! Avertissement ! :

Les personnages ont un comportement dangereux à ne pas reproduire. Tout est expliqué en bas de page. Non ! Je n'en dis pas plus. Je ne vais pas vous spoiler. ça ne se fait pas.

Réponse aux reviews !

MedusaLegend : J'avais trop envie de glisser la référence au Cluedo. C'est bizarre comme l'idée du chandelier est venu aussi rapidement. Les deux oiseaux bagarreurs n'en ont pas terminés avec leurs prises de bec.

DjoDjoCute : Arthur a trouvé la parade ultime à Francis. Il suffit de l'assommer, pour qu'il le laisse tranquille.

Bismarcklove : Ce ne sera pas un combat d'épée pour le moment... Mais ça va dégénérer.

Lucy-Kiriame : J'ai répondu à ton MP. Je suis contente que l'histoire te plaise. Tu as les avertissement dont je te parlais au début et à la fin.

Disparition

« Je savais que je n'aurais pas dû le réveiller ! Où est-il ? », s'énerva Arthur.

Perché à la vigie depuis de nombreuses heures, Cymru se planqua autant que possible.

« Je n'ai pas besoin de monter pour te faire redescendre, précisa Arthur. Et te punir en conséquence !

- Apparemment, ton rival…, tenta Alba avant de plonger dans un grand blanc silencieux.

- … a disparu. Je suis au courant !

- Il s'est peut-être planqué.

- Cette île est minuscule ! Est-ce qu'il manque l'un de nos canots ?

- Non ! Capitaine !

- Fouillez le bateau ! Il est capable d'avoir nagé jusqu'ici dans le noir !

- Oui ! Capitaine ! »

Ce Bonnefoy n'arrêtait pas de le tourner en ridicule ! Arthur en avait marre de l'ingéniosité du français ! Ce prisonnier ne pensait qu'à se faire la malle. Avec brio, en plus ! Son rival portait trop bien son titre. Quel chieur !

« Il est sûrement derrière le rocher », analysa sa sœur.

Arthur la dévisagea, en se disant que son idée était intéressante.

« J'y vais, alors, décida Arthur.

- Tout seul ?

- Il est en chaleur, bordel ! Je peux me protéger de ses hormones. Je ne vais pas le faire pour toute une bande de pirates ! Et il n'en vaut pas la peine !

- Il est peut-être sur le navire, minauda Alba.

- S'il s'était planqué sur le navire, on l'aurait senti, chuchota Arthur. Je préfère savoir nos hommes occupés plutôt qu'en train de lambiner et de réfléchir sur un oméga sans défense sur une île déserte.

- Sans défense ? Il veut peut-être que tu viennes le chercher sur un canot avec une arme, pour te voler ces deux objets, suggéra Alba.

- Je le maîtriserai avant qu'il ne songe à m'attaquer… Je ne veux pas d'interférence ! »

Arthur flaira une entourloupe familiale quand son frère et sa sœur échangèrent un regard complice.

Enfin ! Qu'importe ! Il allait retrouver Bonnefoy !

« Tu ne perds rien pour attendre Cymru ! », cria Arthur avant de mettre un canot pour se diriger vers l'île.

Son frère et sa sœur eurent l'air d'échanger des propos passionnés sur son comportement. Bonnefoy ne lui plaisait pas ! C'était son rival ! Il devait tenir son rôle… Ou se montrer moins zélé à lui pourrir la vie. Bonnefoy devait aller dans la même direction que lui. Il allait le convaincre d'arrêter de se la jouer perso. Que diable ! Leurs intérêts convergeaient ! Pourquoi ne le suivait-il pas, cet imbécile ? S'il l'attrapait, s'il l'attrapait, s'il l'attrapait… Bon sang ! Il détestait ramer lui-même ! S'il l'attrapait, Bonnefoy en verrait de toutes les couleurs !

Une fois débarqué, Arthur scruta la pénombre de la dizaine de cocotiers présents sur ce banc de sable à la recherche de son rival.

Où s'était-il planqué, putain ?

S'il pouvait utiliser son odorat, Arthur était certain de pouvoir le localiser dans les dix secondes.

Seulement, ce serait particulièrement bête et dangereux de se soumettre aux hormones alléchantes de son rival, d'entrer à son tour en chaleur et de batifoler avec Bonnefoy sous les yeux de tout son équipage.

Maintenant, il comprenait mieux pourquoi sa famille ricanait dans son dos.

Arthur se déplaça prudemment sur le sable pour vérifier que Bonnefoy n'était tout simplement pas assoupi derrière le seul rocher de l'île.

Un pas après l'autre, il découvrit l'envers de cet amont rocheux. Arthur se retrouva dépité de n'y trouver que les vivres fournis généreusement à Bonnefoy pour survivre à son isolement. Furieux, Arthur traversa la plage pour chercher des indices ou surprendre son rival dans un recoin inconnu.

Ce maudit Bonnefoy aurait sa peau !

Son pied s'enfonça d'un coup dans le sable.

Affolé, Arthur se retint de crier pour ne pas passer pour un Capitaine stupide tout seul sur une plage.

Restons digne, même dans l'adversité. En plus, sa famille serait capable de se foutre de sa gueule, sans comprendre qu'il se retrouvait dans une très mauvaise passe.

Oh ! Il les voyait ces sales putains d'yeux bleus rageurs à travers les branchages ensablés.

Et il le sentait ce salopard de couteau prêt à couper son talon d'Achille.

Cymru allait prendre cher !

Et Bonnefoy aussi.

Arthur déclencha son sourire machiavélique en même temps qu'un sort particulièrement utile.

Le couteau se retrouva dans ses mains.

Arthur sortit son pied du traquenard et regarda Bonnefoy faire des roulers boulés dans le sable. Heureusement, Bonnefoy avait cherché à négocier plutôt qu'à l'estropier ad vitam aeternam. Fidèle à lui-même, son rival se releva pour le charger.

Arthur n'eut aucun mal à faire un pas de côté pour le laisser se vautrer lamentablement. Il fut étonné que son rival porte un foulard au niveau du visage. Qu'avait-il prévu comme coup fourré supplémentaire ? Ou alors…

« On a bouffé du sable toute la nuit ?, le provoqua Arthur. Pour un si piètre résultat, en plus. »

Bonnefoy hurla de rage et se jeta sur lui. Il n'était pas difficile d'éviter un homme envahi par la colère. Par contre, Arthur n'avait pas prévu qu'il se prendrait une poignée de sable dans les yeux. Même énervé au possible, Bonnefoy avait de la ressource et du génie. Il avait compris que le pouvoir d'Arthur fonctionnait beaucoup mieux avec une vision intacte. Logique. Première loi de base de la magie : Si l'on veut agir sur la réalité, il vaut mieux la percevoir. Ainsi, Arthur se retrouva plaqué à terre par ce foutu français. Arthur le repoussa suffisamment vite avec ses jambes pour ne pas se retrouver prisonnier de son propre prisonnier. Il le tint ensuite à distance, le temps de retrouver ses esprits.

« Écoute, Bonnefoy. On peut parlementer. Rien ne nous oblige à nous donner en spectacle.

- Ce n'est pas moi qui perds en crédibilité. »

Arthur se demanda s'il avait rêvé le ton enjôleur derrière les mots acides. Enfin, bref. Sans importance. Il garda une distance de sécurité avec Bonnefoy en lui tournant autour. Les mains sur les genoux, le blond reprenait son souffle en vue d'une nouvelle attaque sur sa personne. Il transpirait beaucoup, certainement à cause de son état d'excitation sexuelle.

« Tu as perdu l'effet de surprise. Je maîtrise totalement la situation, le nargua Arthur. Tu ne peux pas me vaincre.

- Si nous étions à armes égales, tu ne m'arriverais même pas à la cheville.

- Mais nous avons chacun nos points forts, s'en amusa Arthur. C'est dur la réalité de la vie.

- Je trouverai tous tes points faibles… »

Rehaussés par le tissu blanc sur son visage et ses cheveux blonds parsemés de sable, ses yeux bleus aimeraient le flinguer sur place. Entre sa chemise déchirée, son attitude faussement relaxée et sa rage intérieure, son rival se révélait d'une beauté sauvage particulièrement appréciable.

« Ou nous pouvons nous allier, tenta Arthur.

- Plutôt crever. Je vais rester enfermé dans ta cabine jusqu'à la fin de mes jours. Tu ne me sortiras que pour manœuvrer ton navire.

- J'ai de quoi te donner plus de lests. Ne me sous-estime pas.

- Sans vouloir t'offenser, je peux tout à fait retrouver ma liberté et échapper à la mort… Sans ton aide.

- Bonnefoy. Je croirais volontiers que tu peux te débrouiller tout seul, si tu étais libre de ne pas me supporter. Tu n'arrives pas à t'échapper, chantonna Arthur. »

Son rival le chargea à nouveau. Évidemment, il finit la tête première dans le sable. Ses chaleurs ne lui permettaient pas de l'attaquer correctement.

« Je peux te prêter un artefact qui camouflera ton odeur particulière. Par contre, je dois rester dans les parages pour l'alimenter.

- Bien sûr, tu vas continuer à me coller au cul. »

Bonnefoy se releva avec difficulté. Son torse nu s'offrait à ses yeux ravis. Pour un oméga, Bonnefoy était agréablement bâti. Ses abdominaux développés étaient mis en valeur à chacune de ses respirations. Une goutte de transpiration descendit entre ses pectoraux bien dessinés. La plupart des omégas, même les mâles, possédaient quelques formes sur une silhouette élancée. Bonnefoy se révélait plus massif, suite à des entraînements militaires. Seulement, la largeur de ses hanches ne trompait pas sur sa nature de gestant potentiel. Bonnefoy ne cachait plus cette particularité physique, maintenant qu'il était découvert.

« T'es pas obligé de me bouffer du regard, râla Bonnefoy. Je te rappelle que je suis en chaleur.

- Tu ne me fais aucun effet », le nargua Arthur.

Après un juron, Bonnefoy s'éloigna de lui en tenant bien le foulard sur son visage. Arthur comprit alors que son rival se protégeait bien plus de son odeur d'alpha que du sable. Bonnefoy s'assit à l'ombre et se mit à boire goulûment. Un peu d'eau atterrit son torse. Non. Leur trajet sur son torse n'avait rien d'alléchant. Non. Il ne le regardait pas avec envie.

« Casse-toi, Kirkland », grogna Bonnefoy.

Comme s'il allait laisser passer une occasion pareille de le pousser à bout !

Arthur s'approcha prudemment de lui.

« Je ne partirai que lorsque j'aurai une réponse positive de ta part. »

Bonnefoy eut un mouvement de recul, en position assise. Arthur calcula suffisamment bien ses pas pour l'acculer contre le rocher. Il aimait bien le dominer de toute sa prestance.

« Tu pourrais te déplacer librement.

- Avec toi.

- Il y a une distance de sécurité assez importante.

- Combien ?

- Deux kilomètres. »

En fait, il pouvait aller jusqu'à dix kilomètres. Seulement, ce serait perdre de vue son rival. Il serait capable de trouver une occasion de lui filer entre les pattes avec autant de lests. Il était facile de quadriller un tel périmètre avec son équipage et de surveiller tous ces faits et gestes, sans qu'il ne puisse s'en plaindre.

« Je suis capable d'améliorer cet artefact ou d'en trouver un plus intéressant. Seulement, cher Bonnefoy…

- Éloigne-toi de moi !

- … Tu n'aurais pas à craindre qu'un alpha te saute dessus en permanence. Et tu pourrais sortir de ma cabine.

- Tu pues l'alpha », se plaint Bonnefoy.

Arthur observa avec une certaine satisfaction le corps de Bonnefoy se pâmer de désir. Pour lui, en plus. Même s'il n'avait pas son odorat opérationnel, ses hormones alpha étaient titillées par le comportement indécent de son rival. Il venait d'écarter ses jambes et de se cambrer dans une invite implicite. Un oméga en chaleur ne se contrôlait quasiment plus en présence d'un alpha. Ses yeux s'assombrirent de désir.

« Alors, c'est oui ? »

Le gémissement suggestif qui s'échappa de la bouche offerte de Bonnefoy arriverait à le rendre complètement dingue.

« À l'avenir, je pourrais faire en sorte que tu n'aies plus besoin de moi pour te déplacer librement. Tu ne peux plus prendre d'hormones pour changer de nature… »

Arthur se demandait s'il était vraiment utile de négocier dans ces conditions.

Bonnefoy venait de lui enlacer les jambes. Son souffle se perdait dans un endroit stratégique. Son rival ne possédait plus toute sa raison, sous l'emprise de ses hormones. Il ne pensait qu'à baiser. Et tout de suite.

Sa soumission se révélait particulièrement séduisante.

« Tout ce que tu veux… »

Même si Arthur attendait cette réponse depuis longtemps, il doutait de sa réelle valeur. Bonnefoy venait de poser sa bouche sur son bas-ventre. Tout ceci était suffisamment suggestif et tentateur. Arthur se demanda ce qu'il pourrait se passer si les hormones de Bonnefoy atteignaient son système olfactif. Son corps bouillonnait déjà de désir réprimé. Bonnefoy embrassa à nouveau sa peau. Il déposa un baiser par-dessus le tissu de son entrejambe. Ses mains s'attaquèrent à sa ceinture.

Arthur en avait terriblement envie.

« Bonnefoy…

- Francis.

- Heu… Francis… Lâche mon pantalon. Je vais retourner sur le navire et te laisser réfléchir à ma proposition.

- Reste mon lapin !

- I'm not your bloody rabbit ! Lâche… Mais lâche ce couteau, bordel ! »

Arthur se dégagea à la vitesse de l'éclair de l'étreinte de Francis. Ce salopard avait de la suite dans les idées ! Mais… C'était pas humain, cette détermination !

« Reviens, mon chéri ! On ne fait que commencer à s'amuser ! »

Bordel de merde !

Arthur réussit à récupérer le couteau par un sort et se reçut violemment son rival dans les bras.

Il en tomba par terre.

Francis était beaucoup trop intelligent pour son bien. Il avait pensé à le charger immédiatement pour profiter de l'effet de surprise. Arthur se débattit de toutes ses forces pour contrer le poids de Francis. Le français cherchait à l'assommer ou à lui piquer ses armes, dans une attitude lascive. À charge de revanche, Arthur lui envoya du sable dans la gueule. Il put ainsi lancer un sort. Francis fit un joli vol plané. Arthur se releva tout de suite, prêt à se défendre.

Il devrait mieux choisir ses sorts.

Il eut juste le temps de voir son rival approcher qu'il fut de nouveau jeté à terre.


Alba reposa la longue-vue et soupira :

« Pire que des gosses ! »

Il se demandait quand les deux tourtereaux arrêteraient de jouer dans le sable pour enfin passer aux choses sérieuses.


Avertissement sur les trous dans le sable : On ne finit pas sur une note joyeuse.

Comme j'ai mis l'un des personnages dans une situation à risque, il vaut mieux préciser à quel point c'est dangereux.

Le sable, c'est beau, c'est chaud, c'est trop amusant… Mais c'est dangereux. Vous vous doutez déjà que s'envoyer du sable à la figure, en manger ou courir avec un couteau dessus n'est pas recommandé pour des raisons d'hygiène et de sécurité évidentes.

Faire des gros trous dedans, non plus. J'en parle, parce que ce genre d'incident dramatique arrive chaque été sur les plages proches de chez moi. Ne vous mettez pas dedans en les creusant. Et rebouchez ces trous. Mieux, ne vous amusez pas à faire des gros trous. Le vent et les vagues ne les rebouchent pas complètement, ce qui donne une belle impression de sécurité. Et le sable, c'est mouvant par définition. Creuser de l'intérieur un trou dans le sable, c'est creuser sa propre tombe. Se faire recouvrir de sable aggrave les risques, bien entendu.

Ceci a des conséquences dramatiques. Des enfants et des jeunes adultes se sont souvent retrouvés ensevelis par le sable. Ils en ressortent très rarement vivants. Pire, les personnes voulant les aider à sortir des trous peuvent également y passer.

N'ayez pas spécialement peur de vous balader sur la plage. Généralement, ce sont les personnes qui les creusent qui sont victimes de ce genre d'accident dramatique.

C'était la petite minute prévention.