Chapitre 14

Molly se réveilla dans les alentours de sept heures du matin, comme d'habitude, trop habituée à se lever à cette heure là. Lorsqu'elle entrouvrit les yeux, elle se sentit particulièrement bien, comme dans un cocon, et, chose inhabituelle chez elle, ce matin, elle n'avait pas froid. Ouvrant un peu plus les yeux pour se réveiller tout à fait, elle tenta de comprendre pourquoi elle était dans cet état de béatitude. C'est à ce moment là qu'elle se rendit compte qu'elle était bloquée par les hanches et enveloppée par les mains de Sherlock. Molly bougea un peu et il se colla contre elle, resserrant son étreinte. Sentant le souffle du détective dans son cou, elle se mit à rougir comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Bon sang, pensa-t-elle, comme ça faisait du bien d'avoir quelqu'un accroché si tendrement à soi, le matin, même si cela résultait plus d'un sommeil agité qu'autre chose.

Règle numéro un : ne pas le réveiller ! Surtout pas. S'ils devaient se réveiller tous les deux dans cette position un peu gênante, elle retrouverait toute sa timidité et sa gêne habituelle, qui l'handicapait au quotidien. Sans parler de la gêne que pourrait ressentir le détective, peu habitué aux démonstrations de tendresse. Il pourrait ne pas apprécier de s'être ainsi laissé aller et en être contrarié.

Elle tenta tout doucement de se décrocher de sont étreinte, mais c'était plus facile à dire qu'a faire car il était solidement accroché à elle. C'était très agréable, mais elle devait se lever. Au bout de quelques acrobaties horizontales, accomplies avec minutie et délicatesse, pour ne pas le réveiller, elle réussi à se retourner vers lui.

« Voyons, comment faire, ensuite ? » se demanda-t-elle.

Elle le regarda dormir, il avait l'air si calme. A peine avait-elle fini de l'admirer dormir, qu'il bougea légèrement ses long doits fin sur les reins de Molly, provoquant un frisson délicieux dans le creux de son dos, la faisant rougir encore plus. Prête à tester toutes méthodes, elle l'embrassa furtivement sur la joue, pensant que, peut-être, il la lâcherait. Que du contraire, il se rapprocha encore plus d'elle, se collant un peu plus contre son corps, déclenchant d'autres frissons dans des endroits moins avouables. Sentir l'odeur de sa peau avait provoqué des désirs et Molly sentit son coeur s'emballer et ses entrailles se nouer.

Sherlock bougea un peu plus, cherchant une position plus confortable. Molly soupira : cette fois, il s'était collé tout contre elle. La chaleur de son corps fit augmenter sa température intérieure et Molly eut l'impression que le feu était en elle, à un endroit très précis, même. Ses frissons s'intensifièrent et une certaine tension aussi apparu dans le creux des cuisses de Molly. Il était à quelques centimètres d'elle, si elle l'avait voulu, sa main se serait tendue et...

Non, pure folie ! se dit-elle. Alors, elle caressa son nez avec le sien et ses lèvres frôlèrent les sienne. Soudain, elle se recula, paniquée. Il avait failli l'embrasser, inconsciemment. Oui, Sherlock avait essayé de répondre au baiser, lorsque les lèvres de Molly avaient effleurées les siennes. Molly s'était dit que cela aurait été tentant, mais ils avaient une mission et puis toute cette histoire allait trop vite, d'un seul coup. Elle n'était pas habituée à ça. Cela lui prit du temps, mais elle réussi à se décrocher de lui. Se levant du lit avec les entrailles nouées, elle se dépêcha de mettre quelque chose sur son dos, pendant qu'il dormait encore. Elle ne pu s'empêcher de le regarder un instant et rigola doucement en le voyant chercher sa présence dans le lit, sa main tâtonnant à la recherche du corps chaud de Molly. Elle ouvrit les rideaux et sortit en vitesse de la chambre, le chat, voyant l'arrivée de sa maîtresse, celle qui lui donnait à manger, la suivit. Elle lui remplit sa gamelle et fila s'enfermer dans la salle de bain.

Sherlock ouvrit les yeux un peu trop brutalement, s'éveillant en sursaut. La lumière du jour lui fit mal aux yeux. Les rideaux étaient grands ouverts, lui permettant de déchiffrer l'heure sur le réveil : sept heures un quart ! Elle était plus que matinale, elle ! Lui qui n'était pas du matin, hormis quand il était sur une enquête. Il entendit l'eau de la douche et se redressa dans le lit, en se frottant les yeux.

Pourquoi s'était-il éveillé, lui ? Ce n'était pas à cause de l'ouverture des rideaux, non. C'était comme si un manque l'avait réveillé, un peu de la même manière qu'il se réveillait, lorsqu'il avait bu trop de café ou de thé au soir, avant de se coucher, le faisant réveiller aux petites heures de l'aube par un besoin pressant. Mais dans ce cas précis, il ne savait plus quoi. Le chat, profitant de la porte entrouverte, en profita pour sauter sur le lit et vint frotter sa tête contre Sherlock, le super copain qui lui avait laissé le divan pour la nuit. Le détective passa prudemment sa main sur le pelage sombre de l'animal et le chat se laissa faire, ronronnant de plus belle et se trémoussant dans tous les sens pour lui indiquer de ne pas arrêter les caresses. Sherlock fut soulagé de ne pas se faire attaquer par le félin.

- Salut, Gizmo ! fit-il en le caressant dans le cou. Toi, il va falloir que tu arrêtes les croquettes radioactives ! Tu me fiche la trouille, la nuit avec tes yeux de Gremlins qui clignotent ! On va demander à Molly de ne plus acheter ta nourriture en provenance directe des plaines de l'Ukraine !

Le chat regarda Sherlock sans vraiment comprendre, celui-ci se leva et chercha dans la penderie pour trouver de quoi s'habiller.

Molly était toujours sous la douche, laissant couler l'eau sur ses épaules. La présence du détective lui manquait déjà. En soupirant, elle posa ses mains sur ses reins, là où il avait mis les siennes, quelques minutes plus tôt. Elle était sortie avec pas mal d'homme, dans sa vie, sans jamais vraiment être accro à aucun. Alors, pourquoi réagissait-elle comme une ado de seize ans ? Pour se calmer, elle régla le mitigeur sur une température de quinze degrés et elle se passa de l'eau froide pour faire taire ses envies.

Elle allait avoir des pensées rocambolesques toute la journée et en plus ils étaient ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle soupira, puis frissonna à cause de l'eau froide, mais cela lui avait calmé les ardeurs, au moins. Elle sortit de la douche et se sécha.

Entrant en trombe dans le salon, Molly vit que Sherlock s'était levé. Il avait mis un jeans et il était resté torse nu ! Le beau détective était en train de se servir un jus de fruit, sans même se rendre compte de l'effet que son corps pouvait faire sur Molly. Cette dernière se figea sur place, sentant la chaleur – celle qu'elle avait eu du mal à faire diminuer – monter dans tout son corps, l'irradiant là où il ne fallait pas. Bon sang, se dit-elle, en serrant les lèvres. Pourquoi faisait-il ça ? Mais en même temps, alors qu'elle aurait dû détourner le regard, elle ne pu s'empêcher de le mater. Qu'est ce qu'il était beau ! Voilà, l'ado de seize ans était de retour ! Dieu que l'on pouvait être bête lorsque l'on était amoureuse d'un homme. Sherlock, se sentant observé, leva les yeux et vit que Molly avait les yeux dans le vague, comme si elle rêvait debout. S'approchant d'elle à grands pas, il s'immobilisa à quelques centimètres d'elle. Elle se sentit rougir de plaisir. Mais en même temps, elle avait peur qu'il ne se demande ce qui pouvait la faire rougir ainsi.

- Je crois que aujourd'hui, nous devrions nous concentrer plus sur la formation, ainsi, demain… Tu m'entends ou tu rêves, Molly ? lui demanda-t-il curieux de savoir ce qu'elle pouvait bien avoir.

- Hein ? fit-elle, troublée, alors qu'elle contemplait les gouttes de condensation qui étaient apparues sur le verre de jus d'orange, les imaginant descendre sur le torse de Sherlock. Heu… Oui ! Non ! Enfin, je veux dire « oui, on doit finir cette formation » et « non je ne rêve pas ! », dit-elle, encore plus troublée par la présence du torse viril du détective.

Elle n'avait pas pû s'empêcher de remarquer que ses abdominaux étaient bien dessinés, ses bras légèrement musclé. Pas de gonflette, mais des muscles acquit en travaillant, en battant les cadavres, en bougeant dans tous les sens. Il était grand et mince, pas une once de graisse sur cette grande carcasse. De plus, son jeans laissait apercevoir une partie de ce qu'il y avait sous la ceinture pelvienne. Oh oui, la naissance du pelvis était bien visible, accentuant un peu plus la température corporelle de Molly.

Sherlock sourit, remarquant la gêne de Molly et le fait qu'elle l'observait discrètement. Il adorait la faire rougir, ayant déjà constaté qu'elle était timide. Sortant à peine de la douche, elle ne portait qu'un pantalon en toile et un débardeur très court, laissant voir le début de son ventre, elle aussi.

S'observant mutuellement l'un l'autre, on aurait pu croire qu'il y avait de l'électricité dans l'air, tant les regards étaient brûlant, dévorant chacun le corps de l'autre. Sherlock avait un envie irrésistible de s'approcher d'elle, encore un peu plus...

Observant déjà, depuis un certain temps, les fine gouttelettes d'eau qui tombaient de ses cheveux, pour rouler sur sa peau ou sur son débardeur, mouillant un peu ses seins, qui pointaient, en plus.

Il devenait fou, s'imaginant faire courir sa langue pour avaler chacune des gouttes d'eau, mordillant les tétons, descendant avec sa bouche avide sur son ventre, puis...

Il serra ses lèvres et sa mâchoire, se tançant en lui même. La tension sexuelle qui régnait à cet instant n'avait pas fait que de durcir les tétons de Molly... Il lui fallait absolument trouver de quoi s'occuper, sinon, ils allaient finir tous les deux dans le même lit, et pas à cause du chat. Celui-ci, d'ailleurs, émit un miaulement indiquant qu'on ne s'occupait plus de lui, sortant, par la même occasion, le couple de sa torpeur.

- Bon, si on se mettait au travail ? fit Sherlock, pour tenter de débloquer un peu cette situation inconvenante.

S'installant dans le divan, il prit l'ordinateur et l'alluma. Molly prit le sien et ils révisèrent, pendant un quart d'heure, ce qu'ils avaient appris, assis un peu n'importe comment dans le canapé, mais se faisant face. Sherlock n'avait pas remit de chemise et Molly était restée telle qu'elle, avec ses cheveux encore humides.

- Il y a une question que je me pose, dit Molly, levant les yeux de son ordinateur portable pour les poser sur Sherlock et ses abdos qui la faisait rougir. Que devra-t-on faire une fois que nous serons là bas ?

- Nous devrons nous faire passer pour des actionnaires, trouver ce qu'ils piratent comme informations au gouvernement et nous devrons, nous aussi, leur voler ces informations.

- Un petit aller retour pour les infos, en somme ? Ou comment pirater des pirates...

- C'est bien ça, fit Sherlock, conscient du trouble qu'il faisait à Molly. Il faudra aussi réunir des preuves pour les arrêter, afin de démanteler l'organisation. En fait, il nous faudra détruire toute les copies éventuelles d'informations top secret et trouver le ou les meurtriers des amis de Lilo.

- Je vois, fit-elle en comprenant toute l'ampleur de la tâche qui les attendait. Tous un programme... Et sinon, que va-t-il se passer pour Lilo ?

- L'assistante sociale lui trouvera une famille d'accueil, lâcha-t-il.

- J'espère qu'elle est plus compétente que la psy, énonça Molly, repensant à cette psy tortionnaire.

- Oui, j'espère bien, moi aussi. Mais ne t'inquiète pas, il suffira de demander à Mycroft de lui secouer les puces, il adore jouer de son statut de privilégier dans ce genre d'administration et puis, c'est pour la bonne cause !

On frappa à la porte, Sherlock et Molly tournèrent la tête vers la porte, et ce fut Sherlock qui se leva.

- Lestrade ne devait pas nous donner de nouvelle avant un bout de temps ! fit Molly, restant assise sur le canapé.

Sherlock regarda par le judas et fut surpris.

- Tu attendais quelqu'un, Molly ?

- Non, pourquoi ? Mes collègues pensent que je suis en congé. Aucun ne sait que je me trouve ici.

- Pourtant, il y a une femme devant la porte, habillée avec un tailleur...

La femme en question s'acharna sur la sonnette et Sherlock finit par ouvrir la porte. Molly n'eut pas le temps de lui crier de mettre une chemise sur son dos qu'il avait déjà ouvert, oubliant les règles de politesse élémentaire.

- Ah, bonjour, s'exclama la dame, surprise de se trouver devant un homme torse nu.

Il y eu un moment de flottement, Sherlock ne répondant pas.

- Vous êtes monsieur Laurens ? interrogea la jeune femme blonde, maquillée comme un camion volé, le corsage ouvert sur un décolleté vertigineux.

Le seul mot qui vint à l'esprit de Sherlock fut « vulgaire et poupée Barbie » mais il s'abstint de lui faire part de ses pensées, sachant très bien que cela ne se faisait pas vraiment.

- Pardon ? fit-il à la place.

- Heu…. Monsieur Laurens et mademoiselle Hoops ? Les nouveaux actionnaires ? C'est bien vous, n'est-ce pas ?

Molly se précipita à la porte, comprenant que Sherlock n'ouvrirait pas la bouche.

- Oui, c'est nous, fit-elle en se postant à côté de lui et la regardant de la tête au pied. Désolé, il est encore tôt ce matin !

- Oh ne vous excusez pas, mademoiselle, s'empressa de dire la jeune femme, tout en admirant Sherlock, torse nu, et en regardant Molly d'un sourire blanc éclatant. La vue n'est pas mal, pour une belle matinée ensoleillée.

Molly réduisit ses yeux à deux fentes noires de jalousie, tandis que Sherlock se demandait ce qu'il se passait entre ces deux femmes.

- Vous m'avez l'air d'un couple très uni, déclara la poupée Barbie. Vous êtes fiancé, c'est bien ça ?

- C'est ça, nous sommes fiancés, lui rappela Molly, d'une voix froide.

- Je voulais vous annoncer que ce sera moi, votre collaboratrice référent ! On vous l'annoncera après-demain, mais je ne pouvais pas m'empêcher de regarder les dossiers pour vous trouver. Je suis une grande curieuse.

- Ah, tiens, je ne l'aurais pas remarqué ! continua Molly sur le même ton froid.

- Vous savez, j'aime bien faire connaissance avec mes futurs collaborateurs avant de commencer le boulot, fit-elle comme pour justifier sa curiosité déplacée. J'aime me sentir proche de mes collègues, ajouta-t-elle en rigolant un peu, pour détendre l'atmosphère, tout en regardant Sherlock avec avidité, passant le bout de sa langue sur ses lèvres. Tellement proche que j'ai eu une relation, avec mon dernier collègue. Vous voyez, je n'ai vraiment aucun souci pour m'entendre avec les gens... Surtout les hommes.

- Oui, je vois ça ! dit-elle, de plus en plus froidement. Bien, vous vouliez autre chose ?

Molly devenait de plus en plus désagréable, la présence de cette Barbie commençait sérieusement à l'agacer. Cette pétasse blonde n'arrêtait pas de baver devant le torse de Sherlock.

- Oui, susurra-t-elle à l'adresse du grand brun. Je voulais vous connaître un peu. Depuis quand êtes-vous ensemble ? Vous êtes nouveau, dans la ville ? On pourrait aller boire un café pour faire connaissance. Qu'en dites-vous ?

- Heu… Je ne sais pas, commença Sherlock, préférant laisser ce genre de décisions à Molly puisque lui, il n'y connaissait pas grand chose en usage à avoir vis-à-vis des collègues de travail.

- Non, ça ira ! fit Molly sèchement. De toute façon, on se verra au boulot. Nous aurons tout le temps de nous connaître.

- Ah, mais oui, je suis bête ! fit la blonde, comprenant qu'elle dérageait, le couple ayant sans doute mieux à faire. Je vais vous laisser entre vous, je suis sûre que nous serons les meilleurs amies du monde ! Vous m'avez l'air d'une personne charmante, et votre fiancé… aussi, fit- t-elle en le regardant encore une fois avec insistance.

- Tu m'étonnes, maugréa Molly entre ses dents.

- Pardon ?

- Oui, nous verrons cela au boulot. Merci, au revoir ! fit-elle en refermant la porte un peu trop violement sur la poupée Barbie.

Sherlock la regarda, surprit par le ton qu'elle avait employé.

- John dit toujours que je n'ai pas de tact avec les gens, mais toi...

- Je sais ! fit-elle, en colère. Mais là, il faut savoir reconnaître quand quelqu'un te drague ouvertement, Sherlock !

Le détective haussa les épaules pour signifier qu'il s'en moquait bien.

- Et alors ? J'ai l'habitude, lui apprit-il, tandis que Molly le regardait d'un air noir. Eh, tu ne serais pas jalouse, toi ?

- Moi ? interrogea-t-elle sur un ton qu'elle essaya de faire convaincant. Non, je ne vois pas pourquoi… De toute façon, nous ne sommes pas ensemble, toi et moi… C'est ridicule de me dire cela, et en plus, c'est le genre de fille à passer sous le bureau pour grimper les échelons !

- Heu... fit-il légèrement grivois. Sous le bureau ?

- Ne compte surtout pas sur moi pour te faire un dessin ! lui asséna-t-elle.

- Je n'y peux rien si elle a flashé sur moi ! On ne la connaît même pas, cette hystérique.

- Ce n'est pas sur toi qu'elle a flashé, mais sur tes abdos, c'est différent, commença-t-elle en se mettant à rougir, tandis que Sherlock la regardait en rigolant.

Molly s'enfonçait, elle était en colère contre cette étrange bonne femme qui était venue le reluquer de la tête aux pieds.

Il le savait depuis l'adolescence, qu'il attirait tous les regards de la gente féminine. Elles aimaient son regard insondable, ses cheveux bouclés et indisciplinés. Il avait même assisté à des véritables guerres de territoire entre filles, juste dans le but de l'avoir, lui. Mais il aimait bien cette lueur de jalousie dans l'oeil de Molly. Il n'en était pas sûr, mais cela prouvait peut-être qu'elle tenait un peu à lui. Tout au fond de lui-même, il était content et il s'amusa à regarder Molly, le dos appuyer contre un mur, les bras croisés, encore en colère.

- Cette fille est venue en éclaireur ! fit Molly, désireuse de cacher les émotions qu'elle avait ressentit lorsque la femme admirait Sherlock. Il va falloir s'en méfier, elle va vouloir tester si nous sommes bien en couple, pour casser notre couverture.

- Ils ne savent pas que nous sommes des taupes ! rétorqua Sherlock.

- Après la découverte de taupe dans les agents de sécurité, ils vont chercher à vérifier la crédibilité de tout le monde ! Tout compte fait, heureusement que tu as ouvert comme ça.

- Cela va accréditer notre histoire, fit-il. Mais pourquoi a-t-elle utilisés ces noms ?

- Tu n'as pas regardé les papiers d'identités que t'a donné Lestrade ? fit-elle estomaqué qu'il n'ait pas regardé ce genre de détail important.

- Non, j'avoue que j'ai complètement oublié ! fit-il, se rendant compte qu'il était passé tout à fait à côté, risquant de faire capoter leur couverture.

- Tu t'appelles Gabriel Laurens et moi Rebecca Hoops !

- C'est Lestrade qui a choisi les noms ? lui demanda-t-il en faisant la grimace.

- Aucune importance ! Nous devons finir la formation au plus vite. S'ils se mettent tous à débarquer ici, on est mal ! énonça-t-elle en retournant sur le canapé.

- Ok, capitula-t-il en la suivant. Tu étais vraiment jalouse ?

- Pourquoi me demandes-tu cela ? soupira-t-elle, ayant peur d'avoir laissé transparaître une partie de ses sentiments.

- Je ne t'ai jamais vu aussi menaçante envers quelqu'un !

- Je… Je me méfie, c'est tout ! dit-elle en rougissant encore plus sous les sourires entendus de Sherlock. Après tout, c'est… une mission dangereuse !

Ils se remirent au travail, mangèrent ce qu'ils trouvèrent dans le frigo à midi, chacun composant le plat qu'il voulait.

Sherlock ne manquant pas de traiter Molly de lapin avec sa salade et Molly de traitait Sherlock d'adolescent anorexique avec son petit morceau de sandwich.

Vers dix-huit heures, après avoir répété leur rôle, ils étaient fin prêt et avaient avalé toute la formation en deux jours.

Ils se reposaient, chacun installé sur son bout de fauteuil, les PC éteint, reposant sur la table basse.

- Je ne touche plus jamais à cet engin ! promit Sherlock, la tête en arrière et les mains sur le visage, gémissant à cause de son mal de crâne.

- Pareil pour moi ! fit Molly dans la même situation que lui, le mal de crâne en moins.

Elle se leva pour aller dans la cuisine et en ressortit avec un verre et de l'aspirine qu'elle tendit à Sherlock.

- Si tu mangeais plus aussi, ça ne t'arriverait pas ! le gronda Molly, en regardant Sherlock boire son verre.

- Tu sais bien que la digestion me ralentit ! lui rappela-t-il.

- Que fait-on, maintenant ? demanda Molly en regardant autour d'elle, admirant son chat allongé en plein soleil, en pleine béatitude.

- Si nous faisions comme lui et nous ne bougeons plus ! proposa Sherlock qui avait, lui aussi, repéré le chat.

Molly attrapa le coussin d'un des fauteuils et le jeta sur Sherlock qui, par réflexe, fit pareil avec le sien.

- Tu ne fais pas le poids, à ce jeu là ! fit il en rigolant. Déjà avec la télécommande, hier…

- Ah ouais ? lui répliqua-t-elle, prête à relever le défi. Elle se jeta sur lui avec le coussin et le frappa. Sherlock se couvrit la tête de ses mains, attendant que l'orage passe, en rigolant.

- Tu es petite, mais tu es une sacrée furie, quand tu t'y mets ! la piqua Sherlock pour la provoquer un peu.

- Moi, je suis petite ? rugit-elle, piquée au vif. Attends, tu vas voir, tu vas le bouffer, le coussin ! Viens par là !

Il avait réussi à se dégager en prenant, lui aussi, un coussin et il partit en courant dans tout l'appartement. Elle se leva du fauteuil et couru à sa poursuite. C'est sûr que les voisins du dessous et du dessus allaient sérieusement se demander si ce n'était pas des enfants, qui habitaient là ! Ils se défoulèrent en bataille de polochon à travers tout l'appartement et Sherlock dut avouer qu'il perdait un peu la mise, face à une spécialiste, apparemment, de ce sport. Vaincu, il finit par s'allonger par terre, sur le tapis du salon, complètement essouffler, faisant le mort, en espérant que son prédateur abandonnerait sa proie. Peine perdue, elle n'avait pas décidé de le lâcher, alors, elle s'approcha de lui, un sourire carnassier sur ses lèvres.

- Hé… je suis mort, là ! fit-il, essoufflé, toujours couché sur le dos, en la regardant lever le coussin pour lui donner le coup de grâce.

- Alors, on va dire que je t'ai fait prisonnier ! Tu m'as bien fait courir, fit-elle, légèrement essoufflée, elle aussi.

Elle se mit à califourchon sur ses reins, l'empêchant de se relever.

Le temps resta en suspend, Sherlock sentant la chaleur monter en lui – et pas qu'elle – en sentant le corps de Molly assis à cet endroit précis de son anatomie.

Il avait envie de poser ses mains sur ses hanches, les faire remonter jusqu'à sa poitrine, tandis que, de son côté, Molly tentait de ne pas se laisser emporter par ses sentiments, et par le fait qu'elle était assise, à califourchon, sur un homme torse nu dont elle avait une envie folle. Elle sourit, contente d'elle : elle le dominait et il n'était pas très à l'aise. Elle le vit déglutir difficilement. Disons aussi que la position était explicite pour tous voisins qui les observeraient de la fenêtre du salon.

- échec et mat, mon cher ! annonça-t-elle, fière d'elle et de sa prouesse. Je remporte la manche.

- Je n'ai pas dit… mon dernier mot, lâcha-t-il dans un souffle rauque. Il n'allait tout de même pas perdre la manche. Non, pas au profit d'une femme !

Parvenant à se redresser en position assise, il ne put empêcher ses mains d'envelopper les hanches de sa fausse fiancée. Molly sursauta. Se retrouver aussi près de lui, d'un seul coup, collé l'un contre l'autre, cela devenait trop explicite. Mais en même temps, c'était tellement bien. Leurs lèvres étaient proches l'une de l'autre, leur souffle se fit plus fort, plus rapide. Malgré tout, aucun ne fit un geste pour joindre les lèvres.

La poitrine de Molly touchait le torse nu du détective, et, malgré le tissu, il sentait très bien la chaleur de sa peau, à cet endroit là. Molly avait replié ses genoux, elle aurait pu prendre appui dessus pour se relever, mais elle n'en fit rien. Sa tension était palpable et elle le ressentit au travers des pantalons. D'abord hésitante, la main exploratrice du détective descendit un peu plus bas, prête à plonger sous le tissu du pull, pour pouvoir caresser la peau de Molly.

Le téléphone empêcha Sherlock de faire une bêtise. Il la fit rouler sous lui, la basculant sur le dos, lui se retrouvant au-dessus d'elle. Son nez frôla le sien pendant quelques secondes, ne sachant pas s'il allait le faire ou pas, puis, décidant que ce n'était pas une chose à faire, il se releva pour aller répondre.

Molly resta sur le dos, le souffle coupé, les bras de chaque côté de sa tête. Elle ferma les yeux un instant pour graver ce moment dans sa mémoire.

Sherlock marcha jusqu'au téléphone et sourit en reconnaissant le numéro. Attrapant le combiné, il décrocha.

- Mycroft, fit Sherlock d'un ton ironique. Que nous vaut le plaisir d'un tel acharnement pour trouver notre numéro ?

- Sherlock ! persifla Mycroft sur le même ton. Je vous dérange, peut-être ?

- Très drôle, mais ça ne marche pas, Mycroft. C'est trop enfantin comme question !

- Mais qu'est ce que j'entend ? Une voix rauque et essoufflée ? poursuivit Mycroft sur le même ton, bien décidé à rappeler à Sherlock qui était l'aîné !

- Mycroft ! fit Sherlock, dérouté par son frère, se demandant comment il pouvait entendre sa voix qui n'était plus essoufflée, pourtant.

- Vous n'oublierez pas de m'envoyer un faire part ! fit-il sarcastique. De mariage ou de naissance, je m'en fiche. Quoique, là, je penche pour une naissance, soit dit en passant. Pas trop à l'étroit dans ton jeans ?

- MYCROFT ! hurla Sherlock, rouge de colère. Je vais te tuer !

- Lilo veut vous voir tout les deux, alors, comment dire…. Enfile une chemise… Et un pantalon.

- J'ai déjà un pantalon ! rétorqua-t-il, fâché de s'être laissé mystifier par son grand frère, champion de la ruse, juste pour apprendre tout ce qu'il voulait savoir.

- Et la chemise ? demanda-t-il perfidement.

- Tu veux vraiment un fratricide ? fit-il d'une voix douce où l'on percevait encore plus la menace implicite de la question.

- Dans une heure, au cabinet où travaille John. Ne soyez pas en retard ! La petite est impatiente de vous revoir !

- Moi aussi je suis impatient de te revoir pour pouvoir te coller mon poing dans ta…

Mycroft raccrocha, laissant Sherlock avec la tonalité.

- C'est toujours comme ça, avec ton frère ? demanda Molly qui s'était relevée.

Sherlock la regarda, chassant son trouble comme il le pouvait. Même au téléphone Mycroft avait déduit ce qu'il se passait dans sa tête et dans son corps.

- Nous avons rendez-vous avec lui dans une heure. Lilo veut nous revoir.

- ça c'est chouette ! s'exclama Molly, contente de ne pas devoir rester face à lui, gênée de ce qui avait failli se produire. On se demandait justement quoi faire. Elle va être contente de nous revoir !

- Mouais, grogna-t-il tout en cherchant une chemise.

- Tu es toujours en colère contre ton frère ? Qu'est ce qu'il t'a dit ? Il a cru que…Hum... Que nous faisions… Bref...

Ça y était ! Sa timidité reprenait le dessus.

- Oui, confirma Sherlock en enfilant un tee-shirt. Il a cru que… Mais il ne perd rien pour attendre, celui là !

Il se tourna vers Molly qui le regardait, surprise.

- Que se passe-t-il ?

- Non, rien, répondit-elle en secouant sa tête. C'est que… ça fait bizarre. C'est la première fois que je te vois habillé autrement qu'avec des chemises ! Je veux dire… De manière décontractée.

Il se regarda. En effet, il s'était habillé avec un jeans et un tee-shirt vert, alors que d'habitude, il portait le pantalon de costume et la chemise. Il ne s'était pas habillé comme ça depuis la fac.

- Changer un peu de style, ça fait du bien, fit-il. Bon, allons-y, sinon mon frère va encore trouver tout et n'importe quoi pour expliquer notre retard.

Molly s'habilla en vitesse et suivit Sherlock dans le couloir. Ils sortirent et prirent un taxi en direction du lieu de travail de John.

John et Mycroft les attendaient sur le trottoir avec Lilo. Quand elle vit Sherlock descendre du taxi, elle lui sauta dessus.

- Eh, doucement, mini pouce ! fit-il en prenant, dans ses bras, la petite qui s'accrochait à lui. Laisse-moi le temps de descendre !

- Tu m'as beaucoup manqué, tu sais ! fit Lilo.

- Quoi ? Mon frère est un tyran ? lui demanda Sherlock, en regardant son frère qui soupirait.

- Non, il est très gentil, le défendit Lilo. J'ai même pas eu à lui faire un niveau de méchanceté !

- Bien, si nous allions quelque part ? proposa John alors que Sherlock lâchait Lilo par terre pour mieux toiser son frère du regard.

- On peut aller au zoo ? C'est pas loin d'ici, et il fait super beau ! fit Lilo d'une petite voix implorante.

- Allons voir les animaux, pour faire plaisir à la petite, fit Mycroft dans un sourire.

Ils marchèrent jusqu'au zoo, qui n'était qu'à quelques rues de là. Lilo avait pris la main de Sherlock et de Molly. Arrivés au zoo, ils prirent quatre billets et commencèrent la visite. John montra des animaux à Lilo, tandis que Molly et Sherlock restaient avec Mycroft.

- C'est… surprenant ce qu'une vie de couple peut te changer ! fit Mycroft en regardant comment son frère était accoutré, ce jour.

- Ne te méprends pas, Mycroft, grinça Sherlock. J'ai juste… changé un peu de look.

- Un peu ? s'étonna son aîné. Moi, je dirais : beaucoup, pour quelqu'un qui n'aime pas le changement...

- Stop ! cria Molly en leur faisant face.

Marchant en arrière, ils se stoppèrent tous les trois. Sherlock et Mycroft la regardèrent, étonné du ton qu'elle avait utilisé.

- Je suis là, alors évitez de vous bagarrer comme de vulgaire chiffonnier ! les engueula-t-elle comme une mère le ferait avec deux enfants turbulents. Vous avez quel âge, vous deux ?

- Je constate seulement ! fit Mycroft pour sa défense.

- Tu n'avais rien à insinuer, vociféra Sherlock. Nous sommes en mission !

- Ce n'est pas ce que j'ai pu comprendre au téléphone, tout à l'heure, Sherlock, énonça avec un sourire mauvais l'aîné des Holmes.

- Mycroft ! lui répondit le cadet, les lèvres pincées.

- Je sais à quel point ton tableau de chasse est rempli, même si tu as arrêté depuis la fac, révéla perfidement Mycroft, stupéfiant son cadet. Mais ne perds pas ton objectif de vue ! Tu connais les règles de ces jeux là.

Sherlock était devenu blanc en entendant son frère révéler son passé peu reluisant de tombeur.

- Stop vous deux, ordonna Molly qui en avait plus qu'assez de leur comportement d'enfant. Sherlock, ne réponds pas quand ton frère te provoque. Mycroft, si j'ai envie de m'envoyer en l'air avec votre petit frère, c'est mon choix ! C'est son choix à lui aussi. Nous sommes majeurs et vaccinés, point ! Certes, nous avons une mission, nous le savons pertinemment bien. De toute façon, nous sommes déjà prêt pour la formation. Bien, maintenant, pouvons- nous aller rejoindre Lilo et John ou je vais chercher de quoi vous faire un ring ?

Molly se retourna et reprit la direction de John et Lilo qui regardaient les tigres.

- Elle est faite pour toi, celle là, fit Mycroft, soufflé par Molly. Ne l'abandonne jamais !

- Ce n'est pas… Mycroft !

Sherlock soupira. Pourquoi tout le monde voulait à tout prix les mettre ensemble ? Lilo, passe encore, mais son frère ? Il n'était pas sociable, alors vivre en couple, il en était incapable. Pourtant, ces deux derniers jours, ils avaient réussi à s'apprivoiser et passer de bon moment ensemble. Il en était même le premier surpris de pouvoir faire ça ! Il chassa ses pensées de sa tête et rejoignis le groupe.