Résumé du précédent chapitre: après une fin de mois plutôt mouvementée, Hermione Granger et Drago Malefoy parviennent à se retrouver, souvent aux prix de blessures profondes pour tous les deux. Mais malgré la douceur de ces moments, le danger n'a disparu, la peste est toujours bien présente et dehors, Voldemort guette…
Parole de l'auteur: ce chapitre est beaucoup moins centré sur nos deux amoureux que le précédent et je tiens à rassurer tout le monde que je n'oublie pas les autres personnages en-dehors de Hermione et de Drago. Seulement, de temps en temps, j'aime bien me laisser un peu de marge dans un chapitre pour développer leur idylle de façon à peu près cohérente.
Remerciements à:
Opus: le grand retour! Merci de ta review, tu m'as vraiment manqué. Je suis contente que tu sois revenue, ça fait plaisir de te revoir. Je repense à ce que tu m'as dit à propos de Drago, c'est vrai que beaucoup rêverait avoir un mec comme celui-là à la fois sensible et brutal, et surtout terriblement sexy! Huhu! Hem! Je dérape.
Aaaah! Couper au plus mauvais moment! C'est tout un art, plein de délicatesse, que je pratique avec délectation. :) Je te souhaite une bonne lecture et merci encore de ta review.
Manon: coucou, merci pour ta gentille review. C'est bien connu que les préliminaires sont généralement plus délectables que l'action elle-même. C'est comme manger: quand ça va trop vite, on n'a pas le temps de savourer! ;) J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. Bonne lecture!
Apolline: hello, je suis contente que ça t'ait plu. Merci pour ta review. J'ai remarqué en effet dans les autres fics que plus l'action dure, mieux c'est! Mais en même temps, il ne faudrait pas non plus qu'ils mettent dix ans à se décider nos deux andouilles! XD Je te souhaite une bonne lecture pour la suite.
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Première partie: Drago Malefoy
Chapitre 14: Février ou les tensions de la Chandeleur
Tensions: «Il est, dans la vie des hommes, des heures où la tension des événements semble répondre à celle de notre âme.» Henri Daniel Rops. Nocturnes.
«…L'exemple de Bellatrix Lestrange ne t'a pas suffi?…Non Drago, tu n'es pas un lâche: tu es encore trop faible pour entrer dans cette catégorie…Non, je ne te tuerais pas, ça te ferait trop plaisir, j'aime mieux que tu en sois réduit à te suicider comme le vrai lâche que tu es…»
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Assise dans sur un banc de la tour d'astronomie, Ginny se rongeait les ongles d'impatience. La veille, elle avait donné rendez-vous à Hermione dans cette salle à dix heures précises: il était déjà dix heures et quart, et la jeune fille ne pointait toujours pas. Enfin, cinq minutes plus tard, elle apparut en bas des escaliers. Trépignant sur place, la jeune Weasley la héla:
«Enfin te voilà, ce n'est pas trop tôt!
Sans la moindre intention de s'excuser, Hermione entra dans la salle et la salua un peu sèchement, Ginny attaqua avec un brin d'aigreur:
-Dis donc, on n'avait pas rendez-vous à dix heures?
-Non, on n'avait pas rendez-vous à dix heures, répliqua son amie sur le même ton. Tu as exigé ma présence à dix heures, ce n'est pas pareil.
-Oh! Tu pousses un peu, là!
-Tu crois? Persiffla-t-elle. C'est ta façon de donner des rendez-vous, de te planter devant les gens, de leur dire: «Demain, à la tour d'astronomie à dix heures sans faute!», et de repartir aussitôt sans attendre de réponse? Moi, j'appelle ça de l'impolitesse. Tu devrais déjà être contente que je sois venue.
Ginny rougit légèrement, puis répondit:
-Excuse-moi, tu as raison bien sûr. Je suis vraiment trop impatiente.
Hermione balaya ses excuses d'un geste et demanda d'un ton radouci:
-Bon, et si tu me disais maintenant les raisons de ton impatience?
-Comme si tu ne le savais pas! Je veux savoir où en sont les choses avec MJ bien sûr!
-MJ? Répéta-t-elle amusée.
-Malefoy Junior, si tu préfères. Alors?
-Oh tu sais…il ne s'est pas passé grand-chose, répondit Hermione d'un ton dégagé.
-Menteuse! Tu as rougi, l'accusa Ginny.
-Moi? Balbutia Hermione les joues écarlates. Non, pas du tout.
-Si, si si, chantonna-t-elle. Allez, raconte-moi s'il-te-plaît. On est entre filles!
Hermione eut un petit rire nerveux, rosit et baissa la tête pour éviter le regard trop perspicace de son amie, laquelle répéta avec impatience:
-Alors, qu'est-ce qui s'est passé exactement?
Avec un sourire gêné, elle lâcha du bout des lèvres:
-Et bien, hier soir on…on s'est embrassé.
-Et alors? Piaffa la plus jeune d'impatience.
-Ben c'est tout. Que veux-tu qu'il y ait d'autre?
-Et tu as le culot d'appeler ça «pas grand-chose»? S'indigna Ginny. Franchement Hermione, tu mériterais une fessée! Est-ce que tu as idée du nombre de filles qui tueraient pour être à ta place?
-Nombre dont tu fais partie je suppose, ironisa Hermione.
-Là n'est pas la question, répliqua-t-elle d'un ton hautain. Alors ça y est? Vous sortez ensemble?
-Ginny! s'exclama l'ainée d'un ton choqué. On ne passe pas comme ça brusquement de six ans d'inimitié froide à du pur amour!
-Tu n'as pas répondu à ma question.
-Très bien. Alors c'est non, on ne sort pas ensemble, trancha Hermione sèchement.
-Je ne comprends pas, vous vous êtes embrassés et vous n'êtes toujours pas en couple. Mais qu'est-ce que vous attendez? Vous ne pouvez pas rester dans une phase aussi instable.
-Je ne sais pas. Écoute, lorsqu'on s'est embrassé, on avait tous les deux un peu perdu la tête: il sortait d'un cauchemar et moi aussi alors…et puis, je ne l'ai pas revu ce matin.
Elle paraissait perdue. Ginny n'ajouta aucun commentaire, attendant simplement qu'elle vide son sac. Et effectivement, Hermione continua:
-Et puis au fonds, c'est peut-être mieux comme ça. Je n'aime trop ce qu'il se passe entre nous. Cette sorte de…jeu malsain…du chat et de la souris. Tout peut très vite dégénérer: on s'est embrassé hier soir alors que dans la même journée, on a oscillé entre froideur, tendresse, haine et passion. N'importe qui en serait devenu fou. Je crois qu'il vaut mieux qu'on en reste là, qu'on…qu'on arrête tout avant que les choses ne deviennent carrément incontrôlables.
-C'est faux, objecta Ginny. Ce n'est pas ce que tu veux. Si ta décision avait vraiment été ferme, tu ne te serais pas pris la peine de me raconter tout ça.
Hermione leva les yeux au ciel et soupira, excédée. Son amie reprit aussitôt:
-Tu veux vraiment un bon conseil?
-Il paraît que je suis là pour ça, ironisa l'aînée.
-Vous devriez en discuter tous les deux, ça pourrait mettre les choses au clair.
-En discuter? Répéta-t-elle d'un ton vaguement menaçant.
La dernière fois qu'elle avait voulu «discuter» avec Malefoy, cela avait tourné au pugilat.
-Oui, en discuter! Insista-t-elle. Ce n'est qu'un conseil bien sûr mais je te l'ai déjà dit Hermione: vous n'aurez pas forcément toute la vie devant vous et ce coup-ci, ce serait vraiment le comble du ridicule si tu laissait passer ta chance une deuxième fois pour des raisons de fierté mal placée.
La plus âgée fit une drôle de grimace puis brusquement, bondit sur ses pieds et darda un regard flamboyant de fureur vers la rousse. D'un ton coupant, elle aboya:
-Merci Ginny! Merci beaucoup de ta sollicitude et de tes merveilleux conseils. Merci mille fois de me rappeler la mort de Ron, bien que j'y pense déjà tous les jours. Entre nous, tu fais une bien curieuse sœur, à pousser la meilleure amie de ton frère dans les bras de son bourreau.»
Là-dessus, sans attendre de réponse, elle tourna les talons et sortit de la salle. Elle dévala les escaliers quatre à quatre sans se retourner. Ginny ne la suivait pas mais ce n'était pas elle qu'elle fuyait: c'étaient ses paroles qui lui brûlait le cerveau comme un poignard chauffé à blanc. Enfin, lorsqu'elle arriva en bas des escaliers, elle essuya ses yeux d'un geste rageur du revers de sa manche.
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Au même moment, Neville faisait les cents pas devant la salle de métamorphose, fermée depuis maintenant plusieurs mois. Il avait envoyé un message à Harry par hibou et n'ayant pas reçu de réponse, il était venu à tout hasard en espérant que le survivant viendrait au rendez qu'il avait lui avait proposé.
Enfin, alors qu'il commençait à avoir des doutes, il le vit enfin arriver au bout du couloir. Neville fut soudain frappé par sa maigreur, aggravée par sa petite taille. Harry n'avait jamais été bien grand par rapport aux garçons de son âge, ce qui était un gros avantage au poste d'attrapeur. Mais là, son aspect tenait plus du maladif et accusait une faiblesse anormale. Arrivé près de lui, Harry le salua d'un ton las et Neville nota au passage les cernes mauves qui pendaient sous ses yeux sans éclat ainsi que ses pommettes saillantes, visibles même lorsqu'il ne parlait pas. Alors, d'un ton décidé, il lança:
«J'aimerais savoir ce qu'il se passe entre Ginny et toi. J'en ai assez de te voir malheureux comme une pierre et de ces silences pesants entre vous. J'en ai assez de parler successivement à l'un puis à l'autre pour établir un semblant de dialogue entre nous trois. Alors dis-moi ce qu'il se passe, s'il-te-plaît.
-Rien. Il ne se passe rien justement, répondit-il avec amertume.
Neville eut un doute.
-Quoi? Est-ce qu'elle t'a…plaqué?
-Techniquement non, puisque nous ne sortions pas ensemble, soupira-t-il.
-Je ne comprends pas Harry.
-C'est pourtant simple, ricana-t-il faiblement. J'aime Ginny, Ginny ne m'aime pas, elle aime un autre garçon.
-Oh.
-Eh oui.
Le garçon soupira, l'air désolé, puis il reprit d'un ton ferme:
-Écoute Harry, je comprends que ça soit difficile pour toi en ce moment, mais il faut que tu ressaisisses.
-Que je me ressaisisse? Articula-t-il. Comme j'aimerais être à ta place Neville! Cela paraît si facile à tes yeux. Bienheureux es-tu de ne pas connaître le quart de ce que je ressens.
À ces mots, Neville plissa les yeux.
-Qu'est-ce que tu en sais que je n'y connais rien?
Surpris, Harry releva la tête:
-Quoi? Toi aussi tu l'aimes?
-Non, répliqua-t-il sèchement. Le monde ne tourne pas exclusivement autour de Ginny ou de toi-même.
Scandalisé, Harry protesta:
-Je…je n'ai jamais prétendu…
-Non, mais tu es tellement focalisé sur toi-même et sur ta souffrance que ça te rend incapable de t'intéresser aux sentiments des autres. Pire encore, ça t'éloigne: depuis plusieurs semaines, on ne te voit quasiment plus. Et je ne sais pas si tu t'es rendu compte que je me faisais du souci pour toi.
-Je…
-Et je vais dire un truc: Ginny aussi, elle en souffre! Elle a perdu son frère et elle doit à présent supporter ta froideur alors qu'elle tient vraiment à toi. Et toi, tu fais exactement comme Ron et Hermione, tu répète les mêmes erreurs: tu délaisses tes amis sans te rendre compte qu'ils peuvent te quitter à tout moment. L'exemple de Ron ne t'a donc pas servi? Est-ce qu'il sera mort pour rien finalement?» Hurla Neville à la fin de sa tirade.
Harry accusa très mal le coup: il blêmit, puis rougit, parut suffoquer, puis se dégonfla lentement. Il se contrôlait, cherchant à étouffer la violence qui montait en lui car il ne voulait surtout pas frapper Neville, son dernier ami, sa seule attache. Ses paroles l'avaient sérieusement atteint parce qu'il savait qu'elles contenaient un fond de vérité: comme Ron, il s'éloignait inévitablement de ses amis. Comme lui, il allait devoir se sacrifier sans un regard pour les sentiments de Hermione et de Ginny. D'un ton sourd, il déclara:
«C'est faux Neville, je ne pense pas qu'à moi. Si vous ne voyez presque plus, c'est parce que j'ai des choses à faire.
-Quelles choses?
-Je ne peux pas te le dire, ni à toi, ni à personne d'autre. C'est trop dangereux.
-Harry tu m'inquiètes, dit-il d'un ton méfiant.
-Écoute, s'impatienta-t-il, ne t'occupe pas de moi, d'accord? C'est déjà assez compliqué comme ça, d'ailleurs il faut que j'y aille! C'était tout ce que tu avais à me dire?
-Oui c'était tout, cracha-t-il. Et j'ai le regret de constater que j'aurais tout aussi bien pu m'abstenir visiblement.»
Harry fit un geste d'excuse, puis voulut repartir. Mais au moment où il se retournait, son pied buta sur un pavé et il trébucha par terre, son sac se vidant joyeusement de tout son contenu. Par réflexe, Neville se pencha pour l'aider à tout ramasser, quand ses yeux tombèrent sur un livre qu'il aurait souhaité ne jamais voir entre les mains de son ami: Rituels du sang et sacrifices à travers les âges. Horrifié, il leva le regard vers le Survivant mais celui-ci avait déjà rangé précipitamment tous ses grimoires dans son sac. Blanc comme un linge, Neville interrogea:
«Harry qu'est-ce que…qu'est-ce que ça signifie?
-Ce n'est pas ce que tu crois Neville, fit le jeune homme dans une tentative d'apaisement.
-Comment ce que je crois? Aboya-t-il hors de ses gonds. Et toi, qu'est-ce tu crois? Que je n'ai jamais vu de magie noire? Que je ne sais pas ce que c'est? Tu as cru que je ne reconnaîtrais le livre? Mais bon sang Harry, peut-on savoir à quoi tu joues? Explosa-t-il.
-Ce serait trop long à expliquer Neville. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est nécessaire pour…l'aboutissement de mes projets.
-Quels projets? Écourter ton espérance de vie? Te payer un aller simple à Azkaban ou à Sainte-Mangouste? Tu savais qu'en étudiant la magie noire, tu bousilles ta santé mentale? L'exemple de Bellatrix Lestrange ne t'a pas suffi?
-Je n'ai nullement l'intention de devenir comme elle, rétorqua-t-il d'un ton glacial. Et au passage Neville, tu n'es pas le seul à la haïr, ni le seul qu'elle ait fait souffrir donc si tu voulais bien t'abstenir de prononcer son nom devant moi, je t'en serais très reconnaissant. Sur ce, au plaisir.»
Brutalement, Harry tourna les talons pour couper court à toute discussion et disparut vers le fond du couloir, prenant la direction des cachots pour s'entraîner. Il se sentait un peu coupable des paroles dures qu'il avait lancé à au Griffondor, mais la seule pensée de Bellatrix Lestrange était bien plus puissante que dix milles insultes lancées en même temps. Sa haine le consolait et le rassurait car elle était bien plus forte que toute sa souffrance: c'était grâce à elle qu'il pouvait encore avancer et au lieu de se tasser sur place et s'apitoyer sur son sort. À présent, il s'exerçait à délimiter un espace anti-transplanage, et c'était autrement plus dur que réaliser l'inverse.
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Assis sur son trône de chêne, l'homme réfléchissait. Les nouvelles fraîchement arrivées de l'espion à Poudlard n'apportaient rien de très intéressant. Harry Potter passait ses journées à traîner dans le château et se livrait à quelque activité secrète, mais Voldemort n'était pas inquiet, il était habitué au récit des frasques de son jeune ennemi. Retranché au cœur des montagnes escarpées d'Albanie, au plus profond d'une forêt de sapins dense et impénétrable, le Seigneur des Ténèbres était vraiment hors d'atteinte, du moins le croyait-il.
Plus préoccupant à ses yeux était cette affaire entre le jeune Malefoy et la Sang-de-Bourbe qui traînait en longueur, Voldemort s'impatientait mais reconnaissait qu'il ne pouvait rien faire qu'attendre. En aucun cas il ne fallait forcer les deux jeunes gens, et encore moins la Sang-de-Bourbe car elle devait rester consciente du début à la fin de sa propre déchéance.
Voldemort fut soudain tiré de sa rêverie solitaire par trois coups timides sur les immenses portes de la salle de réunion.
«Entrez», ordonna-t-il sèchement.
Deux hommes entrèrent. Le premier, aux cheveux noirs broussailleux, l'air timide, tirait derrière lui par le bras le second qui se laissait faire, complètement indifférent. Ce dernier, maigre et amorphe ne semblait pas réagir à la présence imposante de l'homme qui se trouvait face lui. Ses cheveux gris clair, ternes et crasseux lui retombait sur les yeux. Il donnait l'impression dérangeante d'une coquille vide.
«Ah! Dimitri, s'exclama Voldemort l'air plus satisfait.
Prononçant quelques mots dans une langue étrangère, il congédia l'homme de main bulgare et, sortant sa baguette, il la pointa en direction du restant qui n'avait pas bronché:
-Finite projectionem.»
Un rayon argenté fusa sur l'homme qui, pour seule réaction, tomba à la renverse sous l'impact du sortilège. Il ne se releva pas, restant au sol étendu sur le dos, les bras en croix. Aucune expression ne filtrait sur son visage émacié. Ricanant avec méchanceté, Voldemort reprit:
«Et maintenant, à nous deux Bartémius Croupton.»
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Annabelle parcourait le couloir sud-est qui menait à la salle commune des Serpentard, lorsqu'elle croisa Drago en chemin. Il se dirigeait rapidement dans la direction opposée à la sienne, regardant dans tout autour de lui comme s'il cherchait quelqu'un. Les yeux brillants, elle lui fit un signe de tête pour le saluer en battant des cils mais ne s'arrêta pas: lorsqu'il avait l'air affairé comme ça, elle avait appris à ne pas l'importuner inutilement. Mais à sa grande surprise, il s'avança vers elle et lui dit:
«Salut Annabelle. C'est toi que je voulais voir, justement.
-Oui? Répondit-elle d'un ton sucré.
L'air sérieux, il lui annonça:
-Il faut qu'on parle tous les deux, et maintenant.
-Ah? D'accord, lui répondit-elle sur le même ton. Veux-tu qu'on aille en privé, rajouta-t-elle d'une voix qu'elle voulait sensuelle.
Mais il ne releva pas la remarque et déclara:
-Non, nous n'irons plus en privé nulle part.
Surprise, Annabelle battit des cils et dit:
-Comment ça?
-Et bien, nous n'aurons plus à nous cacher désormais.
-Tu veux qu'on s'affiche? En vrai couple?» Demanda-t-elle naïvement.
À ce moment, tous deux entendirent un léger bruit, comme un cliquetis. Ils se retournèrent et regardèrent derrière eux. Une armure vacillait légèrement, mais elle se remit en place après quelques oscillations. Se raclant la gorge, Drago se retourna vers son interlocutrice qui levait ses grand yeux vers lui, et la corrigea froidement:
«Non, je veux rompre.
L'effet fut immédiat: perdant tout sourire niais, Annabelle cessa de battre des cils et un masque d'horreur se peignit sur ses traits délicats. D'une voix chevrotante, elle balbutia:
-Mais…mais pourquoi? On…on était bien tous les deux. Pourquoi tu…?
Le reste de sa phrase s'étrangla dans sa gorge et elle se recroquevilla sous le regard impérieux de Drago. D'un ton qu'il aurait employé pour expliquer une chose inéluctable à un enfant récalcitrant, il détacha chaque mot:
-Parce que je ne veux plus être avec toi. Tout simplement.
-M-mais c'est pas juste! Tu p-peux pas m'abandonner, supplia-t-elle.
-Si, et c'est ce que je fais là, maintenant.
-Mais tu n'as pas le droit! Pleura-t-elle. Pas après ce qu'il s'est passé entre nous! Pas après tout ce qu'on a vécu ensemble!
-Il ne s'est rien passé entre nous, trancha froidement Malefoy. Je ne t'aime pas, je te quitte et voilà tout!»
Là-dessus, il tourna le dos et prit la direction des cachots, mais à sa grande surprise, Annabelle s'accrocha à son bras. Pris au dépourvu, il se dégagea plus brutalement qu'il ne l'aurait souhaité. À présent, la jeune fille était assise par terre, pleurnichant et reniflant bruyamment. Ce spectacle était si pitoyable que Drago se demanda comment il avait pu ne pas être dégoûté avant. D'un ton entrechoqué par les sanglots, elle brailla:
«Mais moi je t'aime encore Drago.
-Ce n'est plus mon problème, rétorqua-t-il avec cynisme.
-Oh que si, c'est encore ton problème, parce que jamais je ne lâcherai pas prise!
Amusé par sa faute de grammaire, il ricana cruellement:
-Tu savais que la présence de deux marques de négation dans la même phrase s'annulent l'une l'autre? Tu ne sais même pas parler correctement, et tu voudrais que je m'affiche avec toi!
-Quoi? Bredouilla-t-elle, n'ayant rien compris de ce qu'il venait de lui dire.
-Peu importe. Je préfèrerais m'afficher avec une Sang-de-Bourbe cultivée et intelligente plutôt qu'avec une sang-pur sotte et illettrée.»
Et, sans rien ajouter d'autre, il se retourna et partit pour de bon en direction des cachots, laissant la désespérée geindre au sol dans la plus totale indifférence. Arrivé en bas, il poussa un soupir de soulagement. Une bonne chose de faite! Maintenant, tout ce qu'il restait à faire, c'était de retrouver sa chère Griffondor. Sortant sa baguette, il murmura le sortilège qui le mènerait à elle:
«Pointe Hermione Granger.»
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Accoudée sur le rebords de fenêtre qui donnait sur le parc, Hermione contemplait le parc recouvert par une brume laiteuse et opaque qu'on aurait facilement pu confondre avec de la neige. Elle entendit bientôt quelqu'un marcher dans sa direction. Bien qu'elle reconnût facilement la démarche de Malefoy, elle ne se retourna pas pour l'accueillir, elle était bien trop furieuse. Mais si sa vue lui était pour l'instant insupportable, sa voix, elle, la fit frémir jusqu'aux moelles.
«Hey Granger, tu as deux minutes?
Réprimant un soupir agacé, elle se retourna lentement, le visage impénétrable. Quoique décontenancé par sa sècheresse frisant la grossièreté, Drago ne perdit pas le fil de ce qu'il voulait dire.
-Hem, il faut qu'on parle, c'est très important.
Hermione croisa les bras et répondit:
-Je t'écoute.
-Et bien c'est à propos de ce qu'il s'est passé hier soir.
À ces mots, le visage de la jeune fille se durcit et elle jeta brutalement:
-Il ne s'est rien passé hier soir Malefoy! Et il ne se passera jamais rien. Au passage, tu vas arrêter immédiatement ce petit jeu avec moi.
-Quel jeu? S'étonna-t-il.
-Inutile de faire l'innocent, Malefoy. Primo, ça ne marche pas avec moi et secundo, en me prenant pour une imbécile, tu aggraves ton cas.
-Bon, et si tu m'expliquais un peu? Persiffla-t-il.
-Non toi, explique-moi! Dis-moi ce que j'ai été pour toi. Une friandise? Un jouet distrayant? Un bouche trou?
Elle souriait, d'un sourire faux qui accentuait la menace lancée par ses yeux noirs et foudroyants. Malefoy essaya de comprendre ce qu'elle pouvait bien lui reprocher, mais ne voyait vraiment pas ce qu'il avait pu faire de mal. Cependant, elle poursuivait:
-Bah, qu'importe dans le fond. L'essentiel est que tu te sois bien amusé avec moi et que j'aie été la parfaite cruche dont tu avais besoin.
Malefoy commençait à perdre son calme, la récente rupture avec Annabelle lui ayant déjà bien éprouver ses nerfs, il n'arrivait plus à garder son sang-froid. D'un ton rageur, il grogna:
-Bon, maintenant que tu t'es bien excitée sur moi, tu vas peut-être avoir l'amabilité de me dire ce que tu me reproches.
-Ce n'est pas la peine, j'en ai fini avec toi de toutes façons, je te laisse à tes amours, ou plutôt à tes petites divertissements, persiffla-t-elle d'un ton venimeux. Oh! Et une dernière chose Malefoy: la prochaine fois que tu voudras te divertir, trouve-toi quelqu'un d'autre parce que si je revois ton visage à moins d'un mètre du mien, il n'est pas dit que je n'hésiterais pas à te jeter quelque maléfice à la figure pour t'apprendre le respect.
-Bon, parfait, excellent, applaudit-il d'un ton glacial. Au moins, je sais à quoi m'en tenir avec toi à présent.»
Hermione ne se donna pas la peine de répondre. Elle aussi savait désormais à quoi s'attendre et n'avait plus l'intention de se laisser embobinée par ses mensonges. Ils séparèrent, aussi furieux l'un que l'autre.
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Hermione le bouda pendant une semaine et Malefoy ne cherchait pas à lui adresser la parole. Les travaux en potions se révélèrent donc relativement calmes, ce qui convenait tout à fait au maître des potions. Pourtant, au huitième jour, la Griffondor parut mal-à-l'aise, comme si elle attendait quelque chose. Enfin, le surlendemain, elle se décida à parler.
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Appuyé négligemment contre le canapé, Malefoy relisait ses notes sur les réactions d'un mélange qu'ils avaient testé la veille sur un malade. Un pli soucieux barrait son front, et Hermione se rappelait que le cobaye avait réagi plutôt violemment à la préparation médicinale. La jeune fille songea avec désespoir qu'il avait séduction nonchalante de ces jeunes docteurs ou policiers scientifiques qu'on voyait dans les mauvaises séries télévisées. Elle avait finalement dépassé le stade du déni et ne cherchait plus à se mentir. C'est pourquoi d'autant plus grande était la nécessité de mettre enfin les choses au clair. Se raclant la gorge, elle entama timidement:
«Malefoy, je peux te parler s'il-te-plaît?
Sans le nez de ses feuillets, le beau jeune homme répondit d'un ton grinçant:
-Tiens? Mais c'est Granger! Que me vaut l'extraordinaire honneur de cette attention inespérée que tu daignes m'accorder.
-J'ai juste une seule question à te poser.
-Je ne te garantie pas de l'écouter.
-S'il-te-plaît, supplia-t-elle.
Et comme il ne répondait pas, elle tenta tout de même sa chance:
-Je veux simplement connaître le nom de ta petite amie, après…je te laisserais tranquille, je ne viendrais plus jamais t'importuner, c'est promis.
Sa phrase eut plus d'impact qu'elle ne l'avait cru. Les yeux ronds de stupeur, il leva enfin ses grands yeux gris vers elle et demanda:
-Pardon? Quelle petite amie?
-Celle dont tu avais l'intention d'officialiser la relation, ce que tu n'as toujours pas fait d'ailleurs; je me demande pourquoi.
-Dis-moi Granger, fit Malefoy le plissant les yeux. Est-ce que tu te sens bien?
-Non, pas vraiment! Depuis exactement dix jours, depuis un certain soir qui n'aurait jamais dû exister, je ne suis pas bien!
Comprenant de quoi elle parlait, Drago souffla, exaspéré:
-Enfin Granger, tu n'as pas l'impression d'exagérer un tantinet? Un baiser, ce n'est pas la mort. Et après, sans même te tenir rigueur de ton impolitesse inqualifiable, je t'ai laissé partir en paix comme tu me l'a demandé.
-Pour mieux plonger ensuite dans les bras de ta poule! S'écria-t-elle folle de rage. Honnêtement Malefoy, reprit-elle d'un ton calme et méprisant, j'avoue tu m'as plutôt déçue. Moi qui pensais que tu avais meilleur goût que cela, je m'attendait au moins à une fille qui possède un minimum de cellules grises. Mais bon, c'est bien connu que les queutards préfèrent les femmes stupides.
-Mais qu'est-ce que tu racontes à la fin? Aboya-t-il dont la patience s'amenuisait comme une peau de chagrin.
-C'est bon, pas la peine de ressortir le grand jeu de l'homme outragé, dit-elle d'un ton las. Je vous ai vus il y a dix jours. Toutes mes condoléances Malefoy, parce que si tu t'affiches vraiment avec cette godiche au bras, je ne donne pas cher de ta peau aux commérages.
Malefoy commençait à rassembler les pièces du puzzles dans sa tête. Un détail lui revint en mémoire.
-Ce bruit…l'armure déplacée, c'était toi?
-En effet, cracha-t-elle. Navrée de ne pas m'être laissée prendre dans ton piège minable.
-C'est pour ça que tu m'a fait la gueule pendant dix jours? S'exclama-t-il ébahi.
-Mais je rêve où tu as as encore le culot de me faire porter le chapeau, s'étrangla-t-elle au comble de l'indignation.
-Attends un peu Granger, temporisa Malefoy, ne t'emballe pas comme ça, je crois qu'il y a un énorme malentendu, là.»
Sans qu'elle put s'en empêcher, Hermione sentit une bouffée d'espoir l'envahir d'un seul coup à ces paroles. Mais elle secoua la tête, refusant de se laisser entraîner dans la dangereuse illusion. Sans prêter attention à ses cogitations intérieures, Drago réfléchissait. Enfin, il put s'expliquer à voix basse:
«Oui, un gros malentendu. Tu m'as vu avec Annabelle l'autre jour, mais comme par hasard, tu es partie au mauvais moment.
-Ah? Lequel? Demanda-t-elle faiblement. Celui où vous vous embrassez passionnément après avoir décidé ensemble de vous afficher publiquement?
-Mais où vas-tu piocher toutes ces bêtises, la gronda Malefoy. Le jour où tu m'as vu avec Annabelle, elle essayait de me convaincre de nous remettre en couple. Cela fait plusieurs semaines…
Il se permettait ce petit mensonge pour rendre son explication plus crédible.
-…plusieurs mois même que nous avons rompu, mais elle est assez obstinée. Elle s'imagine que je l'aime encore, pourtant ce n'est pas faute de lui avoir maintes fois répété le contraire.
Il affichait un air soigneusement désolé comme s'il était sincèrement compatissant au prétendu malheur de la Serpentard. Hermione ne résista pas, son masque craqua et elle baissa la tête. Drago eut le temps d'apercevoir son visage qui trahissait déjà les signes avant-coureurs de la défaite. D'une voix épuisée, elle murmura:
-Admettons que ce soit vrai, que ce ne soit qu'une aventure. Quand mon tour viendra-t-il?
-Hermione, souffla-t-il blessé. Comment peux-tu…? Comment peux-tu croire…?
-J'ai passé l'âge des illusions. Je suis parfaitement consciente d'être moins jolie et moins habile que la plupart de mes semblables dans ce château. De plus, aux yeux de tout le monde, je suis une «Miss-je-sais-tout» c'est-à-dire une fille qui réfléchit trop, l'archétype de ce que les hommes fuient.
-Qu'est-ce que tu en sais que les hommes n'aiment pas les femmes intelligentes? Rétorqua-t-il un peu vexé. Est-ce que tu les as tous rencontré pour affirmer une chose pareille?
-Non, mais c'est une généralité qui se retrouve partout. De plus expérimentées que moi en ont fait les frais et tout le monde s'accorde à dire que les intellos sont forcément des filles à problèmes.
-Eh bien tu te trompes! Dans le monde dans lequel je vis, j'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer un tas de personnes, toutes de genres différents, et je peux t'affirmer que la majorité des hommes se mettent en couple avec des femmes brillantes et très instruites, peut-être plus que toi. Et le moins qu'on puisse dire, c'est toutes ne sont des canons de beauté.
Elle baissa les yeux, assimilant lentement ce qu'il venait de lui déclarer. D'un ton radouci, il renchérit:
-Du reste, tu n'es pas une miss-je-sais-tout à mes yeux.
Surprise, elle leva la tête vers lui, ses yeux plein d'interrogation, de doute et…d'espoir. Il s'était rapproché d'elle, lentement pour ne pas l'effrayer. À la fin, posant doucement sa main sur son visage, il lui dit d'une voix rauque et triste:
-Tu n'es pas non plus…moins jolie ou plus jolie qu'une autre. Tu ne peux pas te comparer aux autres filles, c'est tout. Ce serait dégradant et avilissant pour toi…et pour moi aussi. Tu comprends?
-Comment ça…«dégradant pour toi»? Fit-elle d'une petite voix.
-Et bien, c'est que…ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire. C'est plus…ce que je ressens pour toi. Comme une flamme que tu as éveillée en moi, et qui est devenu brasier aujourd'hui, ajouta-t-il le regard fiévreux.
Hermione frissonna en écho à cette passion dévorante qui semblait le consumer. Lâchant bride à ses émotions, elle posa sa main impulsivement sur son bras. Il ne parut pas le remarquer, poursuivant son délire furieux:
-Comment pourrais-je comparer cela à…à quelque chose d'aussi minable qu'une affaire mesquine avec Annabelle? Grimaça-t-il d'un ton dégoûté. C'est impossible! C'est sans commune mesure. Que sont les autres filles par rapport à toi? Rien! Elles sont le néant, et toi tu es…tu es Hermione! Assena-t-il soudain. Tu es la femme que je recherchais désespérément, inconsciemment…ma femme! Le reste, les autres, notre passé, je m'en fiche.»
Elle avait enfoui son visage contre son torse et entouré sa taille de ses bras. Mais même cachée aussi habilement, Drago pouvait deviner à quel point elle était bouleversée par son discours. Revenant à la réalité, il passa sa main sous le menton de la jeune fille et l'obligea à relever la tête. Il tressaillit en rencontrant ses yeux brillants et noirs comme une nuit d'été. D'une voix mélodieuse, il la gourmanda:
«Tu aurais dû m'en parler plus tôt de tout ça; les choses auraient été claires tout de suite.
-Comment aurais-je pu deviner que tu n'étais pas en train de te moquer de moi? Se défendit-elle en souriant légèrement.
-Et moi, comment aurais-je pu deviner que tu étais jalouse? Répliqua-t-il d'un ton gentiment moqueur.
-Moi? Jalouse de cette pauvre fille écervelée? Dit-elle en s'empourprant. Tu rêves!
-Oh je crois que non, objecta-t-il amusé. Allez, avoue-le, que tu es jalouse.
-Hmmph!
-Oui? Ronronna-t-il.
-Je…
-Tu? Insista-t-il en lui caressant traîtreusement le creux des hanches.
-Ah non! Pas de ça! Protesta-t-elle mollement.
-Si tu n'es pas jalouse, je peux toujours aller consoler cette pauvre Annabelle qui se languit de moi, dit-il d'un ton faussement chagriné.
-Raah! Bon d'accord. Râla-t-elle. Un petit peu alors!
-Mais bien sûr», rigola-t-il.
Ils étaient très proches l'un de l'autre. Doucement, Drago enroula ses deux bras puissants autour d'elle et l'attira davantage contre lui. La joue posée sur son épaule, Hermione ferma les yeux, savourant cet instant unique; jamais elle ne s'était sentie plus heureuse d'être sa prisonnière. Au bout d'un moment, posant ses paumes sur ses épaules, il s'écarta légèrement d'elle et lui demanda dans un souffle:
«Tu crois qu'on a une chance tous les deux?»
En guise de réponse, Hermione sourit, se hissa sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur les siennes. Drago la porta légèrement pour la maintenir à sa hauteur et la laissa mener la danse, préférant la suivre en harmonie plutôt que la dominer. La jeune fille avait noué ses bras autour de son cou et sentait avec délice ses mains qui lui caressait le dos, ses cheveux soyeux glissant sous ses doigts agiles et ses lèvres brûlantes qui capturaient tendrement les siennes tour à tour. Ils restèrent longtemps ainsi, conscients du cap important qu'ils venaient de passer ensemble.
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Blaise courrait à toute allure vers sa bien-aimée qui l'attendait devant la salle-sur-demande. Il jubilait à l'idée de l'annonce qu'il allait lui faire et des conséquences qui en découleraient pour eux deux. Il arriva dans le couloir, Ginny l'attendait déjà devant la tapisserie. Étonnée de le voir aussi pressé, elle s'enquit:
«Blaise! Tout va bien?
Essoufflé, il puisa dans le tréfonds de ses poumons pour lui répondre:
-Je ne me suis jamais senti aussi bien qu'à ce moment. Devine quoi?
-Euh…
-Ils sont ensemble, ça y est!
-Oh! Fit-elle un peu désappointée. Alors ça y est.
-Oui, acquiesça-t-il d'un ton mielleux. N'est-ce pas merveilleux?
-Certainement, approuva-t-elle sourdement. C'est très bien pour eux. On entre? Proposa-t-elle avec espoir.
Et elle ouvrit la porte, mais Blaise l'arrêta et lui dit d'une voix malicieuse:
-Un instant mon amour. Tu n'aurais pas oublié quelque chose par hasard?
Rougissant, elle balbutia:
-Blaise, hum…
-Oui? Reprit-il d'un ton mielleux.
-Tu…tu étais vraiment sérieux quand tu…me proposais de porter…euh…?
-Je ne te le propose pas Ginny, rectifia-t-il. Jel'exige absolument. Un pari est un pari! Tu avais misé sur mars, or nous sommes en février, tu as donc perdu et tu connais le gage que je t'ai donné.
-Pas maintenant Blaise, se déroba-t-elle. S'il-te-plaît pas tout de suite.
-Ce soir alors ma chérie, concéda-t-il. Ce soir sans faute. Sinon, c'est les pustules.
-Pff!»
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Loin, très loin d'ici, un homme éclatait de rire. Un rire long, aigu et effrayant, qui ressemblait plus à hurlement de triomphe car enfin la chose venait de se produire, celle qu'il attendait depuis longtemps. Un événement particulièrement réjouissant…
Brusquement, Harry se réveilla en sueur et hors d'haleine. Il lui fallut peu de temps pour comprendre qu'il avait rêvé…de Voldemort. Au souvenir de ce qu'il avait éprouvé dans son rêve, il frémit: qu'est-ce qui avait bien se produire pour réjouir son vieil ennemi à ce point? C'était logiquement quelque chose de mauvais pour eux. Harry craignait le pire, il détestait n'avoir aucune emprise sur ses visions et surtout, il ne supportait pas rester dans l'ignorance, ne rien comprendre de ce qu'il se passait autour de lui.
Une bonne minute lui fut nécessaire pour se calmer et se rappeler qu'il avait une bonne raison d'espérer, d'avoir foi en l'avenir, du moins l'avenir des autres parce que le sien…
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Assis confortablement sur le lit au draps de soie, Blaise reluquait la porte de la salle-de-bains avec avidité. Ginny avait disparu depuis quelques minutes et il attendait avec impatience le moment où elle apparaîtrait. Enfin, jugeant qu'il avait asse attendu, il cria:
«Ça va là-dedans? Tu veux que je t'aide à les enfiler?
-Non merci!» Lui répondit une voix aigre derrière la porte.
Il éclata de rire et patienta encore. De l'autre côté, Ginny se dépêtrait tant bien que mal pour nouer les derniers lacets. Enfin, une fois les escarpins noirs chaussés, elle s'autorisa quelques secondes pour reprendre son souffle. Puis, les joues en feu, maudissant Blaise et le pari, elle ouvrit la porte de la salle-de-bains. Le regard qu'il lui lança la rendit davantage cramoisie, elle se sentait atrocement mal-à-l'aise, déplacée, indécente dans cette tenue. Mais pourquoi donc avait-elle parié?
Par la volonté de son petit ami, Ginny était devenue méconnaissable, transformée brusquement de la sage étudiante en femme fatale. Un corset en vinyle noir, lacé au milieu épousait les lignes de sa silhouette gracile et rehaussait outrageusement ses formes harmonieuses. Ses bras étaient couverts presque entièrement par des gants composés du même tissus et lacés sur les revers. Un porte-jarretelles noir lui ceignait les hanches au niveau du string en vinyle et soutenait des bas noir transparents et dentelés au niveau des cuisses. Les seuls accessoires près à peu conventionnels dans cet ensemble étaient les escarpins noirs pas trop surélevés car Blaise savait que Ginny n'avait pas l'habitude d'en mettre.
Comprenant son embarras, le jeune homme se leva la prit par doucement la main puis la guida jusqu'au lit où il la fit asseoir sur ses genoux pour être à l'aise. Enfin, prenant son menton dans sa main, il la força à relever la tête. En écartant ses longs cheveux cuivrés, il constata que ses joues étaient rouges de gêne. Blaise la trouva adorable.
«Tu es magnifique, la complimenta-t-il avec une émotion réelle.
-Ah? S'étrangla-t-elle. Merci.
-Ginny, reprit-il d'un ton sérieux. Tu sais que je ne te ferai jamais de mal. Jamais je ne chercherai à t'humilier ou te blesser, tu le sais, n'est-ce pas?
-Bien sûr, assura-t-elle. J'ai confiance en toi mais…
-Mais?
-Je ne me sens pas à l'aise dans ces…euh…sous-vêtements. C'est tellement…osé. J'ai l'impression d'être une…
Il la bâillonna aussitôt de la main.
-Chut! Ne termine pas cette phrase Ginny. Il y a certains mots qu'il ne vaut mieux pas prononcer pour nous deux.
-Je n'y peux rien Blaise, se défendit-elle sitôt libérée, je ne suis pas à mon aise comme ça. Et tu le sais.
-Oui, je le sais, soupira-t-il.
Puis, changeant d'expression d'un seul coup, il proposa d'un ton enjoué:
-Écoute si cet ensemble ravissant te gêne autant, que dirais-tu de l'enlever?
Aussitôt, elle retrouva sa verve et le taquina:
-Excellente idée. Attends-moi ici, je file à la salle-de-bains.»
Grognant, Blaise l'empêcha de se lever en se jetant sur elle, puis l'entraîna complètement sur le lit. Subjuguée, Ginny croisa ses jambes autour de sa taille et haletait d'anticipation. Alors, d'une voix rendue chaude par le désir, il lui susurra:
-Bah, pourquoi se précipiter? On n'est pas pressé après tout. Et maintenant que dirais-tu d'une nuit blanche, rien que toi et moi?
-J'en dis que ce sera difficile, vu mon ensemble noir, rit Ginny. Je crains qu'il ne faille l'enlever pour…rendre cette affirmation plus juste au sens littéral.»
Mais Blaise ne l'écoutait déjà plus. Roulant avec elle sur le lit, il la maintint sous lui et découvrait une nouvelle fois avec émerveillement les mystères fabuleux du corps de cette femme dont il devenait chaque jour plus amoureux. Ginny, elle, luttait rageusement avec les boutons de la chemise du garçon qui se sauvaient sous ses doigts fébriles. Finalement, à bout de patience, elle saisit un pan du tissus fragile à pleine main et ouvrit la chemise d'un seul coup, sans pitié pour les pauvres boutons qui sautèrent. Son impatience fit gronder Blaise de désir, lui même en guerre contre les lacets du corsage.
Au bout du compte, leurs vêtements finirent par se retrouver en plusieurs lambeaux éparpillés dans toute la pièce.
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Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, je vous souhaite de bonnes vacances.
