merci aux trois courageuses de m'avoir envoyé leurs supers messages qui "font du bien", parce que j'ai la désagréàble impression qu'ils se font d eplus en plus rares... je sais pas si ça vaut le coup de continuer... je vais y réfléchir mwahahahahha (oula, trop de SVT en une journée excusez-moi)
alors, traditionnelle réponse aux reviews!
aelwing: bientôt ça veut dire maintenant... voilà voilà chose promise chose due. je sais ce que c'est t"inquiète pas, je suis pareille. en tout cas, merci pour tes encouragements car ca fait toujours plaisir et j'espère que tu vas contribuer à allonger ma liste de reviews pednant un p'tit bout de temps!
jeni aletbuffy: merci merci! première review de ta part si je ne m'abuse, alors trés flattée!
flo: (qui m'est fidèle depuis le début lol, ben ouais, c'est bien de le préciser quand même) mais continue de te répéter! je t'en prie, moi ça me va tout à fait... je suis contente d'avoir réussie à te tenir en haleine puisque c'est ça le grand secret de PB alors si j'arrive à faire à peu près le même effet avec mes petits chapitres ridicules, que demander de plus?
voilà donc le nouveau chapitre! enjoy!
La foule allait et venait sous ses yeux sans lui prêter la moindre attention. Tant mieux. Cela lui serait alors plus facile. De son poste d'observation, Michael Scofield, adossé au mur froid et râpeux de la gare de Santa Fe, avait une vision parfaite de ses compagnons de route. Kellerman était en train de régler les derniers détails avec le contrôleur du train, un pauvre bougre pour qui l'unique animation de ces trois derniers mois se résumait au transport d'un prisonnier. Quant à Sara, elle attendait patiemment avec Lincoln, sur un banc de la station, comme si de rien n'était. La jeune femme semblait ailleurs. En tout cas, c'était ce qu'en avait conclu Michael après avoir passé dix bonnes minutes à la scruter du coin de l'œil. Et pendant dix minutes, il avait dû supporter l'idée que Sara était assise à côté de son frère. Ce n'était pas à Lincoln de s'occuper d'elle, il en était conscient. Mais un plan était un plan et il ne fallait en rien déroger à la règle. Cela faisait donc dix minutes, non, plutôt onze, que Lincoln était à quelques centimètres à peine de Sara, à pouvoir respirer à volonté son odeur, sentir son faible souffle sur sa joue, frôler son genou du sien avec un faux air de ne pas y toucher… et que Michael devait supporter ce spectacle. Un homme jaloux c'est vraiment pathétique.
Un coup de vent lui balaya le visage, éparpillant ses cheveux, à présent bruns, avec un sadisme évident. Cela faisait environ dix minutes que Sara patientait sur ce banc de béton, et elle n'avait cessé de rabattre les mèches rebelles derrière son oreille d'un geste agacé. Mais peut être était-ce dû à autre chose qu'aux fâcheuses conditions climatiques ? Peut-être que cette manie venait du fait qu'elle sentait le regard brûlant et possessif de Michael sur elle, même si elle lui tournait le dos. Michael possédait le genre de regard que vous ne pouviez feindre d'ignorer. Toutes ses visites quotidiennes à l'infirmerie lui avaient au moins appris ça. On ne néglige pas le regard de Michael Scofield. Encore moins quand il est braqué sur vous. Encore moins quand vous vous sentez rougir à vue d'œil. Sara se mit soudain à exprimer sa gêne par un tremblement du genou des plus énergiques. Lincoln qui semblait avoir pris ça pour un signe de stress se tourna vers elle.
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- Ca va, Doc ?
Sa voix rauque et tranchante la fit sursauter. Sara savait parfaitement que tourner la tête vers Lincoln Burrows reviendrait à avoir Michael dans son champ de vision. C'était risqué. Sara en avait conscience. Mais elle prit le risque.
Elle ne cilla pas.
- Disons que j'essaye d'aller au mieux quand on sait que maintenant, je suis aussi recherchée que vous, si ce n'est plus.
Un silence. Une tentation. Une résistance. Elle ne cilla pas.
- Doc… Sara, je… merci.
Elle ne cilla pas.
- Vous n'avez pas à me remercier, Lincoln. J'ai fait ce que je croyais juste et pour moi, condamner un innocent ne fait pas partie de ma conception de la justice.
Ca sonnait faux. Peut être pas pour Lincoln, mais Sara, elle, le savait. Ce genre de réponse c'était bon pour les autres, mais la jeune femme connaissait au fond d'elle-même ses réelles motivations. Et elles étaient à l'origine même de son overdose. Une impulsion causée par le remords. Non pas celui d'avoir fait ce qu'elle a fait. Mais celui de l'avoir fait pour de mauvaises raisons. Des raisons trop personnelles pour être louables. Alors non, Lincoln n'avait pas à la remercier.
- J'y tiens. Je suis quelqu'un d'assez distant. Les grandes démonstrations, c'est pas vraiment mon truc. Mais je ne suis pas ingrat pour autant. Je sais tout ce que vous avez fait pour nous, alors que vous n'aviez aucune raison de le faire et je sais aussi dans quelle situation ça vous a mis. Je suppose que Michael vous l'a dit mais… on ne serait pas là sans vous alors… merci.
Sara ne répondit rien. Y avait-il quelque chose à dire de toute manière ? Elle se contenta pour unique réponse de lancer un regard bienveillant et reconnaissant à Lincoln… sans ciller.
Un silence gênant s'installa entre eux bien rapidement. Il était relativement différent de ceux qu'elle se plaisait à entretenir avec son frère. Sara commençait à être mal à l'aise.
- Alors, vous et mon frère…
Là, elle était mal à l'aise. Ses joues se teintèrent en un joli rouge écarlate mais l'étrangeté de cette question lui décrocha un sourire franc. Toutefois Sara s'arrêta bien vite de sourire lorsqu'elle se demanda si Lincoln attendait une réponse. Etait-ce une question du reste ? Sara aurait tout donné pour que ça n'en soit pas une. Est-ce que cela signifiait-il pour autant qu'elle verrait un soulagement dans le fait que les autres croient qu'elle et Michael étaient bien plus que ceux qu'ils prétendaient. Pour cela, il fallait peut être prétendre quelque chose car si ses souvenirs étaient bons, Sara avait clairement fait comprendre à Michael que ce n'était pas la peine d'attendre quoi que ce soit de sa part au vu des derniers évènements. A cet instant précis, la jeune femme se surprit à ressembler à son père. Prendre des décisions que tout le monde regrettait à commencer par soi même, c'était une marque de fabrique chez les Tancredi. Une décision prise sur un coup de tête, comme ce fameux coup de téléphone. Pourtant, c'était une décision qu'elle n'avait pas eu à regretter, et ça c'était sûrement dû au fait que son message n'avait eu d'incidence sur personne, et surtout pas sur Michael, pour la simple et bonne raison qu'il ne l'avait pas écouté. Un sentiment d'indignation s'empara d'elle. Sara avait quand même une dignité et avouer ses sentiments à une boîte vocale perdue dans les limbes de la téléphonie y portait sérieusement atteinte.
- Ecoutez, je ne vous parle pas de ça pour me mêler de la vie de mon frère, j'y suis déjà bien assez mais… je crois qu'il y a certains détails dont il faudrait que je vous parle.
Et voilà, elle avait cillé.
Elle avait cillé mais cela n'eut guère d'effet sur son rythme cardiaque car Michael n'était plus là. Ses yeux bleus non plus. Logique…
La jeune femme se sentit soudain happée par le froid de cette austère journée de juin. La chaleur qui la nourrissait jusque là l'avait abandonnée et encore une fois, Sara se sentit particulièrement mal à l'aise.
Ce sentiment ne la quitta que lorsque le train s'arrêta le long du quai, et que ses beaux yeux noisette rencontrèrent enfin l'immense étendue marine qui s'offrait à elle de l'autre côté de la voie.
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Kellerman prenait un malin plaisir à malmener quelque peu le captif. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait Michael Scofield, menotté par ses soins et qui plus est, volontaire. Ils furent les premiers à monter à bord mais la foule de voyageurs les assaillit rapidement. Se frayer un passage parmi les familles, les hommes d'affaire et les amoncellements de bagage n'était pas chose facile et les deux hommes durent batailler pour atteindre enfin le compartiment que le bon vieux contrôleur avait réservé à leur intention. Qui aurait cru qu'il suffisait de voyager menottes aux poignets pour avoir enfin un compartiment personnel ?
- Enlevez-moi ça.
Michael fixait avec autorité l'agent qui refermait enfin la porte coulissante derrière eux, préservant ainsi leur intimité. Lorsque Paul lui fit face, il avait une expression de défi sur le visage qui ne semblait pas plaire du tout à Michael. De longues secondes passèrent sans qu'aucun des deux hommes ne dise un mot, préférant se provoquer d'une simple œillade, c'était tellement plus impressionnant…
Paul fut le premier des deux à capituler. Sans toutefois effacer cet air arrogant et amusé qu'il se plaisait à offrir au monde, il sortit les clés de sa poche, avec une lenteur exaspérante. Enfin libre, le beau brun se massa vigoureusement les poignets, les menottes avaient été trop serrées mais ça ne l'étonnait même pas.
- Ca fait mal ?
Devant l'air perplexe de Kellerman, Michael lui désigna son épaule blessée d'un signe de la tête.
- Encore trop à mon goût.
- Tant mieux…
Ces mots, à peine murmurés, ne faisaient pas un grand effet à Kellerman. Il avait appris à passer outre. C'était ce qu'il avait toujours fait. Parce que c'était une ordure, et qu'il l'avait choisi. Non, ces paroles ne le touchèrent pas. Il était évident que ce qui lui fit mal, contrairement aux mots de Michael, c'étaient ses gestes. Comme celui de le pousser violemment contre le mur. Là, Paul se sentit blessé, meurtri. Sûrement parce que Scofield compressait son épaule, parce qu'il appuyait là où ça faisait mal, au sens propre du terme. Il retint un hurlement de douleur mais ne put contenir le gémissement qui le gagnait plus longtemps. Lorsqu'il ouvrit les yeux pour constater que le visage de Scofield n'était plus qu'à quelques centimètres à peine du sien, Paul put l'entendre lui chuchoter à l'oreille d'un ton saccadé:
- Depuis que Sara est là, je n'ai pas eu l'occasion de me retrouver seul avec vous. Alors je vais profiter de ce moment. Paul. Si je vous vois toucher, à un seul instant, à l'un de ses cheveux, je vous jure que je vous tue. C'est compris ?
Kellerman lui cracha au visage que son petit discours devenait lassant. Même position, mêmes menaces, et même réponse.
- La première fois, c'était surtout un avertissement. Là, c'est en est vraiment une.
Mais la différence majeure entre les deux scènes, et malgré sa situation quelque peu inconfortable, Paul le nota tout de suite, c'était l'état d'esprit dans lequel était le jeune homme. La colère froide dont il avait fait preuve jusque là s'était soudain muée en véritable courroux. Une haine déclarée et violente. Beaucoup moins maîtrisée. Beaucoup moins crédible. Et pourtant tellement sincère. Lorsqu'il était question de la belle Sara, le calme et troublant Michael Scofield n'était plus rien. C'était juste un homme, aveuglé par ses sentiments comme l'étaient tous les autres, poussé au paroxysme d'une attitude qui lui allait si mal d'habitude, la violence. C'était Michael qui avait refusé catégoriquement d'en finir avec Bob le gardien. C'était Michael qui avait accepté de libérer les trafiquants blessés de Bolchoï Booze. C'était Michael qui avait dissuadé Kellerman de loger une balle dans la tête de ce caméraman. Et c'était Michael qui aujourd'hui, semblait perdre la tête pour cette femme, laissant ainsi s'exprimer le côté bestial et d'ordinaire réprimé de Michael Scofield. Le jeune homme se fichait complètement de ce qu'il proférait à l'encontre de Kellerman. Il se fichait encore plus des grimaces de douleur de ce dernier. Tout ce qu'il attendait de sa part, c'était une réponse. La réponse qu'il n'avait pas eue au motel. Une réponse qu'il avait besoin d'entendre, aussi mensongère soit-elle.
Mais encore une fois, c'était quelque chose que Kellerman ne semblait pas décidé à lui accorder. Un faible coup contre la porte l'en empêcha. La porte s'ouvrit d'une lenteur excessive sur Sara dont l'expression était imperturbable. Michael s'écarta de Paul, qui tentait d'adopter un air nonchalant, mais c'était peine perdue. Il avait encore trop mal pour ça. Avec un dernier regard pour Scofield, Paul s'éclipsa, non sans avoir frôlé la jeune femme en passant, la contractant de tout son long. Elle ne décrispa la mâchoire que lorsqu'elle se retrouva enfin seule avec Michael.
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Lincoln se tenait tranquille, à l'abri des regards indiscrets. Le semblant de siège sur lequel il était assis n'était peut être pas de premier choix mais c'était plus que ce qu'il aurait pu espéré en ce moment. Un visage attira soudain son attention. Familier. Et dérangeant. Un visage lunaire au regard insoutenable. L'étiquette : disjoncté semblait collée sur son front et l'effet était d'autant plus saisissant que ce visage ne bougeait pas, immobile. Emprisonné dans cette surface glacée, connu du monde entier pour cette expression de folie qui dansait dans ses pupilles, largement identifiable malgré la qualité assez précaire de la photographie. Une photo en noir et blanc, comme les sept autres qui pouvaient maintenant prétendre au titre de photographies les plus célèbres du pays. Les plus tristement célèbres. Sous cette photo qui composait en partie la une de ce journal que ce vieil homme en costume, à quelques mètres face à lui, semblait passionner, des lettres en majuscule s'entremêlaient dans une danse folle, pour former un titre morbide, la grande mode de ces dernières semaines : LE DECES D'UN AUTRE EVADE DE FOX RIVER : QUATRE COURENT TOUJOURS.
