Hello les gens ! Après le succès mitigé de mon dernier OS, je suis de retour en force ! (ou pas)
Nouvel OS, sensiblement plus long, mais la quantité ne fait pas la qualité, nous le savons tous... Sauf que l'espoir fait vivre ! Au moins, ça vous fera de la matière pour que vous me laissiez une 'tite review siouplaît ? Positive ou négative, d'ailleurs. Les deux sont constructives ;)
Merci à LAurore, janeandteresa, leelou09 et s-damon-s pour vos reviews ! ^^
Allez, place à l'action ! Ne vous attendez pas à des courses poursuite non plus ;) Oui oui, je m'en vais...
Moments volés
Assise à la terrasse d'un café, Lisbon observait la rue à quelques mètres. En fait, son air rêveur prouvait surtout que ses pensées étaient loin, très loin de la scène devant elle.
Leur dernière affaire en date avait fait remonter de vieux souvenirs en elle. Des blessures mal cicatrisées, des regrets qui lui laissaient un goût amer dans la bouche. Ce matin, elle avait arrêté un jeune homme qui avait tué le meurtrier de sa mère. La pauvre femme s'était faite renversée par un chauffard ivre, qui s'était enfui ensuite. Le fils l'avait retrouvé et l'avait tué de sang froid. Quand elle lui avait passé les menottes, il n'y avait aucun regret dans ses yeux. Aucune satisfaction non plus. Juste un vide béant. Seule l'allusion à sa mère avait réveillé une petite lueur au fond de son regard. Mais elle s'était très vite éteinte.
Lisbon soupira. Ses souvenirs l'entraînèrent plus loin que cette matinée. Beaucoup plus loin. Ils retournèrent vers sa propre mère, sa mère dansant dans les bras de son père en plein milieu du salon, sa mère riant aux éclats devant les bêtises de James, sa mère lui apprenant avec un sourire bienveillant à retourner les crêpes en les faisant voltiger en l'air, sa mère soignant les égratignures que Michael ramenait immanquablement à la maison, casse cou qu'il était, sa mère serrant dans ses bras le petit Tommy… Tommy. Elle revoyait comme si c'était hier la froide détermination qui avait envahi ses yeux verts, l'obsession qui avait pris le pas sur cette même détermination… C'était ce qui les avait éloignés. Non, c'était ce qui les avait séparés. Mais c'était de sa faute. Elle n'avait pas réussi à le protéger de sa propre folie, il était resté prisonnier de sa rancœur et de sa douleur et elle n'avait rien pu faire.
- La place est libre ? demanda une voix.
Tirée brutalement hors de ses pensées amères, la jeune femme leva la tête pour croiser les yeux rieurs et le sourire étincelant de Patrick Jane. Qui d'autre que lui aurait pu venir la déranger alors qu'elle avait besoin d'air et d'isolement ?
D'un vague geste de la main, elle lui indiqua qu'il pouvait s'asseoir, ce qu'il fit avec une joie non dissimulée. Elle l'observa alors qu'il s'installait et songea que vraiment, il devait bien être la seule personne à pouvoir la retrouver et surtout, à avoir le culot de venir la retrouver dans un moment pareil. Le besoin de solitude, il ne connaissait pas ? Pour une fois qu'elle avait besoin d'être tranquille…
Son esprit revint au blondinet assis en face d'elle. Il était rayonnant, à croire qu'il essayait de concurrencer le soleil. Oui, réflexion stupide certes, mais son sourire était quasi éblouissant.
- Comment m'avez-vous retrouvé ? questionna-t-elle avec curiosité.
- Bof, j'ai deviné, répliqua nonchalamment Jane.
Devant le regard menaçant de l'agent, il sourit de plus belle et choisit de modifier son aveu.
- Je vous ai cherché. Avant de partir vous avez dit que vous aviez besoin d'un café. Et Marie à cinq minutes du CBI c'était trop loin pour vous ? l'embêta-t-il moqueur comme jamais.
- J'avais besoin d'un café et de calme, rétorqua la brune d'un ton presque acide.
- Je sais, répondit Jane en lui souriant plus gentiment. D'ailleurs, ça ne m'étonne pas que vous ayez choisi un café juste à côté du Tribunal ! s'esclaffa Jane après avoir jeté un regard circulaire aux lieux. Sacré vous ! finit-il sur un ton affectueux.
Lisbon leva les yeux au ciel mais lui offrit néanmoins un petit sourire. Etait-ce un crime de venir en toute tranquillité dans le restaurant qui faisait le deuxième meilleur café de la ville après Marie ? Enfin, pour la tranquillité, c'était raté. Sacré lui…
Quand elle croisa de nouveau son regard azur, elle remarqua qu'il l'observait, un air innocent savamment placé sur son visage mais un sourire magnifiquement espiègle sur les lèvres. Ok. Il préparait un mauvais coup. Et comme elle l'avait deviné, il lui parla de son plan diabolique.
- Vous avez fini votre café ?
Hum. Ok. Cela ne ressemblait pas à un plan diabolique. Un peu prise au dépourvue, elle bredouilla quelque chose d'inintelligible avant d'hocher la tête. Immédiatement, Jane se leva et l'attrapa par la main, la tirant hors du petit café à sa suite. Trop surprise pour réfléchir – c'était très rare, elle n'était vraiment, vraiment pas bien – elle ne reprit ses esprits que lorsqu'ils arrivèrent devant la voiture – que dis-je ? L'instrument de mort de Jane.
Le blondinet libéra sa main et ouvrit la portière côté passager, invitation explicite à monter. Mais l'agent resta figée sur le trottoir, le regardant d'un air interloqué. Décidément, elle avait perdu toutes ses capacités d'analyse aujourd'hui ! Reprend toi ma vieille !
- Jane, qu'est-ce que vous faites au juste ? interrogea-t-elle en haussant des sourcils inquisiteurs.
- Je vous emmène avec moi, répondit l'intéressé d'un air enjoué.
- Où ça ? insista Lisbon.
- Ha ha ! C'est un secret ! fit le consultant en prenant des airs mystérieux.
Le retour du magicien… Quoi qu'il pourrait faire le savant fou aussi…
- Ça s'appelle de l'enlèvement ! riposta la brune en croisant les bras.
- Bien sûr que non, s'il y a consentement.
- Justement.
Ils s'affrontèrent un moment du regard. Lui, souriant d'un air très amusé et elle, plissant les yeux dans une expression menaçante.
Lorsqu'il sentit qu'elle pourrait le fixer ainsi pendant des heures, l'habitude sûrement, Jane décida de changer de tactique. Oh, lui aussi pouvait jouer à ce petit jeu, il passait ses journées à l'observer, mais là, il voulait vraiment qu'elle le suive, et sans tarder. Alors, il plissa les yeux lui aussi, renvoyant à sa supérieure, une image qui se voulait dangereuse. L'effet ne se fit pas attendre. Lisbon retrouva un visage normal, avec en prime un petit sourire amusé. Jane sourit lui aussi, fier de son œuvre.
Lisbon fit un petit effort, et se rapprocha de Jane et de sa portière.
- Sérieusement, où voulez-vous m'emmener ? demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
- Dans un endroit calme et agréable, répondit simplement le consultant.
Elle roula les yeux devant cette réponse qui ne répondait à rien du tout, mais n'ajouta rien. Le blond sourit de plus belle : il avait gagné.
Quand Jane se gara un peu plus tard, il entendit distinctement le soupir de soulagement de la jeune femme à côté de lui, et lâcha un petit rire. Il reçut en retour un regard noir à faire peur.
Lisbon avait passé le trajet accrochée à la portière et les sourcils froncés, grimaçant à la moindre occasion. Eh oh ! Il avait une conduite exemplaire ! Bref, elle n'était vraiment pas rassurée. Mais après tout, comment voulez-vous qu'une maniaque du contrôle soit rassurée si justement elle n'avait pas le contrôle ?
- Lisbon, vous pouvez lâcher la portière maintenant, remarqua-t-il, amusé.
Encore une fois, la brune le fusilla du regard, laissant l'objet de ses souffrances en paix. Elle releva le menton dans une attitude de défi et descendit de la DS bleue avec toute sa dignité. Le blondinet rit encore alors qu'il était seul dans la voiture.
La jeune femme tiqua en voyant son consultant descendre quelques instants plus tard avec un sac en papier et ce qui ressemblait à une fine couverture sous le bras. Jane s'approcha d'elle, joyeux comme un enfant le matin de Noël, lui empoigna la main et l'entraîna dans un parc.
Encore une fois, Lisbon se laissa faire. Elle avait bien essayé de se repérer, mais elle n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Et ils marchaient toujours dans l'allée, sa main dans la sienne, geste un peu gênant mais dont elle ne se défit pas pour autant. La faute à son défaut de réflexion... Autour d'eux, un couple d'amoureux paraissait au soleil, un groupe d'étudiants révisait – ou pas – au pied d'un arbre, il y avait même une petite famille qui pique-niquait, les adultes sagement assis alors que les enfants jouaient au badminton. C'était étrange de savoir qu'un tel lieu existait à Sacramento. Elle avait presque l'impression d'être… en vacances. Drôle de sensation…
Jane quitta le sentier pour s'aventurer sur le gazon frais. Il s'arrêta près d'un arbre et lâcha doucement la main de sa supérieure.
- Vous voulez bien me tenir ça ? demanda-t-il en lui tendant le sachet qu'il avait gardé depuis qu'il était sorti.
Lisbon acquiesça et ne put s'empêcher de regarder ce qu'il y avait à l'intérieur.
- Des beignets ? s'étonna-t-elle.
- De chez Marie, ajouta Jane alors qu'il dépliait théâtralement sa couverture, qui se révéla être en réalité une nappe de pique-nique.
Elle était à carreaux bleu pâle et blanc et le consultant l'installa amoureusement sur l'herbe avant de s'allonger dessus avec un soupir d'aise. Il s'étendit sur le dos, les deux mains posées derrière la tête en guise d'oreiller et les jambes croisées.
Lisbon le fixa quelques secondes, se demandant quel était le pourquoi du comment de ceci. Au final, en voyant que Jane avait fermé les yeux, le sourire aux lèvres, elle décida de s'asseoir à côté de lui, déposant le sachet de beignet entre eux.
- Jane ? appela-t-elle doucement.
- Hmm ? fit le blondinet en gardant les yeux clos.
- Pourquoi m'avoir emmené ici ?
Il fallait la comprendre : Jane, au comportement déjà bien étrange en temps normal, l'était encore plus aujourd'hui ! Et elle-même n'était pas dans son état normal, sinon elle n'aurait jamais accepté de le suivre…
- Allongez-vous à côté de moi, demanda le jeune homme en dégageant une main pour tirer sur le bras de Lisbon et l'inciter ainsi à faire comme il le disait.
- Quoi ? s'écria une Lisbon surprise. Ça va pas non ! Lâchez-moi !
Elle se dégagea de l'emprise du blond en lui frappant le bras et se retint à grand peine de se lever et de détaler. Il était malade ou quoi ? Elle le fusilla du regard alors qu'il ouvrait les yeux, fronçant les sourcils devant son manque de coopération. Ils se dévisagèrent une nouvelle fois et il se redressa sur les coudes pour mieux l'observer.
- Pourquoi m'avoir emmené ici ? répéta Lisbon en détournant les yeux après quelques minutes.
- Pour vous changer les idées.
La réponse la prit de court et elle se tendit presque immédiatement.
- Je n'ai pas besoin qu'on me change les idées, affirma-t-elle fermement.
- Vous étiez seule et visiblement perdues dans des pensées désagréables. Je ne pouvais pas vous laisser comme ça, se justifia Jane avec douceur.
Il n'avait pas tort. Elle avait recherché la solitude, mais cela ne l'avait pas aidé à s'aérer l'esprit, au contraire. Elle avait plongé à pieds joints dans son passé douloureux et se serait certainement laissée emporter s'il n'était pas arrivé…
Son regard se concentra délibérément sur la nappe pour éviter d'avoir à affronter celui de Jane. Ils ne dirent rien pendant un moment, puis quand Lisbon releva la tête pour faire face à son consultant, elle vit qu'il l'observait avec un gentil sourire sur le visage. Pas de pitié ou de compassion, juste son sourire habituel. Enfin, non, pas habituel parce qu'en réalité, c'était son sourire sincère. Son vrai sourire, si elle pouvait le dire.
L'agent sentit une vague d'affection l'envahir et l'étrange envie de serrer le blondinet dans ses bras la prit, mais elle réussit à se contenir. Encore heureux. Un seul geste mal venu et s'en était fini d'elle. Il la harcèlerait jusqu'à ce que mort s'en suive. Restait à savoir qui tuerait qui en premier. Et elle avait une petite idée sur la question… La pensée lui tira un sourire amusé et Jane scruta son visage pour découvrir ce qui avait bien pu la faire sourire ainsi.
Finalement, et à sa grande surprise, Lisbon s'allongea sur le dos à côté de lui, ses grands yeux verts fixés sur les nuages, insondables. Il l'observa avec un peu – oui, seulement un peu parce qu'il s'était attendu à ce qu'elle finisse par céder – de surprise, puis se réinstalla à son tour, les bras le long du corps. La tête perdue dans les nuages, il se contenta d'écouter la respiration calme de la jeune femme à ses côtés, en oubliant presque tout ce qui l'entourait. Il commençait à fermer les yeux, involontairement bercé par son souffle, agréablement réchauffé par le soleil quand doucement, une petite main chercha la sienne, la trouva puis exerça une légère pression dessus. Un remerciement muet. Une marque d'amitié. Encore mieux que des mots.
Note de l'auteur : A la base, j'étais sensée m'arrêter là mais j'avais envie de continuer un peu. Mais si vous voulez-vous arrêter ici parce que vous en avez marre, pas de soucis ;)
Et aussi vite que le contact était arrivé, elle retira délicatement sa main. Jane rouvrit les yeux et tourna la tête vers elle, mais elle regardait toujours vers le ciel. Alors qu'il en était encore à se demander si ce qui venait d'arriver était vraiment arrivé, la brunette se mit à rougir sous son regard scrutateur. Si. C'était bien arrivé… Immédiatement, un sourire amusé se plaqua sur les lèvres du jeune homme et il se remit à observer les nuages, lui aussi.
- Regardez celui là, on dirait une locomotive, dit-il soudainement en désignant le plus précisément possible un gros cumulus qui se déplaçait paisiblement.
- Quoi ? Ce truc là ?
- Un nuage, Lisbon, un nuage, corrigea Jane d'un ton désapprobateur.
L'agent laissa échapper un petit rire, félicitant intérieurement le blondinet d'avoir trouvé une solution pour se sortir de cette situation pour le moins gênante. Oui, aujourd'hui elle n'arrivait vraiment pas à réfléchir. Prendre la main de Jane, non mais franchement… Elle était folle ou quoi ? Il n'empêche qu'elle était bien ici. Elle se sentait bien. Plus calme, plus détendue. Moins coupable et moins blessée. Et c'était à Jane qu'elle le devait.
- On dirait un rhinocéros, dit-elle après s'être concentrée sur le nuage en question.
- Un rhinocéros ? Vous avez une imagination débordante, ma parole ! se moqua Jane.
- Et vous alors ? répliqua la brune en lui donnant un coup sur le bras.
Ils se chamaillèrent encore un peu sur la forme du nuage, aucun des deux ne voulant changer d'avis. Bien évidemment, le nuage finit par se déformer et à ne ressembler ni à une locomotive, ni a un rhinocéros.
- Ah ! Regardez on dirait un ballon de rugby.
- Ah oui ? Ça me fait plutôt penser à un beignet, remarqua Lisbon en penchant un peu la tête sur le côté.
- Vous avez faim ? demanda le consultant en la regardant.
- Un peu, avoua la jeune femme en rosissant légèrement.
- Vous aves sauté votre déjeuner.
- Non je–
- Ce n'était pas une question, l'interrompit gentiment Jane.
Il se redressa et s'assit à peu près correctement. Lisbon fit de même, mal à l'aise à l'idée de rester allongée devant lui. Le consultant ouvrit le petit sachet kraft et en inspecta le contenu. Il sourit pour lui-même et extirpa un beignet avec une serviette qu'il lui tendit.
- Beignet fourré à la framboise recouvert d'une couche craquante de chocolat noir, présenta exagérément Jane.
Lisbon laissa échapper un petit rire puis le remercia. Alors qu'elle mordait dans le beignet, une pensée lui traversa l'esprit et elle se mit à froncer les sourcils.
- Comment saviez vous que– commença-t-elle.
- C'est votre pêché mignon en ce moment, se justifia Jane avec un grand sourire.
- C'est votre façon de me dire que j'ai grossi ? questionna Lisbon, mi-figue mi-raisin.
- Je n'oserais pas ! se récria le blondinet avec des allures de diva.
La brune essaya de le frapper mais il esquiva facilement, ricanant comme le gamin qu'il était. Lisbon se mit à bouder et sa petite ride entre les sourcils fit même son apparition. Elle était vexée. Jane s'efforça de cacher son sourire amusé et se rassit un peu plus près d'elle, surveillant quand même ses petites mains qui pouvaient le mettre KO avant qu'il ait eu le temps de dire « beignet ».
- Vous savez, à mon sens vous n'avez rien à craindre d'un malheureux beignet, remarqua-t-il en désignant la chose en question qu'elle n'avait pas touchée depuis sa blague.
- Hmpf, grogna Lisbon sans le regarder.
- Ni de plusieurs, d'ailleurs.
Elle ne dit rien, mais il la vit s'empourprer. C'était trop facile de l'embarrasser. Il adorait ça !
Après encore quelques instants passés à faire la tête, Lisbon retrouva sa place et l'après-midi reprit son cours. Ils bavardèrent de tout et de rien, puis repartirent dans leur contemplation des nuages, menant inévitablement à des prises de bec amicales ou chacun essayait de montrer à l'autre qu'il ou qu'elle avait tort. En somme, ce fut un bon après-midi, détendu et léger. Jane était vraiment de bonne compagnie quand il le voulait bien !
Cependant, la fin de la journée arriva bien trop tôt à son goût. Mais Lisbon n'irait jamais l'avouer à voix haute. Cela, Jane le savait déjà. Il était simplement heureux d'avoir passé une agréable journée avec elle.
Ils se levèrent à regret, Jane replia sa petite nappe et il raccompagna la jeune femme jusqu'au café où il l'avait « kidnappée ». Cela semblait si lointain et pourtant il ne s'était écoulé que quelques heures depuis cette fameuse scène…
- Bon, fit Lisbon en arrivant à côté de sa voiture.
Jane lui jeta un regard amusé en haussant les sourcils, attendant la suite. Mais visiblement, elle était trop gênée pour dire quoi que se soit d'autre car elle avait le nez baissé sur ses chaussures.
- Je sais que vos bottines sont très élégantes mais je le suis aussi, non ? se moqua le blond.
- J'y crois pas quel vantard vous faites ! s'exclama en retour l'agent en faisant mine de le taper.
Elle ponctua sa réplique d'un sourire amical, reconnaissante qu'il l'ait sorti de l'embarras. Ils restèrent les yeux dans les yeux un court instant, puis Lisbon se mordit la lèvre inférieure, hésitant visiblement à lui dire quelque chose. Leurs regards se croisèrent à nouveau et elle soupira.
- J'ai passé un bon après-midi, avoua-t-elle en fin de compte.
- Vous en doutiez ? plaisanta Jane, toujours joueur.
Elle leva les yeux au ciel d'un air faussement excédé. Mais c'était plus facile quand il riait. Il rendait les choses plus faciles quand il le voulait bien. Et elle le remerciait intérieurement pendant ces moments là. L'humour était le meilleur moyen pour se dépêtrer de ce genre de situations où on peut se regarder dans le blanc des yeux sans rien dire pendant des heures. Et Jane était le meilleur pour cela. Non pas qu'elle soit dépourvue d'humour, mais elle n'avait pas sa spontanéité.
- La prochaine fois, on fait un vrai pique-nique, décida un Jane tout guilleret. On restera vraiment toute la journée et vous pourrez encore disserter sur les drôles de formes que vous trouvez aux nuages.
- Vous voulez rire ! se récria la jeune femme, plus amusée qu'agacée. Ce nuage ne ressemblait en rien à un panama !
- Oui et bien il ne ressemblait pas non plus à une « dinde de Thanksgiving », rétorqua le blond en miment les guillemets. Et d'abord, c'est quoi cette obsession avec la nourriture ? railla-t-il avec un sourire moqueur.
- La ferme Jane, répondit Lisbon en roulant des yeux.
Le ton était amical, si bien que le Jane en question ne s'offusqua pas de l'insulte. Et puis c'était une flic, il ne fallait pas non plus espérer qu'elle se mette à parler à la manière d'une bourgeoise… Et c'était tant mieux ! Vous imaginez Teresa Lisbon parlant d'un ton pédant ? Jamais de la vie, hein ?
L'intéressée sortit les clés de sa poche et déverrouilla sa voiture avant de se tourner vers son consultant. Ils se tenaient sur le trottoir tous les deux car en preux chevalier qu'il était, Jane avait voulu la raccompagner personnellement jusqu'à son véhicule, bien qu'il soit garé trois places plus loin seulement. Mais que voulez-vous, c'est Patrick Jane…
Lisbon s'approcha de lui et remarqua son regard bleu étonné. Se fustigeant mentalement pour ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle se pencha vers lui et déposa un rapide baiser sur sa joue. « Merci, » lui murmura-t-elle à l'oreille. Elle s'écarta rapidement, peu désireuse de rester en sa compagnie après son geste. Il avait de quoi se moquer d'elle pour un bon bout de temps et d'un côté, il n'aurait pas tort, pensa Lisbon en se maudissant pour sa bêtise. D'abord, elle se laissait embarquer dans un pique-nique improvisé. Ensuite, elle lui prenait la main pour le remercier – non mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Et maintenant, elle l'embrassait, certes sur la joue, mais quand même ! Lisbon, tu as oublié ton cerveau à la maison, aujourd'hui. Tu es fière de toi ?
Alors qu'elle ouvrait la portière de sa voiture, la tête basse, il l'interpella. Elle le regarda, s'apprêtant mentalement à recevoir l'image d'un Jane moqueur et totalement gamin. Elle fut agréablement surprise quand elle se retrouva face à un Jane au sourire sincère, le même que dans le parc quelques heures plus tôt. C'était la deuxième fois aujourd'hui, que se passait-il ? Et encore ! Ce sourire là était encore plus sincère, encore plus brillant. C'était le plus beau sourire qu'il lui ait été donné de voir chez lui.
- Moi aussi j'ai passé un très bon après-midi, avoua-t-il à son tour.
Il vit son visage exprimer encore plus de surprise qu'auparavant et sourit un peu plus, amusé par sa réaction. Finalement, elle lui sourit également, le sourire le plus beau et le plus brillant qu'il lui ait été donné de voir chez elle. Ils restèrent ainsi encore quelques instants, puis Lisbon se reprit la première. Elle le salua d'un simple « A demain Jane » - toujours avec son beau sourire - et monta dans la voiture. Il lui envoya un baiser en riant alors qu'elle mettait le contact et il la vit secouer la tête d'un air désespéré.
Il s'éloigna vers sa DS et sourit pour lui-même. Il avait passé une excellente journée. Il était sensé lui changer les idées et finalement, il en avait profité aussi. Cet après-midi avait été comme si le monde s'était arrêté pendant quelques heures. Rectification : comme si le monde n'existait plus pendant quelques heures. Plus personne ne comptait et certainement pas un serial killer !
Alors que la voiture de Lisbon passait à côté de lui et qu'elle disparaissait au coin de la rue, il se promit de ne pas oublier cette journée, de ne pas oublier ces moments volés.
Alors alors ? C'est long, n'est-ce pas ?
Il est possible également que ce soit rempli de fautes d'orthographe [Prévenez-moi !] parce que j'ai beau avoir relu, j'ai les yeux explosés ! Non, je ne suis pas droguée, simplement fatiguée ;)
Ah ! Et n'oubliez pas, j'ai toujours cet OS spécial pour ma centième review... ;)
