Bonjour à tous. Malgré une petite déception dûe à l'absence de retour sur le précédent chapitre, je ne vous oublie pas.

Encore un petit chapitre supplémentaire, je m'étonne moi-même de ma rapidité. On retrouve Hermione dans le monde moldu et ses petits ennuis politiques...

Bonne lecture!


Under the Paper (Hermione)


Nous entrons comme par effraction dans le saint des saints de l'armée. La pièce est spartiate. Les étagères austères sont alignées comme autant de soldats. Les archives sont toutes rangées dans des cartons identiques.

Devant moi se dresse des monceaux de dossiers, des piles bringuebalantes de pochettes de couleur. Je hume la bonne odeur de papier et me détend enfin : je suis dans mon élément. Aucune information ne m'échappera.

Combien cette pièce renferme-t-elle de traces de raisons d'Etat, de tromperies et de stratégies guerrières? J'oublie volontairement celles qui ont permis la paix, les alliances, la coopération européenne mais est ce que ces décisions là font le poids?

J'entends Michael se racler doucement la gorge derrière moi. Cela ne me ressemble pas de me perdre ainsi dans mes pensées! Je dois me ressaisir et me concentrer sur l'essentiel! Je m'approche d'un pas déterminé vers la première étagère. Si cela se trouve c'est le même système de classement que dans la salle des prophéties du département des mystères : un bon vieux classement chronologique. Ce serait un bon début! Je passe le doigt sur toute la première rangée.

Quelques minutes après, je dois me rendre à l'évidence : la logique administrative anglaise peut être bien compliquée. Les sigles sur les dossiers archivés sont parfois incompréhensibles. Je prends au hasard un carton intitulé "Déplacements 2015" et j'ouvre pour mieux savoir ce que je vais bien pouvoir y trouver. Le premier dossier est au nom d'Anthony Stones et se compose d'une autorisation de déplacement exceptionnelle au Canada. J'épluche la lettre de demande et le carnet de famille canadien avant de comprendre qu'il s'agit simplement d'un expatrié canadien qui avait demandé des congés exceptionnels pour voir ses proches. Au vu du peu de temps que nous avons pour profiter des informations contenues dans la salle des archives, je me désintéresse de toutes les rangées intitulées "Déplacements", quelque soit l'année. C'est un travail laborieux mais j'ai l'impression d'être de nouveau en recherche dans la bibliothèque de Poudlard, pour un quelconque exposé. J'imagine qu'il pourrait s'appeler Comment prendre l'avantage sur vos ennemis en récoltant des informations personnelles. J'ai un peu honte de fouiner, même si c'est une de mes spécialités.

Les cartons suivants parlent de détachement. Il me faut un moment pour me souvenir que c'est pour les fonctionnaires qui ont envie de changer d'employeurs. Je m'efforce cette fois de jeter un vrai coup d'œil à tous les dossiers. Les arrivées au ministry of Defense sont banales : départ d'une petite mairie inconnue du Suissex pour raison familiale, nouvelles offres d'emploi, volonté de booster sa carrière et envie de réorientation sont les explications qui reviennent le plus souvent. Quand certains ont demandé à quitter le ministry of Defense, je trouve encore les causes les plus communes, principalement le retour en province. Je repose finalement ses cartons-là, un peu déçue.

J'attaque d'un œil noir le bas de l'étagère et des cartons poétiquement intitulés "Longues maladies". Il y a des fonctionnaires qui ont des maladies chroniques, d'autres qui ont subi de lourdes opérations. Ce sont tous des dossiers importants et je commence à chercher des noms que je connaitrais bien. Pas un dossier de moins de 5 ans! Le plus vieux en revanche à 40 ans et concerne un certain Thomas Asling, petit secrétaire déclaré handicapé suite à un accident de service. Le dossier n'est pas mince, il est anorexique et même si ce nom ne me dit rien cela m'interroge : quel accident au sein de bureaux bien calmes y-a-t-il pu avoir? Ce brave homme se serait-il battu avec une machine à écrire? Je secoue la tête et passe à l'étagère suivante et aux "Recrutements".

"Qu'est-ce que tu regardes, Michael?

-Les dossiers des agents en retraite et toi?

-J'en ai fini avec les soucis de santé. Je suis près de la partie "Recrutements". Je ne sais pas si cela vaut la peine d'y regarder aujourd'hui, j'en vois 3 étagères et il se fait tard.

-Oui mais demain le cerbère sera de retour…

-On trouvera autre chose, je ne veux pas me faire enfermer.

-Encore 15 minutes, d'accord? Je viens t'aider.

-D'accord! Prends les années après 1980 et moi je fais celles avant.

-Je ne vais rien trouver, ils ont tous au moins 50 ans, proteste Michael à ma proposition.

-Ne discute pas, on est pressé, je réplique. Il ne faudrait pas passer à côté de quelque chose!"

Les recrutements qui ont eu lieu entre 1970 et 1980 ne sont pas si nombreux et bientôt - oh, bonheur! - j'ai dans ma main le dossier d'une certaine Marpel Stronghold! Elle était fonctionnaire avant de faire de la politique! Je suis trop forte!

"Je l'ai, je n'y crois pas, j'ai son dossier! Elle a été dans l'armée avant de faire de la politique, tu te rends compte!

-Quelle chance! Prends-le.

-Oui, c'est bon. Et toi, qu'est-ce que tu regardes?

-Les années 1980- 1990. J'ai trouvé quelques noms des chefs de service qui nous mettent des bâtons dans les pattes.

-Et les Onorder?

-Rien.

-Rien?"

Je dois dire que je suis étonnée, ils semblent être un peu plus jeunes que Marpel, pourtant. Soudain j'ai une illumination en pensant à mon cas personnel :

"Vérifie dans les contrats spéciaux, les CDD et les CDI. Ils n'ont peut être jamais été fonctionnaires!

-Tu penses?

-Les dossiers pour ce type de contrat sont à l'entrée. Viens on y va, je propose.

-D'accord!

-Regardes, ils y sont. Je les prends, j'affirme à Michael"

Ils pèsent lourds, ces dossiers dans ma main et si ma montre ne répétait pas que le temps presse, je les ouvrirais sur le champs. Cela me rends mal à l'aise de les sortir ainsi, sans autorisation. Avec une bouffée de nostalgie, je me souviens que c'est comme quand Harry allait emprunter illégalement des livres à la réserve.

Nous prenons les couloirs les plus directs vers les parkings sans échanger un mot de plus. Je récupère simplement sans lui demander son avis les dossiers qu'il a trouvé, en lui promettant que je les regarderais ce soir et qu'il les aura dès demain. C'est mieux que chacun d'entre nous ait une vision globale, j'espère que Michael comprendra l'argument. En tout cas, il acquiesce.

Je rentre chez moi à la fois excitée et stressée. J'ouvre la porte assez violemment pour découvrir Sirius entrain de donner son goûter à Hugo.

"Bonjour ma chérie! Tu es bien pressée, ta journée s'est bien passée?

-Salut! J'ai un truc à voir. Je te raconte ça plus tard, ok? Je le coupe en filant en direction du bureau-bibliothèque qu'on a installé quand on a pu avoir cette maison.

A peine installée, je fais les comptes : j'ai le dossier des Onorders, celui de Marpel Stronghold et ceux des chefs de service.

Je passe les trois heures suivantes plongées dans des vies de moldu. J'apprends que Marpel est fille de militaire et vient du Pays de Galles. Elle était tant que secrétaire de son mari qui était général 4 étoile, lui aussi, comme son père. Elle les a subitement perdus à quelques années d'intervalles et j'imagine sans mal sa peine. Les circonstances de leurs morts sont à peine évoquées. Son père serait mort dans son sommeil dans le manoir familial comme le prétend la lettre de Marpel expliquant sa demande de congé pour enterrement. Quant à celle de son mari, je n'en sais pas plus. La seule chose qui m'intrigue est un bulletin d'hospitalisation de Marpel au même moment. Aurait-elle été là au moment de sa mort? Prise dans un accident qui aurait ôté la vie à son mari? Il n'y a plus grand-chose après. La démission de l'armée et l'engagement en politique closent son dossier.

Pour les Onorders, l'affaire est moins intéressante : je découvre qu'ils viennent aussi du Pays de Galles. Peut-être se sont-ils croisé avant? Les deux garçons ont été placé en famille d'accueil après avoir été battus par leur famille. Ils ont gravi tous les échelons de la hiérarchie par le mérite, c'est difficile de ne pas être admirative d'une telle carrière. Il n'y a plus grand-chose sur Frank depuis qu'il a été muté aux renseignements, évidemment. Gary, quant à lui semble faire un parcours sans vague. Il est chef de service depuis 10 ans, on peut être sur qu'il s'est rendu indispensable.

Une adresse commune ressort des dossiers de mes meilleurs ennemis : le diocèse de Saint-Asaph au Pays de Galles dont ils viennent tous les trois.

Un petit bruit me sort de ma concentration.

"Mama, mama

-Viens ici mon bébé! Mais qu'est ce que tu fais à te trainer par terre? Tu as échappé à la surveillance de Papa?

-Méchant papa!

-Pourquoi Papa est méchant mon chéri?

-Hugo veut sssocolat.

-Et Hugo a déjà mangé un dessert et des bonbons, nous interrompt une voix légèrement amusée depuis le pas de la porte.

-Sirius! Attends, j'arrive.

-Hugo il est tard, fais un bisou à maman avant d'aller au lit.

-Veut pas!

-Ecoute papa mon ange, il est tard. Désolé Sirius, je n'ai pas vu l'heure. Je vous accompagne.

-Qu'est ce qu'il y a dans les dossiers que tu regardais?

-Des informations confidentielles sur Stronghold et Onorder entre autres.

-Tu as volé des dossiers! Mais qu'est ce qu'il t'a pris?

-Je ne vois pas quoi faire d'autre! Ils m'ont mis dans un placard littéralement et ils me surveillent. Je ne sais pas comment m'en sortir!

-Du calme Hermione, du calme. Il y a des solutions plus simples.

-Lesquelles?

-Tu pourrais démissionner et t'éloigner de tout ce remue-ménage.

-On ne peut pas tenir à un seul salaire.

-On en reparlera, tu fais peur à Hugo à parler aussi fort.

-Pardon mon chéri, maman va te lire une histoire d'accord? Tout va bien, tout va bien.

Que puis-je dire d'autre face à mon petit bonhomme? Dans quels ennuis me suis-je encore mis en écoutant la proposition de Michael?

Le lendemain matin, à peine arrivée au travail que je suis déjà affalée à mon bureau. J'ai la main sous la tête et déjà une irrépressible envie de bailler, bref je n'ai pas dormi de la nuit. Je suis de retour au ministry of Defense, assise sur ma chaise devant l'unique dossier qu'on a bien voulu me donner. Son titre est révélateur : En quoi les nouvelles technologies peuvent elles permettre de rendre le renseignement plus efficace? Je suis censée faire une étude sur les dispositifs existants actuellement mais sans aller voir sur le terrain. Il parait que les frais de transport sont trop chers et que nos services ont besoin de calme pour travailler. C'est pourquoi nous comptons sur vous pour avoir des entretiens téléphoniques, m'avait gentiment suggéré Gary Onorder. Sur le moment, je m'étais rarement sentie aussi inutile. Si votre étude est intéressante, nous vous demanderons peut être de faire quelques propositions qui seront transmises au ministre après l'approbation de notre chère secrétaire d'Etat, avait continué le deuxième frère Onorder, visiblement d'humeur mesquine. Il y a bien les dossiers de Marpel Stronglhord et de ses sous-fifres qui m'attendent dans ma mallette de cuir mais je n'ose pas les sortir ici. Si quelqu'un entrait dans ce bureau à ce moment là, je ne donne pas cher de ma peau. Quelqu'un toque à la porte, je sursaute. Au diable cette étude bidon! J'ouvre grand, bien contente d'avoir de la distraction. Tiens, une nouvelle tête! Il a l'air bien jeune, le garçon qui me fait face, la main encore levée pour frapper à la porte.

"Bonjour, Madame Grey?

-Bonjour. Oui, c'est moi-même.

-Irving Smith.

-Que puis-je faire pour vous?

-Je suis le nouveau stagiaire. On m'a dit que je pouvais vous aider dans votre étude.

-Il n'y a pas grand-chose à faire, je ne sais pas si c'est très formateur. Tu devrais aller demander une autre mission.

Il a un mouvement de recul, le stagiaire.

-Ils ont été très insistants, madame, m'avoue-t-il finalement, face à mon regard scrutateur.

Je soupire en comprenant qu'ils viennent encore de me piéger. Celle-là je ne l'avais pas vu venir.

-Je vois. Je suppose qu'il faut que je te présente tout le service en premier lieu. Je te préviens, je suis aussi nouvelle que toi. Allons donc."

Je le pousse dehors et nous commençons à déambuler de bureau en bureau. Ils sont tout de même assez polis, tous autant qu'ils sont, pour se présenter et décrire à Irving leurs missions respectives. J'en apprends un peu plus qu'avant finalement. De l'intérêt de l'innocence et de l'inexpérience. Après deux heures à passer de section en section, je nous ramène à l'espace de détente. Là encore, un intérêt léger et une certaine neutralité. Irving semble un bon talisman contre l'indifférence. Myssalia, la chef du service de l'aide sociale aux anciens combattants vient même me dire bonjour. C'est elle qui m'apprend que le ministère de la justice reprend son fonctionnaire. Je ne m'étais même pas aperçu de son absence, toute mon attention tournée vers le nouveau dossier qui m'a été confié et le stagiaire. Je le réalise avec un peu de mauvaise conscience. Michael n'aura même pas eu accès aux dossiers que nous avons discrètement pris.

Après un bref repas au square le plus proche, toujours en compagnie d'Irving qui ne me lâche plus, je nous ramène au bureau, munie d'une deuxième chaise et d'une petite table. Je ne sais pas comment on va pouvoir faire rentrer tout cela dans mon bureau. Une enveloppe m'attend, sur ma table de travail. Elle est rouge comme le sang. Je l'ouvre lentement, bien consciente de la lourde présence d'Irving qui ne m'a pas quitté du regard. J'y trouve une simple feuille blanche, avec marqué grâce à des lettres découpées des journaux "Nous savons qui vous êtes réellement.". Un petit encart de journal datant d'il y a dix ans tombe de l'enveloppe quand je la pose. Dessus mon nom apparait dans les candidats ayant eu leur A level par correspondance. Ils savent que je n'ai pas fait d'études, ils savent, ils ont la première trace officielle que j'ai laissé chez les moldus, avant même d'avoir un logement à mon nom, une carte de crédit ou autre. Un tremblement me saisit. Ils ne plaisantes pas, qui que soient les individus . Je rentre tout dans l'enveloppe que je mets dans ma mallette avec les documents que nous avons volé avec Michael. D'une voix sourde je me force à proposer de nous mettre au travail à Irving. Le reste de la journée se passe dans le brouillard. Je me débarrasse du nouveau dès que les 16h sonnent. Je pars à sa suite, pressée d'en finir. J'en suis sûre, ils m'espionnent. Je passe devant la salle des archives sans oser m'y arrêter. A mon bras, mon cartable de cuir pèse une tonne, lourd des documents interdits. Il faut que je m'en débarrasse au plus vite.

Le trajet jusqu'à chez moi me semble durer une éternité. Je ne prends pas le temps de retirer mon manteau, j'allume un feu et je sors les papiers compromettants que je précipite dans la cheminée avec l'enveloppe maudite. Tout cet amas de papier manque d'étouffer le feu mais j'accompagne les flammes dans leur croissance, leur faim, comme des vieilles amies. J'y mets tellement de magie que les flammes manquent de bondir vers le tapis. La flambée gonfle et je l'encourage pour chaque feuille supplémentaire léchée par le feu. La chaleur de la pièce devient insupportable mais je continue à soutenir le feu de ma volonté. Je sens la transpiration dégouliner sur mes tempes, mais je pousse plus loin les limites de ma volonté et la force de mon esprit. Encore, il me faut encore du feu. Les contours de la pièce se brouillent, seule la cheminée est claire à mes yeux. Tout ne sera bientôt que cendres…Je vacille.

Mes genoux touchent terre au moment où le dernier bout de papier brule. La pièce est remplie de fumée. Je m'écroule, au bout de mes limites. Le sol carrelé est frai. J'y reste étendue une éternité, haletante. Trop d'événements pour une seule journée.


Alors qu'en pensez vous? J'ai eu bien du mal à écrire ce chapitre qui me paraissait trop aride et trop lent...j'attends vos remarques!

Sinon il va falloir patienter un peu pour suivre la suite des tribulations d'Hermione puisqu'Helen reprend la main dans le prochain chapitre et tente de ne pas se laisser distraire par les détails, ces Tricky littles things.