Hello tout le monde !

Voici l'épilogue de Boum… Si vous saviez comment ça me fait au cœur d'y penser ! Quand j'ai commencé cette histoire, j'ignorais totalement où je m'en allais. Au fil des chapitres, l'histoire a pris forme dans ma tête. J'ai tellement aimé écrire cette histoire… J'espère que vous en avez eu autant à la lire !

À tous ceux qui avaient demandés un long épilogue, vous l'aurez. Quand à ceux qui l'ont demandés GSR et guimauve…Je ne promet rien !

J'aimerais également vous remercier d'avoir laissé Julie en vie. Non seulement j'en ai besoin pour corriger mes textes, mais je souhaite également qu'elle finisse les fics qu'elle a commencé, car je les aime beaucoup ! XD

Dans un autre ordre d'idée, j'aimerais remercier ceux qui m'ont envoyé des reviews. Je parle de Nath, Julie (merci encore plus pour la correction, chère bêta!) , Sidle13, Sydney Weaver, Didou, Abou51, Hanane, Madame et GSRForever57. Je suis désolée si j'oublie quelqu'un, mais en gros je remercie ceux qui ont lus cette fic et/ou envoyés des reviews.

Maintenant, assez parler (ou plutôt écrit XD), maintenant que vous voulez tous lire cet épilogue. Donc, je me tais et je vous laisse lire.

MarG

Bonne lecture (et on oublie pas les reviews !)

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Il ignorait où il était. Il faisait noir, un noir si opaque qu'il ne pouvait rien distinguer. Il ne savait rien de ce qui l'entourait. Était-il mort ? Il n'en savait rien. Comment s'était-il retrouvé dans ce lieu étrange, avec la presque certitude qu'il était mort ? Il ne savait plus trop. Une seule chose était certaine. Gil Grissom avait mal, incontestablement mal.

Pourtant, il avait toujours pensé que la douleur faisait partie de la vie et non de la mort. Il avait toujours pensé qu'une fois mort, on ne souffrirait plus. Mais il n'avait jamais été plus loin dans ses réflexions. C'était étrange ; pour un homme habitué à côtoyer la mort, il ne s'était jamais demandé ce qu'il y avait après. Ce qui constituait la suite. Le paradis, l'enfer… Grissom n'avait jamais été très croyant. Il avait tout de même reçu une éducation catholique auprès de ses parents, mais il n'avait jamais vraiment cru à l'existence d'un quelconque Dieu. Et puis, tous savaient que l'humain ne descendait pas d'Adam et d'Ève, mais bien du singe.

Ce genre de vérité avait brisés sa foi déjà branlante. Puis, quand il avait commencé à travailler en tant que CSI, toutes croyances au sujet d'un Dieu s'étaient éteintes. Il avait eu devant lui la preuve que l'homme était capable des pires choses. Comment un Dieu pouvait-il laisser tant d'horreurs se faire s'il était si bon ? C'était absurde…

Mais il chassa cela de ses pensées et se concentra plutôt sur ce qu'il ressentait. Premièrement, il semblait qu'il soit couché sur le dos. Outre que la douleur, il pouvait sentir la surface sur laquelle il était étendu et le léger tissu qui le recouvrait. Sous lui, il y avait une sorte de matelas. Était-il dans un cercueil ? Une bouffée de panique l'envahit quand il se demanda s'il n'était pas étendu dans un cercueil, mais encore vivant. Il essaya de ne pas y penser et de se concentrer sur le tissu qui semblait recouvrir son corps. Était-ce une robe, une couverture ? Par le doux frôlement du tissu sur sa peau, il jugea qu'il s'agissait de coton.

Où pouvait-il bien être ?

Soudain, une vive lumière frappa ses prunelles fermées. Il leva sa main gauche pour cacher ses yeux. Il ne devait pas être mort s'il pouvait bouger. À moins qu'il ne soit mort, mais dans une sorte d'enfer ou de paradis ? Tout était si étrange. Il inspira profondément pour se calmer. C'est alors qu'il lui sembla sentir sonparfum. Impossible…

Dans sa main droite, il sentit une autre main serrant la sienne. Des doigts fins dessinant doucement des arabesques sur le dos de sa main. Une peau douce et fragile. Une peau qu'il imaginait laiteuse. Sa peau ? Après tout, s'il avait senti son parfum, il n'était pas impossible qu'il l'imagine lui tenant la main…

Il tenta de se relever, mais une main se posa sur son torse en même temps qu'une vive douleur lui déchira le ventre. La main sur son torse le poussa à se recoucher et une voix, sa voix il en était certain, lui murmura tout bas : « Tout doux… Reste couché… »

Il n'eut plus de doutes. Elle était bel et bien à ses côtés. Si c'était ça la mort, c'était plutôt pas mal. Ça ne lui dérangeait pas de passer l'éternité à ses côtés et de …

Tout à coup, ses souvenirs le frappèrent de plein fouet. La voiture, le coma, les bébés, l'entrepôt, l'arme… Mais surtout la porte défoncée et la balle dans le ventre. Et la douleur, oui cette douleur fulgurante qui s'étendait dans tout son organisme tel un poison. À cet instant, il avait vraiment cru mourir.

Mais là, il n'était plus certain de rien. Car s'il était mort et qu'elle était à ses côtés, c'est qu'elle avait aussi trépassée. Et si Jones avait pris une balle en plein dos, s'il était mort, comme elle et lui, ça voulait dire que Thomas était seul. En vie. Son fils serait en vie, mais seul, sans parents.

Brusquement, Grissom ouvrit les yeux.

Il regarda autour de lui, aveuglé par la clarté de la pièce. Graduellement, ses iris s'habituèrent à l'éclairage et le scientifique put distinguer quelque chose de ce qui l'entourait. Il tourna la tête vers Sara, assise dans la chaise à ses côtés. Elle lui tenait effectivement la main et esquissa un sourire en le voyant la regarder. Ses traits étaient marqués par la fatigue et elle porta une robe de chambre par-dessus sa robe d'hôpital. Les yeux de Sara s'emplirent de larmes, pas de tristesse, mais de soulagement.

Le reste du décor apparut à Grissom. Un lit, sur lequel il était étendu et les murs blancs, qu'il aurait reconnu entre mille. Une chambre d'hôpital. C'est avec soulagement qu'il soupira et serra en retour la main de Sara. Une nouvelle personne entra dans son champ de vision. Oliver Parson, son vieil ami.

« Gil, tu nous as fait une sacrée frousse… » fit-il en laissant un sourire prendre possession de ses lèvres.

Grissom ne dit rien, mais il sourit également à son ami et à sa compagne. Il était en vie et Sara était à ses côtés, ce qui signifiait qu'elle aussi s'en était sortie.

« Y'en a plusieurs qui veulent te parler, Gil, alors je vais y aller… » dit le médecin en reculant. Grissom entendit la porte se refermer derrière lui avant de s'ouvrir de nouveau quelques secondes plus tard. Des pas s'approchèrent et Catherine et Brass apparurent devant lui.

Sur les joues de la rouquine, des larmes coulaient. Mais elle souriait, preuve de sa joie. Elle s'approcha du côté gauche de Grissom et lui serra également la main.

« J'ai vraiment cru qu'on ne te retrouverait pas à temps, mais… Décidément, tu as de la chance. Beaucoup de chance. »

Brass serra aussi la main de Grissom. Entre les deux hommes, il n'y avait jamais eu de gestes, mais toujours une parole réconfortante et une présence constante. En lui serrant la main, Brass avait fait comprendre qu'il était heureux de revoir son ami en vie. Doucement, Grissom se releva, avec l'aide de Sara et put s'asseoir dans son lit. « Quel jour sommes-nous ? » demanda l'entomologiste d'une voix rauque.

Catherine, Brass et Sara échangèrent un regard qui fit peur à Grissom. « Qu'y a-t-il ? » s'inquiéta Grissom, ignorant la sécheresse dans sa gorge.

Sara lui serra la main pour attirer son attention avant de dire : « Quand ils t'ont retrouvés dans l'entrepôt, ils t'ont emmenés ici en urgence. Tu as été opéré rapidement et la balle n'a pas causé trop de dommages, mais ça a été long avant que tu te réveilles. Quatre jours en tout. »

« Quatre jours… » murmura Gil, sans vraiment y croire. Il était resté inconscient pendant quatre jours… Il imaginait bien la peur de Sara, si elle avait veillé sur lui pendant son inconscience. Il ne se souvenait que trop bien de sa propre peur quand il était à son chevet, pendant son coma. « Et toi… depuis quand es-tu… réveillée ? »

Il ne savait pas comment aborder ce sujet. Il ignorait quelle serait sa réaction à propos de son coma.

« Environ cinq jours… En réalité, je me suis réveillée quelques minutes après ta disparition, si on peut dire. » avoua Sara avec réserve. Gil acquiesça et Catherine comprit que Sara et Gil avaient beaucoup de choses à se dire… en privé. Elle fit signe à Brass et les deux amis se retirèrent pour laisser un peu de tranquillité au couple. Sara en fut reconnaissante. Elle ne savait pas comment réagissait Gil au sujet de Thomas. Sûrement lui en voulait-elle de n'avoir rien dit, alors qu'elle en avait eu tout le temps. Peut-être qu'il ne voulait plus d'elle ?

À cette simple pensée, son cœur s'affola et Grissom sentit la tension montée chez son amante. Il bougea dans son lit afin de faire une place à Sara et la jeune femme vint s'installer à ses côtés. Elle baissa la tête, honteuse du secret qu'elle avait porté. Grissom passa un bras autour de son épaule et la ramena contre lui en voulant la rassurer. Il ignorait pourquoi elle était comme ça, mais il se doutait qu'il y avait quelque chose qui la chicotait.

« Ça va, Sara, je vais bien, tu es en vie… Le reste, on s'en occupera plus tard. » lui murmura-t-il à l'oreille. Il lui fit relever la tête avec un de ses doigts. Il croisa alors le regard éclatant de larmes de Sara. « Hey… qu'est-ce qu'il y a ? » s'inquiéta Grissom, soudainement inquiet.

« Je… je suis.. si désolée… » balbutia-elle, la voix écorchée par les sanglots. « J'aurais tellement voulu te l'avoir dit avant. Avoir évité toute cette histoire… Avec Thomas et … Tu dois m'en vouloir incroyablement… » Elle éclata en pleurs et Grissom la serra tant bien que mal contre lui. Il ne lui en voulait certainement pas. « Chut… Calme-toi… Je ne t'en veux pas du tout… Je t'aime et cette histoire n'y changera rien… » lui dit-il.

Sara, touchée par sa déclaration voilée, posa sa tête sur son épaule. « Moi aussi je t'aime… tellement. » avoua-t-elle doucement. Grissom embrassa sa joue et Sara releva la tête. Leurs lèvres se touchèrent enfin, les emportant dans un baiser doux, mais dans lequel on sentait vraiment leur amour l'un pour l'autre. Ils étaient finalement réunis, après près d'une semaine à ce que l'un attende l'autre, inquiet, déchiré à l'idée de la simple perte.

La main de Sara monta le long de la nuque de son amant, pour se perdre dans ses cheveux. Celle de Grissom alla se nicher dans son cou, caressant délicatement sa peau douce. Le moment était beau, parfait et unique. Jamais d'autres occasions du genre ne se représenterait, ou du moins, ils l'espéraient bien tous les deux.

« Oups… Je crois qu'on va revenir plus tard. »

La voix de Warrick eut le don de les séparer. Douchés, les deux amoureux stoppèrent à regret leur baiser pour se tourner vers un Nick et un Warrick rouges de confusion. Ils reculèrent lentement, mais Sara se leva et leur fit signe d'attendre. « Ce n'est rien… J'allais partir. Gil doit se reposer et ce n'est pas avec des visiteurs qu'il va le faire. »

Elle adressa un petit regard sévère au malade. « Je reviendrai plus tard. Dors maintenant. » Elle s'approcha et déposa un baiser sur le front de Grissom. Ce dernier saisit son visage entre ses mains et l'embrassa rapidement sur les lèvres. Jamais il ne se lasserait de ses lèvres sur les siennes… Puis, Sara sortit de la chambre après un dernier signe de la main. Gênés, Nick et Warrick restèrent sans rien dire devant Griss.

« Heu… On va vous laisser dormir. On est.. Heu… content de savoir que vous êtes réveillé… »

Ensuite, ils sortirent également de la pièce, laissant Gil seul et songeur.

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Quelques mois plus tard…

Grissom et Sara étaient couchés dans leur lit, étroitement collés l'un contre l'autre. Ou du moins, autant que pouvait le permettre le ventre de Sara. La tête de Sara était posée sur le torse de Gil et elle écoutait lentement les battements de son cœur.

Les derniers jours avaient été fous. Leurs amis les avaient aidés à emménager dans leur nouvelle maison et cette aide avait été grandement appréciée par le couple. Thomas était aussi venu voir sa nouvelle maison et surtout sa nouvelle chambre. Il adorait la compagnie de Gil et Sara et avait plus que hâte que la jeune femme accouche enfin de ses deux sœurs. (Au fur et à mesure de la grossesse, Sara et sa famille avaient appris qu'elle attendait des jumelles.)

Dès leur sortie de l'hôpital, Gil et Sara avaient commencés à rencontrer Thomas pendant une heure ou deux et toujours en présence d'une assistante sociale une ou deux fois par semaine. Ils l'avaient rencontré de cette façon pendant près d'un mois. Le jeune garçon refusait de leur parler au début, n'acceptant pas encore la mort de son père adoptif. Il croyait que c'était la faute de Gil, mais après un moment, il avait compris que son père biologique n'y était pour rien. Et jamais plus il ne parla de Marlon Jones. Le sujet était clos et même Sara et Griss évitaient de reparler de ce qui s'était produit quelques mois plus tôt. Tout le monde ne voulait plus qu'oublier les terribles évènements qui avaient secoués toute l'équipe de nuit du LVPD.

Par la suite, Thomas avait commencé à voir ses parents en privé, à se promener avec eux, à passer plus de trois heures en leur présence. Ce fut ainsi pendant environ deux mois. Ils avaient emmenés le jeune garçon au parc d'attraction, où Gil s'était fait un plaisir d'essayer les manèges avec son fils. La petite famille avait visité le zoo, vu des films au cinéma, mangé au restaurant, été dans des musées… Et avec toutes ces activités, ils avaient appris à se connaître. Thomas avait beau ne pas partager l'amour des insectes avec son père, il n'en restait pas moins fasciné par ses grandes connaissances scientifiques. Il adorait s'asseoir avec Gil et l'écouter lui parler du mode de vie de tel insecte ou encore de tel ou tel aspect de la science.

À chaque fois que Grissom s'installait ainsi avec son fils, Sara avait un pincement au cœur. Elle s'en voulait d'avoir caché sa grossesse à Gil. Elle aurait dû venir le voir à Vegas, lui parler… Elle en avait touché un mot à Gil, mais ce dernier lui avait dit que lui n'aurait jamais dû la quitter et que c'était plus sa faute à lui qu'à elle. Et puis, ce qui était fait était fait. On ne pouvait rien y changer, alors pourquoi avoir des regrets ?

Thomas avait commencé à s'acclimater à sa nouvelle famille progressivement. Après plus de cinq mois à les fréquenter, il avait rencontré leurs amis. Il connaissait déjà Brass et Catherine, mais il fit la connaissance de Greg, Nick et Warrick. Il aimait énormément la présence de ces trois gars-là qui trouvaient toujours le moyen de le faire rire. En particulier Greg. Le jeune expert n'avait jamais blâmé personne pour ce qui lui était arrivé, mais il avait toujours été un peu réticent à rencontrer Thomas. Après tout, c'était pour le petit garçon que Greg avait été blessé et qu'il était dans l'état qu'il était présentement. Mais en rencontrant le jeune garçon, il avait compris que Thomas ne voulait pas ce qui était arrivé et qu'il souhaitait l'oublier.

En déménageant, Griss et Sara en avaient profités pour faire emménager leur fils avec eux. Thomas avait été plus que emballé à l'idée d'habiter avec ses parents biologiques. Pour Griss et Sara, c'était un pas de plus dans leur nouvelle vie. Ils étaient maintenant parents à plein temps. Il n'y aurait aucun repos, aucun retour en arrière. Cette fois, c'était pour de bon.

Thomas dormait dans sa nouvelle chambre. Le reste de la maison était dans un relatif semblant d'ordre et la chambre des jumelles était presque prête. Mais rien ne pressait, Sara n'accouchant que dans un mois et demi.

« Tu crois qu'on va faire de bons parents ? » demanda Sara en murmurant. Grissom resserra sa prise autour de son corps et caressa distraitement le ventre de la jeune femme. Il tourna la tête vers elle.

« Pourquoi serait-on de mauvais parents ? » répondit-il doucement. Il n'y avait aucun reproche dans son ton. Il posait simplement une question.

« Je ne sais pas… » avoua Sara en se tournant sur le dos et portant son regard au plafond. « Je n'ai pas vraiment eu le meilleur exemple de mes parents et toi… Tes parents ont divorcés et ta mère est sourde… » Il y eut un silence, avant que Sara ne poursuive. « On a pas vraiment eu des familles… normales, si on peut dire. Je ne sais pas si j'arriverai à faire ce que je n'ai jamais vu… »

Soudain, Grissom comprit que Sara angoissait un peu par rapport à son rôle de mère. Il était vrai qu'elle n'avait jamais vraiment eu l'image d'une mère aimante et équilibrée. Elle avait plutôt vu son père boire et perdre les pédales. Et elle avait assisté au meurtre de son père par nulle autre que la femme qui l'avait mise au monde. C'était ce genre d'épreuves qui vous forgeaient le caractère ou vous enlevaient toutes idées de bonheur. Dans le cas de Sara, étrangement, ça avait été un peu les deux.

« Ne t'en fais pas ma Chérie… Moi je suis certain qu'on va faire des parents parfaits… » tenta-t-il de la rassurer. Sara se tourna légèrement vers lui et ramena sa tête sur son torse. Elle soupira faiblement avant de reprendre la parole. « Comment peux-tu en être aussi sûr ? »

Grissom réfléchit pendant quelques instants. « Parce qu'on s'aime. Parce qu'on aime Thomas. Parce que je sais que nos enfants seront merveilleux. Parce que j'aime déjà nos jumelles. Et Thomas, même si je ne le connais pas depuis longtemps. Parce que je sais que tous les parents hésitent avant d'avoir des enfants. Parce que je crois qu'on n'a pas réellement à s'inquiéter. Parce que je suis aussi nerveux, mais que je me dis qu'on l'aura. Parce que je sais qu'au fond de toi, tu as l'étincelle qui font les bonnes Mamans. Parce que tu sais comment t'occuper de Thomas, alors que tu ne le connais pas beaucoup… Pour toutes ces raisons, je suis persuadé que tout ira bien. »

Il entendit une sorte de sanglot étouffé et il se tourna pour pouvoir faire face à Sara. Ses yeux brillaient de larmes. Griss ignorait si c'était suite à ce qu'il avait dit ou s'il s'agissait d'une peur encore plus grande que cachait Sara au fond d'elle. « Avec un enfant de 10 ans… J'y arrive. Mais me vois-tu m'occuper de deux bébés ? Je ne sais pas… Je ne sais plus… »

Elle enfouit son visage dans le creux de son cou et Gil sentit les larmes mouiller sa peau. Il ferma les yeux, se demandant vaguement quoi faire pour calmer Sara. Il dit alors la première chose qui lui passa par la tête. « Sara, veux-tu m'épouser ? »

Sara arrêta de pleurer et releva la tête vers l'homme de sa vie, certaine d'avoir mal entendu. « Quoi ? » murmura-t-elle, la voix éraillée par les pleurs. Ce fut à cet instant que Griss se traita d'idiot. Il voulait lui demander depuis un moment, et il avait cru que c'était le bon moment. Mais par son air, il jugea que non.

« Heu… rien. Je n'ai rien dit… Dors ma Chérie, tu en as besoin… » Sara, étrangement, ne protesta pas et se tourna sur le côté. Grissom colla son torse contre son dos et passa un bras autour de sa taille. Délicatement, il posa sa main sur le ventre arrondi de Sara.

Sara se demanda s'il lui avait vraiment demandé ce qu'elle avait cru entendre. Si c'était ça, elle disait oui sans aucune hésitation.

Grissom se demanda s'il avait bien fait de refuser de répéter. Et si elle avait dit oui ? Non, décidément, elle aurait tout aussi bien pu dire non. De toute façon, avec Thomas et leur jumelles, pouvait-elle vraiment refuser ?

« Sara, je voulais savoir si… »

« Gil, je me demandais si… » dirent les deux amoureux, simultanément.

Et ils éclatèrent de rire.

« Sara… »

« Gil… » firent-ils encore en même temps.

« Vas-y en premier. » s'exclama Sara avant que Gil n'ouvre la bouche.

« D'accord… Je sais que ce n'est sans doute pas le moment… Mais Sara, je me demandais si.. tu voulais devenir ma femme ? » demanda finalement Grissom, après plusieurs hésitations. Sara se retourna dans ses bras et l'embrassa amoureusement. « Oui ! » fit-elle entre ses lèvres. Grissom referma les bras autour de sa silhouette et serra sa fiancée contre lui.

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Un an plus tard…

Sara coupait des carottes en morceaux pour préparer le repas, quand deux bras lui entourèrent la taille. Une bouche vint se placer dans son cou et commença à déposer de petits baisers à cet endroit. Les lèvres descendirent alors le long de son épaule, gourmandes. Ce ne fut pas long que Sara protesta.

« Gil, arrête. Nos invités vont bientôt arrivés. Il faut que tout soit prêt. » Comme si elle avait prononcé le mot magique, quelqu'un sonna. Gil déposa un baiser sur les lèvres de sa femme avant de s'éloigner pour aller ouvrir. Du hall d'entrée, Sara entendit son mari accueillir leurs invités.

Aujourd'hui, ils avaient invités tous leurs amis à souper pour célébrer l'anniversaire de Thomas. Le jeune garçon avait déjà 12 ans. En une année, il avait incroyablement grandi et développé. Dans sa chambre, sa bibliothèque était remplie de livres de toutes sortes. Ses notes scolaires étaient excellentes. Il faut préciser que Grissom avait un plaisir fou à aider son fils à faire ses devoirs et apprendre ses leçons.

Sara avait quitté l'équipe de nuit pour celle de jour et Grissom avait fait de même. Le fait que le chef de l'équipe de jour soit devenu le nouveau directeur adjoint et Ecklie, le directeur, avait aidé énormément. Progressivement, Nick avait rejoint Griss et Sara. Warrick était resté dans celle de nuit, avec Catherine, la nouvelle superviseure de l'équipe. Il y avait aussi eu les entretiens pour engager de nouveaux experts. Plusieurs avaient été mis à l'essai, mais peu étaient restés. C'était un métier bien plus difficile qu'il n'en paraissait… et il était très, très dur de remplacer Grissom et Sara.

L'arrivée dans une toute nouvelle équipe avait été assez difficile pour le couple. Dès l'annonce de leur changement d'équipe, les experts de jour avaient perdus le sourire. Ils n'aimaient pas Ecklie, mais la perspective de travailler avec un couple marié ne les avaient pas vraiment allumés. Beaucoup avaient été persuadés que Sara aurait droit à des traitements de faveur, mais contrairement à ce qu'ils pensaient, elle travaillait d'arrache-pied. Ses évaluations étaient faites par le nouveau directeur adjoint. Et Sara ne travaillait jamais sur la même enquête que son époux.

Greg avait réussi à faire ses premiers pas quelques semaines plus tôt. Pour l'instant, il continuait à faire de la réadaptation trois fois par semaine et il travaillait de nouveau dans le labo ADN. Au début de sa réhabilitation, il avait énormément pesté contre "les maudites séances de tortures", mais après deux mois, il avait commencé à y voir des aspects positifs. Il semblerait que la physiothérapeute qui s'occupait de lui y soit pour quelque chose…

Malgré le fait qu'ils se voyaient plus rarement en raison de leurs horaires, Grissom, Sara, Greg, Nick, Warrick, Catherine et Brass étaient plus proche que jamais. Dès que l'occasion se présentait, ils se rassemblaient tous chez l'un d'entre eux,le plus souvent chez Sara et Griss qui devaient s'occuper de leurs enfants, et passaient un bon moment ensemble. Grissom avait été un peu réticent à inviter tout le monde chez lui au début, mais avec la présence de Thomas, Chelsea et Ashley, il avait vite pris l'habitude d'avoir la maison envahie par le désordre.

Les éclats de voix se rapprochèrent de Sara alors qu'elle continuait à couper les carottes. Quand Catherine et Brass entrèrent dans la pièce, elle leur fit un grand sourire.

« Salut Sara… Tu sembles en forme ! » s'exclama Catherine, également tout sourire. Sara acquiesça avant de lâcher les carottes et le couteau et de s'essuyer les mains sur le linge non loin d'elle. Elle contourna le comptoir et serra dans ses bras la rouquine et l'inspecteur. Brass la serra contre lui en déposant un baiser sur sa joue. Chaque fois qu'il voyait Sara depuis son accouchement, elle était toujours plus souriante, toujours plus belle. Elle était heureuse et épanouie et ça se voyait très bien.

Sara allait ouvrir la bouche, lorsqu'ils entendirent les pleurs des jumelles. « Je vais y aller… » murmura Sara.

« Je viens avec toi ! » ajouta Catherine en suivant la jeune femme dans le couloir menant aux chambres. Au bout du couloir, Sara ouvrit légèrement la porte et pénétra dans la pièce. Dans leur lit, ses deux filles étaient parfaitement réveillées. Sara se pencha sur le berceau d'Ashley et saisit la petite fille. Elle la prit dans ses bras alors que Catherine faisait de même avec Chelsea. Les deux femmes échangèrent un sourire pendant qu'elles réconfortaient les deux fillettes.

« Comment va Lindsey ? » demanda Sara à Catherine.

« Plutôt bien… Elle vient d'entrer à l'université. J'ai presque du mal à croire que mon bébé est maintenant une adulte… » s'étonna Catherine. « Je me souviens encore des nuits blanches que j'ai passées à la bercer pour l'endormir… Ça me semble si loin. » avoua Catherine, nostalgique.

« Ouais… » continua Sara. « C'est fou comme les enfants grandissent vite… » Elle baissa la tête vers sa fille Ashley. Comment ne pas s'émerveiller devant une telle beauté, une telle vitalité ? Jamais Sara n'aurait cru autant aimer son rôle de mère. C'était… simplement merveilleux. D'un geste doux, elle frôla la joue de sa fille, toujours surprise par la douceur de sa peau. Puis, son doigt glissa dans son cou et elle chatouilla délicatement sa fille. Ashley émit un petit rire qui ressemblait à un gazouillement. C'était un si beau son…

Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit en grand et Gil entra dans la pièce. Il eut un magnifique sourire en voyant sa femme et sa meilleure amie tenant dans leur bras ses jumelles. Elles étaient identiques… Leurs boucles brunes, leurs yeux bleus pétillants de vie. Leurs rires, leurs gazouillements. Elles étaient pleines de vie et les avoir à ses côtés comblaient Grissom de bonheur. Il les aimait tellement, bien au-delà des mots, bien au-delà de l'imaginable… Jamais il n'aurait cru qu'il pourrait aimer quelqu'un encore plus que Sara. Mais maintenant, il savait que c'était possible… Il serait prêt à donner sa vie pour sauver ses filles ou son fils.

« Nick et Greg sont arrivés. Ils sont dehors avec Thomas et ils jouent au ballon. Warrick est en route et le repas est presque prêt. Je vous attends dehors. » déclara Gil avant de s'approcher. Il embrassa Ashley et Chelsea sur le front et sa femme sur les lèvres. Puis, il sortit de la pièce. Sara resta un instant, perdue dans ses pensées, à fixer la porte. Puis, elle entendit un petit rire et tourna rapidement la tête vers une Catherine rieuse.

« Qu'y a-t-il ? » demanda-t-elle, inquiète.

« Rien... »

Les deux femmes sortirent de la pièce avec les jumelles. Grissom finissait de préparer le repas. Greg, armé de sa canne, était effectivement avec Thomas et Nick et ils jouaient au ballon. Warrick arriva quelques instants plus tard et les Grissom et leurs amis s'installèrent autour de la table pour le repas. Sara s'occupa de Chelsea et Griss, d'Ashley. Thomas rit énormément des blagues de Nick et Greg. Après que Sara eut ramassé les assiettes sales, Grissom arriva avec le gâteau. Tous ensemble, ils chantèrent bon anniversaire au jeune garçon.

Thomas déballa ses cadeaux avec joie. Il remercia Greg, Warrick et Nick pour les jeux vidéos, Catherine et Brass pour les livres et ses parents pour le vélo. Il tenta de rester éveillé, bien après le coucher de ses sœurs, mais il s'endormit sur le sofa. Grissom le poussa alors dans son lit, même si le jeune garçon protestait, disant qu'il était un grand garçon qui se couchait tard. Grissom revint quelques instants plus tard, les yeux levés au ciel. Dès que Thomas avait enfilé son pyjama et installé dans son lit, il s'était endormi.

Grissom alla s'asseoir aux côtés de Catherine. Brass était installé plus loin, observant Sara, Warrick et Nick faire des paniers. Greg s'amusait en lançant des phrases du style « Encore un coup raté ! » ou « Madame Grissom l'a encore eu ! ». Il adorait appeler Sara "Madame Grissom". À chaque fois, Sara éclatait de rire avant de tourner la tête vers son mari, qui la contemplait, sourire aux lèvres.

« Vous êtes tous les deux tellement différents… » déclara Catherine. Griss, surpris, tourna la tête vers elle.

« C'est vrai ! » tenta-t-elle de se justifier. « Je te l'avais même déjà dit… »

Grissom fit lentement non de la tête. Catherine soupira. « Tu avais seulement dit que plus je fréquentais Sara, plus je devenais bizarre. Tu n'avais pas dit qu'on était différent. » expliqua-t-il.

« C'est la même chose, non ? » s'exclama-t-elle. Elle eut droit au regard en coin interloqué de Grissom. « Ok, bon, c'est pas réellement la même chose, mais ça se ressemble. »

« C'est mieux. » concéda Grissom. « Au fait, si tu me trouvais bizarre il y a un an et demi, comment me trouves-tu aujourd'hui ? » demanda-t-il, l'ombre d'un sourire sur les lèvres. Il se doutait de la réponse de son amie.

« Très, très, très bizarre. Parfois, je me demande même ce que Sara a fait de Gil Grissom. » avoua Catherine, en riant. « Maintenant, je me dis que plus tu es avec ta famille, plus tu es bizarre. »

« Alors j'aime être bizarre ! » répliqua-t-il avec le sourire, rappelant les mêmes paroles que celles échangées environ un an et demi plus tôt.

À ce moment, il ignorait bien des choses. Il ignorait qu'il avait un fils. Il ignorait que Sara était enceinte de jumelles. Il ignorait qu'il allait frôler la mort. Il ignorait que ces terribles évènements apportaient presque autant de choses positives que de négatives. Il ignorait que tout allait changer.

Il ignorait qu'il avait changé et changerait encore énormément.

Mais il ne regrettait rien, strictement rien, s'avoua-t-il en regardant son jardin envahi par ses amis.

FIN