Bonjour à tout le monde. Ce chapitre 14 n'est pas le meilleur qui soit et ne fera pas avancer l'histoire à pas de géant mais c'est une transition nécessaire vers la vie à Poudlard.
Bonne lecture.

PS : Faites–moi savoir si vous lisez toujours, si vous aimez, si vous trouvez ça bof… Mais que je connaisse votre avis ! C'est le seul salaire que je réclmae : une petite review.

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CHAPITRE 14 – Retour à Poudlard

A peine avaient–ils touché le portoloin que les deux amis furent emportés dans un tourbillon de couleurs et de sens. Arrimés solidement à cette moitié de dossier de chaise, les corps des deux garçons s'entrechoquaient un peu trop souvent à leur goût. Harry n'avait jamais tellement apprécié les moyens de déplacements des sorciers. Les réseaux de cheminées qu'il ne connaissait que trop bien n'étaient guère plus confortables que ces maudits portoloins. Même le magicobus était insoutenable. Quant à l'armoire de Mrs Figg, il en gardait un mauvais souvenir. Sans doute était–ce lié aux gaz soporifiques et à son bras cassé. Nonobstant, si le transplanage devait se révéler aussi désagréable, Harry n'était pas certain de vouloir passer son permis. Pour lui, rien ne valait un bon balai. Pas même une chevauchée de Sombral ou d'Hippogriffe.

Mais il lui semblait que ce voyage lui était plus pénible que d'ordinaire. Etait–ce la peine de perdre Victoria qui envahissait ses entrailles ? Non, la douleur se faisait de plus en plus intense… Et sa cicatrice le brûlait. L'arrivée fut comme à l'accoutumée plutôt rude. Les deux jeunes sorciers ne purent rester debout, emportés par l'inertie du vortex magique. Ron fit un vol plané droit devant lui et s'étala sur des tapis moelleux qui amortirent le choc. Harry ne sut pas très bien où il tombait. Il était déjà allongé au sol, roulant derrière un fauteuil, les yeux exorbités et la voix coupée par la douleur. Ron resta quelques secondes par terre, laissant libre court à son rire un peu idiot. Il riait de sa farce mais il riait aussi pour évacuer la tension qu'il avait accumulée. La course dans King's Cross et sa colère contre Percy l'avait fortement crispé. Mais le départ de Victoria pour Azkaban l'avait également beaucoup affecté, quoi qu'il en dise.

–– Ahaha ! Je serai bien curieux de voir la tête de Percy actuellement. Surtout qu'il l'avait sur la tête ! Je crois bien que même le sortilège d'allégresse ne pourra contenir sa colère. Surtout que d'après Fred et George l'odeur de la rainette… Snif… Mais ça empeste horriblement ici !!!

Il n'obtint aucune réponse. Maintenant qu'il y réfléchissait, il lui semblait connaître cette horrible odeur … Elle avait si bien été décrite par ses jumeaux de frères lorsqu'ils étaient tous attablés autour du repas, dans cette vieille cave qui leur servait de QG provisoire. Fred et George avaient même réussi à leur couper l'appétit. Ron se tapa la main contre le front. Il avait une fois de plus commis une bêtise. Comment n'y avait–il pas pensé ?

–– Oups, désolé Harry ! J'avais oublié que tu avais encore des rainettes ombrageuses dans les poches…

Tout en parlant, il se pinçait le nez. Décidément, ces maudites grenouilles étaient bien pires que les pourtant déjà terribles bombabouzes du Dr Flibuste. Mais il s'inquiétait. Harry ne se relevait pas et même s'il était fâché ou simplement encore sous le choc du départ de sa bien aimée, ce n'était pas une réaction normale. Ron le chercha, il ne l'avait pas vu rouler derrière un des fauteuils.

Harry éprouvait une effroyable douleur au plus profond de lui. Il avait l'impression que son crâne allait de nouveau se fendre en deux, en partant de sa cicatrice. Cette douleur provenait de son crâne mais aussi de ses entrailles. Il savait pourtant que le Lord noir n'était pas à Poudlard. Mais il savait aussi qu'il lui devait cette souffrance quelle qu'en soit la cause ou le moyen. C'était la même qui l'avait frappé au square Grimmaurd. En moins fort peut–être. Ce pouvait–il que Kreattur ne soit pas la seule explication au supplice qu'il avait enduré là–bas ? Harry ne pouvait le dire. Soudain il ressentit la colère l'envahir. Pas la sienne, non, mais celle de l'autre, de son ennemi, du Seigneur ténébreux. Pratiquement privé de ses sens, Harry voulait lutter contre cette haine profonde qui l'envahissait et le faisait souffrir davantage. Puis, en l'espace d'une seconde, toute la douleur et la colère disparurent. Harry resta haletant à même le sol, retrouvant ses repères et ses sens.

Ron s'approcha et remarqua son ami complètement abattu. Il se pencha sur lui et l'aida à se lever tout en observant son visage déconfit. Selon lui, Harry n'avait visiblement pas goûté à la plaisanterie ! D'ailleurs l'avait–il seulement remarquée ? Mais le grand rouquin ne comprit pas l'origine réelle de cette soudaine faiblesse.

–– On lui écrira… Et je suis sûr qu'un jour on ira la voir, malgré que ce n'est pas très conseillé pour nous. Allez ne fais pas cette tête ! On lui enverra plein de Bièraubeurres et des photos de nous. Elle aussi nous enverra des photos d'elle… Enfin quoi ! Ne te laisses pas abattre comme ça !

–– Des photos moldues alors, réussi à dire Harry d'une voix d'outre–tombe. Vic ne pourrait nous envoyer des photos animées comme les nôtres.

–– Ben elles ne seront pas animées pour elle mais pour nous, hors de portée de son champs d'or indien, elles le seront.

–– Il faudrait pour ça qu'elle possède un appareil photo sorcier et qu'il soit opérationnel avec elle, gros malin.

–– Ah oui, c'est vrai. C'est dommage, j'aurais bien voulu la voir me faire des clins d'œil avec ses beaux yeux brillants ! Et j'ose même pas imaginer le regard qu'elle te porterait…

Harry ne releva pas. Il n'était pas encore en mesure de penser à ces frivolités. Mais étrangement, il ne voulait pas parler de cette soudaine douleur qui l'avait assaillie quelques minutes plus tôt. Il cherchait d'abord à comprendre. Cette douleur provenait unilatéralement de Voldemort. Pourquoi maintenant ? Par quel moyen ? Avait–il une arme nouvelle ? Voulait–il rendre Harry fou par la douleur comme ses Mangemorts l'avaient fait pour les parents de Neville ? Mais dans ce cas, pourquoi la colère avait alors envahi son bourreau ? N'y avait–il pas pris du plaisir à le torturer de la sorte ? Son arme était–elle déficiente ? Après–tout pourquoi pas, la douleur avait été moins violente que celle du square Grimmaurd. Mais encore une fois, dans quelle mesure le lien ouvert dans l'ancien QG par Kreattur avait pu joué sur l'intensité de cette douleur ?

Harry ne voulait pas en parler pour le moment et il tenta du mieux qu'il pouvait de s'intéresser aux propos de Ron. Celui–ci regarda son pauvre ami complètement défait. Totalement fourvoyé sur la véritable raison de son état, il était pris de compassion pour lui et lui tambourina l'épaule.

–– Aaaaah les filles ! Je ne te savais pas aussi sentimental, Harry. Enfin, t'en fais pas, on a mal pendant un moment mais on finit toujours par oublier.

Harry l'observa avec de grands yeux étonnés.

–– Ne me regarde pas comme ça ! Ben oui, moi aussi j'ai connu ce genre de chose qu'est–ce que tu crois !

–– Ah bon ? Tu ne m'avais jamais raconté.

–– C'était avant qu'on ne se connaisse.

–– Y a longtemps ?

–– Hum… j'avais bien… 6 ans et demi.

Harry sourit aux propos de son ami. Ron avait ce don de raconter des bêtises qui exaspéraient tellement souvent Hermione… Mais il fallait avouer que pour remonter le moral, il n'y avait rien de mieux. Ron s'esclaffait devant sa propre facétie, mais il était un peu gêné malgré tout.

–– 6 ans et demi ? Ça a dû chambouler ta vie ! C'est curieux, tes frères et sœurs ne m'en ont jamais parlé.

–– Parce que je ne leur ai jamais rien dit ! Nous étions en vacances en Ecosse et nous avons rencontré d'autres vacanciers dans le petit village où nous étions. J'allais souvent jouer avec cette fille parce que ça me donnait une bonne excuse pour fuir les jumeaux et leurs mauvaises blagues. Et puis Ginny qui me suivait partout où j'allais, à cet âge là… Quelle galère ! J'étais bien content de m'en débarrasser. Enfin, au départ c'était juste comme ça, une camarade de jeu. Mais quand les vacances ont pris fin, et bien ça m'a fait bizarre de la quitter. Elle était devenue une bonne copine. La seule que j'ai jamais eue en fait… à part Hermione, bien sûr ! Elle est partie en Espagne je crois. Ou en Italie. Son père travaillait là–bas. Elle s'appelait Emmy. Emmy Williamson, je m'en souviens encore !

–– Eh bien, tu m'as l'air bien nostalgique… Je ne te connaissais pas comme ça !

–– Pfft, c'est ça moque–toi de moi. Tu sais quoi ? Tu empestes horriblement avec ces rainettes ! Il faut absolument remédier à ça.

Effectivement, des poches de Harry dégoulinait une ignoble substance poisseuse et malodorante. Harry se dit qu'elle ressemblait étrangement à l'onguent de Neville si ce n'était sa couleur verdâtre. Ron tenta un sort de récurvite qui fut totalement inefficace. Ou presque !

–– Cornebec ! Ils n'avaient pas menti, ces deux lascars, grommela Ron. Cette saleté ne s'en va pas !

–– Hé mais ça s'incruste en plus ! Et puis arrête avec tes sorts de récurvite, j'ai l'impression que l'odeur est encore pire.

–– Je crois que ce n'est pas qu'une impression. Et connaissant mes frères je suis sûr que c'est volontaire.

Tous les deux tentèrent divers moyens pour enlever cette horreur des vêtements. Mais les rainettes ne formaient plus qu'un énorme amalgame visqueux qui avait véritablement englué toute la poche de Harry.

–– Arrglll mais c'est atroce ce truc !

–– Beurk, toute la salle commune empeste ! Je vais ouvrir une fenêtre ça devient intenable ici, dit précipitamment Ron qui commençait à avoir d'étranges sursauts d'estomac.

–– C'est pire qu'un chewing–gum collé dans les cheveux !!

–– Enlève ce pantalon, Harry… Désolé mais à ce stade je crois que tu pourras le jeter… C'est de ma faute. Je t'en passerai un des miens… Enfin si ça ne te dérange pas d'avoir un vieux falzar usé et trop long pour toi.

–– Si tu y laisses l'insigne de préfet qu'a brodé ta mère, répondit Harry avec ironie. De toute façon mes vêtements étaient déjà en pièces. Mais aide–moi d'abord à me libérer, j'ai la main presque collée à l'intérieur de la poche !

–– Raaahh mais vraiment quelle blague idiote ! Comment peut–on avoir des idées aussi délurées que ces deux là ?

Ron aida Harry à enlever son pantalon et surtout à retirer sa main de la poche engluée. Ron fit remarquer que c'était une chance qu'ils soient seuls. Si quelqu'un les surprenait à ce moment là, ils auraient eu du mal à expliquer leur geste et ils imaginaient déjà le genre de rumeurs qui circuleraient dans les murs de l'école ! L'action s'accomplit dans un grand bruit de succion peu ragoûtant. Une bonne partie de cette matière fétide dégoulina près de l'âtre comme une énorme coulée de morve de dragon.

–– Beeuuuaaaaarrrk ! crièrent en cœur les garçons en faisant une grimace de dégoût. Vraiment répugnant. Harry, surtout rappelle–moi de ne jamais plus toucher à cette chose de ma vie !

–– Pense un peu à ton frère qui en avait une sur la tête !

–– Boh, lui, c'est tout ce qu'il mérite ! Ne me demande pas de le plaindre !

Ron ria de bon cœur à cette pensée. Il imaginait aisément la tête de Percy délicieusement nappée d'une coulée abondante de jus de rainette. Harry, lui, riait moins. La grenouille était sensée envoyer cette bouillie putride dans un rayon de 10 mètres et il espérait que Victoria n'en ait pas reçu. Pire encore, Maugrey en avait sans–doute recueilli quelques gouttes et sa paranoïa avait probablement dû exploser, le rendant absolument invivable. Peut–être le syndrome avait–il recommencé son effet, puisque l'émotion semblait y jouer un grand rôle et que Vicky était triste d'aller à Azkaban. Dans ce cas, la grenouille avait cessez son activité et peut–être Vic avait–elle été épargnée. Mais si le portoloin avait bel et bien fonctionné, c'est que la magie était bien présente au moment où Ron avait crié « Attention, voilà Peeves ! »

–– Bon te voilà libéré de l'emprise de cette ignoble grenouille visqueuse.

–– Pas encore, j'en ai plein sur les mains.

–– Il faut qu'on trouve une solution en vitesse. On ne peut pas te laisser dans cet état. Impossible de toucher une baguette avec une main engluée de la sorte. Bon… On a jusqu'à ce soir pour trouver, avant que le Poudlard Express n'arrive… Dis au fait, tu ne trouves pas qu'il fait froid ici ?

L'atmosphère de la pièce était assez glaciale, il fallait en convenir. Au dehors, le temps était maussade. Le ciel était plus que menaçant et il n'allait sans doute pas tarder à faire tomber sur le château une pluie diluvienne. La température avait beaucoup chuté depuis King's Cross. Mais il est vrai qu'ils avaient voyagé instantanément depuis Londres et que ce temps était peut–être le même depuis des jours à Poudlard, contribuant à cette basse température pour la saison. Ron frissonna mais il refusa obstinément de fermer la fenêtre tellement son cœur se levait sur l'odeur pestilentielle des résidus de rainette ombrageuse.

–– On va allumer un feu, ce sera bien mieux !

Ron assembla quelques bûches, grâce à un sort de lévitation, puis il alluma un énorme feu de sa baguette.

–– Wow ! Sacré lance–flamme que tu nous as fais là !

–– Lance–flamme ? C'est un truc moldu ? C'est curieux comme nom. Je le replacerai dans une conversation… Enfin, oui, je me débrouille. C'est Hermione qui me l'a appris. Tu sais comme elle est douée pour faire toute sorte de flammes avec sa baguette !

Harry se souvenait effectivement de sa première année où Hermione se promenait avec une flamme bleue dans un bocal. Cette année–là elle avait bouté le feu à la robe de Rogue pendant le match de Quidditch qui aurait pu le tuer. Harry devait reconnaître qu'elle avait un sacré tempérament, cette fille.

–– Oui, je sais. Elle a aussi le don de t'enflammer quand elle t'approche de trop près.

–– Oui, elle… Hein ? Quoi ?

–– Non, rien.

–– Hé mais… regarde Harry ! Ce truc infect… Il se liquéfie à la chaleur de la flamme !

–– Tiens, ça doit être ça le moyen de lutter contre cette saleté !

–– Oui approche tes mains… et ton pantalon… mais… !? Pouah, c'est immonde. La chaleur accentue l'odeur.

–– Sûrement une astuce de tes frères pour éviter qu'on ne s'approche de trop près d'une source de chaleur… Ils ont vraiment tout prévu !

Ron eût un haut le cœur, pâlit franchement et se retira vivement derrière un fauteuil, loin de l'âtre.

–– Tu permets que je reste à distance ? Je préfère encore me geler les doigts de pied que de respirer une seconde de plus cette… Beurk !

Un nouveau haut–le–cœur l'empêcha de terminer sa phrase. Harry n'appréciaient guère plus cette effluve fétide mais la chaleur du feu le réchauffait et atténuait un peu le sentiment de tristesse qui le frappait. Ces derniers jours ne comportaient que des mauvaises nouvelles. D'abord une nouvelle tentative de Voldemort de déstabiliser l'Ordre du Phénix. La maison de son parrain qui était désormais infréquentable. Son fiasco avec Ginny. Et ce matin, alors qu'il pensait enfin retrouver le sourire, ce mur s'était bloqué. Il avait eu si peur pour Vicky quand ce train avait failli la percuter. Et à peine l'avait–il retrouvé que déjà elle partait pour Azkaban. Ne lui restait que la saveur d'un merveilleux baiser. Un baiser si agréable mais tellement douloureux maintenant. Enfin, le coup des rainettes ne faisait que rajouter aux frustrations du moment. Et la journée n'était pas finie. Qu'allait–il encore leur arriver ?

Soudain la porte de la salle commune s'ouvrit. Harry qui se trouvait sans pantalon se jeta derrière un des fauteuils pour se cacher à la vue du visiteur ou de la visiteuse inattendue. Une valise entra en flottant dans l'air. Elle fut suivie d'une autre puis d'une autre, puis d'une autre encore.

–– Hé mais ce sont mes affaires, s'écria Ron.

Harry aperçut ses propres valises arriver après celles de Ron. Derrière elles un petit personnage sifflotait avec enthousiasme. Il portait plusieurs paires de chaussettes de toutes les couleurs, des écharpes et des chapeaux de laine et même des moufles. Il s'arrêta net lorsqu'il renifla l'odeur pestilentielle qui régnait dans la pièce et les valises tombèrent lourdement au sol. Une grimace sans équivoque traversa son visage et le dégoût se lut sur ses deux gros yeux globuleux. Puis l'elfe de maison aperçut Ron et Harry, retrouva le sourire et s'exclama de joie.

–– Harry Potter, Monsieur ! Dobby est si content de revoir Harry Potter et son ami Ronald Weasley. Oups ! Dobby est désolé pour les valises de Harry Potter. Dobby a été surpris par une étrange odeur.

–– Ce n'est rien, Dobby. Content de te revoir aussi.

–– Hé, c'est chouette on pourra déjà déballer nos affaires. Et tu pourras te mettre dans une tenue plus décente, Harry.

–– Comment ces valises ont été amenées aussi vite, s'étonna Harry.

–– Le professeur Dumbledore a demandé à Dobby de s'occuper personnellement des affaires de Messieurs Harry Potter et Ronald Weasley. Dobby a utilisé un sort de réduction sur les valises de Harry Potter et de son ami et il a transplané avec elles jusqu'ici.

–– Les elfes de maison ont le droit d'utiliser la magie hors de l'école ? s'étonna Ron.

–– Le professeur Dumbledore autorise Dobby à se servir de la magie pour les tâches dont il s'occupe pour l'école. Dobby aime bien le professeur Dumbledore. Le professeur Dumbledore est gentil avec les elfes de maison.

–– Je suppose que le ministère ne doit pas être au courant. Enfin, de toute façon nous n'avons que faire de ce qu'ils pensent ceux–là. C'est qui encore qui s'occupe de ce genre de dossiers ? C'est Diggory, non ?

Diggory. Voilà encore un nom qui semblait resurgir du passé comme pour gifler Harry. A son évocation, Harry assista à nouveau à la scène du cimetière où Cédric, mi euphorique de sa victoire, mi inquiet de se retrouver là, se prenait un sort mortel de plein fouet. Il revoyait également son combat contre Voldemort, le priori incantatem qui avait fait ressurgir le souvenir fantomatique du garçon. Souvenir de Cédric qui lui avaient demandé de ramener son corps… Et souvenirs de ses parents ! La seule et unique fois où ils lui avaient parlé. Où il avait pu entendre leur voix. Mais il n'avait pas eu l'occasion de leur répondre. De leur dire à quel point ils lui manquaient. Oui, Diggory, ça signifiait le retour de la terreur. Et ce nom le fit frissonner, comme si un Détraqueur venait de franchir le tableau de la grosse dame.

–– Dobby constate une drôle d'odeur dans la pièce.

–– Oui, euh… On a eu un petit problème, expliqua Ron en montrant la marre de résidu de grenouille devenu liquide sous la chaleur des flammes.

–– Dobby va nettoyer ça. Et Dobby doit rappeler à Messieurs que le repas sera bientôt servi dans la grande salle.

–– Ah oui, c'est vrai, il est déjà tard, remarqua Harry qui n'avait pas faim.

–– Tout ce qu'on veut mais moi je ne reste pas une minute de plus dans cette pièce ! Merci de nettoyer ce truc horrible Dobby. Et surtout que ça sente bon quand on reviendra !

–– Est–ce que tu peux t'occuper de mon pantalon, Dobby ?

–– Dobby est toujours heureux de servir Harry Potter, Monsieur.

Après s'être vêtu plus décemment, les deux garçons sortirent de la salle commune. Harry jeta un dernier œil sur Dobby qui avait fait apparaître une pince sur son nez grêle et s'affairait à enlever cette immonde tache devant l'âtre.

Les deux adolescents n'étaient pas mécontents de se promener dans les couloirs. L'ambiance était étrange et légère. Ce décor sublime, fait de vieux murs et de colonnes, d'escaliers de pierres et de bois précieux, de tapisseries riches et colorées, de tableaux et de statues, donnait à l'école une dimension et un prestige immense. Poudlard représentait à ce moment un véritable temple de la connaissance mais également un havre de paix, invitant ses hôtes à la contemplation, la réflexion et à la sagesse. Ce décor grandiose, emplit d'une grande et riche histoire, semblable à un environnement monastique, offrait à ceux qui prenaient le temps de l'observer beaucoup d'apaisement. Dommage cependant que peu d'élèves n'y accordaient le moindre intérêt, la sagesse n'étant généralement pas leur fort, les jumeaux Weasley pouvant le confirmer.

Bien entendu, Harry avait déjà eu l'occasion de se promener seul dans les couloirs du château. Mais c'était la première fois qu'il pouvait le faire en plein jour, sans se cacher sous une cape d'invisibilité. Même en période de Noël il n'avait jamais connu un tel calme. Les deux garçons n'étaient d'ailleurs pas habitués au silence des couloirs, hormis les quelques ronflements provenant des tableaux.. Cette ambiance leur donnait un certain sentiment de liberté. Et puis au moins, ici, l'air était respirable… Aussi ils allèrent lentement vers la grande salle, profitant de ce qu'il n'y avait personne en vue pour faire quelques détours.

Puisqu'ils n'étaient pas pressés, ils empruntèrent quelques passages secrets, montèrent un ou deux étages avant de redescendre par un autre côté.

–– Ce château est immense ! J'aimerais bien le visiter complètement. Tu crois qu'il y a encore des endroits que nous n'avons encore jamais vu ?

–– C'est très probable. Sans compter qu'on peut s'attendre que des passages s'ouvrent ou se ferment à loisir.

–– Tu crois que la carte des maraudeurs comprend l'entièreté du château ?

–– Je n'en sais rien ! Ce château est plein de mystères ! C'est possible que tout n'y soit pas repris. Après tout, les maraudeurs n'ont pas eu l'occasion de beaucoup voyager dans le château pour en faire une carte totalement précise.

–– Ben quand même ! Ils pouvaient sortir quand ils voulaient !

–– Non Ron. Une fois par mois seulement. Et la nuit. Et il a fallu le temps qu'ils apprennent à devenir animagi. Ils ont fait un travail remarquable, j'en conviens. Mais il est possible que la carte soit incomplète.

–– Eh ben on n'a qu'à tenter de la compléter !

–– Tu veux vraiment qu'on soit renvoyé, Ron ?

–– Ben non mais que faisons–nous de mal à visiter l'école ?

Les deux garçons discutèrent encore sur le chemin vers la grande salle. Ils avaient l'air enthousiastes à l'idée de suivre les traces des maraudeurs, bien qu'ils savaient tous les deux qu'ils s'agissait plus d'un fantasme que d'un réel projet. Ils descendaient un escalier en colimaçon, à rêver à haute voix, jusqu'au moment où leur promenade fut interrompue par un miaulement sinistre qu'ils ne connaissaient que trop bien. Miss Teigne était déjà sur leurs talons et surgissant de l'une ou l'autre pièce, Rusard les accueillit avec un sourire mauvais.

–– Qu'est–ce que vous faites là, tous les deux ? demanda le concierge en astiquant de vieilles menottes rouillées qu'il gardait sur lui depuis le départ d'Ombrage.

–– Ben on va vers la grande salle pour manger, répondit Ron avec évidence.

–– Vous avez bien compris ma question, petite fripouille. Vous n'êtes pas autorisé à circuler dans l'école avant ce soir. Vous êtes trop tôt !!! Qu'est–ce que vous manigancez ?

–– D'abord la fripouille est préfet, ensuite c'est le professeur Dumbledore lui–même qui nous a amené ici, et enfin nous allons manger mais ça je crois déjà vous l'avoir dit.

–– Quelle insolence ! Votre statut de préfet ne vous donne pas le droit de vous adresser à moi sur ce ton. Vous pouvez me croire, petite vermine, que je vérifierai ce que vous venez de me dire et s'il s'avère que vous m'avez menti, je vous le ferai payer très cher ! Et d'ailleurs il me semble que votre salle commune n'est pas dans la direction d'où vous venez ! Je n'oublie jamais les larcins et encore moins vos têtes de voyous. Toujours les mêmes dans des mauvais coups. N'essayez pas de remplacer vos frères, monsieur Weasley. Cette année je vous aurai particulièrement à l'œil.

–– C'est ça, bonne journée aussi. Et n'oubliez pas de remettre mon bonjour aux Cracmols Anonymes, piqua Ron en s'en allant.

Rusard grogna de rage et fit un geste pour attraper Ron. Il avait sans doute l'intention de l'étrangler avec la chaîne des menottes mais un bruit de fracas lui conseilla d'aller s'occuper de Peeves qui se déchaînait quelque part à l'étage du dessus.

–– Je vous tiens à l'œil tous les deux. La moindre entorse au règlement et vous passerez la nuit dans mon cachot, menaça Rusard avant de partir en courant vers les escaliers.

–– Tu n'aurais peut–être pas dû lui répondre comme ça, Ron.

–– Et après ? C'est lui qui nous agresse alors qu'on n'a rien fait. J'en ai marre de subir ses discours de tortionnaire. Il pense peut–être qu'il peut surpasser ses droits ? Il est resté trop longtemps avec cette horrible Ombrage. J'ai décidé de ne pas me laisser marché sur les pieds cette année !

–– Oui, mais de là à chercher les ennuis avant même que l'année ne soit commencée…

–– Harry ! Tu deviens comme Hermione !


Et voilà. Fin du chapitre 14

Merci à Molly59 pour ses reviews.

A la semaine prochaine.