Ce petit OS est une songfic en fait, à l'image de « L'Encre de tes yeux » et « Plus là » :). Cette fois, c'est construit autour d'une chanson de zazie que j'adore, « Ca » (paroles en italiques). J'ai toujours hésité entre deux interprétations, pour cette chanson : une relativement positive, et l'autre plus pessimiste. Mais je pense savoir laquelle conviendrait le mieux, vu le sens. Mais laquelle ai-je choisi pour finir ? Héhé...
C'est Tetsu qui parle, au fait :)
Ca
On oublie les adresses
Comme les gens qui nous blessent
On oublie sans cesse
Les jours d'anniversaire
Et nos clés, les repères, on les perd
Ce qui est important est tout relatif. Quand on y pense, c'est vrai. D'une personne à une autre, d'une situation à une autre même, selon le temps, le lieu, les circonstances... On y accorde plus ou moins d'intérêt. Ce qui nous a profondément touché pourrait juste nous survoler, si c'était arrivé un peu plus tôt ou plus tard. Tout cela pour quoi ? Pour dire que ce qui est important ne se voit pas forcément d'entrée de jeu. Et se mérite. A quoi bon s'attacher à ce que tu portais ce jour là, à comment tu étais ?... Ce n'est pas intéressant, non ? Je ne m'en souviens pas. Comme bien des choses dans ma vie, je l'ai occulté. Par ennui profond, désintérêt ou peut-être parce que toute la place était occupée, dans ma tête. Et si ce n'était que dans ma tête...
Quelquefois, j'ai été en colère. Blessé. Déçu, même. Et quand c'est arrivé, c'était du sérieux, du concret. J'étais sincère, quand j'étais hors de moi ou triste. Et quelques heures, jours, ou plus tard selon le cas... Je me trouvais bien bête, d'avoir accordé tant d'importance à des futilités. C'est comme cela que si on vient à m'en reparler, je serai étonné. Je ne me souviens pas. Ca n'était que passager, au fond. C'était important à un temps donné, mais ça n'a pas tenu la distance. Car ça n'avait pas de valeur ni ne méritait pas qu'on s'y attarde. Mais finalement... Finalement, est-ce bien de faire ainsi ? Car si on fait l'impasse sur ces choses dites futiles, c'est aussi bien... Mais à nier ou dénigrer ce qui à un moment donné nous a fait bondir, est-ce qu'on ne se nierait pas soi-même un peu, aussi ? Je ne dis pas qu'il faudrait être traumatisé à chaque broutille et s'en souvenir comme d'une blessure de guerre, non... Mais si on y a porté de l'intérêt, c'est une partie de nous, en fait. On devrait peut-être au moins respecter ça. Sans cela, plus de points de comparaison, de limites, de repères, tout simplement. Plus de jugement de valeur sûr, finalement. Et un jour, il ne s'agira plus de simples broutilles...
On oubliera les chaînes
De nos vies qui se traînent
On oublie quand même
Mais il est une chose à laquelle
Nous resterons fidèles
Les yeux, la voix
Les mains, les mots d'amour
Ca reste là
Le jour et l'heure
La peau, l'odeur, l'amour
Ca reste là
C'est fort encore
C'est mort, d'accord,
Mais ça ne s'oublie pas
Ne s'oublie pas
Ça
On n'oublie pas
La mémoire est donc sélective. On ne se souviendra pas d'une dispute cinglante avec un passant quelconque, puisque hormis sur le moment, cela n'a eu aucun impact dans notre vie. Mais à l'inverse, il est des choses qui fonctionnent autrement. Des choses qu'une personne extérieure à notre bulle trouverait futiles. Peut-être même en riait-elle, allez savoir ? Elle me traîterait de romantique, se moquant gentiement de mon vague à l'âme... Sans méchanceté, par taquinerie... Mais sans comprendre que ces petits détails insignifiants sont le sel d'une relation. Savoir que tu aimes les caramels, c'est génial. Vous ne comprenez pas qu'il s'agit là d'une information capitale ? Non ? Et bien... Moi, c'est ce qui m'intéresse. Parce que tu es un être qui en recelle des dizaines et des dizaines, des petits détails de ce genre. Et ces petits détails mis bout à bout... C'est toi. Ce que tu es, ce que tu fais, ta richesse... Ce n'est pas parce que tu es né tel jour et que j'oublie de te le souhaiter, que tu es exceptionnel. Si tu l'es, c'est parce que tu deviens intenable dès que la neige se met à tomber. Parce que ton rire est un chant merveilleux. Parce que tu vérifies dix fois que tu as bien prix ton portable, tes clés et tes cigarettes, quand tu quittes un endroit. Parce que quand tu es pensif, tu regardes la fumée que tu recraches, et tu la suis du regard jusqu'à ce qu'elle se dissipe. Tout ça, c'est le plus important. Et je m'en souviens. Quoi qu'il se passe, je m'en souviendrai.
Et si je ne me souviens pas de ces dates qui importent peu à mes yeux, d'autres en revanche sont gravées à jamais dans ma mémoire. Certains jours. Là aussi, ce sont deux qui comptent. Le première fois où nous avons passé une nuit ensemble. Vivrai-je encore cent ans, jamais je ne l'oublierai. Tes mains sur ma peau et ton souffle dans mon cou... Tes yeux brillants... J'en frissonne, rien que de fermer les yeux et d'y penser... Si j'y pense assez longtemps, je peux me rappeler également du goût de tes baisers. A la cerise ou la menthe, selon si tu es chewing-gum ou cigarette à ce moment là. Et toujours tendres. Comme si j'étais un objet fragile dont il fallait que tu prennes soin.
Des jours à ne pas oublier, il y en a beaucoup, avec toi. Puisque tu as été ma source de joie, mon inspiration, et ma flamme. Je me demande si une personne a déjà eu autant d'importance que tu n'en as eu pour moi ? Tu étais tout. Tu l'es encore, d'ailleurs, même si les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Car ce qui s'est passé ne change rien. Peu importe la fin, ou la continuité au moins, ce que je ressens ne change pas. Jamais.
J'oublierai ce mois d'août
Où j'ai dû faire la route
Sans toi, sans doute
J'oublierai ma défaite
Et le rêve qui s'arrête
J'oublierai peut-être
Mais j'y pense encore quelquefois
Et ça ne s'explique pas
S'explique pas
Et puis il y a les moments que l'on oublie volontairement, bien sûr. Et quelquefois avec succès, d'autres fois moins ou pas du tout. Parce que c'est un « mauvais souvenir », comme on dit. Alors on se dit que ne plus y penser, faire comme si ça n'avait jamais eu lieu, ça effaçera tout. Certains appellent cela de la lâcheté. Moi, je me suis toujours plu à penser qu'il ne s'agissait là que de naïveté. Bêtise, surenchérisseraient certains. Foi en toi, et en nous, je leur répondrai. Ainsi, ce jour là... Ce jour que j'aimerai effacer de ma mémoire mais qui s'y accroche toujours... Tu étais à bout. Comme moi, tu en avais assez. Assez de te cacher de tout et de tout le monde. De déployer milles ruses pour venir me retrouver ou faciliter mon accès jusqu'à toi. Même à nos amis, nous n'avions rien dit. De stratagèmes en stratagèmes, on peut dire que nous avons développé notre ingéniosité. Tout cela pour voler quelques moments à nous dans des lieux perdus mais tranquilles ? Inévitablement, toute personne se poserait cette question, au bout d'un certain temps passé à fonctionner ainsi : le jeu en vaut-il la chandelle ? Nous nous la sommes posé. « N'es-tu pas fatigué de tout ça ? ». « Tu ne voudrais pas que la personne que tu aimes, tu puisses te promener fièrement avec elle dans la rue ? ». « Crois-tu qu'on passera notre vie ainsi, sans se lasser ? ». « Peut-être que c'est justement ce côté risqué, qui nous fait tenir, paradoxalement ; sans cela, m'aimerais-tu quand même ? ».
Cette dernière question, Hyde, elle m'a brûlée de l'intérieur, quand elle a franchi la barrière de tes lèvres. J'aurais presque pu te gifler, si tu ne m'étais pas si précieux. C'était la surenchère. Presque était-ce à qui dirait la chose la plus énorme. Mais c'étaient surtout nos peurs, nos angoisses, nos doutes, que nous nous jettions à la face comme une balle qui nous arrive entre les mains, et qu'on renverrait directement à la personne. C'était comme un jeu. Le jeu de la vérité. Tu m'aurais dit : « c'est fini », ça ne m'aurait pas fait plus d'effet. En une question, tu as douté de nous d'abord, de moi ensuite. J'en ai dédui que c'était toi, qui ne m'aimais plus. Que tu cherchais là l'occasion rêvée pour te délivrer de l'amour que je te porte, et qui t'emprisonne. J'avais perdu. Je n'ai pas réussi à te donner assez confiance en moi et en notre histoire. Les évènements, le contexte ont eu raison de nous. Je suis reparti sans attendre de cet endroit où nous avions pu nous rejoindre pour un week end en amoureux... Je crois que j'aurais pu faire une chose stupide, vraiment. En conduisant, je pleurais tant que je ne voyais plus la route. Je crois bien n'avoir jamais pleuré ainsi. J'étais en colère contre moi-même et je regrettais déjà d'être parti comme ça. Je me souviens m'être dit : « si je peux le revoir... Là... Maintenant... Alors tant pis... J'accepterai tout, pourvu qu'il reste avec moi. Et je lui dirai que je l'aime ». Car je n'avais jamais eu le cran de te le dire. Pour moi, ce fut la fin d'une ère, la fin de mon monde, la fin de tout. Si je te perdais, je perdais tout. C'était cruellement simple.
Et puis je me suis arrêté sur le bas côté, comme je n'y voyais plus. J'ai tenté de me calmer. Mais rien à faire. J'avais l'impression que chaque larme me broyait les entrailles, que mon coeur se serrait, se rétrécissait... Et puis au moment où je n'y croyais plus... Des doigts qui toquent à la vitre de ma voiture. Devant, sans que j'y prête attention, une voiture s'était arrêtée sur le côté, une minute auparavant. Mais je n'avais rien vu, rien entendu. Et maintenant, cette main tapait de façon plus marquée sur ma vitre. Tu allais finir par lancer un pavé dans ma portière, si je ne faisait rien. Alors j'ai ouvert la vitre, et j'ai vu que tu étais dans le même état que moi. Peut-être même pire. Je ne t'ai plus jamais revu pleurer autant. Pour moi ? Etait-ce pour moi ? Avec une rapidité et une nervosité incroyables, tu as passé ton bras par ma vitre ouverte, pour ouvrir ma portière depuis l'intérieur. Et tu as ouvert, comme si tu voulais l'arracher. Tu t'es jeté sur moi au mépris du volant dans ton dos, de tes jambes encore à l'extérieur, peu importait. Tu ne cessais de m'embrasser, de me supplier de te pardonner, de t'excuser. Aurais-je voulu parler, je n'aurai pas pu en placer une de toute façon. J'ai compris que la fatigue et la frustration qui moi, me rendaient irritables, te décourageaient, te fatiguaient. Au lie ude nous rassurer, nous nous étions fait peur. Je ne t'ai jamais vu si paniqué, si terrorisé même, tandis que tu passais tes bras tremblants autour de mon cou et que tu pleurais à chaudes larmes sur mon épaule. Tu vais vraiment cru que c'était fini, me disais-tu, et tu ne le supporterai jamais.
En fait, j'ai voulu oublier ce jour car si tout s'est bien terminé, j'ai connu une telle souffrance avant cela qu'il m'est douloureux de quand même y repenser... Mais je comprends maintenant. Je ne peux oublier ce qui fut la pierre angulaire de notre relation. Ce qui décida de la suite. Ca nous a rendu plus forts. A la fois nous individuellement, et notre 'nous deux'. Plus mûrs aussi, plus confiants l'un en l'autre. Plus amoureux, aussi. Un mal pour un bien, somem toute. Alors ce douloureux souvenir, ma mémoire se refuse à le laisser s'en aller, pour que je me souvienne chaque fois que nécessaire, qu'entre nous, c'est plus solide que n'importe quel matériau.
Tes yeux, ta voix
Tes mains sur moi
Toujours, ça reste là
Le jour et l'heure
Ta peau, l'odeur
L'amour, ça reste là
C'est fort encore
C'est mort, d'accord,
Mais ça ne s'oublie pas
Ne s'oublie pas
Ça
Ce qui ne s'en ira jamais, ce sont les sensations. Car à part ton odeur, que puis-je respirer ? C'est pour cela que lorsque je dors chez toi et que tu ne viens pas tout de suite au lit, je me couche de ton côté, la tête dans ton oreiller. Parce que c'est ton odeur. Et il n'y a quelle qui em rassure. Quel autre regard me troublerait autant, sinon le tiens ? Ton regard profond, pénétrant, tantôt malicieux, tantôt innocent. Charmeur, souvent. Captivant, toujours. Jamais un regard ne m'aura autant fait perdre tous mes moyens, ni mis en émoi mon corps et mon coeur. Tes baisers me suffiraient, pour tout repas. Bien que ceci étant, je ne suisse m'en rassasier. Ils ont toujours un goût délicieux, fruité. Je pourrai caresser ta peau durant des heures sans me lasser. Jamais peau n'aura été plus douce que la tienne. Et ce que j'aime particulièrement, c'est te sentir réagir sous mes doigts. Avoir un petit frisson ou gigoter parce que je te chatouille un peu... J'adore savoir que j'ai ce pouvoir sur toi. A part ta voix, quoi d'autre écouter ? Ta voix inégalable, qui murmure à mon oreille ce que je désire tant entendre... Qui m'écrase parfois de sa puissance. Qui me charme toujours, par sa beauté. C'est ça, qui est important.
Je n'oublie pas
Les yeux, la voix
Tes mains sur moi
Les mots d'amour
Ca reste là
N'oublie pas
Que ça ne s'oublie pas
Le jour et l'heure
La peau, l'odeur
L'amour c'est là
On n'oublie pas
N'oublie pas
Que je ne t'oublie pas
N'oublie pas
Que je ne t'oublierai jamais
Tu le sais aussi. Il y a bien longtempe que je n'en doute plus. Ces choses que je pense et que je dis, tu pourrais fort bien me les dire à ton tour. Entre tous, tout est affaire de sensations procurées à l'autre. Ca nous émeut, nous excite, nous passionne, nous renverse. Et tu es le seul à pouvoir me faire ça. C'est pareil pour toi, je le sais bien. Ce que l'on a est rare et précieux, inestimable, même. Et tu l'as compris avant moi. Je m'en aperçois maintenant que j'y pense. Tu l'as su dès le départ. C'est pour cela, ta réaction... Tu avais peur d'être le seul à aimer autant. Ce n'était pas un repproche ni un aveu déguisé, cette fois-là. C'était la peur que je te laisse. Ce que je pensais, moi, quand je me disais que je n'y arriverai pas sans toi... Tu en as pris conscience avant moi, n'est-pas ? Finalement, des choses que l'on oublie, il y en a presque autant que celles que l'on n'oublie pas. Et s'il ne faut jamais dire 'jamais', je sais bien, moi, qu'il y a une chose que je ne pourrai jamais faire partir de moi, même si je le voulais. C'est toi. Comment pourrais-je te 'faire partir' alors que tu es une partie de moi ? Enlever sa moitié ne rime à rien... Pensez-y bien, s'il te plaît. Penses-y alors que pour des raisons professionnelles, tu as dû t'éloigner de moi quelques jours. En partant en Chine, tu m'as dit en riant à moitié : « ne m'oublie pas ». Voilà tout ce que je te réponds, moi. Je ne pourrai jamais t'oublier et je t'aime. Je t'aime et je t'attends.
Tetsu
