Bonjour à tous,

Me revoilà ! UN immense désolé pour cette attente, je ne sais quoi dire de plus…

Mais je suis là, et je ne lâche plus ! Merci pour toutes vos reviews, je tâcherai d'y répondre :)

Ce chapitre est spécial, ce n'est pas celui que je comptais publier au départ, il ne fait pas avancer l'histoire, mais il s'est tapé sous mes doigts et le voilà. Une petite pause dans la guerre pour s'interesser à un personnage. Entrer dans sa tête pour tenter de comprendre son fonctionnement, j'espère que cela vous plaira. La bonne nouvelle pour vous c'est que je publie le vraie chapitre 13, ou l'on retrouvera tous les problèmes concrets demain !

En attendant bienvenue dans la tête de …Alice Londubat.


Chapitre 13 : Noir et Blanc

4234…4235…4236…4237…

Pourquoi autant de taches noires venaient troubler ce bel océan de blanc ? Ces petits points, tout ces milliers de petits points qui empêchaient le blanc de gagner. Le blanc ne gagnerait pas, elle s'en rendait compte. Le noir serait toujours là à empiéter vicieusement sur son territoire tel un virus. Le noir gagnait toujours, car il est plus facile de tacher le blanc que d'effacer la tâche. Comme sur les vêtements des enfants. Noir sur blanc. Toujours plus de noir, toujours moins de blanc.

Ses yeux qui sondaient inlassablement la surface blanche à la recherche de ces points noirs, ces taches qui l'empêchaient de voir clair, comme celles toutes aussi sombres qui occultaient son cerveau endolori, qui chaque jour prenait le malin plaisir de se déplacer, ouvrant un souvenir et en cachant un autre. Elles bougeaient ces taches noires, envahissaient sa tête comme un fourmilière et un jour, elles gagneraient. Si ce jour pouvait arriver vite d'ailleurs, elle en serait reconnaissante. Ce serait tellement plus simple de se laisser plonger dans le noir, de laisser la noirceur l'obscurcir toujours un peu plus à chaque minute qui passait. Souvent l'envie lui prenait de se laisser tomber dans ce puit sans fond, trop souvent. Mais alors elle recomptait les taches noires sur le plafond et se rappelait que s'il y avait 4238 taches noires, les taches blanches elles, étaient bien plus nombreuses.

C'était plus difficile chaque jour de l'écouter mais il y avait cette petite partie en elle qui lui disait qu'elle n'était pas que blanc et noir, qu'elle n'était pas qu'un ensemble de tache mais qu'un jour elle avait été autre chose, qu'elle avait vécu. De belles choses. Quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Elle ne savait même pas qui elle était. Ce qu'elle était. Mais elle était, et ça elle sentait que c'était important. Alors inlassablement elle fixait le plafond, elle surveillait les taches, pour être sûre que quand le noir aurait tout envahi elle serait prête. Prête à quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Mais les questions étaient inutiles. A quoi bon chercher des réponses quand le noir allait gagner. Ce noir à la fois repoussant et attirant. S'il gagnait, elle ne souffrirait plus, elle ne ressentirait plus cette immense douleur qui envahissait tout son être, il chasserait la peur. Mais elle voulait le noir éternel, le noir profond qui ne laisse jamais place au soleil, le noir qui met fin à tout. Pas le noir éphémère. Elle le connaissait bien celui-là. Elle le redoutait chaque instant. Et quand il arrivait, et que ses yeux ne pouvaient plus conter les taches sur le plafond. Que ses paupières traitresses se faisaient lourdes malgré sa lutte incessante, elle était effrayée. Car alors, le noir l'envahissait et s'insinuait dans chaque parcelle de son âme, et alors sa voix revenait, juste pour extérioriser sa peur, sa souffrance. C'était long, interminable, mais elle savait qu'au bout il y avait la lumière et elle attendait cet instant où elle pourrait enfin recommencer à compter, s'assurer que le blanc était toujours là, surveiller le plafond. Calmant et rassurant.

4302..4303..

-Bonjour Madame Londubat !

Tiens Bleu N°1 venait d'arriver. Parfois elle se demandait pourquoi les autres se laissait envahir par tant de couleurs alors que la finalité restait la même, que le blanc et le noir restait la ligne principale. A quoi bon s'éparpiller dans l'arc en ciel dans ce cas ? Bleu N°1 commença à la soulever de son lit pour la mettre dans un fauteuil roulant et l'emmener se laver. Elle d étestait quand Bleu N°1 faisait cela. Ne comprenait-elle pas qu'elle devait compter ? Surveiller le noir ? Et si quand elle revenait les taches s'étaient faites bien plus nombreuses ? Elle perdait le contrôle et détestait cela. Mais Bleu N°1 ne pouvait pas comprendre cela, le bleu c'était doux, et froid à la fois, doux et distant. Bleu ne pouvait pas comprendre à quel point sa surveillance était importante. Alors elle ne lui en voulait pas. Et puis c'était agréable cette eau, elle se sentait dépouiller de quelques taches noires à chaque fois, et même si elles revenaient toujours plus nombreuse, se sentir plus blanche quelques instants n'étaient pas désagréable. Oui Bleu N°1 lui apportait tout de même un certain réconfort. Pas comme Bleu N°2. IL ne comprenait pas que sa bouche ne pouvait rien avaler, que ses pieds ne pouvaient pas se déplacer, que ses mains ne pouvaient pas saisir, que son cerveau ne pouvait pas coordonner ce trop pleins d'ordres.

Les gouttes arrêtèrent de couler le long de sa peau, arrêtant de nettoyer la saleté qui pourtant restait en quantité. Elle ne comprenait pas pourquoi Bleu N°1 ne faisait jamais tout en entier, pourquoi elle ne frottait pas jusqu'à ce que tout la souillure soit partie. Mais au moins elle allait pouvoir continuer sa surveillance. Puisque le monde entier semblait perdu dans l'arc en ciel, elle allait surveiller le noir pour eux. Il fallait bien que quelqu'un le fasse.

La revoilà sur son lit. Enfin.

4323...4324…

-July, vous avez vu les belles fleurs ?

-Oui elles sont magnifiques Monsieur Londubat, vous avez raison.

Ah, Gris semblait bien aujourd'hui. Mais son babillage incessant l'empêchait de se concentrer sur sa tâche. C'était toujours comme ça avec Gris. Toute la journée, il babillait, où il criait. Il ne s'arrêtait jamais. Jamais. Elle ne comprenait pas pourquoi on lui imposait sa présence, alors qu'il la déconcentrait. Pourtant quand parfois il partait, un inexplicable sentiments de vide l'envahissait et elle était rassuré quand sa voix retentissait de nouveau, tantôt blanche, tantôt noire. Il était un tout Gris, blanc et noir. Et cela l'agaçait. Il ne luttait pas, il laissait au fond de lui le blanc et noir se battre sans intervenir, passif. Elle voulait qu'il se batte pourtant, qu'il impose sa volonté, mais c'était vain. Alors elle comptait les taches, dans l'espoir qu'il se rende compte que c'était la meilleure chose à faire pour lutter. Car elle avait cette envie irrépressible de protéger Gris. Une tache noire disparaissait à chaque fois qu'il parlait blanc. Mais dès qu'il parlait noir, et que Bleus accouraient pour le calmer, des centaines de taches venaient ternir le plafond blanc. Pourquoi n'avait-il pas la force de se battre ? Elle était sur pourtant qu'il le pouvait, qu'il en avait la force. Oui gris l'agaçait. L'autre jour elle avait eu peur. Peur qu'à force de ne rien faire, le noir n'est gagné le combat. Gris était revenu dans un état effroyable, noir jusqu'au bout des ongles répétant inlassablement des mots qu'elle n'avait pas compris et frappant. Mais le blanc était revenu, et elle avait été fière de lui. Peut-être que finalement, il allait se battre. Elle lui faisait confiance.

4356…4357…

-Salut la compagnie !

Cette fausse voix enjouée. Elle n'était pas dupe, Orange ne pensait pas un traitre mot de ce qu'elle disait. Elle entendit Gris lui répondre. Lui se laissait avoir par cette fausse joie. Elle aimait bien orange. Souvent quand elle était dans la pièce, elle voulait détacher ses yeux du plafond, attirée par le flamboiement d'Orange. Mais elle résistait, elle était forte et Orange ne réussirait pas à la détourner de sa mission. Elle se laissa bercer un moment pas la conversation de Gris et Orange sans en écouter un mot. Elle attendait se moment où Orange viendrait à ses côtés et où elle saisirait sa main avant de lui parler de longues minutes. Cela l'appaisait. Et pendant quelques minutes les taches noires dans son cerveau se faisaient plus éparses, moins compactes, elle aimait beaucoup Orange. C'était un tourbillon de sentiments. Orange était le feu, à la fois flamboyant de joie et destructeur. Elle ressentait la chaleur de ses flammes, et se savait en sécurité à ses côtés. Mais orange avait des problèmes, et elle aurait bien aimé l'aider, lui montrer le bon chemin. Elle ressentait la lutte constante d'orange, sa tristesse et sa peur. Mais elle sentait aussi sa joie et sa force. Orange semblait éternelle, une vraie combattante. Il fallait juste qu'elle l'admette. Il faudrait que quelqu'un le lui dise car le problème du feu c'est qu'il faut l'attiser. Et Orange ne semblait pas capable de le faire elle-même. Elle ne se faisait pas confiance. Pourtant il n'y avait pas de raison. Souvent quand Orange lui parlait, sa main serrée dans la sienne, elle ressentait sa tristesse et dans ces moments-là elle souhaitait de tout son être pouvoir elle aussi serrer la main d'Orange. Oh pas grand-chose, juste une simple pression pour lui montrer qu'elle la soutenait et lui dire à quel point elle était belle, une belle personne. Mais ce n'était pas possible. Alors elle fixait le plafond, et comptait.

Peut-être que Vert pourrait lui dire, elle. Elle aimait bien Vert aussi. Parce qu'elle était pétillante. Quand elle entrait dans la pièce, Gris était heureux, et les taches sur le plafond s'éclaircissaient. Même si elle savait que vert ne montrait qu'une façade, elle se sentait soulagée par sa présence. Vert ne lui tenait pas la main comme Orange, mais elle faisait naitre un sourire dans sa tête meurtrie. Et puis il y avait cet espoir immense qui émanait d'elle quand elle entrait dans la pièce et qui instantanément lui redonnait le courage de compter de plus belle les taches noires.

Oui Orange et Vert était devenues des habituées, elles étaient des ports d'attache et lui rappelait que peut-être, sa vie avait un but et que si le blanc gagnait, il y avait des tas de belles choses à faire. Leur présence lui était autant indispensable que ne l'était la sienne pour orange et vert. Elle espérait que Gris aussi ressentait cet espoir qu'elle leur envoyait, et que cela l'aiderait à trouver le courage de combattre.

4376…4377…

Quelquefois il y avait rouge qui venait lui rendre visite. Rouge était une énigme. Passion et colère se mêlaient en lui. Il était intenable, toujours actif. Elle aurait bien aimé l'apaiser, lui dire de se reposer. Mais Rouge était un peu aveugle à ce qui l'entourait, pas très observateur, mais courageux et fonceur. Elle sentait une blessure dans son cœur, une de celle que peu pourraient guérir. Alors elle comptait les taches pour être sûre que ce cœur brisé ne se laissait pas envahir de noirceur.

Rouge était souvent accompagné de jaune. Jaune c'était un petit soleil. Souriant et rigolant. Un peu enfant, mais attachant. Elle sentait ses lourdes pensées et admiraient d'autant plus sa capacité à détendre l'atmosphère. Il saisissait chaque occasion pour rire, il croquait la vie. C'était peut-être lui finalement le plus sensé de tous. Vivre chaque jour comme s'il était le dernier, voilà une philosophie intéressante. Les autres devraient en prendre de la graine.

A cet étrange duo s'ajoutait Violet, doux et compréhensif, dangereux et impulsif. Violet était ambigu. Elle ne comprenait pas comment tant de sensations contradictoires pouvaient l'envahir. Alors elle comptait pour espérer qu'il choisisse le clair et que le foncé disparaisse. Mais elle pensait que lui-même semblait sur la bonne pente, contrairement à marron. Marron aurait bien besoin de compter les taches, pour chasser celles qui obstruaient chaque jour un peu plus son cœur. Le noir semblait chaque fois un peu plus l'envahir. Alors elle comptait plus vite pour essayer d'attraper le temps et pour éviter à Marron de courir à sa perte.

Elle comptait, comptait et re-comptait. Comptait pour elle, comptait pour Gris, comptait pour Vert et Orange, pour Bleu et Bleu, pour Rouge et Jaune, pour Marron et Violet, comptait pour le monde. Et elle comptait pour Or aussi. Elle ne savait pas ce qui c'était, si c'était. Mais elle l'avait nommé ainsi, ce trésor inconnu qui lui manquait. C'était étrange comme sensation, ressentir l'absence d'une personne inconnue. Pourtant elle savait bien qu'Or existait. Mais elle savait que pour le voir il fallait que le blanc gagne. Elle sentait paradoxalement qu'Or pourrait d'un regard éclaircir tout son être. Or était un être pur. Alors elle comptait pour éclaircir son cerveau embrouillé, elle comptait pour Or.


Et voilà…

Qu'avez-vous pensé de cette petite parenthèse ? Avez-vous réussi à trouver qui était assimilé à quelle couleur ?

A demain !