Bonjour bonjour ! Comment allez-vous ?

Nous revoilà cette semaine pour le chapitre 14 mais… Nous devons vous prévenir d'une petite chose qui ne va pas forcément vous faire plaisir... En effet alors que nous avions 10 chapitres d'avance en commençant cette fiction, nous n'avons pas fini d'écrire le chapitre 15 et le il manque des retouches au 16, les deux chapitres des semaines qui arrivent. Il est donc probable que le chapitre 15 ait un peu de retard, mais encore une fois nous ferons tout pour le livrer à l'heure. Il nous donne juste un peu de fil à retordre pour le moment ^^

Allez fini le blabla nous passons aux remerciements.

DrWeaver : Merci beaucoup ! Tu nous flattes tu sais ^^ Castle se range du côté de maman Beckett mais il n'abandonne pas sa Beckett à lui pour autant, tant de dilemme pour notre pauvre petit écrivain ! Voilà la suite.

Ewilan : Les devoirs, quelle plaie, c'est vrai ces profs ils abusent pas vrai ? :p Dixit un prof et une étudiante, héhé ! Nous sommes heureux de toujours te surprendre au bout de 13 chapitres, en espérant que ça te plaise toujours autant, merci !

Castlefan : Merci d'être toujours fidèle au rendez-vous ! Voici le chapitre héhé !

Adrian009 : Merci beaucoup !

SeriesAddict76 : Hey ! c'est vrai que nous sommes un peu durs avec Johanna pour le moment, mais après tout c'est de Kate Beckett dont il s'agit :p Merci pour ta review !

Alienore777 : Merci beaucoup ! Kate peut être très, très têtue et pour le coup c'est un vrai bonheur d'écrire sur une tête de mule comme elle.

Thigui : Merci ! Les retrouvailles approchent… nous n'en dirons pas plus !

Manooon : Hé oui she is back ! Mais pour notre plus grand Bonheur.. ou malheur cette fois-ci ? A toi de voir :p Merci !

Guest : Merci beaucoup ! La voici :)

Stanathan38 : Bonjour à toi ! Nous sommes heureux que ton plaisir soit renouvelé à chaque nouveau chapitre. Pour ce qui est du personnage d'Alexis c'est vrai que nous la préfèrerions avant aussi, dans les deux/trois premières saisons, mais depuis qu'elle a eu une discussion avec son père dans la saison 6 et que les choses se sont un peu remises au clair nous sommes très contents de l'avancée du personnage. Nous étions tous les deux d'accord sur le fait que Rick avait abusé avec Pi, même si les avis sont très controversés. Pour la scène où elle ne parle pas à la mère de Kate ce n'était pas réellement voulu qu'elle l'ignore, à vrai dire nous ne trouvions simplement pas d'interactions entre les deux femmes nécessaires et surtout Johanna laissait Alexis parler à son père. Il faut plus le voir comme cela je pense, mais quoi qu'il en soit tu as raison ça colle de toute façon avec la Alexis de la saison 4-5-6 ^^ Trêve de blablas la suite arrive, merci à toi pour ton commentaire !

LilyPierce : Bah alors, on est si pressée que ça de reviewer ? :p Merci pour tes deux commentaires. Et merci surtout pour tes compliments chaque semaine renouvelés ^^ Pour l'heure du postage malheureusement elle dépend de nos deux emplois du temps : nous faisons en sorte de publier un chapitre chacun chaque semaine qui s'accorde aussi aux remerciements qu'on divise aussi toutes les semaines. Donc lorsque l'un de nous deux ne peut pas se libérer avant, le postage est malheureusement.. plus tard que prévu :p On a aussi adoré l'épisode avec Baby Cosmo. C'était tellement adorable !
Nous n'avons pas réellement construit la fiction autour des épisodes mais on avoue qu'ils sont d'une grande aide car il y a tant de références que c'est un puits à merveille. De plus, pour que notre fiction soit la plus crédible possible on essaye sans s'éloigner de nos idées de la faire coller aux épisodes qui avancent. Ouf, on va pouvoir prendre de l'avance pendant la pause :p
encore un gros merci à toi pour tous ces compliments et nous sommes ravis que ça te plaise, que tu relèves tous nos efforts d'écriture ou même de référence, on ne se sent plus après tout ça :p Alors en espérant que celui-ci te plaise encore et toujours. Merci !

Pandora60 : Héhé le pavé en approche ! Un vrai délice à chaque fois, pour nous auteurs :D Alors en premier lieu, ravis que le POV te plaise. Même si plus d'inédits ces derniers temps si on arrive encore à surprendre avec les « vieux » c'est tout gagné ! Décidemment on ne sait pas comment tu fais mais tu arrives vraiment à lire nos pensées, décerner ce que nous voulons faire passer dans nos chapitres car tes commentaires se rattachent toujours à notre idée. Mais nous sommes aussi ravis de te surprendre ! C'est tout gagné aussi :p Les retrouvailles, on te laisse découvrir. Mais toujours en espérant que ça te plaise et soit à hauteur de tes espérances, bien entendu ^^ Merci encore pour ton pavé !

Et un gros merci aux personnes qui ajoutent notre fiction à leur favoris et/ou la suivent. Vous êtes géniaux !

Sur ce, bonne lecture !


Sans laisser de traces

Chapitre 14, Jim Beckett

Je venais de passer un coup de fil crucial à mon futur plus qu'éventuel gendre. Suite à la visite de Katie et compte tenu de la nouvelle qu'elle m'avait annoncée, je n'avais pas trouvé le sommeil. Toute la nuit j'avais tourné, tiraillé entre des sentiments contradictoires. Et je ne savais lequel dominait exactement. Toujours est-il, à l'aube j'avais pris une décision cruciale. Il fallait que je la revoie, sinon je ne serai jamais capable de passer à autre chose. Bien évidemment j'étais paralysé par la peur d'apprendre qu'elle ait pu refaire sa vie dans une autre ville. Mais je ne pouvais pas vivre avec une telle incertitude. Mellin de Saint-Gelais n'avait-il pas dit : « Mieux vaut faire, et se repentir, Que se repentir, et rien faire.» ?

Pourtant si j'en étais fermement convaincu en me levant, j'avais tout de même attendu la fin de la journée pour prendre le téléphone. Depuis que j'avais raccroché je nageais en plein brouillard, les paroles de ma fille semblaient venir me frapper avec violence. J'étais nerveux, bien plus que je ne l'avais jamais été auparavant ; lorsque j'avais demandé la main de Johanna, ou bien lorsque j'avais été appelé pour venir assister à l'accouchement de notre fille.

Depuis que j'avais raccroché je faisais les cent pas dans mon appartement et si j'avais été en chaussures de ville j'aurai pu craindre de marquer le sol à force de tourner en rond de la sorte. Mais ce qui jusque là était un rêve impossible allait se transformer en réalité tangible et palpable le lendemain. Je me demandais comment j'allais encore pouvoir passer une nuit à attendre. Néanmoins je pris la décision de regarder un film et de me commander à dîner pour ce soir.

Le lendemain..

Comme prévu j'avais eu cette nuit encore de réelles difficultés à trouver le sommeil. J'avais tourné dans mon lit pendant de longues heures, incapable de trouver une bonne position et surtout de me détendre, ensuite j'avais eu autant chaud que froid, ainsi je n'avais cessé d'enlever puis remettre la couette. Au petit matin, je m'étais levé. Il était inutile de chercher à trouver un sommeil qui ne viendrait de toute façon pas. J'occupais ma matinée à traiter ma comptabilité en retard, les chiffres ayant au moins pour mérite de m'occuper pleinement la tête. Le midi je manquais d'appétit pour avaler quoique ce soit. Il était 13 heures lorsque je reçus un message de mon futur gendre m'informant qu'ils seraient chez moi vers 14h30.

Pour pallier à mon anxiété je fonçais me faire un café. La caféine n'était pas préconisée pour le stress, mais cela avait toujours été une boisson réconfortante pour moi. Je buvais d'une traite l'expresso que je venais de me préparer et contemplant mon allure filais dans ma chambre.

Ma Johanna allait venir, je ne pouvais pas la recevoir comme ça. Dans la salle de bains, je prenais une douche rapide qui finit de me réveiller et je coupais ensuite ma barbe aux ciseaux, sachant que me raser de près ferait ressortir mes yeux fatigués. Ensuite je choisissais des vêtements propres et bien repassés en tentant de me souvenir ce qu'elle aimait. Je me fustigeais mentalement de penser de la sorte, car rien n'était sûr, mais c'était impossible à maîtriser.

Je m'étonnais de la rapidité à laquelle je m'étais préparé et cherchais à tout prix un moyen de m'occuper sans trépigner d'impatience. Ainsi j'allais dans mon bureau sortant de l'étagère du bas de ma bibliothèque un carton que je n'avais pas touché depuis maintenant quinze ans. Il contenait des albums photos. Avec émotion je l'ouvrais une fois posé sur mon bureau. Les albums étaient tous étiquetés et rangés par ordre chronologique. Je reconnaissais l'écriture de Katie qui s'était chargée de les ranger après la disparition de Johanna. Je commençais par le plus ancien et les clichés me faisaient faire un voyage dans le temps.

Je me rappelais ma rencontre avec Johanna. J'étais tombé immédiatement sous son charme lorsque j'avais intégré le cabinet d'avocats. Mais elle était une droguée du boulot et m'avait ignoré pendant plusieurs mois, se contentant de formalités de courtoisie. Secrètement je la regardais, tout les associés savaient que j'avais le béguin pour elle. Cependant je n'osais me lancer. Quelque chose en elle m'effrayait. Nous avions été amenés à travailler sur une grosse affaire ensemble et j'avais eu le plaisir de la côtoyer quotidiennement. En plus d'être jolie elle était brillante, ce qui finissait de me charmer.

J'avais appris à mieux la connaître et elle était désormais beaucoup plus chaleureuse avec moi et cela m'insufflait le courage qui m'avait manqué jusqu'à présent. Je lui avouais mes sentiments, qu'elle seule semblait ignorer. Toutefois elle me rabrouait, arguant qu'elle ne mélangeait pas le travail et le plaisir. Mais elle ne vivait que par et pour son travail, donc il devait y avoir très peu de temps pour les loisirs. Malgré son refus, je me consumais toujours pour elle en silence. J'aurai voulu ne plus y penser, mais l'amour n'était pas ainsi. On ne pouvait pas du jour au lendemain taire les sentiments, comme on éteignait la lumière d'une pièce1. Il est certain que de la voir tous les jours n'arrangeait pas ma tentative de ne plus penser à elle romantiquement.

Tant bien que mal je m'étais fait une raison, si bien qu'elle me surprit lorsque nous fêtions notre victoire sur l'affaire. Le jugement avait été rendu et notre partie avait eu gain de cause. Lors de la soirée de célébration elle s'était montrée beaucoup plus qu'amicale à mon égard. Au départ, ne voulant pas y croire j'avais mis cela sur le fait qu'elle avait sans doute bu plus de vin qu'à l'ordinaire. D'ailleurs, lorsqu'elle m'avait embrassé alors que nous quittions la soirée je l'avais repoussée un premier temps, persuadé qu'elle était ivre. Comme je lui avais dit, je ne voulais pas profiter d'elle et encore moins qu'elle regrette le lendemain ce qu'elle avait fait. Mais elle m'avait avoué qu'elle n'était pas prise de boisson, juste un peu plus détendue. Si elle m'avait repoussé jusqu'à ce soir là, c'était qu'elle avait peur qu'une relation plus intime ne perturbe son travail.

Cependant les mois et les années qui suivirent ces années lui donnèrent tort. Non seulement notre couple fonctionnait très bien mais en plus chacun de nous était encore meilleur dans les affaires à enjeu. Bien évidemment nous nous disputions de temps à autre, mais il n'existe pas de couple sans brouillades. Et la communication nous permettait de passer tous les orages éventuels. Et en même temps que ces souvenirs dansaient dans mon esprit, réussissant à me faire sourire je parcourais les photos de nos premières années en couple, notre emménagement, nos fiançailles.

J'arrivais ensuite à l'album retraçant la grossesse de Johanna. Je me rappelais encore de ce jour de mars où Johanna m'avait annoncé qu'elle était enceinte. Ma femme étant une chevronnée du travail, elle avait repoussé jusqu'au dernier moment son congés maternité sans toutefois mettre en danger notre enfant. Même si nous avions été surpris que Kate arrive si tôt, c'était une enfant désirée. Les médecins nous avaient dit que parfois il fallait un certain temps pour qu'il y ait grossesse après l'arrêt de la pilule contraceptive. Mais pour Johanna, ça n'avait pas été le cas, elle était tombée enceinte tout de suite. C'est ensemble que nous avions préparé l'arrivée du bébé et elle était née le 17 novembre 1980, un lundi.

Je me souviens à quelle hâte j'avais parcouru la ville pour rejoindre ma femme lorsqu'elle avait commencé le travail. J'étais venue à son chevet, lui autorisant à me broyer la main quand elle avait du pousser. En effet, finalement en dehors des sauts d'humeurs liés aux hormones, des caprices, les hommes avaient plutôt une place privilégiée dans l'arrivée d'un enfant. C'était avec émotion que j'avais coupé le cordon ombilical, tremblant lorsque le personnel médical m'avait tendu les ciseaux. Et c'est avec les larmes aux yeux que j'avais vu ce petit être pour la première fois dans les bras de ma femme. Dès son premier jour une connexion particulière s'était installée entre Kate et moi. Depuis ce jour je n'avais eu d'autre préoccupation que de la protéger. Même si à présent elle était une femme de 33 ans, fiancée, elle restait à mes yeux ma petite fille, ce corps frêle que j'avais serré avec tendresse, pour qui je m'étais levé la nuit lorsqu'elle pleurait.

La parentalité nous avait Johanna et moi métamorphosé. Et c'est avec tout notre amour que nous avions élevé notre petite fille, émus aux larmes lorsqu'elle avait fait ses premiers pas ou dit ses premiers mots. Mais aussi inquiets et fiers à différentes époques de sa vie. Encore aujourd'hui je connaissais des moments comme ceux-ci. Et j'espérais pouvoir connaître de nouveau ses joies en tant que grand-père. Rick avait déjà une fille, mais je le sentais prêt à retourner dans les couches avec ma fille. Il y a quelques années Katie aurait hurlé si jamais je lui avais parlé de maternité, mais beaucoup de choses avaient changé en elle et pour elle, et sa relation était si différente de tout ce qu'elle avait pu connaître jusqu'à présent.

Je feuilletais à présent les photos retraçant la scolarité de Kate jusqu'à sa chambre universitaire sur le campus de Stanford, avant que nos vies ne prennent un tournant radical. L'anxiété se fraya à nouveau un chemin en moi, je la sentais proche. Presque toutes les questions que je me posais depuis hier soir allaient trouver une réponse. Je priais pour que mes pires craintes ne se réalisent pas. L'interphone de mon appartement retentit et la sonnerie fit palpiter mon cœur. Je me levais du bureau, tremblant à chaque pas et fébrilement je me saisissais du combiné pour autoriser mes visiteurs à entrer dans l'immeuble.

Cherchant en vain à avoir une respiration normale je mettais la main sur la poignée de la porte, prêt à ouvrir. Les minutes qui s'écoulèrent me parurent éternité. Enfin j'entendis des pas approcher et la sonnette retentir. J'ouvrais la porte et Rick me faisait face et je lui dis :

- Entrez mon garçon.

Alors qu'il pénétrait dans mon appartement j'entrevis finalement Johanna. Ses yeux me cherchaient et je fus stupéfait. Comme Katie me l'avait dit hier c'était comme si elle n'avait pas changé. Je ne pouvais m'empêcher de la parcourir des yeux. Je devais avoir l'air totalement ébahi mais elle ne sembla pas en tenir compte.

- Jim, dit-elle d'une voix pleine d'émotion.

Entendre mon prénom prononcé par elle me fit manquer un battement de cœur tellement j'avais pensé cela impossible jusqu'à hier encore. Nous étions tous deux en proie à une émotion intense, les larmes aux yeux. Tant pis pour ce qu'aurait dit Kate si elle avait été là, mais je faisais un pas avant de prendre ma Johanna dans les bras. C'était comme si je respirais de nouveau après quinze années d'apnée.

- C'est toi, fis-je la tête plongée dans son cou.

Sa peau avait toujours la même odeur, cette senteur qui m'avait tellement obsédé après sa disparition. Je la retrouvais enfin.

- Je vais vous laisser maintenant, dit Rick.

J'en avais presque oublié qu'il était là lui aussi, tellement déconnecté de la réalité depuis qu'elle était là. Avec regrets je quittais ses bras pour saluer mon futur gendre. Johanna l'enserra en disant :

- Merci pour tout Richard.

- Non Johanna, merci à vous. Je suis ravi de vous avoir rencontré et persuadé que nous nous verrons très bientôt tous ensemble.

Pour le moment il ne manquait qu'une personne pour que cette réunion de famille soit parfaite et j'étais convaincu que c'est ce que Rick sous entendait habilement. Avec autant de discrétion que de tact il s'effaça et sortit de l'appartement. Pendant les cinq minutes suivantes je détaillais Johanna avant de réaliser qu'il était peut être le temps de l'inviter à entrer dans l'appartement.

- Tu n'as qu'à t'asseoir, je vais te faire un café.

J'allais dans la cuisine, mais celle-ci étant ouverte je ne quittais pas Johanna des yeux. Je lui préparais son breuvage préféré et me faisais également une tasse pour moi. Très vite je regagnais le salon avec les deux mugs de café et lorsqu'elle le porta ses lèvres et le goûta elle sourit:

- Tu n'as pas oublié que je l'aimais comme ça.

- Je ne t'ai pas oublié Johanna...

Je me rendais compte que ma phrase était peut être trop pour elle aussi rapidement, c'est pourquoi je m'empressais de reprendre :

- ...pardon je n'aurai peut être pas dû être aussi direct, me repris-je.

Elle sourit et là je crus que j'allais défaillir, comme toutes les fois où elle m'avait accordé un sourire.

- Je ne t'ai jamais oublié non plus Jim.

A cet instant sans doute devais-je sourire comme un attardé, mais je n'en avais cure. La terre pourrait menacer de se fendre en deux, j'étais à ma place, là où je devais être.

- Tu veux dire que tu n'as jamais...

- Refait ma vie? finit-elle devinant toues mes pensées comme autrefois. Non jamais, je n'ai pas pu. Je ne pouvais pas te faire ça à toi et à Katie.

J'étais ému de l'entendre dire ses mots. Il n'y avait pas eu un jour sans que je pense à elle depuis sa disparition et c'était magique d'apprendre qu'il en était de même pour elle.

- Tu dois avoir un milliard de questions à me poser je suppose?

- Où étais-tu pendant toutes ces années? Si j'avais su que tu étais en vie, je t'aurai cherché à travers le pays et au-delà.

- Je sais Jim, mais pour ta sécurité et celle de Katie je devais disparaître sans laisser de traces. Si tu savais comme ça a été dur de rassembler des affaires la veille de mon départ, passer la soirée avec vous en me disant que c'était la dernière, faire l'amour une dernière fois avec toi, embrasser Katie sachant que je ne la reverrai sans doute pas ; penser que vous alliez m'enterrer et que je ne serai pas là pour sécher vos larmes. Je m'en suis tant voulue de vous infliger ça Jim. Si seulement je n'avais pas été aussi bornée et écouté les avertissements...

- Non Johanna, la coupais-je.

- Comment ça non?

Elle me regardait en ouvrant grand les yeux semblant surprise de ma réponse.

- Tu n'aurais pas été toi si tu n'avais pas continué cette investigation. Et si je suis tombé amoureux de toi c'est aussi pour ça. Katie te ressemble tellement tu sais, c'est une sacrée tête de mule.

Elle me sourit mais semblait perplexe néanmoins à en voir la petite veine qui marquait son front.

- Mais tu ne m'en veux pas?

- Je ne peux pas t'en vouloir. Hier j'étais stupéfait lorsque Kate me l'a appris. Mais je ne peux pas te rejeter alors que ça fait quinze ans que j'en rêve.

- C'est vrai que tu en rêves depuis tout ce temps?

- Oui évidemment Johanna. Je n'ai jamais pu me résoudre de t'avoir perdu, ne plus pouvoir te prendre dans mes bras, te dire que je t'aime.

Elle respira fortement sembla soulagée d'un poids immense en apprenant que malgré sa disparition elle n'était jamais sortie de ma vie.

- Moi aussi j'en ai rêvé. Toutes ces années j'ai guetté le moment où je pourrais revenir et te retrouver, toi et Katie. J'aurai aimé que les circonstances soient différentes, mais Dieu soit loué notre petite fille est saine et sauve. Cela fait quinze ans que je ne me suite pas sentie aussi bien Jim, c'est comme je revivais. Il ne manque plus que Kate, dit-elle d'une voix plus triste.

Je pouvais imaginer sa peine au fait que notre fille ne voulait pas entendre parler d'elle. Seulement, je savais qu'en lui laissant du temps elle viendrait vers elle. Mais il fallait qu'elle le décide. Sa rancœur était au moins proportionnelle à l'amour qu'elle portait à sa mère. Combien de fois lui avais-je dit d'aller vers Castle avant qu'elle ne cède à sa raison et de laisser s'exprimer ses sentiments? C'est pourquoi je répondais en toute sincérité :

- Laisse lui un peu de temps Johanna, elle te pardonnera. Tu connais Katie, même si c'est une grande fille à présent elle est toujours aussi têtue. Il faut attendre qu'elle l'ait décidé elle. Je compte sur Rick, j'ai confiance en lui.

- Oui moi aussi, dit-elle. Je suis tellement contente qu'elle ait quelqu'un comme lui dans sa vie.

- Surtout après les énergumènes qu'elle a pu nous ramener!

Cette remarque eut le mérite de nous faire rire tous les deux, nous rappelant l'adolescence de notre fille.

- D'après ce que m'a dit Richard, Katie ne lui a pas mené la vie facile pendant toutes ces années.

- Ca non, mais je savais qu'elle finirait par me céder.

- Comment ça?

- C'est simple à partir du moment où Rick a commencé à la suivre sur ses enquêtes elle a changé. A chaque fois que je la voyais elle me semblait plus féminine, plus souriante. Et elle me parlait constamment de lui, me racontant les dernières pitreries au commissariat, à quel point il était un bon père et un fils respectueux. Elle avait beau nier l'évidence j'étais certain qu'elle en était amoureuse. Le jour où nous nous sommes vus et qu'elle venait m'annoncer qu'elle était en couple avec lui, elle n'a pas eu besoin de me le dire. Je le savais, je l'avais deviné ; elle était différente, épanouie, radieuse.

- Oui elle est magnifique.

- C'est normal avec la maman qu'elle a, fis-je en lui souriant.

- Tu n'es pas mal non plus tu sais, me rétorqua-t-elle en répondant à mon sourire.

J'avais voulu la sortir de sa torpeur. Je comprenais son impatience de pouvoir serrer de nouveau sa fille dans ses bras. Bien évidemment je comprenais la rancœur de Kate, mais Johanna avait fait de tels sacrifices. Sa vie avait du être atroce. Car au fond elle m'avait laissée mais je n'étais pas seul, Katie avait toujours été là pour moi. Sans elle et sa détermination, je ne serai peut être pas là à l'heure actuelle. Elle m'avait sauvé de l'alcoolisme et je n'oublierai jamais ce qu'elle avait fait pour moi. Bien évidemment dans les premiers temps j'avais soupiré à ses discours moralisateurs, mais elle m'avait tenu tête et j'avais fini par céder. Je me rappelle encore de la phrase qui avait tout changé pour moi, lorsqu'elle s'était énervée et m'avait balancé "tu crois vraiment que maman aurait aimé que tu sois comme ça, un déchet, une poubelle ?". Ses paroles n'étaient pas dénuées de violence, mais c'est ce qu'il m'avait fallu, un électrochoc.

Le soir même je vidais toutes les bouteilles qui étaient dans mon appartement, sous le regard ému de Katie. C'était la première fois que c'était moi qui accomplissais ce geste. Le mois d'après je dînais avec elle pour fêter mon premier mois de sobriété. C'est d'ailleurs ce soir là que je lui avais donné ma montre, pour la remercier. Ce n'était pas grand chose, mais pour elle cela avait une signification. D'ailleurs après toutes ces années voir cette montre à son poignet m'émouvait toujours. Soudain une main se posa sur moi et me fit reconnecter avec la réalité.

- Je suis désolée Jim.

- De quoi?

- De ce que je vous ai fait vivre à Katie et toi. J'ai su pour toi et la boisson, pour la balle que Kate a pris aux funérailles de Roy. Tout cela ne serait pas arrivé si...

Comme toujours, c'est comme si elle avait lu dans mes pensées, partageant avec moi le film que j'avais fait défiler quelques minutes plus tôt.

- Ce qui compte Johanna c'est le présent. Et je ne compte pas gaspiller un jour de plus alors que nous avons tant à rattraper. Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure : où étais-tu pendant tout ce temps là?

- A Seattle, mais l'histoire est longue. Si bien que je ne serai pas contre un autre café si tu le veux bien.

Je me levais promptement pour exaucer sa requête, prenant nos deux tasses et me précipitant à la machine. J'avais tellement hâte de savoir ce qui avait pu se passer. Pendant que j'opérais, elle s'était levée et regardait à présent ma bibliothèque. Je fus ému lorsqu'elle redessina le visage de Kate sur une photo de Rick et d'elle encadrée. J'en arrivais presque à en vouloir à ma fille à présent, de ne pas se rendre compte de ce que sa mère avait pu faire comme sacrifice pour que nous soyons sains et saufs aujourd'hui. Je comprenais Johanna, et ceci même sans connaître toutes les ramifications de l'histoire. J'étais parent moi aussi et je pouvais comprendre le choix qu'elle avait fait quinze ans plus tôt.

Elle avait fait tout cela dans le seul but de nous protéger Katie et moi. Et je ne me défaisais pas de l'image lorsque Kate m'avait appris qu'elle ouvrait de nouveau le dossier concernant sa mère. Je l'avais soutenue car c'était mon rôle de père. Mais lorsque le détective qui nous avait annoncé la disparition de Johanna avait été tué alors qu'il parlait à ma fille, j'avais eu peur; peur de la perdre elle aussi. Et je m'en étais remis à la seule personne qui à mes yeux pouvait la faire réfléchir : Richard Castle. Mais même lui n'avait pas été capable de la raisonner et j'avais assisté impuissant comme tous les autres quand ma fille avait pris une balle lors des funérailles de son capitaine. Heureusement que l'écrivain avait perçu une lueur au loin et s'était jeté sur elle comme sur un quarterback en plein mouvement offensif au football américain.

A l'hôpital ce pauvre garçon se blâmait de ne pas avoir agi à temps. Pour ma part je le remerciais car sans son intervention in extremis il y aurait eu d'autres funérailles que celles du capitaine Montgomery. Et je n'aurai pas supporté de perdre ma fille. C'était bien évidemment ma plus grande crainte, une peur qui ne me quittait pas depuis plus de dix ans, depuis que Katie avait eu son badge. Mais je comprenais que Rick s'en voulait car il avait failli à ce que je lui avais demandé lors de ma visite à son appartement.

Alors que j'étais dans mes pensées ressassant tous ces évènements pendant que je préparais nos boissons je levais la tête vers le séjour et contemplais Johanna. Tout cela était fini désormais. J'avais retrouvé ma femme et ma fille était en vie. Dans plusieurs mois nous partagerions le mariage. Je pourrai amener ma Katie dans l'allée de l'Eglise. Tous les regards se tourneront vers elle et cela sera un jour magnifique pour elle et son compagnon. Cet évènement que jusqu'à hier je pensais vivre seul, j'allais pouvoir le partager avec celle qui depuis toutes ces années était restée dans mon cœur. Certains de mes amis et collègues s'étaient moqués de moi ou m'avaient encouragé à passer à autre chose, mais cela n'avait jamais été possible. Et aujourd'hui j'étais fier de ma décision car je la retrouvais. Je retournais à ses côtés muni de nos tasses de café et lui tendais la sienne qu'elle portait immédiatement à ses lèvres. Après en avoir bu une bonne gorgée et me regardant elle continua son histoire :

- Depuis ma disparition organisée avec l'aide de Roy Montgomery je me suis installée à Seattle dans l'anonymat le plus complet.

- Mais comment as-tu pu faire pour vivre ? lui demandais-je très terre à terre.

- Très vite j'ai trouvé un emploi dans une association. Je suis avocat conseil. C'est loin de notre cabinet New-Yorkais, mais ça payait le loyer et les factures et les courses. Tu sais toute seule, je n'avais pas un train de vie très extravagant. Et puis les premières années, Roy m'a envoyé de l'argent. Je voulais le rembourser mais il n'a jamais voulu.

- Je comprends il a beaucoup fait pour toi.

- Oui énormément, sans lui je ne serai sans doute pas là. Il s'est toujours senti pour responsable de ce qui m'était arrivé. Pour moi c'était un homme bon, il a simplement fait une erreur.

- Il a été très présent pour Katie tu sais.

- Oui je correspondais avec lui et dans ces mots je comprenais qu'il l'avait prise sous son aile et la protégeais. J'étais toujours inquiète pour elle, mais je savais qu'elle était sous une bonne garde. Toutes ces années et jusqu'à sa mort il m'a donné de vos nouvelles. En fait regarde j'ai quelque chose à te montrer.

Je la vis se lever du sofa et ouvrir son sac duquel elle sortit un grand porte-vues très épais. Il était parfaitement recouvert et elle vint s'asseoir tout près de moi et me le tendit. Je l'ouvrais et trouvais dans les pochettes des photos de Katie et de moi qui étaient classées chronologiquement et que Roy avait envoyé à ma femme. Une deuxième partie du document était constitué de coupures de journaux relatives au partenariat entre notre fille et l'écrivain, les funérailles de Roy, la fusillade. On voyait bien que les feuillets avaient été de maintes et maintes fois tournés mais il était très bien entretenu. Johanna avait toujours été très soigneuse. Avec émotion je me rendais compte que malgré tout elle n'avait jamais quitté nos vies. Je ne pouvais imaginer quelle torture cela avait dû être que d'être éloignée de son enfant. J'étais ému et je ne retins pas des larmes.

- Oh Jim me dit-elle en me caressant la joue.

Je posais ma main recouvrant la sienne et lui dis :

- Quand je pense à tout ce que tu as du endurer.

- Non Jim n'en sois pas triste. Savoir que Katie et toi étiez en vie et éloignés de tout cela, c'était le plus important pour moi. Avec toutes les informations données par Roy et les livres de Richard, c'était un peu comme si j'étais proche de vous.

Johanna était toujours semblable à elle-même, une femme intègre et courageuse qui m'avait conquis il y a bien longtemps.

- Que vas-tu faire à présent?

- Je ne sais pas encore. Je suis venue ici pour retrouver Katie. Maintenant c'est chose faite.

- Mais tu ne vas tout de même pas retourner à Seattle? m'enquis-je.

Maintenant qu'elle était revenue il était pour moi inconcevable de la laisser repartir. Cependant, elle avait construit une autre vie là-bas et y était en sécurité.

- A présent je n'ai plus de raison de me cacher.

- Comment ça?

- Tu n'es pas au courant? demanda-t-elle étonnée.

- Non, on ne me dit jamais rien à moi!

Apparemment mon air boudeur l'amusa car elle rit à mes mots avant de continuer :

- Disons que la raison pour laquelle je me cachais n'est plus.

- Donc tu peux retrouver ta vie d'avant ici à New-York fis-je.

- Ce n'est pas si simple Jim. Le capitaine Gates m'a bien fait une proposition de travail, mais je ne veux rien imposer à Katie, du moins pas plus que je ne l'ai déjà fait. Pour le moment je reste en ville. J'espère pouvoir avoir une discussion avec elle et à ce moment là je déciderai.

- Je suis là moi Johanna.

Elle me sourit avec toute sa tendresse reposant sa main sur ma joue comme elle l'avait fait précédemment et caressant ma barbe. Me fixant dans les yeux elle me dit :

- Je sais Jim.

Puis elle posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Je ne réalisais pas immédiatement ce qui se passait, avant de sentir mon corps vibrer d'émotions. Nos regards se croisèrent encore et elle m'embrassa de nouveau. Cette fois le baiser fut plus approfondi. Après toutes ces années, l'embrasser me semblait totalement irréel. Comme la première fois où j'avais embrassé une fille, j'avais peur d'être maladroit mais finalement tout revenait. C'était un peu comme le vélo tout compte fait.

L'émotion étant sans doute à son paroxysme pour nous deux, nos yeux se chargèrent de larmes et dévalèrent nos joues respectives. Ce n'était pas de la tristesse, mais plutôt une joie intense et libératrice. Après plusieurs baisers nous restâmes un moment enlacés l'un à l'autre. Je la serrais contre moi, je ne voulais pas qu'elle s'échappe. Très délicatement elle se détacha de moi et me dit :

- Je suis en vie Jim, je suis en vie.

Je fronçais les sourcils, quelque peu sceptique et pas certain de comprendre le sens de ses mots. Mon air suffit pour qu'elle explicite :

- Il y a quinze ans "de battre mon cœur s'est arrêté2".

Ne sachant que répondre je la reprenais contre moi embrassant tendrement sa tempe comme je le faisais autrefois. Je la sentis se détendre dans mes bras et sa respiration se faire plus calme. Je m'installais plus confortablement dans le canapé et nous gardâmes cette position pendant de longues minutes, sans avoir besoin de prononcer un mot. Sans nous en rendre compte nous nous assoupîmes tous les deux pendant un certain temps. Néanmoins je me réveillais avant elle prenant soin de ne pas interrompre son sommeil. Tout comme moi elle devait manquer de repos depuis la disparition de Katie. J'en profitais pour la regarder dans son sommeil comme j'adorais le faire lorsque nous étions plus jeunes. Mais comme souvent ce moment contemplatif ne dura pas, Johanna avait toujours eu ce sixième sens pour deviner quand je la détaillais de jour ou de nuit. Elle ouvrit lentement les yeux en disant :

- J'étais tellement bien que je me suis endormie. Ca fait du bien.

- Oui pareil pour moi, répondis-je en passant ma main dans ses cheveux soyeux.

- Je vais retourner chez Richard.

- Tu ne veux pas rester? demandais-je quelque peu déçu qu'elle n'envisage pas de prolonger ce moment ensemble.

- Ce n'est pas que je veux pas, mais aujourd'hui nous avons tous les deux besoin de repos. Ces derniers jours ont été émotionnels pour nous. Et puis j'avais dit à Richard que je reviendrai. Mais on se reverra très vite, je te le promets.

- Oui tu as raison, fis-je résigné.

- Jim j'ai toujours raison, rétorqua-t-elle un sourire éblouissant sur les lèvres.

Elle n'avait pas changé, sa réplique favorite n'était-elle pas "je te l'avais bien dit"? Mais comme à chaque fois cela me faisait sourire. Alors qu'elle se levait du canapé je lui proposais :

- Tu veux que je te dépose chez Rick?

- Non tu es gentil, mais je vais sans doute marcher un peu, prendre un taxi, voir si je ne peux pas apporter quelque chose pour le dîner à Richard histoire de le remercier. Il a été si accueillant et gentil à mon égard.

- Pour indication, il raffole des cheeseburgers bien faits. Ces derniers temps il en mangeait moins car il fait très attention à ce qu'il mange, mais je pense qu'il l'a bien mérité.

- Merci pour l'information, et je connais l'endroit parfait pour cela...fit-elle espiègle.

- Remy's finissais-je sachant à quel endroit elle pensait.

Ce restaurant où l'on dégustait des délicieux hamburgers et de succulents milkshakes se situait à côté du poste de police. Et Johanna et moi avions commencé à y aller lors de l'affaire ou au début de notre histoire. Katie m'avait rigolé au nez quand je lui avais dit que c'était peut être un signe du destin si Castle et elle y avaient leurs habitudes. Mais c'était un lieu important pour nous quatre, entre ses murs s'étaient tissées deux relations professionnelles, amicales puis amoureuses. Je me levais à mon tour du sofa pour la raccompagner à la porte.

- A bientôt Jim, merci de m'avoir pardonné.

- Il n'y avait rien à absoudre dans ton action.

- Merci.

- Eternellement, fis-je en lui déposant un dernier baiser sur les lèvres.

Mon cœur en était serré à l'idée de la laisser partir alors qu'elle venait tout juste de revenir dans ma vie. Mais j'espérais de la revoir bientôt et priais secrètement pour que Katie entende ce qu'elle avait à dire et nous donne cette chance inestimable de former de nouveau une famille.

Références utilisées

1 Référence aux propos de Martha, Saison 4 Episode 19.

2 Titre d'un film de Jacques Audiard, 2005.

Passez une bonne semaine!