Bla bla de moua :

Non… vous ne rêvez pas ! Et non, je n'ai pas abandonné ma fic. Je suis extrêmement navrée de ce retard (c'est même plus un retard à ce stade là…) et j'espère ne pas avoir perdu tout mes lecteurs pendant l'attente.

Je ne vous expliquerais pas tout ce qui m'est arrivé, car ça serait bien trop long, bien trop compliqué et surtout……. je pense que vous n'en n'avez rien à foutre (ce qui est tout à fait logique en soit).

C'est juste que… j'ai surement l'air forte comme ça… mais je suis comme tout le monde. Et quand trop de choses vous tombent sur la gueule, aussi fort qu'on puisse être, bah des fois on craque.

Je sais que mes paroles vont étonner du monde (je pense à des gens plus ou moins proches qui ne savent pas ce qui se passe vraiment en ce moment dans ma vie…), et j'espère que vous ne m'en voudrait pas de mon silence.

Ces choses m'ont fait vivre un concert au Parc des Princes plus que déplorable… et je devais y rencontrer ma tite Isotope……………… je m'excuse de ne pas avoir répondu à ton mail. J'espère qu'une autre occasion de présentera à nous ma belle, parce que j'ai été triste de rater le coche.

Ces choses font aussi que je ne peux pas du tout vous dire quand est ce que je posterais la suite. Bien des choses sont en jeu en ce moment… et je n'ai pas trop le cœur à l'ouvrage, bien que les idées soient là.

J'ai la tronche dans les préparations de mon mariage (en plus du reste) et je pars en Espagne dimanche en 10. J'espère, tout comme l'année dernière, avoir du temps pour pouvoir vous écrire de là-bas.

Sachez simplement, chers lecteurs, que je ne vous aie pas oublié….. que vous me manquez et que j'espère ne pas trop vous avoir déçu.

Sur ce, bonne lecture à tous. En espérant aussi… que ce chapitre soit à la hauteur de votre attente.

Je vous aime !!

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Chapitre 14

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POV Tom

Putain mais… j'ai juste envie d'étriper mon frère dans l'immédiat. Il n'avait pas besoin de me laisser seule avec elle, merde ! Déjà que je me suis bien affiché ce matin, ça va aller !

Pour commencer, je me suis comporté comme le dernier des abrutis. S ma mère avait été là, elle m'aurait tiré les oreilles en me hurlant dessus des « c'est pas comme ça que je t'ai élevé !! ». Je l'entends d'ici !

Après ça, j'essaye de rattraper le coup et tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est rester appuyé contre la porte du salon, le regard dans le vague alors que Lola m'ignorait le plus superbement du monde… après m'avoir hurlé un « Sort de là !! » qui a du s'entendre jusque dans la salle de concert.

J'aurais pu lui dire n'importe quoi, lui expliquer pourquoi j'ai réagis comme ça… mais il aurait fallu que faire face à des choses dont je préfère ignorer l'existence, pour le bien de tous… pour mon bien aussi.

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Flash back

Les gens commencent à retirer les couvertures de survie et à ranger les sacs de couchage… j'imagine que la queue devant la salle a aussi dû considérablement s'agrandir. Elles ont de la chance, il a l'air de faire beau pour le moment.

J'entends la mine de Lola courir sur le papier, et j'imagine qu'elle est repartie dans un dessin quelconque alors que je scrute la vie qui reprend ses droits à l'extérieur. Je n'ose pas bouger… c'est à peine si j'ose respirer… pourtant c'est moi qui suis monté, je devrais prendre la parole, je devrais avoir des choses à lui expliquer... lui demander pardon pour mon comportement débile, ça serait bien aussi.

Ouai… ça serait peut-être un bon début.

J'inspire et tourne la tête vers elle, au moment où elle lève son visage. Elle voit que je m'apprête à ouvrir la bouche et son regard se durcit dans la seconde, m'intimant au silence. Je tente alors de ravaler mes mots mais une boule reste bien malgré moi coincés dans la gorge.

Putain, c'est dingue ce qu'elle peut être impressionnante quand elle veut.

J'essaye de comprendre ce qu'il s'est passé en bas… pourquoi est ce que j'ai agressé Georg… pourquoi est ce que je l'ai ignoré elle… pourquoi le regard qu'ils se sont échangés m'a fait si mal…

Et le pire, c'est que je connais presque toutes les réponses, mais que je refuse d'en analyser le sens.

Je repense alors à l'époque où tout allait bien. Où mes seules préoccupations étaient de rendre mes devoirs d'école à temps, que Bill me bassinait avec ses couleurs de cheveux qui changeaient toutes les semaines… à l'époque où on se répétait qu'un jour, on serait célèbres.

A l'époque où j'ai aimé pour la seule fois de ma vie…

Aimer une fille qui ne l'a jamais su… aimer quelqu'un que je n'avais pas le droit d'aimer… aimer cette personne et ravaler tous ces sentiments au plus profond de mon être jusqu'à les oublier.

Je me secoue la tête en me giflant mentalement. Si j'ai voulu les oublier, c'était pour une bonne raison !

Je reviens alors à la réalité en entendant la miss refermer son cahier violemment… combien de temps je suis resté là à penser à tout ça ?

On s'échange un nouveau regard et les mots sortent de ma bouche avant même que je n'ai pu les retenir, murmuré, comme s'il s'agissait d'un secret…

- Je suis désolé.

Ses sourcils se froncent instinctivement, avant qu'elle ne répète en écho, du sarcasme dans la voix :

- Tu es désolé ?

Elle remballe ses maigres affaires puis se relève avant de se planter devant moi.

- Pauvre con. – Lâche-t-elle le plus simplement du monde, avant de sortir du compartiment.

Fin du flash-back

-

Et comme si tout ça n'était pas assez, il a fallu que je supporte la mauvaise humeur de Georg en fermant ma gueule, puisque c'est moi qui l'avait mis en pétard… que je supporte aussi les regards en coin que me jetait fréquemment mon frère, regards qui se voulaient clairement moqueur. Ce même regard qui vous annonce que vous avez raté une information importante alors que lui la connait… mais qu'il ne vous la donnera pas.

Enfoiré.

Je soupire lamentablement en regardant les cahiers d'exercices à faire. Putain de cours par correspondance de merde. Plus que quelques mois et je serais enfin débarrassé de toute cette connerie.

Franchement, quand on mène une vie comme celle que je mène, je peux vous assurer que faire ses devoirs, c'est vraiment le cadet de vos soucis. Mais Universal paye, maman attend que j'aie mon examen haut la main et je sais que Bill bosse comme un furieux pour sortir des notes excellentes.

Alors il est hors de question que je reste en arrière !

J'ouvre paresseusement le premier cahier et tourne les pages, avant de me munir d'un putain de stylo et de commencer à bosser… sauf qu'après dix minutes d'intense réflexion, j'en suis toujours au même point.

Je déteste l'anglais… en fait non, j'aime l'anglais, mais l'anglais ne m'aime pas.

- Tu peux arrêter de soupirer à peu prés toutes les vingt secondes s'il te plait ? Merci.

Je délaisse mon si merveilleux exercice et me retourne vers la seule occupante de la pièce, pour voir ce qu'elle peut bien fabriquer de si important pour que mes soupirs la dérangent tant. Et je suis étonné de la trouver en train de reluquer ma guitare comme s'il s'agissait d'un virus dangereux prêt à exterminer la planète.

- Elle va pas te bouffer tu sais ?

Qu'est-ce qu'elle lui veut à ma guitare ? Pourquoi elle la regarde avec tant d'agressivité ? Déjà qu'elle a osé l'appeler « morceau de bois »… mon pauvre cœur en a pleuré des larmes de sang.

D'ailleurs ça aurait été quelqu'un d'autre, je lui aurais surement expliqué ma façon de penser. Mais c'est elle… et malgré l'agacement que ses mots ont eu sur moi, je n'ai pas eu l'envie de la rembarrer. La seule et unique personne dont j'accepte ce genre de saute d'humeur, c'est mon frère, mais tout le monde sait qu'on ne parle pas de ma femme comme ça.

Alors pourquoi j'ai rien dit putain de merde ?

- Je ne comprends pas…

Je sors de mes pensées en entendant Lola parler, et la regarde avec des points d'interrogation pleins les yeux.

- Elle est belle, elle est propre… elle est parfaite pour une guitare, et pourtant je trouve qu'il lui manque quelque chose.

Hein ? Quoi ? Comment ça « il lui manque quelque chose » ?? Je me lève d'un bond pour me saisir de mon instrument, pose mes fesses sur le canapé et enchaine les premières notes d'une musique qui me trotte dans la tête depuis plusieurs jours.

Je l'accorde rapidement en tournant quelques clés et reprends depuis le début. Après avoir joué toute l'intro, je laisse les cordes s'arrêter seules, le cœur plus léger.

- Elle va très bien cette guitare… il est où le problème ?

J'ai alors la surprise de voir un énorme sourire sur le visage de Lola avant qu'elle ne lâche

- Tu lui donnes son âme…

Heu… quoi ?

Je dois pas vraiment avoir un air intelligent sur la gueule parce qu'elle éclate de rire.

- Pour moi ce n'était qu'un objet inanimé… mais entre tes mains, on a l'impression qu'elle reprend vie. Comment tu fais ça ?

Et encore une fois, avant que mon cerveau n'ait enregistré le fait qu'il fallait que je ferme ma putain de gueule, ma bouche n'en a fait qu'à sa tête.

- Je l'aime… c'est tout.

N'importe qui en nous entendant, aurait pu penser qu'on parlait d'une personne réelle… mais cette idée ne l'a effleuré ni elle, ni moi. En surface en tout cas.

On se fixe un instant et ma réponse a finalement l'air de la satisfaire car elle se replonge dans son dessin, évitant ainsi de voir mes joues se colorer de rouge… putain que j'ai du mal avec ce mot !

Comment je peux dire que j'aime ma guitare… ça craint.

Pour éviter une conversation gênante, je dépose mon instrument là où je l'ai pris et retourne du côté de mon anglais voir si j'y suis. Je ne sais pas combien de temps passe, avant que la demoiselle ne se fasse de nouveau entendre, mais manifestement, mes soupirs l'agacent vraiment.

- BON ! – Eclate-t-elle. – C'est quoi ton putain de problème avec l'anglais ?

J'écarquille les yeux devant sa réaction limite excessive et reporte mon attention sur mon exercice… avant de me retourner vers elle.

- Heu… mon problème ? C'est l'anglais… je crois.

C'est naze putain. Bill peut pratiquement tenir une interview en anglais sans problème alors que moi, je bloque.

- Ok.

Elle quitte son cher canapé puis tire une chaise jusqu'à la table que j'occupe, et m'arrache carrément le cahier des mains.

- Vas-y… fais comme chez toi – je grogne doucement.

Doucement, parce qu'apparemment elle a décidé de m'aider et que rien que pour ça, je pourrais lui offrir le monde.

- Nan mais il est complètement pourrie ton bouquin, c'est quoi cette merde ? – S'exclame-t-elle après avoir feuilleté les premières pages. – Pas étonnant que tu piges que dalle !

Si elle le dit…

Elle s'est alors lancée dans des explications plus que limpides, et m'a obligé à refaire des exercices de base pour appliquer tout ce dont elle me parlait. J'ai raconté beaucoup de conneries, et plus je l'entendais rire, plus j'en rajoutais. Ceci dit, elle n'est pas restée inactive non plus de ce côté-là et plus les minutes passées, plus j'avais l'impression de me retrouver deux ans en arrière, lorsque notre complicité était à son apogée. J'ai été étonné de constater qu'elle a gardé les mêmes mimiques de quand elle était plus jeune… et me suis mis à penser à quel point sa coiffure mettait d'avantage son regard en valeur.

Ses yeux magnifiques… qui avaient l'air de reprendre vie de seconde en seconde.

Et les chapitres se sont succédés à une vitesse effarante jusqu'à arriver enfin à la leçon que j'étais censé travailler aujourd'hui… sauf que je n'ai pas eu le temps de le faire car la porte s'est ouverte sur un Bill complètement flippé.

- Rah putain !! Mais tu ne décroches jamais quand on t'appelle ?

Je zieute sur mon portable, et constate que j'ai quinze appels non décrochés… de mon frère. Oups.

- Tu voulais me parler peut-être ?

Et je rajoute un énorme sourire naïf ainsi que des yeux larmoyants pour ponctuer ma phrase. Note pour plus tard : Enlever le mode silencieux de mon portable quand Bill s'éloigne trop de moi.

Finalement mon jumeau se calme et nous dit simplement qu'on est attendu pour le déjeuner. Punaise, le temps est passé à une vitesse flippante !

Lola et moi lâchons alors toutes nos affaires et j'ai un vilain pincement au cœur en voyant les traits de la miss se tendre à nouveau alors que nous traversons les couloirs pour atteindre la cafétéria improvisée.

- Nan mais sérieux, n'importe qui pouvait te chercher et t'étais aux abonnés absent, je déteste quand tu fais ça, merde ! – Râle mon jumeau.

Ce à quoi je réponds avec un peu de mauvaise humeur dans la voix :

- Ca va détend-toi. Vous m'êtes tous tombés dessus ce matin pour que je fasse mes exercices de merde, alors viens pas me casser les couilles.

- Et depuis quand ça te prend trois heures ?

Et je lui balance ma frustration en plein dans les dents.

- Depuis que quelqu'un est assez sympa pour m'aider, figure-toi !

Lola se fait toute petite à côté de nous… en même temps c'est pas bien dur vu nos différences de taille… mais ça n'empêche pas Bill de glisser un regard plein d'étonnement vers elle.

- J'ai… heu… je me débrouille plutôt pas mal. Je lui ai filé un petit coup de main…

Il ne relève pas l'explication de Lola, de peur de la braquer, et je sais qu'il se sent hyper con que ça soit elle qui m'ait aidé et pas lui… mais je choisi d'ignorer tout ça, tout ce que je veux me rappeler, c'est de nos rires qui résonnaient dans la loge.

-

POV Lola

Le déjeuner a été un peu compliqué pour moi… non pas que je n'avais pas faim, mais simplement qu'il y avait trop de monde à gérer en même temps dans un si petit espace.

Du coup, j'ai lâché mon assiette avec tout le riz qu'elle contenait, lorsque leur manager m'a attrapé par le bras pour me saluer.

Il a eu l'air étonné de ma réaction, mais je ne pense pas qu'il ait réellement saisit le pourquoi du comment. J'imagine qu'il a mis ça sur le compte de la surprise.

Du coup, Georg qui n'était pas loin m'a gentiment envoyé m'assoir en m'expliquant qu'il me ramené un nouveau plat. Adorable. C'est le seul adjectif qui me vienne à l'esprit en pensant à cet homme.

Enfin bref… j'ai écouté d'une oreille distraite les garçons évoquer le concert de ce soir. Apparemment, ils sont déjà surexcités et moi… je ne comprends pas bien l'hystérie qu'ils arrivent à déclencher à chacun de leur passage. Surtout en voyant Bill s'étaler du ketchup sur son tee-shirt noir hors de prix et Gustav se foutre royalement de sa gueule alors que Tom balance des grains de riz sur mon pauvre bassiste.

De vrais gamins, pas un pour rattraper l'autre.

- Vous vous rendez compte que la moitié des adolescentes de la planète bavent sur vous ?

Je réalise alors que j'ai parlé à voix haute lorsque leurs quatre têtes se tournent vers moi… une incrédulité totale sur le visage. J'essaye alors d'expliquer ma pensée.

- Nan mais sérieux, vous vous regardez des fois ? On dirait que vous avez 8 ans…

Ok, je crois que je suis en train de m'enfoncer toute seule… et mon désarroi à l'air de particulièrement plaire à Gustav, puisqu'il éclate de rire, avant d'envoyer une boulette de pain dans la touffe de Bill.

Ce qui engendre un éclat de rire générale lorsque la dite boulette se coince dans son impressionnante coiffure.

- Tout ça, c'est de la faute des jumeaux. S'ils se la jouaient moins sur les photos, on n'en serait pas là. – Enchaîne de nouveau le batteur.

- Soit pas jaloux de mon sex-appeal comme ça le nabot. – Renchérit alors Bill.

Si pendant une seconde j'ai cru que Gustav allait se vexer sous l'insulte, il n'en a rien été… bien au contraire.

- Sex-appeal de quoi ? Je suis bien content de ne pas me faire draguer par la moitié des mecs qui croise ma route.

Et finalement, celui qui prend la mouche est bien le petit Bill, croisant les bras et insistant sur une moue enfantine.

- C'est nul… ils sont même pas capable de voir que je suis un mec.

- Sans blagues ? – Je rétorque sans réfléchir. – C'est vrai que c'est pourtant flagrant.

Le visage de Bill s'illumine alors en se tournant vers moi.

- Ah, merci de le remarquer ! – S'exclame-t-il tout heureux d'avoir trouvé une alliée.

Tom, Gustav, Georg et moi échangeons alors un rapide coup d'œil avant que le premier ne se décide à expliquer la situation à son frère.

- Nan mais Bill… c'était ironique en fait.

Je crois que si je venais d'annoncer à un petit garçon que le père Noël s'était pendu, il n'aurait pas eu l'air si misérable que le chanteur en ce moment. Le silence se prolonge alors que je vois Georg avoir un air trop sérieux sur le visage, Gustav se mordre la lèvre pour retenir un rire… et lorsque Tom me lance un clin d'œil, tout le monde éclate de rire.

- Putain mais Bill… depuis le temps qu'on te la fait celle-là, tu devrais même plus tomber dans le panneau !

Le brun fronce le nez et pince le bras de son jumeau avant de tirer la langue à tout le monde.

- Vous êtes nuls !

Et comme les moments les meilleurs sont aussi les plus courts, il a ensuite fallut que tout ce petit monde s'éclipse pour faire ce qu'ils appellent les « balances ». Aucune idée de quoi ça consiste. Gustav prend alors deux minutes pour m'expliquer gentiment quelques rudiments de leur vie, et accessoirement, que faire les « balances », c'est plus communément appelé « tester le son et le matériel ».

Je les aie tous regardé se lever, et j'ai alors réalisé que j'avais réussi à faire abstraction de toutes les personnes environnantes… toutes ces personnes que j'aurais dévisagé il n'y a pas si longtemps que ça. Mais lorsque Georg m'a lancé un « à plus tard princesse », j'ai aussi réalisé que j'allais de nouveau être seule au milieu de tout ce monde que je ne connaissais pas.

- Je peux m'assoir ?

Je sursaute en entendant cette voix et au lieu de me tourner vers elle, je lance un regard implorant à Tom… qui a beau froncer les sourcils, je sais qu'il ne viendra pas. Parce qu'il a confiance en cet homme, et que Bill a décidé de ne plus lâcher son bras. Il me regarde simplement, avant de me lancer un sourire encourageant.

C'est peut-être tout ce dont j'avais besoin pour faire face à leur manager… qui, malgré le fait que je n'ai pas répondu, à tirer une chaise pour se coller en face de moi.

- Ca va ? Tout se passe bien ? – S'enquit-il alors.

Ce à quoi je réponds par un vague hochement de tête, attendant qu'il me donne enfin l'objet réel de sa venue ici.

- Hum… t'es pas bien bavarde on dirait. Bref, je voulais te rendre ceci.

Il ouvre sa veste et retire de sa poche intérieure mon appareil photo, avant de le poser sur la table entre lui, et moi… qui suit à deux doigts de lui envoyer mon maigre point dans la figure.

Il doit sentir la menace, parce qu'il prend tout de suite un air désolé sur le visage.

- Ecoute, je ne voulais pas fouiller dans tes affaires. Je vais être honnête avec toi, je pensais que c'était le mien !

Mes yeux se plissent pour tenter de trouver une once de malice, de mensonge ou de je ne sais quoi qui me ferait comprendre qu'il est en train de se foutre de ma gueule… mais à la place, il pose juste à côté de mon appareil, un autre, complètement similaire.

- Tu vois ? En fait, je suis passé voir les garçons dans le bus tout à l'heure, et voyant l'appareil trainer, j'ai pensé que je l'avais laissé là par mégarde. C'est en regardant les photos que j'ai compris le problème.

Quoi ? Il a vu mes photos ? Il a… merde…

- Tu fais de très bonnes prises, les jumeaux ne m'avaient pas parlé de ton don pour la photographie.

Je balaye ses belles paroles, plus par gêne qu'autre chose. Je sais que je suis douée pour ça… je n'aurais pas investi toutes mes économies dans un appareil photo bien trop cher pour moi sinon.

- J'ai aussi vu les photos que tu as prises depuis ton « adoption » dans l'équipe…

Je suis toujours muette, et en entendant sa dernière phrase, je m'attends à me faire enguirlander comme jamais.

-… et j'ai aussi entendu parler de ta façon de dessiner.

Putain mais… y'a pas moyen d'avoir un semblant d'intimité ici ou quoi ? J'arque un sourcil, ne comprenant pas vraiment le but de son discours, jusqu'à ce qu'il se décide enfin à lâcher le morceau.

- En fait, j'ai quelque chose à te proposer.

--

POV Tom

Nan mais c'est un drame… j'ai été maudit ou quoi ?

- Tom, est-ce que tu crois réussir à faire une balance correct avant la fin de la tournée ou pas ?

C'est bas… vraiment très bas.

Je lance un regard noir à mon jumeau qui se trouve à l'autre bout de la scène, mais que j'entends parfaitement – ainsi que toute l'équipe réunie – grâce à son putain de micro.

Quelques rires se font entendre de la part de nos techniciens et je préfère plutôt les ignorer. Déjà que mon amour propre en prend un vilain coup… j'ai pas envie d'enfoncer le clou.

Je préfère finalement changer de guitare, me remettre à ma place et commencer un accord… très vite interrompu par un bruit strident.

- Mais c'est un cauchemar ! – Je m'écris en enfonçant ma tête dans mes mains.

Je viens de péter une corde… le truc qui n'arrive JAMAIS !

Mais en fait, ma corde et ma « Tête-en-l'air-attitude » n'ont été que les prémices d'une longue série de merde. Les balances se sont passées aussi mal que possible : Les enceintes crachées du son pourri de chez pourri… Bill a raté une marche et a fait peur à tout le monde en se gaufrant au milieu de la scène, Gustav a dû réinstaller toute sa batterie parce que son second était cloué au lit et que le remplaçant avait fait n'importe quoi. Bref, que des merdes !

Résonne finalement la voix de Willi dans toute la salle… qui se décide à mettre un terme au carnage.

- Allez, on remballe pour le moment. Ça devrait aller les gamins.

Ce qui a eu pour effet d'engendrer des plaintes excessives de la part de tout le groupe. On sait que tout a foiré alors pourquoi arrêter maintenant ?

- Fermez vos gueules un peu. Le fait que Tom pète une corde ou que Gustav soit maniaque, c'est pas mon problème. Mon problème c'est le son… et ce problème a été résolu. Allez stresser ailleurs maintenant.

Rah putain je le déteste ce mec ! Il a raison, mais je le déteste quand même. En plus… j'ai comme l'impression d'un déjà vu… jusqu'à ce qu'il rajoute :

- En plus, je crois que vous avez de la visite.

Pour le coup, tout le monde a stoppé ce qu'il faisait. Et quand je dis tout le monde, je ne parle pas que de mes potes et moi… non, non, non. Les techniciens aussi, les gars qui s'occupent du son avec l'autre face de pet, ceux qui installaient le matos dans la salle… plus personne n'a rien fait, si ce n'est chercher cette fameuse visite.

On aurait pu entendre une mouche voler… jusqu'à ce que j'aperçoive Lola sur la scène, sortant manifestement des coulisses. Elle avait l'air d'un petit animal traqué avec tout ce monde qui la regardé et j'ai même cru qu'elle allait faire demi-tour pour partir en courant. Sauf que mon frère a pris la parole dans son micro pour que ses mots s'entendent dans toute la salle.

- C'est bon les gars… enchainez, merci !

Puis il a posé le dit micro sur son pied et est allé de lui-même vers la sœur d'Andy, comme si c'était naturel de la voir là, alors que tout le monde reprenait son travail. Pour ma part, je me suis barré de mon côté pour allé reposer mon instrument parmi ses sœurs… je ne me lasserais jamais de les regarder je crois.

J'ai alors vu ma pauvre petite guitare malade posée dans un coin, attendant d'être soignée. Je pars à la recherche de tout le matériel nécessaire, et m'installe sur un caisson pour commencer à changer tranquillement la corde qui a cassée un peu plus tôt.

Je sais que Vince est censé faire ça à ma place mais j'aime trop prendre soin de mes chéries. Ça me détend, ça me rappelle la première fois que Gordon a dû me montrer comment faire… et malgré le fait que je sois dans mon monde, lorsque j'entends sa voix briser le silence, je n'en suis pas vraiment surpris. C'est un peu comme si j'avais senti sa présence.

- Y'a pas à dire… je préfère vraiment celles-ci.

Je relève la tête pour voir Lola, plantée devant mes guitares acoustiques. Celles qui ne sortent que pour deux musiques par soir. Je poursuis tranquillement ma tâche en tirant la corde, alors qu'un flash éclaire une seconde l'endroit où je me trouve. Encore une probable photo de la demoiselle, mais ça fait bien longtemps que je ne fais plus attention aux flashs.

- Je te dérange ? – Demande-t-elle après quelques minutes de silence.

Je termine simplement en réaccordant ma guitare et tourne enfin la tête vers elle, pour constater qu'elle s'est assise par terre en tailleur, les coudes reposant sur ses jambes croisées.

- Pas du tout… – Je réponds finalement avant de chuchoter la fin de ma phrase –… jamais.

Un petit sourire en coin fait frémir sa joue et je ne suis pas assez loin pour ne pas voir que ma réponse la fait rougir. Pourquoi ? Aucune idée. Mais ses joues ne s'arrêtent pas de se colorer, jusqu'à atteindre une belle couleur grenat qui lui va à merveille.

- Tu… tu pourrais… hum, nan laisse tomber.

Elle se relève finalement en se frottant les fesses et je saute sur mes pieds pour aller repositionner ma guitare parmi les autres.

- Je pourrais quoi ?

Elle s'apprêtait déjà à remonter les marches qui mènent sur scène et se retourne un air de gêne plaquait sur le visage.

- Rien… je… je me demandais si… c'est con hein mais… tu pourrais m'apprendre à jouer ?

Mes yeux s'écarquillent sous la surprise. Non pas que sa question soit surprenante – quoi que si, elle l'est complètement !! – mais surtout, c'est que je ne m'attendais pas du tout à ça.

- Enfin tu sais, c'est pas grave hein. Je comprends que t'aies pas le temps.

Elle a pris mon silence pour un simple refus, alors qu'en fait, ça me ferait trop plaisir ! Combien de fois lui ai-je demandé, à l'époque où je débutais, si elle ne voulait pas s'acheter une guitare pour m'accompagner. Andy avait peur de se casser un doigt… Bill, j'en parle même pas ! Mais elle a toujours refusé, ses parents l'ayant inscrit à des cours de piano… bien trop classique pour moi.

Je prends finalement mon air le plus sournois, pour négocier l'affaire.

- Tu me files un coup de main pour l'anglais, et promis, je t'apprends tout ce que je sais.

Un vrai sourire illumine alors tout son visage, avant de se transformer en un sourire plein de malice.

- On peut commencer quand tu veux alors… tes exercices sont déjà faits. Je m'ennuyais trop pendant votre soundcheck.

Elle appuie bien sur le dernier mot, et prend un visage blasé comme si elle était on ne peut plus au courant d'en quoi ça consisté… ce qui me fait ricaner un peu.

- Merci pour le coup de main alors. – Je lâche de manière blasée… comme si je n'avais pas été pris à mon propre jeu.

- Oh mais ne me remercie pas trop vite… tu as échappé à cette leçon, mais je te la ferais rattraper, comme toutes les autres. – Me répond-elle en bougeant son index de gauche à droite, son autre main sur la hanche dans une attitude sévère… qui contraste complètement avec son visage avenant.

- Mais j'y comptais bien ! Tu viens ?

Pour le coup, elle laisse tomber toutes ces mimiques, et me lance un regard simplement surpris.

- Si tu veux que je te donne des cours, va falloir que tu te rapproches un peu.

Je parle le plus naturellement du monde tout en allant décrocher une guitare folk, que j'utilise normalement pour Rette Mich et lui tend juste après. Je remarque qu'elle se mordille la lèvre en une intense réflexion et j'ai bien du mal à cacher un soupire de soulagement, lorsqu'elle se rapproche et prend la guitare de ses mains tremblantes.

Je m'installe alors sur une chaise à roulettes, et en rapproche une seconde de moi.

- Viens-là. – Lui dis-je en tapotant le siège d'une main.

Elle s'assoit juste à côté et positionne l'instrument bizarrement, ce qui m'arrache un petit sourire indulgent. Je sais ce que je dois faire pour l'aider… mais j'ai peur de sa réaction, parce que je sais que malgré tous les sourires qu'elle envoie, elle n'est pas si prête que ça.

Je prends mon courage à deux mains et me relève pour me placer doucement derrière elle, et comme je m'y attendais, elle tente de s'éloigner de moi dés que je n'apparais plus dans son champ de vision. Je bloque avec mon pied une des roulettes pour l'empêcher de partir, et murmure simplement en me mettant à la hauteur de son oreille

- Fais-moi confiance…

C'est sorti tout seul, parce que c'est ce que je crève de lui hurler, mais cette fois est différente de toutes les autres… parce que cette fois, elle stoppe son geste en entendant mes mots. Et j'essaye de paraître le plus sûr de moi possible en voyant les secondes qui s'allongent alors que son dos et ses bras restent crispés. Je n'ai pas osé bouger entre temps, du coup, je suis toujours au niveau de son oreille, et lorsque je réalise qu'elle n'arrivera pas à passer outre sa peur, je baisse un peu le visage en fermant les yeux de dépit.

Mon souffle s'écrase alors dans son cou, et je me laisse doucement envahir par son parfum si délicat. Elle ne l'a pas changé depuis toutes ces années. Je me rappelle l'avoir aidé à le choisir à l'époque… parce qu'il lui fallait un avis de mec disait-elle… et quelque chose à l'intérieur de moi se tord douloureusement à ce souvenir.

Je prends finalement la décision de la laisser se sauver… puisque c'est ce qu'elle souhaite si ardemment, mais c'est à ce moment là qu'elle tourne légèrement la tête. Elle ancre son regard au mien, cherchant je ne sais quoi et incline enfin sa tête d'un micro centimètre… comme pour me dire qu'elle accepte ma présence.

C'est tout ce que je voulais et je fais un effort surhumain pour continuer la leçon le plus normalement possible. Sans m'attarder sur la douceur de ses traits… sur la couleur rosé de ses lèvres… et je m'arrache à ma contemplation en réalisant que je fais tout ce que je suis censé éviter de faire.

Je me replace finalement derrière elle, passe un bras sur la gauche en me saisissant du manche de la guitare, et la caisse de ma main droite… avant de positionner l'instrument correctement sur la jambe de Lola.

- Tu vois, c'est comme ça qu'on la tient.

Je dégluti un peu bruyamment m'apercevant que je murmure toujours et la vois finalement acquiescer, alors qu'elle regarde ma main qui se trouve à deux centimètres de la sienne.

Je retourne le plus doucement possible m'assoir, pour ne pas la brusquer d'avantage mais j'ai bien du mal à reprendre mes esprits. Je me concentre alors sur ce que je sais le mieux faire, et reprends la parole pour éviter un silence trop pesant.

- Ok, on va commencer par le commencement.

Elle acquiesce de nouveau et je me demande si elle a décidé d'arrêter de parler pour la journée. Je lui explique finalement les rudiments d'un bon accordage et lui apprends aussi pourquoi on doit toujours accorder sa guitare avant de jouer.

- Les cordes sont très sensibles aux changements… quels qu'ils soient. Alors imagine en les transportant dans un camion. Entre les trajets, les changements de températures et tout… c'est presque de la maltraitance.

Ma dernière remarque lui arrache un petit rire discret, mais je soupire de soulagement en l'entendant. Je lui reprends la guitare, et lui montre simplement comment procéder.

- Se sera plus facile avec un peu de pratique. Une fois que tu reconnaitras les sons… t'inquiète pas.

Je lui ai aussi expliqué les différents sons, à quoi correspondaient les cordes et surtout, les notes qui allaient avec. Après un premier accord montré, je lui retends la guitare, qu'elle positionne parfaitement.

- Vas-y essaye.

Elle place ses doigts sur les cases, et joue les cordes correspondantes. Sauf que là où nous sommes censés entendre un accord de LA majeur… on entend un bruit indistinct qui la fait éclater de rire.

- Comment je suis trop douée en vérité !

Je me relève alors et m'accroupie devant sa main gauche, avant de lui demander, tout en lui montrant ses doigts

- Je peux ?

Elle perd sa bonne humeur en une fraction de seconde et j'espère vraiment qu'un jour, elle se réhabituera à moi. Parce que la voir douter comme ça… ça me brise le cœur.

- Heu… oui, enfin… heu, ouai.

Je n'attends pas qu'elle change d'avis et me saisie délicatement de sa main… et, tentant de faire abstraction de la douceur de sa peau, replace ses doigts correctement.

- Il ne faut pas que tes doigts touches d'autres cordes, sinon ça va faire un son pourri.

J'aurais pu imaginer que la situation la mettrait mal à l'aise, mais elle éclate de nouveau d'un rire franc.

- Ouai, j'ai cru remarquer.

Elle vient regarder de plus prêt ce que je fais avec sa main, et lorsque j'appuie sur ses doigts, elle grimace.

- Putain ça fait mal ton truc !

Ça fait tellement longtemps que je joue que j'ai un peu oublié la douleur qu'on peut ressentir en étant débutant. C'est vrai que les cordes en acier sont un cauchemar.

- Ça fait peut-être mal, mais si t'appuies pas un peu, t'obtiendra rien du tout. Vas-y, réessaye.

Elle joue à nouveau sur les cordes, et un magnifique LA majeur résonne depuis la caisse.

Malheureusement, la leçon a dû s'arrêter là puisqu'il était temps pour le groupe et moi de retrouver nos amis les journalistes. Je ne sais pas comment elle a vécu tout ça, mais je peux vous dire que je pars le cœur soulagé de m'éloigner un peu d'elle.

Non pas que je veuille l'éviter ou autre… mais j'ai vraiment peur de faire un geste de trop. Un geste qui risquerait de mettre à mal le peu de complicité qu'on a réussi à restaurer. Je l'abandonne aux bons soins d'une Nina surexcitée et pars avec mon frère retrouver le reste du groupe.

- Alors comme ça, tu donnes des cours de guitare toi maintenant ? Je t'en ai souvent réclamé sans succès.

Mais quel enquiquineur celui-là, c'est pas croyable.

- J'ai simplement pas voulu perdre mon temps avec un cas aussi désespéré que le tient.

Normalement, mon frère aurait du me répondre une gentillesse que seuls deux frères peuvent s'envoyer, et le fait qu'il garde le silence ne m'indique rien qui vaille. Je lui jette un œil et voit l'air buté qu'il prend quand il est contrarié transpirer sur ses traits.

- Hey, qu'est ce qui t'arrive frangin ?

Il fait genre de ne pas m'entendre et poursuit sa marche… jusqu'à ce que je lui choppe le bras ce qui le fait enfin réagir.

- Rien, y'a rien. Laisse-moi tranquille.

- T'as raison. Tu t'excites contre moi, certainement parce qu'il n'y a rien.

Vu la dose d'ironie que j'ai utilisé dans ma voix, il ne peut pas ne pas l'avoir entendu. Et c'est avec stupeur que je vois son visage se détendre instantanément.

- C'est débile mais… t'as passé plus de temps avec elle qu'avec nous aujourd'hui… qu'avec moi. Je sais pas pourquoi j'ai réagis comme ça.

Comment un mec arrivant à passer pour un mur de volonté, que rien ne pourrait égratigner, arrive à se poser des questions aussi connes. Mon frère c'est ça… confiant comme jamais, mais avec des passages de doutes impressionnant.

- Bill… un mot et tu sais que je lâche tout pour toi. Arrête de te poser des questions qui ne servent à rien.

Il se triture les mains et finalement, lâche ce qu'il a sur le cœur. Si ça n'avait pas été de lui, je crois que j'aurais éclaté de rire.

- Je suis désolé de ne pas t'avoir aidé pour ton anglais.

Toute une montagne pour ça… putain mais, c'est Bill quoi.

- T'es vraiment con quand tu veux. Laisse tomber !

-

POV Lola

J'ai préféré battre en retraite dans le bus lorsque l'attention générale s'est tournée vers la salle de concert. Non pas que je ne voulais pas assister à leur show, mais simplement que la foule m'impressionnait encore de trop.

Trop de bruit.

Trop de monde.

Trop de stress.

Après la journée que j'ai passée, je ne voulais pas finir par ça. Non, je ne voulais garder que les bons moments que j'avais eus… mon mini stage avec Saki… un souffle qui glisse dans mon cou… une leçon de guitare… une main touchant la mienne… des cours d'anglais rattrapés… un sourire alors que je rigolais…

Et surtout, je voulais m'éloigner pour pouvoir réfléchir tranquillement à la conversation que j'ai eue avec David… à sa proposition.

-

Flash back

Je regarde leur manager, comme si le fait de le dévisager pouvait m'apporter quoi que se soit comme information sur sa présence à cette table, alors que ses protégés sont en train de partir… et scrute suspicieusement mon appareil que David tient de nouveau dans sa main.

- En fait, j'ai quelque chose à te proposer.

Gné ? Je ne vois pas en quoi je pourrais lui être utile.

- Il se trouve que… tu poses un autre regard sur les garçons qu'aucun de nous, adultes trop sérieux, ne pourrions avoir. Tu vois des choses, des instants, qu'aucun photographe ne soupçonnerait l'importance.

Il se passe une main sur le visage, cherchant manifestement ses mots.

- Franchement, j'ai vu des photos là-dedans – dit-il en secouant mon appareil – qui rendrait jaloux n'importe quel professionnel devant faire un photoshoot des Tokio Hotel. Je ne les aie jamais vus aussi détendu que sur tes prises à toi.

J'arque un sourcil pour l'inviter à poursuivre, ne comprenant toujours pas où est-ce qu'il essaye de m'emmener.

- J'aimerais, si tu t'en sens le courage, que tu fasses… humm… un peu comme un reportage sur ces dates françaises. Tu as le champ libre, je voudrais juste un mélange de tes photos et de tes dessins. Ça innoverait, tout en restant dans l'esprit de ce qu'on fait d'habitude.

- Pourquoi ?

Ma question tombe comme un cheveu sur la soupe, dite sur un ton froid et assez coupant. Franchement, s'il veut m'utiliser pour faire plus de fric, je ne pense pas que ça soit quelque chose d'absolument nécessaire. De plus…

- Vous dites vous-même ne jamais les avoir vu si détendu que sur mes photos… vous ne vous demandez pas s'ils ne souhaitent pas garder cette part d'intimité pour eux sans vouloir l'exposer à tous ? Ils ont droit d'être aussi des gens comme tout le monde.

C'est surement naïf comme point de vue… et vu le rire discret qu'il laisse échapper, j'imagine que je dois passer pour une gamine complètement ignorante à ses yeux.

- Je voudrais faire ça pour eux… parce que je pense que leurs fans seront agréablement surpris de voir qu'il ne s'agit que de jeune, tout comme eux justement. Que se sont des jeunes qui bossent pour atteindre leur rêve et le conserver plutôt que de ne le caresser que du bout des doigts. Je voudrais qu'ils deviennent un exemple pour toute une génération qui a cessé d'espérer et de rêver… et je sais que toi, tu arrives à les voir comme tel, alors qu'un photographe ne verra jamais qu'un produit marketing bidon ainsi que le chèque qu'il touchera pour le travail effectué.

Ses mots me touchent, parce qu'il a une façon de parler du groupe qui me fait penser qu'il tient vraiment à eux et qu'il ne les voit pas qu'en machine à faire du fric. Il les respecte, et pour ça, rien que pour ça, je décide de réfléchir à sa proposition.

- Ça serait juste un livre de photos, retraçant les dates françaises… quelques anecdotes marrantes, et peut-être quelques dessins que tu voudrais faire partager. Et si ça peut te rassurer, ils ont toujours le dernier mot sur tout ce qui concerne le groupe. Si tu te sens capable de tout ça, il faudra aussi leur accord.

Il dégage une telle confiance en lui, que je suis à deux doigts de dire oui tout de suite… ne serait-ce que pour qu'il arrête de me fixer comme ça et de m'écraser de sa présence. Mais je commence à peine à me retrouver… et s'il faut se battre pour survivre, alors je commencerais par des batailles simples.

J'inspire, pour essayer de calmer ma voix qui, je sais, ne manquera pas de trembler. Je veux que mon attitude traduise l'assurance que je tente de mettre dans mes mots.

- Je veux y réfléchir.

Il cligne une fois des yeux et reporte son attention sur ma personne. Je crois que son regard sur moi, change : Il ne me voit plus comme une enfant naïve, mais bien comme l'adulte que je suis… ou que je tente de paraître.

- C'est une proposition qui ne mérite aucune réflexion… surtout que c'est eux qui prendront la décision au final. – Lance-t-il en dernier recours.

Mais c'est faux. C'est une proposition qu'il me fait à moi, la décision m'appartient pleinement.

- Non, c'est de moi dont dépend l'avenir de votre projet. Si je refuse, ils auront beau accepter et insister que ça n'y changerait rien. Je veux donc prendre le temps d'y réfléchir.

Je fais face à ce bonhomme né pour négocier, résistant à ses arguments muets et tentant de garder la tête haute là où pourtant je ne rêve que de m'enfuir. Et finalement, il accepte ma requête.

- Très bien. Viens m'en parler quand tu le jugeras utile.

Fin du flash back

-

- LOLA !! Arrête de rêvasser !

Je sursaute violemment en entendant Georg hurler en rentrant dans le bus. Quoi ? Déjà ? Je regarde ma montre et constate effectivement l'heure avancée… à croire que le temps qui n'avait pas de prise sur moi à décider de rattraper son retard en s'accélérant à toute vitesse.

- Alors, ça c'est bien passé ? – Je demande machinalement.

Pour toute réponse, j'entends un énorme brouhaha alors que les quatre garçons parlent en même temps. Tous ont l'air plus qu'enthousiasme, mais je ne comprends strictement rien. J'entends des mots… glisser… rater une note… mortel… ambiance… oreillette qui pend… blonde… fick mich… refrain bâcler…

Bref, un vrai résumé en quelques minutes chrono.

Finalement Bill saute sur le canapé à côté de moi et allume la télé, alors que Tom et Gustav partagent une cigarette. Georg quand à lui, se sert dans le mini frigo et fait sauter une capsule de bouteille de bière.

Chacun laisse redescendre doucement l'adrénaline, laissant leur regard partir loin… dans un endroit que je ne peux atteindre. Je sors mon appareil photo de ma poche et cadre doucement Georg qui s'est rapproché de Gustav… avant de baisser mon bras… et d'enclencher quand même le bouton pour immortaliser la scène.

Je prenais des photos bien avant qu'on me demande de le faire dans un but précis… je vois pas pourquoi je changerais mes habitudes.

- Combien de temps il a dit au fait Saki ? – Demande finalement le batteur.

Ce à quoi répond le chanteur que d'ici une grosse demi-heure, ils seraient arrivés.

Arrivés où ? J'ai l'impression d'être complètement larguée, tellement ils se sont enfermés dans leur monde à eux… avant de me rappeler que je suis censée avoir eu aussi leur planning. Une fois ma fouille effectuée dans le sac, j'en ressors le précieux document et constate simplement qu'un hôtel nous attend pour y passer la première journée off du groupe.

Je ne vous raconte pas la surprise générale, lorsque le bus s'est arrêté au pied d'une espèce de château bourgeois… situé au milieu de la campagne.

- C'est quoi cette merde ? – A simplement demandé Tom.

Mais en regardant les visages déconfits de chacun, je pense qu'il a parlé au nom de tous.

- La ferme les gamins, ça vous fera du bien de pouvoir ouvrir les fenêtres de vos chambres sans entendre gueuler toute la nuit.

Et bien… que de délicatesse. David se tourne vers ses protégés, mais je trouve qu'il a perdu son air jovial de d'habitude. Au contraire, ses traits ont l'air tiré de façon plus que soucieux. Et lorsqu'il pose les yeux sur moi, un étrange frisson remonte le long de ma colonne.

Personne n'a pourtant l'air de remarquer que quelque chose cloche. D'ailleurs, aucune question n'est posée et nous entrons comme un seul homme dans le hall plus que gigantesque, de l'hôtel… si ça en est un.

C'est comme ça qu'on s'est tous retrouvé dans la chambre de Bill… parce que c'est la plus grande, et parce que personne ne voulait dormir. Pour ma part, je squatte lamentablement le lit king size en me focalisant sur des dessins, afin d'éviter à ma tête de trop penser… alors que les garçons disputent une partie de poker du côté salon de la suite.

Du poker, il manquait plus que ça !

- Bill… t'as pris des cours depuis ta dernière branlée ou quoi ?

Tom taquine encore son frère, qui à l'air de remporter les donnes haut la main. Et pour toutes représailles, le dit chanceux envoie un jeton de couleur rouge dans la tronche de sa moitié.

- HEY, me crève pas un œil espèce de boulet maladroit !

C'est à ce moment-là que la porte s'est ouverte… sur un David toujours aussi tendu. Sauf que cette fois, les garçons ont enfin l'air de capter quelque chose. Leur manager me regarde de nouveau, et se tourne rapidement vers le groupe.

- Bill… Tom… il faut qu'on se voie. Seuls.

OoOoOoOoOoOoOoOoOo

Part se cacher loin

…… donnez-moi quand même votre avis. Il compte beaucoup pour moi et encore pardon.