Bonjour tout le monde !

Comme vous l'aurez deviné j'ai repris la fac cette semaine, et bien sûr qui dit reprise des cours dit beaucoup moins de temps à consacrer à mes histoires ... Ce qui explique le retard de ce chapitre. Pour le prochain je pense qu'il faudra attendre deux semaines mais sachez que la fiction verra sa fin arriver très bientôt. Je pense faire encore environ 3 chapitres mais j'hésite encore sur la fin à donner ... ce sera la surprise dirons nous :)

ps : Oui je sais couper à ce moment précis n'était vraiment pas gentil de ma part, mais pour une fois ça mettra un peu de suspens, je dis bien un peu parce que tout le monde se doute que s'il reste encore trois chapitres ce n'est pas pour rien ...


Assise sur son lit, dans la chambre qu'elle occupait depuis dix sept longues années, Elladora observait Rabastan en faire le tour, s'attardant sur les tableaux accrochés aux murs, aux livres dans sa bibliothèque et plus particulièrement aux photos accrochés dans un cadre au dessus de son bureau. La veille les vacances de Noël avaient commencé, pendant la dernière semaine de cours elle avait soigneusement évité Sirius. Ca lui faisait du mal elle le sentait, mais à elle aussi ça lui en avait fait.

Rémus était venu lui rapporter ses chaussures ainsi que le manteau qu'elle avait laissé à James. Elle avait eu beau chercher dans les poches, elle n'avait pas retrouvé son écharpe mais après tout le jeune homme avait sûrement du la perdre dans les vestiaires. Lui aussi elle l'évitait au maximum, ce qui rappelait un peu la situation de ces dernières années. Désormais elle partageait son temps entre Rémus, Regulus, Alecto et Rabastan ce qui paraissait ravir ce dernier.

Sa mère avait saisi la première occasion pour inviter le jeune homme, un si bon parti disait-elle il ne fallait pas risquer de le perdre. Et pourtant, elle n'avait pas non plus manquer de lui rappeler ces obligations. Quelqu'un l'avait prévenu de son rapprochement avec son frère jumeau, qui elle ne savait pas, mais à Serpentard les délateurs ne manquaient pas et la gifle qu'elle avait prise à ce moment là avait servi à lui remettre les idées en place. Elle détestait cette maison, sa mère, son père et la seule chose à laquelle elle aspirait était de la quitter au plus vite.

Rabastan observait le sourire qu'affichait Elladora sur chacune des photos, en mouvement on remarquait clairement que sur chacune d'elle, la jeune fille paraissait réellement heureuse. Sur plusieurs d'entre elle, la Serpentarde était en compagnie de Regulus à différents âges mais d'autres plus rares la présentait en compagnie de Sirius et James quand elle était encore enfant. Il y avait également une photo qui présentait Alecto, une autre Rémus et sur chacune d'elle il la voyait heureuse, totalement à l'opposé du sentiment que reflétait son visage à l'instant précis.

- Tu voudrais qu'on aille prendre une photo tout à l'heure ? Tu pourrais l'accrocher à ton mur proposa-t-il en s'asseyant à côté d'elle.

- Oui si tu veux répondit-elle sans enthousiasme.

Posant sa main sur la sienne, il essaya de capter son regard mais elle semblait toujours ailleurs, comme dénuée soudainement de tout sentiment. Il savait qu'elle n'avait rien à voir avec l'invitation qu'il avait reçu mais il avait réellement espéré pouvoir la divertir.

- Tu as envie que je te laisse seule ? Ca ne me dérange pas de revenir plus tard si tu ne te sens pas bien.

La jeune fille tourna les yeux vers lui, se rendant compte qu'elle aurait du s'estimer heureuse qu'il soit là. Au fond comme fiancé elle n'aurait pas pu trouver mieux, les autres hommes à laquelle sa mère avait pensé étaient vraiment abjectes alors pourquoi Est-ce qu'elle n'arrivait pas à sourire ? Doucement elle posa ses lèvres sur les siennes, posant sa main sur sa joue avant de se reculer lentement.

- Je n'ai pas envie que tu partes.

A chaque fois qu'elle agissait de cette façon, même si c'était rarement, cela le confortait dans l'idée que c'était elle et personne d'autre qu'il désirait pour épouse.

- Tu as envie qu'on sorte peut être ? On pourrait aller faire les magasins en ville.

Pour la première fois depuis qu'il était arrivé, il la vit sourire légèrement acquiesçant à sa proposition. Il en profita pour l'embrasser une nouvelle fois, posant sa main sur le bas de son dos pour aller prévenir ses parents qu'ils allaient sortir. Comme toujours ils ne refusèrent rien, ne s'inquiétant même pas de savoir à quelle heure elle rentrerait pourtant il le savait même si Elladora avait donné son consentement pour le mariage, elle ne l'aimait toujours pas.

Il n'était pas stupide, ni aveugle, il savait qu'elle faisait des efforts pour l'accepter et il était prêt à attendre, néanmoins il s'inquiétait toujours dès qu'il la voyait en compagnie d'un autre homme, particulièrement quand il s'agissait de James Potter. Heureusement pour lui, celui-ci paraissait largement épris de sa sang de bourbe de petite amie et ces derniers temps il avait clairement remarqué qu'elle était en train de s'éloigner de l'ensemble des Gryffondor, chose qu'il accueillait avec une grande joie.

A chaque magasin qu'ils exploraient, Rabastan tenait toujours à lui faire un cadeau. Elle essayait de l'en dissuader, c'est vrai elle n'avait pas besoin de toutes ces choses. Ses armoires étaient déjà remplis de vêtements et d'accessoires qu'elle ne mettait jamais sans compter qu'à chaque anniversaire on lui offrait toujours une multitude de bijoux qu'elle laissait ranger dans une boite à musique que Regulus lui avait offert pour ses douze ans. Pourtant au bout d'un moment elle ne chercha même plus à répliquer, comprenant que ça lui faisait plaisir de lui acheter toutes ces choses.

Il l'invita à dîner dans l'un des restaurants chic de la capitale et lorsqu'ils passèrent la porte, se faisant immédiatement accueillir par semble-t-il le gérant de l'endroit, Elladora remarqua clairement que bon nombre de regards venaient de se tourner vers eux. Comme toujours Rabastan était très élégant dans son costume sur mesure, les femmes se retournaient sur son passage et pourtant à l'instant elle n'avait pas l'impression qu'on la regardait avec jalousie mais plutôt avec admiration. Elle avait passé la robe que Rabastan avait choisi sans chercher à discuter. Une robe bleu nuit cintrée à la taille dont les paillettes argentées scintillaient à la manière des étoiles lorsqu'elle était en pleine lumière.

Ses cheveux étaient tressés, entremêlés de fils dans la même teinte que la robe retombant en boucle sur son cou, ses épaules et la jeune fille remarquait clairement à quel point Rabastan paraissait ravi d'être vu en sa compagnie. Avant de rejoindre leur table, plusieurs personnes vinrent les saluer, s'adressant principalement à son partenaire tout en ne manquant pas de la complimenter sur son apparence parfaite. Tout ça lui paraissait assez superficiel et pourtant elle savait que c'était ce qui l'attendait dans les années à venir.

L'endroit était connu pour n'accueillir que des sorciers influents ainsi lorsqu'à une table elle remarqua la présence de son frère Sirius, de James et de ses parents son sang ne fit qu'un tour. Elle espérait qu'ils ne les aient pas remarqué tout en sachant que c'était purement impossible. Le regard de James était posé sur elle, et il ne lui suffit que d'un instant pour se rendre compte que ses yeux étaient animés d'une flamme ardente qu'elle ne lui avait connu que très rarement. Elle détourna la tête gênée, ne pouvant s'empêcher de rosir légèrement. Rabastan ne remarqua rien, trop occupé à étendre son réseau d'influence et ce fut seulement quand ils furent conduit à leur table que le jeune homme sembla remarquer la famille Potter.

Au moment où l'un des serveurs tira sa chaise en arrière pour lui permettre de s'assoir, Elladora remarqua que le regard de Rabastan venait brusquement de s'assombrir. Surprise de ce changement d'attitude, la jeune fille tourna la tête étonnée de se retrouver face à face avec les parents de James. Sirius et leur fils s'étaient également levés pour venir les rejoindre et visiblement son fiancé n'accueillait pas leur venue avec grande joie comme pour les personnes précédentes. La dernière fois qu'elle les avait côtoyé remontait déjà à ses onze ans, juste avant son entrée à Poudlard et tout ce que ça avait impliqué pourtant ils continuaient à lui accorder le même sourire empli de joie qu'à l'époque.

- Ca fait si longtemps Elladora, nous n'étions même pas sûr que ce soit toi. Tu es devenu une si jolie jeune fille s'enthousiasma la mère de James.

- Merci , c'est très gentil madame Potter s'inclina poliment la jeune fille.

- Madame ? Suis-je donc devenu si vieille ? Pourquoi ne m'appellerais-tu pas de nouveau Jilian ?

James n'écoutait que peu la conversation qui venait de débuter entre les deux femmes. Déjà à l'époque sa mère adorait Elladora, à de nombreuses reprises elle lui avait dit à quel point elle aurait aimé avoir une fille qui lui aurait ressemblé et visiblement même malgré le nombre d'années et l'évolution de la jeune fille ça ne paraissait pas avoir changé. Pourtant à l'instant actuel il ne pouvait s'empêcher d'observer Rabastan, le jeune homme paraissait contrarié de la voir discuter avec autant de facilité à ses parents et même s'il s'efforçait de glisser quelques mots à l'adresse de son père, il n'y avait nulle doute que c'était par pure courtoisie.

- James nous a appris que tu avais également de très bons résultats à Poudlard. Tu as déjà décidé des études que tu suivrais l'année prochaine ? S'enquit avec intérêt le mari de Jilian.

- Jonathan a de nombreux contacts au sein du ministère, si tu as besoin de faire un stage ou de t'informer, nous serions heureux de t'y aider.

- Malheureusement Elladora n'aura pas le temps de suivre des études l'année prochaine. Elle risque d'être très prise après notre mariage.

Sirius tiqua à l'évocation du dernier mot et visiblement il n'était pas le seul. Sa sœur affichait un air blessé mais résigné alors que les parents de James ne semblaient pas porter dans leur cœur le jeune homme. Il ne savait pas si elle lui en voulait toujours mais il n'était pas question qu'il la laisse épouser un homme de la réputation du Serpentard. A contre cœur il dut retourner à sa table alors que Elladora prenait place en face de Rabastan. Si en première année il ne l'avait pas abandonné, si elle s'était enfuie en même temps que lui de leur maison, aujourd'hui tout serait différent. C'était sa faute, entièrement sa faute.

Depuis qu'ils étaient installés, la jeune fille ne lui adressait plus un mot. Elle semblait absorbé par la contemplation de son verre d'eau et même quand le serveur vint prendre leur commande elle ne se donna pas la peine de répondre, lui laissant faire le choix pour eux deux. Ses yeux semblaient voilés, à cause de ce qu'il avait dit ? Pourtant il avait fait preuve du maximum de politesse à l'égard de personnes à qui en temps normal il n'aurait même pas adressé la parole. Sa main était posée sur la table juste à côté de la carafe d'eau et au moment où il la couvrit de la sienne, Elladora la retira immédiatement.

- Qu'Est-ce qu'il y a ? s'enquit-il légèrement agacé par ses réactions.

- C'est ça que tu souhaites n'Est-ce pas ? Qu'on se marie et que je devienne le parfait accessoire à ton bras ? Un faire valoir pour les soirées mondaines et les sorties.

Elle avait prononcé ça sans colère, mais dans ses yeux il voyait très clairement que ça ne lui convenait pas du tout. Pourtant c'était bien ce à quoi elle avait du s'attendre toutes ces années, il la traitait bien et il continuerait de le faire, alors que lui reprochait-elle ?

- Qu'y a-t-il de déplaisant dans ce que tu viens de dire ? J'essaie de te comprendre Elladora, j'essaie réellement, je me considère même comme très compréhensif à ton égard alors qu'attends-tu au juste ?

- Est-ce que tu m'aimerais si je n'étais pas une Black ? Si je ne pouvais te servir pour ton ascension sociale Est-ce que tu envisagerais seulement de m'épouser ?

La réponse elle la connaissait parfaitement, bien sûr que non. Si elle n'était qu'une fille normale, aujourd'hui elle ne serait pas ici et jamais il ne lui aurait adressé la parole. L'amour dont il parlait elle savait bien que c'était très superficiel. Il la voulait, la désirait, mais à la manière d'un objet et non d'une femme.

- Je sais parfaitement ce que ta famille et la mienne espère. Ce serait si merveilleux si je tombais enceinte durant la nuit de noce non ? De préférence d'un garçon pour perpétuer la lignée.

Il ne pouvait nier que c'était la stricte vérité mais pourquoi le lui reprocher ? Elle aurait tout ce qu'elle désirait, l'argent, le pouvoir. Il allait lui répondre lorsqu'un couple d'amis proche de ses parents vint les trouver. Ce fut à ce moment là que Elladora en profita pour s'éclipser, prétextant un besoin d'aller aux toilettes pour quitter la table. Il aurait pu la rattraper mais il était hors de question qu'il s'affiche en public de telle manière, elle finirait bien par revenir et pour le moment il avait des choses plus urgentes à régler.

Elle avait beau s'asperger le visage d'eau, elle ne se sentait pas pour autant mieux. Pourquoi Est-ce qu'elle avait accepté ce rendez vous ? Elle se voilait réellement la face en pensant qu'elle pourrait l'aimer si elle faisait des efforts. Ce genre de sentiment ne se contrôlait pas et elle commençait tout juste à le comprendre. Rabastan avait beau être gentil et se montrer sous son meilleur jour en sa présence il n'en demeurait pas moins que leurs convictions différaient totalement.

Rajustant l'une des bretelles de sa robe, la jeune fille ne put s'empêcher de laisser son regard dévier sur son avant bras. Il n'y avait pas de marques, elle les avait toutes effacés pourtant l'envie de recommencer la prenait très souvent. A chaque fois elle s'efforçait de ne pas y succomber, mais ce soir quand elle se retrouverait à nouveau seule dans sa chambre qu'en serait-il ? A travers le miroir elle vit que James venait d'entrer et entre lui et Rabastan elle ne savait pas quel était le pire des deux.

- Ici c'est les toilettes des dames tu ne sais plus lire les écriteaux ?

Il portait une chemise bleue en satin repliée aux manches jusqu'au coude, celle-ci dépassait de son pantalon de costume noire affichant un style plus décontracté que le reste des clients et même si elle le trouvait vraiment beau en cet instant elle s'efforçait de ne pas y penser. Il ne sembla pas tenir compte de sa remarque, s'avançant vers elle sans hésiter avant de la prendre par la taille pour la faire se retourner. Un instant elle pensa à le repousser mais en avait-elle seulement envie. Son corps était bloqué entre le sien et les lavabos, et ainsi proche de lui elle sentait qu'à nouveau elle perdait pied dans le flot de sentiments qui la submergeait à chaque fois. Juste pour la forme, elle posa ses mains sur son torse en signe de résistance mais elle n'était pas vraiment sûre que ce geste soit perçu ainsi par le jeune homme.

- James qu'Est-ce que tu fais ?

Son cœur tambourinait dans sa poitrine, elle ne savait pas pourquoi il lui faisait cet effet là mais quand il la regardait de cette façon, ses yeux noisettes brillant quand il l'observait elle en arrivait presque à oublier que pour lui elle n'était que le second choix, très loin derrière Lily Evans.

- Tu vas réellement te marier avec lui ?

Un instant il joua avec l'une de ses boucles de cheveux, conscient que ce qu'il faisait risquait fort de lui attirer des ennuis de la part de Sirius quand il le découvrirait.

- C'Est-ce qui est prévu.

- Pourquoi tu ne viendrais pas chez moi ?

- Je ne suis pas Sirius.

Sa main passa dans son cou provoquant quelques frissons à la jeune fille alors qu'il se penchait doucement vers elle. Il marqua un temps d'arrêt au moment où ses lèvres allaient se poser sur les siennes, lui laissant le temps de le repousser mais elle n'en avait vraiment aucune envie. N'importe qui aurait pu entrer et elle entendait déjà les commérages qui en découleraient mais ça n'avait que peu d'importance au moment où il l'embrassa.

Ses sens s'enflammaient, plus rapidement qu'avec n'importe qui d'autre. Sa main droite qui était resté sage sur sa hanche remonta pour se poser sur la partie de son dos qui était à nue bougeant ses doigts doucement pour la caresser à cet endroit. Il n'arrivait plus vraiment à raisonner clairement, juste qu'à cet instant, et à chaque fois qu'elle se trouvait dans ses bras il ne se contrôlait plus. Quelqu'un se racla la gorge alors que la porte se refermait et en apercevant son frère Elladora se dégagea de l'étreinte de James laissant une distance raisonnable entre eux.

- C'est déjà la deuxième fois que je te trouve en train d'embrasser ma sœur t'en es conscient ?

Il aurait pu faire un scandale, il aurait pu crier sur James, l'emmener en dehors de ces toilettes mais depuis qu'il était au courant pour le mariage de sa sœur, son meilleur ami était bien le seul à pouvoir réellement l'empêcher. Elladora était en train d'effacer des traces de rouge à lèvre invisibles sur son visage et il espérait sincèrement qu'elle ne lui en voulait plus.

- Je ferais mieux d'y aller.

Rabastan devait probablement s'inquiéter de ne pas la voir revenir maintenant et s'il arrivait maintenant et qu'il la surprenait en compagnie des deux garçons elle n'osait imaginer les conséquences qui en découleraient. Pourtant au moment où elle amorça un pas en direction de la sortie, James la retint par la main alors que Sirius verrouillait la porte observant le petit couple.

- Tu as vraiment envie d'aller le rejoindre ?

- Il faut que je rentre chez moi.

Sirius n'ignorait pas ce qui se passerait si sa sœur partait maintenant avec eux, il préférait tout oublier de cette période et le fait que Elladora le vive toujours aujourd'hui était pour lui source d'angoisse considérable.

- Alors rejoins nous plus tard chez James.

D'un geste, elle se libéra de l'emprise du jeune homme lançant un regard à son frère. Pourquoi irait-elle là bas ? A coup sûr sa mère le saurait tôt ou tard et elle n'osait imaginer ce qu'elle serait capable de lui faire. Pourtant elle en avait envie, partir de là, tout oublier, mais elle n'oubliait pas ce que Walburga ferait à Sirius si elle se décidait à fuir la demeure familiale. Elle hocha la tête en signe d'acquiescement, mais à ce moment là c'était plus pour qu'ils la laissent sortir sans protester que par réel accord.

Il l'avait vu sortir des toilettes, suivi de près par James et Sirius, et la voir avec ces deux là lors de l'un de leur rendez vous était vraiment quelque chose qui le mettait hors de lui. Sans prononcer un mot, ni s'excuser du temps qu'elle avait pris, elle s'était rassise sur sa chaise, attrapant sa fourchette avant de la passer dans son assiette sans réellement d'envie. Pendant tout le dîner le silence avait prévalu alors qu'il bouillonnait intérieurement. Il n'allait pas faire de scandale en public, pas même sur le chemin de retour lorsqu'ils avaient transplané en dehors du restaurant. Ce n'est qu'une fois dans la chambre de la jeune fille alors qu'elle défaisait sa coiffure, ses cheveux retombant souplement le long de son dos qu'il sentit sa patience arrivait à son terme.

- Je ne veux plus que tu fréquentes ces traitres à leur sang gronda-t-il.

Pendant un court instant elle s'était figée, dénouant doucement les fils dans ses cheveux ne prenant pas la peine de se tourner vers lui.

- Merci de m'avoir raccompagné Rabastan, il est tard maintenant tu devrais rentrer chez toi répondit-elle calmement.

Au moment où il lui attrapa le poignée, la collant à lui subitement elle ne put s'empêcher de fermer les yeux se doutant bien qu'il n'allait pas en rester là. Il l'embrassa presque férocement passant son bras autour de sa taille en signe de possession alors qu'elle n'esquissait pas le moindre mouvement, froide au possible.

- Tu crois que je me contenterais de n'être qu'un second choix ? Tu es à moi et à personne d'autre Elladora.

Ces derniers temps il avait réussi à faire oublier son mauvais côté, mais à chaque fois qu'il était énervé elle sentait que la situation pouvait lui échapper à tout moment. Pendant un instant il s'amusa à lui mordiller la peau fine du cou alors qu'elle savait d'ors et déjà qu'il faisait ça pour laisser une marque de son passage, en faire sa propriété exclusive.

- Tu devrais t'en aller Rabastan répéta-t-elle posément.

Ses yeux gris n'exprimaient à nouveau plus aucune émotion mais elle fuyait son regard et il avait conscience qu'il venait de la perdre si tenté soit-il qu'il l'ait déjà possédé un jour. Peu importe au fond, il se marierait avec elle qu'il obtienne son amour ou non.

- J'ai envie de toi Ella lui susurra-t-il à l'oreille.

Il posa ses mains sur ses hanches remontant légèrement sa robe le long de ses jambes alors que la jeune fille esquissait un geste de recul remettant de la distance entre eux.

- Je crains que tu ne doives attendre la nuit de noce pour ce genre d'activité.

- Je ne te savais pas si à cheval sur les règles à respecter.

Sa main caressa sa joue dans un geste aérien alors qu'elle détournait la tête grimaçant légèrement à ce contact.

- Va-t-en.

- Crois tu vraiment que tes parents désapprouveraient si on faisait ça ce soir, ils ne cessent de s'excuser pour ton comportement, n'aurais-tu pas envie de te faire pardonner par toi-même ?


Le manoir Potter semblait presque aussi sécurisé que Gringotts, pour y pénétrer il fallait donner nombre de mots de passe, posséder certaines clés ainsi que faire usage de magie au portail. Si celle-ci était décelée comme étant de la magie noire, immédiatement une alarme résonnait et nombre d'auror ne tarderaient à débarquer. Pourtant derrière la maison, à l'abri des buissons et des arbres gigantesques du parc familial existait une faille. Un mince endroit où il était nécessaire de ramper pour accéder à l'intérieur du domaine. Enfants ce passage leur était plus qu'accessible en raison de leur petite taille mais désormais elle craignait de déclencher les sécurités en passant à travers.

Si ses parents la retrouvaient maintenant elle risquait fortement de devoir se marier sur le champ sans compter ce qu'ils seraient capable de lui faire subir après ce qu'elle avait osé faire. La jeune fille ferma les yeux essayant de chasser de ses pensées ce qui s'était produit durant la dernière heure. Les cris, les coups, la mort de Néo de la main de sa propre mère. Oui elle la savait tyrannique mais pas au point de tuer la seule chose qui la rattachait à son passé à l'intérieur de cette maison. Tout ça pour quoi ? Parce qu'elle avait refusé de se plier à la demande de Rabastan. Ce n'était que de la légitime défense si elle l'avait frappé et ensuite elle avait réellement cru qu'il allait la tuer.

Elle s'était enfuie, sans même réfléchir elle avait passé la porte d'entrée le fait qu'elle soit pied nus et en robe n'avait pas été un problème. Elle avait agi par automatisme, comme dans un brouillard elle s'était retrouvée à courir dans les rues de Londres et au dernier moment elle avait transplané. Elle avait entendu son père prononcer un sort, l'éclair avait filé à côté de son oreille au moment où elle s'était évanouie dans les airs. La jeune fille frissonnait arrivant devant le manoir, la respiration quasiment bloquée par les larmes coincées dans sa gorge. Pourquoi était-elle venu jusqu'ici ? C'était le seul endroit auquel elle avait pensé mais également l'endroit qui lui causerait le plus de problèmes si on l'y retrouvait.

Elle voulait rester silencieuse, que personne ne l'entende lorsqu'elle franchirait les portes mais malgré elle une violente quinte de toux vint troubler les lieux, demain quand elle retournerait là bas que se passerait-il ? Ne serait-il pas plus simple au fond de disparaitre pour toujours. Sa main hésitante sur la poignée de la porte, la jeune fille ferma les yeux sentant une larme coulait le long de sa joue. Qu'Est-ce qu'elle ferait une fois à l'intérieur, qu'Est-ce que Regulus deviendrait si elle n'était plus là. Les marques sur son bras lui rappelaient ce qu'elle venait de vivre et alors que ses jambes lâchaient sous son poids, elle se laissa glisser le long de la porte jusqu'à se retrouver assise sur le perron.

Quelle raison avait-elle de se trouver là, seulement au nom d'une ancienne amitié et d'un ancien amour fraternel pouvait-elle s'imposer de cette manière. Le sommeil la gagnait alors que ses membres s'alourdissaient doucement, s'endormir maintenant était risque de ne jamais se réveiller, pourtant lorsque ses paupières se fermèrent petit à petit elle ne fit absolument rien pour lutter, se laissant plonger dans un état comateux dont elle espérait sincèrement ne jamais ressortir.