Cette fic est la traduction de Travel Secrets: First par E4mj.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Le reste appartient à E4mj.
Note du traducteur : Salut à tous. Je suis en retard sur ce chapitre et les deux autres... Tout publier avant demain me parait compliqué, surtout que je viens à peine de finir celui-là. Pour info, j'ai un léger... problème. J'ai perdu toute sensibilité dans la moitié de ma main, ce qui ne simplifie pas les choses. Normalement, ça devrait revenir, mais quand? En attendant, bonne lecture. J'espère publier la fin avant le Nouvel An ! Il ne reste plus grand chose maintenant. Après, break... Je reprendrai le tome 2 je ne sais pas quand...
Information : Les passages entre ~ sont en fourchelangue.
Les passages en gras italique sont en français dans le texte (le texte original est en anglais).
Beta : En cours de béta (quand j'aurai le temps de l'envoyer à ma nouvelle béta super efficace :x)
Date : 24 décembre 2015
Chapitre 14
Le matin suivant, Harry parvint à maîtriser sa nervosité en bloquant tout simplement toutes ses connaissances sur la pierre dans un petit recoin de son cerveau, derrière des barrières, ne s'autorisant même pas à y accéder. En ce qui concernait son cerveau, il ne savait même pas que la pierre était dans l'école. Ces inquiétudes étaient apparemment inutiles car il n'y avait pas le moindre signe indiquant que les professeurs avaient remarqué que la pierre avait disparu. Harry tint pendant une semaine avant de se diriger, tout grognon, vers la volière. Cacher complètement sa signature magique signifiait que cela lui prenait deux fois plus de temps pour attirer l'attention d'un hibou, et Hadwin lui lançait des regards mauvais, mais il ne voulait pas prendre de risques. Il avait même écrit sa lettre du bas vers le haut et à l'envers avant d'utiliser un sortilège de miroir pour déguiser son écriture. Il avait récupéré le parchemin sur le bureau de Binn, se disant que c'était bien la seule personne qu'on ne pourrait accuser.
Le mot était simple, disant uniquement qu'il avait la pierre et listant les protections de Dumbledore, et qu'il enverrait la pierre s'il savait qu'elle serait en sécurité. Il l'adressa au « Mari de Perenelle Flamel », car d'après les rumeurs, on ne pouvait pas envoyer de lettre directement aux Flamel, puis il laissa le hibou de l'école s'envoler. Il ne s'était vraiment pas attendu à ce que son plan réussisse aussi bien, et il fut ramené à la réalité par le Quidditch.
Toutes les réflexions d'Harry concernant la pierre furent chassées par l'arrivée du match Serpentard contre Serdaigle. Il ne savait pas comment celui-ci se déroulerait, car lorsqu'il avait joué son deuxième match (la première fois), il avait attrapé le Vif d'or cinq minutes après le coup d'envoi, et il n'avait jamais joué le troisième match car il avait été inconscient à ce moment-là. L'ensemble de l'école était en ébullition dès le jeudi, et Harry était soumis à énormément de pression de la part des Serpentard. Le match entre Gryffondor et Poufsouffle avait eu un résultat étonnamment bas, Olivier comme Coots étant d'excellents gardiens, ce qui jouait en faveur des Serpentard. Le match s'était terminé avec 160 contre 30 pour Poufsouffle. Harry avait été triste de voir perdre son ancienne maison, mais Cédric venait de débuter cette année-là, et il avait toujours été bon.
Malgré la pression, Harry était impatient de disputer un match à nouveau, et il fut le seul de l'équipe de Quidditch à manger ce matin-là.
— Par Merlin, Potter. Tu n'es même pas un petit peu nerveux ? demanda en criant l'un des septième année, en voyant l'assiette du garçon remplie d'œufs brouillés, de salade et de saumon sur des toast.
— Peut être que je mange parce que je suis nerveux.
— C'est le cas ?
Harry eut un rictus.
— Non.
— Sale gamin arrogant.
Le garçon haussa les épaules.
— On ne gagnera peut-être pas, mais j'espère que ce sera le cas. Tout ce que je peux faire, c'est aller sur le terrain et jouer de mon mieux. Que je mange un petit-déjeuner ne changera rien, sauf si je prends un Cognard dans l'estomac.
Plusieurs des autres membres de l'équipe grognèrent, et repoussèrent leur assiette.
Le ciel était supposé être dégagé, mais alors que le match était sur le point de débuter, un vent fort se leva, ce qui rendit Flint nerveux.
— Potter, est-ce que tu seras capable de voler correctement avec ce temps ?
— Pas aussi bien que Daniels, admit Harry.
Daniels était un élève de septième année qui devait probablement faire le triple de la masse de Harry en muscles. Flint ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Bibine leur demande de venir sur le terrain.
Harry n'eut pas vraiment l'occasion de s'inquiéter du vent. Apparemment, les Serdaigle avaient décidés d'appliquer très sérieusement la tactique des Gryffondor. Les deux batteurs attaquaient furieusement Harry avec les Cognards en ignorant totalement le reste du jeu. Flint s'approcha de son attrapeur et lui demanda s'il voulait un temps mort, mais Harry avait une meilleur idée. A chaque fois que les poursuiveurs de Serdaigle s'emparaient du Souafle, il attendait que les batteurs le visent, puis volait en plein milieu de leur formation, perturbant leurs mouvements. Nott et Loki s'en rendirent rapidement compte et se mirent à voler à basse altitude, attendant que les Cognards suivent Harry pour les renvoyer ensuite sur les joueurs adverses. Mais cela empêchait Harry de chercher le Vif d'or, et il faillit louper le moment où Daniels se précipita à sa poursuite. Heureusement, les deux attrapeurs le perdirent de vue quand il suivit Harry et les Cognards pour se précipiter au milieu du jeu des poursuiveurs. Harry parvint à redresser son balai avant de s'écraser dans Lisa Celloa, mais tout juste. Quand Lisa ne fut plus devant lui, Daniels n'essaya pas de dévier sa course et percuta volontairement Harry à toute vitesse. Ce dernier parvint à rester sur son balai, mais il allait avoir un énorme bleu sur le dos le lendemain.
Ce ne fut que quand Flint tira le penalty qu'Harry eut un sentiment de déjà-vu. C'était justifié, car tout à coup, son balai fit une grande embardé sous lui. Sa première réaction fut de regarder en direction des gradins des professeurs. Comme il s'y attendait, Quirrell et Rogue étaient tous les deux en train de marmonner.
— Qu'est-ce que tu fais Potter ? cria Daniels.
Harry n'était pas en train d'utiliser la tactique qui consistait à rester en hauteur au-dessus du jeu, ce qui fit que cette fois au moins, le problème fut remarqué beaucoup plus vite. En plus de cela, Daniels n'était pas un mauvais gars, il voulait simplement gagner.
— Il se passe quelque chose de bizarre avec mon balai. Ce n'était pas moi !
Daniels parut très alarmé et essaya désespérément d'attirer l'attention de son capitaine ou de Bibine. Malheureusement, il y avait eu une collision entre deux poursuiveurs, et un penalty avait été accordé aux Serdaigle, ce qui faisait que peu de personnes prêtaient attention aux attrapeurs. La situation d'Harry empira bien plus rapidement que la dernière fois, et après une autre violente embardée, Harry fut projeté de son balai et se balançait en-dessous, ne se tenant plus que par les mains. Cela eut finalement pour effet d'attirer l'attention de la foule, et Madame Bibine vola vers lui.
— Que faites-vous Pot-
Mais elle n'eut pas l'occasion de continuer car il devenait évident qu'Harry ne pouvait être responsable du comportement de son balai. Dès qu'elle essaya de s'approcher, il fit une violente embardée, emmenant Harry plus haut et plus loin. Il s'éloignait de quiconque s'approchait de lui.
Harry ressentit soudainement la peur de la foule, quand Bibine demanda à tout le monde de reculer, se rendant compte que s'approcher ne faisait qu'empirer les choses. Elle se mit à faire des cercles sous lui, inquiète. Daniels n'était pas très loin, mais Harry y prêtait à peine attention. C'était bien pire que la première fois, et ses doigts glissaient. Une nouvelle embardée et sa main gauche perdit sa prise. A ce moment-là, Harry regarda droit vers le sol et vit le Vif d'or directement en dessous de lui. Il relava la tête pour voir que Daniels concentrait toute son attention sur lui.
— Désolé Daniels, hurla-t-il.
— Pour quoi ?
— Pour faire quelque chose de dingue ! hurla le jeune homme en riant.
Il n'était pas capable de tenir plus longtemps de toute façon... alors il lâcha prise.
Il attrapa le Vif d'or tout en tombant, se tournant de façon à atterrir à plat, puis avec toute sa magie, il essaya de lancer autant de sortilèges d'amortissement que possible sur lui avant de toucher le sol.
BAAAM !
A sa grande surprise, il était toujours sur le terrain quand il repris connaissance. L'équipe de Serpentard n'était pas loin, et tous les professeurs se tenaient debout autours de lui, très pâles. Rogue lançait des sorts pour vérifier son état, et il pouvait entendre quelqu'un appeler Dumbledore en hurlant, celui-ci n'ayant pas assisté au match.
— Cela va faire un mal de chien demain, n'est-ce pas ? dit Harry, avait d'ouvrir les yeux.
Il vit un immense soulagement traverser le visage normalement neutre de Rogue. Il y eu un soupir collectif des autres.
— Vous vous êtes brisé la clavicule, nota Rogue. Mais étonnamment, c'est tout.
— Ça aurait pu être pire, soupira Harry, grimaçant quand son épaule bougea.
Malgré le fait que tout son corps lui fasse extrêmement mal, il se disait qu'au moins Lockart n'était pas là pour lui faire disparaître les os.
Il y eu un moment de silence quand tout le monde se tourna vers la gauche. Il avait trop mal pour tourner la tête, mais rapidement, un Dumbledore furieux apparut dans son champ de vision.
— Harry, est-il-
Mais il vit le jeune homme avant de finir sa phrase. Le directeur ferma un moment les yeux de soulagement. Après une autre courte pause, Harry ne put s'en empêcher. Il ouvrit la main, laissant le Vif d'or déplier ses ailes.
— J'ai attrapé le Vif.
Il rencontra un silence stupéfait, avant qu'une fille de Serdaigle ne s'évanouisse.
Harry la regarda, légèrement intéressé, et était sur le point de dire quelque chose quand Rogue attira soudainement son attention.
— Désolé Potter.
— Pour qu-ARGH ! Putain !
Le professeur de potion avait soudainement fait léviter Harry, faisant apparaître une civière magique sous lui. Le sursaut avait fait un mal de chien, mais le jeune Serpentard apprécia de n'avoir pas été prévenu.
— Langage Potter, fut la seule réponde de Rogue.
Le jeune homme le fusilla du regard.
— Vu ce que vous me faîtes faire, je me passerai bien de la foule, se plaignit Harry, et à sa grande surprise, Rogue et Dumbledore acquiescèrent.
Le professeur de potions et Flint (qui refusa tout net de quitter Harry) escortèrent le jeune homme jusqu'à l'infirmerie.
— Dites à Madame Pomfresh que j'ai un sortilège de surveillance qui me permet de savoir quels sont les sortilèges médicaux utilisés sur moi, donc ce n'est pas une excuse pour examiner ma cicatrice.
Harry grimaça silencieusement. Étonnamment, il ressentait une douleur sans commune mesure avec la norme habituelle dans le monde des sorciers.
— Dites-lui vous-même Potter, répondit Rogue.
— Désolé monsieur, mais je s- suis cert-...
Et Harry perdit conscience. Enfin, en quelque sorte. Tout devint noir et il ne pouvait plus bouger. Il n'était pas conscient des mouvements de la civière, mais il était toujours capable de comprendre la conversation.
Flint fut immédiatement alarmé.
— Professeur, il est de nouveau dans les pommes ! hurla le capitaine de Serpentard.
— Je suis surpris qu'il soit resté conscient aussi longtemps... En fait, je suis même surpris qu'il ait repris connaissance tout court.
Harry fronça mentalement les sourcils, pas du tout habitué au ton de Rogue. Flint était un préfet, et le professeur avait du respect pour lui.
— Quoi ?
— Mon domaine d'expertise concerne les potions, pas les soins, mais même moi je peux dire qu'il y a beaucoup trop de fractures au niveau de sa clavicule pour que mes sortilèges d'engourdissement fassent totalement effet. Je ne veux pas lui donner quoi que ce soit avant d'en avoir parler au préalable avec Madame Pomfresh.
Flint devint silencieux. Harry grogna intérieurement. Cela annonçait sûrement un long séjour à l'infirmerie.
— Il ira bien... n'est-ce pas ?
J'ai intérêt à aller bien ! Je tue Voldemort si ce n'est pas le cas ! Quelque part au fond de lui, Harry réalisa l'absurdité de cette pensée.
— Il ira bien, bien que je ne puisse pas dire que j'envie son séjour à l'hôpital. Par contre, il devrait être mort. Donc je suppose que le gosse ne devrait pas trop se plaindre.
Cette fois-ci, le jeune homme ricana intérieurement. De la chance liquide à la place du sang.
— M-mort ?
— Je ne peux que déduire qu'il a utilisé de la magie accidentelle, même si je me demande...
Rogue fronça les sourcils et baissa les yeux vers le première année, qui semblait toujours être inconscient.
— Il était couvert de sortilèges d'amortissement.
— Heureusement qu'il est aussi jeune, dit Flint, faisant référence à la magie accidentelle.
— J'admets que je n'aimais pas le fait qu'il soit dans notre maison, mais vous êtes son mentor. Les mentors sont importants à Serpentard. Je m'attends à ce que vous preniez tout cela très au sérieux, et je ne tiens pas à ce que cette conversation aille plus loin.
— Oui monsieur.
Harry fut surpris par l'emploi du passé quand le professeur de potions avait mentionné ne pas aimer le fait qu'il soit à Serpentard. Il s'attendait à ce que son ressentiment dure plus longtemps.
Rogue et Flint continuèrent de discuter, mais Harry n'arrivait plus à suivre ce qu'ils disaient, et bientôt, il fut complètement inconscient.
Il se réveilla avec les tuiles blanches familières du toit de l'infirmerie au-dessus de lui. Il grogna et il lui fallut un moment avant de se souvenir pourquoi il était là. Madame Pomfresh se précipita rapidement vers lui. Elle ne dit rien, et Harry vérifia qu'elle n'avait pas examiné sa cicatrice pendant qu'il était inconscient. Il fut content de constater que ce n'était pas le cas. Il aimait bien l'infirmière, malgré le fait qu'il déteste l'infirmerie. Ce n'était pas qu'il ne lui faisait pas confiance, le problème venait simplement de Dumbledore, car il ne savait si les dossiers médicaux des élèves étaient facilement accessibles ou pas. Toutes ses pensées cohérentes furent rapidement balayées quand elle lui fit avaler une troisième dose de Poussos (le jeune homme avait été conscient pour les deux premières).
Malgré le caractère sérieux de sa blessure, Harry fut relâché de l'infirmerie seulement quatre jours plus tard. Après tout, seul un os était touché, rien d'autre. Cela lui fit un peu bizarre de ne pas avoir Ron et Hermione venir lui rendre visite tous les jours. Il eut cependant pas mal de visiteurs. L'équipe de Quidditch au complet vint le voir, tout comme Blaise et Théo, et même Neville (ce qui était particulièrement gentil, car après des années à aller voir ses parents, il savait comment s'y prendre avec les infirmières, et Madame Pomfresh le laissa rester bien plus longtemps que tous les autres). Le dernier visiteur fut Daniels, dont le prénom était Josh. Celui-ci vint surtout pour admonester le jeune Serpentard (en mode je-n'arrive-pas-à-croire-que-tu-aies-failli-mourir-à-quoi-pensais-tu) sur sa stupidité, même si Harry n'avait eu aucun contrôle sur l'incident.
Dumbledore vint également le voir, mais il fit semblant de dormir.
Rapidement (et beaucoup trop tôt au goût de Madame Pomfresh), Harry fut de retour en classe. Les professeurs avaient mis de plus en plus de pression sur les élèves en raison des examens de fin d'année, et bien qu'Harry avait lentement mais sûrement amélioré la qualité de ses essais (il ne faisait plus que trois brouillons contre cinq ou six auparavant), il savait qu'il allait devoir faire très attention lors des examens. Il savait qu'il y avait des questions bonus à la fin de chacun, et que leur difficulté augmentait progressivement jusqu'à dépasser largement le niveau attendu d'un première année. Il avait eu l'intention de ne pas se faire remarquer... jusqu'à ce que Rusard le fasse polir chaque trophée académique dans la salle des trophées. Il y avait une liste des réussites académiques des élèves, et pour chaque année où il avait été à l'école, T. M. Jedusor détenait au moins trois records. A partir de ce moment-là, en plus de ses révisions, Harry passa un temps incroyable à déterminer les notes qu'il devait obtenir afin de battre Voldemort. Il n'y aurait sans doute pas consacré autant de temps s'il n'espérait pas que Quirrell soit encore présent à la fin de l'année.
Deux jours après avoir envoyé un hibou à Flamel, il avait passé son temps libre de la matinée à la bibliothèque à essayer de déterminer comment fonctionnait le barème de l'épreuve de Sortilèges (comment exactement jugeaient-ils la danse des ananas). Il ne prêtait aucune attention à ce qui se passait autours de lui, jusqu'à ce qu'il se rende compte que tous les sang-purs, la plupart des sang-mêlés et tous les Serdaigle étaient totalement immobile et regardaient un homme d'âge moyen marcher vers Dumbledore.
L'homme portait une robe passée de mode, mais parfaitement taillée, qui semblait être constitué des meilleurs tissus sur le marché. Il avait les cheveux châtain clair ondulés, des lunettes à épaisse monture, et était suffisamment mince pour qu'on puisse croire qu'une simple brise puisse le faire vaciller. Harry ne l'aurait sans doute jamais remarqué dans une foule, mais la réaction du reste de l'école lui indiqua que, qui que ce soit, il était important pour le monde magique. Il laissa presque échapper un petit cri quand Dumbledore se leva, un grand sourire sur le visage, malgré l'incertitude de ses gestes.
— Nicolas ! Que me vaut le plaisir de ta visite ?
Les yeux d'Harry se fixèrent immédiatement sur Quirrell qui semblait sur le point de s'évanouir.
— Le plaisir ?
La voix de Flamel était profonde et riche, et pas du tout ce à quoi Harry s'attendait de l'homme chétif devant lui. Elle tremblait également de rage.
— Le plaisir ?! Mon Dieu ! Je ne suis pas ici par plaisir Wulfric ! Où as-tu mis ma pierre philosophale ?
Dumbledore ne sembla pas du tout ravi en entendant ce que l'homme avait dit devant toute l'école, mais alors... Harry regarda avec attention l'homme qui se tenait devant lui. Flamel semblait bouillir de colère, mais était encore suffisamment calme pour comploter. Le jeune homme était quasiment certain qu'il s'agissait d'une action mûrement réfléchi. La question dont il voulait absolument connaître la réponse était : pourquoi avoir révélé l'existence de la pierre à tout le monde ? Harry avait bougé la pierre dans le seul but de faire diversion.
A la grande déception du jeune Serpentard, Dumbledore et Flamel se mirent à discuter en français. Il n'avait jamais réussi à maîtriser les sortilèges de traduction. Il avait dû passer deux examens de langue lors de sa formation à l'Académie Avancée des Aurors. Il s'en était tout juste tiré en égyptien (voulant aller travailler avec Bill quelques temps), et avait utilisé le fourchelangue comme deuxième langue. Ils avaient essayé de réfuter son choix, argumentant qu'ils ne pouvaient pas être sûr de ce qu'il disait, mais il avait fini par guider un serpent dans un parcours d'obstacle, et il lui avait validé l'examen. Malgré cela, il n'était pas totalement inutile, et se déplaça rapidement pour s'asseoir à côté de Daphné.
— Qu-est-ce qu'il se passe ?
— Et pourquoi je le saurais ? demanda Daphné.
— Parce que je sais que tu parles couramment français. Maintenant parle !
Daphné laissa échapper un soupir.
— Je ne sais pas où tu as eu tes informations, Potter, mais je vais te dire, simplement parce que c'est très amusant. Je n'arrive pas à comprendre tous les mots, mais je pense que la moitié de ceux que je ne comprends pas sont du vocabulaire technique, et l'autre moitié sont des insultes.
Elle plissa le nez et continua.
— Pour ce qui est de l'idée générale, Dumbledore était supposé garder une pierre de Flamel, dont il prétend qu'elle est parfaitement en sécurité, au troisième étage d'ailleurs. Savais-tu que le frère de Ruth Marriet, un Gryffondor, était allé vérifier ce qu'il y avait là-bas et découvert que Dumbledore y avait mis un Cerbère ?! Ridicule !
Harry fronça les sourcils, regardant toujours Dumbledore se faire déchiqueter (ce qui s'avéra très amusant à regarder, même si c'était dans une autre langue).
— Mais Flamel n'a pas l'air de croire que c'est le cas ? l'interrompit Harry, quand Daphné se mit à se plaindre de la présence de chiens à trois têtes près d'enfants.
Il était d'accord avec elle, mais était plus intéressé par ce que racontait Flamel.
— Je ne suis pas sûre, mais on dirait que quelqu'un fait chanter Flamel, ou tout du moins essaye de le faire chanter, en utilisant sa pierre.
— Quoi !
La voix d'Harry était particulièrement dure et sifflante, passant presque au fourchelangue. Daphné le regarda avec surprise, mais avant que le jeune homme ne puisse lui fournir une excuse, les deux vieux amis repassèrent à l'anglais... ou plutôt, Flamel repassa à l'anglais.
— Du chantage Wulfric ! dit-il en agitant la lettre que lui avait envoyé Harry. Du chantage !
— Nous pouvons y aller et vérifier maintenant, mais je t'assure qu'elle est parfaitement en sécurité. Les défenses sont particulièrement robustes...
— ROBUSTES ! Robustes ?! Qui que ce soit, il m'a donné une liste de tes défenses. Il ne m'a même pas dit comment les passer. Les cerbères ont toujours eu la musique comme faiblesse, mais même sans ça, ce n'est pas impossible de les neutraliser pour un sorcier ou une sorcière meilleurs que la normale. Le Filet du Diable n'est dangereux que pour quelqu'un qui est déjà affaibli. Lumos est le premier sortilège que l'on apprend à Beauxbaton ! Le tout premier ! Ensuite, même si tout le monde n'est pas forcément doué aux échecs, il suffit de jouer le roi. Si l'on perd, on s'incline tout simplement, et si l'on gagne, c'est simple. Que l'échiquier soit géant ou non ! Tout le monde n'est pas forcément bon sur un balai, mais la plupart arrivent à se débrouiller selon les circonstances. Un troll est une défense acceptable, tant que l'on ne veut pas tuer. Quelqu'un qui veut ma pierre philosophale sera plus que capable de lancer un Avada Kedavra ! Quant à tes potions... On m'a donné les quatre indices et un rapide croquis des bouteilles, et cela ne m'a pris que quelques secondes à trouver.
— Il y avait le miroir. Personne n'est capable de-
— Simplement parce que tu n'es pas capable de surpasser tes erreurs de jeunesse ne veut pas dire que personne d'autre n'en est capable ! Et puis de toute évidence, quelqu'un l'a fait.
Il y eu un grand silence dans la salle, pendant que Flamel prenait une profonde respiration pour se calmer.
— Je me fiche que ma pierre soit détruite, Wulfric, mais elle ne doit pas tomber entre les mains de personnes qui n'hésiteraient pas à s'en servir pour faire le mal.
— Nous allons vérifier la chambre, et fouiller le château si nécessaire. Elle n'a pas passé les limites de l'école.
Harry fronça les sourcils. La Cabane Hurlante était-elle dans les limites de l'école, ou Dumbledore mentait-il ? Quoi qu'il en soit, il était très, très content de ne pas avoir laissé la pierre dans son compartiment secret après avoir réalisé qu'il ne pouvait pas accéder à la Chambre des Secrets. Même s'ils se rendaient compte qu'elle était dans la Cabane Hurlante, il l'avait placée dans le placard sous l'escalier (oui, il voyait l'ironie) sous sortilège de Fidélitas. Et c'était encore autre chose. Pourquoi la pierre n'avait tout simplement pas été conservée dans le bureau de Dumbledore sous Fidélitas, ou même chez Flamel ? Harry allait souligner ce point dans sa prochaine lettre.
Dumbledore partit, suivi par Flamel, et au plus grand amusement d'Harry, l'école entière éclata en bavardages au moment où ils quittèrent la salle. Comme s'ils n'allaient pas être capables de les entendre en étant dans le couloir. Harry pouvait pratiquement voir tous les enfants des adversaires de Dumbledore planifier ce qu'ils allaient écrire dans la lettre à leurs parents.
Mais évidemment, son attention était fixée sur Quirrell. Qui, tout bien considéré, semblait avoir pris la chose plutôt bien. Peut-être qu'il pensait pouvoir trouver la pierre maintenant avant Dumbledore. Harry ne pouvait s'empêcher de penser que le professeur de défense devait se sentir plutôt stupide d'avoir attendu aussi longtemps, maintenant qu'il savait que les tâches des autres professeurs étaient aussi faciles. Le seul problème aurait été le miroir, et de toute façon, il n'aurait jamais pu être capable de convaincre Dumbledore de le lui expliquer. La plupart des autres protecteurs paraissaient assez embarrassés également.
Dumbledore était dans un fort état de panique quelques heures plus tard, et l'intégralité des élèves fut envoyée dans la Grande Salle pendant que l'école était fouillée, dans le but de retrouver la pierre. Harry était très content d'avoir déplacé la majorité de ses affaires importantes dans la Cabane Hurlante, et encore plus de toujours garder la cape d'invisibilité sur lui. Il pouvait très bien s'imaginer Rogue la lui confisquant, un rictus sur le visage.
Une proportion importante des élèves était un peu agacée d'avoir ses affaires fouillées, mais Dumbledore avait annoncé que tant qu'il n'y avait rien de dangereux pour les autres élèves, les objets allant à l'encontre du règlement de l'école ne seraient pas confisquées. Cela avait calmé une bonne partie des élèves, et le fait que leur directeur de maison accompagné d'elfes de maison étaient en charge des fouilles rassura tout le monde. Ce fut le cas notamment des Serpentard, qui savaient que Rogue ne les vendrait pas après avoir découvert sans le moindre doute des artefacts de magie noire parmi leurs affaires.
Harry eut un sentiment de satisfaction et de suffisance quand le directeur de Serpentard fut obligé de l'appeler parce qu'il n'arrivait pas à ouvrir sa malle. Harry refusa tout net de lui donner le mot de passe (ce n'était certainement pas le moment pour révéler le fait qu'il pouvait parler aux serpents), mais accepta de l'ouvrir pour lui. Ceci arriva pour un certain nombre d'élèves au sein de toutes les maisons, donc Harry ne fut pas suspecter de devenir maléfique.
Finalement, ils déclarèrent que celui qui avait la pierre était meilleur à la cacher qu'eux à la trouver (bien que pas tout à fait dans ces mots), mais Nicolas Flamel décida de rester tant que sa pierre n'avait pas passé les limites de l'école. Selon Harry, il s'agissait de la plus grosse récompense qu'il pouvait recevoir pour avoir voler un artefact magique de très grande valeur (et les Gobelins lui avaient donné énormément d'or pour qu'il devienne un conseiller en sécurité après avoir volé Gringotts). Flamel était plutôt content de dispenser des cours, qu'il ouvrit à tous ceux qui n'avaient pas cours à cette heure-là. D'après Harry, il aimait tout simplement enseigner, et n'avait probablement pas besoin de rester au château. Le jeune Serpentard s'inscrivit à tous les cours pour lesquels il était disponible, et finit par venir à chaque cours, abandonnant ses devoirs pour y aller. Ses camarades pensaient qu'il était fou, eux-mêmes arrivaient à peine à faire tous leurs devoirs, et seul Hermione révisait sérieusement en plus de ce que les professeurs leur donnait à faire...
Les Serdaigle ne comptaient pas.
La première semaine, les cours de Flamel furent extrêmement populaires, mais plus le temps passait, plus le nombre d'élève diminua, et Harry fut bientôt remarqué comme étant le seul élève en dessous de la cinquième année qui venait toujours régulièrement. Flamel l'interrogea à la fin d'un des cours, lui suggérant d'étudier au lieu de venir afin de mieux rentabiliser son temps, comme la majorité des sujets dont il parlait nécessitait une compréhension des bases d'autres matières. Harry avait simplement haussé les épaules.
— Peut-être, mais je suis parfaitement capable de prendre des notes, même si je n'arrive pas à vous suivre tout le temps. Je ne les comprends peut-être pas toutes pour le moment, mais quand je serai plus âgé, je pourrai y revenir. Je ne pense pas que j'aurai de nouveau la chance d'assister à l'un de vos cours.
Flamel avait semblé particulièrement content devant cette logique, et ne fit plus aucun commentaire sur la présence d'Harry. Flitwick donna vingt points au jeune Serpentard pour son dévouement à son travail, ce qui lui permit de devenir le professeur préféré d'Harry (comme si celui-ci ne l'avait pas décidé auparavant). Il fallut un bon bout de temps à Harry pour réussir à envoyer un hibou sans être vu. Il était certain que Dumbledore avait des sorts sur la volière, et ne savait pas comment avertir autrement Flamel qu'il n'avait pas fait tout ça dans l'intention de le faire chanter. Finalement, ce n'était que par pur chance qu'il put envoyer le message. Un hibou de l'école vint apporter une lettre à Théo au petit-déjeuner, mais celui-ci n'était pas là à ce moment-là. Cela faisait un moment qu'Harry avait écrit la lettre pour Flamel. Il prit donc la lettre de Théo, et donna celle pour Flamel à l'hibou et lui demanda de retourner à la volière avant de livrer la lettre. Il y eu de nouveau un brouhaha quand Flamel reçut le message, qui contenait aussi un flacon d'élixir, précisant clairement qu'il n'avait pas l'intention de le faire chanter, mais voulait simplement s'assurer que personne d'autre que l'alchimiste ne la protège. Il l'informa également qu'il avait aussi envoyé de l'élixir à Perenell afin qu'ils puissent continuer à vivre au moins deux ans. Il était certain que Flamel serait capable de mettre en place des défenses suffisantes d'ici là, et lui promit de garder contact. Le seul point négatif fut d'informer l'alchimiste qu'Harry (sans préciser son nom) avait placé la pierre sous Fidélitas et préférerait mourir que de la laisser tomber entre les mains de ceux qui la cherchaient.
Flamel fit tout un spectacle pour montrer qu'il était soulagé, mais ne semblait pas vouloir quitter le château pour autant. Il annonça finalement (et d'après Harry, sans avoir prévenu Dumbledore) qu'il resterait pour continuer à dispenser ses cours jusqu'à la fin de l'année.
