'as déjà enclenché l'alarme.
- C'était ça ou te tuer dans ton sommeil.
- Ah oui tout de même Jay ! C'est pas un peu disproportionné comme vengeance ?
- Je suis célib mec. Tu sais pas la tension que vous me foutez tous les matins.
Je ne peux retenir un sourire. Jasper me menace du poing et le sourire se mue en rire tonitruant. Il me balance alors l'éponge au visage et se casse. Je ramasse mon bas de pyjama abandonné et saute dedans. Un peu plus loin sous le piano, gît la petite culotte grise de Bell's. Je me mets à quatre pattes et tends le bras pour l'attraper et instinctivement la cache au fond de ma poche. Puis me relève et crie,
- Allé Captain fais pas la gueule ! Tu veux qu'avec Emmett on t'organise un blind date ? Je suis sûr que des tas de meufs feraient la queue pour passer la soirée avec le beau Whitlock.. Et d'ailleurs il est où McCarty ?
- A la fac. Me lance t-il depuis l'espace bibliothèque de notre appart. Y en a qui bossent figure-toi.
- C'est pas là où tu devrais être au lieu de glander ?
- Tais-toi et nettoie ! Ordonne t-il tout en chargeant son sac de deux ou trois bouquins.
- Jaloux !
- Va te faire foutre !
- C'est presque ça et j'aimerais bien !
- Tu aimerais quoi ? Surgit Bella, déjà lavée et habillée.
Je pique un fard et ravale ma salive devant ma copine.
- Rien rien..
Je capte un,
- AH on fait moins le malin là hein Cullen ? Provenant du couloir qui mène à la chambre de mon coloc et fais semblant de ne pas l'avoir entendu.
- Tu es déjà prête ? Dis-je en la scannant des pieds à la tête.. Stan Smith, petit jean déchiré au genoux qui va bien, chemise à gros carreaux blanche et noire nouée sur le devant, des tours et des tours de foulards, un long manteau boy en laine gris foncé dans une main et un grand chapeau noir dans l'autre. C'est pas ma chemise ça ?
- Oui la matinée est déjà bien entamée. On a pas toute la journée, j'ai cours cet après-midi. On va être en retard.
- En retard pour quoi faire ?
- Ta thérapie mon chéri ! Me dit-elle enjouée, tout en piquant un croissant dans la panière sur le comptoir.
Damn ! Elle n'a pas oublié. Je finis de nettoyer mon piano, range un peu, lui chipe un morceau de viennoiserie en souriant et lui vole un bisou et son chapeau que j'arbore avec style avant de me diriger vers la salle de bain.
Bella rit mais ne tarde pas à récupérer son chapeau et à me réclamer au passage sa petite culotte de la veille… Je lui mens effrontément.
- Aucune idée. Demande à Jasper.
Sans me retourner je peux entendre qu'elle s'étouffe et fier de moi, mets la main dans la poche..
- Jour 1 -
Lunettes de soleil sur les yeux et main dans la main, Bella et moi nous nous promenons à travers les allées du grand marché couvert du quartier, le programme du jour étant basé sur une phase d'observation de ce que je peux ou non accepter et une phase de reconnexion avec des activités humaines lambda telles que faire ses courses. Bien content de commencer avec un truc facile, je la laisse m'embarquer dans ces immenses halles à l'anglaise bourrées de monde sans même me plaindre une seule fois. Et en réalité, je trouve ça plaisant. Être auprès d'elle, veiller sur son bien être, l'observer choisir des fruits avec gourmandise, découvrir sa passion pour les plats épicés et la voir s'émerveiller devant un étal de fleurs me donne l'impression d'avoir un lien spécial avec elle et de ne plus trop être le centre de toutes les attentions -ce qui, je dois bien l'avouer, est très reposant-
Nous parlons de tout et de rien et élaborons des menus de ouf pour la semaine qui surpassent et de loin les habitudes de nous autres pauvres petits étudiants dont les petits déj peuvent se résumer à une fin de clope et une part de pizza froide. Bella me tire par le bras pour m'empêcher de lui offrir un bouquet de roses sauvages. J'insiste et le fleuriste n'écoute que moi. vaincue, elle cesse alors de rouspéter et accepte mon modeste présent. Lorsqu'elle porte les fleurs à son nez pour en humer le parfum, je ne peux retenir mon geste et passe une mèche rebelle derrière son oreille. Cette simple distraction pourrait et devrait être anodine mais nous renvoi deux/trois ans en arrière quand je l'avais aidé à se relever sur le terrain de sport - Notre premier 'tête à tête'. Elle rougit - se souvenant elle aussi j'en suis sûr - et je profite de cet instant et de ma position pour faire ce que mon moi ado n'a pas eu le cran de faire.. Me pencher pour l'embrasser.
... Comme je fais le beau devant mon ancien moi et comme ses lèvres m'ont manquées !
J'en soupire d'aise en glissant ma langue dans sa bouche et m'assure de lui procurer un max de sensation en gémissant tout contre elle. Mon sourire s'étire entre deux baisers mouillés et je voudrais ne plus avoir à me séparer de cette petite bouche chaude et de cette petite langue joueuse et sacrément habile. Mon moi ado doit vachement rougir rien qu'à se repasser les images torrides de cette nuit et de cette bouche magique. Et j'en ris presque tout contre ses lèvres en imaginant la scène. Bella soupire de plaisir, yeux à demi clos tout en me bécotant, se foutant du monde qui nous entoure et je passe brusquement de la mèche rebelle à ma main agrippée à ses cheveux, lui intimant d'approfondir nos baisers avec plus de précipitation. Elle s'échappe alors de mes lèvres, recule -petite peste- réajuste son chapeau malmené et m'allume. J'happe ses lèvres, les laisse presque s'échapper, reviens sur elles et recule moi aussi lorsqu'elle entreprend de prolonger le baiser. Sa langue claque dans l'air et je souris félin un brin rebel provoquant sa belle dompteuse. Bella lève les yeux au ciel mais sourit, blasée d'être avec un garçon aussi peu fréquentable. Elle me confie d'ailleurs ne plus être stable sur ses gambettes et je lui cède beau joueur alors un peu de souffle et d'espace en me tenant bien plus sagement. Nous reprenons l'exploration et je résiste fort à l'envie de glisser ma main dans la poche arrière de son jeans noir. Jusqu'à ce que vers la droite, je sois attiré par la partie brocante des halles et plus particulièrement par un corner seventie's. J'entraîne alors Bella et n'hésite pas à m'avancer sur les juxtapositions de vieux tapis persans. Posée contre un vieil ampli Marshall, une guitare m'a tapé dans l'œil. Je dépose au sol les sacs de courses et m'installe sur l'ampli, la gratte à la main.
- Elle serait parfaite pour Jasper.
- Tu sais en jouer ?
- Bof pas aussi bien que Jay.. Mais il m'a appris un truc nouveau pour emballer les filles. Dis-je taquin. Attends que je me rappelle…
Jambe largement croisée, je cherche quelques secondes les accords et me racle la gorge avant de me lancer. Bella dépose à son tour les achats qui lui encombraient les bras et n'attend que moi. Les notes s'élèvent mais pas trop pour rester discret et Bella pouffe en reconnaissant ce son martelé sur toutes les ondes.
- C'est pas beau de m'espionner sous la douche monsieur Cullen !
- Quoi moi ?
- Oui j'adore cette chanson, ne fais pas l'innocent.
- Je te promets que je n'en savais rien.
- Mouais.
- Euh, j'arrête ou du coup y a moyen de t'emballer ?
Elle me pousse l'épaule, rouge pivoine d'être soudain l'une de ces midinettes à zicos et je ris de l'avoir percée à jour.
... Swan la romantique.
- Tais-toi et chante.
- Ah je ne peux pas faire les deux ma chère. Soit je chante, soit je me tais.
Elle me tape vraiment ce coup-ci et je ris de plus belle.
... C'est bon j'arrête de taquiner ma meilleure groupie.
J'esquive un autre coup et réoriente vite la conversation.
... Mais je te préviens, c'est pas très clean comme son et je ne connais que le premier couplet.
Elle se tait et s'assoit sur une caisse face à moi. Jambe croisée et mains jointes elle attend le début de mon show acoustique. Son pied bat la mesure avant même que la mélodie ne démarre et je sens qu'il ne va pas falloir décevoir cette inconditionnelle fan. Je prends alors ma voix la plus éraillée et fais glisser mes doigts sur les cordes.
Tell me somethin', girl
Are you happy in this modern world?
Or do you need more?
… Bell's sourit pour elle même et soudain j'ai le trac.
…
I'm falling
In all the good times I find myself
Longin' for change
And in the bad times I..
Les derniers mots peinent à sortir de ma gorge.. fear Myself.
Je ne la regarde plus et répète les accords, un peu machinalement. Ces paroles me laissent un goût amer et je regrette presque le choix de la chanson tant avoir le spleen n'était pas mon envie. Bella me ressent, enfin je crois et me surprend comme à chaque nouvelle minute que je passe auprès d'elle.
- Tell me something, boy
Aren't you tired tryin' to fill that void?
Or do you need more?
Ain't it hard keeping it so hardcore? …
Et sans stopper la mélodie…
- C'est quoi la suite après ?
- Je peux pas c'est trop aigu pour moi.
-Tu ne veux pas essayer juste un peu ?
- I'm off the deep end, watch as I dive in
I'll never meet the ground
- Attends je t'aide je m'en souviens .. Crash through the surface, where they can't hurt us We're far from.. the shallow now
- In the shallow, shallow
- In the shallow, shallow
- In the shallow, shallow
- We're far from..
- the shallow now.
À peine nos voix se perdent dans les airs que je me lève pour réduire l'espace entre nous et l'enlace. Mes lèvres contre sa joue rosie, je cherche mes mots mais une fois de plus, c'est elle qui me surprend..
- J'aime ta voix… Quand tu chantes je veux dire..
Toute frêle et petite soudain je la sens gênée et m'en amuse pour ne pas lui rendre l'instant trop dur à gérer et peut être aussi un peu par peur de mettre à nu certains sentiments.
- Elles disent toutes ça.
Et ça marche. Elle me cogne, je ris et j'embrasse une dernière fois sa joue puis me relève. Avant de partir, je prends les coordonnées du vendeur pour repasser dans la semaine lui acheter la gratte et tout en posant un bras sur son épaule, je chuchote à l'oreille de la belle,
... J'aime aussi beaucoup ta voix, surtout quand tu…"
Je ne finis pas ma phrase exprès et me régale de la sentir frissonner. Elle s'en mord même la lèvre et je râle de ne pas pouvoir céder à toutes mes envies et pulsions ici, là et tout de suite. Et avec tout ça, j'en oublie les raisons de notre balade et même l'existence de cette stupide règle d'abstinence.
J'vous jure, cette fille là me perturbe !
- Jour 2 -
"Bonjour bel ami, tu as bien dormi ?
- Mmmh.
- Comment tu te sens ce matin ?
- Vaseux, trahi et je pense végétarien.
- Je suis désolée pour hier.
- Tu peux..
Je me retourne m'enroulant dans la couette en lui tournant le dos par la même occasion. Mais la traîtresse n'en démord pas et se colle à moi. Elle caresse du bout des doigts mon bras en s'attardant sur l'arrondi de mes biceps, embrasse doucement mon cou et souffle ces mots tout contre ma peau,
- Laisse-moi me faire pardonner bébé..
Je frissonne à l'idée de ce qu'elle pourrait me faire et ma bite en bas se réjouit déjà.. Sauf que,
... Pas de thérapie aujourd'hui. Juste un ciné ce soir en am- en tête à tête, se reprend t-elle juste à temps.
Déçu et perturbé je ne réponds pas à sa proposition et mon silence est pris pour un oui. Ciné donc en 'tête à tête' avec Bella, dans une salle obscure où nos corps pourraient.. Couché Eddy !
Enfin ça c'est si j'arrive à sortir du lit. Parce que entre la gaule et la tête qui tourne, c'est pas gagné ! Mettre un pied devant l'autre est une affaire d'état ce matin et ce uniquement à cause de Bella et de sa chouette idée de clôturer notre merveilleuse balade d'hier par la visite du quartier des abattoirs.. Histoire de se faire un bon steak à midi… Ou de me tuer… !
À peine avais-je franchi le seuil de la porte du premier boucher que je m'évanouissais. Entre l'insupportable odeur et les bêtes dépecées, mon cœur avait freiné sa course infernale et j'étais parti dans les vapes. Et comme si cela ne suffisait pas, Bee avait insisté pour qu'une fois de retour parmi les vivants, j'y retourne afin de choisir moi-même la pièce de bœuf. Mais l'odeur, cette odeur putain, ne me quittait plus. Je la sentais partout autour de nous et sur moi. À la limite de l'obsessionnel, je cherchais un moyen de m'en débarrasser et rêvais de me doucher au gel hydroalcoolique. À la sortie des halles et sur le chemin du retour, je serrais les dents au max et priais pour avoir la force de continuer à avancer. Bella parlait mais je n'écoutais pas, bien trop occupé à garder mon petit déjeuner et ce délicieux hot dog du goûter du matin dans mon estomac. Mais c'était sans compter les sueurs froides en apercevant des panneaux publicitaires Netflix au contenu ensanglanté. La vue de ces traînées rouges carmin mêlées à l'odeur entêtante de viande cru gorgée de sang clair, aux accents chauds et métalliques me donna envie de vomir et de m'évanouir en même temps.
Il faut choisir…
Et je choisis. Enfin mon corps choisi... Et je vomis.
Tout le reste de la journée, j'oscillais entre nausées et malaises si bien qu'on aurait pu me prendre pour une femme enceinte.
Bella dû s'absenter le temps du lycée et me retrouva à l'endroit même où elle m'avait laissé environ quatre heures plus tôt - soit la salle de bain. Et vers 23 h 00, allongé torse nu contre les dalles anthracites, je jurai de ne plus jamais manger de viande de ma vie.
Alors comprenez-moi si la perspective d'un ciné et d'une pause m'emballent beaucoup moins que celle d'une bonne pipe par exemple.
Bella me laisse à mes réflexions et sort de mon lit.
- Tu as cours toute la journée ? Lui demande-je en la suivant dans le dressing.
- Oui, je dois d'ailleurs me préparer. Me dit-elle par-dessus l'épaule en choisissant un col roulé et un jean brut.
Je la regarde s'affairer et pour ne pas trop tanguer me pose contre la commode.
- Au fait, tu as dit quoi à ton père pour découcher autant de nuits en période scolaire ?
- Je suis officiellement sur un devoir un peu compliqué et je dors chez Rose pour bosser tranquillement sans avoir belle maman enceinte sur le dos.
- La bonne vieille excuse de la femme enceinte qui tourne en rond chez elle ?
- Exactement !
- Et officieusement ?
- Ben je suis avec toi. Me lance t-elle en me poussant pour sortir ses sous-vêtements du premier tiroir.
- Oui merci j'avais remarqué et non pas que ça me déplaise bien au contraire.. Enfin quand tu n'essaies pas de me tuer.
Elle fronce les sourcils et me donne un coup sur l'avant-bras.
... Mais pour ton devoir, c'est vrai ou pas ? Que je ne te fasse pas prendre de retard.
- Figure-toi que c'est toi mon devoir, alors ne t'inquiète pas, j'y suis très assidue.
Elle se hisse sur la pointe des pieds et dépose un bisou piquant sur ma joue. J'en perds presque le fil de la conversation.
- Moi ?.. Ah la 'thérapie'. Tu ne cites pas mon nom j'espère.
- Promis.
- Tu t'es servie de Masen, c'est ça ?
…
Pas la peine de répondre, tes joues le font pour toi.
- Les traîtresses ! Dit-elle prête à se venger tout en baissant la tête.
- J'aime bien !
Je prends son visage en coupe et effleure du bout du nez sa pommette toute chaude.
- Je te fais une place sous la douche? Enchaîne t-elle soudainement nerveuse.
- Je risque de te mettre en retard.
Je hais ma raison.
- Tu es sûr de ne pas avoir de fièvre ou un truc dans le genre ?
Je ris jaune. Mais ne vacille pas et pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manque.
- File avant que je ne change d'avis."
Elle m'embrasse rapidement et s'en retourne se préparer. Je mate son petit cul s'éloigner et me retiens de la rejoindre. Je mérite une putain de médaille, non ?!
…
Pimpante, les cheveux encore humides et de longues bottes cavalières marron dans la main, Bella me retrouve dans la cuisine devant une tasse de café et des toasts grillés. Je la sers et elle me sourit comme si je venais de lui offrir une Vanquish.
"Toujours pas d'uniforme au lycée ?
- Ça te plairait hein ?
- Grave ! C'est quand tu veux la jupette à carreaux... Je visualise déjà !
- Je vois ça, tu bandes.
- Hey les gars vous êtes pas tout seuls !
- Oh merde ouais pardon Emmett !
Pris au dépourvu et gêné, je prends le premier truc qui passe pour cacher mon excitation.. Un plateau rond de service en métal et fais comme si de rien n'était.
- Il a changé Captain America ! Lance Emmett entre deux cuillères de céréales.
- Les super héros, c'est plus ce que c'était.. Ajoute Bell's faussement blasée.
- Tu dois pas aller à l'école toi ?!
- T'es rabat-joie Edward c'est pas croyable !
- Allé cassez-vous, j'veux plus vous voir.
- Oui papa !
Brrrr frisson d'effroi - Être le père d'un Emmett.
- Bella, j'te préviens tu me fais un gosse pareil je divorce !
- Ah ben déjà faudrait pouvoir survivre à l'accouchement.. Tu faisais quoi Em' à la naissance : 11 livres ? 13 ?
- Non mais t'es sérieuse ?! Allé la terreur enfile tes bottes, je te dépose à l'école. On passera récupérer Rose en passant.
J'accompagne mon coloc à la porte pendant que B se chausse et conviens de le retrouver plus tard pour son cours de soutien. Puis m'adresse à la jeune fille qui joue avec mes nerfs à être aussi sexy dans son look de cavalière pour lui proposer de la récupérer ce soir à la sortie du bahut.
Elle me claque un bisou et nos nez se taquinent gentiment un moment.
- À ce soir daddy, me glisse t-elle effrontément avant de se mordre la lèvre.
- Tu sais qui c'est hein ton daddy… - pardon !
Emmett nous regarde de travers et j'éclate de rire avant de refermer la porte derrière eux. Sauf que, Bee rebrousse chemin pour se jeter dans mes bras.
Je ne sais pas pourquoi ni ce qui se passe dans sa tête mais j'aime bien son geste et la serre tout contre mon torse nu. Je la sens chaude et sa douceur me touche. Mais il faut rompre ce moment d'infini tendresse sinon je vais me poser des questions, lui poser des questions et la mettre en retard.
Vas-y."
Elle se détache et part sans trop se retourner. Je pousse doucement la porte et me retrouve seul dans l'appartement. Soudain je vois sur la table basse le pc portable de Bella. J'hésite entre le lui dire et le faire démarrer car je n'ai pas oublié qui était son sujet d'étude.. et soudain je me transforme en Super Curieux.. Le héros qui fouine et qui visiblement n'a que ça à foutre… Me secouant la tête pour chasser cette fausse bonne idée, je sors mon téléphone de la poche de mon bas de survet pour taper un texto mais finalement réfléchi à mon envie folle de savoir et me ravise. Pas si super héros que ça finalement Cullen !
Je m'approche de l'objet de mon futur méfait, m'assoie sur le bord du canapé, dirige l'écran vers moi et l'allume. La mise en route s'effectue et passant et repassant la main dans les cheveux, je me bats intérieurement avec ma bonne et ma mauvaise conscience.
Mot de passe réclamé.
Mince ! Euh non c'est bien, c'est même très bien, dis-je tout haut.
Je rabats l'écran et me lève. Je fais quelques pas en direction de la cuisine. Me sers un verre d'eau, tente de penser à autre chose mais mon regard reste scotché au laptop et je cours presque pour me retrouver devant l'écran. Je pianote sur le tactile deux, trois mots de passe et échoue lamentablement.
Ce ne serait pas 'mot de passe' son mot de passe…? Je test un poil par dépit et me sens mitigé lorsque celui-ci est refusé. À un moment donné, je tape des combinaisons avec 'Edward' plus ou moins élogieuses et passe d'échec en échec. C'est fou ce truc permet de tester un nombre illimité de mot de passe…
Acharné mais malheureusement vite à bout de combinaisons possibles, je lutte pour ne pas carrément appeler Bella, quitte à me faire refouler. Et Quand Jay arrive de la fac, je me rends compte qu'il faut laisser tomber et passer à autre chose...
Enfin, dès que j'aurais tenté un dernier truc.
Je lui donne quelques minutes pour se caler et fonce le rejoindre dans sa chambre. Posé à son bureau avec une bière - Ouais c'est l'heure de l'apéro.. quelque part dans le Monde - Jay tourne et vire sur son fauteuil à roulette en écoutant du bon son avant de se pencher sur ses bouquins ouverts et éparpillés autour de lui. Je reste dans l'encoignure de la porte et les mains dans les poches, entame la conversation.
"Dis, admettons et je dis bien admettons, tu connais un gars..
- Je ne connais pas de gars.
- Bon, JE connais un gars et ce gars a un besoin urgent d'entrer quelque part.
- C'est où ce quelque part ?
- C'est un… quelque part virtuel. Mais il y a un code.
- Un code ? Quel code ?
- Un mot de passe et justement ce gars ne se rappelle plus de ce mot de passe.
- Il l'a noté ?
- Non.
- Il a répondu à la question de sécurité genre le nom de son chat ou la première fois qu'il a bu du coca…?
- Y a pas de question.
- Y a toujours une question.
- Y a pas de question cet ordi est chelou.
- Donc c'est un ordi.
Il est fort ce con…!
- Oui, c'est un ordi. Un petit. Bref. Le gars que je connais..
- Tu connais un gars toi ?
- Oui, je connais un gars, je connais des tas de gars.
Je commence surtout à m'impatienter et me pince l'arrête du nez.
- Donc, ton gars..
- Voilà, mon gars voudrait savoir si Alistair pourrait craquer ce mot de passe et-
- Quel mot de passe ?
- Mais celui de l'ordi… !
Il me prend pour un débile ou quoi ?!
- Quel ordi ?
- Mais celui de Bella putain !
Et merde..
- C'est pas beau de fouiller dans les affaires de sa petite copine, Eddy !
- Je sais, tu fais chier."
Et sur cet échange des plus étranges, je me tire me préparer et ignore en passant totalement cette saloperie de pc, ni même les dictons débiles que me lance Jasper comme 'la curiosité est un vilain défaut' bla bla bla…
Une fois prêt et plus 'léger' ou du moins, détendu grâce aux bienfaits de la douche - et ++ - je retrouve Jasper entre le wok dans lequel il fait sauter des tagliatelles aux crevettes et son livre d'histoire grand ouvert sur le comptoir de la cuisine. Je siffle devant son effort culinaire et l'aide à terminer. Nous nous installons face à face et tout en déjeunant, le fais réviser pour son prochain DS. L'ambiance est plus calme entre nous et c'est agréable de partager une bière et un vrai repas - que je compte bien garder - avec mon meilleur ami.
"T'es prêt mec.
- J'espère ! J'ai hâte d'en finir avec cette période historique, je m'ennuie.
- Je comprends…
J'aimerais bien m'ennuyer en cours moi aussi mais je ne lui mens pas en disant le comprendre… Jasper tique devant mon air égaré et me demande mon programme pour le reste de la journée.
- Prends la moto, je reste ici, j'ai trop de boulot.
- Non Jay, je vais pas te taxer en plus la Triumph.
- Elle est un peu à toi aussi.
- Mais non c'est pas les 200 billets que j'ai mis dedans..
- Discute pas Eddy, je vais pas jouer les chauffeurs aujourd'hui alors soit tu prends Betty, soit tu prends le bus.
- Excellent argument ! Va pour Betty."
Jay me donne alors les clefs et me rappelle de penser à l'équipement passager pour ce soir.
Je le laisse à ses révisions et finis de me préparer. J'enfile mes bottes de moto, mon cuir et quitte l'appartement. Arrivé sur le parking, Betty m'attend et je souffle un bon coup avant de démarrer. Une virée en moto pour un hématophobe, ça va le faire, hein ? Qu'est-ce qui pourrait bien m'arriver ? Un accident ? Un accident avec Bella…? O Putain !
Je coupe le moteur et descends de la Bonneville comme si elle avait la peste bubonique. Je vais prendre le bus. Hein c'est bien le bus !
Je fais quelques pas loin de cette zone de danger quand mon téléphone vibre. Un texto de Jasper suivi d'un mms me menaçant de foutre le feu à toutes mes fringues - Il s'est trompé de Cullen s'il croit que..
"Jasper tu éloignes ce briquet de mon t-shirt Batman collector et tu sors de mon dressing !
- Alors monte sur cette moto !
- C'est Bella qui t'a missionné ?
- Non ! Monte sur ma moto ! Je ne le répéterai pas !
- Mais et-"
Oh le con, il m'a raccroché au nez !
Je remonte alors sur la bécane entre la crainte de voir tout l'appart flamber et la peur de me planter. Je regarde plus longuement la photo de mon t-shirt préféré livré aux mains de ce sadique pyromane et me lance dans probablement ce qui devrait être les derniers instants de ma vie. Et lorsque j'arrive à la fac pour mon rendez-vous avec Emmett, je suis plus tendu qu'une corde d'archer.
"Je rêve où t'as pris Betty ?!
- Jay m'a forcé.
- Ça va tu tiens le coup ? T'as l'air tout blême, tu vas vomir ?
- Non, je crois que ça va en fait.
- Eddy, j'suis tellement ému ! Tu grandis si vite !
- Tais-toi et allons-y.. Dis-je peu alerte sur mes jambes en descendant de l'engin.
Mon ami m'offre un morceau de son beignet et nous entrons dans la Bu pour bosser sur les cours qui le font ramer.
- Tu pourrais faire prof tu sais.
- Ouais pourquoi pas. Après tout, si je peux survivre à ta logique, je peux affronter une trentaine d'élèves pas motivés.
Je referme l'un de ses livres et regarde l'heure à ma montre.
Merde Bella ! Je suis à la bourre !"
D'un bon et sans attendre Emmett, je plie bagage, lui vole un dernier beignet et repars en moto direction mon ancien lycée. Vu l'heure, la route est limite impraticable et il me faut slalomer entre les voitures pour remonter les lignes embouteillées. J'essaie de garder une vitesse raisonnable mais surtout mon sang froid -sans mauvais jeux de mot- et me concentre un maximum sur les véhicules qui pourraient déboîter à tout instant et sur la chaussée tout simplement. La mâchoire verrouillée, je n'ai pas la plus fluide des conduites mais c'est déjà pas mal pour un mec qui a fui ce petit bijou depuis super longtemps. Et vers les derniers virages avant de compter le parking du lycée dans le paysage, je me surprends à kiffer cette sensation de liberté. Il fait quasi nuit lorsque je gare Betty devant le bahut. Je crois avoir fermé les yeux un quart de seconde en dépassant le lieu exact de l'accident et me pose sur mon ancienne place de stationnement. Enfin, celle que j'aimais avoir lorsqu'elle était dispo. Tout aussi tremblant qu'en arrivant à la fac, je déplie la béquille et me repose un moment. Je retire les gants, le casque, refous le bordel dans mes cheveux et m'allume une clope. La plupart des cours étant terminés à cette heure-ci, je ne subis pas trop de regards insistants et cela me ravi ! Enfin, Bella sort du bâtiment, le portable à l'oreille et quelques secondes plus tard ma poche vibre - coïncidence ? Je ne crois pas..
"Hey princesse.
- Hey charmant. Je viens de sortir de mon dernier cours. Y a moyen qu'une pote me dépose. On se retrouve devant le ciné ?
- Non.
- Comment ça non ? T'es encore malade ?
- Non.
Je la vois au loin tourner en rond, une main dans la poche de son manteau et devine aisément qu'elle fronce les sourcils.
- Non à quoi alors ?
- Non à tout. Tu ne vas rien moyenner. Je devais venir te récup, alors tu vas te taire et avancer droit devant toi.
- T'es bourré Cullen ?
- Non mais quelle idée ? ! Je suis venu te chercher comme convenu.
Soudain, son visage change d'expression, le ton de sa voix également et dès qu'elle me capte, s'avance vers moi d'un pas sûr et rapide. Et au fur et à mesure qu'elle s'approche, sa mâchoire semble vouloir se détacher. Les yeux ronds et la bouche ouverte, elle me détaille du regard et je pourrais croire qu'elle me mate… un peu comme tous ceux qui traînent sur le parking.
- Par Satan, qui êtes vous et qu'avez-vous fait de mon petit ami ?
Je sens mon cœur avoir un soubresaut puis commencer à battre à coups redoublés.
- Je t'emmène ?
Un coin de ma bouche s'étire pour former ce sourire qu'elle apprécie vraiment mais elle baisse les yeux.
- Je..
- Quoi ? Je te sens hésitante. Tu es libre de refuser tu sais.
Une part de moi l'espère un peu je crois.
- On avait pas dit que tu n'avais plus le droit de m'éblouir ?
- Ah c'est donc ça..
Mon sourire s'agrandit.
... Te prendre une fois de plus au dépourvu m'amuse beaucoup, je l'avoue.
Elle ne sait rétorquer à cette dernière perfidie et je fais style de méditer sur ce que je vais bien pouvoir faire d'elle, en remettant en place une de ses mèches folles. Toujours silencieuse mais les joues de plus en plus rouges, elle semble frôler la crise cardiaque. Alors qu'au fond c'est elle qui me perturbe et l'entendre reconnaître que je suis son petit ami sur le parking du lycée un peu plus de deux ans après l'accident me donne le tournis. Je remarque à peine la présence des curieux déambulant autour de nous ou celui des élèves qui nous dévisagent. Et lamentable, je passe de la résignation l'excitation. Ainsi, lorsque son regard s'anime, le brouillard entre nous se dissipe..
- Tu ne me donnes pas de casque ?
- Si bien sûr pardonne moi, j'étais ailleurs.
- Trop occupé à trouver de nouvelles façons de me faire perdre mon latin, n'est-ce pas ?!
- Voyons… J'imagine que je pourrais répondre par l'affirmative à cette supputation.
Ma langue claque sur mon palais et par un mouvement de tête, je lui demande de grimper derrière moi.
Elle me toise alors avec une raideur sceptique avant de me recommander d'être prudent.
- Ne conduis pas comme un dingue ou je serais terrifiée.
Je la prie du regard d'être attentive à mes yeux et d'y sonder la véracité de mes mots.
- Le secret pour rouler à deux en moto réside dans la confiance que le passager a pour son pilote. Tu va devoir me laisser décider pour nous et te laisser guider par moi. Si la moto penche, tu penches et si tu flanches et que ta confiance en moi vacille alors la moto basculera et se couchera. Es-tu prête à me confier corps et âme jusqu'au cinéma ?
- Te donner ma vie les yeux fermés ?
- Durant les quinze/vingt prochaines minutes oui."
- Jour 3 -
Et elle l'a fait. Hier Bella a remis sa vie entre mes mains tremblantes et mon assurance hésitante pour vivre l'un des plus intenses trajets qui soit. Le cœur gonflé à bloc, j'ai kiffé chaque seconde de l'avoir accrochée à moi et toutes celles qui ont suivies. Je ne me rappelle plus trop le film mais le goût de ses lèvres mélangé au caramel beurre salé des pop corn, ça oui ! La tension entre nous était à couper au couteau dans cette douce obscurité et si je n'avais pas eu l'idée ringarde de feindre de bailler pour m'étirer et poser mon bras sur son épaule, jamais je n'aurais pu la peloter à ce point. À la fin du film, peu avant le générique de fin, j'avais même réussi le bel exploit d'avoir dégrafé son soutif. Je me sentais en veine sur le chemin du retour et la savoir en sécurité auprès de moi, toujours aux commandes était la chose la plus grisante qui soit.
En béquillant Betty je réalisais à peine mon avancée et sur un petit nuage, aucune pensée négative ne pouvait atteindre l'arc en ciel dans ma tête. Souriant, doux et attentif à chacune de ses envies, même mes pics étaient gentils. Et C'est ainsi que nous avions fini dans mon lit, éclairés à la lueur des bougies, elle à peine vêtue d'un shorty en dentelle rose clair et moi d'un boxer bleu nuit. Les cheveux relevés en chignon, elle reposait sur le ventre tandis que je lui massais le dos.
"Je pourrais t'en faire un après si tu veux.
- Un massage ? Non profite, je suis là pour toi.
- Vas-y je me suis améliorée tu sais.
- Oh ben oui je n'en doute pas.. tu partais de tellement loin !
Gentils mais tout de même..
Je ne sais plus à quel moment mais à la fin de mon massage et bien déterminé à la retourner, je dus me résigner une fois de plus et laisser tomber mes plans x. Elle s'était endormie. Évidemment…
Frustré mais aussi et surtout captivé par cette fille nue étendue dans mon lit, je ne pouvais me résoudre à être fâché ou à tenter de la réveiller. Je nous mis alors sous la couette et m'endormi près d'elle.
.. Je pourrais m'y habituer.
Mais ce matin, mon autre moi me fait savoir à quel point il a besoin et envie d'elle et sur-motivé, je décide de l'aguicher un peu moins subtilement.
Elle se lève et je fais mine de dormir mais dès qu'elle entre dans la salle de bain, je vire mes fringues et dégage la couette du lit pour qu'elle ne rate rien de ma position suggestive, allongé en travers du matelas…
Bella je crois être tombé sur le lit. Pourrais-tu m'aider à me lever ou vice versa ?
- Tu risques fort d'avoir froid si tu cours à poil Cullen.
- Tu me fais suffisamment cavaler pour qu'aujourd'hui je décide de rester au chaud loin de ton footing du matin Swan.
- J'irais donc sans toi.
- Tu n'iras nul part.
- Et que vas-tu faire pour m'en empêcher ?
- T'attacher s'il le faut et te faire du bien bébé.
- Tu connais la règle.
- Les règles ? Je leur pisse dessus.
- Quelle audace ! Monsieur Masen, je présume..
Oh fallait pas m'appeler comme ça fillette.. Ma queue tressaille et si elle croit qu'elle peut me tenir tête, fringuée de leggings de sport et d'un croc top Métallica, c'est qu'elle a vraiment trop pris la confiance..
- Allé Bella, regarde-moi dur comme la pierre pour toi. Ne me dis pas que t'as pas envie de t'empaler ?
- Toi tu sais parler aux femmes.
- Je ne veux pas parler aux femmes, je te veux toi bébé.
- OK.
- OK… Tu acceptes ?
- Non OK, laisse moi finir.. Faisons un deal. Allons courir. Si tu tiens sans crise ou sans t'évanouir, au retour tu auras droit à une récompense.
- Quel genre de récompense ?
- Le genre qui protège ta queue.
- Une capote ? Ce sera ça ma récompense ?! Tu sais que je n'en fais pas vraiment la collection..
- Crétin.. C'est pas pour la contempler ou la ranger dans ton portefeuille.. Mais plus pour t'en servir, si tu vois ce que je veux dire.
- Je peux être prêt en deux minutes chrono."
Et deux minutes plus tard et un bleu d'être tombé en voulant attacher ma basket tout en sautillant, me voilà tout fou à l'attendre à la porte d'entrée.
Et trente minutes de plus, me revoilà éreinté, Bella sur mon dos, les yeux bouffis de larmes.
Je la pose délicatement sur le canapé et demande à Emmett de nous rejoindre avec la trousse de premiers secours.
"Je suis vraiment désolé Bella.
Je dénoue les lacets de sa basket et la retire tout en douceur. Je fais de même pour sa chaussette et l'examine le temps qu'Emmett nous apporte ce dont j'ai besoin.
- C'est une entorse, tu crois ?
- Non à peine un hématome ne t'inquiète pas. Crème, glace, repos et d'ici demain ça devrait être bon. Et sinon, on ira te faire passer une radio. Par contre si tu voulais un autre massage, t'avais qu'à me le dire chérie..
Elle m'envoie un coussin au visage et je joue au mec touché de plein fouet. Elle rit et se détend un peu. Mon coloc finit par réapparaître et je peux enfin m'occuper de ce joli petit pied endolori. Bella grimace quand je commence le massage et Emmett lui apporte un verre d'eau.
- Comment est-ce arrivé ? Lui demande mon coloc.
Elle hésite, encore chafouin de la douleur et chasse une larme au coin de l'œil. Ce qui a pour effet de me faire fondre et de me faire culpabiliser en même temps.
Je raconte alors - en faisant l'impasse sur certains détails - comment d'un simple footing à mater son cul rebondir et à baver sur des miles à la ronde, j'ai trébuché et emporté Bella avec moi dans ma chute. La petite foulée de pas s'étant très vite transformée en strip-footing allant jusqu'à la compétition - Si seulement elle ne m'avait pas parlé du film que nous étions allés voir la vieille - Un film dont le sang coulait à flot - Je n'aurais pas perdu pied. Quel ne fut pas le choc d'apprendre que je n'avais même pas eu à sortir de la salle de ciné…!
- J'ai encore du mal à croire que tu aies raté tout le film.
Et moi donc ! Bella a l'air contrarié en plus d'être crevée. Mes mains quittent son pied et son premier réflexe est d'essayer de s'asseoir.
- Ou crois-tu pouvoir aller comme ça, girl ? Tu restes là et tu te repose. Je vais chercher de la glace, je reviens. Em' si elle tente quoi que ce soit, tu sais quoi faire !
Mon coloc et moi éclatons de rire en voyant Bella frissonner et ouvrir les yeux en grands.
- Tellement premier degré Bee ! Ajoute t-il en lui tapotant la tête.
- Honnêtement ? J'vous déteste. Crache t-elle.
Je feins d'avoir le cœur brisé avant d'effectuer l'aller-retour living/cuisine et lorsque je dépose la poche de glace sur sa peau, je la sens se tendre au max. Em' lui donne toutes les télécommandes dont elle a besoin pour passer la journée devant la télé et repouffpouffe les coussins derrière elle pour qu'elle soit plus à l'aise. Il nous laisse ensuite, limite à la bourre pour ses cours et je me cale à ses côtés, nos bras se touchant.
- Ça va passer bébé. Lui murmure-je.
- Je sais, dit-elle en se rapprochant un peu plus encore. Elle prend ma main et tente de lever mon bras. Je comprends vite et termine le mouvement pour lui laisser une place tout contre moi. Elle peut alors se lover et une fois bien installée, je l'enferme dans l'étau de mes bras et dépose un baiser sur le haut de sa tête.
- Tu as très mal ?
- Plus maintenant. Je suis à la maison.
Elle chuchote ces mots qui font basculer mon cœur et quasi sans voix je lui réponds,
- Bienvenue chez toi.
Les heures passent et je ne me sépare d'elle que pour aller chercher un énorme pot de glace et une cuillère - je crois d'ailleurs manquer d'air quand elle gémit alors que je glisse la cuillère dans sa bouche - ou pour la porter lorsqu'elle entend un son qu'elle aime bien à la télé.
- Si c'est pas grave, alors je peux poser le pied au sol. Pourquoi me porter ?
- Arrête tu meurs d'envie de danser là, non ?
- Oui mais c'est parce que tu culpabilises ?
- Non, c'est parce que j'adore t'avoir dans mes bras quand la mélodie s'emballe. Il faudra qu'on le fasse sur de la zic.
- Je suis sûre que tu as une playlist pour ça.
- J'ai une playlist pour tout. Pas toi peut être ?
- Tu me la montre ?
- J'te la montre si tu me la montre.
Une fois de retour sur le canapé, nos portables en main et après quelques manips, nous nous les échangeons et décomptons avant de se lancer à la découverte des titres qui nous font vibrer en temps de baise. Je parcours sa playlist et découvre sans trop de surprise la bande originale de 50 nuances. Je laisse échapper un 'petite coquine' et la vois rougir comme jamais. La bouche en cœur elle ne s'en défend même pas et me tue d'être aussi craquante en toutes circonstances ! Et bien plus encore quand je capte que le reste des titres sont les mêmes que les miens.
... J'ai, j'ai, j'ai.. Tiens celle-là ? Pourquoi ici ?
- Il faut l'écouter comme ça. Elle sort des écouteurs de son sweat et m'en donne un. Reliés par la zic, elle monte le son à fond et me fixe avec une telle intensité que j'en reste quoi. J'écoute alors la mélodie et la voix s'insinue en moi hérissant chaque poil à la base de ma peau. J'en ai la chair de poule et partager ce moment avec Bella rend cette chanson diablement érotique. Je prends alors sa main et la dépose sur ma joue.
- Sens comme ma peau est chaude..
Elle me caresse du bout des doigts et je lutte entre fermer les yeux et continuer de me perdre dans ses iris chocolat. Elle décidera pour nous deux en attrapant ma nuque pour s'écraser contre mes lèvres. Délicieuse initiative… et cette fois, c'est moi qui suis à la maison. La maison, c'est être contre son corps, contre ses lèvres et petit à petit, je sombre dans notre jeu de langue. Perdu et chez moi à la fois, c'est à en devenir fou que d'être embrassé par Bella. J'ai envie de plus et de rien d'autre en même temps. Mes doigts réclament sa peau, mon membre son antre et soudé à sa bouche, ma langue battant la sienne, mes lèvres dansantes avec les siennes au rythme de la zic, je ne voudrais être ailleurs. Je ne pourrais être autre part. Et le temps lui-même semble s'être arrêté. Son souffle mêlé au mien, mon cœur tambourine et l'adrénaline fuse dans mes veines. Ça va déraper... Mes doigts déjà se resserrent sur leur prise, mon sexe tape contre le tissu de mon boxer et je gémis contre sa bouche. Nos salives coulent, ma raison s'effrite à nouveau et je la bascule contre le canapé.
... Techniquement, je ne me suis pas évanoui.
Elle se mord la lèvre et je fonds sur sa bouche à nouveau. Les musiques s'enchaînent et un son plus fort, plus rythmé délivre l'animal en moi. Je passe sans permission sous ses fringues et la bloque contre mon corps lourd. Ma main droite retrouve sa peau douce tandis que la gauche s'atèle à chercher un moyen de la foutre à poil sans avoir à trop me séparer d'elle et de ses lèvres. D'une main, je baisse une partie de ses vêtements, de l'autre remonte sur ses seins et s'il n'y avait pas eu cette larme entre nos joues, je serais déjà en train de chercher ma queue pour la sortir de mon fute.
... Merde je te fais mal, pardon ! M'interromps-je.
- Je suis désolée, renifle t-elle.
Dans la précipitation, je n'avais plus en tête son bobo et mon pied avait dû vouloir caresser le sien -Quel abruti je suis-
Sincèrement désolée, elle me demande une seconde avant de reprendre mais je refuse. C'est moi qui la blesse et c'est elle qui s'excuse...
- On a tout le temps. Tu es fatiguée. Viens dans mes bras et repose-toi.
Elle semble dévastée mais je lui souris et souris pour moi-même de lui faire autant d'effet. Je nous installe le plaid en fourrure blanche et grise qu'Alice et Rose se réservent quand elles viennent à l'appartement (et que j'utilise aussi quand je mate en solo un film de Noël mais chut ! ) et lance une série sur Netflix. Je soupire d'aise en entrelaçant nos doigts. Elle se détend et je profite de son parfum, de sa chaleur et de la douceur de ce moment. Et quand elle s'endort contre mon torse et qu'elle prononce mon prénom dans son sommeil, je sens que mon cœur lâche pour de bon. Et puis à un moment donné, le temps me secoue et je me lève à contre cœur pour me préparer.
- Tu t'en vas ? Me demande t-elle inquiète en me voyant réapparaître, cuir sur le dos et carolinas aux pieds.
- J'ai un boulot, tu te souviens ?
- Oh tu pars travailler...
- Je ne sais pas si je trouve ça mignon ou dérangeant.
- Quoi donc ?
- La lueur dans tes yeux lorsqu'il s'agit de mon job.
- Je ne sais pas quoi te dire.
- Dis ce que tu voudras ou ne dis rien mais ne me juge pas, s'il te plaît B.
- Je ne suis pas ce genre de prude tu sais. C'est juste que tu mérite mieux.
- Et si j'aimais ça ?
- Servir des..
- Des personnes qui s'échangent des faveurs contre de l'argent.. Oui.
- Même joliment dit ça ressemble à du sexe tarifé.
- C'est l'idée de sexe borderline qui te dérange ?
- Non c'est la tristesse."
Ah... Tout de suite, ça change tout. Je ne peux que la comprendre et pour toute réponse, dépose un baiser sur son front puis tourne les talons sans plus la regarder. Soucieux et touché, je mets un point final à cette conversation car je n'ai pas d'argument suffisamment fort pour la contrer et referme doucement la porte derrière moi. Moi qui ne voulais pas partir, je dévale les escaliers et croise Jay au niveau du premier étage. Il me promet de prendre le relais et je pars plus serein mais pas plus léger. Je repense à notre conversation. Évidemment que c'est triste. Les gens sont tristes et la vie elle-même peut être triste. Je pensais Bella un peu trop sage ou bornée de préceptes limite ennuyeux mais j'avais tort. Bella est humaine et bercé d'illusion ou trop centré sur moi même, je n'avais pas réalisé à quel point ces gens autour de moi pouvaient être seuls et malheureux. Ce soir, je passe alors la porte des coulisses le cœur lourd. Lourd d'être la main entre la substance et l'être qui se donne du courage ou qui demande l'oubli ou encore qui réclame un peu de compagnie. Et le vice dans tout ça ? Brusquement là, le vice est accessoire. Et si la peine et l'abrupte réalité s'emmêlent, alors ce jeu ne m'amuse plus du tout et il est temps que cela cesse. J'arrive au bar et prends place. Le surplus de vêtement retiré, je retrousse les manches d'une chemise cintrée, boutonnée à la va vite et me sers un shooter ou deux ou peut être trois. Je suis nul en math.. L'alcool brûle et rend les idées moins claires. Je fixe mon reflet dans les énormes glaces au mercure face à moi et enquille quelques verres supplémentaires jusqu'à me revoir sourire.
"Si tu veux picoler alors tu es du mauvais côté du comptoir mon ami.
- Bonsoir Garrett.
- Comment se sent mon barman préféré ?
- Bien.
- Je te veux plus que bien, je te veux très bien. Un soucis ?
- Un coup de mou tout au plus.
- Tu veux en parler ?
- Il n'y a rien à dire.
- OK. Tu sais où me trouver. Mais la prochaine fois que tu veux boire, viens dans mon bureau ou ailleurs qu'au bar.
- Excuse-moi Garrett, c'est pas pro je sais.
- Ah non non t'inquiète, c'est pour toi que je dis ça. Tu vois les trois filles, là-bas ?
- Oui, j'en connais une.
- Ouch.
- Quoi ?
- T'es mal mon ami.
- Pourquoi ?
- Parce qu'elles ont compté tes verres et vu leur réputation.. J'ai de la peine pour toi !
Déclic. Je regarde vaguement dans leur direction et sens déjà leurs yeux rivés sur moi comme si elles épiaient mes moindre faits et gestes et effectivement, si elles ont compté mes verres, alors je suis mort. Garrett, récupère une bouteille neuve dans l'un des frigos près de moi et me tape l'épaule avec beaucoup de compassion.
... Bonne Chance Masen."
Et il va m'en falloir une sacrée dose…
La première demie heure se déroule relativement bien. Je me suis mis à l'eau et les clients défilent sans trop s'attarder au bar. Les trois nanas ne bougent que pour brasser de l'air et du coin de l'œil, je les surveille. Elles me regardent, me sourient, rient entre elles et se dandinent sur le sofa en velours rouge. Et vas-y qu'elles croisent et décroisent leurs jambes.. Je déglutis résistant à la tentation de me servir un autre verre et me focus sur le taff. Mais lorsque les clients sont en mains et que la fin de mon service approche, l'une d'elle et la pire - celle du milieu - boit d'une traite son dernier cocktail et pose une main sur la cuisse de sa voisine. Tout en me fixant et grand sourire aux lèvres, elle entame un petit jeu excitant avec ses deux copines et s'amuse à mes dépends. Elle tire sur le collier de l'une et embrasse l'autre à pleine bouche. Je m'affaire à mettre de l'ordre de mon côté du bar mais ne peux me résoudre à détourner totalement le regard. Je crois faire de la surveillance mais en réalité je les mate et une petite voix dans la tête me dit que c'est mal. La rouquine doit sentir ma gêne et s'en sert contre moi en enfonçant carrément sa langue dans la bouche de la brune sans jamais me quitter des yeux. L'autre à sa gauche, la caresse, embrasse et lèche son cou sur toute sa longueur. Je cède alors à ma pulsion et me ressers à boire. Cul sec, je pense être discret car rapide mais c'est faux et toutes les trois tiennent à jour le carnet de bord de mes descentes. Fières de leur manège, elles s'échangent, se touchent, s'écartent les cuisses, remuent langoureusement et me croient probablement à deux doigts de vouloir les sauter à même le sol. Mais c'était sans compter Bella.
Je romps le contact visuel pour dégainer mon IPhone et l'appeler.
"Menthe à l'eau.
- Euh.. Oh ouais c'est marrant.
- Ah oui mais non menthe à l'eau, menthe à l'eau.
- T'es défoncé Edward ?
- Non, chuchote-je, C'est le mot de sécurité.
- Oui je m'en souviens. Qu'est-ce qui se passe ?
- Ton pied, ça va ?
- Oui bien mieux merci.
- Tu peux marcher ?
- Oui.
- Parfait. J'ai besoin de toi là, tout de suite. Menthe à l'eau.. Tu saisis ?
- Pas du tout.
- J'ai besoin que tu viennes au bar.
- Au beau milieu de la nuit ?
- Oui j'ai un problème.
- Tu es blessé ?
- Non… Juste coincé.
- Edward ?!
- Euh.. Viens, je t'expliquerais.
- Tu es réellement coincé quelque part ou c'est une de tes ruses pour me faire revenir dans la playroom ?"
Soudain je réalise ma bêtise. Faire appel à Bella pour qu'elle me sauve d'une baise à trois.. Serais-je devenu fou ou inconscient à ce point ? Et quand est-il de la volonté propre et de l'estime de soi ? Et puis je serais bien con d'accepter ce plan là quand on sait que l'une d'elle a perdu l'un de ses strings dans mon lit et a passé le reste de la nuit à le chercher dans un autre. Je m'excuse donc et raccroche.
"Salut Tony.
- Jess.
- Wow tu te souviens de mon prénom ?
- Une nana comme toi ça ne s'oublie pas.
- C'est un compliment j'espère.
- Devines.
- Je dirais oui..?
- Essaie encore.
Elle me regarde méchamment et enchaîne,
- Et ton pote, comment va t-il ?
Touché.
- Tu veux quoi Jess ? Un autre verre ou juste m'emmerder ?
- Je me disais que j'allais freiner ta conso d'alcool.
- Et en quoi ça te regarde ?
- La dernière fois, tu étais trop bourré et on a pas été jusqu'au bout.. - Ah ouais ? C'est bon ça comme info ! - Ce soir j'aimerais beaucoup pouvoir m'envoyer en l'air avec toi. Enfin, NOUS aimerions beaucoup nous envoyer en l'air avec toi. Alors s'il te plaît arrête la tequila.
- Mais qui te dit que j'ai envie de vous baiser toutes les trois ?
- Tu y viendras.
- C'est une menace ?
- Non, juste une intuition Tonyboy"
- Jour 4 -
"Descends de l'arbre Edward !
- Jamais !
- Tu es monté, tu peux descendre c'est facile.
- Non !
- Ne fais pas l'enfant !
- Non !
- Descends ou j'te déquille !
- Essaie un peu pour voir !
- Putain mais on ne va pas appeler les pompiers, si ?
- C'est ta faute ! Me faire grimper en haut de l'arbre pour soigner ma phobie mais quelle connerie ! Pour la énième fois Bella, Je n'ai pas peur du vide !
- Alors descends, bordel !
- Emmett va le chercher.
- Non rose ! Il doit le faire seul !
- Allez crever !
- Même moi ?
…
Fais gaffe à ce que tu vas dire Cullen !"
- Jour 5 -
Aujourd'hui, c'est décidé, je me rebelle.
Me faire escalader ce putain d'arbre hier en fin d'aprem chez Rosalie a été la goutte d'eau de trop et il est hors de question qu'elle me fasse faire n'importe quoi sous prétexte d'être son putain de cobaye. Je me lève alors de très mauvaise humeur et change tout seul dans la salle de bain mon pansement sur le flanc gauche - saleté de branche - je hais la nature ! - tout en râlant contre elle et ce sans même m'apercevoir de sa présence.
"Tu ne vois donc pas ? Me sort-elle, dents serrées tout en se déshabillant.
- Voir quoi ?
- Rien, laisse tomber."
J'inspire fort et n'insiste pas, bien trop perturbé par la vue de son corps nu sous la douche. Mais frustré d'une telle force, la moutarde me monte au nez et je préfère quitter la pièce et me taper la tête contre le mur plutôt que de la mater ou de la rejoindre.
Bien plus tard, je me retrouve contre mon grès devant une pile de livres poussiéreux.
"Lis ceci.
- Le sang nm, définition… Ouais. C'est cool. merci de m'instruire.
- Regarde ce livre là.
- Gros plan de la valve aortique.. Merveilleux. Tu veux qu'on reprenne les cours de bio du lycée ?
- Non, je veux que tu tournes la page.
- Aaaaah !
- Relax, on dirait que t'as vu une araignée.
- T'es folle, c'est dégueulasse !
- Ne me traite pas de folle. Ça fait partie de la thérapie. Et ça se dit avoir fait prépa médecine…
- Et ça fait partie de la thérapie de me faire vomir ?... Encore ?! Tu me trouves trop gros ?
- Non t'habituer à la vue du sang à l'aide d'images et de mots. C'est cognitif. Mais c'est sûr, y a comme qui dirait des effets secondaires..
- Et la prochaine étape c'est quoi, te scarifier devant moi ?
- Non mais si tu continues à y mettre autant de mauvaise volonté, je te découpe à la feuille de papier.
- Tu peux être flippante, tu sais ça ?
- T'as pas idée...
- Ouais.. OK. Donc. Je suppose que si je tourne la page..
- Respire profondément et n'oublie pas de bouger les jambes et bras si tu te sens partir. On y va à ton rythme.
- Dit celle qui m'a piégé par deux fois déjà.
- Pauvre chou.
- Dis-donc au fait sex tes lunettes.
- Change pas de sujet.
- J'essaie justement de me focus sur autre chose, ça commence à tourner.
- Si tu veux.
- Donc tes lunettes, tu les as depuis longtemps ?
- Après l'accident..
- Oh. Mais tu ne les mets jamais.
- Seulement pour lire et écrire et en cas de migraine.. Et puis au bahut, j'évitais. Je n'allais pas rajouter ça aux gros cheveux et à l'appareil dentaire, n'est-ce pas ?!
- J'avoue.
- Tu sais tout de même que l'appareil était aussi l'une des conséquences de l'accident ?!
- Je l'ai longtemps supposé. Je te dois des excuses.
- Ouais.. Et pas qu'un peu.
- On change de sujet ?
- Oui pardon revenons à ton sujet préféré, c'est à dire toi.
- Ah non c'est pas mon sujet préféré.
- Ah oui c'est vrai, c'est ton deuxième sujet préféré, le premier étant ta collection de petite culotte. D'ailleurs tu comptes me rendre les miennes un de ces quatre ?
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.
- Pervers !
- Seulement de toi.
- Mais oui c'est ça, on y croit.
- T'es en forme toi aujourd'hui dis-moi !
- Tu ne fais pas d'effort. C'est usant.
- Répète ?!
- Tu as très bien entendu.
- Tu as des soucis de mémoire à court terme je pense.
- Tu sais quoi Edward laisse tomber.
- Mais laisser tomber quoi exactement ? Cette discussion…?
- Ce que tu veux.
- Franchement, tu veux savoir ce que je veux ?
- Me baiser, oui je sais…
- Ah non pas là non. Par contre toi t'en aurais bien besoin.
- Excuse-moi ?
- Tu m'as très bien entendu Bella.
- Tu penses que j'ai un problème ?
- Je pense que tu serais moins chiante si tu te faisais sauter. Dis-je venimeux en claquant le bouquin sur la table.
- OK, vérifions ta théorie professeur Cullen.
- Tu fais quoi là ?!
- Je m'assoie sur mon petit ami.
- Dans une bibliothèque publique.
- Je m'en voudrais d'être trop chiante alors tu vas me baiser et comme par magie je vais être de bonne humeur et toi tu seras guéri. Le sexe n'est-il pas le remède de tous les maux ?
- Pas celui de la connerie, non. Bouge de là Swan !
- C'est pas ce que pense ta queue.
- Ma queue ne pense pas. Elle réagit simplement au fait que tu n'as probablement pas de sous-vêtements sous cette jupe.
- T'es sérieux là ?
- Je ne te baiserais pas ici et comme ça.
- Tu ne me baiseras pas tout court.
- Lève-toi.
- T'es un sale con tu sais ça ?
- Viens par là.
- Edward lâche-moi !
Je l'entraîne malgré elle dans une des salles du fond. J'ouvre la porte et lui conseille vivement de m'obéir. Je crois n'avoir jamais été autant hors de moi.
- Entre.
- Non.
- Entre !
- C'est quoi ici la pièce où tu emmènes toutes tes victimes ?
- Les archives.
- Et tu vas faire quoi ? Me retourner sur la table ?
- Me tente pas ! Tu mériterais une bonne fessée.
- Comment tu te la joues !
- Es-tu schizophrène Bee ?
- Pourquoi ? Parce que je suis chiante ?
- C'est au delà d'être chiante. Tu t'entends parler ?
- Tu n'aimes pas mon insolence tout à coup, Cullen ?
- Ah si si ! Crois moi je me retiens.
- Mon cul ! Le Edward Cullen que je connais aurait sauté sur l'occasion pour..
- Pour…? Je baise pas les meufs qui me détestent ou qui ne sont pas consentantes et toi ma vieille tu m'en veux grave. Alors tu peux t'asseoir dessus. À moins de me violer, je ne te ferais pas jouir.
- Tu ne m'en crois pas capable ? Qui entendrait tes cris d'ici…?
- C'est d'un glauque ! On peut arrêter de jouer deux minutes. Bella, parle moi. J'ai fait quelque chose de mal ?
- La question serait plutôt qu'est-ce que tu as fait de bien.. ?
- T'es rude.
- Si seulement tu voulais bien prendre les choses au sérieux de temps en temps, tu pourrais progresser ! Mais toi tout ce qui t'intéresse c'est de me faire craquer. Comme si c'était facile de te dire non ! Mais c'est sûr qu'à ce rythme là je vais finir frustrée !
- C'est si difficile que ça de me résister ?
- Edward !
- Pardon.. C'était trop bon à entendre.
- Évidemment dès qu'il s'agit de flatter ton ego…
- Pas que. Putain t'as une belle image de moi !
- Et il est vexé..
- Y a de quoi, non ?!.. Écoute si tu manques de patience, t'es mal barrée avec moi. Tu ne peux pas tout réparer en claquant des doigts. Tu as déjà chamboulé tout mon univers en un rien de temps, tu devrais..
- M'en satisfaire ?
- C'était un compliment.
- Me faire comprendre que j'ai bouleversé l'ordre de ta vie comme une de ces tarées envahissantes ?!
- Mais non mais putain tu peux arrêter de tout prendre de travers ? Je me suis plié à toutes tes exigences, j'ai joué le jeu.
- C'est pas un jeux.
- Chut ! C'est une façon de parler et tu le sais. J'ai vomi, je me suis évanoui et je suis passé pour un con un nombre incalculable de fois. Je suis sincèrement désolé de ne pas être à la hauteur de tes attentes et je suis désolé de t'avoir allumé. Sur ce coup là, je plaide coupable. Le sexe est vraiment trop bon avec toi..
- Genre..
- Mais merde arrête ! C'est pas une blague ! Si j'avais juste besoin de me vider j'irais taper dans une sororité ou plus simple encore au bar où je bosse.
- Charmant..
- Excuse-moi mais je ne sais plus comment te faire comprendre.
- Appelle moi conne aussi..
- Ça suffit !
- Ed-
- Non !
C'en est trop, je craque et donne un grand coup de poing contre le mur. C'était ça ou l étrangler.
- Arrête ! Je me calme.
Mais c'est trop tard, je suis littéralement hors de moi et blessé.
- J'en ai marre putain ! Si j'avais été normal..!
- Edward dis pas ça, je-
- Tu crois que c'est facile ? Tu crois que je le fais exprès ? Tu penses que je kiff glander et que je ne vois pas le temps qui me file entre les doigts ? Tu crois que ça ne me fait pas mal de les voir tous bûcher et se tirer la bourre pour accéder aux meilleurs internats ? Tu crois que je voudrais pas être avec toi comme un mec normal qui pourrait tout faire sans avoir la trouille et sur lequel tu pourrais compter à tout moment ?! Je veux reprendre le contrôle de ma vie putain et jouir en toi sans capote ! Et si ça fait de moi un putain de pervers, ben j'en ai rien à foutre et-
Elle m'embrasse. Après tout ça, après mes caprices, ma folie et cette dispute insensée, Bella trouve le moyen d'avoir encore envie d'être avec moi. Elle m'embrasse comme s'il y avait une urgence et je me tais. Mais la fougue de son acte me fait switcher et toutes les bonnes paroles et les règles imposées volent en éclat. Mes mains se plaquent sur son petit cul et mon érection se presse contre son bas-ventre. Je la soulève à la force de mes bras et enroule ses jambes autour de ma taille. Sans quitter sa bouche, je la porte et la pose sur le rebord de la longue table en bois. Nos lunettes respectives nous gênent, alors elle nous en débarrasse. Mes mains partent à l'exploration de ses cuisses, les écartent un peu plus et remontent sous sa jupe plissée grise à la limite de ses bas de laine. J'avais tort tout à l'heure, elle n'est pas nue en dessous. Bien au contraire. Je crois deviner un shorty ou un truc du genre et je grogne de frustration. Ce truc m'a l'air infranchissable dans cette position. Bell's n'est pas en reste et galère avec les boutons de ma chemise. Elle s'impatiente et le feu en nous monte de façon exponentielle. Quand elle abandonne à la moitié du chemin pour passer à la ceinture de mon pantalon, je tente de mon côté, de m'immiscer sous le tissu de son sous-vêtement pour la doigter. Je la sens déjà toute mouillée et je n'ai qu'une idée en tête - la faire mienne. Mais je refuse de la forcer et pire, je veux l'entendre me supplier. Alors je passe et repasse sur le tissu sans jamais appuyer ni franchir la barrière. Elle se tortille, déboutonne mon fute et gémit dans ma bouche en passant sa main dans mon boxer. J'en deviens fou et la tension dans ma queue quand elle me prend en main est à son comble. Son contact me brûle et ses mouvements de va et vient me coupent littéralement les jambes. J'en perds l'équilibre et me retiens à la table d'une main. Mon autre main ne joue plus à la teaser et je la pénètre du bout des doigts. Sa fente est trempée. Elle coule sur mes doigts et je ne résiste pas à la goûter. Je les porte à ma bouche et ferme les yeux en nettoyant mes doigts de tout son nectar chaud et collant. Au plus c'est sale au plus je la veux et je la veux de façon hard. Je veux la baiser sans ménagement et je veux la faire hurler. Elle me branle de plus en plus vite et serre de plus en plus plus ma bite, me donnant un avant goût de sa chatte étroite. Et quand elle me réclame, au bout de sa frustration, mon esprit nous lâche.
Et quand elle me dit à bout de souffle..
- Retourne moi."
Mon cœur s'arrête et ne reprend que lorsque je m'exécute. Sans une once de délicatesse, je la retourne sur la table, soulève sa jupe, baisse ce putain de shorty jusqu'au niveau des genoux et claque fort sa fesse. Elle crie et s'accroche à la table. Ses jambes s'écartent d'elles-même et je me grouille de libérer ma queue. Je baisse fute et boxer en même temps et me positionne aux portes de son cul. Une main sur la base de ma bite, je résiste à mort..
La défonce pas au premier coup mec, entre doucement, laisse-la s'y faire et quand elle commencera à s'exciter sur ta bite, là, tu pourras la baiser comme jamais.
Bella tend ses fesses vers moi et me supplie de la prendre. J'attrape alors ce cul entre mes mains et laisse mon gland taquiner son entrée. Quelle douceur et quelle chaleur ! Ses lèvres sont si mouillées que ma bite va glisser comme dans du beurre et-
Et j'ai pas de capote ! Putain je suis maudit…
- Jour 6 -
Nous sommes à la moitié du chemin et j'ai survécu. Bon j'ai morflé hein mais si je devais faire un premier bilan, je dirais que j'ai fait plus de progrès en six jours qu'en deux ans. Bella pense que je ne sais pas ni ne vois les changements. Mais au contraire, je suis conscient de tout et l'espoir est revenu. J'ai la trouille par contre. La trouille de régresser et que l'espoir s'en aille à nouveau. Et puis qu'adviendra t-il de moi quand Bella rentrera chez elle ? C'est elle le moteur, elle qui me guide, me pousse et m'encourage. C'est elle qui me rend dingue, qui m'énerve et qui fait ressortir le meilleur et le pire de moi. Et si je ne tenais pas deux semaines ? Après tout hier c'était limite. C'était très limite ! Et ma bite ne me remercie absolument pas !
Je me lève du lit, il fait encore nuit. J'enfile un énorme pull et embarque une couverture pour aller sur la terrasse et mater le lever du soleil. J'allume une clope et regarde ma main opérée. Des images troublantes de ma souffrance me reviennent en flash-back et je réalise qu'être en vie m'a demandé plus d'effort que d'aimer. Aimer.
Est-ce que j'aime Bella ?
Quelqu'un passe par la baie vitrée et me rejoint. C'est elle. Je l'observe depuis mon transat, clope au bec et mes pensées s'ankylosent. Elle me prend la clope des lèvres et la fume devant moi sans un mot ni presque un regard. Je la laisse faire et trouve ça très sex. Ses tétons pointent à travers son pull en grosses mailles et son épaule nue me donne envie de la marquer de l'empreinte de mes dents. Même ses chaussettes hautes me font bander.
"C'est dur Bella.
- Pour moi aussi, me dit-elle en recrachant la fumée.
Je lui reprends la cigarette des doigts et cet échange m'excite un peu plus encore. Je porte la clope à ma bouche et sens le filtre humide de son contact. Le touché de ses lèvres chaudes, de sa salive exquise et de sa langue magique. Et inévitablement je repense à hier... j'ai tellement, tellement envie d'elle en cet instant que s'en est douloureux. Je la regarde s'étirer et reste à distance raisonnable pour ne pas craquer. Il me faudra faire un effort colossal pour ne pas la supplier à genoux avant la fin de la semaine prochaine. Je suis déjà à ça de lui sauter dessus ! Alors comment faire pour lui résister et relâcher toute cette pression ?
- Yo ! On est debout nous aussi et le temps n'est pas dégueu ce matin. Ça vous dit, on se fait une partie ? Nous propose Emmett, un ballon dans la main.
- OUI ! Crions-nous à l'unisson. Du sport, super hein Bella ?
- C'est clair, c'est une trop bonne idée !
L'occasion est trop belle et mes colocs sont géniaux. Ce sera parfait pour se défouler et décompresser.
- OK. J'aime votre enthousiasme, ça fait plaisir à voir même si vous êtes chelous. On se dit prêts dans trente minutes ?"
Bell's semble toute excitée -Je reformule- Semble super emballée à l'idée d'une petite partie de foot dans notre parc. En fait non, elle est plus qu'emballée, elle est nerveuse - nous le sommes tous les deux. Et si la frustration sexuelle était une drogue, nous en serions les pires consommateurs. En mode hypertendus, nous ne nous adressons que peu la parole et nous nous croisons sans trop nous toucher de peur de brûler de combustion spontanée. Se partager mon espace nous pèse ce matin et lorsque je l'entends soupirer devant la commode, j'ai envie de la prendre contre le meuble. Du coup, la douche se prend froide et moins de trente minutes plus tard, nous retrouvons nos amis fin prêts dans le salon. Vêtus de survêtements et pour la plupart d'entre nous de gros sweat à capuche sous nos perfecto, nous descendons les escaliers sans trop se presser et traversons la rue tranquillement. Arrivés au centre du terrain, au beau milieu du parc, Emmett tombe la veste de survet et affronte le froid en t-shirt molletonné .
"Je prends Bella.
- Pardon ?
- Dans mon équipe.
- Aaah ouais OK. Fais gaffe toi.
Emmett me tape l'épaule avant de reculer, le ballon en main. J'ai l'air con.
- Bee, tu viens avec moi !"
Bella paraît tout autant rassurée que moi d'être dans l'équipe opposée sauf qu'on oublie un élément essentiel de ce jeu… Le placage. Et la première manche devient alors synonyme de torture car rien que de la voir courir est -alerte spoiler- dur pour moi et encore plus pour mon autre moi. Ses jolis petits seins qui bougent en rythme, ses fesses moulées dans ce leggings noir.. Et quand il s'agit de la plaquer au sol, nos gémissements sont difficiles à retenir et j'ai l'impression d'avoir la fournaise des enfers dans mon boxer. Satan m'habite c'est sûr d'être aussi obsédé sexuellement. J'essaie de me concentrer sur le jeu et distance Emmett à chaque passe mais dès qu'il s'agit de Bella, je bave et perds tous mes moyens. Jasper doit me haïr, c'est certain ! À la mi temps, il décide d'ailleurs d'intervertir les équipes et se retrouve avec Bella mais avant de reprendre, son téléphone sonne et la partie est interrompue. Il s'éloigne de nous pour prendre l'appel et j'en profite pour lancer une discussion au sommet.
"Hey les gars faut qu'on aide Jay à décompresser. Il va finir par foutre le feu à la baraque.
- Toi aussi t'as remarqué ? Me demande Emmett.
- Il me regarde avec des yeux de psychopathe parfois. C'est flippant. Ajoute Bella.
- Il te mate tu penses ?
- Non mais je crois qu'il est en manque.
- Au point d'envisager la petite amie de son meilleur ami ? Faut pas pousser. Lui rétorque septique.
- Mais non t'as pas compris. C'est l'idée de couple qui lui manque.
- Mouais J'suis pas convaincu. Tu sais t'es canon, il fantasme peut-être juste sur toi.
Emmett n'a pas tort... Mince je vais devoir crever les yeux de mon meilleur pote.
- Arrêtez c'est ridicule. Avec Edward on a juste pas été cool entre la douche, le piano.. Faut qu'on se fasse pardonner.
- En lui offrant une meuf ?
- Euh non faut pas déconner Em'. Interviens-je.
- On pourrait faire comme dans Jurassic Park et l'appâter avec une chèvre.
Des fois je me demande si Emmett n'aurait pas abusé des stéroïdes..
- Ou on pourrait chercher une nana que Jay trouverait irrésistible.
- Mais pas une pute Emmett. Précise Bell's.
- Autant garder la chèvre alors.
- Merci Emmett."
…
Notre conversation /complot prend fin lorsque Jasper nous rejoint préoccupé.
"C'était ma sœur, elles sont là.
- Quand tu dis 'sont' j'imagine que tu inclus la mienne de sœur ?!
- T'as tout compris.
Fallait s'y attendre.
- Bella tu n'interviens pas ?
- Non pas là non.
C'est bien dommage, car justement, je les aperçois.
- Ah OK. Bon ben les gars ce fut un honneur de combattre à vos côtés.
- Courage vieux !
- Bella, si je ne reviens pas vivant sache que je -Merde je crois bien que je le suis-
- Que tu ?
- Que je suis désolé d'avoir kidnappé toutes tes petites culottes..
Me cacher derrière ce style d'humour peut sauver des vies. Croyez moi.
Prends soin des enfants bb..
Sur ce, je trotte en direction de ma chère sœur histoire de l'accueillir comme il se doit mais Bella n'en a pas terminé avec moi et me crie,
- Dis moi au moins où elles sont.. !
- Jamais !" Lance-je déjà loin.
…
"Vous êtes tombée du lit les filles ?
- Edward cullen en tenue de sport sur un terrain ?! Me dis pas que t'as joué ?
- Euh ouais. Et je suis toujours aussi bon. Fanfaronne-je en enlaçant Rose pour lui dire bonjour.
Je m'approche de ma sœur pour la serrer elle aussi dans mes bras mais elle recule d'un pas et se poste bras croisés raide comme la justice.
- Edward.
- Alice.
Si elle croit m'impressionner...
Ça fait un bail petite sœur.
- Mmh mmh..un sacré même. Quoi de neuf grand frère ?
- Des tas de choses.
- Comme ?
- J'ai commencé une thérapie disons expérimentale mais qui porte ses fruits car j'ai fait vachement de progrès, hein Rose ?
- Me mêle pas à ça steuplait. Me demande t-elle en retrait.
- Mmh mmh.
- Oui parce que j'ai un blocage psycho de dingue depuis le lycée qui me bouffe la vie et sérieux depuis quelques jours j'ai l'impression d'aller mieux et ça me donne une pêche d'enfer ! Et du coup cela pourrait peut être me permettre de retenter la fac ou alors je pourrais faire journaliste ou photographe, je sais pas encore. J'ai joué du piano aussi. C'était comme si Clair de lune ne m'avait jamais quitté. Maman aurait adoré. Il faudrait que je le tente la prochaine fois que je passe la voir. Je sors avec Bella et c'est fantastique, je galère un peu niveau blé parce que je peux plus trop bosser dans ce bar à cause de ma fausse carte d'identité qui est entre les mains de la police. J'ai de nouveau plus ma caisse mais Jay partage Betty avec moi. Ouais je suis remonté sur une bécane ! Je crois bien être devenu végétarien, ça c'est la mauvaise nouvelle du moment et j'ai grimpé à un arbre mais ça tu le sais déjà puisque c'était chez Rosalie, que j'ai fini par terre et qu'ils ont partagé les photos sur insta.. En gros voilà ma semaine. Et toi ça va ?"
- Jour 7 -
C'est calme. C'est très calme. Voir même un peu trop calme à mon goût.
"Alors dis-moi, que faisons-nous sur ce ponton ? Demande-je à Bella, assise en face de moi et couverte jusqu'au cou.
- Du yoga.
J'arque un sourcil et pense une seconde avoir mal compris.
- Je peux te demander quelques précisions ?
- Je t'en prie.
- Loin de moi l'idée de vouloir m'opposer à cet exercice hein mais du yoga au bord d'un grand lac au quasi début de l'hiver, c'est chaud non ?
- Et c'est là que l'exercice devient intéressant.
- Intéressant ? Ce n'est pas exactement le mot que j'aurais choisi.
- Tu vas me montrer ce que tu sais faire question position et te concentrer pour ne pas tomber à l'eau.
Je pourrais rebondir sur la formulation mais après ces derniers jours, je ne le ferais pas.
- Et le rapport avec le sang ? Y a des requins d'eau douce c'est ça ?
Elle lève les yeux au ciel et sourit de mes bêtises..
- Non pas de requins d'eau douce.
- OK. Je suis rassuré.
Je lui fais un clin d'œil et m'exécute en me plaçant en tailleur. Ma nouvelle technique avec Bella, faire ce qu'elle me demande au plus vite sans trop discuter pour ensuite avoir la paix ou plus si..
- Le lotus, c'est tout ce que tu sais faire ?
Faisant style de méditer, j'ouvre un œil et la prie de ne pas me provoquer.
Allé Cullen, t'es plus souple que ça !
- Sur un tapis dans mon salon oui.
- Tu as peur de tomber à l'eau ?
- Je ne doute pas de mon équilibre… Mais de ta volonté à vouloir me voir trempé.
- Quoi ? Je suis choquée ! Jamais de la vie je ne ferais une chose pareil.. Pas par cette température en tout cas, me répond t-elle d'un air sadique.
- Mouais..
- Allé, négocie pas j'ai froid.
- Bon OK. Je déplie mes jambes et me relève sans les mains. Une fois debout, je monte sur un poteau en bois, joins les mains et me tiens en équilibre sur une jambe.
- Pas mal. Tu peux tenir la position ?
- Je peux tenir toutes les positions qui te feront plaisir bébé.
- C'est ce qu'on va voir.
- Qu'est ce que tu vas faire de moi ?
- Te faire la lecture. Regarde droit devant toi. Ça va toujours ?
- Ouaip. Mis à part que ça tangue un peu et que ma parka me gêne.
- Tu veux l'enlever ?
- Non t'inquiète, vas-y envoie la sauce baby.
- T'es con.
- C'est ce que m'a dit ma sœur hier.
- Je sais j'étais là. Quelle idée aussi de tout lui balancer d'un coup ! Elle a failli faire une crise cardiaque.
- Elle s'en remettra.
- Mouais. Bon commençons, ferme les yeux et imagine..
- Toi à poil.
- Edward..!
- Pardon.
J'étouffe un rire et manque de perdre l'équilibre. Bella soupire insatisfaite mais finit par rire de me voir tanguer ainsi. Vexé, je force pour reprendre le contrôle sur mon corps et reprends la position. Bella peut enfin commencer la séance de torture.
Mais elle ne le fait pas. Aucun son ne sort de sa bouche et je commence réellement à m'impatienter. Je la regarde du coin de l'œil et vacille un peu plus d'avoir changer de point d'ancrage. Elle est là, assise en tailleur près de moi, tête baissée sur un bouquin fermé à la couverture écarlate.
Bella ?
..
Bella y a un soucis ?
..
N'en pouvant plus, je quitte la position, saute du pilier et me baisse à son niveau.
Hey bébé, parle moi, lui chuchote-je en caressant du bout des doigts ses cheveux. Soudain, sa voix étranglée me parvient.
- On y arrivera jamais.
Oh.
- Regarde-moi Bella.
Une sensation désagréable s'immisce en moi me faisant trembler jusqu'à la voix.
Bella s'il te plaît.
Je la prie de me faire face et de lever le voile sur ce malaise entre nous. Mais quand ses yeux s'accrochent aux miens, je n'aime pas ce que je vois. Cernés et vides de toute substance, ce regard abattu, je ne le connais que trop et je le refuse. Non, plus jamais je ne serais celui qui lui inspire l'abandon - Quel qu'il soit !
On y est presque Bella, ne craque pas.
- Non Edward. On n'y arrivera pas. Je ne suis pas celle qu'il te faut.
De quoi parle t-elle ?
- Si Bella si, tu es tout ce dont j'ai besoin. Regarde où j'en suis. J'ai pas vomi, ni fais de syncope depuis quoi deux/trois jours ? J'ai même repris la moto et le piano. Personne n'avait réussi ça avec moi. On va y arriver, je le sens. Il faut juste que j'arrête de jouer au con. Allé je me concentre, on reprend. OK ?
Si j'ai l'air pathétique, attendez la suite…
Bella, qu'est-ce que tu fais ? Tu t'en vas ?
Putain Bella ! Mais te casse pas comme ça ! Parle moi, te mure pas !
Bella !
Je crie dans le vent, elle ne m'écoute absolument pas et me laisse en plan. Je la rattrape juste avant qu'elle ne quitte le ponton de bois et croise à nouveau son regard, subitement devenu noir. La bouche scellée et la mâchoire verrouillée, elle refuse de me répondre et si ses yeux pouvaient me poignarder, ils le feraient sans hésiter.
Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire bordel ?
Tu refuses de me parler ? Soit. On verra une fois mouillée si tu joues encore les muettes.
Je la prends en poids et me fous de savoir si elle se débat ou pas. Je la balance sur mon épaule façon sac à patate et la ramène au bord de l'embarcadère.
Parle ou je te fous à la flotte.
Mais elle refuse et bat des pieds pour me déstabiliser.
Super ton imitation de la petite sirène mais ça suffit Ariel ! Parle !
Toujours rien. Juste des coups contre moi de plus en plus fort.
OK tu l'auras voulu.
J'avance un pas de plus et aveuglé par mes nerfs et plus que bouleversé par ce monologue surréaliste, nous jette à l'eau. Elle crie à s'en perforer les poumons et lorsque nous percutons l'eau glaciale, mon souffle se coupe et chaque parcelle de mon corps claque contre des lames de vagues tranchantes. Je suis comme piqué à vif et mes fringues se gorgent d'eau à en devenir du plomb. Je ne réagis pas tout de suite comme avalé par les fonds et laisse Bella se débattre pour nous deux ou juste pour elle car je ne la sens plus contre moi. Saisi de toute part, mes yeux restent clos et l'air dans mes poumons se fait de plus en plus rare. Quelque chose me tire vers le haut. Quelque chose m'attire vers le bas.. Que choisir…
- Edwaaaard !" Je crois l'entendre..
J'ouvre alors les yeux et me fais malmener par de puissants remous. Et puis, contre toute attente, je la distingue. Elle crie sous l'eau, de grosses bulles s'échappant de sa bouche et force comme une malade contre moi pour me faire remonter ou pour me faire réagir. Et ça marche… Mes bras et mes jambes bougent à nouveau et comme si j'avais tout le poids du monde au-dessus de moi me faisant obstacle, je lutte de toutes mes forces.
Nage ! Me hurle la voix dans ma tête.
Bella s'agite trop en tirant sur ma parka devenue lourde comme la pierre. Et si je ne réagis pas, je vais nous noyer. Alors dans un effort de dingue, je reprends le contrôle et nous hisse vers la surface. Et après ce qui me paraît être une éternité, nous sors la tête hors de l'eau. Ma poitrine est comme écrasée et je n'arrive pas à reprendre mon souffle. Bella tousse et panique. Elle perd pied. Je la ramène à moi et la porte comme je peux pour qu'elle attrape les rebords du ponton. Elle rate plusieurs fois et je crie en la soulevant à la force de mes bras mais c'était tout ce qui me restait et je rebascule sous l'eau, m'étouffant cette fois. Une main me retient et puis deux et je la sens tenter de me sortir des eaux. Pris de panique moi aussi, je me débats et m'accroche à l'un des pilotis. Elle me supplie de remonter et du bout des bras, récupère l'appuie nécessaire pour revenir sur la terre ferme. Je m'écroule au sol, crachant de l'eau et toussant à mon tour. Une autre sorte de froid s'empare alors de moi et je grelotte à présent. Merde qu'est ce que j'ai foutu ?!
"T'es malade ! Me hurle t-elle trempée et les lèvres bleues.
Tu aurais pu nous tuer !
Ses poings s'abattent sur moi me faisant mal à m'en faire crier et je n'arrive toujours pas à retrouver une respiration normale.
- Arrête, arrive-je à lui dire.
Mais elle ne m'écoute plus et furieuse, ne cesse de me frapper. Je la bloque alors et force plus que de raison sur son poignet. Elle se fige et se tait. Seuls nos souffles erratiques résonnent et petit à petit nous retrouvons de notre calme. Mais trop vite malheureusement, un silence de mort nous accable et c'est déterminée que Bella se détache de mon emprise et se relève. Je la laisse faire. Et même si elle tâtonne pour se ramener à la verticale, c'est tout aussi déterminée qu'elle me fait face.
- C'est fini.
Les mains plaquées sur le bois, ma tête se redresse instinctivement et l'espace d'un instant j'ai l'impression d'être à nouveau sous l'eau. Mes yeux se noient en croisant les siens, trempés entre les larmes et les eaux. Son regard et ses mots sont sans appel et c'est sans m'attendre qu'elle s'en va - pour de bon je crois cette fois.
Debout Cullen, debout ! Crie à nouveau la voix.
Je rampe un peu et tremblant, trébuche une ou deux fois avant de retrouver mon équilibre. Je la poursuis tentant de la rattraper une dernière fois mais elle me distance toujours un peu. Je voudrais l'appeler, crier, hurler mais les mots ne sortent pas. Elle quitte le pont et se dirige vers sa caisse garée un peu plus loin. Elle va me laisser.
Attends voudrais-je dire. Me quitte pas voudrais-je implorer mais la brûlure dans ma gorge m'en empêche et j'ai l'impression d'avoir arrêté de marcher. Bella se rapproche un peu plus de sa voiture et n'a même pas un mouvement de recul pour moi. Une fureur monte alors en moi depuis mes entrailles et c'est dans un cri, ma voix mise au supplice que j'arrive enfin à sortir les mots de ma bouche. Des mots lourds et douloureux à m'en faire chialer mais des mots vrais. Incroyablement précieux et difficiles à la fois. Des mots pour elle, juste pour.. Elle.
Je t'aime !"
. . . .
Dur de vous laisser comme ça... On se retrouve en review, je kiff trop avoir vos impressions et on se retrouve surtout bientôt pour découvrir la suite.
Bonne semaine à tous mes chéris.
Xo
