Bon allez, vous êtes tellement gentils, voilà un nouveau chapitre! Ceux qui voulaient des dérapages seront contents je pense. Je suis un peu partie en live étant donné que je ne connais rien à l'Afrique (vous allez comprendre). Bref, encore merci et bonne lecture!
Chapitre 14 – Loin de tout
Quelques jours plus tard, Hermione, Drago et Andy localisèrent Brad Colf. S'il était introuvable en Angleterre c'était parce qu'il se trouvait à présent en Afrique. Apparemment, il avait décidé qu'il avait besoin de renforts et était parti dans le but de rassembler d'autres hyènes autour de lui et de les transformer, en les croisant avec des africains. Après tout, les hyènes se déplaçaient toujours en meute. Il fallait à tout prix le coincer avant qu'il ne réussisse à transformer d'autres animaux, car ce ne serait plus une équipe de trois personnes qu'il leur faudrait, mais un régiment.
-Nous devons partir, déclara Hermione aux deux défenseurs. Dès demain matin. Le temps de remplir les formalités administratives et d'essayer d'obtenir quelques informations supplémentaires.
La journée passa très rapidement. Ils remplirent des papiers pour le ministère et localisèrent plus précisément Colf, grâce à des oiseaux espions. Il se trouvait dans les savanes du Nord-Est du Ghana, à une centaine de kilomètres de Tamale. Drago quant à lui devait également s'organiser pour que sa mère ne reste pas seule. Arthur accepta de l'héberger tout le temps nécessaire.
Le soir venu, Hermione annonça son départ à Ron :
-Le Ghana ?! s'exclama-t-il avec une petite moue adorable. Tu te rends compte qu'on a jamais été séparé par une aussi longue distance depuis qu'on est ensemble ? On n'a pas du passer trois nuits d'affilée loin l'un de l'autre…
-Ça veut dire que je vais te manquer un peu ? le taquina la brunette.
-Pas qu'un peu mon amour, répondit Ron en l'attirant à lui et en la couvrant de baisers.
-Il nous reste un peu de temps, sourit-elle en l'attirant vers le lit.
Lui aussi allait terriblement lui manquer. Hermione était un peu anxieuse, elle espérait que tout se passerait bien. Ces quatre dernières années, à chaque fois qu'elle avait eu un problème, Ron avait été là pour la soutenir, l'encourager. La brunette se rendit compte à quel point elle avait pris l'habitude de s'appuyer sur lui et à quel point il lui était devenu essentiel.
Le lendemain matin, Hermione et Ron allèrent prendre le petit déjeuner chez Arthur. Ils accueillirent Drago et Narcissa et aidèrent cette dernière à s'installer. Les futurs époux échangèrent de longs aux revoirs, pendant que Drago détournait ostensiblement la tête.
-Prends soin de toi Mione, murmura le rouquin après avoir quitté ses lèvres.
-Promis.
-Quand tu rentreras j'aimerais qu'on parle…tu sais…d'un bébé.
La jeune femme hocha la tête et lui fit un sourire lumineux. Elle prit le visage de Ron entre ses mains, et appuya son front contre le sien. Ils restèrent ainsi sans parler, les yeux fermés. Hermione se sentait vaguement gênée de cette démonstration d'affection vis-à-vis de Drago. Elle savait que c'était douloureux pour lui, elle pouvait presque sentir sa tension. Mais il faudrait bien qu'il s'y habitue car dans deux mois, ils seraient mariés. Elle sentit Ron serrer ses mains dans les siennes et déposer un ultime baiser sur ses lèvres. Puis, il la prit par la main et se dirigea vers le blond.
-Je te la confie Drago, prends soin d'elle.
Le blond fut pris de court par cette requête. Par Merlin, Weasley était vraiment à des kilomètres de la vérité ! Il n'avait pas besoin de lui demander de s'occuper d'Hermione pour qu'il veille sur elle comme sur la prunelle de ses yeux. Il irait jusqu'à dormir dans le même lit qu'elle s'il n'avait pas peur de ne pas pouvoir résister ! Il vit qu'Hermione était on ne peut plus mal à l'aise, fixant ses chaussures d'un air absent. Drago hésita une demi seconde et plongea des yeux criant de sincérité dans ceux de Weasley :
-Compte sur moi.
Les deux hommes se serrèrent la main, Drago et Hermione transplanèrent. Une seconde plus tard ils étaient loin.
Les trois collègues s'installèrent dans un petit village près de Tamale, au tout début de la savane. Ils étaient suffisamment isolés pour être tranquilles et assez proches de l'agglomération pour avoir les moyens de travailler. Ils louèrent une petite case sans étage, avec une cuisine, une salle de bains rudimentaire. Dans une grande pièce, trois petites chambres étaient aménagées, seulement séparées par des rideaux.
Le dépaysement était total pour eux. Des odeurs de sable chaud flottaient dans l'air, mais également des odeurs qui leur étaient inconnues, plus musquées, plus prenantes. L'air était lourd et humide. Déjà leurs vêtements leur collaient à la peau. Ainsi leur toute première tâche ne concerna pas Colf : ils foncèrent vers l'échoppe de vêtements la plus proche. Ils en ressortirent vêtus de vêtements en toile légère, faits d'un mélange de jute et de coton. Quand il vit Hermione sortir de la petite boutique, Drago se sentit irrémédiablement attiré par elle. Elle portait une jupe dans les marron chatoyants (les femmes en pantalon étant très mal vues dans cette région), très évasée à partir des genoux et fendue sur un côté pour lui permettre de conserver sa liberté de mouvements. Elle portait un haut rouge sans manches qui l'habillait comme une seconde peau. Ses cheveux étaient relevés à l'aide d'une épaisse bande de tissu, pour qu'ils ne lui donnent pas trop chaud. Quelques mèches folles s'en échappaient. La chaleur l'empêchait de porter un quelconque maquillage. Le blond en arriva à la conclusion qu'elle était encore plus belle au naturel et pressentit que la tentation allait être terrible.
Mais il n'eut pas le temps de s'inquiéter outre mesure sur ses hypothétiques dérapages. Le grand sorcier du village les attendait. Les principales informations qui leurs étaient parvenues au sujet de Colf émanait de lui. Sa case, située sur une dune, à quelques pas du reste du village, était la plus grande qu'ils aient vus depuis leur arrivée. Ils furent introduit auprès du sorcier et s'agenouillèrent devant lui. Ce fut Drago qui prit la parole le premier, car il aurait été inconvenant qu'Hermione s'adresse directement au grand mage africain.
-Vénérable Soundiata Keitoum, nous te présentons nos hommages et quémandons ton avis éclairé.
-Soyez les bienvenus braves étrangers, déclara Soundiata en faisant un signe de tête à chacun d'eux. Que puis-je faire pour vous ?
-Il faudrait que vous nous disiez tout ce que vous savez sur le mutant mi-homme mi-hyène que vous avez localisé. Nous sommes à sa poursuite depuis plusieurs mois.
-Il nous est apparu pour la première fois il y a deux jours. Il semblait affamé et s'est attaqué à des enfants du village. Nous l'avons repoussé par le feu et désormais il se cache dans la savane. J'ai fait appel à mes dons de voyance et j'ai vu qu'il cherchait à rassembler des hyènes autour du lui. S'il réussissait le village courrait un grand danger, c'est pourquoi votre venue est une heureuse nouvelle. Je n'ai ni votre jeunesse, ni votre agilité, ni votre entraînement, je pourrais sans doute défendre mon village quelques temps mais pour le mettre hors d'état de nuire, nous avons besoin de vous. Mes visions m'ont appris que pour l'instant, les autres hyènes se méfient de lui. Il est trop humain et trop seul pour leur inspirer confiance. Mais cela viendra. Il trouvera le moyen. Le temps vous est compté.
-Que nous conseillez vous de faire grand mage ? questionna Drago
-Laissez-moi vous enseigner quelques secrets. Je vous donnerai la souplesse de la panthère, la dissimulation du caméléon et la rapidité du guépard. Je vous initierai aux incantations ancestrales.
Ainsi, pendant quelques jours, Hermione, Andy et Drago travaillèrent d'arrache-pied. Ils suivirent les enseignements de Soundiata Keitoum. Ils fabriquèrent des potions avec des ingrédients étranges dans de grands plats en acajou poli, fabriquèrent des amulettes sensées les protéger et firent brûler des herbes en prononçant des incantations en vieil asante-twi (une langue ghanéenne dont je ne connais que le nom). Leurs sens s'aiguisèrent, et ils étaient prêts à neutraliser Colf. Il fallait à présent le retrouver le plus vite possible, avant qu'il n'ait trop de disciples.
Lors de leur quatrième nuit en Afrique, Hermione se réveilla en sursaut et en sueur. Elle n'arrivait pas à se remémorer le rêve qui l'avait mise dans cet état, n'avait que de brèves visions qu'elle ne pouvait saisir. La lumière de la lune remplissait la pièce d'ombres. De l'autre côté du rideau, les ombres se mouvaient. Drago ne dormait pas. Poussée par une impulsion irrépressible, elle se leva et écarta un coin du rideau qui les séparait. Le blond était assis sur son lit. Elle remarqua qu'il ne portait qu'un boxer. Elle hésita.
-Tu peux venir je ne vais pas te manger, lui lança le jeune homme, qui lui était pourtant toujours de dos. Vous les aurors vous n'êtes pas vraiment discrets, sourit-il en se tournant vers elle.
Elle lui rendit son sourire et vint s'asseoir à ses côtés. Depuis qu'ils étaient arrivés, leurs rapports étaient étranges. Ils réapprenaient à vivre ensemble, comme au temps de Poudlard et cela faisait remonter leurs souvenirs à la surface. Ils se surprenaient à s'observer, se regardaient évoluer dans ce décor différent. A sa surprise, Hermione voyait Drago à l'aise dans cette vie simple et au plus proche de la nature. L'un et l'autre étaient sur leurs gardes. Coupés du reste du monde et en particulier de Ron, tous les dérapages devenaient possibles. Ils se sentaient en danger, cherchaient à garder le contrôle. Un silence s'installa.
-A quoi réfléchissais-tu à cette heure tardive ? demanda la brunette.
-Je crois qu'il ne vaut mieux pas que tu le saches, répondit-il d'un air sombre.
« Bon sang, qu'est-ce qui lui a pris d'écarter ce rideau ? » pensa-t-il. Elle veut me tuer ? Si elle est vraiment amoureuse de Weasmoche, qu'elle me laisse tranquille. Qu'elle ne m'oblige pas à lui dire tout ce que j'ai envie de lui faire… »
La brunette comprit qu'il pensait à elle. Comme à chaque fois qu'elle prenait pleinement conscience que Drago l'aimait, elle ressentit un mélange de plaisir et de culpabilité. Connaissant les sentiments qu'il éprouvait à son égard, elle aurait dû le décourager, prendre ses distances. Mais c'était au-dessus de ses forces. Elle rougit en comprenant tout à coup qu'elle rêvait de lui avant de se réveiller. Par Merlin, tout ceci était beaucoup trop fort pour elle, il fallait que ça sorte.
-Et si je te disais que je pense au même genre de chose parfois ? hasarda-t-elle.
Le jeune homme sursauta et plongea immédiatement ses yeux dans les siens. Il sonda les yeux chocolat, cherchant une trace d'ironie, ou de la provocation. Il ne trouva rien de tout cela. Hermione soutenait son regard. Merlin il avait besoin d'une douche froide ou il allait craquer ! Elle pensait à lui ! Il ressentait un étrange mélange de joie intense et de panique. Hermione le regardait d'un air grave. Elle reconnaissait qu'il occupait ses pensées, mais ce n'était en aucun cas quelque chose de positif pour elle. Il la voyait lutter, et se sentait obligé de lutter aussi. Pourtant… Une part de lui la voulait plus que tout, désirait ardemment cet hypothétique dérapage qui les guettait. C'est pourquoi il saisit le visage d'Hermione entre ses mains, le rapprocha du sien et souda ses lèvres aux siennes en un baiser léger.
La jeune femme y répondit, les sens bouleversés. Les sensations provoquées par ces lèvres douces se répercutaient dans tout son corps. Elle s'approcha pour accentuer la pression des lèvres l'une sur l'autre. Quand la langue de Drago chercha à rencontrer la sienne, elle accéda immédiatement à sa demande. C'était si bon, si électrisant… Elle laissait courir ses doigts le long des muscles de Drago tandis qu'il la caressait. Les mains du jeune homme exploraient sa poitrine, son ventre, ses cuisses. Il l'allongea doucement sur le lit et quitta sa bouche pour son cou. Hermione se laissait totalement griser, tout son corps réclamait un peu plus, avait faim de Drago. Elle enfouit ses doigts dans les cheveux blond tandis qu'il descendait de plus en plus bas. Elle le sentit défaire les boutons de sa chemise de nuit et une alarme se déclencha dans sa tête. Elle le repoussa, gentiment mais fermement, et se redressa.
-Non il ne faut pas… Ron…
-Oublies-le deux minutes et pense à ce que tu veux toi, l'implora le blond, rendu fiévreux par le désir.
-Mais Drago je vais me marier !
-Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu ne m'aimes pas, et que tu n'as pas envie de moi.
La jeune femme se tu. Elle soutint son regard quelques instants puis baissa les yeux. Oui, elle l'aimait. Malgré Ron, malgré tout. Il était si différent de tout ce qu'elle avait connu, ils avaient tant de souvenirs forts, leurs corps s'accordaient si bien… Le cœur de Drago se mit à battre la chamade devant son silence. Elle l'aimait, elle l'aimait, elle l'aimait… Galvanisé par cette certitude, il reprit ses lèvres et l'enserra de ses bras puissants. La brunette se laissait faire. Cependant, le blond interrompit son baiser quand il sentit les larmes salées d'Hermione.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? s'inquiéta-t-il en embrassant ses joues mouillées pour sécher ses larmes.
-Je voudrais résister…mais je n'y arrive pas, admit-elle.
-Laisse-toi aller, à quoi bon résister ?
-Non…Je ne pourrais pas me regarder dans la glace demain matin. S'il te plaît Drago…le supplia-t-elle en levant les yeux vers lui. Si tu m'aimes laisse-moi.
Drago la fixa un instant, interdit. Il avait terriblement envie de continuer, il savait qu'elle le laisserait faire et qu'ils passeraient une belle nuit. Mais il voulait lui donner cette preuve de son amour. Il se releva, l'embrassa sur la joue et alla prendre l'air dehors. Quand il revint dans sa chambre, la jeune femme était endormie sur son lit. Il déposa un baiser sur ses lèvres et la recouvrit d'un drap. Il franchit le rideau et alla s'étendre sur le lit de la jeune fille. Seul et perdu. Il avait été sur le point d'obtenir ce qu'il désirait. Mais tant que la raison d'Hermione dirait non, rien ne serait possible.
Le lendemain, les trois collègues quittèrent le petit village après une dernière visite à Soundiata Keitoum. Ils se rendaient dans la savane à la recherche du mutant. Ils y camperaient aussi longtemps que nécessaire. Leur premier jour de recherche se révéla infructueux, mais ils savaient qu'ils se rapprochaient de l'endroit où Colf avait été vu pour la dernière fois.
Le soir venu, Hermione ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle sortit de la tente et s'adossa à un arbre solitaire. Ses doigts jouaient avec la terre meuble et elle laissait ses pensées vagabonder. Tout tournait dans sa tête : Ron, Drago, le mariage, un bébé… Elle ne savait plus du tout ce qu'elle voulait. Elle les aimait tous les deux. Aucun argument rationnel ne pouvait lui permettre de choisir. L'idée de faire du mal à Ron lui était toujours aussi insupportable mais elle avait de plus en plus de mal à faire abstraction de Drago. Toute à ses réflexions, elle n'entendit pas des pas s'approcher et sursauta en entendant une voix masculine.
-Tu veux servir de nourriture aux moustiques ? questionna Andy en lui tendant un répulsif et en s'asseyant à ses côtés. Je te signale qu'être une sorcière ne t'immunise pas contre les maladies tropicales. Je te croyais plus réfléchie miss Granger.
-J'ai un peu de mal en ce moment, admit la brunette en s'aspergeant de citronnelle.
-Je vois ça. Je sais même très bien ce qui te perturbe.
Il souleva doucement le menton d'Hermione pour qu'elle le regarde avant de poursuivre :
-Je sais qu'on est juste des collègues et que tu n'as peut-être pas envie de me faire des confidences, mais ça pourrait te faire du bien. Ça ne sortirait pas d'ici.
-C'est gentil. Je suis désolée que tu te retrouves mêlé à tout ça…
-Je préfère ça que l'époque où vous vous hurliez dessus toute la journée en vérité, sourit-il.
Elle lui rendit son sourire et un long silence s'installa. Hermione avait envie de pleurer. Les larmes affluèrent sans qu'elle puisse les retenir.
-Hé, je t'ai proposé de parler, pas de te regarder te décomposer devant moi ! protesta le jeune homme.
-Les garçons n'ont aucun tact, répliqua Hermione en le fusillant du regard à travers ses larmes.
-C'est juste que…j'ai pas l'habitude, je sais pas comment on fait. J'ai plutôt l'habitude de communiquer avec mes poings moi.
La jeune femme se pencha contre son épaule et pleura contre lui. Elle en avait besoin, elle avait accumulé trop de tension ces derniers mois. D'abord hésitant, Andy la prit contre lui, caressant doucement ses cheveux et son dos. Finalement, la brunette se redressa et lui fit face.
-Tu t'en sors pas si mal finalement, sourit-elle.
-Si tu le dis, lui répondit un Andy perplexe, ce qui eut le mérite de la faire éclater de rire.
-Plus les jours passent et plus je me rends compte que je l'aime comme avant, commença-t-elle quand son rire se fut calmé. C'est aussi fort, aussi pressant. Mais ça ne change rien au fait que j'aime Ron, que j'ai toujours envie de me marier avec lui, que je veux avoir des enfants avec lui. Je suis coincée…
-Si Weasley et toi vous n'étiez pas fiancés, tu hésiterais toujours autant ? Ce n'est pas plutôt l'inconnu qui te fait peur avec Drago ?
-Je ne sais pas. J'ai l'impression de ne plus rien savoir… Mais c'est vrai que Drago me fait peur. C'est trop fort, trop dévastateur. J'ai peur de tout envoyer balader pour lui et qu'il disparaisse de nouveau, comme il y a quatre ans…
-Mais comment tu pourrais savoir si tu n'essaies pas ?
-C'est Drago qui t'envoie plaider sa cause ? demanda-t-elle, soudain soupçonneuse.
-Je te jure que non. Mais je vous vois bien vous tourner autour tous les deux, c'est plus fort qu'un aimant. Je suis sûr que vous finirez par craquer et là, tu seras obligée de te poser des questions, d'affronter ton choix.
-Non ! Il faut que je tienne, je ne suis quand même pas qu'un tas d'hormones en ébullition…
-Je ne connais pas grand-chose aux hormones, surtout celles des filles mais je crois que c'est bien plus que ça entre vous. Et tu le sais aussi Hermione. Mais tu fais l'autruche, tu préfères ne pas y réfléchir sérieusement.
La brunette ne répondit pas. Elle baissait la tête. Elle savait qu'il avait raison, qu'elle devrait prendre une décision sur ce qu'elle devait faire, se jeter à l'eau dans un sens ou dans l'autre. Mais elle restait là, oscillant sur le fil, ayant trop peur des conséquences possibles de ses actes.
-La dernière chose que je peux te dire, reprit Andy, c'est que si tu te maries avec Weasley sans être claire dans ta tête, vous n'arriverez pas à être heureux. Ni toi, ni lui. Je ne veux pas avoir l'air de te dire ce que tu dois faire mais ton hésitation, elle n'est bonne pour personne.
-Merci Andy. Je ne promets pas que j'y arriverais, mais je m'en souviendrais.
Ils échangèrent un regard complice, montrant qu'ils s'étaient compris. Sans avoir besoin d'ajouter autre chose, ils rentrèrent dans la tente et essayèrent de trouver le sommeil. Le lendemain il faudrait revenir à des choses plus terre à terre : la mission et ses dangers.
Quand ils retrouvèrent la trace du mutant, les trois jeunes gens eurent la mauvaise surprise de voir qu'il s'était constitué un groupe de fidèles. Cinq autres hyènes l'accompagnaient. Cela signifiait qu'il fallait les attaquer très rapidement, avant que d'autres ne les rejoigne. Ils choisirent de porter leur attaques dans des gorges toutes proches, afin de pouvoir mieux acculer leurs adversaires et ne pas donner à Colf la possibilité de fuir de nouveau (un peu comme dans le roi Lion, l'endroit où Mufasa meurt. Vive la culture Disney). Les hyènes avaient l'habitude de se rendre dans ces gorges pour s'abreuver au point d'eau qui s'y trouvait. Il était convenu qu'Hermione, qui en tant qu'auror avait les plus grands pouvoirs magiques, s'attaquerait à Colf tandis que Drago et Andy écarteraient les hyènes « normales ». Hermione, Drago et Andy se postèrent sur les falaises qui surplombaient les gorges. Ils avaient absorbé les potions préparées par Soudiata Keitoum, tous les sens étaient aux aguets.
Avec la souplesse d'un félin, Hermione sauta de la falaise pour se retrouver à quelques mètres du mutant, en face de lui. Drago et Andy engagèrent immédiatement le combat avec les quatre autres hyènes. La brunette espérait bénéficier de l'effet de surprise mais Colf l'avait vue sauter dans le reflet de l'eau et se jeta immédiatement sur elle, la griffant au visage et aux bras. Il la fit tomber et l'immobilisa à terre. Hermione se concentra intérieurement sur sa part animale, comme Soudiata Keitoum leur avait appris à le faire, et de longues griffes se dessinèrent au bout de ses doigts. Elle infligea un coup puissant à Colf et pu se dégager.
Mais ils se rendirent compte qu'ils avaient négligé un aspect important. Colf avait tiré les leçons de leur affrontement à Hyde Park, et ne se déplaçait plus sans sa baguette magique. Il la ramassa et se prépara à attaquer Hermione. Drago et Andy de leur côté avaient fort à faire. Les hyènes ne se laissaient pas impressionner. Elles avaient faim, et leur attitude montrait qu'elles n'étaient pas décidées à fuir. Elles profitaient de leur supériorité numérique pour les encercler, les déstabilisant. Ils devaient se battre autant à mains nues qu'avec leurs baguettes.
Hermione et Colf se menaient un combat acharné. La jeune femme était plus vive et plus agile grâce aux potions mais le mutant était protégé contre la plupart des sorts. Il fit semblant d'être touché par le sort de confusion qu'elle lui lança et la laissa s'approcher. Quand la jeune femme fut suffisamment proche, il lui donna un grand coup de griffe qui envoya valser sa baguette et lui entailla profondément le bas du ventre. Hermione étouffa un cri. Sonnée, elle attendit le coup suivant mais il ne vint pas. L'amulette qu'elle portait au cou s'était déclenchée et avait formé un halo protecteur autour d'elle. Hermione savait que ce prodige ne serait que temporaire. Indifférente au sang qui s'écoulait de son flanc, elle se hâta pour récupérer sa baguette et se concentra pour se propulser sur un rocher, hors d'atteinte de la hyène, le temps de récupérer. De leur côté, Andy et Drago progressaient. Trois hyènes avaient renoncé au combat et étaient parties à la recherche d'un nouveau troupeau pour les accueillir.
-Allez ma jolie reviens jouer, ne me fais pas attendre, provoqua Colf.
-Ne soyez pas trop pressé je vais vous massacrer, rugit-elle en s'efforçant d'arrêter quelque peu le sang qui s'écoulait de ses plaies.
Elle dirigea sa baguette vers un pan de la falaise et des blocs de roche en tombèrent, atteignant le mutant. Sonné, il lui fallu quelques secondes pour reprendre ses esprits, laissant à Hermione le temps de se replacer face à lui. Elle lui lança des maléfices cuisants et eût le plaisir de constater qu'ils fonctionnaient sur lui. Elle mit le feu à divers pans de sa fourrure. Il de rua vers la mare pour les éteindre, perdant sa baguette au passage. Quand il ressortit de l'eau, Hermione l'attendait. Elle recula d'un pas pour avoir un meilleur angle afin de lui lancer le sortilège d'immobilisation. Mais elle trébucha sur une pierre et perdit l'équilibre, sa baguette roula en direction de Colf qui l'envoya au loin d'un coup de patte. Hermione était acculée entre Colf et un pan de falaise. Il se jeta sur elle, la piétinant et la griffant.
Tout à sa joie de pouvoir bientôt goûter sa proie, Colf n'entendit pas Drago approcher. Andy se débattait avec les deux dernières hyènes. Le mutant se retourna en entendant un bruit, et reçut le sortilège d'immobilisation de Drago en plein plexus. Il tomba, paralysé. Les deux hyènes que combattait Andy s'enfuirent en voyant sa défaite. Les deux jeunes hommes firent apparaître une cage magique où ils enfermèrent le mutant avant de se précipiter vers Hermione pour voir comment elle allait.
-Beau boulot les gars, sourit la brunette en se redressant avec peine.
-Il t'a bien amochée ce salaud, constata Andy.
-Bof, quelques égratignures.
-C'est ça oui. Tu perds ton sang et tu peux à peine bouger Granger alors c'est pas le moment de faire la maligne, répliqua le défenseur. Bon, moi je ramène tout de suite la bestiole au ministère, poursuivit-il en se tournant vers Drago. Toi emmène-là au village et occupe toi d'elle, elle est pas en état de transplaner jusqu'en Angleterre.
La jeune femme sentit Drago la porter pour transplaner dans leur case au village. Elle n'avait plus les idées très claires, le cerveau accaparé par la douleur qui la traversait de part en part. Elle sentait du sang s'écouler de son ventre. Sa griffure sur la joue la piquait. Ses côtes lui faisaient mal à l'endroit où le mutant l'avait piétinée. Le jeune homme la porta à l'intérieur et la posa délicatement sur son lit. Il souleva son haut maculé de sang. Il épongea le sang qui se répandait autour de la blessure et découvrit une entaille profonde. Il désinfecta la plaie, Hermione serrait les dents sous la douleur. Il appliqua ensuite un onguent coagulant et apaisant avant de prononcer un sort pour sceller la plaie. Ensuite, il écarta doucement ses cheveux mouillés par la sueur pour soigner sa griffure au visage. Il étala du baume sur ses contusions aux épaules et sur les jambes. Quand il eût fini Hermione tenta de se redresser et il la vit grimacer de douleur. Il comprit que ses côtes la faisaient souffrir et l'obligea à se rasseoir. Il tenta de lui enlever son haut pour examiner ses blessures mais elle chassa ses mains d'un coup sec.
-C'est pas la peine, affirma-t-elle.
-Si je ne te soigne pas, tu ne pourras plus bouger demain.
Il tenta de nouveau de s'approcher d'elle mais elle lui balança la boîte de compresses en pleine tête.
-Hermione, ne fais pas l'enfant, dit-il avec autorité. De toute façon je t'ai déjà vue sans vêtements, le choc ne sera pas trop terrible pour moi.
Il récolta un regard noir mais elle le laissa ôter le morceau de tissu. Il palpa ses côtes de ses doigts et sentit plusieurs points de rupture. Il lui appliqua tout d'abord un baume en la massant. La brunette se mordait la lèvre pour ne pas se mettre à trembler sous ses mains. Puis il prit sa baguette et ressouda les os avec un sortilège informulé. Il lui tendit un tee-shirt à lui pour qu'elle se rhabille et l'y aida car ses mouvements étaient encore raides à cause de la fracture. Il l'embrassa sur le front.
-Tu es brûlante de fièvre, constata-il. Il faut que tu te reposes. Je vais m'occuper de toi.
Colf étant un mutant, les blessures qu'il occasionnait étaient naturellement plus graves que celles d'un simple animal et pouvaient créer un état fiévreux. Hermione s'allongea sur le lit tandis que Drago tamponnait son visage avec un linge imbibé d'eau froide pour faire tomber la fièvre. Apaisée par sa présence rassurante, elle ne tarda pas à s'endormir.
Hermione se réveilla deux heures plus tard. Elle se sentait beaucoup mieux, la fièvre était tombée. En ouvrant les yeux, elle vit Drago allongé sur le lit, face à elle. Depuis qu'elle était endormie il lui tenait la main et la regardait, épongeant de temps en temps le front de la jeune femme. Elle lui sourit et se mit sur le côté pour lui faire face.
-Ça va mieux ? l'interrogea-t-il.
-Oui, beaucoup. Merci.
Ils s'observèrent de longues minutes. Drago serrait toujours sa main dans la sienne, ne pouvant se résoudre à la lâcher. Sans s'en rendre compte, il lui caressait doucement les doigts et la paume de la main. Puis, son autre main passa hors de son contrôle et joua avec les cheveux de la brunette, effleurant son visage. Hermione ferma les yeux pour qu'il ne puisse pas lire dans son regard ce que ces tout petits gestes provoquaient en elle. Progressivement, elle s'enhardit et sa main se posa sur la joue de Drago, qu'elle caressa du bout des doigts, savourant le contact rugueux de sa barbe naissante. Elle rouvrit les yeux et les deux regards se soudèrent. Tous deux respiraient avec difficulté, écrasés par le poids de leur désir. Inconsciemment, leurs deux corps se rapprochaient l'un de l'autre. Le jeune homme affermit sa prise sur la jeune femme, passant de son visage à son cou. Hermione enfouit ses doigts dans les cheveux blonds, massant doucement le crâne de Drago. Leurs mouvements étaient lents, tranquilles. Ils restèrent ainsi de longues minutes. Rien ne pressait. Ils se sentaient bien.
Ils n'auraient su dire lequel des deux avait embrassé l'autre en premier. Tout ce qu'ils savaient c'était que leurs lèvres s'étaient trouvées, sans qu'ils n'interrompent leurs caresses. Ils s'embrassèrent d'abord doucement, puis en voulurent plus, puis encore plus. Ils se retrouvèrent étroitement enlacés, laissèrent leurs langues se mêler, sentirent leur corps tout entier s'électriser à ce contact et s'abandonner. Le manque d'air les sépara. Hermione sourit au jeune homme. Il lui rendit son sourire dans un premier temps, puis la regarda douloureusement. Il s'arracha à ses bras et se leva.
Elle le regarda s'éloigner. Elle savait qu'il faisait cela parce qu'il l'aimait. Il ne voulait pas la mettre dans une situation compromettante et elle lui en était reconnaissante. Ils devaient tous deux rester raisonnables, tout cela ne les mènerait à rien. Mais dans ce cas pourquoi sentait-elle son cœur se serrer en le regardant franchir le rideau ? Pourquoi tremblait-elle en voyant son ombre mettre un coup de pied dans sa table de chevet pour se calmer ? Pourquoi éprouvait-elle une telle envie de le suivre et de se laisser emporter par son désir ? Parce qu'elle l'aimait, elle l'aimait beaucoup trop fort et toute la volonté du monde ne pouvait lui suffire face à cette évidence. Hermione sentait l'image de Ron quitter son esprit. Lui aussi elle l'aimait. Mais il était loin et elle avait envie de Drago. Après tout elle n'était qu'un être humain. La jeune femme devinait qu'un Drago désemparé se tenait de l'autre côté du rideau. Elle le vit lever les bras au ciel, passer ses mains dans ses cheveux blonds en signe d'impuissance. La brunette n'y tint plus. Elle franchit le rideau et se plaça juste derrière lui. Andy avait raison, rien ne serait résolu en hésitant. Il fallait qu'elle se laisse porter, qu'elle arrête de brider ses sentiments.
Drago l'avait bien sûr entendue et sentait sa présence derrière lui, mais il lui tournait ostensiblement le dos. Il avait peur de la regarder, peur qu'elle le fasse craquer puis qu'elle le lui reproche. Elle avait reconnu elle-même qu'elle ne se contrôlait plus. C'était à lui d'être raisonnable pour eux deux. Mais Hermione s'approcha encore un peu plus et enserra son torse de ses petites mains. Elle logea sa tête au creux de son cou en y déposant des baisers.
-Ne me laisse pas, murmura-t-elle.
Le blond se sentit fondre. Il se retourna et la prit dans ses bras. Il embrassa ses cheveux, ses pommettes, ses paupières closes, son menton, les creux sous ses oreilles, son front. Puis il releva la tête et l'observa. La jeune femme rouvrit les yeux et les plongea dans les siens. Elle attira son visage à elle et lui donna un baiser passionné. Drago était dans un état second, incapable de penser et de mettre en application ses nobles résolutions. La brunette rompit le baiser par manque d'air et il retrouva une partie de sa lucidité. Il l'écarta de lui et la tint à bout de bras, la secouant pour la ramener à la réalité.
-Arrête ça ! Tu ne peux pas continuer à faire ça, à venir me chercher, à me tenter, puis me rappeler que tu vas te marier avec un autre. Hermione, je t'aime, ne joue pas avec ça.
-Je ne joue pas, je suis juste perdue… Je t'aime et ça me dépasse totalement. J'en ai assez de lutter.
A ce moment-là, Drago décida qu'il avait le droit de l'aimer et de la désirer comme il le faisait. Parce que c'était totalement réciproque malgré les engagements d'Hermione auprès de Ron. Il n'était pas obligé de lutter contre cela, ce n'était pas leur faute…
Hermione n'eût pas le temps de saisir l'ampleur de ce qu'elle venait de dire. Le blond lui donna un baiser fiévreux qui l'embrasa toute entière. Elle le voulait, elle le voulait tellement… Elle le fit basculer avec elle sur le lit tandis que Drago parcourait fébrilement son corps. Elle savait qu'elle avait craqué, qu'elle avait atteint le point de non-retour et que cette fois ils iraient jusqu'au bout. Mais les mains de Drago sur son corps étaient douces et fortes. Sa bouche l'explorait avec tendresse et application. Elle le désirait tellement fort que ça en devenait douloureux. Leurs pensées et leurs sentiments étaient tellement en accord qu'ils se sentaient à leur place. C'était presque une évidence.
Leurs corps se lièrent plusieurs fois au cours de cette nuit-là, avec passion, avec tendresse, avec fièvre. Parce que c'était tout ce qu'ils avaient à faire, tout ce que leurs corps réclamaient depuis des jours. Ils firent et refirent l'amour avec des mots tendres et des regards complices. Dans la sueur et les gémissements, leurs mains se lièrent, leurs cheveux s'emmêlèrent, leurs bouches se soudèrent maintes et maintes fois. Dans l'euphorie et la crainte du lendemain car c'était beau et terrible à la fois. Parce que cette nuit ne pouvait que bouleverser leur vie. Ils profitèrent de ces instants de grâce et d'oubli, se rassasièrent l'un de l'autre avant d'avoir à affronter la réalité. Leur passion venait de prendre le pas sur leur raison et c'était aussi délicieux qu'effrayant.
Voilà pour ce chapitre j'espère qu'il vous a plu et que vous ne me trouvez pas trop sadique avec mes personnages! A bientôt.
