Salut à tous, nouveau chapitre pour vous. Merci pour les commentaires, je dois dire que je me suis amusée avec cette scène de Marco dragueur (attendait de voir la réaction de Rayleigh, ça sera drôle).

J'espère que ce chapitre vous plaira aussi. Je lance un appât, voyons comment vous allez le prendre, parce que comme je l'ai dit à Mana, la beauté des mots est que je peux en faire ce que je veux sans que ça paraisse bizarre.

Profitez du chapitre et à bientôt


Ace n'avait visiblement pas envie d'en parler, alors, Sabo n'insista pas. En silence, comme vidé de toute la bonne humeur qu'il avait mystérieusement eue depuis ce matin, le pirate s'installa et reprit le casque de l'Animus.

- Il te reste l'équivalent d'une heure, lui pointa Sabo.

Ace hocha la tête et se plongea dans l'Animus.


Retrouver le Jackdawn ne prit pas bien longtemps.

Ce qui fit que le navire eut du mal à rejoindre le fort à proximité de La Havane où attendait apparemment l'or, fut, qu'au beau milieu du chemin, une tempête tropicale leur tomba sur le nez.

« Fais chier… et cet abruti n'aurait pas pu me dire, « non, ne prends pas la mer maintenant ! » Nooon ! Il a préféré aller prendre du bon temps plutôt qu'aider un ami. » grogna Ace.

Avec agacement, il fit tourner la barre du navire pour éviter une trombe de son mieux, chassant la pluie de son visage d'un geste sec.

Sabo choisit sagement de faire comme Ritsu et de ne pas se manifester. Ace était énervé, pas la peine de rajouter de l'huile sur le feu… littéralement puisqu'il était question d'Hiken no Ace.

- Regarde, la mer se dresse contre nous ! rugit Adéwalé quand deux tornades tentèrent de les prendre en tenaille.

« Ace ? » tenta brusquement Ritsu.

« QUOI ? » aboya le pirate.

« J'ai étudié la séquence pour avoir une idée de la destination à prendre, mais on t'a donné une erreur dans la localisation du fort… Il est plus proche de Kingston que de La Havane. »

Ace se frappa le crâne contre la barre sans qu'Adéwalé ne réagisse, trop occupé à crier des ordres pour échapper à la tempête.

Par souci de pacification, Ritsu fit apparaître un gros point vert à l'horizon pour le guider.

Intérieurement, Ace espéra que son aïeul avait tué Vane et Rackam. Pour la mauvaise information.

Parce que là, on l'envoyait presque du côté de Great Inagua.

Et on le faisait passer par une zone ultra surveillée et interdite à la navigation outre militaire et commerciale. S'il vous plaît, un brick avec un drapeau noir, vous croyez vraiment que ça peut passer ?

« J'ai pas la tête à ça, franchement. »

« Avance rapide ? » proposa Ritsu.

« Tu veux que je te remplace ? » proposa Sabo.

« T'as déjà fait ton quota d'heure. » lui pointa Ace.

« Et tu as besoin d'une bonne sieste. Je suis encore sain d'esprit. Une heure de plus ne me fera pas grand-chose. Ouste ou je demande à Ritsu de te déconnecter de force. »


L'échange se fit pendant que Ritsu faisait avance rapide sur la mémoire. Aussi, quand Sabo reprit la simulation, il était devant un fort maritime au petit matin.

De sa longue vue, il observa le bâtiment. C'était une forteresse avec les couleurs espagnoles et le symbole du Sekai Seifu et de la marine.

De hautes tours et une haute muraille se dressaient en défi à la mer qui s'était légèrement calmée.

De la longue vue, il parvint à apercevoir ce qui semblait être des mortiers et une ribambelle de canons.

Pour entrer, il allait devoir faire de la pagaille.

- Alors ? demanda Kenway à Adéwalé. Tu vas faire quoi de ta part de l'or qu'on va prendre au Gouverneur Torres ? Rentrer en Afrique ? Parader comme un Roi ?

Adéwalé cassa le mythe en quelques mots à Kenway :

- Je ne peux pas rentrer là où je n'ai jamais mis les pieds. Je suis né à Trinidad, esclave dès mon premier souffle.

Le noir rangea sa propre longue vue.

- Hmm… fit Kenway en fronçant les sourcils. Mais tu ne te sentirais pas… plus chez toi là-bas ?


« Il a conscience que ce qu'il dit est à la limite du racisme ? » grommela Ace.

« Je pense que le concept n'existait pas vraiment à l'époque. Ce sont certains lettrés qui commencent à se manifester contre. Je te ferai lire un jour un extrait de l'Esprit des Lois, de Montesquieu qui doit avoir été écrit un peu plus de vingt ans après cette époque. C'est un texte d'argumentation autodestructif qui, sous le couvert de faire presque l'éloge de l'esclavage, le dénigre. Après, de cette façon, il s'est tiré une balle dans le pied, puisque les négriers étaient rarement des gens de haute culture. J'ai participé à l'interception de bons nombres navires d'esclaves où les capitaines avaient placardé ce texte pour justifier leurs actes. »

« Garp ne m'a pas aidé, niveau culture, mais je suis preneur si tu veux bien prendre le temps de me l'expliquer. »

« Avec plaisir, frère. »


Sabo souriait. Il avait détourné son frère de ce qui le rongeait, ne serait-ce qu'un instant.

Adéwalé devait être habitué. Parce que si jamais il prit ombrage de la question, il choisit d'en rire. Jaune certes, mais il en rire.

- Certainement autant que toi à Paris !

- Qu'est-ce que tu veux que j'aille faire dans le North Blue ? s'enquit Kenway.

- La même chose que moi en Afrique.

Kenway eu un pauvre sourire, comprenant enfin ce qu'il en était.

- Je vois.

Adéwalé ne s'arrêta pas là pour autant.

- Avec cette couleur et cette voix, où veux-tu que je me sente à l'aise ? Cette nation ici, c'est ma meilleure chance !

Il tendit les bras, désignant le navire autour d'eux, avant de s'adosser contre le bastingage.

- C'est un pays appelé le Jackdaw ! Je connais le nom de tous les habitants et ils connaissent le mien ! On travaille ensemble, pas toujours par amour, mais pour tenir notre pays à flot !

Le sourire de Kenway se fit plus grand.

- Je crois comprendre, Adé. Si on doit se battre, on se battra pour le Jackdaw ! Alors, on le prend ce fort ?

- Les tours, c'est le plus dangereux avec leurs mortiers. Ensuite, les murailles. Les canons ont moins d'amplitude.

- Merci du conseil, je te savais pas expert.

- C'est le second fort que j'attaque.

Sabo se saisit de la barre

« Dois-je te laisser faire ou tu veux que je fasse avance rapide ? » demanda Ritsu.

« J'ai mieux. On a un clavier, non ? Je prends la barre et tu tires, frérot ? » sourit Sabo.


Ace poussa légèrement la chaise de son frère amorphe pour se rapprocher du clavier et se fit craquer les doigts, écoutant Ritsu attribuer les touches aux armes.


« Rapproche-toi, je vais faire un coup d'essai de chaque arme pour voir comment gérer de cette distance. » demanda Ace.

Avec un sourire machiavélique, Sabo fut plus content de se rapprocher.

Les mortiers à l'avant du navire se manifestèrent dans un gros bruit de canon. Le projectile monta en vitesse vers le ciel, avant de retomber comme de la pluie sur le fort.

Les pirates poussèrent des hurlements sauvages quand le tir fit mouche.

« Ok, j'ai un visuel de la distance. On va passer aux canons latéraux. Choisis ton côté. »

Sabo fit pivoter la barre, évitant au passage une riposte au mortier du fort sur son rocher.

- Canon paré, cap'tain !

- Prêt à faire feu !

- On est paré cap'tain !

Sabo n'avait pas encore réussi à orienter le navire correctement pour permettre de tester les autres canons, mais ça ne sembla pas gêner Ace qui de l'extérieur de l'Animus, usa de nouveau du mortier.

Cette fois, ce fut à côté.

Sabo jura.

Un brick espagnol vint se joindre à la danse.

« Unité mobile maritime de défense de Punta Guarico » identifia Ritsu.

« Et chiotte. Je peux pas me concentrer sur les deux à la fois. Ace, gère le fort, je prends les sapniards » jura Sabo.

« Le Jackdaw a un éperon… si tu as des envies de rentre-dedans... »

« Je fais ça avec des filles, pas avec des navires, mais j'en prends note. »

Sabo manœuvra le navire et serra les dents de colère quand une bordée de canon s'abattit sur le bois solide du navire, l'endommageant légèrement.

« Kenway n'était pas idiot, malgré ses défauts. Il a fait renforcer au max la coque. Ça vaut presque du Bois d'Adam. » notifia Ace.

« Pas mal, mais ça m'aide pas. »

Sabo ordonna de faire feu avec les canons de gauche, pris en sandwich entre le fort et le brick. Cela lui tira un rictus satisfait quand il fit de gros dégâts. Il fit pivoter la barre d'un geste vif pour s'éloigner de la zone dangereuse et ne pas se faire avoir par de nouveaux tirs de mortier.

Quelques manœuvres, plus la poupe enfoncée après s'être fait éperonné par derrière, furent nécessaires pour trouver l'artillerie.

« Boum » fit Ace avec un sourire noir bien audible.

- Feu sur l'artillerie ! rugit Sabo en montrant le point en question du doigt.

Les hommes du Jackdaw se firent un plaisir de le faire.

Le brick partit en flammes.

Les mortiers du navire se manifestèrent de nouveau et en réponse, une des tours s'effondra lamentablement.

« Bien visé » félicita Sabo.

« Toi de même. Très beau feu d'artifice. »

Sabo évacua la zone, prenant de la distance pour ne pas se faire avoir au mortier. Un superbe travail d'équipe.

Avec leur tactique de Hit and Run, ils parvinrent à empêcher le Jackdaw de finir en miettes au fond de l'eau.

Bientôt, les défenses succombèrent. Les mortiers et les canons se turent. Il était temps de passer à l'invasion. Le navire s'amarra au sud du fort et tout le monde fonça sur les ruines, et ce fut parti pour l'escalade dans les débris fumants et en flammes. Sabo grimpa un chemin en pente, arriva devant les portes fermées du fort, grimpa sur un mur pour arriver dans la cour.

« Attaque d'abord l'officier pour les calmer. » conseilla Ace.

« Et je dois le trouver comment dans ce bordel ? »

« A part qu'il sera en noir au milieu du jaune ? Vision d'Aigle, Sab'. »

Sans rien demander à personne, Ritsu activa la Vision d'Aigle. Seule une mer de bleu et de rouge lui apparut.

« Il n'est pas dans les environs immédiats, change d'endroit » conseilla l'AI.

Sabo sauta dans la cours. L'atmosphère était noircie par la fumée et cachait presque le ciel et la lumière du soleil. Ritsu désactiva la vision d'Aigle pour faciliter le déplacement du révolutionnaire.

« Chiche que t'es pas capable de l'assassiner en lui courant dessus » défia Ace.

« J'te montre quand tu veux » assura Sabo.

Sabo louvoya entre les soldats en jaune et les pirates en bleu, évitant les attaques et les barils de poudre perdus, pivotant sur lui-même de temps à autres avec ses épées pour dégager le chemin.

De temps en temps, il s'arrêta, et faisait le vide autour de lui pour activer la Vision d'Aigle.

Du haut d'un semblant d'escalier, Sabo finit par voir une tache dorée dans une cour intérieur.

Un homme en uniforme noir, un peu en retrait, hurlant des ordres.

Sabo fonça à toute vitesse sur l'homme et le plaqua au sol en lui enfonçant au passage ses lames secrètes dans la poitrine et le visage.

« Alors, c'est qui le pro ? » demanda narquoisement Sabo en se redressant sur le seul carré d'herbe encore intact.

« Chapeau bas, frérot. Je suis si ému, je t'ai bien appris ! Snif ! »

« Fous-toi de ma gueule. »

Sabo roula du chemin pour esquiver une attaque, se retourna en un mouvement fluide pour passer sous la garde du malabar armé d'une hache qui avait voulu l'avoir par derrière. Il se releva en un quart de second pour planter sous le menton les deux lames secrètes à ses poignets.

« C'est fichtrement pratique ces lames secrètes. C'est en vente libre ? »

« Demande à Shaun-san ou Rebecca-san.»

Le commandant mort, les combats cessèrent les uns après les autres. Il manquait plus que trouver l'or ou Torres.

Ce fut Torres qui fut trouvé dans une salle du fort… en train de boire son thé, à une grande table, entouré de sac d'or et observant une carte de South Blue.

Les pirates avaient ouvert les deux portes. Edward était au centre de l'avancée, Adéwalé à sa droite et les autres derrière eux. Sabo ignora la blague foireuse d'Ace, sur le gros flingue à la taille du noir pour écouter Kenway saluer Torres.

- Je vous salue votre excellence, je ne suis pas surpris de vous trouver ici, disait sarcastiquement Edward.

Torres leva le nez de sa tasse et plissa des yeux.

- Je connais ton visage, pirate. Mais tu portais un faux nom la ultima vez.

- Ah oui, je me souviens… monsieur Walpole Duncan. Je le regrette encore, vous savez.

Sabo entendit des bruits suspicieux lui faisant dire que son frère se frapper le crâne contre quelque chose.

Kenway s'était rapproché de la table pour marcher devant comme un fauve, faisant courir ses doigts sur la table et les sacs d'or.

- Alors, qu'est-ce qu'un Grand Maître des Templiers fait aussi loin de son castillo ? demanda Kenway.

- Je suis le seul que ça regarde, répondit hautainement Torres.

« La Noblesse de South Blue était déjà aussi coincée à l'époque ? » gémit Sabo avec peine.

« Celle d'East Blue n'est pas mieux… je me souviens d'un petit garçon blond avec une dent de lait en moins… »

« Va te faire foutre. »

« Maaa, tout dépend par qui ! »

« Encore une fois, trop d'informations. »

La réponse de Torres n'était pas du goût de Kenway qui se pencha vers l'espagnol qui posa sa tasse sur la table.

- Et si je te faisais manger tes lèvres, ça regarderait qui d'après toi ?

Torres prit le temps de boire une nouvelle gorgée de sa boisson, avant de répondre :

- Il y a deux ans, nous avons pris la peine d'offrir une récompense à qui retrouverait le Sage. Alguien dice detenerlo, hoy en día. Este oro, c'est sa rançon.

Cela attira immédiatement l'attention de Kenway.

- Qui l'a trouvé ?

Torres ne répondit pas.

Un signe de la tête à Adéwalé et l'homme se rapprocha en se saisissant de son énorme flingue.

Les deux soldats qui encadraient Torres et qui étaient restés immobiles jusqu'à présent réagir à la menace et se mirent en garde, jusqu'à un geste de Torres pour leur dire de ne rien faire.

- Un négrier. Prins Laurens. Vive en Kingstone.

Echange de regards entre Kenway et Adéwalé, avant que les deux pirates reportent leur attention sur le gouverneur de La Havane. Prins était un nom bien familier.

- Cette histoire nous plaît, Torres. Et on va vous aider à la terminer ! annonça presque joyeusement Kenway. Mais on va l'arranger à notre manière.

Cela fit rire mentalement Sabo.

« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? » demanda Ace.

« C'est pas ton aïeul pour rien ! C'est le genre de réplique pourrie que tu sortais déjà quand on était gamin ! Ahahahahah ! »

« Je vais t'en coller une, Sabo. »

Kenway montra de nouveau qu'Ace avait vraiment son sang en faisant quelque chose typique du D. : faire preuve de mauvaise manière avec pourtant une certaine classe.

Edward s'assit sur le bord de la table, se saisit de la tasse de Torres, s'y versa du thé et le dégusta après avoir levé la tasse en salut à un Torres de marbre.

- Grâce à vous et à votre or ! acheva Kenway. Le fort est à nous, à présent.

« Ce con l'a laissé partir ?! J'y crois pas ! » s'indigna Ace.


Sabo quitta l'Animus pour voir l'air choqué de son frangin. C'était assez drôle.

Ace secoua la tête et soupira en éteignant leur animus. Il se leva en faisant signe à son frère de le suivre.

En quelques minutes, ils furent dans le studio d'Ace qui força son frangin à s'asseoir, une fois communicateur, oreillette et porte fermés. Les joues aplaties par la poigne de son frère sur son visage, Sabo se demanda ce qui lui arrivait. Ace était ultra sérieux, semblant chercher quelque chose sur sa frimousse et dans ses yeux.

- Tu te sens comment ? demanda Ace.

- Pas de changement, lui répondit Sabo.

- Migraine ?

- Non.

- Mal aux yeux ?

- Non plus.

- Douleur quelconque ?

- Si tu continues à me tenir comme ça, ma mâchoire.

Ace soupira et relâcha son frère.

Il alla faire du café, retrouvant son air triste de tout à l'heure.

- Koala te souhaite un bon rétablissement. J'ai pu insister auprès d'elle pour qu'elle garde le silence.

- Merci, répondit Ace en esquissa un maigre sourire. Tu lui as tout dit ?

- Non. Juste que malgré les apparences, tu es un prisonnier, que tu es une loque et ça sert à rien de m'intimider avec ton regard noir, c'est la vérité. Je lui ai pas dit dans quel sens tu l'étais, juste que l'Animus était responsable et je lui ai d'ailleurs demandé d'obtenir de Dragon l'autorisation d'en empêcher la vente. Rien de plus. Elle sait pas que tu es un Assassin. J'ai noyé le poisson en lui demandant pourquoi Abstergo s'intéresse à toi, mais pas de réponse. Je me serais pris un coup si je lui avais dit que c'était pour ta lignée généalogique.

L'expression d'Ace eu un air vaguement amusé.

Mini victoire mentale pour Sabo.

Ace sortait lentement de son humeur renfrognée.

- Je me pose pas mal de question sur la Vision d'Aigle. Lennon m'a parlé brièvement, mais comme il me l'a dit, il n'a fait que le voir au travers de Connor. Qu'est-ce que tu captes vraiment avec ?

Ace posa les tasses de café sur la table et s'y assit.

- Vois ça comme une forme de Haki, juste un peu plus poussé. Tu perçois la lumière de la vie, je dirais. Son empreinte. C'est utile, mais ça peut être trompeur. Là où le Haki présente tout sans la moindre distinction entre ami et ennemi, la Vision d'Aigle le fait. Mais… prenons le cas de Lucy Stillman, une taupe Assassin qui a bossé avec Vidic. Durant sa carrière, elle est passée réellement à l'ennemi. Donc, elle était un danger pour Desmond et moi. Pourtant, quand Desmond a commencé, grâce à l'influence du Bleeding Effect, à utiliser la Vision d'Aigle, Lucy, puisqu'elle était gentille et prenait soi-disant notre défense, lui apparaissait en bleue, comme une alliée. De mon côté, cette femme était en rouge, tout autant que Vidic. Les informations de la Vision d'Aigle ne sont pas absolues et sont influençables. C'est comme ça d'ailleurs qu'on parvient à obtenir la nuance jaune de l'objectif. On influence la Vision d'Aigle en songeant inconsciemment à chercher quelque chose. Mais là aussi on peut se tromper. Si je cherche une pipe, et que Monsieur X l'a, si je suis persuadé à tort que c'est Monsieur Y qui l'a, alors, c'est Y qui apparaîtra en jaune.

- Et pour les traces de pas sur la plage, comme dans la simulation ?

- Ce sont les traces de la vie. Il reste dedans assez d'essence vitale pour qu'elles ressortent. Si je regarde par exemple un pavé numérique à la recherche d'un code, à moins que quelqu'un se soit amusé à appuyer sur toute les touches, je saurais sur quels boutons je dois appuyer ou pas. Pas l'ordre, certes, mais j'aurai les empreintes digitales qui apparaîtront sur les boutons utilisés. C'est plus clair.

- C'est super utile, en fait, commenta Sabo avec une envie indéniable dans la voix.

- Avec du travail, tu peux l'apprendre. C'est comme le Haki, c'est dans nos gènes.

- Ritsu disait…

- Ritsu est une machine, imparfaite. Elle parlait aussi de connexion neuronale. Fais bosser tes neurones dans ce sens, et tu développeras ce sens. Tu crois que je suis né avec la Vision d'Aigle active ? Ne sois pas stupide. A force de l'utiliser avec Kenway, tu arriveras peut-être à le développer, toi aussi. Ritsu a un filtre sur les effets de l'Animus. Elle ne conserve que le positif. Comment elle s'y prend, je sais pas. Ce qui est certain, ce que malgré tout, faut pas pousser avec de trop longues cessions.

- Comment ça un filtre ?

- Avec ma captivité et le manque d'activité, j'aurai dû perdre en muscle. J'ai perdu en couleur, mais mon corps a conservé ses muscles, voire même a appris à bouger d'une façon différente. Si je fais un Saut de la Foi dans le monde réel, il saura comment réagir pour que l'impact ne me tue pas. J'étais une merde en Free Running, contrairement à Luffy. C'était d'ailleurs la seule chose à laquelle il arrivait à me battre à l'époque. Aujourd'hui, je pense pouvoir prétendre rivaliser avec lui.

- Merci pour les informations et aussi pour le café.

Sabo eu un grand sourire en voyant la petite lueur dans les yeux de son frère et le sourire de coin. Il but une gorgée de café et manqua de la recracher quand Ace le remercia.

- Pourquoi tu me remercies ?

- En plus de ne pas poser de questions sur ce qu'il s'est passé avec Marco pendant que tu discutais avec Koala, tu essayes de me changer les idées. J'apprécie, donc, je te remercie. Je peux être idiot, parfois, mais je suis pas un aveugle.

Sabo eut la bonne grâce de paraître embarrassé, faisant rire son aîné.

- Continue, encourage Ace avant de boire son café.

- Ils ont fait la statue de Rodrigo Borgia à l'entrée du bâtiment.

- Quand j'en aurai fini, j'y foutrai un Hiken.

- Parle-moi de ce qu'il s'est vraiment passé avec cet homme, demanda Sabo.

- Alors, ça commence avec les Pazzi et la mort de presque tous les hommes de la lignée Auditore, sauf Ezio et son oncle Mario, un condottierre qui vivait à Monteriggionni à l'époque… commença Ace.


Cassandra prit une chaise et l'installa devant le lit de Marco. Leur capitaine était étrangement silencieux depuis son retour à bord.

Le Phénix était assis sur le lit de sa cabine de capitaine, en tailleur, le regard vide et les épaules basses. Tout ça disait à l'infirmière que l'homme n'allait pas bien.

- Marco ? appela-t-elle doucement.

- Pas de victime à sacrifier à ton sadisme ? demanda le Phénix d'une voix morne.

- Sauf si tu te portes volontaire ou si Ace se décide à revenir. Dis-moi ce qui ne va pas ? Tu l'as vu ?

- Oui. Les Assassins ont raison, il a une sale mine.

- Tu lui as parlé ?

- Si tu considères le regard comme une forme de langage, alors oui. J'ai vu un Révolutionnaire, le second, dans les environs, yoi. J'ai pas pris le risque qu'il me remarque en pénétrant dans les locaux.

- Qu'est-ce que ton regard lui a dit ?

- De revenir. Qu'on trouverait une solution, de ne pas s'en faire et d'arrêter d'être une tête de mule.

- Et qu'est-ce que le sien t'a dit ?

- Qu'il était un poids mort et de ne pas insister, yoi.

- Tu le penses ?

- J'ai pas eu l'occasion de le lui faire comprendre, il m'a tourné le dos juste après. Si ce foutu blondinet ne s'était pas planté devant les portes, je les aurai traversées pour donner une bonne droite à Ace, yoi.

Marco soupira et souleva ses genoux pour les serrer entre ses bras en soufflant tristement par le nez.

- Dis, Cass'… tu crois en l'immortalité ?

- Médicalement parlant, ça devrait être plus ou moins possible si nos recherches dans ce domaine avancent. Chaque génération commence à vivre plus longtemps que la précédente, et on a trouvé des remèdes à beaucoup de maladies. On fait des progrès dans le traitement des blessures, aussi. Après, d'autres maladies voient le jour et d'autres disparaissent. Sans parler que nous aimons nous faire du mal, au vu du nombre de guerres et de la violence. Psychologiquement parlant, après, ce n'est pas mon domaine, je n'y crois pas. Et cela renvoie un peu au problème d'Ace. L'esprit humain a besoin d'oublier. Le surcharger de souvenirs est mauvais. C'est pour ça que peu de gens ont des détails clairs sur leur enfance à l'âge adulte. Pour être immortel, il faudrait oublier lentement notre vie passée pour engranger de nouveaux souvenirs.

Marco garda le silence.

- Tu songes à ce qu'a raconté cette femme ? demanda Cassandra. Avec ton zoan, on peut s'attendre à tout, donc, ça serait presque possible. Et dans ce cas, ton amnésie prendrait un autre sens. Et dans ce cas-là, vu que cela voudrait dire que tu as vécu longtemps, tu dois avoir emmagasiné beaucoup de souvenirs. Tu devrais donc renoncer à retrouver la mémoire. Même si ça veut dire que tu ne sauras jamais vraiment qui tu as été.

Marco regarda Cassandra, sans comprendre.

- Je viens de te le dire, on a besoin d'oublier, le cerveau ne peut pas supporter autant. A vouloir retrouver ta mémoire, tu finirais comme Ace, à ne plus savoir à quelle époque nous sommes. On tient tous trop à toi pour vouloir te voir finir à l'asile ou que tu trouves un moyen de te tuer malgré ton pouvoir. Parce que s'il y a bien quelque chose de proche de l'immortalité, c'est bien toi.

Cassandra se relocalisa sur le lit du capitaine quand Marco s'affala dessus de tout son long, les mains sur le visage.

- Des fragments me reviennent. Des images de lieux et de gens que je n'ai pourtant jamais rencontrés. Je n'ai pas de noms… certains semblent être des proches, d'autres… me haïssent ou me vénèrent. Qu'est-ce que je suis, Cass' ?

- La réponse est évidente.

Marco tourna la tête vers sa sœur avec interrogation.

- Tu es Marco. Fushisho Marco. Le second capitaine des Shirohige. Le reste, c'est du passé.

Marco esquissa un pauvre sourire et regarda le plafond de sa cabine.

- Je… je crois que j'ai eu un enfant par le passé.

- Ah bon ? s'intéressa Cassandra.

- J'ai un souvenir dans lequel je suis assis dans les ruines d'une cité antique. Je suis jeune… à peine seize ans, je dirais. J'ai un bébé qui dort dans mes bras. A chaque fois que j'y songe, j'ai une douleur sourde dans la poitrine. J'ai un homme avec moi… vu que c'est la même voix que j'ai entendu dans la vidéo que m'a remise cette femme, je pense qu'il est question de l'ancêtre d'Ace, ce fameux Kenway. Il me dit que c'était la dernière volonté d'une personne. Qu'une personne… une femme… était morte avec mon prénom sur ses lèvres. Et que l'enfant, une petite fille… était tout ce qui restait de la défunte, yoi.

Marco essuya ses larmes.

- C'était y'a des siècles… pourquoi j'ai mal ?!

- Je sais pas, petit frère. Je ne sais pas. Peut-être parce que tu as oublié que tu as eu cette enfant, si c'est vraiment la tienne… peut-être parce que tu réalises que tu as aimé quelqu'un et que tu l'as oublié. Ou peut-être parce que tu sais que peu importe la réponse à ces questions, les personnes en question sont mortes depuis longtemps.

- C'est horrible, yoi.

- Marco ! Je croyais que nous étions chez les Bisounours ! se moqua clairement la blonde pour lui remonter le moral. Allez, viens manger, tout le monde se fait du souci pour toi.

- J'arrive.


Ace s'était effondré.

Une simple crise de narcolepsie.

Sabo avait transporté son frère dans son lit et s'était assis dessus avec lui, de façon à ce que la tête du pirate inconscient soit sur ses jambes.

Il lui caressa les cheveux tout en réfléchissant.

Sabo avait dans le projet de rencontrer Luffy dès que celui-ci se manifesterait.

Et c'était pour bientôt s'il en croyait ce que lui avait dit Nico Robin avant qu'il intègre Abstergo.

Devait-il lui parler d'Ace ? En sachant son état ? Sabo se sentait mal à l'idée de mentir à son petit frère. Mais lui annoncer la bonne nouvelle de la fausse mort, pour ensuite lui dire que leur aîné commençait à perdre la raison, c'était cruel.

Avec un soupir, le Révolutionnaire souleva la tête de son frère et la reposa sur le coussin. Il remonta la couverture sur lui, se disant qu'il ne se réveillerait peut-être pas avant demain matin.

- Dors bien, Ace…

En silence, il quitta la chambre et ferma correctement la porte derrière lui. Il salua vaguement Bob qui allait lui-même se coucher, avant d'intégrer son propre studio, réfléchissant au dilemme qui s'imposait à lui. S'il s'alignait sur Ace, il devrait mentir à Luffy ; après tout, leur aîné ne voulait pas mettre au courant Luffy. Mais le plus jeune avait le droit de savoir. Mais c'était au risque de le torturer devant l'état affligent de leur frère aîné. Il avait aussi la possibilité de ne pas lui dire pour l'état d'Ace. Même s'ils étaient tous les deux de bons comédiens contrairement à leur jeune frère, Luffy risquait de percevoir qu'on ne lui disait pas tout. Et s'il rencontrait Ace, il verrait parfaitement à son visage aminci et à ses cernes que sa santé n'était pas au top.

Allongé dans son lit, réfléchissant au problème, Sabo tenta de peser vainement le pour et le contre de chaque option. Il dormit peu cette nuit-là, trop occupé à retourner le problème dans sa tête.