Bonsoir à toutes :) (si quelqu'un est encore là ?)

Comme d'habitude, et je le regrette, l'attente a été très longue ... Bien évidemment, je me suis pris le choux pour pas grand chose, et la petite scène qui me cassait les pieds a fini à la corbeille... (Promis, vous saurez ce que je voulais y raconter).

Bref, NOUS VOICI AU MOMENT TANT ATTENDU DE LA GRANDE RÉVÉLATION ! OUI A LA FIN DE CE CHAPITRE ! VOUS SAUREZ TOUT !

C'est donc le tout dernier chapitre, sauf changement de plan imminent il n'y aura plus qu'un épilogue !

Comme je l'ai toujours fait, je tiens à remercier les personnes ayant pris la peine de passer par là. J'espère que pour l'avant dernière fois j'aurais droit à vos opinions J'espère que le final vous fera réagir !

Mes derniers mots en bas,

BONNE LECTURE !


CHAPITRE 13

A San Francisco, la vie suivait son cours. Pourquoi ne l'aurait-elle pas fait ? Quelque chose aurait-il dû empêcher Bella de continuer à vivre ? Et Edward ? N'avait-il pas lui aussi le droit à la félicité tant recherchée ? La poursuite du bonheur n'était-elle pas son moteur depuis quelques temps déjà ? En tout cas, c'était ce que sa vie avec Bella, et parfois loin de Bella, lui inspirait.

Doucement, ils oubliaient les affres du passé. Meurtres, accusations, erreurs, tromperies.

Et bien sûr, il voulait que cela dure.

Son seul lien avec les affaires passées restait Shooter. Il le lisait lentement, éloigné du regard de Bella, qui évitait au mieux ses sourires, au pire ses mimiques horrifiées. Shooter était différent des autres romans de la jeune femme. D'une intensité toute autre. Il vivait Shooter, il se sentait parfois être Edmund. Parfois il eût à en souffrir, parce que lire Shooter était probablement plus efficace que toutes les thérapies du monde, parce qu'il savait qu'il était Edmund, et parce qu'il avait deviné que la part de réalité dans le roman était bien plus importante que jamais Bella ne l'avouerait.

Là où Edward avait donné vie à Edmund, Bella s'était personnifié sous les traits d'Isadora Tramell : la femme dont Edmund aurait mieux fait de ne pas tomber amoureux. Pourtant, physiquement, Isabella avait peint son exact contraire sous les traits de la blonde frigorifique. Une tête de platine, grande, svelte, la petite trentaine, un corps mince, féminin mais éloigné des courbes plus plantureuses de Bella. Deux yeux bleus hypnotisant et une prestance sans égale. Bella avait donné maturité et puissance à Isadora, faisant d'elle un personnage trop froid pour être réellement apprécié, mais assez intelligent et calculateur pour être l'objet de la fascination du lecteur. Ils verraient en elle un objet de fantasme, inaccessible, quoi qu'il en soi. Si la croire capable des pires horreurs avait été la source du désir d'Edmund, il ne serait pas le seul. Il serait cependant l'unique homme capable de l'aimer, car si les hommes aimaient Bella, Isadora resterait un mystère non élucidable. Et, lorsqu'au fur et à mesure, Edmund se détachait de ses convictions puis cessait de la croire coupable, et ce malgré l'avis de ses amis et collègues, il était évident que le lecteur suivrait.

Là s'arrêtaient les ressemblances, parce qu'à mi-lecture de Shooter, Edward savait à quel point Edmund était dans le déni, et savait qu'Isadora était une sanguinaire meurtrière. Instinctivement, Edward voulait sauver Edmund, il souhaitait que son personnage écoute les suppliques d'Angela. C'était déchirant, car il savait qu'Edmund n'avait aucune chance. Bella n'avait jamais cédé, et Edmund mourait de la main d'Isadora dans les dernières pages du roman. Mais parce qu'il restait à Edward quelques parcelles d'espoir, il avançait dans sa lecture à grands pas. Finir de lire Shooter allait être une étape. Un point de passage qu'il attendait.


Les rencontres au cabinet d'Alice se succédaient, et se ressemblaient.

Lorsque sonnaient six coups, la porte s'ouvrait sur Bella. Elle s'asseyait, restait au maximum une heure, souvent moins. Elle passait la porte sans jamais départir à son calme, alors que plusieurs fois, Alice s'était sentie bouillir au point de souhaiter la poursuivre pour l'étrangler.

Ça ne pouvait pas durer éternellement. Bien sûr que non, ça n'allait pas durer. Alice et Isabella ne laisseraient jamais le status quo actuel les enfermer dans une prison d'incertitudes infernales. L'une et l'autre voulaient en finir définitivement. Leurs rencontres régulières ne menaient à rien, et d'ailleurs, pourquoi l'auraient-elles fait ? Elles ne faisaient que se jauger l'une l'autre, en attendant que la situation avance d'elle-même.

Alice suivait l'évolution de Bella, de tout temps elle avait vu ses patients de métamorphoser sous ses yeux. Mais Bella restait égale à elle-même. Alice ne parvenait pas à tirer plus d'elle que l'inutile. Oui elle savait que la jeune auteur était hautaine, parfois méprisable et vulgaire, toujours sûre d'elle et de sa répartie qui claquait comme un fouet au visage d'Alice.

Elles avaient évoqué beaucoup de sujets ; Alice savait quelle était la pensée de Bella sur nombre de grands thèmes. Elle avait découvert ce qui la hantait, ce qui la faisait frémir, ce qui l'inspirait.

Alice connaissait l'essence des insomnies de Bella, le contenu de ses rêves, de ses fantasmes. Ces fantasmes naissant d'une imagination un peu torturé et balancée d'un zeste de spectaculaire.

Alice les avaient déjà comparé à des rêves, voire des cauchemars, mais bien vite Bella avait montré sa désapprobation :

- Fantasmes, avait-elle corrigé.

- Tu appelles fantasme tes rêves de mort ?

- Disons alors : fantasmes violents.

- Ça arrive souvent ?

- J'ai tous les jours de nouveaux fantasmes… avait répliqué Bella. Ils sont extraordinairement intéressants lorsqu'il s'agit de trouver de nouvelles façons de tuer les gens pour mes livres.

Alice haussa les sourcils et nota deux lignes sur son ordinateur. Elle vit Bella se pencher en avant pour les déchiffrer, sans oublier son atroce sourire satisfait.

- Tu permets que je note ça mot pour mot, j'espère ? s'enquit alors Alice.

- Cite-moi tant que tu veux, répondit Bella, sans plus chercher à lire les mots d'Alice.

Les lèvres d'Alice s'étirèrent doucement en sentant la réaction de Bella à cette petite flatterie. Orgueilleuse, évidemment.

Plus égocentrique, tu meurs, songea Alice. Mais que va-t-elle redire à cela ?

- Tu aimes la violence, c'est naturel chez toi j'en suis certaine ?

- Une douce violence c'est excitant … Tu ne trouves pas ?

La référence sexuelle fut évidente pour Alice, et coupa court à tout son amusement.

Bella lâcha un rire gras qui ne lui était pas habituel et pointa son index sur Alice en disant :

- Je sais à quoi tu penses. Enfin … je sais à qui tu penses !

Bien sûr, les pensées d'Alice avaient dérivées vers Edward, puis vers Jasper, avec qui elle ne doutait pas que Bella ait pu expérimenter son petit penchant brutal.

- Qui ?

- Edward, et Jasper… répondit Bella. Saches que je suis profondément traumatisée que tu aies de telles pensées à mon égard et concernant en plus ton cousin.

Alice s'en voulu d'avoir été aussi déchiffrable et réagit froidement à la moquerie de Bella.

- Ça t'embêterait d'avoir tort ?

- Et toi ça t'embêterait que j'aie raison ? fit Bella, presque dans un murmure.

- Non, car bien sûr tu as raison.

Une nouvelle fois flattée, Bella resta silencieuse, heureuse de constater qu'Alice confirmait son talent de manipulatrice. C'est tout ce qu'elle avait souhaité et attendu lors de ces rencontres.

Alice perçut enfin le changement chez Bella, lorsque ses yeux s'armèrent d'un nouvel éclat. Elle changea de position, posa ses mains à plat sur son bureau, elle se tut. Jusqu'à ce que Bella donne un nouveau ton à la conversation, maintenant certaine d'avoir acquis une part du respect d'Alice.

- Alice, l'apostropha-t-elle. J'en ai assez. Je ne suis pas ici pour rien. Tu t'en doutes, je suppose.

Alice haussa vaguement un sourcil et une réponse cynique fusa d'entre ses lèvres.

- Espérer que sa présence ici ne soit dû qu'à l'intérêt que tu me portes eut été me gausser je suppose.

- Exactement, et tu ne t'y es pas laissé prendre.

Bella posa son dos lentement contre le dossier de son siège, se donnant le temps de faire monter la pression sanguine d'Alice. Alice déjà bien fatiguées par leurs précédents échanges. Bella voulait maintenant prendre le pouvoir.

- Je veux quelque chose que tu as en ta possession, dit-elle.

Le cœur d'Alice fit un bon lorsque les mots choisis la ramenèrent au journal de Jasper.

- Je ne l'ai plus.

Avait-elle été bêtement la cible d'un vol banal ?

Pour la première fois depuis longtemps, Bella manqua de pousser un cri d'agacement, son calme lui échappa et quelques gestes trahirent sa nervosité soudaine elle serra les poings et expira lentement, ignorant le regard pesant d'Alice, à qui sa perte de contenance n'avait pas échappé.

- Où est-il ? demanda-t-elle lentement.

Alice, enfin en position de force face à l'échec de Bella, donna une réponse chargée de sadisme, que sa haine pour Bella lui inspirait.

- Disparu.

- Tu mens, répondit automatiquement Bella.

- Tu sais bien que non, affirma Alice, retournant contre Bella elle-même sa certitude de deviner à la perfection les pensées.

Alice aurait voulu rire de cette petite victoire, mais Bella restait une impressionnante tête pensante.

- Pourquoi l'avoir laissé filer, sachant ce qu'il représente ?

- C'est malheureusement arrivé indépendamment de ma volonté, sinon crois bien que ce que savait Jasper ne m'aurait pas échappé. Que peut bien représenter ce journal pour toi ?

Bella jura.

- Ta stupidité n'a-t-elle aucune limite ?!

- Qu'est-ce que Jasper avait trouvé ? insista Alice.

Bella le révéla comme s'il avait s'agit là d'une évidence indémontable.

- L'assassin. Tu n'as donc même pas pris le temps de lire ! Tu avais la preuve ultime entre tes mains !

- Qui est-ce ? fit Alice en se levant brutalement.

- J'aurais justement voulu avoir ce journal pour le savoir.

- Tu mens ! lui cria Alice. Sur qui d'autre que toi Jasper aurait-il été en mesure d'enquêter ?

D'un air plutôt amusé par les gesticulations d'Alice, Bella dit froidement :

- Nous ne le saurons pas tant que nous n'aurons pas ce journal.

Le sang d'Alice déserta ses membres et battit à ses tempes.

- Je ne te laisserai pas l'avoir ! Je sais que tu ne cherches qu'à le détruire !

- Ne crois-tu pas que j'ai eu l'occasion de le faire déjà ? Jasper a vécu sous mon toit des années.

- C'était bien plus dangereux de le laisser filer ! Ou alors la situation t'a échappé ! Avoue-le, tu ne contrôles plus rien ! Tu pouvais facilement manipuler Edward, tromper la Police, tout le monde ! Tu ne m'auras jamais à ce jeu !

Bella secoua la tête avec dépit.

Alice insista :

- Que se passe-t-il lorsqu'il n'y a aucun danger ?

La bouche de Bella resta close.

- Je vais te le dire, moi. Lorsqu'il n'y a aucun danger, tu ne ressens rien, parce que tu es une personne froide, indifférente et blasée. Tu t'ennuis que personne ne remette en cause ton intellect.

Bella sembla méditer ses mots un moment, et y répondit moqueusement :

- Me voilà terriblement vexée.

Puis elle revint à la précédente conversation.

- Tu as déjà mis la Police dans le coup ?

- Tu n'auras jamais ce journal Bella, avertit Alice, en pointant la jeune femme d'un index menaçant.

- Tu as une étonnante faculté à détourner la conversation lorsque celle-ci devient intéressante.

Alice n'écoutait plus Bella. Elle ne voulait plus se laisser distraire par ses tentatives de tourner la conversation à son avantage. Ses petites cellules grises s'activaient, elle entrait en phase de réflexion intense. Elle cherchait des évidences, et – mon dieu, il y en avait tant.

- N'est-ce pas toi qui t'es arrangée pour qu'on me vole le journal ?

Bella avait saisi son sac, relevé ses cheveux en un chignon compliqué, elle allait partir. Ce qu'elle fit, n'oubliant pas d'ajouter une signature personnelle, elle murmura :

- Tu me prêtes des idées que je n'aurais même pas …

Et elle quitta la pièce, laissant comme bien d'autre fois, Alice totalement désemparée. Désemparée, mais cette fois-ci sûre du dénouement de cette histoire.


Alice toquait à la porte d'Edward il mit du temps à répondre, guère dynamique. Il avait sur le visage un air bien caractéristique qui entraîna chez Alice une sensation de malaise écœurante. Son cousin avait l'air d'un béat transi d'amour venant à peine de quitter sa dulcinée. Et c'était si vrai, qu'en s'approchant pour entrer Alice put détecter la persistance du parfum de Bella sur la peau d'Edward.

- Edward, salua Alice, une fois dans l'entrée.

La visite d'Alice contrecarra rapidement les effets enjoueurs de celle de Bella. Edward avait gardé en travers de la gorge chacun des mots d'Alice le jour de son anniversaire. Cela suffisait à entretenir sa morosité, ce qu'il lui fit savoir.

- Es-tu décidée à cesser d'interférer dans ma vie privée ? demanda-t-il sèchement.

- Edward, répéta Alice. Il faut que tu saches que j'ai de sérieuses raisons de croire en la culpabilité de Bella.

Il posa Shooter, qu'il tenait encore à la main, car l'énervement montait déjà en lui comme une flèche. Non, Alice n'allait pas arrêter de se mêler de sa relation avec Bella, et pire encore, restait déterminée à l'accuser du meurtre de Boz.

- Ça ne va pas recommencer ! s'écria-t-il.

- Ecoute-moi, l'implora Alice. Elle et moi parlons, beaucoup. Elle est bien plus fine manipulatrice que tu ne le crois. Elle sait contrôler les gens, elle sait se servir du temps contre eux, comme une arme. Elle sait calmer, exciter, énerver … en une phrase. Toi, tu n'as conscience de rien parce que tu ne vois en elle que le côté le plus angélique de sa personnalité. Et je ne dis pas qu'elle ne puisse pas être un ange. C'est … elle peut montrer deux personnalité opposés en elle-même… Tu crois qu'elle est danger, qu'elle est une princesse que tu dois sauver … mais elle a tout imaginé. Même toi tu sais qu'elle en est capable. Tu peux constater de son intelligence. Peut-être te la révèle-t-elle plus qu'à moi. Mais tu as dû aussi voir à quel point elle est instable ; tu as le remarquer … Ce n'est qu'une petite fille pourrie gâtée qui vit dans un monde de livres, où tout tourne autour d'elle. Tu crois la connaitre mais tu ne sais pas un dixième de la réalité. Jasper la connaissait, il est resté près d'elle pendant des années. Il m'a raconté des choses … N'est-elle pas emportable ? Lunatique ? Ne doutes-tu pas parfois qu'elle soit pourvue d'un réel sens moral ?

- Tu es une femme, vous avez un rapport différent.

Alice se laissa tomber sur le pouf, l'absence de réaction d'Edward la laissa à court de mots un moment. Elle se laissa aller à penser partiellement tout haut, tant le sentiment de parler dans le vent la renversa.

- C'est parce qu'elle sait que je ne peux être crédible devant la Police qu'elle se montre à moi telle qu'elle est réellement, murmura Alice, la voix aux intonations démentes.

Edward la regarda, presque terrifié. Elle s'adressa à lui :

- Ce qu'elle me dit lors de nos séances ne t'encouragerait pas à croire qu'elle t'aime.

- Je ne peux pas en douter. Je sais qu'elle m'aime.

Alice semblait désormais prête à baisser les bras.

- Peut-être que c'est vrai … Peut-être que quelque part elle t'aime. Mais le fait est qu'elle est très malade. Elle n'aime pas les gens elle les hait. Ils sont moins que rien pour elle. Elle a besoin de se sentir en contrôle… Elle tue les gens. Elle a tué Boz – Niels – Jasper – ton ami Emmett… Réfléchis et vois l'évidence – l'assassin ne peut pas être une femme comme Victoria ! Ce ne peut être qu'Isabella ! Elle seule est assez réfléchie, et assez froide. C'est le calme des meurtriers ! Elle est froide comme le diable ! Elle est le diable ! En personne ! Je vais retrouver le journal de Jasper ! Je vais la mener devant la justice et tu seras obligé de réaliser à quel point tu as fait erreur !

Edward resta debout jusqu'à ce qu'Alice ai terminé ; il vit qu'elle craquait, que ses nerfs avaient lâché et qu'elle pleurait. Il s'agenouilla près d'elle et serra ses frêles épaules contre lui. Il la reconduisit chez elle, sans répondre à ses regard tantôt affligés tantôt lourds.

Restait qu'il ne voulait croire aucun des mots qu'elle avait prononcés. Pouvait-il douter ?


La réponse était probablement non. Non.

Edward était aussi sûr de Bella que de lui-même.

Bella n'aurait jamais accompli ce dont Alice la croyait capable. Bella n'était pas une meurtrière.

Bien sûr, Edward l'avait un jour crue capable du mal absolu, mais c'était avant. Des années s'étaient écoulées depuis, enfin, Edward en avait l'impression. Il savait qui était Bella…

Assez pour comprendre qu'elle ne souhaitait pas être dérangée lorsqu'il trouva la porte de son bureau close.

Assez pour comprendre, lorsqu'elle le réveilla au beau milieu de la nuit pour faire l'amour, qu'elle préparait quelque chose de si grand que son enthousiasme débordait. Déjà un nouveau roman, songea Edward.

En fait, il débordait tellement qu'elle quitta la villa à cinq heure, le matin suivant.

Edward fut tiré de son sommeil par la sensation tiède et plaisante des lèvres de Bella dans son cou.

- Je dois m'absenter, murmura-t-elle. Ne m'attend pas pour déjeuner … Tu n'as qu'à terminer Shooter… On en parlera si tu veux.

Il n'ouvrit pas les paupières et se retourna sur le ventre, hochant la tête dans l'opération. Il entendit Bella s'esclaffer et imagina son air vaguement amusé vaguement exaspéré.

Il dormit à moitié une heure de plus, dirigeant volontairement ses songes vers quelque fiction l'impliquant, lui, Bella, et un jeune enfant. Ils se baladaient sur la plage, balançant entre eux le petit garnement riant aux éclats. Puis il prenait son fils sur ses épaules et sentait sur sa tête les petits coups du garçon qui lui attribuait le rôle de monture. Bella souriait, tendait la main pour prendre celle du petit.

Un beau rêve. Qui n'était pas pour demain.

Lorsque le milieu d'après-midi arriva, il se sortit du lit. Il prit Shooter. Il ne restait que quelques pages… Edward retint son souffle.

Jusqu'à la grande révélation. Celle où Edmund réalisait qu'il savait qui était le meurtrier. Jusqu'au moment où le lecteur comprenait qu'il avait été berné sur toute la ligne.

Ce n'était pas comme Edward l'avait imaginé… Il avait cru qu'Isadora se dénoncerait d'elle-même, or c'était l'intervention d'Angela, et son pistolet sur la tempe d'Isadora qui forçait la tueuse glaciale à avouer. Edmund voyait son rêve s'écrouler devant lui. Fou de douleur, Edmund se jetait sur Angela et Isadora.

Et là …

Et là, Edward cru avoir mal lu. Les mots écrits semblaient sonner la perte d'Edmund. Edward en était persuadé… Comment pourrait-il le supporter ? Ça, en plus du reste.

"Fou de douleur, Edmund se jeta sur Angela qui tenait son revolver pointé sur la tempe d'Isadora. Ils tombèrent au sol tous les trois et Isadora se dégagea immédiatement. Edmund lutta pour saisir le pistolet cimenté dans la main d'Angela.

Jusqu'à ce que la pièce résonne du coup de feu, et que la main serrée d'Angela desserre son emprise.

Edmund se recula, et, de son regard embué de larmes, croisa celui d'Isadora.

- Elle est morte, dit celle-ci."

Edward savait aussi que le triste destin d'Edmund était déjà écrit. Lui qui s'était juré de ne jamais plus tuer se retrouvait responsable de la mort d'Angela. Et il savait qu'Isadora était celle qui avait tout orchestré. Pourtant, deux jours plus tard, c'est à elle qu'il faisait l'amour. Edmund était décidément un bien étrange personnage. Un gars un peu fou.

Edward pensa brièvement aux mots d'Emmett il n'y a pas si longtemps, alors qu'il commençait tout juste à fréquenter Bella : "Tu ne crois pas que tu devrais te méfier un minimum plutôt que d'aller carrément dormir dans son lit ?"

Mais ce n'était pas tout à fait la même chose. Edmund savait qu'Isadora aller le tuer. Et c'est ce qu'elle avait fait. Isadora tuait Edmund, avec le pic à glace qu'elle avait préalablement mis sous le lit.

Ça n'a rien à voir, gronda Edward intérieurement.

Sans surprise, Bella n'avait pas modifié la fin de l'histoire. Pas d'espoir de fin heureuse. Comme elle l'avait dit le jour de leur rencontre, le flic était tombé amoureux de la femme qu'il ne lui fallait pas, et elle l'avait tué.

Parce qu'il fallait que quelqu'un meurt. Il y a toujours quelqu'un qui meurt. Edward entendait encore raisonner la voix de Bella. Encore et encore.

Edward reposa le livre sur la table, le bruit sourd le ramena à la réalité. Avec raideur il se leva, et but un peu d'eau à la cuisine. Le clignotement du répondeur lui offrit la distraction qu'il souhaitait.

C'était un message du capitaine Talcott à son intention :

"Cullen ... C'est le capitaine Talcott, j'ai à vous parler, venez à mon bureau dès que vous aurez ce message."

Voilà des mois qu'il n'avait pas entendu cette voix désagréable et métallique.

Il prit la route vers le commissariat, en essayant de ne pas penser.

Oui, il avait su que terminer Shooter le bouleverserait, seulement, il ne s'était pas attendu à cela.


Edward croisa la tête familière de Newton en entrant au commissariat.

- Talcott est dans son bureau ?

- S'il n'y est pas c'est qu'il ne va pas tarder. Qu'est-ce qui t'amène ? Tu es venu le voir ? Ou peut-être juste lui casser la gueule ?

- C'est lui qui m'a demandé de venir. Il ne t'a pas dit pourquoi ?

- Si tu crois que je parle à ce type…

Edward sentit une petite aigreur naître dans son estomac, en constatant qu'au final son départ n'avait rien changé au bureau des affaires criminelles de San Francisco.

- Je vais voir s'il est là, sinon je l'attendrais.

- S'il t'a demandé de passer c'est qu'il n'est pas loin.

Deux couloirs plus loin, Edward frappa, mais n'obtint aucune réponse. Il poussa la porte laissée ouverte. Le bureau était désert. Edward entra puis s'approcha de la fenêtre pour regarder la vue exactement semblable à celle de ce qui était auparavant son bureau. Celui-ci était plus grand, mieux rangé. Les dossiers étaient bien triés, étiquetés et empilés dans les armoires. Tout était impeccable, sauf un petit tas d'objets sur la table, qui troublait le parfait ordre des lieux. Edward, la curiosité piquée au vif, s'approcha et constata qu'il s'agissait d'objets appartenant à une femme, donc déplacés dans le bureau de Talcott. Il ouvrit le cahier usé mis à part.

C'était le carnet de recherches de Jasper … Comment avait-il atterri là après avoir été dérobé à Alice, c'était là une bonne question.

Mais le fait est qu'avant cet instant, Edward n'avait pas eu connaissance de cet objet, et que maintenant, il l'avait entre les mains. Sans peut-être savoir ce qu'il représentait. Il feuilleta quelques pages, et des mots attirèrent son attention. Ce qu'il lut lui permit de comprendre. De réaliser ce qu'il savait déjà.

Sans avoir vu le Capitaine Talcott, il rentra chez lui et se coucha sur le canapé, où il tomba endormit.

La sonnerie de son téléphone portable le réveilla en sursaut, et il lui fallut quelques secondes pour émerger.

"- Edward, il faut que tu viennes immédiatement à Stinson, le pressa Alice

- Je suis là dans dix minutes, répondit-il d'une voix atone."

C'était malheureusement sans surprise. Alice était chez Bella. Et il y avait fort à croire que Bella s'y trouvait aussi.

Il se rua à sa voiture. La porte de la maison était restée ouverte. Edward ignora l'étage inférieur et monta immédiatement.

Bella était dos à la baie vitrée, elle fixait Alice, à quelques pas de là, qui se tenait devant le bar. Alice était inquiète, son anxiété grimpa à l'arrivée d'Edward.

- Que se passe-t-il ? demanda Edward, fixant sa cousine.

- Tu ne m'as pas cru quand je suis venue te prévenir … Aujourd'hui, j'ai la preuve qu'Isabella a tué James Boz, Rosalie, Emmett, son maître de recherche Ronald Hockley, ses deux parents, peut-être même Jasper … peut-être aussi Jacob Black…

Elle leva la main gauche, où Edward reconnut le journal de Jasper.

- Je n'avais pas compris la première fois que je l'ai eu car il ne la nomme pas clairement ! Il l'appelle toujours "gamine"! Je suis sûre qu'elle t'a dit que c'était ainsi qu'il la surnommait !

Il croisa le regard vide de Bella, se remémorant le jour où, oui, elle le lui avait dit.

- Il lui arrivait aussi de m'appeler "petite pute". Tu sais, les surnoms, ça va, ça vient … intervint-elle.

- Je veux qu'elle avoue devant toi ! reprit Alice, criant presque pour couvrir la voix de Bella.

Bella ne fit pas mine de bouger. Elle leva le menton vers Alice, et la cingla d'un regard hautain et destructeur.

- Bella, murmura Edward.

Elle entendit son prénom sortir de la bouche d'Edward, mais ne tourna pas la tête vers lui. Elle fit un pas en avant, tout en jaugeant Alice.

Le bras d'Alice jaillit de dessous le bar, un pistolet au poing, elle serrait les dents. Elle leva la main jusqu'à pointer directement le visage de Bella, qui leva lentement les bras sans plus avancer.

- Je vois que je n'ai pas le choix … dit celle-ci lentement. C'est à lui que tu veux que je m'adresse n'est-ce pas ? Pour qu'il tire un trait définitif sur moi ?

Alice fit un geste brusque du bras, l'incitant à parler. Bella se tourna lentement vers Edward.

- Très bien. Edward … Allons y pour les aveux … J'ai provoqué l'accident de bateau qui a tué mes parents, commença-t-elle, débutant sa sinistre énumération. J'ai couché avec mon prof à la fac et je l'ai tué. Je me suis envoyé en l'air avec James Boz avant de le perforer de trente-et-un petits trous. Je me suis débarrassée de Laurent Niels parce qu'il menaçait de devenir bavard, cette ordure. Quand j'ai vu que Jasper ne voulait plus de moi, qu'il allait me laisser tomber pour ta niaise de cousine et qu'il allait tout découvrir, j'ai provoqué son overdose. Par contre, je ne l'ai jamais envoyé te tuer, ça je suppose qu'il y a pensé seul pour t'éloigner de moi… J'ai tué Emmett après m'être arrangé pour laisser un message sur son répondeur. J'ai tout fait pour que tu crois Rosalie coupable et que tu la tue. Je suis allé chez Rosalie, j'y ai mis toutes les preuves. J'ai envoyé chacun des livres que nous avons reçus, Tanya, toi et moi. J'ai aussi alimenté ta suspicion pour Victoria, bien sûr. … Quant à Jacob Black … je ne l'ai pas tué, non.

Il y avait quelque chose d'étrangement érotique dans la cruauté de ses paroles. Son ton suintait la violence et la satisfaction.

- Huit meurtres, Edward, cria Alice. Et tu crois qu'elle est capable d'aimer ? Est-ce que tu la vois telle qu'elle est ? Elle a adoré ça ! A chaque fois ! Ce n'est pas une petite erreur qui a dégénéré ! Elle a cherché chacun des meurtres qu'elle a perpétrés !

Diable fait femme, femme poison, meurtrière sanguinaire, sans pitié, mante religieuse, tueuse en série.

- C'est une psychopathe ! Une folle furieuse diaboliquement intelligente ! Elle a joué et abusé de ses charmes sur nous tous ! continua Alice.

Tout en parlant, Alice avançait, gardant son arme pointée sur Bella. Celle-ci ne bronchait pas, et ne répondait pas aux accusations. Elle suivait simplement Edward du regard, lui qui restait immobile et assommé à l'autre bout de la pièce.

Alice avança encore, jusqu'à ce que le canon glacé du revolver effleure le front de Bella. Elle sourit, victorieuse puis grogna :

- Quelle garce …

Bella sourit à son tour, l'air d'approuver.

- Je crois que nous allons terminer cette histoire ici, Isabella, dit Alice, la voix rauque. Tu ne m'en voudras pas de prendre ma revanche.

Elle abaissa le cran de sureté. "Clic"

- De la part de Jasper, continua-t-elle, s'apprêtant à tirer.

- Alice, s'écria Edward. Ne fais pas ça !

- Quoi tu veux l'épargner ? Elle ne mérite rien d'autre que la mort ! Et je veux être sûre qu'elle l'obtienne !

Bella profita de l'instant de distraction d'Alice pour se jeter derrière le canapé. Alice lâcha une cordée de jurons et tira plusieurs fois sans réellement viser. Bella se dégagea de derrière le canapé, et fila à l'étage inférieur. Alice se lança immédiatement à sa poursuite et obligea la jeune femme à rester à l'intérieur en lui barrant le passage devant la porte d'entrée. Son front ruisselait de transpiration, elle tenait l'arme droite devant elle, sa vision était brouillée. Elle marchait lentement, traquait sa proie, lui laissait quelques mètres d'avance. Bella était appuyée contre le mur dans un recoin de la cuisine, invisible depuis l'entrée. Edward arriva une ou deux seconde plus tard dans le dos d'Alice et saisit ses poignets.

- Arrête ça Alice, ordonna-t-il.

Elle le repoussa sèchement.

- Je vais la tuer, laisse-moi !

Elle entendait la respiration chaotique de Bella et pénétra lentement dans la cuisine, les épaules tremblantes.

Un pas de plus et c'était fait. Mais Edward se jeta sur elle, pour attraper le revolver. Il lui tordit les poignets à les en casser, et saisit l'arme.

Alice se releva et le regarda, les yeux exorbités. Elle se lança à toutes jambes vers le salon, puis jusqu'à la petite chambre du fond. Edward ne réagit pas mais l'entendit se boucler à l'intérieur.

- Le téléphone ! hurla Bella.

Alice allait s'en servir, et ameuter les forces de l'ordre. Le sang d'Edward ne fit qu'un tour, il fonça dans la porte qui s'ouvrit sous le choc, Bella sur ses talons. Alice tremblait et terminait de composer le numéro de la police.

- Allo, allo, allo ! Je… cria-t-elle à répétition, alors que la communication ne s'était pas encore établie.

Edward tenait toujours le revolver ; il appuya sur la détente. Le coup partit, et atteignit Alice en plein front, la tuant sur le coup. Il lâcha l'arme qui s'écrasa sur le parquet à grands fracas et se précipita sur Alice. Bella entra dans la pièce d'un pas sec et raccrocha le téléphone, puis elle poussa le revolver du pied, il alla se coincer sous le lit.

Elle posa son regard sur Edward, qui sanglotait et serrait le corps sans vie d'Alice dans ses bras. Elle lui caressa les cheveux avec délicatesse et se pencha vers lui pour lui murmurer :

- Elle est morte.

Il releva lentement la tête vers elle, elle vit ses yeux embués, et là, elle s'aperçut qu'Alice avait échoué. Alice n'avait pas réussi à guérir Edward de Bella. Apprendre la vérité n'avait rien changé. Il était toujours à elle. Complètement à elle.

Et il venait de tuer sa propre cousine pour lui épargner la prison ou la peine capitale. Il n'avait pas eu le choix.


Voilà. Quelque chose de presque achevé, j'en suis heureuse. J'ai envie de dire : Oups encore un mort ... (ça ne vous a pas trop agacé ?)

Et oui, je vous entend de là, je vous ai gentiment baladé pendant treize chapitres alors que vous aviez votre meurtrière sanguinaire sous les yeux. Sincèrement, on a tellement l'habitude de Bella douce comme un agneau que je suis persuadée que vous ne pouviez pas réellement y croire. Mais je le redis : C'était bien Bella , si vous n'y croyez pas, reprenez l'épilogue et remplacez tous les "elle" par "Bella". Normalement vous n'aurez aucun problème :)

Quant à savoir pourquoi ... j'ai ma théorie. Enfin façon de parler. Je suis ouverte à vos suggestions...

Que pensez-vous qu'il va se passer maintenant ?

Je vous aide .. Bella tuera-t-elle Edward dans l'épilogue ? Ne le tuera-t-elle pas ?

Sachant que les prédictions de Bella dans ses romans ont tendance à franchement se réaliser :)

Ahh j'ai tellement de chose à dire que je vous vole votre temps ... consacrez-le plutôt à m'écrire une longue review :DDDD

A bientôt,

F.

Chapitre publié le 11-11-12.