NDA : Bien, au vu des votes, j'ai décidé de respecter l'ordre que j'avais établi à l'origine, donc voici la suite de la quatrième année de Harry. J'espère qu'il vous plaira, quelque soit celui que vous vouliez lire. Bonne lecture.


Chapitre 14

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1994-1995 – La Coupe de Feu

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Partie 2


Le silence dans la petite salle aurait pu se découper au couteau. Harry pouvait entendre les respirations choquées des autres sorciers, suite à la déclaration de Severus. Seuls Albus Dumbledore et Minerva McGonagall n'étaient pas surpris, et pour cause.

Maugrey Fol Œil fut le premier à reprendre ses esprits. Il se mit à ricaner, la baguette de Snape toujours sous sa gorge.

« Ton enfant ? Potter n'est pas ton fils, Snape ! »

Pourtant, sa voix était mal assurée, il sembla même à Harry qu'elle ne comportait pas que de l'étonnement.

« Considère qu'il est bel et bien mon enfant, Maugrey. » La baguette s'enfonça un peu plus dans la peau de l'homme alors que l'œil magique tournait en tous sens. « Et dis-toi bien une chose, c'est que si je retrouve celui qui a mis le nom de mon fils dans cette coupe, ses petits camarades Mangemorts n'auront pas assez de ce qu'il restera de leur misérable vie pour en retrouver tous les morceaux. »

Karkaroff sursauta aux propos de Snape, sa peau blême devenant à la limite du translucide.

« Mangemorts, Snape ? » grinça Fol Œil en tentant de se dégager de la poigne de son collègue. « Mais tu es un Mangemort ! »

« Il suffit, Alastor, Severus ! » intervint enfin Dumbledore. « Severus, mon garçon, relâchez-donc notre vieil ami. Alastor, vous savez parfaitement que Severus était un espion, il n'était pas un véritable Mangemort. »

Maugrey se détacha d'un geste brusque. Il toisa le maître des Potions avec de la haine dans le regard.

« Il semblerait, en effet. Certains avaient encore des doutes sur ta véritable allégeance, Snape, mais le doute n'est plus permis, aujourd'hui. »

Après plusieurs minutes de nouveaux tumultes, il fut décidé que chacun devait regagner ses appartements ou dortoirs. Harry ne put manquer les regards que lui jetèrent chaque personne, qu'il soit méprisant, comme Karkaroff, dédaigneux, comme les Françaises madame Maxime et Fleur, interrogatif, comme celui de Cédric qui naviguait entre lui et Snape, admiratif, s'agissant de celui de Verpey, ou encore désolés, en ce qui concernait McGonagall et Croupton.

« Albus, je souhaite m'entretenir seul un instant avec Harry, » annonça Severus alors que les trois autres champions quittaient la salle, accompagnés des professeurs.

« Bien sûr, Severus. »

Une fois seul avec Harry, Severus s'avança vers lui, l'œil noir. Harry recula d'un pas instinctif, prêt à lever un bras protecteur devant son visage. Severus aperçut sans mal le geste avorté alors qu'il posait ses mains sur les deux épaules de l'enfant.

« Harry, » soupira-t-il.

« Je suis désolé, Severus, mais je dis la vérité, je n'ai pas mis mon nom et... »

« Harry, respire, je te crois, mon grand, je te crois. Je pense malheureusement que Maugrey a raison, celui qui a fait ça est forcément un sorcier expérimenté qui a un but très précis en tête. Mais ne t'inquiète pas de cela, le professeur Dumbledore, McGonagall et moi, nous allons mener notre petite enquête à ce sujet et nous ferons tout ce que nous pouvons pour te protéger. » L'homme vit avec satisfaction les prunelles de son pupille perdre leur lueur d'inquiétude. « Bien, la première chose que nous allons faire, tous les deux, c'est réfléchir à la façon dont tu vas pouvoir réussir à passer ta première épreuve. Tu vas devoir prendre un œuf d'or à une dragonne, tu devrais donc étudier cela avec...

« QUOI ? » s'écria le jeune sorcier.

« Oui, je sais, c'est assez effrayant, mais nous avons un mois pour y réfléchir. Ta copine Je-Sais-Tout doit sûrement en connaître un rayon en matière de dragons et sachant que le frère de ton ami rouquin est dragonnier, tu devrais aussi le contacter et... Je peux savoir pourquoi tu me regardes comme si un Strangulot t'avait attrapé ? »

« Mais tu triches ! » s'exclama enfin le Gryffondor. « Je n'avais pas à savoir ce qu'était la première épreuve, du coup, moi je sais mais pas les autres ! C'est injuste ! »

« Non, stupide Gryffondor, cela s'appelle de la stratégie. Il faut savoir mettre toutes les chances de ton côté ! Tu trouves cela injuste ? Dis-toi bien qu'en face de toi, tu as trois autres champions, véritablement choisis par la Coupe en raison de leur vaillance et de leurs capacités. Ils ont tous les trois dix-sept ans et ont un niveau magique bien plus élevé que toi. Tu trouves cela toujours aussi juste ? » aboya Severus.

« Ça reste de la triche ! » s'offusqua Harry.

« Non, c'est de l'aide appropriée pour ré-équilibrer une situation qui est à l'origine déséquilibrée et en plus, en ta défaveur. Hors de question de mettre ta vie en danger... Et hors de question que tu te couvres de honte, non plus ! »

« En fait, c'est bien ce que je dis, tu triches. »

« Vas-tu cesser avec ce mot ? Ce n'est pas de la triche, nom d'un chaudron ! Et quand bien même, l'important c'est que personne d'autre ne l'apprenne, le reste, on le jette aux mandragores, » s'énerva le maître des Potions.

Harry eut un petit sourire en coin, heureux malgré lui que son tuteur se sente aussi solidaire de son sort. Le regard de Snape devint plus doux et aussi soucieux.

« Ça va aller ? Pas trop inquiet ? »

« Je crève de trouille, mais j'ai pas bien le choix, » répondit Harry en haussant les épaules.

Le jeune sorcier n'aurait pourtant jamais cru que le retour à son dortoir se passe aussi mal. Ron le boudait, les autres, bien qu'enchantés de sa participation au Tournoi, ne le croyaient pas. Ce fût le cœur lourd qu'il se coucha, bien décidé à écrire un hibou à son parrain dès les premières lueurs de l'aube le lendemain afin de lui raconter ses malheurs.

La journée du lendemain se passa de mal en pis. La nouvelle que Harry Potter était devenu, par on ne savait quel tour de passe-passe, le pupille de Severus Snape se répandit comme une traînée de poudre. Les trois autres maisons s'unirent contre le malheureux Lion, lui reprochant à la fois d'avoir triché et ainsi volé la vedette au vrai champion de Poudlard, Cédric Diggory, mais aussi d'avoir menti sur sa situation familiale.

Harry se sentit plus seul que jamais, malgré le soutien de Hermione et les échanges de courrier avec Sirius. Il n'avait rien dit à son tuteur au sujet de sa dispute avec Ron, mais Severus n'était pas un lapereau de six semaines et avait rapidement compris la situation. Le malheureux rouquin était donc devenu son unique cible durant les cours de potions, faisant de la vie de Ron un véritable enfer.

Loin de s'en réjouir, Harry tenta désespérément de faire changer Severus d'avis, sans succès. De même pour ses corrections du dimanche soir car chacun dans la Tour avait désormais compris que les marques rouges provenaient de Snape. Tout le monde n'appréciait pas, y compris parmi les Gryffondor, que les devoirs de Harry bénéficient ainsi d'une aide professorale.

Aussi, Harry se morfondait, cherchant seul une solution pour l'épreuve qui l'attendait. Il n'avait pas osé dire à Hermione qu'il savait en quoi consistait la première épreuve du Tournoi. La jeune fille faisait partie de ceux qui regardaient d'un air pincé ses devoirs corrigés. Il n'aurait pas supporté qu'elle les accuse, lui et Snape, de tricherie supplémentaire.

Néanmoins, il changea d'avis après que Hagrid lui eut montré les fameux dragons. Il avertit également Cédric, trouvant ainsi un étrange réconfort au fait que chacun des champions soient de cette façon sur le même pied d'égalité, n'en déplaise à Snape qui avait ricané face à sa noblesse Gryffondorienne.

Hermione, Severus, Sirius et lui cherchaient donc comment faire pour qu'il puisse réussir son épreuve en risquant le moins possible sa vie. Sirius lui avait de suite informé que le point faible des dragons étaient leurs yeux, mais malgré cela, Harry ne savait toujours pas quoi faire pour lui ravir l'œuf.

Harry n'avait bien évidemment pas dit à son tuteur que son parrain était au courant de ses mésaventures grâce à leur correspondance acharnée. De même qu'il avait légèrement omis de préciser à Sirius que Severus était désormais l'adulte responsable de lui. Pourtant, cette dernière information éclata la veille de l'épreuve, alors que Sirius lui parlait, via la cheminée de la salle commune des Rouge et Or.

Harry avait été étonné que Sirius revienne au Royaume-Uni, mais le renégat Black eut tôt fait de lui expliquer que c'était Dumbledore lui-même qui avait insisté pour qu'il le fasse.

« Pourquoi ? »

« Dumbledore a réussi à convaincre plusieurs personnes de mon innocence, je suis donc relativement en sécurité, les recherches pour me dénicher ayant été confiée, par le plus grand des hasards bien entendu, à un ancien membre de l'Ordre, » lui répondit Sirius avec un grand sourire.

« De l'Ordre ? »

« Oui, l'Ordre du Phénix. C'était une organisation du temps de Voldemort qu'avait créée Albus, pour lutter contre lui et ses Mangemorts. Au vu des derniers troubles, Albus a jugé bon de nous réunir à nouveau, du moins, le noyau dur. Il ne voulait pas que je te tienne trop au courant, mais j'estime que tu as le droit de savoir. Tu es le digne fils de ton père, Harry, je sais que tu es largement capable de faire face à tout cela ! Nous pensons que les anciens Mangemorts se sont réunis de nouveau. C'était ce que Pettigrow avait laissé sous-entendre, dans la cabane hurlante. Ce qui s'est passé lors de la Coupe du Monde est également un signe. D'après nos sources, l'un des plus fidèles partisans du Lord aurait cherché, et peut-être trouvé, un moyen pour le faire revenir d'entre les morts. Il faut que tu sois prudent, Harry, ne fais confiance à personne, surtout pas à Snape ! »

Harry tiqua violemment, tant parce que Sirius lui disait que Voldemort pourrait revenir, que pour sa méfiance envers Snape.

« Pourquoi dis-tu cela ? Je peux te promettre que Snape n'est pas celui qui a mis mon nom dans la Coupe de Feu ! »

« C'est ce que me dit aussi Dumbledore, mais je me méfie de ce type graisseux. Il refuse toujours de croire à mon innocence et menace de me dénoncer ! J'ai appris récemment que c'était à cause de lui si j'ai perdu tous mes droits sur toi ! Je ne lui pardonnerai jamais ! À cause de lui, tu n'as plus de référent dans le monde magique. Harry, pourquoi fais-tu cette tête ? J'ai bien vu que Dumbledore et Remus me cachaient des choses au sujet du bâtard des cachots. Est-ce que toi, tu es au courant ? »

Le garçon se tordit les mains, anxieux et gêné.

« Harry ? C'est grave à ce point ? »

« Je... Comment dire... Il se pourrait qu'en fait... Tu n'as pas été le seul à perdre tes droits, les Dursley aussi ne sont plus mes tuteurs. »

« Comment ? Mais, c'est impossible, tu es mineur ! Qui est responsable de toi ? »

« Je... C'est Severus, » avoua enfin Harry dans un souffle.

Le silence s'éternisa, seulement troublé par les bûches qui craquaient et le bruit ronflant des flammes.

« Snape ? Harry, tu es sérieusement en train de me dire que Snape est ton tuteur ? »

Le garçon hocha la tête, la gorge bien trop serrée pour pouvoir répondre.

« Oh, bravo, eh bien c'est magnifique ! » éructa Sirius. « Et tu pensais me le dire quand ? Je suppose que tout le monde est au courant, bien sûr ? »

« Sirius, je voulais te le dire, tu sais, mais ce n'est pas évident et puis, j'ai été puni cet été, parce que je t'écrivais, il ne sait pas que je continue à correspondre avec toi. Sirius, s'il te plaît, je... »

« Puni ? Est-ce que ce salaud t'a frappé, Harry ? Est-ce qu'il t'a fait du mal ? » aboya Sirius.

« Non ! Non, je t'assure, il s'occupe très bien de moi, en fait, et... »

« Très bien de toi ? Ah, parce que je ne serais pas capable de le faire, peut-être ? C'est ce que tu penses, toi aussi ? »

« Non ! Bien sûr que non ! »

« Je vais aller m'expliquer avec Remus et Albus, et je te garantis qu'ils ont intérêt à me donner des réponses satisfaisantes ! Parce que sinon je te promets que... »

À ce moment-là, des bruits de pas dans les escaliers les interrompirent.

Harry ne sut jamais ce que Sirius allait dire car il disparut des flammes.

Le lendemain, le Gryffondor de quatrième année affrontait son Magyar à pointes. Il n'aurait cependant pas cru, à ce moment-là, que le dragon noir, furieux, était à peine plus impressionnant que son tuteur.

En effet, deux jours plus tard, Harry était tranquillement en train de réviser un nouveau sortilège quand, une fois encore, la porte derrière le portrait de la Grosse Dame s'ouvrit, laissant passer un Snape fulminant de rage.

Le silence tomba lourdement dans la pièce, les première année poussant des petits couinements de terreur alors que le sombre professeur s'avançait à grandes enjambés vers le malheureux Potter qui s'était levé, manquant s'étrangler avec sa salive.

« Harry James Potter ! Tu vas avoir de sérieux ennuis ! » lança Snape, faisant sursauter le garçon.

Une fois encore, les vieux réflexes de Harry se mirent en marche et alors que Snape levait une main vers lui, il se protégea de son bras, plié devant son visage.

« Qu'est ce que vous lui voulez ? » réussit toutefois à protester l'un des jumeaux Weasley, Fred ou George, Harry aurait été bien en peine de dire lequel.

« Rien qui ne vous concerne, monsieur Weasley, à moins que vous ne vouliez que vos propres responsables légaux reçoivent un parchemin de ma part aux premières lueurs de l'aube demain ! » rétorqua sèchement Severus alors que sa main s'abattait durement sur l'avant-bras toujours dressé du brun. « Toi, dans mon bureau, maintenant. Si tu pensais qu'une fois à Poudlard tu pourrais désobéir à mes ordres comme tu l'entendrais, tu vas constater que tu te trompais lourdement ! » finit-il sur le même ton.

Harry ne put protester, il n'en avait pas réellement l'envie de toute façon. Il se contenta de jeter un regard implorant à ses amis qui le regardèrent, effarés, se faire entraîner hors de la salle par le directeur des Serpentard.

La descente aux cachots avaient des airs de déjà vu pour le jeune Potter, mais il se doutait que cette fois, Snape n'allait pas simplement lui demander de ses nouvelles une fois arrivés à destination, ni lui proposer des cours de soutien en potions. Il réfléchissait à toute allure afin de deviner ce qui causait la colère de l'homme mais ne voyait rien : il avait eu des bonnes notes, enfin, disons des notes correctes, il n'avait pas fait le mur ni vagabondé dans les couloirs après l'heure du couvre-feu, il n'avait pas eu de problème de comportement ou de discipline. Non, la seule chose qui s'imposait dans son esprit, avec de plus en plus de force alors que le nœud dans son ventre devenait douloureux et que les autres options étaient balayées, tenait en deux mots : Sirius Black.

Une fois encore, ce ne fut pas dans son bureau que le Gryffondor atterrit, mais bien dans les appartements de Snape.

« Tu m'as désobéi, » fit Severus d'une voix sourde, plongeant ses obsidiennes furieuses dans le regard angoissé de son pupille.

« Je ne comprends pas, » tenta de plaider le garçon.

« Arrête de me prendre pour un imbécile ! » rugit Severus en tapant du poing sur la table de son salon.

Harry se recula prudemment de trois pas. Le bruit de ce poing lui rappelait de mauvais souvenirs. Il jeta des regards furtifs autour de lui, se demandant si Severus cachait une ceinture ou une badine dans un coin dont il ferait les frais.

« Tu as trois secondes, tu m'entends, mon garçon, trois secondes pour reconnaître tes torts, ou je te garantie qu'il t'en cuira ! »

Cette fois, le regard vert se teinta d'une véritable peur. Sans le savoir, Snape avait prononcé les mêmes mots que l'oncle Vernon avant qu'il ne le soumette à l'une de ses séances de ''rééducation'' et ne l'enferme ensuite dans son placard. Harry déglutit, avant de se lancer, son bras de nouveau placé en protection devant son visage.

« Oui, c'est vrai, j'ai écris à Sirius ! Il me manquait, j'avais besoin de lui parler ! Il s'inquiétait pour moi ! »

« Je t'avais interdit de le faire ! » cria Snape.

« Mais il est innocent ! Il m'a dit que Dumbledore avait tout expliqué aux membres de l'Ordre ! Que tu étais le seul à ne pas vouloir les croire ! Il a dit... »

« PARCE QUE CE SALE CABOT SE PERMET EN PLUS DE TE MÊLER À CE GENRE DE DISCUSSION ? » hurla cette fois Severus, ivre de colère. « Oui, j'ai bien dit sale cabot, Albus nous a livré le petit secret de ton cher parrain ! Et je ne sais pas ce qui me retient de ne pas le dénoncer de suite au ministère ! »

« NON ! » hurla à son tour le garçon, enlevant son bras avant de le remettre vivement devant lui.

« Arrête de te cacher quand tu me parles ! » vociféra le maître des Potions.

Il était clairement aveuglé par sa colère, qu'il ne contrôlait qu'avec difficulté.

Il revenait d'une réunion avec Albus et d'autres membres de l'Ordre du Phénix, dans un lieu qu'il n'aurait jamais imaginé voir un jour : le 12, Square Grimmaurd, la demeure ancestrale des Black. Ils n'étaient pas nombreux et il avait été étonné de ne pas apercevoir Maugrey parmi eux. Quand il avait vu Sirius Black, il avait pensé que l'absence de l'Auror était due au fait que Dumbledore ne voulait pas qu'il soit témoin de l'altercation entre les deux ennemis.

Severus se sentait humilié. Non seulement on lui imposait de parler avec Black, on voulait lui faire admettre qu'il n'était pas le responsable de la trahison des Potter mais en plus, il avait appris que son pupille, Harry, celui qu'il considérait comme son enfant, l'avait trahi en écrivant à Black et en se confiant à lui.

Severus ne savait pas ce qui le blessait le plus : que Harry lui ait volontairement désobéi ou qu'il ressente le besoin de se confier à un autre adulte que lui.

S'étaient ajoutés à cela les insultes de Black et ses hurlements face à la décision de Snape de s'occuper de l'enfant de James Potter, sans lui. À la limite, c'était bien la seule chose de positif à cette soirée : lui aussi avait pu humilier l'animagus, lui assénant qu'il n'avait plus aucun droit sur l'enfant.

Au final, ils en étaient venus aux mains.

Sa colère était encore plus grande maintenant qu'il savait que non seulement Harry avait écrit à Sirius, mais qu'il lui avait parlé par cheminées interposées et que surtout, ce décérébré de Black lui avait dévoilé certains de leurs propos lors de réunions confidentielles. Harry n'avait certainement pas à être au courant de leurs inquiétudes, d'autant que la plupart le concernait directement.

Constater que le gamin, malgré cela, continuait à lui tenir tête, inquiet qu'il dénonce le chien galeux aux autorités, le tout caché derrière ses mains, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder l'amphore !

« ENLÈVE TON BRAS ! » hurla-t-il de nouveau au garçon qui, paniqué, s'empressa cette fois d'obéir.

Le cœur de Harry tambourinait durement dans sa poitrine. Il ne savait plus trop s'il devait regarder Severus ou au contraire, baisser le regard comme l'exigeait toujours l'oncle Vernon. Devait-il aussi mettre ses mains dans son dos, en attendant les paires de claques qui n'allaient pas tarder à s'abattre sur ses joues ? Devait-il s'excuser, demander pardon, promettre de ne plus recommencer ? À cette dernière idée, son esprit se rebella avec violence. Il ne pouvait pas promettre une telle chose, impossible. Sirius était son parrain, il ne voulait pas couper les ponts avec lui. Promettre de ne plus le recontacter, c'était mentir.

Harry respira plus vite, ses yeux verts ne sachant où se poser : sur ses mains, sur le visage tordu par la fureur de Snape, sur le mur en face de lui, il ne savait plus.

« Je... Je suis désolé, » finit-il par balbutier.

« Menteur ! Tu n'es absolument pas désolé ! Pas encore tout du moins ! » cracha en réponse Severus. « Mais tu vas bientôt l'être, crois-moi ! Il est hors de question que tu n'en fasses qu'à ta tête ! Tu m'as désobéi, tu as mis ta vie en danger ! »

« Sirius n'est pas un danger pour moi ! Même le professeur Dumbledore... »

Harry ne put finir sa phrase car une main puissante vint s'abattre sur sa joue. Le bruit claquant de cette main ferme sur sa joue tendre résonnât violemment dans le salon.

« Ne m'interromps plus jamais, » murmura Severus, la voix tendue par la colère.

« Pardon... Pardon, oncle Severus... » bafouilla Harry.

Il avait désormais la tête baissée, reprenant l'attitude qu'il avait toujours quand son oncle Vernon le punissait de cette façon. Il savait maintenant qu'il n'avait pas le droit de le regarder, pas le droit de se plaindre, pas le droit de pleurer, pas le droit non plus de se frotter la joue. La seule chose qu'il devait faire, c'était regarder le sol, tenir ses mains dans son dos et demander pardon. Les monstres comme lui n'avaient pas d'autres droits que ceux-là.

Sa joue le brûlait atrocement et un goût métallique bien connu s'épanouissait dans sa bouche. Sans doute que ses dents avaient dû entailler ses lèvres ou l'intérieur de sa joue. Il déglutit, retenant ses larmes. Il avait déjà eu plus que son compte de gifles, claques et autres coups, bien plus méchants que cette claque-là, pourtant, elle lui faisait beaucoup plus mal. Parce que Severus n'était pas comme son oncle Vernon, du moins, jusqu'à aujourd'hui.

Harry n'osa pas plus remettre ses lunettes correctement sur son nez. Elles étaient de travers mais tant pis, il ne voulait pas prendre le risque de mettre encore plus Severus en colère.

Il n'avait pas eu non plus conscience de l'avoir appelé ''oncle'', chose que contrairement à lui, Severus avait fort bien notée.

Ce mot, ce simple mot lancé avec douleur et crainte, eut le don de faire baisser sa colère d'un seul coup. Le maître des Potions regarda l'enfant devant lui, qui faisait visiblement des efforts pour ne pas fondre en larmes. Sur la joue pâle s'étalait la marque de sa paume et de ses cinq doigts, rouge vif. Il lui avait aussi légèrement fendu la lèvre.

... Oncle Severus... Cela aurait dû avoir une connotation familiale, sympathique, être une marque de confiance, d'affection. Or, Severus savait pertinemment que ce n'était pas le cas. Harry l'avait appelé ainsi de façon instinctive, il en était persuadé, parce que son comportement l'avait ramené des mois en arrière, dans son ancien foyer.

Cette constatation le blessa, profondément. Il ne voulait pas devenir le deuxième ''oncle'' de Harry, pas de cette façon, tout comme lui-même ne voulait pas devenir comme son propre père.

Il prit une profonde inspiration, finissant de se calmer en le faisant. Harry devait être puni, oui, et très sévèrement, mais il ne devait pas être frappé, pas comme cela.

« Harry, ce que tu as fait était stupide. »

Le garçon hocha vivement la tête, approuvant par avance tout ce que l'homme allait lui dire. Le voir agir ainsi enfonça un peu plus le poignard de la culpabilité dans le cœur de Severus. Ce n'était pas le comportement qu'il attendait de Harry Potter, la petite teigne arrogante qui se pavanait à Poudlard. C'était le comportement d'un enfant maltraité, rien d'autre.

« J'ai bien compris ce que tu me hurles dessus depuis des mois et qu'Albus n'a eu de cesse de me rabâcher les oreilles également. Je veux bien admettre que Black n'est pas le traître que l'on croyait. Mais ce n'est pas la question. Le problème, vois-tu, c'est que tu m'as désobéi et que, jusqu'à preuve du contraire, et la preuve aurait dû être apportée par un adulte, pas par un enfant de quatorze ans, tu as continué à correspondre avec un homme potentiellement dangereux, un criminel. Si Black s'était joué de toi, tu aurais pu te mettre en danger, nous mettre tous en danger. Il aurait pu te tuer, Harry. Tout cela parce que tu n'as pas voulu m'écouter. Et ça, je ne l'accepte pas. Quand je te donne un ordre, tu obéis. Je suis ton tuteur, ton responsable, ton parent. Je suis celui chargé de ton bien-être, de veiller à ta sécurité. Celui qui doit prendre soin de toi. Et si tu me désobéis, je te punirai à la hauteur de ta faute. »

Snape s'interrompit, le temps que le garçon enregistre les paroles qu'il prononçait. La tête aux cheveux noirs finit peu à peu par se redresser, les yeux verts larmoyants par se fixer sur lui.

« Est-ce que tu as compris ce que j'essaye de t'expliquer, Harry ? »

« Je crois, » chuchota l'enfant d'une voix étranglée.

« Tu n'as que quatorze ans et n'en déplaise à Black, j'estime que tu es encore un enfant, que tu dois rester à ta place d'enfant. Tu n'as pas à être mêlé à des conversations ou des décisions d'adultes, surtout en ces temps troublés. Ce que tu as fait aurait pu être très dangereux. Je t'avais dit de ne plus correspondre avec Black, c'était le rôle de Dumbledore de me faire changer d'avis à son sujet, chose qu'il n'a eu de cesse de faire, pas le tien. Toi, ton rôle, était d'écouter ton tuteur, c'est à dire moi. Est-ce que tu comprends ? »

« Oui, » répondit docilement Harry, bien qu'il ne soit pas entièrement d'accord avec ce que lui disait l'homme.

« Bien, nous avançons, » continua Severus. « Donc, pour ta désobéissance, tu seras privé de sortie à Pré-au-Lard, jusqu'à la deuxième épreuve. »

« Mais c'est le 24 février ! » s'offusqua Harry avant de baisser rapidement les yeux.

« Exact, et si j'entends encore une protestation, tu en seras privé pour toute la fin de l'année scolaire. Car oui, jeune homme, il n'y a pas que cela comme punition. Jusqu'aux vacances de Noël, tu viendras après tes cours dans mon bureau, jusqu'à l'heure du souper. Tu feras tes devoirs en ma présence et si tu n'en as pas assez, je te donnerai de quoi t'occuper. Compris ? »

Harry hocha une nouvelle fois la tête, une énorme boule dans la gorge. Non, avoir son tuteur au sein de l'école était véritablement une plaie. Une grosse envie de pleurer, ou de hurler sa frustration, au choix, se bataillaient à l'intérieur de son crâne. Un mois de punition, il venait d'écoper d'un mois de punition, plus une privation de sortie pendant trois mois. Il baissa ses yeux verts, se retenant de taper du pied par terre.

Les mains de Snape se posèrent sur ses épaules, cette fois doucement.

« Harry, regarde-moi, » lui demanda son tuteur, toute colère ayant disparu de sa voix.

Le jeune sorcier obéit, se maudissant de montrer sa faiblesse à son professeur qui allait découvrir de nouveau ses prunelles bien trop brillantes.

« Je ne m'excuserai pas de t'avoir mis une gifle, parce que tu la méritais. Par contre, je suis désolé de l'avoir fait aussi forte. Je ne suis pas comme ton oncle. »

« Oui, je sais, » marmonna Harry, malgré tout soulagé.

« Alors dans ce cas, je préférerais que tu ne m'appelles plus oncle Severus. »

Le garçon tiqua un peu, ne voyant tout d'abord pas de quoi parlait son tuteur, avant qu'un éclair de compréhension ne se fasse dans son esprit. Toutefois, bien qu'il réalisa ce qu'il avait dit et en quelles circonstances, le fait que Snape refuse qu'il l'appelle ''oncle'' lui faisait de nouveau étrangement mal.

Le voyant sans réaction, Severus compris qu'il avait peut-être commis une erreur.

« Sauf si tu le veux, bien sûr. »

« Non, c'est pas grave, » fit Harry d'une voix atone. « Je peux retourner dans mon dortoir ? »

« Harry, si cela te fait plaisir de m'appeler ainsi, il n'y a pas de problème, du moment que tu ne le fais pas en classe. »

Harry secoua la tête en négation, sans répondre.

« Bien, » soupira Snape. « Tu peux retourner avec tes camarades. »

Le gamin s'enfuit plus qu'il ne sortit du salon, sans rajouter un mot. Snape se laissa tomber dans son fauteuil quelques instants plus tard, un horrible sentiment d'échec dans la poitrine.

Une fois à l'extérieur des appartements de son tuteur, Harry se mit à courir en direction de la Tour des Gryffondor. Il ne voulait pas rester une minute de plus dans les cachots, ni prendre le risque de croiser des Serpentard.

Il ne cessa sa course folle qu'en bas des escaliers, reprenant son souffle péniblement avant de gravir les marches. Il avait pris le temps de réfléchir, bien que le sentiment prédominant soit, sans conteste possible, la colère. Oui, il avait désobéi, mais il ne méritait pas une aussi lourde punition, et encore moins cette terrible gifle. Venait très près derrière, une atroce tristesse qu'il n'arrivait pas à s'expliquer.

Harry pénétra dans sa salle commune, où comme la dernière fois, l'attendaient ses amis et les curieux, c'est à dire la quasi-totalité des Lions, toutes années confondues.

« Harry, ça va ? » s'enquit immédiatement Hermione.

« Oui, je suis puni, encore... » répondit le garçon.

Hermione poussa soudain un cri, alors que Ron s'exclamait :

« Putain, Harry ! Mais ce salaud t'a giflé ! On voit encore la marque de sa main ! »

Instinctivement, le jeune sorcier porta sa paume contre sa joue, la trouvant toujours brûlante.

« Et tu saignes ! Tu as la lèvre fendue ! » s'écria Ginny, horrifiée.

« C'est bon, c'est pas grave, » rétorqua Harry.

« Pas grave ? Mais enfin, si c'est grave ! » contesta Angelina. « Un professeur n'a pas le droit de frapper un élève. »

« Oui, je sais, merci ! » fit Harry, sans doute un peu trop sèchement.

Il pinça ses lèvres, se sentant étouffé, entouré comme il l'était.

« Sauf que ce que vous oubliez, tous, c'est que Snape n'est pas que mon professeur. C'est aussi mon tuteur ! Pourtant, vous saviez bien tous me le reprocher, non ? Quand vous baviez devant mes devoirs soi-disant corrigés ! »

La colère gonfla dans ses veines.

« Alors, vous trouvez toujours que je suis un petit veinard ? Quelqu'un veut ma place ? Vous voulez aussi que votre parent, » il lança le mot avec ironie, « surveille tout ce que vous faites, ici, à Poudlard ? La moindre de vos notes, le plus petit mot que vous dites dans les autres classes, ce que vous mangez, à qui vous parlez et qu'il vous punisse deux fois, une fois en tant que prof et l'autre en tant que responsable ? Ça vous tente toujours ? » finit-il par crier à ses camarades silencieux. « Personne ? Comme c'est curieux ! Alors si ça ne vous dérange pas, je voudrais simplement pouvoir aller me coucher ! »

Sur ce, il tourna des talons et monta rageusement jusque dans son dortoir. Une fois dans sa chambre, il se jeta sur son lit et ferma d'un coup de baguette ses baldaquins, signifiant ainsi à tout le monde qu'il ne voulait pas qu'on le dérange.

Allongé sur son édredon, Harry eut soudain une révélation. Snape avait certes été atrocement sévère avec lui, du moins de son point de vue, mais il avait omis une chose, à la fin de son discours : il n'avait pas dit que Harry n'avait toujours pas le droit de continuer à parler avec Sirius. De sa part, un tel oubli était impensable, d'autant qu'il avait reconnu à contrecœur qu'il était innocent. Le garçon sourit, le nez dans les draps. Tant pis pour lui ! Il irait dès le lendemain à la volière afin de tout raconter à son parrain !

Une fois qu'il eut bien ruminé, Harry se décida finalement à sortir de son nid, afin d'aller à la salle de bains. Dean et Seamus le regardèrent sans rien lui dire, respectant son envie de tranquillité. Neville et Ron n'étaient pas présents. Une fois devant la glace, il se brossa les dents, évitant de regarder son reflet dans la glace. Sa joue était encore un peu gonflée mais il espérait que cela ne se verrait plus le lendemain.

Le lendemain, il constata avec une pointe de dépit que la main de Snape avait laissé comme un reflet tirant entre le rouge et le bleu sur sa pommette et que sa lèvre était encore légèrement enflée. Il soupira, vaincu. Toutefois, personne ne fit de commentaire. Harry put néanmoins s'apercevoir que ses dernières mésaventures avaient dû faire rapidement le tour de Poudlard. Plus personne ne lui fit de réflexion sur ses ''chances'' d'avoir un professeur pour corriger ses devoirs, au contraire, on lui lançait quelques petites paroles d'encouragements. Les regards sur sa joue s'attardèrent lourdement, regards pleins de soutien pour la majorité ou de mépris et de moquerie de la part des Serpentard. Ces derniers semblèrent même avoir un regain de virulence contre le Gryffondor.

« Ils doivent croire que Snape te frappe et que si tu fais quoi que ce soit, il te punira encore plus. En fait, ça les fait marrer, ils sont persuadés que Snape n'a voulu t'adopter que pour te martyriser. J'ai entendu ce crétin de Crabbe en parler avec Rosier, Nott et des troisièmes années, » l'informa Hermione le surlendemain soir.

Harry grogna en se resservant une grosse cuillerée de pommes de terre sautées afin d'accompagner son ragoût d'agneau.

« En parlant de Snape, il te regarde bizarrement, » lui souffla Ginny, assise à côté de lui.

Harry redressa vivement la tête pour tomber dans le regard de son professeur de potions. Ce dernier fronça les sourcils, tendit le menton vers sa droite tout en indiquant de sa main un plat posé à sa propre table.

« Et merde, » soupira Harry.

Devant le regard éberlué de ses camarades, il reposa le plat de pomme de terre pour se saisir à la place de celui, haï, rempli de haricots verts.

« Depuis quand tu manges des haricots ? Tu as horreur de ça ! » s'étonna Fred.

« Sans doute depuis que mon cher tuteur a décidé que mon alimentation manquait cruellement de légumes et de fruits, » répondit Harry, maussade.

Après un court instant de silence, Neville s'écria :

« Alors c'est pas des blagues ? Il surveille même ce que tu manges ? Ici ? »

« Oui, c'est ça la joie d'avoir un parent prof... » bougonna Harry.

« Mon pauvre vieux, tu n'as vraiment pas de bol. Il t'a fait faire quoi ce soir ? » demanda Ron.

« J'ai fini mon devoir de métamorphose, j'ai attaqué celui d'histoire de la Magie sur Ragnarök le Poilu et il m'a fait faire un exercice d'arithmancie. »

« Quoi ? Mais on n'a pas arithmancie ! » s'exclama Ron.

« Je sais... Mais il estime que c'est bon pour moi... » râla Harry tout en enfournant une grosse fourchette de queues de lézard, autrement appelés par les adorateurs de pâturage, haricots verts.

À sa grande surprise, le mois de décembre passa à une vitesse folle. Ses fins d'après-midi studieuses lui avait d'abord laissé un goût amer, d'autant que Snape, sadique jusqu'au bout selon Harry, décida aussi que si le garçon n'avait pas fini ce qu'il lui avait demandé avant le repas du soir, il devait retourner avec lui à son bureau ou dans ses appartements afin de les achever, après manger.

Au vu de la quantité astronomique de devoirs, exercices et révisions que Snape lui imposait, ce fut ce qui arriva, chaque soir. À la fin de la première semaine, Harry en aurait pleuré de rage. Et puis, les dernières révisions d'après dîner ne se firent qu'à l'appartement, dans un silence plutôt plaisant.

Harry se pelotonnait sur le canapé, enroulé dans une grosse couverture que Snape lui avait déposée sur les jambes la première fois. Severus venait ensuite s'asseoir à côté de lui, afin de lui faire réciter les leçons. Au fur et à mesure, les discussions dérivèrent, passant de purement scolaires à plus personnelles. Et petit à petit, Harry se surprit à aimer ces moments.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent, un soir, devant le feu grondant devant eux. Il n'avait pas travailler plus de dix minutes, Harry aurait pu retourner dans son dortoir depuis longtemps, mais il n'en avait pas envie.

« Et sinon, comment va ton parrain ? » demanda Severus, sortant son nez de son magazine consacré aux potions.

Harry tourna si rapidement la tête vers son tuteur qu'il eut l'impression d'entendre son cou craquer.

« Mon parrain ? »

Il avait peur du piège. Pourquoi Severus lui demandait cela ? Snape ne lui avait pas imposé de cesser sa correspondance avec Sirius, c'était donc qu'il était d'accord pour qu'il continue, pas pour qu'il lui confie tout ce qu'ils pouvaient bien s'écrire tous les deux. Pourtant, en cet instant, le raisonnement qu'il avait tenu jusqu'à cette conclusion pour continuer à correspondre avec Sirius, et qui lui avait semblé si logique à l'époque, lui apparut soudainement bancale. Le garçon avala sa salive, peu sûr de ce qu'il devait répondre.

« Oui, ton parrain, Sirius Black, » insista Snape.

« Je ne sais pas comment il va, » répondit rapidement Harry.

Trop rapidement.

Le maître des Potions lui jeta un regard noir.

« Harry, ne me mens pas. Je sais parfaitement que tu continues à lui écrire. »

« Je... je mens pas, » tenta de se rattraper Harry. « Ça fait un petit moment que je n'ai pas eu de nouvelles de sa part. »

Avisant le coup d'œil un peu craintif du gamin, Severus soupira.

« Si je te pose cette question, et si je ne t'ai pas interdit la dernière fois de lui écrire de nouveau, c'est que tu en avais le droit. Respire, Harry. »

« Pas de claque cette fois, alors, » murmura l'adolescent.

Severus prit cinq secondes avant de lui répondre.

« Non, pas de claque, » répéta-t-il.

Il tendit sa main et la passa délicatement sur la joue de l'enfant. Harry redressa la tête, puis, avant de comprendre ce qu'il lui passait dans le crâne, il se colla contre le torse de l'homme, l'enserrant dans ses bras. Severus fit de même, posant son menton sur les cheveux fous.

« Je ne voulais pas te blesser, mon garçon. Cette gifle, tu la méritais, malgré tout. Pas aussi forte, j'en suis conscient. Harry, je voulais aussi que tu saches, ce n'est pas que je ne veux pas que tu m'appelles oncle, tu sais. En fait, je serais très heureux que tu me donnes un surnom, mais je pensais... Enfin, disons que le terme oncle n'est pas très heureux pour toi. Quant au mot parrain, c'est celui de Sirius, alors je ne pense pas que tu aies très envie non plus de me le donner. »

« Je sais pas trop. Parfois, c'est vrai que j'aimerais bien, mais je ne sais pas non plus lequel te donner, » avoua Harry, le nez toujours contre lui.

Ils restèrent ainsi un petit moment, avant que Harry ne se détache peu à peu pour se rasseoir correctement.

« Ce n'est pas grave, on verra cela plus tard, et puis Severus, c'est très bien aussi, » conclut le professeur. « Par contre, je voulais aussi que tu saches que la porte de ce logement t'est grande ouverte. Tu peux venir quand tu veux, y compris si je ne suis pas là. Tu as ta chambre, quand bien même tu n'as jamais daigné vouloir la voir, et j'aime beaucoup ces moments, entre nous. Tu me manquais un peu, je dois bien te l'avouer. »

Harry eut un sourire rayonnant qui réchauffa le cœur de l'homme en noir.

« C'est vrai ? Moi aussi j'aime bien être là. Dis, je pourrais la voir maintenant, ma chambre ? Et puis, peut-être que pendant les vacances je viendrais une fois ou deux dormir ici. Je sais pas, disons, le soir de Noël puisque le 24 c'est le bal, » demanda Harry, soudain un peu timide.

Snape se leva, lui aussi souriant.

« Oui, c'est une excellente idée. On en profitera pour réfléchir ensemble à ton œuf quand tu viendras ici. Albus refuse de me donner des infos à ce sujet. »

« C'est pas grave, Sev ', on a encore du temps devant nous, » répondit étourdiment Harry en passant devant son tuteur pour entrer dans sa chambre. « Whaa, elle est grande aussi dis-donc ! J'adore la couleur ! »

Severus ne dit rien, laissant le garçon découvrir, enfin, cette pièce qu'il avait aménagée pour le gamin avant la rentrée. Il n'aimait pas réellement le diminutif ''Sev''' mais après tout, Lily avait été l'une des rares à l'employer. Cela ne semblait que justice que son enfant, l'enfant qu'il aurait pu avoir avec elle, l'appelle à son tour ainsi.

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À suivre

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NDA : Ce chapitre ne signe pas la fin de la quatrième année de Harry, un autre chapitre "passé" sera donc posté plus tard mais dimanche prochain, nous réintégrerons le présent, avec, enfin, la... rencontre ? discussion ? explication ? tant attendue entre Harry et Lucius...

Sinon, je voudrais vous dire : MERCI et aussi JE VOUS AIME ! Parce que vos reviews m'ont fait vraiment, vraiment plaisir. Je ne suis pas certaine d'en mériter autant et avec autant de compliments. J'aurai aimé pouvoir poster les deux chapitres cette semaine, le présent et le passé, malheureusement mon emploi du temps ne me le permet pas, mais sincèrement, je le regrette car vous l'auriez amplement mérité tant lire vos nombreux messages m'ont fait chaud au cœur.