Cette histoire m'a été inspiré par la Saga Twilight. Merci à son auteure Stephenie Meyer.

CHAPITRE 13

(Bella)

Après avoir roulé plus de 3h pour rejoindre mon domicile, je quittais l'habitacle de ma voiture, courant vers la maison de mes protecteurs.

Laurent apparut à la porte avant que je n'ai eu à y frapper. Il me prit dans ses bras, alors que j'éclatais en sanglots.

- Bella, je suis désolé pour toi. Je sais que c'est dure pour toi de les revoir, mais calme toi.

- Je ne peux pas, dis je.

- Cela fait 4 ans que tu fais ça, je sais que c'est une peine de plus, peut être devrais tu te résoudre à ne plus faire cette visite…

- Non, criai-je en le repoussant loin de moi, tu ne comprends pas, tu ne comprends rien. J'aurai dû être avec eux. Je voudrais que cette histoire soit conclus, que le procès soit passé, je n'en avais parlé à personne de mon entourage, seul le procureur Darcy le savait.

Je reprends mon souffle. Il me regarde, il ne dit rien.

- Mais aujourd'hui Laurent, j'ai vu mes enfants, mon père, mon mari et mon premier amour, j'ai vu que le bonheur était possible et que je n'y aurais pas droit. Je n'en peux plus. Que font tes connards de collègues du FBI, quand ma famille me croit morte et que je dois user de subterfuges débiles…

Je lui lance la perruque dessus et me laisse choir au sol, perdant pieds avec le reste du monde.

- Je l'ai vu Laurent, murmurai-je.

- Oh Bella, je suis désolé pour…

- Non, j'ai vu ses yeux sur moi, je sais qu'elle m'a reconnu, elle a couru après ma voiture et Jake…

Je fonds en larmes, incapables de les retenir plus longtemps.

- Qui, Bella?

- Ma f…ille, couinai-je.

- Quand, comment…, cria-t-il.

Il tourne en rond, je n'ose faire un geste, il est en colère.

- Et merde Bella, on te l'avait dit, merde, merde, merde et remerde.

Il baisse la tête vers moi, je sens sa présence, mais je ne dis plus rien, seuls quelques uns de mes sanglots troublent le silence qui nous sépare.

- Bella!

Je lève la tête surprise.

- Bella! Excuses moi, dit il en me tendant la main.

Je la lui prends, et me redresse.

- Que c'est il passé, me demande t'il.

Alors je lui dis tout. Mon époux et son meilleur ami, Edward. Mon père, Macen si beau, avec son fan club. Ma fille Béthie, exubérante. Et puis ses yeux, son regard sur moi, son appel, ses cris, Jacob qui me regarde, elle qui court après moi, je la vois dans mon rétro, elle court, elle pleure, s'arrête et au moment ou je tourne au coin de la rue, je la regarde, triste de son état. Jacob qui la prend dans ses bras et me regarde, surpris. Quand la première maison de la rue me cache à leurs vues, je hoquète, ne m'étant pas rendu compte que j'avais arrêté de respirer, mes mains tremblent, puis mes bras, mon corps. Quand je m'engage sur l'autoroute, je suis dans un tel état de nerfs que je n'arrive pas à passer les vitesses. Et ce chemin que je fais en 2h, je le fais en 3h, n'arrivant pas à contrôler ma voiture, espérant fuir cette vision d'horreur, celle de ma fille qui m'appelle et qui crie dans ma direction:

« Maman, maman, reviens maman »

Je suis de nouveau au sol et je ne sais pas depuis quand j'y suis. Je sens qu'on me soulève, mon corps quitte la fraicheur salvatrice du sol, des bras me serrent contre un torse que je connais, celui qui m'a sauvé, il y a 4ans.

(Flash back: 4 ans plus tôt )

Froid, j'ai tellement froid, j'essaye de bouger mais une douleur, à la limite du supportable, ou de l'insupportable, traverse ma poitrine. Mon souffle se fait court, et la douleur est telle que je n'arrive pas à calmer mes tremblements. La brûlure que je ressentais dans ma poitrine, s'étend à tout mon corps, comme si mon être se consumait de l'intérieur. Je souffre, et la moindre cellules de mon corps semble crier sa volonté dans finir. Je ne sais plus où commence mon être et où il finit, ne sachant plus qui je suis, un volcan dont la lave brûle les flancs ou un glacier qui fond au pic du midi, impuissant face à la dégradation qu'il subit. Je ne suis plus maitre de ma personne et un bourreau sadique me torture, se plaisant, se ravissant de la douleur que je ressens, sans nourrissant.

La brûlure court le long de mes veines, créant des décharges d'adrénalines, je sens que je perds l'esprit, noyée dans une sensation de léthargie presque apaisante, si la flamme de mon sang ne carbonisait pas ma chair.

Juste avant de perdre connaissance, et de m'en dormir, un contact se fait sur mon bras et une aiguille qui se retire. Je comprends qu'on m'a injecté un calmant. Je remercie silencieusement cette main bienfaitrice, sombrant dans un sommeil profond et sans rêve.

Une lumière vive, des bruits, des voix métalliques, hachées. Puis le silence. J'ouvre les yeux, les referme sous l'intensité de la lumière, puis encore une fois, et encore, encore, jusqu'à ce que je ne cligne plus des yeux.

« Où suis-je, pensai-je, c'est quoi cet endroit »

Je ne parle pas, je ne peux pas, j'ai un tuyau dans la bouche et le simple fait de bouger mes lèvres me fait souffrir. Je les sens sèches et cisaillées.

Je bouge ma main, elle rentre en contact avec un tissu, le drap. Il est doux et ferme sur ma peau, lourd sur mes jambes. Je tiens quelque chose dans mon autre main et instinctivement, je la sers.

Alors que je suis dans la contemplation du lieu où je me trouve, je vois un pan de mûr pivoter sur lui-même et s'ouvrir. Un homme s'approche de moi, la cinquantaine, grand et mince, le teint halé.

- Madame Black, je suis le capitaine Adam Adler, je suis votre chirurgien.

Je regarde cet homme, je ne comprends pas. Je me souviens le restaurant, les coups de feu, mon assaillant, ma famille, les cris, Leah…

Mes yeux se fixe sur le docteur qui n'a pas repris la parole et me regarde.

- Né-mal-à-lagoge, dis-je

- Attendez Bella, je vais vous désintuber, après quelque temps vous parlerez comme avant. Je vous demande de mettre la tête en arrière.

J'obtempère.

- Oui, comme ça. Belle, je vais retirer le tube, je ne vous mentirai pas cela va faire mal. Vous savez-vous revenez de loin, il y plusieurs semaine que nous attendons votre réveil.

Il me regarde encore une fois, guettant une réaction de ma part, mais je souhaite en finir avec cette douleur.

- Les parois de votre œsophage sont sèches, je vais devoir y aller doucement, je commence Bella.

Douloureux! Ce type est un marrant, sadique mais avec de l'humour. Je priais pour que le supplice prenne fin mais il semblait vouloir durer une éternité. Je voyais à travers mes larmes, une longueur impressionnante de tuyau être retiré de ma cavité buccale, et une soif intense qui m'accable. Quand mon tortionnaire en a fini avec moi, j'ose parler.

- …soif.

- Désolé Bella, il faut attendre.

- Soif sivoupé, insistai-je.

- L'eau vous fera souffrir, je ne vous le conseil pas.

Malgré tout, Adam revint avec une bouteille du précieux liquide, accompagné d'une crème enrichie et d'une compote. Voilà ce que fût mon premier repas quand je repris « vie », dans ce que je croyais être un hôpital, mais qui se révéla n'être que l'une des annexes du FBI.

Quand je repris connaissance, et reprenant de même contact avec la réalité, ma mort avait été annoncé depuis 2 mois. Le procès avait été reporté, pour manque de preuve car mon témoignage n'avait pu être apporté. Le sénateur Slater reconnu d'abus de bien sociaux et de coopération malveillante avec un ennemi de la nation avait fui lors de son transfert du commissariat central de New York vers celui de Seattle.

Il était rare que 2 états travaillent ensemble alors que le jugement n'était pas donné, mais dans l'état de Washington, Le sénateur avait été accusé de détournement de fond, dans l'ancien canton qu'il avait occupé avant son investiture au poste de sénateur.

Cette affaire ne faisait pas parti de mes prérogatives, nous nous occupions d'affaire civile et mon autre collègue, Seth Clearwater s'occupait lui des affaires d'état.

Mais quelques jours avant mon agression, le procureur Mark Darcy, nous fit venir dans son bureau.

- Bella, Seth, prenez place, nous dit il.

- Que se passe t'il Mark, commença Seth.

- Nous avons un problème, et de poids.

- De quoi parlez vous, avais-je demandé.

- Le procès contre Slater nous a été retiré, pour suspicion de vol ou transformation de preuves et détournement de témoin, sans compter accord sur pot de vin.

- Quoi, s'écria Seth, qui en avait la responsabilité.

- Slater assure vous avoir verser des ars pour que sa peine soit allégée.

- Mais c'est absurde, c'est quoi ces conneries?

- Seth, s'il vous plait.

- Non, je ne le permettrais pas, merde ça non, Mark, non.

- Seth, gronda Mark.

- Mark, je ne l'ai pas vu depuis le procès et il était pas sur le même banc que moi. En dehors de l'interrogatoire auquel vous avez assisté, je n'ai jamais eu de contact avec cette ordure. Vous pouvez vérifier mes mails, mon courrier, ma correspondance, quelle qu'elle soit. Écoutez mes conversations téléphoniques, toutes sont enregistrées, je n'ai rien à me reprocher. Je suis blanc comme neige.

- Seth, c'est-ce que j'ai fais, votre appartement est à l'heure actuelle fouillé par des officiers et votre bureau l'a été.

- Quoi, dit mon collègue sous l'effet de surprise.

- Seth, un dossier a été trouvé à votre domicile. Le dossier « reliquat », ne vous dit rien?

- Je…

Seth s'était levé et arpentait la pièce. Il se mit face à nous, le regard baissé, et il commença.

- Je suis désolé, je sais que depuis l'affaire du 11 septembre, les dossiers sont interdit de sortis du bureau, même les affaires classées. Mais dans « reliquat », une des victimes était de mon clan et j'avais le devoir, j'ai le devoir, d'apporter des réponses et de savoir pourquoi Paul Uley, jeune homme de 19 ans, entré dans l'armé à 17 ans, a été retrouvé mort sur la propriété d'un riche expert boursier, ami et employé de Slater, et pourquoi l'affaire a été classé sans suite à la demande du même dit Slater.

- Seth de quoi parlez vous non de dieu, débita le procureur.

- Du fait que lors de son mandat à Washington, Slater a réussi à se soustraire à la loi et Paul a été accusé d'être un junky en manque, qui a loupé le casse qu'il entreprenait. Tout ça pour se payer de la dope.

- Seth, pourquoi ne rien m'avoir dit, soufflai-je.

- Je le devais à ma famille, à mon clan, ma tribu.

- Ta tribu? Lui dis je perplexe.

- Oui Bella, me dit il se tournant vers moi, je suis Quileute.

À partir de là, nous avions décider d'agir comme un seul homme. Chaque instant, chaque minutes de notre temps fut tourné vers cette affaire, et Seth avait raison, plusieurs pages du dossier avaient été tout simplement retiré. Rien à la lecture ne prouvait l'innocence de la victime, mais rien ne prouvait sa culpabilité. Paul Uley était une victime, mais de qui? Et pourquoi?

Mark, Seth et moi avancions, multipliant les interrogatoires et les rencontres avec les commanditaires, les témoins et les amis de la victime. Lors de notre enquête nous fûmes amener à interroger la troupe dont avait fait parti le soldat et tous avaient reçu pour ordre de ne rien dire et de se tenir au même discours.

- Paul était un bon camarade.

- Paul était en permission, pour voir sa famille.

- Paul ne se droguait pas.

- Paul n'est pas coupable.

Chaque entretien ne mener à rien, tournant court, avec une répétition quasi identique dans les mots comme dans les expressions. Jusqu'à ce que nous rencontrions le caporal chef Pamela Ridge, jeune femme brune, teint mat, yeux vert. La féminité incarnée. Des nos premières questions, Mark compris qu'elle nous cachait quelque chose. Seth et moi l'écoutions, puis elle se tourna vers nous et se mit face à Seth:

- Je l'aimais, je l'aime il devait m'emmener rencontrer son clan, il devait m'emmener à la Push ce soir là. Il voulais que sa tribu me rencontre avant de nous marier.

Elle se tut. Elle ouvrit la poche poitrine de sa chemise et en sortit une feuille de papier, pliée en quatre.

- C'est mon autorisation de sortie, pour ce soir là. Paul et moi cachions notre relation, comme vous devez le savoir, n'étant pas mariés, nous ne pouvions être un couple officiel, l'un de nous devez se sacrifier, pour que nous restions ensemble. Nous avions le même grade.

Seth avait un petit sourire aux lèvres. Il prit la parole.

- Mademoiselle Ridge, depuis combien de temps êtes vous affectée à cette unité, à cette base.

- J'ai fais mes classes ici et ai évolué au sein de l'unité comme chacun d'entre nous.

- Depuis quand connaissiez vous Paul?

- Nous avons intégré la même promotion.

- Pourquoi Uley? Vous êtes belle, vous le savez?

- Paul m'a soutenu là où de stupides machos me brimant dès que la situation le permettait.

- Des brimades? Demandai-je.

- Vous savez que dans notre armée, toute personne qui sort du lot est pointée du doigt.

- Particulièrement une ancienne Miss de beauté.

- C… comment savez-vous? Murmura-t-elle.

- Mon travail me prend beaucoup de temps, mais je suis l'actualité.

Je comprends le sourire de mon partenaire et le but de ses questions. Je souris à mon tour, suivi de près par Mark.

- Pouvez vous nous en dire un peu plus Caporal, lui demandai-je.

Elle me regarde, un silence se pose et dur. Alors que je m'apprête à lui reposer la question, elle pousse sa chaise et se lève. J'attends qu'elle nous explique mais je la sens au bord des larmes.

- Messieurs, pouvez vous nous laisser un instant seules, je vous prie.

- Bien sur Bella, dirent ils.

Pendant que les deux hommes sortent de la pièce, je m'installe au centre de la table, coté opposé au sien. Je fais glisser ma chaise au sol sans aucunes discrétions, pour que la jeune femme sorte de sa transe. Au bout de longues minutes, elle tourne sa tête vers moi. Elle ne parle pas, tentant un sourire qui finit en grimace. Ses émotions sont à leur comble. Pour lui montrer que je suis là pour l'écouter, je m'adosse à ma chaise et croise mes jambes, posant mes mains sur mes genoux.

- Je ne souhaitais pas tout ça, dit elle accompagnant ses paroles d'un geste ample de la main.

Je l'écoute.

- La première fois que je l'ai vu, je l'ai trouver beau. Il avait de long cheveux noirs, qui lui tombaient au creux des reins. Il était devant la baraque du coiffeur. Il m'a vu et m'a souri. C'était le premier sourire que l'on me faisait sur la base qui ne sous entendait rien d'autre.

Elle pris une gorgée d'eau du verre face à elle.

- Le préposé à la coupe n'était pas là. Il est quand même rentré dans le baraquement. Il se les ait coupé lui-même, après s'être fait une épaisse natte, attachée par un cordon en cuir. Il les coupa net, à la base de son crâne. La tresse glissa doucement au sol, mais je ne vis que l'expression sur son visage. Il me dit plus tard que dans sa tribu la longueur des cheveux permettait de reconnaitre les hommes valeureux. Il a fini sa coupe à la tondeuse. Je me suis assise face à la glace et lui ai demandé « la même, soldat ». Il a rit. Il fit une queue de cheval des miens et coupa à la base de mon crâne. Ce fut net et rapide. Mes cheveux étaient dans ses mains, mais son regard était vissé à celui de mon reflet. « Paul Uley, enchanté », je lui souris « Pamela, Pamela Ridge ». Dès cet instant, on ne sait plus quitté.

À ce moment là, je sus que nous irions au bout de cette affaires. Mais en faisant ce choix, je ne savais pas que nous signons notre arrêt de mort.

Le 31 mai, je fus abattue, et survécue.

Le 9 juillet Mark Darcy trouva la mort dans l'explosion de sa voiture.

Le lendemain, Seth fut frappé et laissé pour mort.

( Fin du flash back)

Après 4 ans, sa famille n'avait plus l'espoir de le voir reprendre connaissance, il était dans le coma.

Aujourd'hui, je suis la seule. Le soleil se lève et nous sommes le premier Juin. Hier, le pire s'est produit.

En acceptant de devenir un témoin protégé, j'ai fais le choix difficile de tenir ma famille à l'écart. Je sais que ma famille m'a reconnu, alors je prends la décision de revenir dans leur vie, à tous.

Le temps de tout mettre en place, et je reviens vers le bonheur qu'on m'a enlevé.