Bonjour,
Voici la case du jour, moins mélancolique que celle de la veille. J'espère toujours que ces textes vous plaisent (même si deux seulement d'entre vous me le disent) : ils sont là pour ça !
Bonne lecture à tous : )
Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.
Rating : K
Dédicace : Chère celine-mallen, merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis très heureuse de savoir que cet OS sur Harry t'a touchée. Je voulais absolument réussir à retransmettre cette atmosphère pleine d'émotions, et cela semble avoir été le cas…
Avant le jour J
Les deux mains plaquées sur la vitrine, c'était les yeux écarquillés que Ron admirait la plus belle luge qu'il n'ait jamais vue. Même le pompon de son bonnet semblait tressauter d'excitation et d'enthousiasme avec le jeune garçon.
« Charlie ! » interpella Ron.
Son grand frère, qui avait, lui, le nez collé sur la vitrine de Zonko, revint sur ses pas.
« Qu'est-ce qu'il y a Ronnie ? »
Pointant la luge dans la vitrine, l'enfant demanda :
« Tu peux me lire ce qui est écrit, là ? »
« Alors… C'est marqué : La luge GlissMagic, la luge la plus fantastique ! Elle détecte les obstacles, vole au-dessus, choisit elle-même les meilleurs chemins. Son bois de merisier enchanté maintient une température constante de 20°C. La luge GlissMagic, pour des promenades chaleureuses et authentiques ! »
« Ouaouh… » souffla Ron, impressionné. Il fallait dore qu'à 5 ans, un rien l'émerveillait.
Mais son grand frère fut obligé de le ramener sur terre :
« Mon pote, par contre, vu le prix, tu peux tout de suite l'oublier… »
Ron soupira à fendre l'âme, mais ne chercha même pas à protester. Malgré son jeune âge, il connaissait parfaitement la condition financière de ses parents. Les Weasley ne manquaient de rien, mais ils ne pouvaient pas se permettre d'excès. Surtout maintenant qu'ils étaient 9 à la maison.
Prenant doucement la main de son cadet dans la sienne, Charlie ramena son frère vers leur mère, qui continuait ses achats plus loin, en compagnie de Bill. Pour le réconforter un peu, le plus grand reprit avec un sourire :
« Mais je suis sûr que tu auras quand même un chouette cadeau à Noël ! »
« Ouais… un pull tricoté par maman… » marmonna Ron en fixant ses chaussures.
Charlie ne sut qu'ajouter. Le pire, c'est que ça ne sonnait même pas comme un reproche dans la bouche de l'enfant : Ron remerciait toujours chaleureusement leur mère pour les créations en tricot qu'elle leur offrait invariablement à chaque Noël. Simplement, cette année, il avait rêvé d'autre chose, l'espace d'un court instant. Et le retour à la réalité était dur.
Le soir venu, quand les plus jeunes furent couchés et que les aînés disputaient une partie de cartes elfiques dans le salon, Molly vint rejoindre Arthur dans son appentis. Il était en train de nettoyer ses dernières trouvailles moldues, mais il cessa dès qu'il aperçut la barre qui plissait le front de sa femme. Cette dernière lui relata alors ce que Charlie lui avait confié à la fin des courses.
« Elle est vraiment trop chère, cette luge ? » questionna son époux, se doutant malheureusement de la réponse.
Le regard de Molly fut éloquent, et Arthur n'ajouta rien, se plongeant dans ses pensées. Son épouse attendit, espérant elle ne savait quel miracle… Peut-être une prime de fin d'année qu'il ne lui avait pas encore annoncée ? Ou mieux, une promotion ? Mais, même en étant d'un caractère plutôt optimiste, la sorcière ne croyait pas aux miracles.
« Je m'en occupe. » finit simplement par dire Arthur, d'un ton sérieux qui rassura Molly. Elle lui sourit doucement, lui caressa la joue, puis sortit pour le laisser à son nettoyage d'hiver. Attrapant une télécommande à demi cassée, l'homme s'évertua à nettoyer chaque petite case de couleur numérotée, tout en se concentrant sur la tâche qui l'attendrait bientôt.
Dix jours avant Noël, alors qu'elle récupérait son linge sur la corde tendue dans le jardin, tout en frissonnant allègrement à cause de l'épaisse couche de neige qui recouvrait tout alentour, Molly vit son mari se diriger d'un pas vif vers son atelier. Intriguée, elle le vit ressortir peu après, traînant derrière lui un immense paquet, qui avait l'air lourd -et était emballé un peu sauvagement.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Il a neigé cette nuit. » lui répondit dans un grand sourire Arthur.
« Oui, et alors ?... Oh, mais… c'est… c'est… Tu ne vas pas déjà lui offrir ? »
Le père de famille posa le lourd chargement au milieu du jardin, face à la porte d'entrée, et glissa :
« Pourquoi attendre, alors qu'aujourd'hui est la journée idéale pour dévaler les pentes enneigées ? »
« Oui, mais… »
« Le bonheur n'attend pas. »
Et Molly Weasley dut admettre, quand elle vit Ron sortir à la demande de son père, puis hurler de joie après avoir fébrilement craqué le papier cadeau, qu'il aurait en effet été dommage d'attendre davantage pour vivre ce moment de bonheur.
Et c'est avec un grand sourire aux lèvres qu'elle vit son plus jeune fils courir en compagnie de son père jusqu'en haut de la colline près de leur maison, tirant derrière lui sa luge faite maison, poussée par tous ses autres frères. Molly vint s'asseoir, Ginny bien emmitouflée dans ses bras, sur un banc dans leur jardin, et passa la journée à regarder Ron dévaler la pente, fou de joie, tantôt avec son père, tantôt avec un (ou deux !) frère, sur cette jolie luge.
Certes, elle ne volait pas, n'esquivait pas d'elle-même les obstacles, et ne réchauffait pas magiquement le derrière. Mais elle était incomparable pour procurer du bonheur à Ron Weasley.
Et ça, ça n'avait pas de prix.
